Office d’ouvrier de la monnaie de Nantes, Pierre Moinet 1716, petit fils de Sébastien Halbert

Introduction

Je vous ai déjà mis sur ce blog mes HALBERT de Saint Sébastien d’Aigne, aujourd’hui Saint Sébastien sur Loire, qui commencent par Sébastien HALBERT ouvrier de la monnaie de Nantes, époux de Marie BONNAUD. Aujoud’hui, je vous mets un document exceptionnel, comme il en existe encore peu aux Archives Nationales, à savoir l’office d’ouvrier de la monnaie d’un Pierre Moinet qui se dit son descendant. Et c’est en voulant voir sur Internet si quelqu’un avait déjà connaissance de ce document que je suis tombée seulement sur l’horreur de la déformation du nom de Louise Halbert, la mère de Pierre Moinet.

Louise Halbert mère de Pierre Moinet

Louise Halbert et son mari meurent juste après la naissance de leur unique enfant Pierre Moinet. L’enfant a donc été élevé par oncle et tante qui lui ont parlé de son grand père Sébastien Halbert ouvrier de la monnaie ! Voici ce que je sais de la généalogie de Louise Halbert :

Louise HALBERT Fillle de Sébastien HALBERT et Louise BONNAUD °Saint-Sébastien-d’Aigne (44) 8 avril 1643 †Basse-Goulaine 6 octobre 1684 « inhumé dans la chapelle de la vierge Louyse âgée de 42 ans fille de deffunt Sébastien Albert et Marie Bonnaud femme de Michel Moynet présent qui signe présents Luc Guillaume et Pierre les Moynet pescheurs demeurant dans les vallées » x 1/1660 Jean CORGNET  x2 Saint-Sébastien-d’Aigne 15 février 1678 Michel MOINET †Basse-Goulaine 15 octobre 1684 « inhumé dans l’église Michel Moynet laboureur demeurant dans les Vallées fils de Luc Moynet et deffuncte Renée Allaire ses père et mère, veuf de Louyse Albert en présence de Luc, Pierre et Guillaume les Moynet » 
1-Perrine CORGNET x Saint-Sébastien-sur-Loire 15.8.1687 Pierre PATOUILLERE
2-Pierre MOINET °Basse-Goulaine (44) 27 mai 1684 « baptisé Pierre fils de Michel Moinet et de Louise Halbert sa femme parrain Pierre Patoüillere marraine Perrine Foucaud » †1726 x Saint-Julien-de-Concelles (44) 29 janvier 1704 « mariage Pierre Moynet fils de deffunts Michel Moinet et de Louise Halbert de Basse Goullaine et Janne Rouxeau veuve de deffunt Michel Lebeau » Jeanne ROUSSEAU Dont postérité

la monnaie de Nantes

Voyez sur mon site, tout sur la monnaie de Nantes.

les ouvriers de la monnaie de Nantes

Il n’existe aucun document exhaustif sur les noms des ouvriers de la monnaie de Nantes, uniquement un document partiel tiré de Granges de Surgères à partir des registres paroissiaux et la liste établie par les juges gardes le 26 février 1728. Or, cette liste ne prend pas en compte les notaires, dont les actes sont très parlants en ce qui concerne les métiers, même si hélas à Nantes nous n’avons plus d’archives notariales du 16ème siècle !!!

l’office d’ouvrier de la monnaie uniquement par filiation

L’office se transmettait uniquement aux descendants. Or, l’acte qui suit et qui concerne Pierre Moinet fils de Louise Halbert, comporte 2 points qui interrogent :

  •  la transmission était donc possible par les femmes et le document que je vous citais ci-dessus, établie selon Granges de Surgères, relate bien un cas par les femmes, mais il précise que cette femme devait donc être fille unique.
  • Louise Halbert n’était pas fille unique, loin de là. Elle avait 4 soeurs et n’était pas l’aînée mais la 3ème. Donc, en l’absence de descendance mâle de Sébastien Halbert et Marie Bonnaud, une des filles a eu le droit de prétendre à l’office d’ouvrier de la monnaie de Nantes.

filiation donnée par l’acte qui suit

L »acte qui suit, de 1716, concernant l’office l’ouvrier de la monnaie de Pierre Moinet le dit « Pierre Moinet fils de Michel Moinet et de Louise Halbert, laquelle estoit fille de Sébastien Halbert et de Marie Bonnaud, ledit Halbert fils de Jullien Halbert ouvrier monnoyeur en nostre monnoye de Nantes ». Il est donc probable que Sébastien Halbert soit fils de Julien, mais aucune source n’existe encore pour le prouver, car les Archives de Loire-Atlantique n’ont plus les actes notariés du 16ème siècle et les registres paroissiaux ne remontent pas au 16ème siècle à Saint Sébastien.
On ne peut conclure à une source sure lorsque qu’on sait, comme j’en ai une grande expérience, combien de fausses filiations étaient données quand on voulait obtenir quelque chose, que ce soit ainsi pour les offices au Parlement de Breragne, ou même les preuves de noblesse. Donc, je ne peux conclure avec certitude que Sébastien était fils de Julien.

1716 office de monnayeur de Pierre Moinet

Merveilleux acte trouvé aux AN. Je suis heureuse de l’offrir aux descendants de Pierre Moinet, car il a eu descendance actuelle.

[1] Archives Nationales V/1/225-V/1/234 Grande Chancellerie (sous-série V/1). Lettres de provision d’office : années 1716 à 1718 cote V/1/226

« Le 20 juin 1716 Louis par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre à nostre cher et bien aimé conseiller général Provicial de nos monnoyes en Bretagne salut notre aimé Pierre Moinet fils de Michel Moinet et de Louise Halbert, laquelle estoit fille de Sébastien Halbert et de Marie Bonnaud, ledit Halbert fils de Jullien Halbert ouvrier monnoyeur en nostre monnoye de Nantes, ledit Moinet faisant profession de la Religion Catholique apostolique et Romaine nous a fait remonstrer que les Roys nos prédécesseurs ayant accordé plusieurs privilèges aux officiers etre ouvriers des monnoyes de nostre Royaume suivant lesquels ceux qui ont possédé le titre d’ouvrier ont le pouvoir de transmettre leur droit à leurs enfants et postérité de l’un et l’autre sexe nés et à naitre en loyal mariage, lesquels doivent se faire recevoir par devant les officiers de nos monnoyes, et d’autant que lesdits Jullien et Sébastien Halbert ses ayeul et bisayeul estoient constamment ouvriers monnoyeurs ainsi qu’il nous est apparu par la sentence de réception dudit Sébastien Halbert son ayeul du 3 juin 1643 et que vous pourriez faire difficulté y admettre le suppliant attendu l’interruption depuis la réception ddit Sébastien Halbert jusqu’à présent il nous a humbement fait supplier luy vouloir accorder nos lettres de relief d’interruption à ce nécessaires à ces causes désirant subvenir à nos sujets suivant l’exigence des cas s’il vous appert par les pièces cy attachées sous le contrescel de nostre chancelerie, que lesdits Julien et Sébastien Halbert père et fils ayent esté receus ouvriers monnoyeurs en nostredite (f°2) monnoye de Nantes, que le suppliant soit arrière petit fils de Jullien Halbert marié en loyal mariage et que suivant les privilèges par les Roys nos prédécesseurs accordés aux ouvriers monnoyeurs le suppliant y doive estre receu nous vous mandons et ordonnons ces présentes que vous ayez à le faire recevoir à l’exercive d’ouvrier dans nostredite monnoye de Nantes luy faisant donner place pour y faire les exercices et travailles ainsy que les autrs ouvriers suivant et conformément auxdits privilèges pleinement et paisiblement restant et faisant cesser tous troubles et empeschements à ce contraires sans vous arrester à l’interruption depuis ledit Sébastien Halbert son ayeul que nos ne voulone nuire ny préjudicier audit inposant ordonnons l’avons relevé et dispensé relevons et dispensons par ces présentes,, pourveu toutefois que lesdits privilèges n’ayent esté révoqués, et à la charge de se conformer à nos ordonnances et règements concernant les monnoyes et sousles peines y portées car tel est nostre plaisir. Donné à Paris le 20 juin 1716 »

 

Louise Halbert 1643-1684 n’est pas Louise Alberti ni italienne comme certains le disent sur Geneanet

Introduction

J’ai trouvé aux Archives Nationales des documents intéressants sur les HALBERT de Saint Sébastien d’Aigne, ancien nom de Saint Sébastien sur Loire, et je vais vous les mettre sur mon blog. Ils concernent Pierre Moinet fils de Louise Halbert, et j’ai voulu voir sur Geneanet si quelqu’un avait déjà connaissance de ces documents. Hélas, je suis tombée sur une Louise Halbert défigurée en Louise Alberti. Et je suis très choquée d’avoir vu cela.

mes HALBERT de Saint Sébastien

Mes Halbert paternels sont issus du Loroux Bottereau et n’ont rien à voir avec ceux de Saint Sébastien, dont je descends aussi ainsi :
11-Sébastien Halbert x avant 1635 Marie Bonnaud
10-Françoise Halbert x avant 1660 Michel Clastras
9-Pierre Clastras x Vertou 8 août 1689 Mathée Rosier
8-Jean Clastras x Saint-Sébastien-sur-Loire 31 janvier 1735 Françoise Corgnet
7-Jeanne Clastras x Saint-Sébastien-sur-Loire 9 novembre 1779 François Bureau
6-Jeanne Bureau x Saint-Sébastien-sur-Loire 26 juin 1827 René Fortin
5-Victorine-Alphonsine Fortin x Saint-Sébastien-Sur-Loire 29 avril 1851 Jacques Mounier
4-Marie-Elisabeth Monnier x Nantes 28 septembre 1875 Edouard Halbert
3-Edouard Halbert x Nantes 23 septembre 1907 Madeleine Allard
2-mes parents
1-moi
J’ai autrefois beaucoup étudié cette ascendance et elle est sur mon site depuis des décennies, mais manifestement, alors que je suis très souvent copiée, je dirais même pompée, certains généalogistes ont préféré faire à leur manière cette famille.

curieuse manière de faire de la généalogie

Louise HALBERT est devenue Louise ALBERTI sur Geneanet et s’aligne dans une ascendance soi-disant italienne !!! Cette prétendue Louise Alberti porte les mêmes dates et lieux de naissance, mariage et décès que Louise HALBERT la vraie. Or, Louise HALBERT, la vraie, figure ainsi écrite et orthographiée dans plusieurs sources. Louise ALBERTI est une pure invention car on ne peut lire dans aucune source ALBERTI, donc certains n’hésitent pas à mettre des inventions sur Geneanet !!!

la famille de Louise HALBERT

Bien sûr, je vous mets ici ma version de la famille de Louise HALBERT :
Sébastien HALBERT °ca 1600 †Saint-Sébastien-d’Aigne (44) 1er septembre 1669 « inhumé Sébastien Halbert âgé de 70 ans » Monnayeur x /1635 Marie BONNAUD †Saint-Sébastien-d’Aigne (44) 23 octobre 1677 « Marie Bonnaut femme de Sébastien Halbert a esté inhumée en l’église en présence de Julien Pion Pierre Robinot et autres »
1-Françoise HALBERT °StSébastien-sur-Loire 17 juin 1635 filleule de Françoys Bonnaud et de Louyse Bonnaud [épouse de Guillaume Sauvage] x /1660 Michel CLASTRA Dont postérité suivra
2-Perrine HALBERT °St Sébastien d’Aigne 12 décembre 1638 « baptisé (acte en latin) Perrine de Sébastien Albert et Marie Bonaud parrain Pierre Sauvage marraine Marie Lottin – vue 59 » x Jouachim LOTTIN Dont postérité suivra
3-Louise HALBERT °Saint-Sébastien-d’Aigne (44) 8 avril 1643 « baptisé Louise fille de Sébastien Halbert et de Marie Bonnaud parrain Guillaume Sauvage [époux de Louise Bonnaud] marraine Mathurine Grandin » †Basse-Goulaine (44) 6 octobre 1684 « inhumé dans la chapelle de la vierge Louyse âgée de 42 ans fille de deffunt Sébastien Albert et Marie Bonnaud femme de Michel Moynet présent qui signe présents Luc Guillaume et Pierre les Moynet pescheurs demeurant dans les vallées » x 1/1660 Jean CORGNET x2 Saint-Sébastien-d’Aigne 15 février 1678 Michel MOINET
31-Perrine CORGNET x Saint-Sébastien-sur-Loire 15.8.1687 Pierre PATOUILLERE
32-Pierre MOINET °Basse-Goulaine (44) 27 mai 1684 « baptisé Pierre fils de Michel Moinet et de Louise Halbert sa femme parrain Pierre Patoüillere marraine Perrine Foucaud » †1726 x Saint-Julien-de-Concelles (44) 29 janvier 1704 « mariage Pierre Moynet fils de deffunts Michel Moinet et de Louise Halbert de Basse Goullaine et Janne Rouxeau veuve de deffunt Michel Lebeau » Jeanne ROUSSEAU Dont postérité
4-Anne HALBERT °Saint-Sébastien-d’Aigne (44) 27 juillet 1646 « baptisé Anne fille de Sébastien Halbert et Marie Bonnaud parrain René Bonnaud marraine Louyse Bonnaud [épouse de Guillaume Sauvage] » †Saint-Sébastien-d’Aigne (44) 1er décembre 1686 « inhumé Anne Halbert âgée de 35 ans environ femme de René Corgnet, présents ledit Corgnet, Claude Corgnet frère, Michel Cornet cousin, Martin Morin » x Saint-Sébastien-d’Aigne (44) 25 novembre 1675 « mariage de René Corgnet et Anne Halbert les deux de cette paroisse et majeurs en présence de Claude Corgnet, Michel Corgnet, René Bonnaut et Guillaume Sauvage [époux de Louise Bonnaud] tous parents et amis » René CORGNET Dont postérité suivra
5-Marie HALBERT x Donatien AUBIN

quelques justificatifs

Je vous mets les plus directs, mais j’en ai encore plus lorsqu’elle est marraine et aussi dans les partages sur acte notarié etc… Tous ces actes sont retranscrits ci-dessus, car je mets toujours entre crochets ce qui figure sur les actes que j’ai lus juste après la date dans mes études familiales.

d’ou sort Louise Alberti

Louise Alberti ne sort pas des documents originaux ci-dessus. Alors d’où vient une telle invention ? Elle ne peut sortir d’un lecteur ayant lu les actes, car ils auraient bien vu HALBERT sauf sur son baptême ALBERT mais pas Alberti… J’ai déjà rencontré beaucoup de cas de généalogistes qui s’inventent une ascendance plus notable à leurs yeux que la véritable, mais il faut croire qu’ici certains ont voulu croire à une ascendance italienne !!!
Dès la création de Geneanet, j’ai constaté les dérives, et je me réjouis de m’être abstenue de tout mélange avec ces données non fiables. Ce qui est sur mon site n’est que mon travail, et rien d’autre. Donc fiable.

généafolie

J’avais écrit sur mon site il y a 25 ans des pages de généafolie tant j’avais alors rencontré des dérives dans la généalogie. Ces pages sont toujours plus que valables. Pire, le phénomène des dérives s’est lourdement accentué. Enfin, je vois que je dois ajouter le cas des inventions !!!

 

 

Histoire du passage vers les moulins des Gobelets, abandonné mais qui devient en 2025 une voie vers la Sèvre

Introduction

Mes nombreux lecteurs, passionnés d’actes notariés anciens, ont très souvent lu, dans ces actes, la clause relative au droit de passage. Et, rassurez vous tous, cette clause existe encore en 2019 en particulier lorsqu’on partage en plusieurs parcelles un terrain pour construire, et qu’aucune voie ne desservira certaine parcelle.

En bon français, il s’agissait autrefois de la « tolérance » d’une « servitude ». Il existait aussi souvent bien d’autres servitudes que le passage, à savoir par exemple celle du puits, voire des lieux d’aisance etc… Souvenez vous en effet qu’avant le cadastre Napoléonien de 1834 rien n’était dessiné en plans, mais le notaire lors des ventes précisait les servitudes telles que celles que je viens de vous citer.

La clause de passage précisait toujours qui et comment on avait le droit de passer et que ce passage était une tolérance. Il était en effet important de préciser si cette tolérance était pour personne à pied excluant ou tolérant le passage avec boeufs et charrue etc…
Et bien entendu cette tolérance était TOUJOURS restreinte au besoin du passant pour l’exploitation réelle de son terrain enclavé, et EN AUCUN CAS un lieu de promenade ouvert à tous.

Vous avez bien compris que cette tolérance supposait que l’exploitant du terrain enclavé n’avait aucun autre accès possible.

Le passage vers les moulins des Gobelets

Donc, autrefois, avant 1840, il existait 6 moulins aux Gobelets. Ils n’étaient pas enclavés. Le cadastre dit « Napoléonien », que je vous montrai ces jours-ci, figurait un chemin donnait les desservant et accédant à rue de la Ripossière (alors chemin elle aussi), et quant aux 3 autres ils étaient sur la route de Clisson, donc directement accessibles.

Mais les meuniers communiquaient manifestement entre eux, en passant sur une terre.

Lorsque Marie-Judith Lebraire, l’épicière de la route de Clisson construisit la maison vue ici hier, elle eut à souffrir pendant plusieurs années aux environs de 1845 les vicissitudes causées par un malheureux procès concernant un droit de passage.
Voici la question résumée brièvement :
Les fermiers qui avaient des parcelles de terre dans la pièce des Herses avaient pris l’habitude de passer sur un terrain vague, devant le moulin des Gobelets, pour rejoindre la route de Clisson. Il ne s’agissait pas d’une servitude mais d’une simple tolérance de bon voisinage. Vers 1840, Marie Judith Lebraire fit démolir le moulin des Gobelets et avec ces matériaux construire une maison sur la route de Clisson, ce qui supprima le passage.
Les fermiers des Herses, bien que non enclavés et ne possédant aucun titre de propriété, ni droit à une servitude, attaquèrent cependant Marie-Judith Lebraire, qui perdit son procès devant le Tribunal Civil de Nantes, condamnée à démolir la maison et à rétablir le passage.
Le tout finit par un arrangement amiable et très onéreux pour Marie-Judith Lebraire. Elle s’engagea à établir un passage sur le terrain vague du calvaire qui lui appartenait, qui sera le chemin actuel de la Gilarderie, devenu aujourd’hui rue Georges Lemevel.
Quand on songe aux ennuis de ce long procès, à l’hostilité de tous ses voisins, aux nombreuses démarches qu’elle entreprit auprès des administrateurs pour obtenir une preuve de son bon droit, à l’innombrable échange de papasseries avec des hommes de loi, aux sommes énormes pour l’époque et pour sa petite fortune qu’elle dut débourser à la surprise inattendue de sa double condamnation à Nantes et à Rennes, enfin à l’humilitiation qu’elle dut ressentir en allant supplier son adversaire de renoncer à l’exécution du jugement et des lourds sacrifices qu’elle dut leur consentir, on peut facilement réaliser quel affreux cauchemar ce malheureux procès dut être dans sa vie de vieille fille.

devenu « terrain abandonné »

Et tout cela pour en arriver là en 2019 (j’ai pris la photo moi-même en 2019)

Car en fait ce passage ne servait pas vraiment puisque ne débouchant sur rien et ne servant en rien à desservir une autre propriété.

Même si le cadastre actuel a oublié qu’il n’existait plus faute d’utilité, et le dessine encore.

Mais certes le dessin du cadastre montre encore qu’elles parcelles en sont propriétaires de droit.

2025 un passage géant s’ouvre vers la Crapaudine

Le plan PLUM de Nantes va relier le Clos Toreau au parc de la Crapaudine via des cheminements doux, dans le grand cheminement de la Loire à la Sèvre. Le voici, en cours de réalalisation début mars 2025, ouvrant le passage à ceux du Clos Toreau vers la Sèvre. Le passage oublié des Gobelets va devenir un immense passage.

Photo Benoît Lesné, mars 2025

L’importante ardoise à la boulangerie Audineau, Clisson 1851

Introduction

L’ardoise était autrefois le paiement différé, soit à la semaine, soit au mois chez les commerçants. Il était très pratiqué. Les grandes surfaces l’ont supprimé et on y paye comptant. Mais je me souviens de ma jeunesse, aînée de 6, je me levais chaque matin une demie heure avant les autres et j’allais à l’épicerie proche que le laitier et le boulanger livraient chaque matin aux aurores, et je rapportais le bidon de 5 l de lait plein, et le pain de 4 livres. Je ne payais pas, mais l’épicière tenait un cahier où elle notait, et chaque semaine maman allait à l’épicerie régler la semaine. C’était la même chose chez le boucher etc… Cela évitait aussi au commerçant de perdre un temps fou avec les petites pièces à chaque paiement, et cela n’était pas considéré comme du crédit, c’était tout bonnement la façon de faire, bien sûr pour tous les clients habituels. Il paraît qu’elle existe encore un peu… mais certainement devenue extrêmement rare ! Je pense même que la majorité des Français d’aujourd’hui ignorent l’existence de cette pratique d’autrefois.
L’ardoise tient son nom de ce qu’autrefois, c’est sur une ardoise qu’on notait les sommes dues.

l’ardoise à la boulangerie Audineau en 1851

En 1851, au décès de François Audineau, boulanger porte Palzaise à Clisson, l’inventaire après décès est dressé. Le mobilier, linge, et tous les ustenciles de la boulangerie se montent à 6 941,5 F
Et dans les passifs, l’ardoise de la boulangerie se monte à 3 066 F ce qui est énorme, et pourtant il y a dans l’actif des pièces de monnaie de billon pour 74 F, ce qui montre que certains payaient comptant leur pain avec des petites pièces de monnaie. La monnaie de billon a existé jusqu’au milieu du 19ème siècle, précisément donc du temps de la boulangerie Audineau. Le billon était le métal utilisé pour ces pièces de monnaie, et il était composé de cuivre, zinc et argent. On l’a surtout remplacé par un métal moins couteux, car l’argent qui entrait dans ces pièces de monnaie devait être remplacé par autre métal moins onéreux.
Donc, à la boulangerie Audineau, beaucoup de clients avaient une ardoise certainement élevée et plus que celle d’une semaine !

Le perce-vin de François Audineau, boulanger à Clisson, selon son inventaire après décès en 1851

Introduction

Quand j’ai commencé à travailler en 1960 c’était loin de Nantes, à Bagneaux-sur-Loing, en Seine-et-Marne. Chimiste au labo avec 2 autres collègues, nous avions une femme de ménage polonaise, parlant un peu notre langue française. Quelques semaines après mon arrivée, je suis brusquement appelée au bureau du directeur dirigeant les labos chimiques et techniques et les recherches. Bref, pour une débutante, un entretien impressionnant.
A peine entrée, je reçois une réprimande claire :
« Veuillez parler Français à la femme de ménage ! »
mais que j’étais totalement incapable de comprendre. Et je ressors en bredouillant un grand OUI et en m’excusant sans comprendre ce qui se passait. Ce n’est que plus tard, en demandant aux 2 collègues au vestiaire, que j’ai su que la veille j’avais demandé à la femme de ménage quelque chose d’inconnu en Français, j’avais demandé le ramasse-bourriers. Et non seulement elle ne me l’avait pas donné, mais elle avait été se plaindre.
C’est ainsi que je découvris, ce qu’on ne m’avait jamais dit durant mes études, c’est que la langue Française avait parfois des termes locaux et non officiels désormais, et que le ramasse-bourrier s’appelait la pelle à ordures en Français. Je n’ai jamais oublié le ramasse-bourrier, mais rassurez vous, ce fut l’unique réprimande que j’ai reçue tout au long de ma carrière. Et depuis que je suis en retraite, j’ai pas moins de 5 ouvrages de patois locaux, que j’utilise souvent dans mes recherches surtout dans les inventaires après décès.

Me Michelon, notaire à Clisson en 1851, connaissait le perce-vin

En fait, Me Michelon était comme moi avec mon ramasse-bourrier à Bagneaux-sur-Loing en 1960, car lui, en 1851 connaît le perce-vin, terme qui est tellement local que même Georges Vivant dans son remarquable ouvrage « N’en v’la t’i’ des rapiamus – patois du pays nantais » ne le connaît pas.
Le perce-vin est à côté des bouteilles de vin au cellier. Il semble selon d’autres ouvrages que la perce soit une vrille, et je suppose donc que c’est le tire-bouchon qui est là auprès des bouteilles.
Et rassurez vous, je ne réprimande pas Me Michelon et suis très heureuse de le comprendre, suite à mon expérience du ramasse-bourrier, qui m’a fait grandir en langage local. Et comme Me Michelon était notaire à Clisson, pays de gros plant et de muscadet, il a certainement souvent vu lors des inventaires qu’il dressait un perce-vin près des bouteilles…
Ce perce-vin était à François Audineau, mon ancêtre, décédé en 1851 et dont ma famille possède l’inventaire après décès, que je suis occupée à vous frapper pour le mettre en ligne, tant il est caractéristique de son époque.
Alors, à bientôt, dans la boulangerie de la Porte Palzaise à Clisson en 1851 !
Odile

 

Marcel Boubinet, artiste peintre, 68 rue Saint Jacques, Nantes 1918

Introduction

J’ai hérité d’un tableau du pont de Pirmil, qui était autrefois au 60 rue Saint Jacques à Nantes, chez ma grand mère Aimée Audineau veuve d’Edouard Guillouard.

Le tableau porte la signature de Marcel Boubinet. Il n’y a rien sur ce peintre sur le Web, aussi j’ai fait son étude, et je suis stupéfaite de découvrir qu’il était voisin de mes grands parents !!!

la signature est celle de Marcel Boubinet

Il n’est pas étudié sur le WEB, où l’on trouve cependant trace d’autres tableaux de Nantes, et du Pont de Pirmil. En voici la reproduction :

Le pont de Pirmil a souvent été peint à Nantes

Marcel Boubinet, peintre et décorateur, 68 rue St Jacques

Marcel Boubinet, de son vrai nom, Marcel Louis Boubinet, est né à Nantes 4°C le 15 octobre 1881, fils de François Marie Boubinet, corroyeur, 42 ans, demeurant rue Arche Grande Biesse, et Joséphine Louise Bouteau, tailleuse, 32 ans. Son grand-père, Pierre François Bouteau, chaudronnier, 52 ans, demeurant rue Bias, et son oncle Louis Boubinet, chapelier, 44 ans, demeurant rue du Vieil Hôpital, sont présents à sa naissance.
En 1900, c’est le conseil de révision et le service militaire. Il est peintre décorateur. Incorporé en 1914, il est blessé en 1915 et renvoyé dans ses foyers le 3 février 1916.
Le 2 septembre 1918 il demeure au 68 rue Saint Jacques et épouse Marie Henriette Bouchaud née à Doulon le 15 juin 1894, qui lui donnera un fils, René Marcel Lucien BOUBINET, né le 19 mai 1921 et décédé le 19 mars 1990 à Saint Herblain (44)
Le 68 rue St Jacques à Nantes, au centre photo ci-dessus, avec les beaux balcons, fut la maison de la pharmacie Vincent, du temps de mon enfance. Elle a 3 étages, et le recensement de 1921 donne bien Marcel Boubinet, sa femme et sa mère, probablement locataires au 2ème étage, car la 1er est occcupé par le pharmacien. Enfin, au dessus de Boubinet, il y a 2 chambres, occupées par des femmes seules. La vue ci-dessous est celle du recensement de 1921 série des Archives Municipales.

Ainsi, ce jour, je découvre que mon grand-père avait acheté le tableau à son voisin. Mais je suppose que Marcel Boubinet ne vivait pas de son art, mais comme décorateur, et s’il existe quelques tableaux de lui, c’est qu’il a aussi aimé peindre des toiles, et la Loire est présente, car si proche de lui. Dommage que cet artiste soit oublié, et je tiens ici à lui rendre hommage.