Adrien GUILLOUARD l’inventeur de la lampe-tempête en 1914 – cofondateur de la Société A. et L. Guillouard

 Je suis une petite nièce d’Adrien et de Louis Guillouard. Ils ont tous deux marqué ma vie. Adrien, qui n’avait pas eu la chance d’avoir d’enfants, aimait recevoir chaque année fin janvier les voeux de toute ma famille de 6 enfants. Et là, nous les 6 enfants, nous avions droit à un merveilleux goûter dans le grand salon, assis avec les adultes, admirant la petite poupée dansante qui sortait d’une petite boîte, écoutant Adrien jouer du piano à queue, alors que le piano jouait tout seul, puis Adrien nous faisait voir dans sa maison des découvertes récentes, c’est ainsi que je vis la première télé etc… et il adorait montrer tout cela, se projetant avec ces nouveautés toujours vers le futur. Puis nous avions même droit, toujours près des adultes, à un merveilleux tour du parc, bourré de camélias plongeant sur l’Erdre.  C’était journée émerveillement !

4ème fils des quincaillers de la rue St Jacques à Nantes

Adrien Guillouard naît à Nantes le 16 avril 1884 avec le prénom Victor Adrien Gaston en présence d »Edouard Halbert, marchand de grains, âgé de 34 ans, demeurant route de Clisson. Victor en mémoire de son oncle Victor Grelet prêtre et unique famille de sa mère. Autrefois lors des naissances, il n’était pas rare qu’on honore certains proches. Quant à Edouard Halbert, manifestement le parrain, il est mon arrière grand père, et loin de se douter qu’en 1937 son petit fils Georges Halbert épousera la nièce de ce nouveau né !!!
Vous avez l’histoire de la quincaillerie Guillouard sur mon blog – La généalogie des GUILLOUARD depuis La Sauvagère (en Normandie) à Nantes –  toutes les familles que j’ai étudiées – celle des Grelet depuis la Vendée en guerre. Et voici sa génération :
François-Louis GUILLOUARD °Nantes 20 juin 1849 †idem 11 mars 1920 Fils de François GUILLOUARD et de Jeanne MORILLE. x Nantes 6 septembre 1871 Victorine GRELET °Nantes 30 novembre 1850 †Nantes 28 septembre 1924 Fille de Jean-Mathurin Grelet et de Jeanne-Victoire Maillard
1-Françis GUILLOUARD °ca 1872 †Nantes 11.6.1879 SP
2-Victorine GUILLOUARD °ca 1874 †Nantes 2.1.1881 SP
3-Edouard GUILLOUARD °Nantes 1er février 1877 †Nantes 20 septembre 1946 Quincailler en gros rue Saint-Jacques à l’angle de la rue du Frère Louis. Il acheta la maison du 82 rue St Jacques x Nantes 6.5.1908 Aimée AUDINEAU °Nantes 6.5.1886 †Nantes 4 octobre 1973 Dont postérité
4-Louis GUILLOUARD °Nantes 11.5.1880 †Nantes 2.10.1964 Fonda avec Adrien la maison ALG pendant la première guerre mondiale x Nantes 28 juin 1905 Edith MOUILLERAS °ca 1885 †Nantes 30.12.1960 Dont postérité
5-Charles GUILLOUARD °Nantes 19.11.1882 x Alice BRELET Dont postérité
6-Victor-Adrien GUILLOUARD °Nantes 16 avril 1884 †Nantes 29 avril 1963 inventeur de la lampe-tempête en 1914 x Nantes 27 janvier 1913 Gabrielle Adrienne BRELET °Nantes 4 février 1891 †Nantes 20 mars 1972 cousine d’Alice SP
7-Joseph GUILLOUARD °Nantes 10.06.1887 †au Champ d’Honneur Bitry/Aisne 18.9.1914 x N? BEAUTAMY † de chagrin 1914 SP

enfant, opéré de l’appendicite sans anesthésie

Ses parents avaient perdu 2 enfants en bas âge, et la crise d’appendicite fut si aigüe qu’on n’eut pas le temps de franchir les 500 m qui les séparent de l’hôpital Saint Jacques. Adrien fût opéré sur la table de la cuisine, dans l’appartement situé sur la quincaillerie et sans anesthésie. C’était le début des années 1890 et l’anesthésie ne débutera qu’en 1932.
Cette opération a laissé une marque profonde dans la mémoire de la famille. Ma maman, Thérèse Guillouard, sa nièce née en 1914, bien après cette opération, nous la racontait et elle précisait bien que cela s’était passé sur la table de la cuisine en urgence totale sans anesthésie. Cette opération avait d’autant plus marqué la famille que les parents Guillouard avaient perdu plusieurs enfants en bas âge avant la naissance d’Adrien, et ils ont alors vécu l’angoisse de perdre encore un fils. La fiche militaire d’Adrien mentionne « cicatrice abdominale adhérente ».

sa mère, une maîtresse femme !

Elle est issue des bâtisseurs de l’hôpital Saint Jacques, et c’est elle qui a apporté tout l’argent du couple. Elle restera dominatrice toute sa vie, mais portant tous ses hommes, mari et 5 fils, vers l’avenir. Ils visitent les usines des fabricants, vont aux foires de Paris, et à l’exposition de 1900 longuement. Ils   avaient même pris leurs habitudes dans un hôtel à Paris.
Leur environnement était riche d’évolutions depuis que les forges d’Hennebont livrent sur Nantes les toles par voie d’eau. L’usine Saunier-Tessier sur les bords de la Loire fabrique des boites métalliques pour les florissantes conserveries avant 1903, date à laquelle elle est acquise par Jules-Joseph Carnaud, ferblantier à Paris, qui ne tarde pas à s’associer aux Forges de Basse-Indre pour produire du fer blanc.

Les fiches militaires des fils GUILLOUARD notent qu’ils n’ont que le niveau primaire donc ils n’ont pas fréquenté les collèges de la bourgeoisie Nantaise. Mais leurs parents leur ont appris bien plus que le latin, les entraînant à la gestion de l’entreprise familiale qui livre plusieurs départements, visitant les usines des fournisseurs, même fort loin de Nantes; et aussi plus prêt à Nantes, les usines travaillant le métal pour les conserveurs. Cette habitude de visiter les usines des fournisseurs est mentionnée dans le Carnet de guerre d’Edouard Guillouard, mon grand père frère d’Adrien, car il avait demandé à ses supérieurs le droit de visiter une usine, ce qui lui fut refusé et ce refus avait dû le marquer.
En outre ils ont été aux foires de Paris, dont la plus célèbre de 1900 qui dût leur ouvrir bien grand les yeux et leurs réflexions futures. Ces visites étaient toutes un énorme stimulant pour l’esprit créatif d’Adrien et Louis.
Adrien vit encore chez ses parents jusqu’à son mariage en janvier 1913. C’est donc chez eux et en famille qu’il créé ses inovations et créations. Son frère Louis est déjà marié et vit à Quiberon les premières années de son couple, mais qu’à cela ne tienne, Adrien va le voir et ensemble ils projettent bien avant 1910 la future création de leur entreprise.
Adrien avait dû beaucoup observer la vie de famille car il inventera entre autres le presse purée…

1910 premier brevet à 26 ans

Dans cet esprit d’aller de l’avant, Adrien Guillouard sait non seulement inventer des solutions techniques mais aussi les déposer. En 1910, âgé de 26 ans et déjà installé fabricant rue des Olivettes, il dépose son premier brevet, qui sera suivi de beaucoup d’autres, même à l’étranger.

1-Chassis de cheminée à rideau en tole d’acier ondulée se roulant automatiquement dans deux têtes à glissières – N° de publication FR419232 A – Date de publication 1910-12-29 Date de dépôt 1910-07-16
CIB F23J 3/04 – Demandeurs Adrien Guillouard – Inventeurs Guillouard Adrien
2-Chassis de cheminée à rideau en tole d’acier ondulée se roulant automatiquement dans deux tetes à glissières – N° de publication FR13113 E – Date de publication 1911-02-03 – CIB F23J 3/04
Demandeurs Adrien Guillouard – Inventeurs Guillouard Adrien
3-Dispositif de volet oscillant combiné avec les grilles de ventilation appliquées aux cheminées – N° de publication FR451114 A – Date de publication 1913-04-11 – CIB F24F 13/14 – Demandeurs Societe A Et L Guillouard Fils – Inventeurs
4-Perfectionnements aux lanternes-tempête
N° de publication FR536530 A – Date de publication 1922-05-04
CIB F21V 37/02 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
5-Perfectionnements aux lanternes-tempête – N° de publication FR541145 A – Date de publication 1922-07-22
CIB F21V 37/00 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
6-Réchaud à alcool – N° de publication FR559157 A – Date de publication 1923-09-11
CIB F24C 5/02 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
7-Tourne-au-vent – N° de publication FR588375 A – Date de publication 1925-05-06
CIB F23L 17/10 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
8-Dispositif de fermeture de boîtes à ordures et récipients divers
N° de publication FR588376 A – Date de publication 1925-05-06
CIB B65F 1/16 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
9-Perfectionnements aux châssis de cheminées
N° de publication FR588870 A – Date de publication 1925-05-16
CIB E06B 9/13 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
10-Perfectionnements aux lanternes-tempête
N° de publication FR30899 E – Date de publication 1926-10-04
CIB F21L 19/00 – Demandeurs A Et L Guillouard Soc Inventeurs
11-Marmite autoclave destinée à la cuisson des aliments par la vapeur
N° de publication FR630277 A – Date de publication 1927-11-30
CIB A47J 27/08 – Demandeurs A Et L Guillouard – Inventeurs
12-Marmite autoclave destinée à la cuisson des aliments par la vapeur
N° de publication FR33108 E – Date de publication 1928-08-16
CIB A47J 27/08 – Demandeurs A Et L Guillouard Soc – Inventeurs
13-Marmite autoclave destinée à la cuisson des aliments par la vapeur
N° de publication FR33871 E- Date de publication 1929-03-26
CIB A47J 27/08 – Demandeurs A Et L Guillouard Soc – Inventeurs
14-Marmite autoclave destinée à la cuisson des aliments par la vapeur
N° de publication FR33872 E – Date de publication 1929-03-26
CIB A47J 27/08 – Demandeurs A Et L Guillouard Soc – Inventeurs
15-Perfectionnements apportés aux régulateurs pour réchauds à alcool et ustensiles analogues
N° de publication FR730927 A – Date de publication 1932-08-26 – CIB F23D 11/44
Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
16-Nouvel aérateur-ventilateur pour cuisine, salle de bains
N° de publication FR730928 A – Date de publication 1932-08-26
CIB F24F 13/12 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
17-Perfectionnements aux boîtes à ordures et récipients analogues
N° de publication FR765636 A – Date de publication 1934-06-13
CIB B65D 45/24 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
18-Aspirateur fixe à dépression pour conduit de cheminée
N° de publication FR791577 A – Date de publication 1935-12-13
CIB F23L 17/02 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
19-Dispositif réflecteur pour signalisation routière ou autre
N° de publication FR810742 A – Date de publication 1937-03-27
CIB G09F 13/16 – Demandeurs Inventeurs Guillouard Adrien
20-Mine terrestre à déclanchement par plateau circulaire
N° de publication FR864354 A – Date de publication 1941-04-25 Date de dépôt 1940-03-26
CIB F42B 23/00 F42C 7/04 – Demandeurs A & L Guillouard – Inventeurs
21-Passe-légumes perfectionné
N° de publication FR931991 A – Date de publication 1948-03-09 Date de dépôt 1946-08-07
CIB A47J 19/00 – Demandeurs Adrien & Louis Guillouard – Inventeurs
22-Appareil pour râper, couper ou trancher
N° de publication FR1070635 A – Date de publication 1954-08-03 Date de dépôt 1953-01-12
CIB A47J 43/25 – Demandeurs A Et L Guillouard – Inventeurs
23-Passe-légumes perfectionné
N° de publication FR1072947 A – Date de publication 1954-09-16
CIB A47J 19/00 – Demandeurs A Et L Guillouard Inventeurs
24-Appareil à couper les herbes potagères et la viande
N° de publication FR1091879 A – Date de publication 1955-04-15
CIB A47J 43/25 – Demandeurs A & L Guillouard Inventeurs
25-Dispositif de fixation de la grille et de la manivelle dans les appareils passe-légumes et appareils de cuisine à couper ou râper
N° de publication FR1146314 A – Date de publication 1957-11-08
CIB A47J 19/00 – Demandeurs A & L Guillouard – Inventeurs
26-Lève-verre pour lanterne tempête
N° de publication FR1159049 A – Date de publication 1958-06-23
CIB- Demandeurs A & L Guillouard – Inventeurs

Adrien aurait aimé l’IA

Outre les brevets ci-dessus, Adrien menait bien d’autres activités inventives, à l’affus de toutes les nouveautés: télé etc… Il avait même dans sa propriété des ateliers personnels ainsi pour la photo qu’il modifiait, un siècle avant l’IA. J’ai plusieurs photos, comme ci-dessous, qui illustrent son gôut du truquage photo. Il combinait 2 photos, ainsi ci-dessous en 1930, ma maman, la jeune fille au chapeau pointu est à gauche et à droite, son père à gauche d’elle se retrouve aussi derrière elle à droite et la tante Gabrielle, la femme d’Adrien, est aussi à gauche et à droite. Ces photos truquées montrent combien il aurait aimé l’IA ! 

1910, avec son frère Louis, ils créent A. et L. GUILLOUARD

La publication officielle ne fut qu’en février 1911 dans le Courrier, feuille officielle d’Annonces Judiciaires et Légales, organe spécial de l’industrie et de l’exportation parisienne, le 3 février 1911
L’Usine, journal de la Métallurgie du 9 février 1911
40 000 F or un franc 1910 vaut environ 2,69 € 2006 soit 107 600 € en 2006 (je n’ai pas trouvé 2026). Les parents sont les financeurs car la quincaillerie marche bien, et ces avancements d’hoiries, hoiries ou autres, étaient autrefois toujours repris lors de la succession des parents, donc ils ne faisaient ainsi aucune différence entre leurs 5 fils. La Chaussée de la Madeleine est l’adresse du bureau et l’atelier derrière rue des Ollivettes.
Mais en vérité, l’entreprise

1910 ils utilisent déjà la publicité 

Ils font déjà de la publicité dans l’Annuaire général de la Loire-Inférieure en 1910. Cet annuaire donne peu de publicités, et mieux leur publicité occupe les 3/4 d’une page. Ils y donnent l’adresse de l’atelier rue des Olivettes et fabriquent des produits assez complexes ou manifestement ils répondent aux problèmes de bruit et fumées des chauffages de l’époque, qui devaient nuire beaucoup dans la ville de Nantes et autres villes.
Si on compte le temps d’élaboration et publication de l’annuaire, il est certain qu’ils fabriquaient rue des Olivettes avant 1910.

Puis, ils publient la même publicité en 1912, mais cette fois avec l’adresse des bureaux de la société A. et L. GUILLOUARD, qui était de l’autre côté de l’atelier, dans la rue parallèle à celle des Olivettes, mais plus marchande qu’ouvrière et aussi plus passante.

En fait, c’est en 1908 que l’atelier a été acheté, et qu’ils s’y sont installés. La date, généralement retenue de 1911 n’est que celle de la publication dans la presse de leur société.

 

Les tôles arrivent des forges d’Hennebont par gabares

C’est grâce aux forges d’Hennebont à l’ouest de la France que des usines métalliques se sont installées à Nantes. Les tôles arrivent sur les quais de l’Erdre jusque dans les années 30, au cours desquelles la ville de Nantes modifie le cours de l’Erdre vers la Loire. Il y a certes un nouveau quai, mais un certain Belliveau y fait installer une grue électrique de 1 000 kg pour les marchandises transportées par lui, ce qui ne convient pas à A. et L. Guillouard, qui doivent s’entendre avec lui pour que leurs tôles passent aussi.

1914-1918

Ils sont 5 frères mobilisables. Adrien pour sa part avait été exclu du service militaire pour raisons de santé et il est détaché à la maison Guillouard, ainsi que Charles qui ne voit pas assez bien pour manier une arme. Louis pour sa part est « réformé le 28 décembre 1914 – détaché maison Guillouard à Nantes le 15 mai 1917 » Donc les 2 frères travaillent toute la guerre à la maison Guillouard. Joseph et Edouard sont enrôlés : Joseph meurt au front dès le début de la guerre et Edouard fait toute la guerre, nous laissant son journal quotidien, que j’ai publié. Ci-dessous la fiche militaire de Louis détaché maison Guillouard, et pour mémoire le terme détaché est l’inverse d’enrôlé, car il semble que désormais beaucoup ne sont plus capables de le comprendre… Bientôt d’ailleurs qui sera capable de lire ces archives ?

L’usine A. et L. Guillouard fabrique pour l’armée

L’armée a besoin de bassines, seaux, brocs, lampes tempête etc… en très grand nombre, et comme le courrier fonctionne bien Edouard, au front, envoit à ses frères les débris d’armes allemandes. Ainsi, le 1er septembre 1916 il écrit dans son journal de guerre « Tranchée Cie A. T103 Grenade pomme de pain envoyé à Louis (Adrien Guillouard son frère était inventeur, tandis que Louis, autre frère gérait la fabrication des inventions, c’est l’usine ALG qui existe toujours mais à quitté Nantes) ». Ce cahier de guerre a la particularité de contenir beaucoup de photos car le meilleur ami de mon grand père Fernand Leglaive avait un appareil photo et nous a restitué la vie quotidienne dans les tranchées, ainsi le nombre incroyable de seaux pour l’eau, la nourriture … que la maison Guillouard les fabriquait pour l’armée. Mon grand-père Edouard Guillouard, au front, voyait chaque jour les produits de ses frères, industriels à Nantes, fabriquant pour l’armée. Et au delà des seaux etc… aussi des armes, que le génie inventeur d’Adrien savait produire.

Voyez les archives de l’armement des armées est situé à Chatellerault et aussi la préfecture de Loire Atlantique (ex Loire Inférieure) et notamment quelques pages concernant A. et L. Guillouard.

la lanterne tempête

Voyez le site du spécialiste et collectionneur

Les nouveaux ateliers à Wattignies

Tant de fabrication pendant la guerre 14-18 ne peut plus être assumée rue des Ollivettes, trop étroite, et A. et . Guillouard construisent de nouveaux ateliers sur l’Île de Nantes, là où les vaches broutent encore les prés.  L’Île de Nantes était autrefois traversée par tant de bras de la Loire qu’il y avait pas moins de 7 ponts pour arriver à Pirmil. La carte de Cassini, réalisée entre 1756 et 1815 par la famille Cassini, montre cette présence de nombreux bras de Loire. Vous ne verrez pas cette carte sur le site de Nantes Patrimonia qui donne beaucoup de cartes de Nantes, mais surtout aucun de l’île de Nantes jusqu’à Pirmil. Allez sur Geoportail. Au 19ème siècle, la sable a eu raison des bras de Loire, laissant la place aux prés. Ce n’est qu’en 1920 que l’ancienne ligne des ponts et le quartier du vieux faubourg de Vertais feront l’objet d’un programme de rénovation dans le cadre du plan d’extension de Nantes. On va alors reconstruire les ponts de la Madeleine et de Pirmil les reliant d’une large voie qui portera plus tard le nom des Martyrs Nantais.
Cette voie nouvelle d’après guerre ne suivra pas tout à fait le même tracé que l’ancienne ligne des ponts et ne sera pas parallèle aux ateliers construits sur l’île pendant la guerre par A. et L. Guillouard, ce qui explique le léger angle mort à l’entrée de l’usine Guillouard sur le Boulevard des Martyrs Nantais.

Sur cette vue aérienne de 1950 le boulevard qui remplace l’ancienne voie est définitivement tracé et on voit que les ateliers Guillouard ne sont pas parallèles au nouveau boulevard car construits avant le plan définitif de cette ligne des ponts. On remarque aussi qu’ils joignent les prés encore présents à l’est. Je suis née en 1938 et je me souviens des vaches dans les prés encore en 1960 sur l’île de Loire qui devriendra l’île Beaulieu, et aussi de toutes les constructions qui ont suivi à grands coups d’enfoncements profonds de longues fondations pour faire tenir des immeubles sur le sable.

1916 Louis acquiert une voiture

Adrien a une voiture avant 1910, ici au volant, avec son frère Louis, à Quiberon, travaillant à la création de leur entreprise en 1910.  Louis Guillouard acquiert une Chenard et Walcker le 9 juin 1916 (registre aux archives de LA). Cette photo si ancienne illustre le binôme projeté vers les idées futures et la création de leur entreprise.

 

 

 

 

 

 

 

Adrien et Louis déposent la marque ALG

Les acronymes étaient déjà répandus à Nantes sous forme de marque : LU, BN etc… Ils déposent dès septembre 1918 une marque qui marquera pendant 2 générations les familles, à travers tous les ustenciles ménagers ALG.

1927-1929 marmite autoclave

En 1927 Adrien Guillouard obtient un brevet de marmite autoclave, l’ancêtre de ce que nous appelons cocotte minute, puis il obtient 3 autres brevets de 1927 à 1929 (ci-dessus en rose dans la liste de ses brevets). Cet autoclave ALG figure sur leur catalogue de 1929, mais ne figure plus sur celui de 1939, car il ne connaîtra pas plus de succès que ses concurrents car les femmes à la cuisine ne sont ps encore convaincues. Le catalogue de 1929 ci-dessous donne plusieurs dimensions, y compris un autoclave de 9 livres ! 

les lessiveuses ALG

Née en 1938, j’ai connu les produits ALG à tel point que je ne faisais pas le lien avec GUILLOUARD, car on s’exprimait seulement ALG. Comme dans quasiement toutes les familles, de la lessiveuse au presse-purée, en passant par les seaux, brocs, arrosoirs etc… Ma maman a élevé 6 enfants sans machine à laver car pour mémoire en 1950 elle n’est présente que dans 8 % des foyers. Au sous-sol de la maison l’une des pièces était la buanderie, ou trônait sur un gros réchaud à gaz une énorme lessiveuse ALG, celle qui a accompagné tant de foyers. Certes, à la maison, c’était une fois par semaine le travail d’une femme, qui venait faire bouillir le linge, mais nous ensuite on étendait le linge avec beaucoup de pinces à linge et de fils tendus dans le jardin. Nous ne connaissions pas encore le synthétique jetable aussi il y avait beaucoup de couches, serviettes hygiéniques etc… Certes les couches pipi étaient chaque jour lavées à la main à l’eau et étendues. La lessiveuse demandait beaucoup de travail mais elle était durable et bon marché. En 1954, chez Decré à Nantes, celle de 50 litres était à 1 590 F ce qui fait 51,25 €  de 2025. Elle a disparu car nous n’avons plus envie de travailler.

Ma vie avec des produits ALG

Paragraphe en cours de publication

Bon nombre de produits ALG ont marqué ma vie. Je commence par ce qui va le plus vous surprendre, le réchaud. Il ne m’a pas quitté depuis mes 18 ans jusqu’à mes 32 ans, âge auquel j’ai enfin eu un appartement à Nantes et pu acheter une cuisinière. Célibataire, j’ai vécu en chambre meublée à Angers, Nemours, Montreuil-Belfroy, Cologne et enfin Orléans. Je faisais ma cuisine dans un petit coin sur mon réchaud. Ici, vous voyez son prix en 1939, sachant que c’est le prix au marchand et non au client final. La vie a bien changé de nos jours avec les plaques électriques car avec le réchaud, il fallait faire attention à l’équilibre des casseroles dessus !

 

 

 

Char fleuri des maraîchers de Nantes Sud Loire au défilé de la Mi-Carême (devenu Carnaval), Nantes 1950

Introduction

Née en 1938, dans mon enfance après la guerre, j’ai vu la préparation d’un char fleuri pour la mi-carême que les maraîchers de Nantes Sud Loire, alors nombreux, venaient faire sous le hanger de mon père, Georges Halbert, seul immense bâtiment du quartier. La mi-carême était alors le nom de ce que l’on appelle aujourd’hui carnaval. Les chars étaient encore souvent tractés par des chevaux, mais bientôt les moteurs devaient tout tracter. Ce char était construit sur l’ancien immense charette de la taille d’un camion de mon père, qui avait depuis peu d’années un camion moteur.

confettis et serpentins

Outre les chevaux et le nom de mi-carême, les confettis et les serpentins sont en voie de disparition par interdiction. Mes parents nous emmenaient voir le défilé en ville et nous donnaient un sac de confettis et de serpentins. C’était si amusant de les lancer, surtout en famille. Mon char préféré était celui du boeuf, qui était manifestement le plus célèbre personnage du défilé, bien devant la reine.

chars encore tractés par des chevaux

fin des années 40 et début des années 1950, les moteurs n’ont pas encore pris le monopole de la traction, et dans Nantes Sud Loire, il y a encore quelques chevaux, et même un marchand de chevaux. Mais c’est bientôt la fin de ce mode de traction. Les chevaux étaient beaucoup plus beaux à voir, tractant les chars dans un défilé de carnaval, qu’un moteur !!!

le hangar Halbert à la Croix des Herses

Avant le pétrole, les grains et fourrages de milliers de chevaux : la maison Halbert, Nantes

Le hangar de bois était immense (ici à droite en bas, avec 2 couleurs de toiture). Non seulement il était profond, mais il était très haut, avec aussi un étage où il y avait quelques machines pour la fabrication des paillassons, que les maraîchers utilisaient alors bien avant la transformation en serres de toute la ville de Saint Julien de Concelles par les maraîchers.

j’ai joué dans ce hangar après la seconde guerre mondiale

Oui, toute petite fille, j’ai joué dans les bottes de foin, alors ces bottes rectangulaires, derrière lesquelles on pouvait se cacher. Mais dans la cour, il y avait une merveilleuse cabine avec des instruments de pesage, pour mesurer le poids des camions, avant et après chargement. Cela s’appelait un pont bascule, et bien sûr je n’ai accédé à cette cabine qu’une fois, en présence d’une grande personne, car cela n’était pas permis aux enfants. Des ponts bascules existent toujours.

c’était devenu dangereux pour les enfants

J’étais l’aînée, mais c’était devenu dangereux car il avait une immense cuve dans la cour pour sulfater les paillassons et un jour l’un d’entre nous y est tombé. C’est alors que fut construit ce mur pour nous séparer de la grande cour et nous interdire d’aller jouer partout. On voit ce mur encore sur la photo qui suit, juste devant la porte de la maison.

 

 

Le 8 août 1998 à 15 h 10 mon appartement est totalement cambriolé en entrant par la terrasse au 7ème étage faisant un trou dans la double vitre. De retour à 17 h je découvre l’horreur. Effrayée, je cherche immédiatement l’aide de voisins. En bas, une porte s’ouvre, et la femme me lance pour toute aide : « Partez d’ici, vous n’êtes pas de notre monde ! ». Quelques jours plus tard, une autre voisine, maraîchère du quartier st Jacques de Nantes sud Loire, en retraite, me dit en long et en large sa haine des Halbert, haine qu’elle colportait, ignorant qu’en janvier 1956 je n’avais plus que le nom, rien d’autre.   

Office d’ouvrier de la monnaie de Nantes, Pierre Moinet 1716, petit fils de Sébastien Halbert

Introduction

Je vous ai déjà mis sur ce blog mes HALBERT de Saint Sébastien d’Aigne, aujourd’hui Saint Sébastien sur Loire, qui commencent par Sébastien HALBERT ouvrier de la monnaie de Nantes, époux de Marie BONNAUD. Aujoud’hui, je vous mets un document exceptionnel, comme il en existe encore peu aux Archives Nationales, à savoir l’office d’ouvrier de la monnaie d’un Pierre Moinet qui se dit son descendant. Et c’est en voulant voir sur Internet si quelqu’un avait déjà connaissance de ce document que je suis tombée seulement sur l’horreur de la déformation du nom de Louise Halbert, la mère de Pierre Moinet.

Louise Halbert mère de Pierre Moinet

Louise Halbert et son mari meurent juste après la naissance de leur unique enfant Pierre Moinet. L’enfant a donc été élevé par oncle et tante qui lui ont parlé de son grand père Sébastien Halbert ouvrier de la monnaie ! Voici ce que je sais de la généalogie de Louise Halbert :

Louise HALBERT Fillle de Sébastien HALBERT et Louise BONNAUD °Saint-Sébastien-d’Aigne (44) 8 avril 1643 †Basse-Goulaine 6 octobre 1684 « inhumé dans la chapelle de la vierge Louyse âgée de 42 ans fille de deffunt Sébastien Albert et Marie Bonnaud femme de Michel Moynet présent qui signe présents Luc Guillaume et Pierre les Moynet pescheurs demeurant dans les vallées » x 1/1660 Jean CORGNET  x2 Saint-Sébastien-d’Aigne 15 février 1678 Michel MOINET †Basse-Goulaine 15 octobre 1684 « inhumé dans l’église Michel Moynet laboureur demeurant dans les Vallées fils de Luc Moynet et deffuncte Renée Allaire ses père et mère, veuf de Louyse Albert en présence de Luc, Pierre et Guillaume les Moynet » 
1-Perrine CORGNET x Saint-Sébastien-sur-Loire 15.8.1687 Pierre PATOUILLERE
2-Pierre MOINET °Basse-Goulaine (44) 27 mai 1684 « baptisé Pierre fils de Michel Moinet et de Louise Halbert sa femme parrain Pierre Patoüillere marraine Perrine Foucaud » †1726 x Saint-Julien-de-Concelles (44) 29 janvier 1704 « mariage Pierre Moynet fils de deffunts Michel Moinet et de Louise Halbert de Basse Goullaine et Janne Rouxeau veuve de deffunt Michel Lebeau » Jeanne ROUSSEAU Dont postérité

la monnaie de Nantes

Voyez sur mon site, tout sur la monnaie de Nantes.

les ouvriers de la monnaie de Nantes

Il n’existe aucun document exhaustif sur les noms des ouvriers de la monnaie de Nantes, uniquement un document partiel tiré de Granges de Surgères à partir des registres paroissiaux et la liste établie par les juges gardes le 26 février 1728. Or, cette liste ne prend pas en compte les notaires, dont les actes sont très parlants en ce qui concerne les métiers, même si hélas à Nantes nous n’avons plus d’archives notariales du 16ème siècle !!!

l’office d’ouvrier de la monnaie uniquement par filiation

L’office se transmettait uniquement aux descendants. Or, l’acte qui suit et qui concerne Pierre Moinet fils de Louise Halbert, comporte 2 points qui interrogent :

  •  la transmission était donc possible par les femmes et le document que je vous citais ci-dessus, établie selon Granges de Surgères, relate bien un cas par les femmes, mais il précise que cette femme devait donc être fille unique.
  • Louise Halbert n’était pas fille unique, loin de là. Elle avait 4 soeurs et n’était pas l’aînée mais la 3ème. Donc, en l’absence de descendance mâle de Sébastien Halbert et Marie Bonnaud, une des filles a eu le droit de prétendre à l’office d’ouvrier de la monnaie de Nantes.

filiation donnée par l’acte qui suit

L »acte qui suit, de 1716, concernant l’office l’ouvrier de la monnaie de Pierre Moinet le dit « Pierre Moinet fils de Michel Moinet et de Louise Halbert, laquelle estoit fille de Sébastien Halbert et de Marie Bonnaud, ledit Halbert fils de Jullien Halbert ouvrier monnoyeur en nostre monnoye de Nantes ». Il est donc probable que Sébastien Halbert soit fils de Julien, mais aucune source n’existe encore pour le prouver, car les Archives de Loire-Atlantique n’ont plus les actes notariés du 16ème siècle et les registres paroissiaux ne remontent pas au 16ème siècle à Saint Sébastien.
On ne peut conclure à une source sure lorsque qu’on sait, comme j’en ai une grande expérience, combien de fausses filiations étaient données quand on voulait obtenir quelque chose, que ce soit ainsi pour les offices au Parlement de Breragne, ou même les preuves de noblesse. Donc, je ne peux conclure avec certitude que Sébastien était fils de Julien.

1716 office de monnayeur de Pierre Moinet

Merveilleux acte trouvé aux AN. Je suis heureuse de l’offrir aux descendants de Pierre Moinet, car il a eu descendance actuelle.

[1] Archives Nationales V/1/225-V/1/234 Grande Chancellerie (sous-série V/1). Lettres de provision d’office : années 1716 à 1718 cote V/1/226

« Le 20 juin 1716 Louis par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre à nostre cher et bien aimé conseiller général Provicial de nos monnoyes en Bretagne salut notre aimé Pierre Moinet fils de Michel Moinet et de Louise Halbert, laquelle estoit fille de Sébastien Halbert et de Marie Bonnaud, ledit Halbert fils de Jullien Halbert ouvrier monnoyeur en nostre monnoye de Nantes, ledit Moinet faisant profession de la Religion Catholique apostolique et Romaine nous a fait remonstrer que les Roys nos prédécesseurs ayant accordé plusieurs privilèges aux officiers etre ouvriers des monnoyes de nostre Royaume suivant lesquels ceux qui ont possédé le titre d’ouvrier ont le pouvoir de transmettre leur droit à leurs enfants et postérité de l’un et l’autre sexe nés et à naitre en loyal mariage, lesquels doivent se faire recevoir par devant les officiers de nos monnoyes, et d’autant que lesdits Jullien et Sébastien Halbert ses ayeul et bisayeul estoient constamment ouvriers monnoyeurs ainsi qu’il nous est apparu par la sentence de réception dudit Sébastien Halbert son ayeul du 3 juin 1643 et que vous pourriez faire difficulté y admettre le suppliant attendu l’interruption depuis la réception ddit Sébastien Halbert jusqu’à présent il nous a humbement fait supplier luy vouloir accorder nos lettres de relief d’interruption à ce nécessaires à ces causes désirant subvenir à nos sujets suivant l’exigence des cas s’il vous appert par les pièces cy attachées sous le contrescel de nostre chancelerie, que lesdits Julien et Sébastien Halbert père et fils ayent esté receus ouvriers monnoyeurs en nostredite (f°2) monnoye de Nantes, que le suppliant soit arrière petit fils de Jullien Halbert marié en loyal mariage et que suivant les privilèges par les Roys nos prédécesseurs accordés aux ouvriers monnoyeurs le suppliant y doive estre receu nous vous mandons et ordonnons ces présentes que vous ayez à le faire recevoir à l’exercive d’ouvrier dans nostredite monnoye de Nantes luy faisant donner place pour y faire les exercices et travailles ainsy que les autrs ouvriers suivant et conformément auxdits privilèges pleinement et paisiblement restant et faisant cesser tous troubles et empeschements à ce contraires sans vous arrester à l’interruption depuis ledit Sébastien Halbert son ayeul que nos ne voulone nuire ny préjudicier audit inposant ordonnons l’avons relevé et dispensé relevons et dispensons par ces présentes,, pourveu toutefois que lesdits privilèges n’ayent esté révoqués, et à la charge de se conformer à nos ordonnances et règements concernant les monnoyes et sousles peines y portées car tel est nostre plaisir. Donné à Paris le 20 juin 1716 »

 

Louise Halbert 1643-1684 n’est pas Louise Alberti ni italienne comme certains le disent sur Geneanet

Introduction

J’ai trouvé aux Archives Nationales des documents intéressants sur les HALBERT de Saint Sébastien d’Aigne, ancien nom de Saint Sébastien sur Loire, et je vais vous les mettre sur mon blog. Ils concernent Pierre Moinet fils de Louise Halbert, et j’ai voulu voir sur Geneanet si quelqu’un avait déjà connaissance de ces documents. Hélas, je suis tombée sur une Louise Halbert défigurée en Louise Alberti. Et je suis très choquée d’avoir vu cela.

mes HALBERT de Saint Sébastien

Mes Halbert paternels sont issus du Loroux Bottereau et n’ont rien à voir avec ceux de Saint Sébastien, dont je descends aussi ainsi :
11-Sébastien Halbert x avant 1635 Marie Bonnaud
10-Françoise Halbert x avant 1660 Michel Clastras
9-Pierre Clastras x Vertou 8 août 1689 Mathée Rosier
8-Jean Clastras x Saint-Sébastien-sur-Loire 31 janvier 1735 Françoise Corgnet
7-Jeanne Clastras x Saint-Sébastien-sur-Loire 9 novembre 1779 François Bureau
6-Jeanne Bureau x Saint-Sébastien-sur-Loire 26 juin 1827 René Fortin
5-Victorine-Alphonsine Fortin x Saint-Sébastien-Sur-Loire 29 avril 1851 Jacques Mounier
4-Marie-Elisabeth Monnier x Nantes 28 septembre 1875 Edouard Halbert
3-Edouard Halbert x Nantes 23 septembre 1907 Madeleine Allard
2-mes parents
1-moi
J’ai autrefois beaucoup étudié cette ascendance et elle est sur mon site depuis des décennies, mais manifestement, alors que je suis très souvent copiée, je dirais même pompée, certains généalogistes ont préféré faire à leur manière cette famille.

curieuse manière de faire de la généalogie

Louise HALBERT est devenue Louise ALBERTI sur Geneanet et s’aligne dans une ascendance soi-disant italienne !!! Cette prétendue Louise Alberti porte les mêmes dates et lieux de naissance, mariage et décès que Louise HALBERT la vraie. Or, Louise HALBERT, la vraie, figure ainsi écrite et orthographiée dans plusieurs sources. Louise ALBERTI est une pure invention car on ne peut lire dans aucune source ALBERTI, donc certains n’hésitent pas à mettre des inventions sur Geneanet !!!

la famille de Louise HALBERT

Bien sûr, je vous mets ici ma version de la famille de Louise HALBERT :
Sébastien HALBERT °ca 1600 †Saint-Sébastien-d’Aigne (44) 1er septembre 1669 « inhumé Sébastien Halbert âgé de 70 ans » Monnayeur x /1635 Marie BONNAUD †Saint-Sébastien-d’Aigne (44) 23 octobre 1677 « Marie Bonnaut femme de Sébastien Halbert a esté inhumée en l’église en présence de Julien Pion Pierre Robinot et autres »
1-Françoise HALBERT °StSébastien-sur-Loire 17 juin 1635 filleule de Françoys Bonnaud et de Louyse Bonnaud [épouse de Guillaume Sauvage] x /1660 Michel CLASTRA Dont postérité suivra
2-Perrine HALBERT °St Sébastien d’Aigne 12 décembre 1638 « baptisé (acte en latin) Perrine de Sébastien Albert et Marie Bonaud parrain Pierre Sauvage marraine Marie Lottin – vue 59 » x Jouachim LOTTIN Dont postérité suivra
3-Louise HALBERT °Saint-Sébastien-d’Aigne (44) 8 avril 1643 « baptisé Louise fille de Sébastien Halbert et de Marie Bonnaud parrain Guillaume Sauvage [époux de Louise Bonnaud] marraine Mathurine Grandin » †Basse-Goulaine (44) 6 octobre 1684 « inhumé dans la chapelle de la vierge Louyse âgée de 42 ans fille de deffunt Sébastien Albert et Marie Bonnaud femme de Michel Moynet présent qui signe présents Luc Guillaume et Pierre les Moynet pescheurs demeurant dans les vallées » x 1/1660 Jean CORGNET x2 Saint-Sébastien-d’Aigne 15 février 1678 Michel MOINET
31-Perrine CORGNET x Saint-Sébastien-sur-Loire 15.8.1687 Pierre PATOUILLERE
32-Pierre MOINET °Basse-Goulaine (44) 27 mai 1684 « baptisé Pierre fils de Michel Moinet et de Louise Halbert sa femme parrain Pierre Patoüillere marraine Perrine Foucaud » †1726 x Saint-Julien-de-Concelles (44) 29 janvier 1704 « mariage Pierre Moynet fils de deffunts Michel Moinet et de Louise Halbert de Basse Goullaine et Janne Rouxeau veuve de deffunt Michel Lebeau » Jeanne ROUSSEAU Dont postérité
4-Anne HALBERT °Saint-Sébastien-d’Aigne (44) 27 juillet 1646 « baptisé Anne fille de Sébastien Halbert et Marie Bonnaud parrain René Bonnaud marraine Louyse Bonnaud [épouse de Guillaume Sauvage] » †Saint-Sébastien-d’Aigne (44) 1er décembre 1686 « inhumé Anne Halbert âgée de 35 ans environ femme de René Corgnet, présents ledit Corgnet, Claude Corgnet frère, Michel Cornet cousin, Martin Morin » x Saint-Sébastien-d’Aigne (44) 25 novembre 1675 « mariage de René Corgnet et Anne Halbert les deux de cette paroisse et majeurs en présence de Claude Corgnet, Michel Corgnet, René Bonnaut et Guillaume Sauvage [époux de Louise Bonnaud] tous parents et amis » René CORGNET Dont postérité suivra
5-Marie HALBERT x Donatien AUBIN

quelques justificatifs

Je vous mets les plus directs, mais j’en ai encore plus lorsqu’elle est marraine et aussi dans les partages sur acte notarié etc… Tous ces actes sont retranscrits ci-dessus, car je mets toujours entre crochets ce qui figure sur les actes que j’ai lus juste après la date dans mes études familiales.

d’ou sort Louise Alberti

Louise Alberti ne sort pas des documents originaux ci-dessus. Alors d’où vient une telle invention ? Elle ne peut sortir d’un lecteur ayant lu les actes, car ils auraient bien vu HALBERT sauf sur son baptême ALBERT mais pas Alberti… J’ai déjà rencontré beaucoup de cas de généalogistes qui s’inventent une ascendance plus notable à leurs yeux que la véritable, mais il faut croire qu’ici certains ont voulu croire à une ascendance italienne !!!
Dès la création de Geneanet, j’ai constaté les dérives, et je me réjouis de m’être abstenue de tout mélange avec ces données non fiables. Ce qui est sur mon site n’est que mon travail, et rien d’autre. Donc fiable.

généafolie

J’avais écrit sur mon site il y a 25 ans des pages de généafolie tant j’avais alors rencontré des dérives dans la généalogie. Ces pages sont toujours plus que valables. Pire, le phénomène des dérives s’est lourdement accentué. Enfin, je vois que je dois ajouter le cas des inventions !!!

 

 

Histoire du passage vers les moulins des Gobelets, abandonné mais qui devient en 2025 une voie vers la Sèvre

Introduction

Mes nombreux lecteurs, passionnés d’actes notariés anciens, ont très souvent lu, dans ces actes, la clause relative au droit de passage. Et, rassurez vous tous, cette clause existe encore en 2019 en particulier lorsqu’on partage en plusieurs parcelles un terrain pour construire, et qu’aucune voie ne desservira certaine parcelle.

En bon français, il s’agissait autrefois de la « tolérance » d’une « servitude ». Il existait aussi souvent bien d’autres servitudes que le passage, à savoir par exemple celle du puits, voire des lieux d’aisance etc… Souvenez vous en effet qu’avant le cadastre Napoléonien de 1834 rien n’était dessiné en plans, mais le notaire lors des ventes précisait les servitudes telles que celles que je viens de vous citer.

La clause de passage précisait toujours qui et comment on avait le droit de passer et que ce passage était une tolérance. Il était en effet important de préciser si cette tolérance était pour personne à pied excluant ou tolérant le passage avec boeufs et charrue etc…
Et bien entendu cette tolérance était TOUJOURS restreinte au besoin du passant pour l’exploitation réelle de son terrain enclavé, et EN AUCUN CAS un lieu de promenade ouvert à tous.

Vous avez bien compris que cette tolérance supposait que l’exploitant du terrain enclavé n’avait aucun autre accès possible.

Le passage vers les moulins des Gobelets

Donc, autrefois, avant 1840, il existait 6 moulins aux Gobelets. Ils n’étaient pas enclavés. Le cadastre dit « Napoléonien », que je vous montrai ces jours-ci, figurait un chemin donnait les desservant et accédant à rue de la Ripossière (alors chemin elle aussi), et quant aux 3 autres ils étaient sur la route de Clisson, donc directement accessibles.

Mais les meuniers communiquaient manifestement entre eux, en passant sur une terre.

Lorsque Marie-Judith Lebraire, l’épicière de la route de Clisson construisit la maison vue ici hier, elle eut à souffrir pendant plusieurs années aux environs de 1845 les vicissitudes causées par un malheureux procès concernant un droit de passage.
Voici la question résumée brièvement :
Les fermiers qui avaient des parcelles de terre dans la pièce des Herses avaient pris l’habitude de passer sur un terrain vague, devant le moulin des Gobelets, pour rejoindre la route de Clisson. Il ne s’agissait pas d’une servitude mais d’une simple tolérance de bon voisinage. Vers 1840, Marie Judith Lebraire fit démolir le moulin des Gobelets et avec ces matériaux construire une maison sur la route de Clisson, ce qui supprima le passage.
Les fermiers des Herses, bien que non enclavés et ne possédant aucun titre de propriété, ni droit à une servitude, attaquèrent cependant Marie-Judith Lebraire, qui perdit son procès devant le Tribunal Civil de Nantes, condamnée à démolir la maison et à rétablir le passage.
Le tout finit par un arrangement amiable et très onéreux pour Marie-Judith Lebraire. Elle s’engagea à établir un passage sur le terrain vague du calvaire qui lui appartenait, qui sera le chemin actuel de la Gilarderie, devenu aujourd’hui rue Georges Lemevel.
Quand on songe aux ennuis de ce long procès, à l’hostilité de tous ses voisins, aux nombreuses démarches qu’elle entreprit auprès des administrateurs pour obtenir une preuve de son bon droit, à l’innombrable échange de papasseries avec des hommes de loi, aux sommes énormes pour l’époque et pour sa petite fortune qu’elle dut débourser à la surprise inattendue de sa double condamnation à Nantes et à Rennes, enfin à l’humilitiation qu’elle dut ressentir en allant supplier son adversaire de renoncer à l’exécution du jugement et des lourds sacrifices qu’elle dut leur consentir, on peut facilement réaliser quel affreux cauchemar ce malheureux procès dut être dans sa vie de vieille fille.

devenu « terrain abandonné »

Et tout cela pour en arriver là en 2019 (j’ai pris la photo moi-même en 2019)

Car en fait ce passage ne servait pas vraiment puisque ne débouchant sur rien et ne servant en rien à desservir une autre propriété.

Même si le cadastre actuel a oublié qu’il n’existait plus faute d’utilité, et le dessine encore.

Mais certes le dessin du cadastre montre encore qu’elles parcelles en sont propriétaires de droit.

2025 un passage géant s’ouvre vers la Crapaudine

Le plan PLUM de Nantes va relier le Clos Toreau au parc de la Crapaudine via des cheminements doux, dans le grand cheminement de la Loire à la Sèvre. Le voici, en cours de réalalisation début mars 2025, ouvrant le passage à ceux du Clos Toreau vers la Sèvre. Le passage oublié des Gobelets va devenir un immense passage.

Photo Benoît Lesné, mars 2025

L’importante ardoise à la boulangerie Audineau, Clisson 1851

Introduction

L’ardoise était autrefois le paiement différé, soit à la semaine, soit au mois chez les commerçants. Il était très pratiqué. Les grandes surfaces l’ont supprimé et on y paye comptant. Mais je me souviens de ma jeunesse, aînée de 6, je me levais chaque matin une demie heure avant les autres et j’allais à l’épicerie proche que le laitier et le boulanger livraient chaque matin aux aurores, et je rapportais le bidon de 5 l de lait plein, et le pain de 4 livres. Je ne payais pas, mais l’épicière tenait un cahier où elle notait, et chaque semaine maman allait à l’épicerie régler la semaine. C’était la même chose chez le boucher etc… Cela évitait aussi au commerçant de perdre un temps fou avec les petites pièces à chaque paiement, et cela n’était pas considéré comme du crédit, c’était tout bonnement la façon de faire, bien sûr pour tous les clients habituels. Il paraît qu’elle existe encore un peu… mais certainement devenue extrêmement rare ! Je pense même que la majorité des Français d’aujourd’hui ignorent l’existence de cette pratique d’autrefois.
L’ardoise tient son nom de ce qu’autrefois, c’est sur une ardoise qu’on notait les sommes dues.

l’ardoise à la boulangerie Audineau en 1851

En 1851, au décès de François Audineau, boulanger porte Palzaise à Clisson, l’inventaire après décès est dressé. Le mobilier, linge, et tous les ustenciles de la boulangerie se montent à 6 941,5 F
Et dans les passifs, l’ardoise de la boulangerie se monte à 3 066 F ce qui est énorme, et pourtant il y a dans l’actif des pièces de monnaie de billon pour 74 F, ce qui montre que certains payaient comptant leur pain avec des petites pièces de monnaie. La monnaie de billon a existé jusqu’au milieu du 19ème siècle, précisément donc du temps de la boulangerie Audineau. Le billon était le métal utilisé pour ces pièces de monnaie, et il était composé de cuivre, zinc et argent. On l’a surtout remplacé par un métal moins couteux, car l’argent qui entrait dans ces pièces de monnaie devait être remplacé par autre métal moins onéreux.
Donc, à la boulangerie Audineau, beaucoup de clients avaient une ardoise certainement élevée et plus que celle d’une semaine !