L’ancien cimetière de Saint-Jacques, sous l’école de la rue du Frère Louis, Nantes 1827

1827[1] : la mairie de Nantes achète un terrain vague, presque entièrement déclos, formant l’emplacement de l’ancien cimetière de Saint-Jacques, situé à Nantes, rue de Vertou, à la charge pour la commune de Nantes de faire construire, à ses frais, sur ce terrain, et d’y entretenir perpétuellement une école gratuite pour les petites filles indigentes, et de payer les contributions foncières. (Journal de Nantes, 13 juin 1827, p.3)

[1] AM Nantes, notes sur les rues de Nantes par Jules Forest

Ce document m’apprend que j’ai été à l’école primaire des soeurs de la Sagesse, rue du Frère Louis, ancienne route de Vertou, située sur l’ancien cimetière de Saint-Jacques. Et l’école était prévue pour les indigentes, dont je n’étais pas, mais rapidement les religieuses ont du ouvrir à toutes les petites filles du quartier. Selon mes souvenirs, l’école privée n’était pas gratuite. Mais j’ignore si la ville de Nantes est toujours propriétaire comme elle le promettait en 1827 ?

J’ignorais qu’un cimetière avait existé là !

 

Nantes comptait 538 épiceries de détail en 1890, mais seulement 12 passé le pont de Pirmil

pour 122 750 habitants, ce qui donne 4,3 épiceries pour 1 000 Nantais (Almanach général des cents mille adresses de la Loire Inférieure, 1890 – sur le site des Archives Départementales de La Loire Atlantique, numérisé espace Presse)

Mais, passé le pont de Pirmil, le quartier de Nantes Sud, dit quartier St Jacques, ne comptait que 12 épiceries, dont 11 rue St Jacques et une seule passé le cimetière St Jacques. Il faut dire que passé le cimetière, on était en ZONE RURALE comme le définissaient les recensements d’alors, c’est à dire uniquement des jardineries de maraîchage, et encore peu d’habitants. Voici ces épiceries de 1890 passé Pirmil (les numéros supérieurs sont à Bonne Garde, car la numérotation part de Pirmil jusqu’au cimetière) :

Cassin Charles (veuve), rue Dos-d’Ane, 30
Ertaud Victor, rue St-Jacques, 26
Fonteneau Jean, rue St-Jacques, 150
Grelet Mathurin, rue St-Jacques, 80
Grésillon Michel, route de Clisson
Houssais Julien (Mlle), rue St-Jacques, 43
Jeannin Alfred, rue St-Jacques, 23
Lebris Jean (Vve), rue St-Jacques, 102
Maraud, rue St-Jacques, 27
Mary Félicité, rue St-Jacques, 168
Naux Charles, rue St-Jacques, 6
Pergeline Jean-Baptiste, rue St-Jacques, 9

Vous pouvez remarquer au passage qu’avant d’être coiffeur, les Mary tenaient épicerie.

Ce mode de vie autrefois, avant Leclerc qui l’a détruit

Née en 1938, là où vous avez encore la Croix des Herses, j’ai connu les courses quotidiennes car pas de frigidaire, et c’est ainsi que maman a élevé ses 6 enfants. J’étais l’aînée, donc c’est à moi qu’incombait chaque matin de me lever 1/2 heures avant les autres, prendre le bidon, aller à l’épicerie, et revenir avec 5 litres de lait et 2 pains de 4 livres.

Ainsi, le reste de la tribu avait chaque matin un bol de lait, et le reste du lait était utilisé à faire du riz au lait ou autre dessert, ou même bouillie, et j’en ai tellement brassé, brassé, et rebrassé, à en user la cuiller de bois.

Je n’aimais pas ce lait, et chaque matin commençait donc par un haut le coeur devant la crême ! Beurk !!! et l’odeur !!!! Beurk !!!! rien à voir avec notre lait pasteurisé conditionné etc…

Les immenses tartines, beurrées et confiturées, constituaient une bonne partie de l’alimentation.

C’était tout de même plus facile de faire des courses alimentaires autrefois qu’avec les grandes surfaces ! Pas besoin de voiture, c’était écologique…

Mathurin Bonnissant, premier investisseur quartier Saint Jacques en 1815

Mathurin Bonnissant est le 12ème enfant de Pierre Nicolas Bonnissant et Catherine Douillard qui ont eu encore 4 enfants après lui, du moins à ce que j’en ai trouvés. Vous avez toute sa famille BONNISSANT et les charpentiers de navire de Chantenay sur mon site.

Donc ses parents ont eu 16 enfants au total. Comme vous vous doutez bien, peu ont survécu, mais tout de même assez pour que le métier de son père ne soit plus pour Mathurin car ses aînés le prendront avant lui. Son père était charpentier de navires, c’est ainsi qu’on dénommait alors les constructeurs de navires à Chantenay, et comme je vous le racontais hier, il construisait des bâteaux de cabotage, donc des bâteaux plus petits que ceux qui traversaient l’Atlantique, qui eux étaient construits chez Crucy, le grand constructeur connu des Nantais.

C’est dire tout de même que Mathurin Bonnissant a grandi dans le cabotage, sur le quai du cabotage, avec les navires du cabotage. Bref, lui, et toute sa famille, baignaient dans le cabotage. Donc, à défaut de prendre le métier de charpentier de navires, puisqu’il est puîné, Mathurin entre tout naturellement commis aux vivres dans la marine, c’est à dire qu’il sera en permanence en contact sur le port avec tous les bâteaux venant de Bordeaux et du Havre livrés les marchandises, et aussi des chalands de Loire qui font la jonction avec les villes situées sur la Loire. Tous cela c’était encore au 19ème siècle, juste avant l’arrivée du chemin de fer qui devait tout changer et détruire le cabotage et la navigation sur Loire des chalands. J’y reviendrai.

Mais pourquoi diable disait-on charpentier de navires et non constructeur de navires  ? La réponse est simple, c’est la fin de la construction de bâteaux à voile et en bois, car le métal et le moteur arrivent au cours de ce 19ème siècle. Ainsi, la famille Bonnissant aura été l’un des derniers charpentiers de navire, entendez bien qu’ils sont constructeurs de bâteaux en bois et à voile et de cabotage. Je vous remets ci-dessous ces bâteaux à voile tant j’aime ces vues.

Voici les vues de la fin du cabotage à Nantes, vues sur lesquelles je ne détache pas mon regard depuis plus de 3 semaines, pour vous conter une histoire terrible, mais vraie, et certainement vécue par de nombreux enfants. Ces vues datées de 1882, sont tirées de l’ouvrage de Victor Malte-Brun, géographe. On y voit l’agonie du cabotage : voyez les bateaux, qui sont à voile mais plus petit que les autres, et entre parenthèse, vous avez aussi les chalands de Loire, eux aussi disparus.

 

Mathurin BONNISSANT °Chantenay (44) 12.3.1772 †Nantes 13 février 1833 Fils de Pierre-Nicolas BONNISSANT & de Catherine DOUILLARD. x1 Nantes 3°division 6 août 1806 Marie Marthe PALVADEAU °Chantenay 5 août 1787 †Nantes 3e 18 février 1807 x2 Nantes 26 septembre 1814 Marie-Françoise SOULARD °Le Loroux-Bottereau 31.8.1776 †Nantes 16 août 1837 Voir famille SOULARD

1-Mathurin-Claire BONNISSANT °Nantes 12 août 1816 « ordonné prêtre de Saint-Sulpice le 19 décembre 1840 il immigre au Canada le 24 octobre 1847, Prêtre de l’église paroissiale de Montréal. Il décède le 14 novembre 1886 ». SP

2-Joséphine-Marie BONNISSANT °Nantes 12 août 1816 †Nantes 3.11.1870  Demi-soeur de la tante Lebraire x1 Nantes 2.7.1838 Jean HALBERT °Le Loroux-Bottereau(44) 6.4.1804 †Nantes 25.9.1851 x2 Nantes 2.2.1853 Etienne CHAUVET °Rouans Boulanger. Fils de Jean et de Victoire Péron Dont postérité

Mathurin Bonnissant, au cours de son travail de commis aux vivres constate qu’il pourrait développe son métier d’acheteur de marchandises, pour fournir d’autres clients que la marine, c’est à dire les Nantais. En effet la femme qu’il épouse en 1814 tient épicerie place de la Cathédrale. Et l’épicière ne demande que tout plein de marchandises arrivant dans sa boutique. Le couple se lance donc dans ce qu’on appellera durant environ 150 ans, le commerce de gros, tout en gardant pour madame le détail place de la Cathédrale.

Mais pour recevoir et stocker toutes ces marchandises, achetées en plus grande quantité et à meilleur prix, il faut stocker et donc un entrepôt. Et pour que l’entrepôt soit rentable le couple a l’idée de l’installer hors zone urbanisée de Nantes.

Souvenez-vous que sur ce blog, je vous ai déjà parlé que le quartier saint Jacques n’était que jardins passé la chapelle Bonne Garde, et ce jusque et pendant la Révolution.

Vous avez aussi sur mon blog le premier recensement, celui de 1814, qui confirmait ce que je viens d’écrire, à savoir après la chapelle Bonne Garde uniquement

 

Saliot 2 rez,2 1er, tenue Pacreau Pierre jardinier Nantes
Gaudin H. 2 rez,2 1er, jardin Gaudin François tisserand Brest
Champalloyne 2 rz, jardin Tillot Julien laboureur Rezé
Pasquereau 2 rez, 1 1er, jardin Galard Jacques tisserand Maine et Loire
Alard 3 rez, moulin Alard Laurent farinier Nantes
Bigot 2 rez, moulin Bigot Sylvestre farinier Nantes
Poilâne 2 rez, moulin Poilâne Julien farinier Calvados
Maisdon 3 rez, moulin Maisdon Jean farinier Vertou
Poisneau 2 rez, moulin Poineau Jean farinier Chapelle Basse Mer
Renaud Pierre ? 2 rez, écurie, 3 1er, hangar
Cotrel métairie Briand Julien laboureur Fay
Saupin 2 rez Cormerais Sébastien poitier ? St Sébastien

Jardins et moulins, et même  des moulins en fin de vie, car ils sont eux aussi concurrencés par le plus grosses minoteries hors Nantes.

C’est le rencencement de 1818 qui atteste du premier investissement hors zone urbaine de Nantes d’alors, en la personne de Mathurin Bonnissant, qui est mentionné alors comme « marchand de menues denrées ». En fait, on ne connaissait pas encore d’épiciers en gros ni de drogueries car il fait à la fois les balais et la nourriture, bref beaucoup de denrées.

Et comme vous l’avez bien compris, ce premier arrivant d’ailleurs pour installer un entrepôt en zone péri-urbaine, est mon ancêtre car je descends de son unique fille. Il a bien eu un fils, mais prêtre.

La route de Clisson commence à l’actuelle rue de la Ripossière. En 1814 elle comptait 12 logements, dont 5 moulins à farine, et avait attiré de loin : ainsi Brest, Le Calvados.

Ce recensement de 1818 est très intéressant car il donne aussi le montant du loyer, et les loyers semblent élevés. Il y a un nouvel investisseur propriétaire, Bonnissant, qui est le 12ème enfant de 16 [rassurez-vous, ils n’ont pas tous atteint l’âge adulte, car entassés dans une pièce à Chantenay, ils mouraient vite] d’une famille de charpentiers de navire à Chantenay, venue de la Manche, que vous avez sur mon site car je l’ai longuement étudiée. Ce Mathurin Bonnissant a commencé sa carrière dans la marine comme COMMIS AUX VIVRES, métier qui existe encore de nos jours, toujours sous la même appellation et la même fonction : fournir aux marins les vivres.

Il a manifestement exercé un métier parallèle car il a économisé de quoi investir, et le fait qu’il investisse route de Clisson illustre l’attrait qu’elle a dû avoir pour investir, compte tenu de son statut campagnard de l’époque, c’est à dire tout à fait différent de la ville. Son acquêt marque la fin prochaine des meuniers propriétaires à la Croix des Herses, que je vous raconte dans mes prochains billets.

Enfin, vous remarquerez que la tenue [terre noble autrement dit fief, relevant d’un autre fief] est dénommée terre rouge et non Clos Torreau.

Je n’ai pu vous présenter en tableau mais voici comment se lit ce qui suit :

Salliot propriétaire 2 p basses, écurie, chambre et grenier, tenue dite terre rouge derrière description du logement Bahuaud J. née Bretonnière habitant jardinière profession de l’habitant Nantes lieu de naissance de l’habitant 50 son âge 300 loyer en francs Ve état matrimonial, 4 fils, 2 filles enfants habitants dans ce logement

Jounneaud Charles logement de ferme Jounneau Charles laboureur Nantes 40 50 M, 1 fils

Monnier François maison entière Boudeaud Louis débit de vin Bazoges, depuis 4 ans à Nantes 50 300 M

Pasquereau 2 rez, 1 1er, jardin Guillot Madeleine Vve Gallard tisserand Langeron, depuis 40 ans à Nantes 55 40 Vve, 2 fils, 2 filles

Lourmaud logement Tendron François cultivateur Orvault, depuis 20 ans à Nantes 54 40 M, 1 fille

Allard moulin, maison basse 3 p Allard Laurent farinier Nantes 30 200 M

Allard moulin, maison Allard Laurent meunier Nantes 57 200 Vf, 1 fils, 1 fille

Lutz moulin, maison Bigot Silvestre meunier Nantes 70 200 M, 4 fils, 3 filles

Lutz moulin, maison Poislane Julien meunier La Boissière, depuis 50 ans à Nantes 68 200 M 2 fils, 1 fille

Bonissant moulin, maison Poisneau Jean meunier St Julien, depuis 22 ans à Nantes 39 200 M, 2 fils, 2 filles

Bonissant moulin, maison 3 p Maisdon Jean meunier Vertou, depuis 30 ans à Nantes 200 M, 1 fils, 2 filles

Aubin Vve Le Lion d’Or, maison entière Perrochaud débit de vin Nantes 41 96 M, 1 fils, 2 filles

Renaud maçon Le lion d’Or, maison, écurie, hangar, cour Sorin Vve débit de vin Nantes 44 150 Vve

 

La route de Clisson, Nantes : recensement de 1926

Voir tous les articles sur Nantes Sud Loire Saint Jacques

De la rue de la Ripossière à l’usine à gaz, on ne compte en 1926 que 285 habitants, dont 30 ont plus de 65 ans. Parmi ces personnes âgées on en compte 10 de plus de 75 ans. Pour mémoire, en 1926 on n’a pas encore les antibiotiques en pharmacie, ni l’eau courante, et l’espérance de vie est de 30 ans inférieure à la nôtre, donc inférieure à 55 ans.

Quelques maisons sont « particulières » ne logeant qu’une famille, mais les dimensions, non précisées, sont très variables. Enfin, plusieurs maisons sont « collectives », faisant figure des futurs logements par appartements, mais en 1926 sans le confort actuel, en particulier les toilettes communes, souvent dehors.

La mixité sociale est importante, de l’ouvrier au directeur d’usine.

Quelques familles ont leurs vieux sous le même toit, faute de retraite à l’époque.

J’ai fait tous les recensements depuis 1818, et ils permettent de suivre l’histoire des maisons, je vais tous vous les mettre et même l’histoire de quelques maisons.

Ce recensement de 1926 a une particularité : il mélange les 2 côtés de la route, et on passe à chaque instant d’un côté à l’autre, ce que l’on peut suivre par le chiffre pair ou impair de la maison. Le tableau qui suit donne (de gauche à droite) le numéro de la maison en commençant par le 2 alors GUILLARD qui deviendra HAURY par alliance, les noms, années de naissance, toujours un « chef » par ménage, même si c’est une femme, enfin le lien avec le « chef » et dans la dernière colonne le métier du chef, parfois de ses enfants… ou des domestiques.

2 Guillard Marie

Guillard Louise

Guillard Alexis

Guillard Charles

Guillard Gabriel

Guillard Jean

Truon Angélique

Blanloeil Elise

1868

1900

1902

1903

1907

1910

1862

1911

Nantes

 

 

 

 

 

Carquetou

Nantes

chef

fille

fils

fils

fils

fils

 

 

jardinière

jardinière

jardinier

jardinier

 

 

domestique

domestique

3 Merzeau André

Guissard Léa

Merzeau Françoise

1878

1876

1904

Bordeaux

Poitiers

Bordeaux

chef

épouse

fille

industriel Marly
Bossis Alphonse

Quinion Joséphine

Bossis Alphonse

1872

1844

1903

Sautron

Nantes

chef

épouse

fils

docteur
5 Gautier Léon

Beauquin

Gautier Léon

Maindron Gustave

Duchêne Pierre

Vallet Esther

1874

1870

1913

1863

1906

1906

Chap. Heulin

 

 

Longeville

Millias

H. Fouassière

chef

épouse

fils

garçon

neveu

bonne

hôtelier

 

 

6 Huchet Jules

Poilane Marie

Poilane Anne

Olivier Marie

Barreteau Pierre

1906

1876

1874

1880

1877

St Sébastien

Nantes

 

Hte Goulaine

Perrier

chef

épouse

 

 

 

employé

 

 

domestique

domestique

7 Halbert Edouard

Allard Madeleine

Halbert Marguerite

Halbert Camille

Halbert Paul

Halbert Georges

Halbert Marie

Gravoueil Marie

Delhommeau Marguerite

1877

1877

1908

1909

1911

1912

1913

1893

1871

Nantes

La Pouëze

Nantes

Nantes

 

 

 

Chap. Hermier

Vieillevigne

chef

épouse

fille

fille

fils

fils

fille

 

 

négociant en grains

 

 

 

 

 

 

cuisinière

femme de chambre

8 Duret Edmond

Josse Renée

Duret Renée

1895

1899

1924

Sr Colombin

Touvois

Nantes

chef

épouse

fille

manœuvre
Salleron Jean

Quitard Armande

Salleron Ernest

1891

1895

1918

Gournay

St Hilaire Voust

Nantes

chef

épouse

fils

cordonnier
Burgaud Léon

Sorin Madeleine

Burgaud Léon

1876

1976

1903

Bouin

 

Nantes

chef

épouse

fils

roulier
Boisselier Jean

Coulon Philomène

Boisselier Roger

1876

1876

1910

Gétigné

Cugand

Nantes

chef

épouse

fils

tisserand
Jarraud Louise

Jarraud Marcelle

Couteau Georgette

1886

1911

1921

 

Paris

Nantes

chef

fille

fille

ouvrière
Leparec Clément

Renaud Marie

Leparec Renée

Renaud Marie

1887

1884

1915

1858

Sévirac

Nantes

 

Vertou

chef

épouse

fille

belle mère

tisserand

couturière

 

couturière

Dequélou Pierre

Nouet Valentine

Dequélou Lucien

Dequélou André

Dequélou Gilbert

Dequélou Yvonne

1877

1884

1907

1911

1920

1924

Trimiac

Nantes

chef

épouse

fils

fils

fils

fille

Mal ferrant

 

serrurier

canotier

 

Thibaud Paul

Hamelin Pauline

1887

1889

Cugand

Nantes

chef

épouse

tisserand

ouvrière

11 Billot Emilie

Billot Roger

Billot René

Billot Isabelle

Billot Marguerite

Billot René

1872

1895

1898

1903

1903

1901

Franlotte

Paris

Alfortville

Nantes

 

St Malo

chef

fils

fils

fille

belle fille

petit fils

 

représentant com.

cap. au long cours

Gris Gustave

Moreau Eugénie

1876

1878

Boulogne

Le Pallet

chef

épouse

camionneur

épicière

12 Terrien Emile

Boussonnière Marie

Terrine Emile

Pillaud Pierre

1870

1875

1902

1908

Hte Goulaine

Vieillevigne

Nantes

Le Pellerin

chef

épouse

fils

 

boucher

 

boucher

garçon boucher

12 bis Halbert Marie 1855 Nantes chef
15 Milhane Auguste

Bernard Marie

Bernard Joséphine

1855

1857

1865

Nantes chef

épouse

belle soeur

forgeron

 

cigarière

Bonnet François

Clavier Marie

Bonnet Madeleine

1879

1889

1914

Nantes

Bourgneuf

Nantes

chef

épouse

fille

employé
Boiteau René

Chéneau Yvonne

Boiteau Aimé

1878

1880

1911

Chalonnes

Angers

chef

épouse

fils

chaudronnier

 

tourneur

Sorin Auguste

Loquais Berthe

Sorin Denise

Sorin Berthe

1896

1896

1922

1925

St Même

Boutgneuf

Vertou

Nantes

chef

épouse

fille

fille

chauffeur

 

Vallée Marie

Vallée Marie

1872

1905

Châteauthebaud

Vertou

chef

fille

 

employée Bureau

14 Tessier Joséphine

Tessier Ernestine

1861

1898

St Herblon

Douillé

chef

fille

journalière

employée commerce

Charrier Auguste

Goudard Alphonsine

Charrier Paulette

Charrier Renée

1884

1889

1913

1918

Nantes chef

épouse

fille

fille

peintre
15 Bureau Emile

Bureau Emile

Morin Jospéhine

1877

1911

1890

Bigrolles

Nantes

Nîmes

chef

fils

épouse

Md de chevaux
16 Chupin Edouard

Corbard Josephine

Chupin Edouard

Chupin Marcel

Chupin Simone

1887

1887

1915

1920

1920

La Chevrolière

Vertou

St Sébastien

Nantes

Nantes

chef

épouse

fils

fils

fille

boucher
17 Tireau Léon

Tual Marie

Tireau Andrée

Tireau Léone

1886

1882

1911

1916

Tours

Nantes

St Denis

Nantes

chef

épouse

fille

fille

chaudronnier
19 Basty Jules 1866 St Paul en Fabien chef employé commerce
20 Julien Henri

Langlais Marie

Lebot Henriette

Lebot Louise

1856

1858

1891

1899

Nantes

Carquefou

St Sébastien

Nantes

chef

épouse

fille

fille

journalier

 

couturière

comptable

21 Fradin Constant

Genty Marie

1873

1875

Monteauban

Saintes

chef

épouse

ajusteur
22 Fonteneau Yves

Brelet Léontine

Brelet François

1871

1876

1873

Haie Fouassière

Hte Goulaine

Hte Goulaine

chef

épouse

beau-frère

journalier
23 Grasland Yves

Pleidel Eulalie

Grasland Denis

Grasland André

Grasland Roger

1886

1891

1914

1919

1912

Domelais

Selesmené

Paris

Paris

Conquereuil

chef

épouse

fils

fils

fils

employé

 

23 Grésillon Léon

Grahoueil Anna

1870

1865

Nantes

Quimper

chef

épouse

sans profession
23 Vaire Marie

Vaire Gilbert

Vaire Jacques

Demy Edmond

1852

1909

1913

1882

Chap. Launay

Nantes

 

Orléans

chef

fille

fils

 

épicière

 

 

employé coiffeur

23 Roux Rémy

Landais Léontine

Peneau Célestine

Landais Pierre

1895

1895

1865

1857

Chanaie

Vertou

Landemont

chef

épouse

tante

beau-frère

verrier

caissière

23 Crespin René

Vergne Isabelle

Levigoureux Vincent

1879

1891

1900

Sarmache

Toulon

La Roche Bernard

chef

épouse

bourrelier

 

ouvrier bourrelier

Tendron Francis

Cormerais Angélique

Tendron Anne

Tendron Gabriel

Tendron Henri

Tendron André

1877

1883

1912

1914

1917

1921

Rezé

St Fiacre

Nantes

chef

épouse

fille

fils

fils

fils

épicier
Guillard Paul

Tardif Anne

1895

1899

Le Cellier

Nantes

chef

épouse

menuisier
Cerclé Alphonse

Dommeray Alice

Cerclé Christiane

1879

1877

1910

Issé

Nantes

chef

épouse

fille

journalier

 

couturière

26 Piton Joseph

Lenormand Rose

1887

1889

Landerneau

Chapelle Heure

chef

épouse

employé
26 Piton Marcel

Piton Marie

1912

1859

St Germain Lives

Landerneau

fils

mère

ajusteur
26 Hervouet Jean

Bernard Mélanie

1868

1873

Vieillevigne

Crédin

chef

épouse

apprêteur

journalière

27 Audebert Alexandre

Rialand Anne

Audebert Suzanne

1887

1885

1910

Mézel

Nantes

chef

épouse

fille

commerçant
28 Marchand Marie 1856 St Julien Concelles chef
28 Morel Jean

Morel Constante

Morel Louis

1863

1873

1903

Moedan

Erbray

chef

épouse

absent

manoeuvre
31 Bouvet Edmond

Barbé Désirée

1882

1887

Mayenne

St Georges Butav.

chef

épouse

peintre

journalière

31 Mazé Martial

Lecadre Jeanne

1895

1894

Nantes

St Graré

chef

épouse

ajusteur
31 Piveteau Constant

Gilard Marie

Piveteau Guy

Piveteau Yvette

1896

1896

1921

1925

Mouzils

St Denis Chevasse

 

Nantes

chef

épouse

fils

fille

employé

débitante

31 Millet Jeanne 1852 Guenrouet chef journalier
31 Chartier Augustine

Jolly Aimée

1887

1882

Latille

Eresquemont

chef

épouse

employé commerce

 

31 Fleury Alexandre

Lebroc Henriette

Angrevier Henriette

1888

1891

1914

St Gervais

Nantes

chef

épouse

fille

manœuvre

 

31 Pyré Victorine 1844 Mouzeil chef
32 Cassin Henri

Martineau Marie

Texier Anne

1852

1856

1907

Nantes

 

Questembert

chef

épouse

 

 

 

domestique

35 Connan Désirée 1855 Sorinière chef
35 Racineux Josephine 1881 Gétigné chef vendeuse
35 Cassard Ernestine

Piton Joseph

Piton Félicité

1878

1902

1900

Doulon

Tremblay

Vertou

chef

 

 

jardinière

domestique

domestique

36 Renault Georges

Ducros Henriette

Renault Suzanne

1883

1890

1907

Rennes

Paris

Levallois Perret

chef

épouse

fille

directeur
38 Louis Marie

Rubion Thérèse

Audiait Jeanne

1887

1837

1856

Chantenay

Port St Père

Fay de Bretagne

chef

tante

mère

couturière
38 Ganier Joseph

Leloup Joséphine

1870

1871

Nantes

Carquefou

chef

épouse

manœuvre
39 Laigle Marie

Laigle Léontine

Laigle Geneviève

Moriceau Léontine

1849

1876

1900

1882

Haie Fouassière

Nantes

 

Haie Fouassière

chef

fille

petite fille

soeur

 

 

lingère

journalière

39 Laigle Louis

Huchet Marie

Laigle Louis

Laigle Michel

1874

1875

1902

1909

Nantes

St Sébastien

chef

épouse

absent

absent

entrepreneur
41 Brelet Adrien

Hery Marie

Brelet Adrien

1862

1868

1901

Nantes chef

épouse

fils

entrepreneur

 

absent

43 Ferrand Emile

Grimaud Marthe

Ferrand France

Grimaud Pierre

Grimaud Eléonore

1875

1887

1908

1847

 

Nantes

Donges

Vertou

St Aubin d’Aubigné

Gesté

chef

épouse

fille

père

mère

ébéniste

 

46 Neau Constance

Boucaut Louise

1846

1887

Indret

Paimboeuf

chef

 

 

domestique

48 Mouillé Jules

Guépin Telside

Mouillé Marcel

1866

1873

1893

Nantes chef

épouse

fils

voyageur

 

voyageur

49 Couvrand Jean

Lecan Marie

Courand Jean

1878

1878

1906

Crossac

Vallet

chef

épouse

fils

maçon

 

absent

49 François Auguste

Lebot Maire

François Maurice

François Robert

1887

1882

1908

1905

St André Goule d’oie

Nantes

chef

épouse

fils

fils

tissier

 

mécanicien

50 Biron Henri

Coureaud Léontine

Biron Henri

1900

1901

1925

Nantes

Touvois

Nantes

chef

épouse

fils

débitant
52 Moreau Clair

Sauvestre Eugénie

Athimon Louise

1858

1859

1896

Rezé

 

Le Cellier

chef

épouse

 

 

 

domestique

54 Gravoueil Jules

Gonidet Marie

1863

1886

Machecoul

Nozay

chef

 

éleveur

employée

56 Grégoire Marie 1850 Machecoul chef
56 Guilbaud Célestine

Guilbaud Joseph

Derrien Marie

1872

1915

1906

Chap. sur Erdre

Nantes

Chap. sur Erdre

chef

fils

mère

 

 

brodeuse

64 Huet Jeanne

Grellier Marie

1883

1893

Louannec

St Mayeux

chef

 

maraîcher

ouvrière

68 Olivier Auguste

Connan Angélique

1863

1867

Nantes chef

épouse

jardinier
70 Chataigner Françoise 1846 St Sébastien chef
72 Chataigner Gustave

Marchand Marie

Chataigner Marie

1871

1877

1908

St Sébastien

Vallet

Nantes

chef

épouse

fille

Md de fourrage

 

couturière

74 Bardoul Louis

Dubois Anne

1868

1869

Nantes

Plelan le grand

chef

épouse

78 Lascombes Alfred

Brisson Hélaine

1894

1892

Troyes

Vieillevigne

chef

épouse

livreur
78 Ducros Blanche 1859 Le Havre chef
78 Rivet André

Baron Berthe

1856

1886

Marignane chef

fille

charcutier
78 Parchanton Jean

Gasnier Joséphine

Parchanton René

Parchanton Simon

Parchanton Armand

1887

1882

1909

1902

1915

Nantes chef

épouse

fils

fils

fils

manoeuvre
78 Martineau Pierre

Droneau Elise

Martineau Valentine

1887

1896

1914

St Jean de Monts

Nantes

chef

épouse

fille

manoeuvre
82 Quairiau Eugénie

Truon Joseph

Truon Marguerite

1875

1887

1897

St Sébastien

 

Missilac

chef

frère

belle soeur

charcutière

 

cuisinière

84 Bugnot Maurice

Vannier Marie

Bugnot Claudine

Bugnot Annick

1889

1900

1922

1925

St Tarnier ?

Dupam ?

Nantes

Nantes

chef

épouse

fille

fille

employé
86 Desbois Perrine

Charlot Julienne

Leguennec Angèle

1872

1914

1906

Suchenne

Becleon

Suchenne

chef

nièce

 

 

 

domestique

90 Jaffrès Ambroise

Sené Alain

Jaffrès Yvonne

1883

1895

1923

St Fragoul

Lesmeren

Nantes

chef

épouse

fille

concierge

 

94 Pilloquet Germaine

Pilloquet Marie

1879

1883

Nantes

Nantes

chef

épouse

jardinière
100 Bouhier Louis

Thouaneau Marguerite

Bouhier Anne

Bouhier Paul

Clouet Fernande

1885

1893

1910

1921

1902

Garnache

Nantes

St Philbert Gd Lieu

Nantes

Vertou

chef

épouse

fille

fils

 

commerçant

 

 

 

employée

102 Lemaqueresse Henriette

Lemaqueresse Jean

Lemaqueresse André

Lemaqueresse Jean

Tillaud Henriette

1886

1883

1911

1919

1852

St Sébastien

Hervignac

 

 

 

chef

époux

fils

fils

fille

négociant en grains
103 Praud Gabriel

Artaud Marguerite

1882

1892

Bouguenais

Rezé

chef

épouse

voyageur
103 Allain Emile

Perrault Berthe

Allain Paul

1882

1890

1920

Nantes

St Sébastien

Nantes

chef

épouse

fils

directeur gaz
103 Guibert Pierre

Augé Jeanne

1861

1862

St Philbert Gd Lieu

St Colombin

chef

épouse

employé d’octroi

Edouard 2° HALBERT 1877-1932 : train de vie

Edouard 2° HALBERT : train de vie

Son grand-père Mounier, d’origine modeste (j’y reviendrai très longuement) a vécu sans dépenser bourgeoisement, se contentant même d’une pièce à vivre et louant les autres pièces de la maison à des tiers.  Son aptitude au travail, et son modeste train de vie, alors que ses affaires florissaient, augmentaient d’autant les économies, ce qui explique qu’il put acquérir plusieurs maisons rue Saint-Jacques et route de Clisson à Nantes. Ajoutons que la route de Clisson où il s’installa en 1843 était un monde rural non urbanisé, et il était le seul au sud de la Loire à Nantes, à fournir les chevaux, alors nombreux, en avoine et foin.

Edouard 2° Halbert sera héritier du commerce de grains et fourrage créé par son grand père Jacques Mounier à l’époque du cheval à Nantes. Il jouit de la maison et du commerce depuis son mariage, car ses parents se sont retirés en sa faveur, mais il attendra 1923 pour voir la succession effective de son père et 1932 celle de sa mère. Ils ne lui laissent pas que les biens Mounier, car son père a aussi une partie des biens BONNISSANT-LEBRAIRE.

Je suis née en 1938, et j’ai mémoire d’une « bonne à tout faire » nommée Émilie, qui semble avoir terminé sa carrière après la guerre. Je savais donc que mes grands parents avaient une domestique. J’étais loin de m’imaginer ce que je viens de découvrir dans les recensements.

Les recensements de la ville de Nantes, que j’ai entièrement dépouillés et que je vais publier sur mon blog, m’apprennent qu’en 1926 mon grand père n’a pas une, mais deux domestiques, l’une dénommée « cuisinière », l’autre « femme de chambre », et ces domestiques sont recensées sous son toît, car y vivant, logées sans doute sous les toits, comme c’était alors souvent le cas de ces femmes, et travaillant certainement beaucoup plus que 35 h par semaine, comme de nos jours.

Voici le recensement de 1926 concernant la maison de mon grand père Edouard Halbert :

 

Halbert Edouard

Allard Madeleine

Halbert Marguerite

Halbert Camille

Halbert Paul

Halbert Georges

Halbert Marie

Gravoueil Marie

Delhommeau Marguerite

1877

1877

1908

1909

1911

1912

1913

1893

1871

Nantes

La Pouëze

Nantes

Nantes

 

 

 

Chap. Hermier

Vieillevigne

chef

épouse

fille

fille

fils

fils

fille

 

 

négociant en grains

 

 

 

 

 

 

cuisinière

femme de chambre

Certes, ce recensement donne d’autres maisons de la route de Clisson ayant domestique. Notamment, plusieurs personnes âgées, en couple ou seules, ont domestique.

Je suis âgée de 82 ans, vit à domicile. Je sais qu’on ne peut tout faire seule, et j’ai aide ménagère depuis des années faute d’avoir encore mes épaules. Mais j’ai une retraite, ce qui n’existait pas en 1926, et j’ai le système actuel des aides ménagères quelques heures par semaine, alors qu’en 1926, il n’existe aucune retraite, et les personnes âgées terminent leurs jours soit :

  • avec une domestique, pour ceux qui ont encore un capital, donc les plus aisés
  • auprès d’un enfant qui gagne sa vie, pour les plus chanceux en famille
  • à l’hospice pour tous les autres, et je ne sais s’ils sont la majorité. Ce que je sais c’est que l’EHPAD actuel n’a rien à voir avec l’ancien hospice, recueil des pauvres, mais pauvrement.

La route de Clisson n’échappait pas à cette vision sociale des personnes âgées d’alors, et on y observe bien des familles qui ont près d’eux leur ancien(ne), et des personnes âgées seules avec domestique. Et pour mémoire, je me souviens qu’il y avait hospice pour les vieux à l’hôpital Saint-Jacques tout proche. Cela c’était avant les EHPAD actuels.

Revenons à Edouard 2° et à son train de vie. Je dois vous avouer que j’ai été totalement stupéfaite d’apprendre par ce recensement que mon père, Georges Halbert, et ses frères et sœurs, alors tous adolescents, ont connu ces 2 domestiques. Je découvre ainsi une fascette de mon père qui m’était inconnue, car il a donc eu une enfance très bourgeoise.

Mais j’apprends dans ce recensement de la route de Clisson en 1926 bien plus encore.

En effet, le même recensement de 1926 nous apprend aussi toutes les professions des habitants de la route de Clisson, et j’y fais une énorme découverte pour l’histoire de la famille, que je m’empresse de vous conter.

Lorsque Jacques Mounier, le « grand père breton aux origines modestes », s’installe route de Clisson en 1843 et y lance un commerce de grains et fourrages, cette route est un désert rural. Dans tous les recensement avant la seconde guerre mondiale, l’agent recenseur du 4° canton de Nantes fait brusquement une coupure sur son registre et annonce qu’il commence la partie rurale : la route de Clisson.

Le commerce de grains de fourrages est alors seul au sud de Nantes, à une époque où le cheval assure la traction des nombreux véhicules et des machines diverses. Mais la vapeur et le moteur à essence arrivent et vont supplanter le cheval. On gardera de nos jours la mémoire du cheval dans nos instruments de mesure. On a défini le « cheval-vapeur » comme la puissance développée par un cheval pour remonter de 1 m une masse de 75 kg en 1 s.  Et aux chevaux-vapeur on a ajouté les chevaux fiscaux pour les automobiles. Quel Français n’a jamais entendu parler de la 2 CV, la 4 CV …

Tandis que le nombre de chevaux diminue drastiquement entre les 2 guerres mondiales avec la multiplication des automobiles, le recensement de 1926 donne route de Clisson 2 autres marchands concurrents, respectivements installés au 102 et au 72 :

102 Lemaqueresse Henriette

Lemaqueresse Jean

Lemaqueresse André

Lemaqueresse Jean

Tillaud Henriette

1886

1883

1911

1919

1852

St Sébastien

Herbignac

 

 

 

chef

époux

fils

fils

fille

négociant en grains
72 Chataigner Gustave

Marchand Marie

Chataigner Marie

1871

1877

1908

St Sébastien

Vallet

Nantes

chef

épouse

fille

Md de fourrage

 

couturière

Ils sont de la même génération qu’Edouard 2° Halbert, né en 1877, vivent plus modestement car je n’y vois pas de domestiques sous leur toît. Ainsi j’apprends que la concurrence est là alors que le marché décroît.

Or, dans le même temps, voici la mémoire de la famille :

« En 1926, Edouard Halbert, atteint de rhumatisme articulaire, est soigné au salicylate, et est mis au régime. Le traitement déforme ses doigts et agit surtout sur son caractère, tandis que toute la famille doit suivre le régime. En mai, il part en cure 3 semaines pour atténuer sa maladie.
C’est à cette époque qu’il délaisse ses affaires au profit des organisations  professionnelles.
Sa femme, aidée de ses 2 filles aînées, s’occupe du commerce. Elle gère en particulier la comptabilité avec beaucoup de rigueur. Elle transmet cette compétence à ses 2 filles.
En 1930, Edouard Halbert achète une voiture Delaunay-Belleville, qu’il fait transformer près de Paris pour y ajouter des sièges. Ainsi, la famille peut pique-niquer le dimanche au bord de la mer, ainsi à Pornic. Il achète même une tente de plage et fait faire une boîte de rangement de la vaisselle. » 

Je comprends que mon grand père est atteint, comme moi, de la goutte, qu’il a transmise à mon père, puis à un de mes frères et moi. Cela fait plus de 45 ans que je suis volontairement au régime anti-goutte pour la fuir, et il n’a rien de désagréable. Je suppose qu’à l’époque, le régime était sans doute moins connu que de nos jours et un peu plus fantaisiste pour qu’il ait laissé un tel souvenir à ma tante !

Le changement de caractère et l’éloignement des affaires auraient pu aussi être la conséquence des difficultés déjà rencontrés dans son commerce ?

Il n’en est rien puisqu’en 1930 il affiche un tel train de vie avec la Delaunay-Belleville, voiture alors considérée comme exceptionnelle. Pourtant Renault et Citroën ont déjà beaucoup de modèles connus et en série. La petite histoire orale de la famille nous raconte qu’il fallait tant de temps pour la faire démarrer qu’on aurait été plus vite à pied à l’église le dimanche ! Mais, manifestement Edouard tenait à parader.

La voiture est pour alors beaucoup d’hommes un objet d’identification narcissique et virile. Certes, beaucoup de femmes passèrent leur permis de conduire avant la seconde guerre mondiale, comme ce fut le cas de maman, mais elles n’eurent plus le volant après le mariage, car il était réservé au mari.

Ainsi, avec ses 2 domestiques et sa belle voiture, alors que les chevaux se raréfient avec la motorisation, et qu’il y a des concurrents, Edouard 2° Halbert, mon grand père vivait au dessus de ses moyens et méritait les reproches incessants de ses parents, reproches qui nous ont été transmis en 1939 par son fils Paul, écrivant les mémoires de la famille. Voici donc la mère d’Edouard 2°, sachant qu’elle était fille de Jacques Mounier le fondateur, venu de Bretagne d’une famille nombreuse de laboureurs, et créateur du commerce de grains et fourrages :

 

« Marie Monnier, épouse d’Edouard 1er Halbert 1855-1932
Marie Monnier avait hérité des qualités de son père, goût du travail, rouerie dans les affaires, goût de l’économie poussé jusqu’à l’avarice. C’était elle qui portait la culotte.
Route de Clisson le commerce de grains et fourrages prospérait. De Bretagne, les avoines arrivaient par gabares, on les camionait à la maison, on pesait, ajustait, les ficelait en sacs que les camions allaient livrer aux clients. A la saison des foins, des gabarres lourdement chargées des foins des prairies de l’embouchure de la Loire remontaient jusqu’à Nantes sur le quai Moncousu. C’était la période de la cale aux foins. La « cale » durant tout l’été, de juillet à septembre. Sous le soleil de plomb on déchargeait le foin dans les charrettes, sous les ardoises brûlantes des greniers on rentrait la provision de foin pour l’année chez les clients.
Il fallait être partout, être à la cale, chez les clients, assister à la réception des charrettes de campagne, préparer les expéditions d’avoine, et quelquefois travailler tard dans la nuit, les mains coupées par le fil rude à ficeler les sacs pour les livraisons du lendemain, à 5 heures les camionneurs arrivaient, trouvant leurs chevaux pansés par Edouard 1er Halbert. Les dimanches d’été, il fallait aller au Pellerin, à Frossay, ou à Rouans pour acheter du foin aux herbagers, discuter, finasser et montrer de la rouerie pour ne pas être roulé soi-même.
En 1877, ils eurent un fils qui épouse Madeleine Allard.
Avant leur mariage ils firent construire la maison située 2 chemin de la Gilarderie et vécurent tous les deux dans cette maison jusqu’à leur mort.
Edouard Halbert mourut en juin 1923 et sa femme en février 1932.
Durant les dernières années de leur vie, ils ne surent guère profiter du bonheur d’avoir en face chez eux leurs enfants et petits enfants. La mère faisait à son fils des reproches souvent violents sur sa façon de gérer le commerce ou sur ses dépenses. »

Photo de 1936

Hélas, Edouard 2° avait transmis le goût des belles voitures, au dessus des moyens de son commerce, à son fils mon père, que l’on voit sur la photo de 1936 en tablier et béret, le 2ème à gauche debout devant la porte du magasin.