Julien Fiot acquiert la métairie de Villeneuve, Vritz 1584

Acte des Archives du Maine-et-Loire 5E36 – Ma retranscription (propriété intellectuelle) : Le 18 octobre 1584 en la cour du Roy notre sire à Angers endroit devant nous personnellement estably noble homme Gabriel de Blavou sire de Launay conseiller du roy en sa cour de parlement de Bretaigne et damoiselle Renée Raoul son espouse de luy deument et suffizamment auctorisée devant nous quant à ce, demeurant en ceste ville d’Angers en la paroisse de St Jehan Baptiste, soubzmetant eulx et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division de personnes ne de biens leurs hoirs reconnaissent avoir ce jour d’huy vendu quicté cédé délaissé et transporté et encores par ces présentes quictent cèdent délaissent et transportent du tout dès maintenant et à tousjoursmais perpétuellement en plein héritage et promettent chacun d’eulx seul et pour le tout garantir er deffendre de tous troubles délictz et empeschements quelconques vers et contre tous à noble homme Jullian Fiot sieur de la Bonneraye et de la Fenestre demeurant audit lieu de la Bonnerays paroisse de Vritz en Bretagne présent stipullant et acceptant qui a achepté et achèpte pour luy et pour demoiselle Guillemine (f°2) de la Chesnaye sa femme leurs hoirs etc scavoir est le lieu domaine mestairie et appartenances de Villeneufve situé en ladite paroisse de Vritz constitué icelluy lieu de maisons manables grange taicts aistres jardrins vergers ayreaux rues yssues et terres labourables et non labourables prés pastures bois hayes avecques et comprins en ladite vendition toutes autres choses estant et dependant dudit lieu et qui ont accoustumé en estre et dépendre et tout ainsi que ledit lieu et mestairye se poursuit et comporte et comme lesdits vendeurs leurs prédecesseurs et mestayers en ont par le passé et jusques à ce jour jouy sans aulcune chose en retenyr excepter ne réserver, au fief et seigneurie de Vritz et autres fiefs si aulcuns et aux debvoirs cens rentes et charges anciens et accoustumés estre pour (f°3) raison desdites choses de ladite vendition en fieffe avecques autres frescheurs, quels debvoirs cens et rentes lesdits vendeurs ont déclaré et affirmé ne pouvoir pour le présent aultrement exprimer, … franches et quites de tout le passé jusques à ce jour ; transportant etc et a esté faite ladite vendition cession delais et transport pour le prix et somme de 666 escuz deux tiers d’escu sol faisant 2 000 livres tz venant es mains desdits vendeurs…

 

 

 

Un patronyme disparu : Lescoufflier, Saint-Hilliers (77) 1585

Introduction 

Je rencontre depuis 2 ans que je fais des recherches sur Provins et environs, le patronyme LESCOUFFLIER, et il semble bien avoir disparu, même si certains patronymes actuels pourraient lui ressembler.

Vente de terres à Saint-Hilliers par Jehan Lescoufflier

En fait il vend pour son père qu’on suppose trop âgé (à l’époque c’était moins d’années que de nos jours) pour se déplacer à Provins traiter la vente.

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1585.06.07 vue 332 – Comparut personnellement Jehan Lescoufflier le jeune laboureur demeurant à Sainguy paroisse de st Yllier lequel tant en son nom que comme soy disant avoir charge et fondé de procuration de Jehan Lescoufflier lesné son père laboureur à la Corre paroisse d’Aulnoy ayant pouvoir par icelle de faire la vendition cy après déclarée et par lequel dabondant il promet faire ratiffier tenir et avoir pour bien agréable ce présent contrat quant besoing et requis en sera recognut avoir vendu ceddé et par ces présentes vend cèdde quite transporte et délaisse promis et promet tant en son nom que en ladite qualité de procureur de sondit père et en chacun d’iceulx garandir de tous troubles et empeschements à Jehan Bardot fils de Denis huillier demeurant à Provins à ce présent achepteur et acquesteur pour luy ses hoirs etc c’est à savoir 3 quartiers de terre pris en une pièce de 2 arpents 6 perches ou environ la terre comme elle se comporte assise au finage de Sainguy au lieudit Champdoré tenant d’une part aux hoirs Jacques Privé d’autre aux Marees d’un bout sur les Mareceaulx d’autre aussi – Item ung quartier de terre pris en une pièce faisant hache contenant ung arpent 3 quartiers 15 perches au finage ou lieudit les Culiers …

 

Vente d’un petit jardin sous les remparts de Provins, 1585

Introduction

Lorsque je retranscris je découvre souvent l’orthographe de l’époque, même pour les noms de lieu. Ici, je découvre MELEIN, qui est manifestement MELUN sinon le notaire aurait précisé que cette ville était dans une autre province de France, en ajoutant par exemple « pays de Normandie », or il n’ajoute rien, donc c’est bien dans la même province.

un gars de Melun a épousé une fille de Provins

Autrefois quand on quittait sa ville natale on vendait les biens qu’on y possédait, de préférence à des proches parents. Or, de Melun à Provins il y a 50 km c’est à dire plus d’une journée de cheval, qui n’est que de 40 km. Donc on ne considérait qu’il fallait vendre. Et la vente se fait bien en famille, des biens de Madame, née à Provins.

un métier de répartiteur

mais je n’ai pas bien compris ce qui est répartit !!! alors j’ai mis en rouge le terme… pour ceux qui comprendront mieux que moi, d’avance merci…

vente d’un petit jardin sous les remparts de Provins

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1585.05.24 vue 323 – Comparut personnellement Pierre Marlot Me répartiteur des haultes alures ? de la ville et baillage de Melein y demeurant et Françoise Berthellot sa femme de luy suffisamment authorisée lesquels de leurs bons grés sans force recognurent avoir vendu ceddé et par ces présentes vendent cèddent promis et promettent garandir de tous troubles et empeschements quelconques à Ayoul Berthelot voiturier par terre demeurant à Provins achepteur et acquesteur pour et au nom et proffict de Denis Berthellot son frère ses hoirs et ayans cause à l’advenir c’est à savoir une planche de jardin contenant environ 5 perches la pièce comme elle se comporte assise en ceste ville de Provins rue de la foire aux chevaux tenant d’une part à Ayoul Bacquet d’autre auxdits vendeurs d’un bout sur les remparts de la ville d’autre sur la rue Maunans en censive du prieuré st Ayoul à ung denier tz de cens seigneurial le jour st Eloy sans autres charges comme ils ont dit, à ladite Bethellot appartenant de son conquest par elle et deffunt son mary pour en jouir par ledit achepteur esdits noms doresnavant à tousjours perpétellement, ce vendu le prix et somme de 2 escuz 2 tiers argent franc auxdits vendeurs que pour ce ils en ont eu receu dudit achapteur avec ung teston …

Nicolas Nourisson, ouvrier de viel à Provins, acquiert une rente annuelle et perpétuelle en nature, 1585

Introduction

Je vous ai déjà mis des actes concernant les ouvriers de viel, et vous savez donc maintenant que ce sont des ouvriers travaillant sur les chaussures à réparer car usées et ils n’étaient pas cordonnier possédant boutique mais devaient sans doute être salariés d’un cordonnier. Nous ne connaissons plus ce métier, car notre époque jette tout, même les chaussures dès qu’elles sont un peu portées. Autrefois on ne jettait pas, on réparait.

cession de rente annuelle et perpétuelle en nature

Autrefois, les mesures n’étaient pas standard, et chaque coin de France possédait ses mesures. Ici, on trouve le bled mesuré en perrotin. Mieux encore, dans les paiements en nature des rentes on trouve aussi la choppine !!!

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1584.10.03 vue 155 – Comparut personnellement Thomas Bahoul marchant cordonnier demourant à Provins lequel de son bon gré recogneut avoir vendu ceddé et par ces présentes vend et promis et promet garantir de tous troubles à Nicolas Nourisson ouvrier de viel deumeurant audit Provins présent acceptant et acquesteur pour luy ses hoirs c’est à savoir la quantité de 2 boisseaux ung perrotin de bled froment et une choppine de rente foncière annuelle et perpétuelle bon grain loyal et marchant mesure de Joy Chastel rendu à prorata es greniers dudit achepteur et faisant partie d’un muyd de bled froment et ung boisseau de poix de rente par ledit vendeur et autres ses cohéritiers avoyent et ont droit de prendre et percepvoyr par chacun an au jour st Martin d’hiver en et sur plusieurs terres et héritages situés et assis au finage de jouy le Chastel et es environs à présent détenus et occupés par Jerosme Detardy Thomas Evrard Edmé Thomassin Denis Boucher dit Hervyet et plusieurs autres et au long contenus et déclarés es lettres de sesdites ypotheques et recognoissances de ladite rente reneue à leur proffict à l’encontre dudit Detardy et autres détempteurs desdits héritages au siège du baillage de Jouy le Chastel en dacte du quatriesme jour de juillet l’an mil cinq cens quatre vingts et ung siné Bijot et Chappelle et outre a ledit vendeur ceddé audit achepteur les arrérages à luy deubs à cause de ladite rente pour le jour st Martin d’hiver dernier passé et depuys leditjour jusques à huy … (f°2) … ceste vente faite moyennant le prix et somme de 6 écuz d’or sol argent franc audit vendeur …

Vente foncière à rente annuelle perpétuelle, Chalautre la Grande 1585

Introduction

Dans la Brie je trouve beaucoup de ventes foncières à rente annuelle et perpétuelle. En 1504 je les ai trouvées surtout en paiement en nature, mais en 1585 j’ai plus souvent en argent monnaie.

ferme à Chalautre-la-Grande

L’acte donne le détail et on apprend aussi à la fin de ces lignes de description qu’il y a 35 arpents., ce qui donne environ 18 hectares, donc bien une ferme. Le rente est amortissable pour 800 livres tournois, donc la ferme vaut (800 x 8 x3)/2 = 3 201 livres

l’acquéreur est laboureur

Dans la Brie, beaucoup de laboureurs possèdent leurs terres, alors qu’en Anjou je n’ai jamais trouvé de laboureur possédant sa terre, uniquement un bail à ferme ou un bail à moitié auprès d’un propriétaire, souvent bourgeois d’Angers. Ici, il acquiert une partie d’une ferme, mais possède sans doute d’autres terres.

les ventes de partie d’une propriété

Les notaires en Brie écrivaient les ventes de partie de propriété sans utiliser la formule du pourcentage que nous utilisons, mais une formule comme celle qui suit :  les deux parties les troys faisant le tout d’une huitiesme partie d’une petite maison estables

vente à rente annuelle perpétuelle

 

AD77-1057E414 Delanoe notaire à Provins

1585.01.30 vue 242 – comparut personnellement Jehan Hubert laboureur demeurant à Chaises paroisse de Challautre la grand lequel recogneu avoir pris et retenu prend et retient par ces présentes à tiltre de rente annuelle et perpétuelle d’honorable homme Denis Privé marchand demeurant à Provins et Françoise Dechoisy sa femme à cause d’elle de sondit mari suffisamment auctorisée et licenciée pour faire et passer ce qu’il s’ensuit à ce présents bailleurs audit tiltre qui luy ont promis garantir c’est à savoir les deux parties les troys faisant le tout d’une huitiesme partie d’une petite maison estables attenantes ou il y a potiez et porte ung corps de logis servant de bergeries et vailere, le lieu comme il se comporte de fond en comble, avec ses terres prés et héritages à ladite Dechoisy appartenant au finage de Prefrost et es environs à partager et diviser avec les religieux de St Quiriace de Provins et Anthoine Bridou à cause de sa femme et autres qui se consistent en la quantité de 35 arpents ou environ sans comprendre la portion d’une grange et quelques vignes que lesdits vendeurs ont déjà vendus et aliénez deux desquels héritages tenans abboutissans mesme comportance et demourance ledit preneur s’est tenu et tient pour bien content disant les bien savoir et cognoistre pour avoir cy devant labouré partie d’icelle, que les fermyers desdits bailleurs à ladite Dechoisy appartenant de son propre comme elle a dit, pour en jouyr par ledit preneur … et autres de la saison de mars prochainement venant 1585 (f°2) à tousjours perpétuellement, moyennant et pour le prix et somme de 18 escuz d’or sol qui sont 54 livres tz de rente annuelle et perpétuelle et de fond et bail que ledit preneur a promis et promet est et sera tenu doresnavant bailler et payer auxdits bailleurs leurs hoirs ou le porteur au jour de feste st Martin diver premier terme de paiement commançant dudit jour prochain en ung an et ainsi en continuant d’an en an audit jour à tousjours, sur lesdits héritages baillés qui en sont et demourent spéciallement chargés loyés obligés ypothéqués et asservis, et lesquels il sera tenu entretenir ladite maison bien manable et habitable et lesdites terres en bon estat de labour et en saisons deubs et convenables comme … sur tous autres biens et héritages … (f°3) rachapt et extinction d’icelle pour la somme de 800 livres tournois …

Elisabeth Lecourt vend une ferme pour aider Pierre Ythier à sortir de la prison de la Conciergerie de Paris, Provins 1597

Introduction

Je vous montrais avant-hier l’emprisonnement de Pierre Ythier à la Conciergerie à Paris. Autrefois pour sortir de prison on payait même la pension au gardien de prison, comme on aurait payé de nos jours un hôtel. Le montant à payer pour Pierre Ythier est très élevé, en voici déjà une preuve, car pour aider sa femme, les proches vendent même des terres importantes. Ici, c’est mon ascendante Elisabeth Lecourt qui vend une ferme, pour 400 écus dont elle possède la moitié. Pour mémoire, une maison à Provins est de l’ordre de 120 écus. Ces chiffres pour vous donner une idée de l’importance du montant à payer pour libérer Pierre Ythier, et je vais vous mettre d’autres actes demain sur cette libération.

Elisabeth Lecourt vend une ferme

AD77-1057E422 Jacques Delanoe notaire à Provins – vue prise par le CGHSM de Melun, avec son aimable autorisation

AD77-1057E422 Jacques Delanoe notaire à Provins – 1597.03.20 vue 175 – Furent présents en leurs personnes Jacques de Virlaines marchant appothicaire demeurant à Nogent sur Seyne et Marguerite Maillard sa femme à cause d’elle de sondit mari suffisamment aucthorisée pour ce faire et passer, et Elizabeth Lecourt veuve de feu Sidrach Faulchon demeurant à Provins, lesquels de leurs bons grés sans force ne contraincte recognurent avoir vendu ceddé et par ces présentes vendent cèddent, promis et promettent garantir de tous troubles et empeschements quelconques à honorable homme Nicolas Hebert marchant demeurant à Michemin présent et acceptant pour luy ses hoirs c’est à savoir une terre ferme et labourage consistant en maison grange estables le tout couvert de thuille court jardins et aireaux tant devant que derrière et à costé lesdits lieux comme ils se contiennent et comportent aussis aux Loges paroisse de Quiers en Brye tenant d’une part aux Guibins … d’autre sur l’achapteur, et en la quantité de 58 arpents tant terres labourables et prés et autres y compris les chaumes en plusieurs clostures et assises audit finage des Loges esdits Quiers [à 25 km ouest de Provins] et es environs que soulloit tenir à tiltre de moisson soubz le nom desdits vendeurs Charles Lecompte et Jehan Baussart et aux vendeurs appartenant chacun pour moitié et de leur propre et advenuz par les décès de leurs feux père et mère et par partage fait avec les cohéritiers esdites successions, mouvant en alisine la totalité de ladite moisson et lieux de messieurs les doyen chanoines et chapitre de l’église monsieur St Martin de Champeaulx de la quantité de 3 boisseaux 3 pitolins d’avoine demy chappon et … de chappon et ung denier obole tz pour le breuvage paiable chacun an le jour St Estienne lendemain de Noël au lieu acoustumé, et lesdites terres et héritags des choses dont ils sont manans … (f°2) ceste vente faicte moyennant le prix et somme de 400 escus d’or sol francs et quite auxdits vendeurs qui ont confessé avoir eu et receu dudit achepteur… fait et passé en la maison de ladite Lecourt venderesse 8 heures du matin audit Provins en présence de Me Nicolas Lecourt conseiller et controlleur en l’eslection de Provins et Hubert Chaume meusnier demeurant à Provins, ledit Chaume a dit ne savoir signer, et encore a promis ledit de Virlaines faire ratiffier et avoir pour agréable derechef ceste vendition ladite Maillard sa femme quant elle sera venue en aage de majorité.