Consignation d’une année de la ferme judiciaire de la terre de Marigné Peuston Laigné et les Roullières, 1541

et depuis Laigné, ils sont venus à Angers déposer la somme, assez importante. Nul doute qu’ils ont voyagé avec, et qu’ils font partie de ceux qui se déplaçaient avec des pistolets sur eux.
Le détail des espèces est donné et je vois encore des pièces que je n’avais pas encore renontré. Je suis donc toujours aussi stupéfaire de constater avec quelle facilité nos ancêtres ont pu manier autant de pièces, d’autant que rien n’est décimal, et le cours variable !
Et le tout sans ordinateur !!!

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E121 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 7 décembre 1541, (Huot notaire Angers) en la cour du roy notre sire à Angers personnellement estably honneste personne Nicollas Hunault marchand demourant en la paroisse de Laigné en Craonnoys commissaire ordonné au regence et gouvernement de la terre et seigneurie du Plessis de Marigné Laigné Peuston et les Roullières soubzmectant etc confesse avoir aujourd’huy eu et receu d’honnestes personnes René Poypail marchand demourant au Plessis de Marigné fermier adjudicataire de ladite terre et seigneurie du Plessis de Marigné Laigné Peuston et les Roullières les espèces d’or et monnoie qui s’ensuyvent
c’est à savoir 205 escuz soleil, 2 escuz couronne, 35 doubles ducats, une portugalaize, 8 ducats simples, 30 testons, 7 demis testons, et 7 gros d’Angleterre et 52 livres 14 sols 6 deniers en monnaie de douzains lesquelles espèces d’or et monnaie ledit Poypail a baillé audit Hunault pour la somme de 750 livres tz pour une année de la ferme de ladite terre et seigneurie du Plessis de Marigné Laigné Peuston et les Toullières, escheues et finies le 23 juin dernier passé, desquelles espèces d’or et monnaie ledit Hunault s’est tenu et tient par ces présentes à bien poyé et content et en quicté et quicte ledit Poypail et promys acquiter vers tous et contre tous et pour ce que ledit Hunault a ce jourd’huy en présence dudit Poypail mis et consignés lesdites pièces d’or et testons au greffe de le sénéchaussée d’Anjou en obéissance à exécutoire et sentence donnée en la cour de ladite sénéchaussée d’Anjou tant ce jourd’huy qu’auparavant ce jour pour les procès cy après déclarés, scavoir lesdits escus soleil pour 46 sols pièce, lesdits escus couronne pour 43 sols tz pièce, lesdits double ducats pour 4 livres 16 sols tz pièce, lesdits ducats pour 18 sols pièce, ladite portugaise pour 25 livres tz et les testons pour (illisible) pièce,
et a esté et est expressément dit convenu et accordé entre lesdites parties et autrement n’eust ledit Hunault receu lesdies espèces d’or que au cas qu’elles ne seroient receues et allouées audit Hunault pour le prix dessus dit que le dit Poypail sera tenu et a promys sypployer et satisfaire audit Hunault ce que deffauldroyt de la valeur desdites espèces d’or qu’elles seront prinses et allouées audit Hunault à la raison des procès dessus déclarés et ainsi l’a iceluy Poypail promys consenty et accordé, promet consent et accorde,
auxquelles choses dessus dites tenir etc et aux dommages etc obligent lesdites partyes respectivement l’une vers l’autre etc renonçant etc de tout etc foy jugement et condemnation etc
présents à ce honorable homme et saige maistre Mathurin Chalumeau licencié ès loix et maistre Guillaume de la Cothinière bachelier ès loix demourans à Angers tesmoings
fait et passé audit Angers en la maison dudit Chalumeau les jour et an susdits

Cette vue est la propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire. Cliquez pour agrandir.

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5 réponses sur “Consignation d’une année de la ferme judiciaire de la terre de Marigné Peuston Laigné et les Roullières, 1541

  1. Apparemment, René Furet ne serait donc plus le fermier du Plessis en 1541.

    Meilleurs voeux pour cette année 2012 !

      Note d’Odile :

    Si le personnage vous intéresse, je vais creuser, car j’ai sur lui de multiples actes trouvés aux AD à Angers, qui ne sont pas encore retranscrits. Il est celui qui aura été le plus actif chez le notaire, passant presque chaque jour un acte, et j’ai l’inventaire de ses titres à son décès, malheureusement il est si épais (un énorme livre) que pour le mettre en forme ici, j’en aurais pour des semaines de travail
    L’acte SIMON que j’ai mis hier m’a demandé plus d’une journée de travail, et pourtant il est mille fois plus court ! Mais par contre il est hyper important, et c’est sans doute parce que le fêtes mobilisent tout le monde que personne n’a vu l’énormité de cet acte comme preuve qui infirme tout ce qui avait été bidouillé par le passé sur cette famille.
    Au fait, descendez vous des FURET, et si oui merci de me mettre ici au moins une ou deux générations descendantes qui complètent mes travaux afin que je sache mieux vous connaître.
    Odile
    Merci pour les voeux, je ne suis pas une experte en voeux, mais volontiers je vous offre les miens,

  2. Merci pour vos vœux.

    Je descends depuis la fin du XVIII ème siécle des Daigremont de la Selle Craonnaise. La généalogie de cette famille qui se trouve dans le dictionnaire généalogique des familles illustres de l’Anjou, rattache cette famille à Macé Daigremont et Marguerite Furet (la sœur de René), par Jean Daigremont, sieur de la Suhardière, qui serait un de leurs enfants. Voici l’origine de mon intérêt pour ce personnage René Furet, en plus du fait qu’il est très intéressant par lui-même. Un intérêt aiguisé par des zones d’ombres à combler, car dans votre propre travail sur Macé Daigremont et Renée Furet, vous n’évoquez pas ce Jean Daigremont parmi leurs enfants. Nous avions vu sur ce blog qu’il était fort probable que Jean et Macé soient des parents (proximité de lieux, de métier), par la vente de vignes à Bouchemaine, ou encore par rapport à René Daigremont (qui apparait dans votre travail comme parrain d’un enfant de Macé et dans cette autre généalogie comme frère de Macé) dont Jean hérita probablement de la Suhardière à St Michel de Feins (comme neveu ?). Mais rien de plus précis (est-ce un fils ou un neveu de Macé – par son hypothétique frère René ou un troisième frère – ou issu d’un premier mariage de Macé ?). Dans la généalogie évoquée plus haut, il est fait mention d’un acte de succession de Jean de 1574 (peut-être l’avez-vous vu ?), où son ainé René est sous la tutelle de son oncle René. Cet oncle pourrait bien être ce René fils de Macé, filleule de René sieur de la Suhardière, qui est cité dans vos travaux… Des zones d’ombre encore à éclaircir qui ont au moins l’avantage de maintenir ma curiosité pour tout ce qui concerne ce René Furet, qui a sans doute eu un rôle important dans la vie des enfants de sa jeune veuve de sœur !

  3. OK, je comprends que vous descendez de Jean Daigremont, mais si j’ai bien compris, c’est dans le dictionnaire des familles illustres de l’Anjou que vous avez vu cette famille.
    Je ne consulte pas ce dictionnaire, ni celui qui lui a fait suite, et qui publie actuellement, car ce sont des travaux de compilation des feudistes, qui ont fait beaucoup d’erreurs, et surtout ont fait disparaître beaucoup trop de leurs sources.
    Donc, si vous voyez dans ces ouvrages la mention d’un acte notarié, soyez certain que ceux qui publient n’ont jamais vu l’acte, mais ce sont contentés de recopier les notes des feudistes.

    Je ne fais pas le même travail, et me tient aux preuves et uniquement aux preuves. Je n’ai rien sur votre branche, s’il est reliée à la mienne, et je sais seulement :

    Selon Gontard Delaunay (Les Avocat d’Angers, p.40) Jean d’Aigremont, sieur de la Suardière, de la Blairie et de la Chalouzière, épouse Françoise Chailland. Avocat à Angers en 1540. Armes : De gueu-les au lion d’argent armé, lampassé et couronné d’or. (Mss 996, Gencien ; – voir Bouton, Traité de Blason, p. 309 ; – Armorial général de l’Anjou)
    la Blairie, commune de Laigné (53) : En sont sieurs : Jean d’Aigremont, 1541 ; Pierre Blanchet mary de Marie Goullay, 1572 (Dict. de la Mayenne, Abbé Angot, 1900)
    L’abbé Angot donne la Chalousière à Bazougers, mais sans détails.
    Pour la Suhardière, il existe plusieurs lieux de ce nom en Mayenne, et selon l’Abbé Angot, il s’agirait de la Suhardière en Saint-Michel-de-Feins – « en sont sieurs : Guillaume Vivien, 1402 ; René d’Aigremont, chanoine de saint-Pierre d’Angers, 1531 ; Renée d’Aigremont, inhumée à Château-Gontier 1616. »
    Renée DAIGREMONT † Château-Gontier st Jean 12 mars 1616 « a été inhumé en l’église de St Jehan l’évangéliste le corps de Renée Daigremont dame de la Suardière »

    Pourriez-vous m’indiquer plus précisément vos 2 ou 3 premières générations avec lieux et dates, en m’indiquant ce que vous avez pu vérifier ou non, d’avance merci. En effet, je ne comprends pas ce que vient faire la Selle Craonnaise dans ce que vous mentionnez.
    Odile

  4. Mes ancêtres Daigremont vivent effectivement au XVIIIème siècle à la Selle Craonnaise. Vous trouverez sur cette famille un article p 279 du T4 du Dictionnaire de l’Abbé Angot (trop long à recopier ici). Cette présence à la Selle Craonnaise fut peut-être encouragée par l’alliance avec les Lenfantin, dont ils héritent au moins la Courtière (Abbé Angot T4 p 260).

    J’ai vérifié par moi-même toute mon ascendance avec les registres des archives du 49 et du 53 consultables sur internet, en passant par les Daigremont de la Selle Craonnaise jusqu’à Robert d’Aigremont, « Juge Consul de la juridiction consulaire » d’Angers, né le 14.13.1634 à Angers St Maurille, fils de René d’Aigremont sieur de la Suardière et d’Antoinette Formont ou Fourmont. Je n’ai pas encore su vérifier (si possible ?) ce qui raccorde ce René d’Aigremont, sieur de la Suardière, à Macé Daigremont, d’aprés le Dictionnaire des familles illustres de l’Anjou : René d’Aigremont, (né vers 1597, + après 1658 et avt 1674) x vers 1622 à Antoinette Formont ou Fourmont, fils de Jean d’Aigremont, sr de la Suhardière (né à St Pierre d’Angers le 2.10.1559, + 1620 ?) x Perrine N…, fils de Jean d’Aigremont, sr de la Suhardière et du Châtaigner [terre également à St Michel de Feins] (né vers 1517 [si exact et trés précis, problématique pour être le fils de Marguerite Furet !?], + après 1567) x vers 1546 à Françoise Chailland, fils de Macé d’Aigremont et de Marguerite Furet. Il y a encore du travail à faire ! D’où en partie mon interet pour votre propre travail.
    Cordialement,
    Luc

      Note d’Odile :

    OK, je comprends mieux.
    J’ai le Dictionnaire de l’Abbé Angot, et comme ce qu’il donne p. 279 du tome 4, ne concernait que le 18ème siècle, je n’avais pas fait de rapprochements avec les miens, mais je vous l’accorde le patronyme est relativement rare.
    Je vais recopier ce passage de l’abbé Angot néanmoins, dans mon fichier DELESTANG en ligne qui donne mon ascendance DAIGREMONT par les DELESTANG.
    D’ailleurs, au passage, je remarque que mes Delestang avaient fait un retour à la campagne, et que si nous joignons correctement un jour vos Daigremont, ils ont fait de même, alors que généralement dans une généalogie, comme durant d’ailleurs tout le siècle dernier, les populations montaient vers les villes.
    Mais, je voudrais vous demander votre autorisation de faire un copier-coller dans mon même fichier DELESTANG de ce que vous venez d’écrire ici dans ce commentaire, et si je vous demande cela, c’est que je ne le ferai pas sans votre autorisation d’une part, et que je souhaite conserver une vue d’ensemble des travaux DAIGREMONT dans ce fichier, pour plus de compréhension et lisibilité ultérieure.
    d’avance merci de votre réponse, que j’espère favorable
    cordialement
    Odile Halbert

  5. Biensur, ma réponse est positive.
    Je ne sais plus si ceux-ci compléteraient ou non nos propos ci-dessus, mais éventuellement, je me souviens également de commentaires sur les Daigremont lors d’un acte concernant Jean Daigremont et un terrain mitoyen à une propriété de feu Macé Daigremont, et aussi lors d’un acte concernant René Daigremont et l’achat de vignes à proximité de la Suhardière à St Michel de Feins.
    Sans pouvoir encore le joindre à Macé Daigremont, l’ancêtre avéré des Daigremont de la Selle Craonnaise, René, sieur de la Suardière, x avec Antoinette Formont (ou Fourmont), a bel et bien vécu à Angers St Maurille où sont nés ses enfants, dont Robert. Si mes ancêtres sont venus à la Selle Craonnaise quittant Angers, comme les Delestang, il semblerait (je n’ai pas vérifié) qu’une branche issue d’un frère ainé de Robert, François x Marguerite Allasneau de la Possardière, soit restées à Angers, avec des enfants nés également à St Maurille.
    Ces Daigremont, sieur de la Suhardière, avaient des terres « à la campagne », comme aussi Macé à Soeurdres (qui est d’ailleurs à proximité de St Michel de Feins !), dont ils restent propriétaires ou dont ils font commerce, tout en ayant une autre activité à Angers, comme la magistrature. Peut-être qu’à cause d’une situation personnelle (fils cadet n’héritant pas de l’activité urbaine, un mariage…) ou d’un contexte plus global propre à une période historique (peut-être le déclin de certaines professions, ou autre…), il devenait plus intéressant ou nécessaire de se rapprocher au plus près de ses terres « à la campagne ». Peut-être que progressivement les métamorphoses sociales et économiques qui se mettent en place provoquent un mouvement des non propriétaires terriens vers les villes et un mouvement des propriétaires terriens, anciens bourgeois des villes, vers leurs terres ?

    Cordialement,
    Luc

      Note d’Odile :

    Je suis bien d’accord avec vous pour les maisons de campagne, c’est ce que j’avais pour mes Hiret.
    Je n’avais pas « imprimé » (sic, comme disent les jeunes) que Saint Michel de Feins était si proche, merci d’avoir attiré mon attention sur cette proximité.
    J’avais bien dans mon étude ALLANEAU le couple de Marguerite avec François Daigremont, mais je n’avais pas pensé qu’on pourrait rejoindre cette famille Daigremont à la mienne.
    Odile

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