Contrat de mariage de métayers, Corzé (49), 1744 entre Vincent Perthué et Noelle Brossier.

J’ai mis à jour la famille PERTHUÉ en y ajoutant les informations que Marie a bien voulu me communiquer.

Ce contrat de mariage contient une information intéressante sur le métier de sergent royal, aussi je m’empresse de vous communiquer cette info, puisque le sergent royal faisait l’objet d’un précédent billet.
Dans le contrat de mariage qui suit, la mère de la future est décédée. Elle apporte donc en mariage sa part des meubles de la succession de sa mère, et on apprend alors qu’un inventaire avait été dressé par Launay sergent royal. Or, depuis 16 ans que mon nez est tombé dans les archives notariales et n’en a pas décollé, je constatais quelques inventaires après décès, mais sans comprendre pourquoi on n’en trouve pas plus en Anjou. Et, dans le cas présent, j’ai dépouillé tout le notaire de Corzé, sans trouver aucun inventaire de mes métayers.
Donc, je viens enfin de comprendre que des inventaires étaient plus souvent dressés qu’on n’en dispose aux archives, mais soit sous seing privé (cela je le savais) soit par un sergent royal (cela je viens enfin de le découvrir). Or, les archives des sergents royaux, au même titre que des archives privées, n’ont pas été conservées. D’ailleurs, ils ne devaient pas être tenus de le faire.

Retranscription de l’acte : Le 18 mai 1644, Dvt Christophe Davy Nre royal à Baugé Dt à Corzé, honneste femme Françoise Riffault veuve de défunt Vincent Pertué et Vincent Pertué leur fils, demeurant en la paroisse de Marcé, et honneste homme Louys Brossier métayer et Nouelle Brossier sa fille et de défunte Nouelle Hubert demeurant au lieu seigneurial de Chemant en la dite paroisse de Corzé, (ce métayer avait la particularité d’exercer aussi le métier de fermier, c’est à dire gestionnaire de biens à ferme, et au fil des années il prit à ferme plus de biens, et on voit qu’en 1644 il a même prit à ferme la seigneurie de Chemant. Le fermier d’une seigneurie occupait toujours le lieu seigneurial, à titre d’ailleurs de garde de la maison seigneuriale. Ce Louis Brossier aura été pour moi un oiseau rare, car si j’ai vu beaucoup d’autres métiers prendre des biens à ferme pour les gérer en intendants, c’est le premier métayer que je rencontre dans ce cas. )
lesquels ont fait et font par ces présentes les accords de mariage pactions et conventions matrioniales qui s’ensuivent,
savoir est que ledit Vincent Pertué, de l’advis de ladite Riffault sa mère, Jehan Sayeret son beau-frère, et de Yves Reau son proche parent, et ladite Nouelle Brossier de l’advis de sondit père, de Gilles Brossier son oncle paternel, et de Mathurin Raveneau et Guillaume Hubert ses oncles maternels, et autres leurs parents et amis, (ce paragraphe est souvent très intéressant, et dans le cas présent il me confirme les liens de parenté que j’ai découvert sur d’autres actes notariés, mais 2 preuves de liens de parenté valent mieux qu’une, et je ne crache jamais dessus.)
se sont promis et promettent mariage solempniser en fasse de saincte église catolicque apostolicque et romaine dès que l’ung en sera requis par l’autre, tout légitime empêchement cessant, (je souhaite aux lecteurs non catholiques de s’imprégner de l’appellation de l’église, telle qu’elle figure le plus souvent dans ces actes, même si cela doit leur paraître un peu rébarbatif, mais au moins on sait de quelle église on parle.)
et avec tous et chacuns les droits et raisons qui leur peuvent compéter et appartenir, savoir audit Vincent Pertué à cause de la succession dudit défunt Pertué son père et à ladite Nouelle Brossier à cause de la succession de ladite défunte Hubert sa mère, sans aulcune réserve en faire, et entre lesquels droits de ladite future épouse, ledit Brossier son père a assuré consister en la somme de 300 L tournois pour sa part des meubles demeurés en la communauté de lui et de ladite défunte Hubert sa mère, suivant l’inventaire qui en a été fait par Launay sergent royal, (ainsi, il existait donc des inventaires après décès sous seing privé, d’autres devant sergent royal et enfin d’autres devant notaires, et seuls ces derniers ont pu nous parvenir, lorsque les notaires les ont conservés… et enfin déposés) laquelle somme de 300 L ledit Brossier a promis et demeure tenu et obligé payer aux futurs conjoints dedans la fête de Toussaint prochaine, (300 L est généralement la somme apportée par un métayer et elle représente environ 1/6e des biens d’un métayer, d’ailleurs on pourrait en simplifiant, calculer la fortune d’un père en multipliant par 6 la dot d’une fille, mais ceci est très approximatif, car il y avait plus ou moins d’enfants… j’y reviendrai)
de laquelle somme de 300 L ledit futur époux et ladite Riffault sa mère chacun d’eux seul et pour le tout demeurent tenus et obligés en convertir et employer la somme de 200 L en achat d’héritages qui seront censés et réputés les propres de ladite future épouse en ses estocs (écrit estotz) et lignées, et à faute de ce faire les employer et convertir en rentes à raison du denier 18, rachetable un an après la dissolution de leur mariage, (autrefois les biens propres de Madame étaient rigoureusement respectés, et c’était une bonne chose. Si j’insiste sur ce point, c’est que je pense qu’en 2008 beaucoup de Français pensent qu’autrefois les femmes n’avaient aucun droit.)
et a ledit futur assigné douaire à ladite future sur tous ses biens suivant la coutume (le douaire aussi était une bonne chose pour les femmes. Il n’est pas inutile de le rappeler au passage, car lui aussi semble oublié) ce qui a été stipulé et accepté par lesdites parties …
fait et passé en notre maison, présent vénérable et discret Me Laurent Chevreul prêtre, et René Launay praticien demeurants audit Corzé… Signé Chevreuil, Aubert

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet seule une citation ou un lien sont autorisés.

7 réponses sur “Contrat de mariage de métayers, Corzé (49), 1744 entre Vincent Perthué et Noelle Brossier.

  1. Votre famille Perthué.
    Pour moi .
    Mathurine Courtin, fille de Jehan Courtin et de Renée Aubert(anc à la 11e génér) épouse à Corzé le 29 10 1633 Laurent Saillant,fils de déf Denis Saillant et de Marguerite Maurier ??.(vue 67).

    Le 31 5 1650 X à Corzé de René Gouion ,fils de déf René Gouion et de déf Françoise Dogreau de la paroisse de Lézigné avec Françoise Brossier,fille de déf Loîs Brossier et de Noelle Hubert.(anc à la 11g) (vue 18).
    dont
    .Perrine,qui épousera le 10 9 1669 à Corzé Guillaume Branchu,fils de déf Jehan Branchu et de déf Julienne Daviau.(vue 40).etc…

  2. Mes alliances Perthué.
    Jean Branchu ,fils de Mathurin Branchu x Anne Riffault (anc 11e génér),épouse Julienne Marais
    le 26 11 1661 à Seiches s/ Loir(vue 92).
    Ils auront au moins 6 enfants,dont Jean, qui épouse en secondes noces,le 28 5 1697 à Corzé,Marie Bigot,fille de Nicolas Bigot et de Marie Perthué de la paroisse de Corzé,
    Sont présents: Jacques Branchu de la paroisse de Soucelles,Mathurin et Guillaume(dont je descends) les Branchu.frères dudit époux,Nicolas Bigot de cette paroisse, Louis Perthue de la paroisse de Marçé.(vue 71).

    1. Bonjour madame
      Immense nouvelle.
      J’ai compris que vous ne descendez pas des Perthué, mais qu’ils vous sont alliés.
      Mais j’ai compris, sauf erreur, que vous descendiez d’Anne Riffault. Or, mon plus ancien couple Perthé est :
      Vincent PERTHUÉ †Marcé 4 novembre 1639 x /1606 Françoise RIFAULT
      1-Vincent PERTHUÉ °Marcé 19 mai 1606 †/1685 Filleul de Imbert Rouy et de Jehanne Riffault fille de Thomas Riffault et de Renée Esnaut x Corzé 24 mai 1644 Nouelle BROSSIER Dont postérité suivra
      2-Etienne PERTHUÉ (il y a des lacunes entre 1606 et 1611, qui expliquent sans doute que je n’ai pas trouvé son baptême) x Marcé 24 novembre 1643 Perrine DURAND Fille de défunt Jacques et de (blanc)
      3-Renée PERTHUÉ °Marcé 31 octobre 1611 Filleule de René Falaise et de Renée Riffault x Jean LESAYEUX Dont postérité suivra
      4-Jacquine PERTHUÉ °Marcé 30 avril 1614 Filleule de Jacques Sicot et de Françoise Laiser
      5-Denis PERTHUÉ °Marcé 17 avril 1616 Filleul de Denis Thoullon [on sait par sa présence en 1644 au mariage de Vincent Perthué que Denis Toulon est leur oncle] et de Perrine femme de Guillaume Segretain
      6-Michel PERTHUÉ °ca 1625-1630 (baptême non trouvé) †Marcé 10 octobre 1639 « ensepulturé au grand cimetière Michel Pertué fils de Vincent Pertué et de Françoise Riffault, âgé de 20 à 24 ans »
      Alors, je suis certaine qu’on va se rencontrer sur les RIFFAULT, mais pour ma part je n’ai rien de plus sur eux.
      Bien amicalement à vous
      Odile

  3. Voir votre billet.
    « Saint René Goupil honoré au Canada . »
    du 26 9 2008 et ses commentaires des 29 9 2008,1er 10 2008 et 10 11 2012.
    Non élucidé…

  4. CHEMANT Ferme et Moulin à eau ,com de Corzé.
    Anc terre seigneuriale avec château,dont il ne reste que la chapelle .
    Le fief fut vendu sur Philippe Leroux, héritier de François Leroux, abbé du Mont St Michel,par décret judiciaire en 1607 à François Chérité ,sieur de Voisin,dont la fille épousa le 16 11 1649 Louis de Maillé de La Tourlandry(vue 17)…..
    La terre relevait de Briollay et devait à son suzerain tous les deux ans le 15 août,un chien épagneul et un oiseau de service…,redevance encore exigée au XVIII siècle.
    (DH .C.Port.)

  5. Note.
    Guillaume Branchu,fis de déf Guillaume Branchu X Marguerite Gaultier(anc à le 12g),épouse à Corzé Marie De La mare ,fille de déf René De La mare et de Marie Boivin.(vue 98/117.)
    dont au moins .
    Guillaume, bapt à Corzé le 18 8 1643 .
    Par: René Boissard.
    Mar: H Dame Estiennette Formond.(signe)(vue 30/257)

  6. Note:Les alliances- Branchu- Riffault- Raveneau-Perthué.
    Jean Branchu,fils de Mathurin Branchu et de Anne Riffault (anc à la 11 e génér) X le 28 5 1697 à Corzé avec Marie Bigot fille de Nicolas Bigot et de Marie Pertué(vue 71) était veuf de Marie Raveneau, fille d’Anthoine Raveneau et de Renée Dessomme (AM du 12 7 1689 Corzé((vue 92).

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