Enfant naturel malgré un contrat de mariage le reconnaissant, Craon, 1696

Voici une curieuse naissance à Craon :

Le 1er mars 1697 baptême de Jacquine Françoise Lefrère fille de Françoise dont le père est inconnu (vue 159)

Ceci est pour le moins curieux ! En effet, 100 jours avant la naissance de Jaquine Françoise Lefrère, sa mère a un contrat de mariage reconnaissant sa grossesse et l’enfant à venir. Or, ce mariage est apparement introuvable !

    Le futur se serait-il volatilisé ?

Il me semble que ce serait alors un second futur volatilisé à Craon, car il y a peu je vous mettais ici un capitaine de gabelle dont le cas est assez voisin…

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales de la Mayenne, série 3E1/497 – Voici la retranscription de l’acte : Le 22 novembre 1696 après midy par devant nous André Planchenault notaire de Craon y demeurant furent présents établis et soumis honorables personnes François Heureau fils de défunt h. homme Anne Heureau vivant Sr de la Lardrie et de damoiselle Anne Guilloteau d’une part,
et Françoise Lefrère fille de défunt Toussaint Lefrère et Jacquine Robineau, veuve de défunt Pierre Damour demeurant audit Craon d’autre part
entre lesquelles parties a été fait le contrat de mariage en la forme qui suit, par lequel le Sr Heureau et ladite Lefrère se sont promis la foi du mariage et iceluy solemniser en face de notre mère Ste église catholique apostolique et romaine lorsque l’un en sera par l’autre requis tous légitimes empeschement cessant,
auquel mariage les parties entreront avec tous et chacun leurs droits tant mobiliaires qu’immobiliaires de quelque nature qu’ils puissent être, lesquels droits mobiliaires de la part de ladite future épouse consistent en ceux à elle adjugés sur la rente qu’elle a fait faire du total de ses meubles devant nous notaire le 11 septembre 1696 le prix desquelles adjudications faires revient et se monte à la somme de 212 livres 12 sols, et à l’égard dudit futur espoux il déclare n’avoir quant à présent aucuns meubles ni effets mobiliaires
sans qu’il s’acquiert aucune communauté entre lesdites parties par an et jour ni autre temps ayant à cest effet desrogé et dérogent à notre coutume, au moyen de quoy chacune des parties pourra disposer tant à présent qu’à l’avenir de ses meubles, de recepvoir les fruits et revenus de ses immeubles à part et divis comme bon leur semblera, sans que néanmoins ladite future puisse vendre ou aliéner ses propres sans le consentement du futur époux,
et seront leurs debtes passives tant celles qui ont esté créées jusqu’à ce jour que celles qui le seront cy-après payées et acquittées par chacune desdites parties et à son égard sans que l’un en puisse être inquiété pour l’autre,
et pour donner lieu à ladite future de discuter ses droits en l’absence dudit futut époux, il l’a pour cet effet autorisée et autorise par ces présentes sans que plus ample autorisation soit nécessaire

et pour les bons soins qu’elle prendra dudit futur époux et l’économie de mariage il a promis et s’est obligé la nourrir et l’entretenir suivant son estat et condition, la traiter et faire traiter estant malade cas advenant et luy faire administrer les remèdes nécessaires pour recouvrer la santé si faire se peult,

et au surplus a assis et assigné douaire coutumier à ladite future sur tous ses biens sujets à douaire cas de décès advenant et seront les enfants provenus du mariage dudit défunt Damour et de ladite future nourris et entretenus en la maison desdits futurs conjoints jusqu’à ce qu’ils soient en âge de travailler pour gagner leur vie et ce pour leur revenu,

et a ledit futur époux reconnu et consenti que sur les promesses qu’il luy a faites de l’épouser et après beaucoup d’instance au moyen de quoy déclarent qu’ils veulent et entendent que l’enfant qui proviendra sera légitime comme s’il avait esté procréé en loyal mariage et qu’il sera habille à leur succéder et partager leurs successions avec leurs autres enfants,
car les parties l’ont ainsy voulu, consenty, stipullé et accepté tellement qu’à ce tenir faire et accomplir elles s’obligent avec tous leurs biens etc dommage etc stipullé etc de défaut dont et de leur consentement les avons jugées

fait et passé à nostre tablier présents Jean Rocher armurier et Pierre Dayère sergent demeurant à Craon témoins à ce requis et appelés

Cette image est la propriété des Archives Départementales de la Mayenne. Je la mets ici à titre d’outil d’identification des signatures, car autrefois on ne changeait pas de signature.

Françoise Lefrère sait bien signer, ce qui est rare chez les femmes à l’époque et atteste un milieu notable.

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog.

5 réponses sur “Enfant naturel malgré un contrat de mariage le reconnaissant, Craon, 1696

  1. 07.09.1683 CRAON x Pierre DAMOUR 24 ans (Mathieu -Marie SYLVESTRE)
    – Françoise LEFRERE 14 ans (Toussaint – Jacquine ROBINEAU)
    vue 242/279 – belles signatures

    26.05.1665 CRAON : Toussaint LEFRERE veuf – Jacquine ROBINEAU (Marin – Jeanne ROYER)

    22.01.1629 CRAON : Marin ROBINEAU – Jeanne ROYER

    27.04.1661 LIVRE LA TOUCHE : Anne HEURAULT (+Siméon – Claude ERMENIER) – Anne GUILLOTEAU (+ Urbain – Anne DUBOIS)

    11.07.1632 CRAON : Pierre GUILLOTEAU (+ Jean – Françoise BOULARD)
    Anne DUBOIS (Jacques – Etiennette VARANNES)

    Je n’ai pas trouvé de mariage pour François HEUREAU ni de nouveau mariage pour Françoise LEFRERE

    Note d’Odile : merci, ceci confirme la disparition de François Heureau, soit décédé soit en fuite.

  2. 08.06.1669 CRAON ° Jacquine Françoise LEFRERE de HH Toussaint marchand messager de CRAON-ANGERS et de Jacquine ROBINEAU
    p : Me jacques GUILLOTEAU conseiller du Roi contrôleur au grenier à sel de CRAON
    m : Dle Françoise HERVE épse de Marc Antoine Adrian de FRANCOURT écuyer capitaine général des fermes royales du Maine, bas Anjou et basse Normandie
    Lors de son mariage, elle avait donc 14 ans et 3 mois !

  3. C’est exacte, elle n’avait que 14 ans et 3 mois à son mariage.
    Le curé l’avait d’ailleurs indiqué dans l’acte de mariage du 7 09 1683.
    Note d’Odile : j’ai une ascendance dans les Côtes-d’Armor, dans laquelle cet âge au mariage est fréquent, avec des époux assez jeunes eux aussi, de sorte que sur un siècle on remonte 5 générations.

  4. Bonjour Odile

    très agréable cette nouvelle mouture de votre blogue, petit bémol pour l’anglais

    à propos de : 07.09.1683 CRAON x Pierre DAMOUR 24 ans (Mathieu -Marie SYLVESTRE)
    – Françoise LEFRERE 14 ans (Toussaint – Jacquine ROBINEAU)

    vu hier soir dans 10 NUM 35601 128 VITRE NOTRE-DAME 1584 – 1659 Mariages image 132/165
    x le 6 mai 1652 de Mathieu Damour et Marie Silvestre

    à bientôt
    S

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