Contrat de mariage de Guillaume Guibourd et Marguerite Rohée, 1620 d’Erbray (44) mais vivant à Paris, et d’Angers

  • L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E5

Voici la retranscription intégrale : Le 30 août 1620 avant midy, traictant le mariage futur
d’entre Guillaume Guybour (il signe GUIBOURD) Sr de la Chesnaye fils de deffunct honorable homme Pierre Guybourd vivant Sr de la Passardière (à Erbray, à 8 km de Châteaubriant) et de déffuncte Jullienne Collin sa femme de la paroisse d’Erbray près Chasteaubriant en Bretaigne estant ledit Sr de la Chesnaye à la suitte du Sr du Plessis de Juigné à la cour de la Royne mère du roy, estant de présent en ceste ville d’une part,
et honorable femme Marguerite Rohée veuve de deffunct Pierre Gannier marchand de soye demeurante en la paroisse Sainct Michel du Tertre de ceste ville d’autre (c’est encore amusant de rencontrer le terme marchand de soie, qui est généralement écrit marchand de drap de soie, mais qui est bien plus compréhensible de nos jours, car il vendait en fait des étoffes de soie. Le milieu est aisé et elle sait signer, ce qui est signe d’aisance chez les femmes en 1620)
auparavant aucune bénédiction nuptialle ont esté faits entre eux les accords et pactions qui s’ensuivent pour ce est il que devant nous Nicolas Leconte notaire gardenotte royal Angers personnellement establys et deuement soubmis lesdits Guybour d’une part et ladite Rohée d’autre lesquels se sont promys et promettent prendre en mariage et iceluy solemniser en face de notre mère saint église catholique apostolique et romayne sy tost que l’un par l’autre en sera requis tout empeschement légitime cessant et se prendre audit mariage
sans pouvoir entrer en communauté de biens par an et jour ne de temps qu’ils puissent passer ensemble ne que l’un puisse estre tenu de debte l’un de l’autre ains sy aucune se trouvent seront payée par celuy qui les debvra et sur son bien, (voici encore un contrat de mariage sans communauté, et manifestement il est prévu que ce point est irrévocable. J’ai beaucoup de contrats de mariage de mes ascendants, et collatéraux, et j’avoue que cette absence de communauté me semble assez rare, mais néanmoins bien présente. Ils sont tous deux notables, et ont chacun de quoi vivre, et sans doute, compte tenu de la géographie de leurs biens, et de la vie à Paris, il était plus facile de rester séparés de biens)
assignant ledit futur espoux à ladite future espouse douayre coustumier sur tous et chacuns ses biens présents et futurs au désir de la coustume de ce pays d’Anjou tant sur les biens qu’il a en Bretaigne que ceux qu’il pourroit avoir en Anjou, (le droit coutumier diffère en Anjou et en Bretagne, et le contrat doit donc préciser à quel droit on se réfère)
et pour l’exécution des présentes ce qui en dépend et pourra dépendre ledit futur espoux a esleu domicille en la maison de Pierre Bridon marchand Me gantier demeurant en la paroisse St Pierre de ceste ville où il veult que tout exploict qui seront faits soient baillés comme étant domicille naturel (lorsque l’un ne vit pas dans la Province, il est obligatoire de donner un domicile, qui est généralement un proche parent mais aussi tout simplement un avocat ou autre, qui fera office de boîte à lettre administrative)
par ce que du tout ils sont demeurez d’accord et tout ainsy voulleu stipullé et accepté tellement que audit contrat de mariage et ce que dit est tenir etc dommages etc obligent respectivement etc renonçant etc foy jugement condemnation
fait et passé audit Angers maison de ladite future espouse en présence de Me Jacques Rohée prestre frère de ladite future espouze demenrant en la paroisse de Bausné et de Pierre Leverd serviteur dudit futur espoux. Signé Margueritte Rohée, Guibourd, J. Rohée, Leverd, Leconte (le serviteur sait signer et même fort bien)

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Tsiganes, égyptiens, bohèmiens au XVIIème siècle

 

François de Vaux de Foletier, Bulletin de la Société d’étude du XVIIe siècle, 1971
LES TSIGANES EN FRANCE AU XVIIE SIECLE
Le XVIIe siècle paraît avoir été, du moins en France, le siècle d’or des Tsiganes. Jamais, en dépit des édits, des ordonnances, ces errants que l ‘on nommait « Egyptiens » ou « Bohèmes » n’ont circulé aussi librement a travers les provinces françaises. Les mentions de leurs étapes sont particulièrement nombreuses dans les archives au temps de Henri IV et de Louis XIII. et au début du règne de Louis XIV, plus que durant les périodes précédentes et suivantes. Sur la liste chronologique (évidemment incomplète) que j ‘en ai dressée, je note : cinquante-huit mentions de 1551 à 1660, trois cent huit de 1601, à 1650, quatre-vingt quatorze de 1651 à 1700, quatre-vingt deux de 1701 à 1750. Sous la conduite de capitaines empanachés et bottés, leurs compagnies bigarrées, armées d’épées, de dagues, de piques, d’arquebuses à rouet, de pistolets et de mousquets, s’étirent sur les grands chemins avec leurs chevaux, leurs ânes, leurs chiens, leurs charrettes, leur matériel de campement et leurs provisions.
Craints dans les campagnes, souvent expulsés du ressort d’une juridiction, ils poursuivent leur voyage vers des provinces plus hospitalières. Parfois l’un de leurs groupes se heurte aux archers des prévôts des maréchaux, lieutenants criminels et autres magistrats de robe courte. Ils savent se défendre par les armes, mais aussi par la procédure. Pour avoir contrevenu aux édits du Roi et arrêts de parlement, le capitaine Dodo est condamné aux galères par le prévôt des maréchaux de Blois ; il fait appel « comme de juge incompétent » au parlement de Paris et il obtient une réparation éclatante; le prévôt, dont la sentence est « mise à néant » est contraint de rembourser le prix de douze chevaux confisqués et vendus, et de payer des dommages et intérêts, Le même Dodo oblige, quelques années plus tard, le bailli de Melun à lui restituer aussi des chevaux.
Les seigneurs hauts justiciers, au lieu de chasser, comme ils le devraient, les bandes bohémiennes, leur accordent fréquemment leur protection. Quand les Tsiganes font baptiser leurs enfants, ils s’adressent volontiers, pour les parrainages, à des magistrats : par exemple, un substitut du procureur général du roi au parlement de Dauphiné, un conseiller à la Cour des comptes de Provence, un procureur du roi en l’élection de Saumur. Plus souvent encore à des membres de familles seigneuriales.
Ainsi, en Anjou, Antoinette de Bretagne, princesse de Guéméné, Marie-Anne-Ursule de Cossé, marquise de La Porte, Antoine du Bellay, seigneur de Sougé, Louis de La Tour-Landry, marquis de Gillebourg, Charles de Chambes de Maridor, marquis d’Avoir; en Touraine, Balthasar Le Breton, seigneur d’Ussé et la fille du seigneur de Villandry; en Poitou, Jacques de Nuchèze, seigneur de Badevillain; en Ile-de-France, Louis de Saint-Simon, gouverneur et bailli de Senlis (grand-père de l’auteur des Mémoires), en Nivernais, René d’Estutt, sieur de SaintPère, Roger, duc de Bellegarde; en Lorraine, Marie-Elisabeth, comtesse de Morhange, femme du Rhingrave, et Juliana, fille du seigneur de Nunheim. Ces exemples sont pris dans les registres paroissiaux catholiques. Mais on en trouve aussi dans les registres protestants : en 1615 à Bouxviller, en Alsace, le ministre luthérien baptise une petite Tsigane dont le parrain est le comte de Hanau, et dont les marraines sont Agatha Maria, comtesse de Hanau, et Anna Sibylla de Fleckenstein.
Ce n’est pas seulement pour solliciter des parrainages que les Bohémiens se présentent chez les châtelains. Ils font dans ies châteaux ou leurs dépendances de fréquentes visites et même de longs séjours. Surtout dans les provinces de l’Ouest. En Anjou. Charles, marquis du Bellay et prince d’Yvetot, en héberge au Plessis-Macé; de même. à Raguin son cousin Guy du Bellay, maréchal de camp. A Brissac, le fastueux François de Cossé, deuxième duc de Brissac, entretient durant plusieurs années de suite des compagnies entières d’Egyptiens; les chefs de ces bandes sont traités comme gens de distinction; ainsi, en 1629, Charles de La Grave, capitaine de Bohémiens, est inhumé solennellement dans l’église de Brissac; le même honneur est accordé en 1631 à son fils Charles de La Grave, en 1641 à René, fils de Jean Charles, capitaine d’une compagnie d’Egyptiens. De même, à Châlons dans le Maine, le 8 octobre 1626, « Jeremye Robert, conducteur de sa troupe d’Egyptiens, fut inhumé et enterré dans l’église de céans, par le commandement de Monsieur d’Anthenaise, et du consentement des paroissiaux ».
Or ce Jérémie Robert, lors de ses voyages en Haute-Auvergne, avait bénéficié de la protection des seigneurs de Mercœur, de Lignerac et de Cardaillac qui, les armes à la main, s’étaient opposés en 1612 à son expulsion par le vice-bailli. »

Je viens de trouver sur Gallica ce qui précède, qui éclaire mieux le cas de Charles de la Grave, dont il est question dans les commentaires. Vous voyez dans cet article que les troupes de Bohémiens étaient nombreuses dans notre Anjou, et que Charles de La Grave avait un fils aussi prénommé Charles, mais lui aussi inhumé comme son père, 2 ans plus tard en 1631. En conséquence, le baptême en janvier 1644 à Quintin (22) d’Amaury La Gave fils de Charles capitaine de Bohémiens, n’est pas un baptême qui suit la naissance comme dans le rite de l’église catholique d’alors, à savoir le baptême obligatoire dans les 3 jours après la naissance. D’ailleurs dans ces baptêmes il est le plus souvent précisé « né ce jour » ou « né hier » etc… Or, le baptême d’Amaury La Gave ne donne pas cette mention, donc il s’agit du baptême d’une adolescent dont les parents n’avaient pas lors de sa naissance jugé bon le rite catholique.

Égyptien : sorte de vagabonds qu’on appelle aussi Bohémiens (Dictionnaire de l’Académie Française, 4th édition, 1762) Merci Stanislas pour vos lumières sur l’ancienne langue française, car j’avoue qu’hier j’étais tombée dans le piège du terme égyptien.
Le Dictionnaire d’Emile Littré, 1872, ajoute :

Sorte de vagabonds qu’on appelle aussi bohémiens (voy. ce mot), et à qui, entre autres origines, on a attribué l’Égypte.

Et il cite

MOLIÈRES., Scapin, III, 3: La destinée a voulu que je me trouvasse parmi une bande de ces personnes qu’on appelle Égyptiens, et qui, rôdant de province en province, se mêlent de dire la bonne fortune et quelquefois de beaucoup d’autres choses.

Mieux, il me rappelle qu’en anglais bohémien se dit gypsei, modernisé en gipsy avec le sens bohémien, romanichel, gitan, tzigane (Mon dictionnaire anglais moderne). Gypsei et égyptien ont la même étymologie grecque. Ainsi les anglo-saxons ont conservé le sens de gens du voyage.

Je connaissais ces 4 derniers termes, mais je n’avais jamais entendu le terme égyptien pour des gens du voyage. En vérifiant dans mon grand dictionnaire encyclopédique Larousse, le terme n’est plus appliqué aux gens du voyage.
Donc, la petite égyptienne d’hier était un bébé abandonné à Azé par des gens du voyage. Ainsi nos ancêtres pouvaient aussi se faire dire la bonne aventure… Tout un programme que j’avais totalement occulté. Je n’avais jamais songé à la voyance autrefois, et je la découvre maintenant. Il est vrai que la voyance n’est pas ma tasse de thé, alors j’ai dû la négliger.
Voyez aussi mon billet d’hier sur ce sujet.

Concernant les Égyptiens, je remercie vos commentaires respectifs, et j’ai été voir le Dictionnaire de Trévoux et l’Encyclopédie Diderot qui complètent le précédent billet, mais n’expique pas cependant les compagnies d’Égyptiens du maréchal de Gié. Voici ces dictionnaires ci-dessous (attention, c’est très imagé et parlant, et pourtant de très sérieuses sources d’époque) :

EGYPTIENS, ou plûtôt BOHEMIENS, s. m. plur. (Hist. mod.) espece de vagabonds déguisés, qui, quoiqu’ils portent ce nom, ne viennent cependant ni d’Egypte, ni de Boheme ; qui se déguisent sous des habits grossiers, barbouillent leur visage & leur corps, & se font un certain jargon ; qui rodent çà & là, & abusent le peuple sous prétexte de dire la bonne avanture & de guérir les maladies ; font des dupes, volent & pillent dans les campagnes.
L’origine de cette espece de vagabonds, qu’on nomme Egyptiens, mais plus souvent Bohémiens, est un peu obscure, & on n’a rien de bien certain sur l’étymologie de ce nom.
Il est vrai que les anciens Egyptiens passoient pour de grands fourbes, & étoient fameux par la finesse de leurs impostures. Peut-être cette idée a-t-elle consacré ce nom dans d’autres langues pour signifier fourbe, comme il est très-certain que les Grecs & les Latins l’ont employé en ce sens ; les anciens Egyptiens étant très-versés dans l’Astronomie, qu’on ne distinguoit guere alors de l’Astrologie, peut-être encore aura-t-on pû sur ce fondement donner le nom d’Egyptiens à ces diseurs de bonne-avanture.
Quoi qu’il en soit, il est peu de nations en Europe qui n’ayent de ces Egyptiens ; mais ils ne portent cependant pas par-tout le même nom.
Les Latins les appelloient aegyptii, & les Anglois les ont imités, les Italiens les nomment zingari ou zingeri, les Allemans ziengner, les François Bohémiens, d’autres Sarrasins, & d’autres Tartares.
Munster dans sa géographie, liv. III. ch. v. rapporte que ces vagabonds parurent pour la premiere fois en Allemagne en 1417, fort basanés & brûlés du soleil, & dans un équipage pitoyable, à l’exception de leurs chefs qui étoient assez bien vêtus, quoiqu’ils affectassent un air de qualité, traînant avec eux, comme des gens de condition, une meute de chiens de chasse. Il ajoûte qu’ils avoient des passeports du roi Sigismond de Boheme, & d’autres princes. Ils vinrent dix ans après en France, d’où ils passerent en Angleterre. Pasquier dans ses recherches, liv. IV. chap. xjx. rapporte en cette sorte leur origine :  » Le 17 Avril 1427, vinrent à Paris douze penanciers, c’est-à-dire pénitens, comme ils disoient, un duc, un comte, & dix hommes à cheval, qui se qualifioient chrétiens de la basse Egypte, chassés par les Sarrasins, qui étant venus vers le pape, confesserent leurs péchés, reçurent pour pénitence d’aller sept ans par le monde sans coucher en lit. Leur suite étoit d’environ 120 personnes, tant hommes que femmes & enfans, restans de douze cent qu’ils étoient à leur départ. On les logea à la Chapelle, où on les alloit voir en foule : ils avoient les oreilles percées, où pendoit une boucle d’argent, leurs cheveux étoient très-noirs & crépés : leurs femmes très-laides, sorcieres, larronnesses, & diseuses de bonne-avanture. L’évêque les obligea à se retirer, & excommunia ceux qui leur avoient montré leur main « .
Par l’ordonnance des états d’Orléans de l’an 1560, il fut enjoint à tous ces imposteurs, sous le nom de Bohémiens ou Egyptiens, de vuider le royaume à peine des galeres. Ils se diviserent alors en plus petites compagnies, & se répandirent dans toute l’Europe. Le premier temps où il en soit fait mention en Angleterre, c’est après ce troisieme réglement, savoir en 1565.
Raphaël de Volterre en fait mention, & dit que cette sorte de gens venoit originairement des Euxiens peuple de Perse. Dictionnaire de Trévoux & Chambers. (Encyclopédie Diderot, article Egyptien)

Je vois que je ne me remue pas assez pour mes billets. Demain, je me remue, nous abordons le cousin remué de germain.

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Bail à ferme d’une maison proche la fontaine de Pigeon, Angers, 1602

Voici un tonnelier qui loue une maison proche la fontaine du Pigeon à Angers. Le loyer se monte à 18 livres par an, et pour le prix il dispose d’un jardin.
Le propriétaire, non nommé, est le chapelain de la chapelle saint Gilles desservie en l’église Saint Maurille d’Angers. Il s’est fait représenter par Jean Pancelot, avocat à Angers. Comme quoi, les avocats eux aussi faisaient un peu de tout.

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E36 – Voici la retranscription de l’acte : Le 19 juin 1602 après midy, en la cour du roy notre sire Angers endroict pardavant nous (Jean Chevrollier notaire Angers) personnellement establys honorable homme Me Jehan Pancelot sieur de Ferrière, advocat Angers et y demeurant paroisse de St Maurille au nom et comme procureur du chapelain de la chapelle de Saint Gilles desservie en l’église saint Maurille d’une part,
et Fleury Lecommendeux marchand tonnelier et Perrine Maznau sa femme demeurants près la fontaine de Pygeon paroisse de St Michel du Tertre, ladite Perrine de luy deuement et suffisament authorisée par ces présentes quant ad ce, d’autre part,

lesquels audit nom et mesme ledit Lecommandeux et sa femme eulx et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division confessent avoir fait et encores font entre eux le marché de ferme tel que s’ensuit c’est à scavoir que ledit Pancelot audit nom a baillé et baille et par ces présentes baille auxdits Lecommandeux et sa femme qui ont prins et accepté audit tiltre de ferme seulement non autrement pour le temps et espace de 7 années et 7 cueillettes entières et consécutives et parfaites et continues l’une l’autre sans intervalle de temps à commencer au jour et feste de Toussaints année passée et finiront à pareil jour scavoir est une petite maison jardin appartenances et dépendances avecq les hayes fossés murailles et cloisons qui environnent ladite maison et le jardin, le tout situé près ladite fontaine paroisse de saint Sanxon (faudrait savoir : tout à l’heure c’était sur la paroisse de saint Michel du Tertre, et n’en doutez pas j’ai vérifié ma lecture, et il y a bien un changement brutal de paroisse ! sans doute un endormissement du notaire ?) dépendant de ladite chapelle saint Gilles tant que lesdites choses se poursuivent et comportent et que lesdits preneurs en ont jouy auparavant audit tiltre de ferme qu’ils ont dit bien cognoistre,
à la charge desdits preneurs de jouir et user desdites choses comme un bon père de famille sans malverser
de tenir et entretenir les maisons baillées de couverture et terrasse hayes cloisons couraulx et vollières et fossés en bonne estait de réparation et les rendre à la fin du présent marché ainsi qu’ils sont par leur précédent marché
et pour le regard des murailles dudit jardin les feront réparer sablées …
etc…
et est fait le présent bail à ferme pour en payer et bailler par lesdits preneurs audit bailleur audit nom par chacune année outre les charges ci-dessus la somme de 18 livres tz au jour et feste de Toussaintz le premier terme et payement commençant au jour et feste de Toussaintz prochaine et à continuer etc…

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Contrat de mariage François Havard et Marie Buscher, Angers, 1622

Contrats de mariage retranscrits et analysés sur ce blog.

Un contrat de mariage ne donne pas toujours les filiations. En voici un exemple, dans lequel seule la fille a ses parents présents et nommés. En outre, le montant de la fortune ou apport du futur est également inconnu.

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E5 – Voici la retranscription de l’acte : Le 23 octobre 1622 après midy, devant nous Guillaume Guillot notaire du roy à Angers furent présents en personne soubmis et obligez honnête homme François Havard marchand demeurant en la ville de Baugé d’une part et honorables personnes Nouel Buscher et Perrine Gaultier sa femme et Marie Buscher leur fille demeurant en cette ville paroisse st Pierre d’autre part,
lesquels sur le traié et accord du futur mariage d’entre ledit Havard et ladite Marie Buscher et auparavant aulcune bénédiction nuptialle ont fait et accordé de leur bon gré les accords pactions et conventions matrimoniales qui ensuivent c’est à savoir que ledit Buscher sa femme père et mère ont donné et donnent à ladite Marie leur fille en advancement de leurs droits successifs la somme de 1 500 livres quelle somme ils promettent et s’obligent chacun d’eulx seul et pour le tout servir payer et bailler auxdits futurs espoux le jour de leurs espouzailles et encores donner à leurdite fille ung trousseau de meubles l’habiller d’habits nuptiaulx honnestes selon sa qualité, jusques à valeur de la somme de 300 livres, et faire les frais de la nopce, laquelle somme de 1 500 livres demeurera et demeura pout le tout de nature de propre immeuble de ladite future espouze ses hoirs
promet et s’oblige ledit Havard la mettre et employer après la réception qu’il en fera en acquets d’héritages de valleur de ladite somme au nom et profit d’icelle future espouze, et pour luy demeurer et aux siens de ladite nature de propre immeubles aultrement et à défaut de ce faire luy en a ledit futur espoux dès à présent vendu crée et constitué sur tous ses biens rente au denier vingt rachaptable par luy ses hoirs qui à ce faire seront contraints deux ans après la dissolution de la communauté pour pareille somme de 1 500 livres avec les arrérages qui en auroient lors cours sans que lesdits deniers acquets et emploi ny les actions en procédant puissent aulcunement tomber en leur communauté ny pareillement les debtes passées que ledit futur espoux peult et pourroit debvoir jusques audit jour des espouzailles ains seront pour le tout par luy et sur ses biens payées et acquitées,
accordé aussi qu’en cas que ledit futur espoux vende ou allienne des propres de la future espouze, elle ou ses héritiers en seront rapplacés et récompensés sur les biens de ladite communaulté, s’ils y peuvent suffire, sinon sur les propres dudit Havard qui y demeurent ainsi dès à présent affectés et obligés pour demeurer lesdits rapplacements et récompenses de la mesme nature de propre que lesdites choses qui seroient vendues et alliénées quoique ladite future espouze eust assisté et consenty auxdites venditions et aliénations, et advenant qu’elle ou ses héritiers renonçat à ladite communaulté elle ne sera aulcunement subjecte et contribuable aux debtes passives d’icelle combien qu’elle y feust comprise et obligée ains en sera acquittée et déchargée par ledit futur espoux ses hoirs
lequel au surplus a assigné et assigne à sadite future espouze douaire coustumier cas d’iceluy advevant,
en faveur et considération d’icelles clauses et conventions ledit Havard et ladite Marie Buscher avec l’autorité advis et consentement de sesdits père et mère et autres leurs parents et amis pour ce assemblés ce sont respectivement et mutuellement promis et promettent mariage l’ung à l’autre et le solemniser en face de Ste église catholique apostolique et romaine toutefois et quantes l’ung en requera l’autre cessant tout légitime empeschement,
ce qu’ils ont stipullé et accepté et à ce tenir obligent respectivement mesme ledit Buscher et femme solidairement etc
fait et passé audit Angers maison desdits Buscher et femme, en présence de honnête homme Jacob Gaboriau oncle dudit Havard, Macé Cheruau son beau-père, Me René Chevalier son demy … Pierre Richardin … Pierre Brillet, Lézin Aussent, Pierre Garsenlan…

Cette image est la propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire. Je la mets ici à titre d’outil d’identification des signatures, car autrefois on ne changeait pas de signature.

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Prêt direct, sans passer par l’obligation, 1624

Le prêt direct est beaucoup plus rare que le prêt par obligation c’est à dire par rente perpétuelle annuelle.
En voici un en 1624 :

    il est écrit devant notaire,
    un terme est fixé pour le remboursement, ici un an
    mais curieusement pas d’intérêt mentionné

Je descends des Pillegault, pour lesquels j’ai déjà fait un énorme travail ! Pour moi, cet acte, qui serait anondin pour beaucoup de chercheurs, est important car il atteste des liens entre tous les participants, car pour faire un tel prêt il faut se faire confiance, enfin c’est ce que me crie en octobre 2008 toutes les minutes la radio BFM, à savoir que la crise est un manque de confiance entre banques… Donc autrefois, face à un prêt on est certain de la relation très forte de confiance, et donc de l’existence de liens solides.

Ah là là, heureusement que la confiance a existé autrefois !

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E6 classé chez Louis Coueffe, et je précise ce point, car le notaire devant lequel l’acte est passé est notaire royal à Gené en 1624, et bien entendu aucun fonds de ce notaire n’est disponible ou déposé aux Archives.

Voici la retranscription de l’acte : Le 5 juin 1624 avant midy, par devant nous Jean Ternière (classé étude Coueffe) notaire du roy notre sire en la sénéchaussée d’Anjou demeurant à Gené furent présents et personnellement establis
honorables personnes François Pillegault marchand sieur de la Garelière et Mathurine Ernix son espouse demeurant en la paroisse de Saint-Aubin-du-Pavoil, ladite Ernix authorisée dudit Pillegault son mari quand à l’effet des présentes,
lesquels deuement soubzmis soubz ladite court ont confessé debvoir et par ces présenes promettent rendre payer et bailler dedans d’huy en ung an prochainement venant à honneste fille Guillemine Briant, à ce présente et acceptante, demeurante au bourg de la Jaillette,
la somme de 1 000 livres tz, quelle somme ladite Briand a présentée manuellement contant en notre présence auxdits Pillegault et Ernix qui ont eu et receu ladite somme de 1 000 livres de ladite Briand en espèces de quart d’écu, testons, francs et demi francs et autre bonne monnoye du poids et prix de l’édit du roy, ayant cours, (il circulait autrefois beaucoup de types de pièces, et on voit ici quelques spécimens, qui font toujours mon admiration, car le notaire devait calculer avec pièces à la valeur non arrondie, et variable) :

teston : ancienne monnaie d’argent qui, sous François 1er valait 10 sous et quelques deniers, et dont l’usage a fini sous Louis XIII lorsque leur valeur était montée par degrés à 19 sous et demi. (Lachiver, Dict. du Monde Rural)

Revenons à l’acte : et dont ils se sont contentés et en ont quitté ladite Briand, laquelle Briand a déclaré ladite somme estre en partie provenant de la rescousse sur elle faite de la constitution de rentes à elle deues par défunt Ma Jean Fayau de Segré, par acte passé devant Me René Suhard de Segré, à laquelle somme de 1 000 livres payée dedans ledit terme et pour les causes cy-dessus obligent lesdits Pillegault et Ernix sa femme eulx et chacun d’eux seul et pour le tout sans division de personnes ne de biens leurs hoirs et ayant cause, renonçant et renoncent aux droits de bénéfice de division et ordre, de priorité et postériorité, foy, jugement et condemnation,
fait et passé en la ville de Segré dans la chambre desdits establis ès présence de honorable homme Me Louys Regnard marchand demeurant à Sainte Gemmes près Segré, discrete personne Me Nicolas Cornée prêtre curé de Nyoiseau et y demeurant, et honnorable homme Abraham Ernix marchand demeurant en la paroisse de St Aubin du Pavoil

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Journal d’Etienne Toisonnier, Angers 1683-1714 (1702)

Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 2 janvier 1702 se fit l’ouverture du grand jubilé par une procession générale de l’église cathédrale en celle de St Aubin où Mr Lepelletier évêque d’Angers célébra la messe pontificalement sous le pontificat du pape Clément XI. Il doit durer deux mois et finir par une procession générale comme la 1ère ; il a été en même temps ordonné pour la campagne. En même temps s’est fait la mission fondée par feu Mr Subleau pour 30 capucins qui ont prêché et confessé pendant le cours du jubilé.
  • Le 14 (janvier 1702) mourut la femme de Mr Denys Guilbault avocat, avant veuve du sieur Audiau bourgeois ; il y a des enfants des deux mariages.
  • Le 15 (janvier 1702) mourut Mr Dupont avocat ; il fut enterré le lendemain dans l’église Sainte-Croix
  • Le 23 (janvier 1702) Mr de la Galaizière Boylesve épousa la fille de feu Mr Chotard de la Grellerie et de la demoiselle Tessier
  • Le 31 (janvier 1702) Mr Gouin avocat fils de feu Mr Jean Gouin, aussi avocat, épousa la fille du Sr Lusson fermier et de Anne Hullin, en l’église de la Trinité.
  • Le 8 février 1702 Mr Falloux élu en l’élection de cette ville épousa la fille de Mr Boisard de Marolle gentilhomme servant chez le roy et de la défunte dame Lefebvre de la Guyverderie
  • Dans ce même temps mourut la femme du Sr de Lépinière Boisard ; elle s’appelait du Planty Frain, fille de feu Mr du Planty Frain assesseur en l’élection et de la dame Boisard.
  • Le 13 (février 1702) Mr de Pantigné Rousseau, fils de Mr de Pantigné Rousseau, conseiller honoraire au présidial et de la défunte dame Butin, se fit installer dans la charge de conseiller audit présidial, cy-devant remplie par Mr Hameau du Marais
  • Le 30 mars 1702 mourut madame Eveillard veuve de feu Mr Eveillard président à la prévôté ; elle fut enterrée en l’église de St Michel du Tertre ; elle s’appelait de la Roche Avril ; elle a laissé trois garçons et une fille ; le premier est chantre de St Pierre, le 2e conseiller au Parlement de Bretagne, et le 3e est officier d’armée ; la fille a épousé Mr Gilles de la Bérardière.
  • Le 5 avril (1702) mourut Mr Blanchet de la Martinière, avocat ; son fils aîné est conseiller au siège de la prévôté vérificateur des défauts ; sa fille a épousé Mr Huslin de la Poissonnerie escuyer.
  • Le 18 (avril 1702) mourut mademoiselle Paunetier fille, âgée de 60 ans ; elle avait beaucoup de dévotion et de mérite, bienfaisante aux pauvres.
  • Le 26 (avril 1702) mourut Mr Macé, prêtre, docteur en théologie et chanoine de St Maimbeuf, âgé de 57 ans. Il avait beaucoup de mérite.
  • Le 1er mai 1702 Mr Toublanc de la Richelière docteur aggrégé en l’université des droits de cette ville et le sieur Bouchard marchand droguiste furent élus échevins à la place du Sr Mabit bourgeois et du Sr Buret marchand
  • Le 2 (mai 1702) mourut Delle Françoise Guillot, fille, âgée de 62 ans, sœur de ma femme ; elle était d’une grande simplicité.
  • Le 4 (mai 1702) mourut Mr de Grée Poulain, Sr de Vaujoie, mari de la fille de Mr de Changé Nicolon, assesseur en l’hôtel de ville, dont il a laissé deux enfants.
  • Le 5 (mai 1702) mourut la femme du Sr Favrie, préposé pour le recouvrement des finances et taxes imposées sur les officiers ; elle était fille de Mr Cochon avocat ; elle a laissé deux enfants.
  • Dans ce même temps mourut le Sr Denys Malville, greffier au présidial.
  • Le 22 (mai 1702) mourut Mr de Pantigné Rousseau, conseiller honoraire au présidial. Il avait épousé la fille du feu Sr Butin, greffier au criminel, duquel mariage sont issus un fils conseiller au présidial, un fils chanoine en l’église d’Angers et une fille mariée avec Mr de la Porte conseiller au présidial. Il y a encore d’autres enfants.
  • Le 29 (mai 1702) Mr Charlot des Loges, fils de Mr Charlot, escuyer, sieur des Loges et de la dame Deschamps, fut insitallé dans la charge de président au présidial cy-devant remplie dignement par Mr Gohier.
  • Le 30 (mai 1702) la fille de Mr Bruneau, avocat, et de la Delle Trochon, épousa le fils du feu Sr Destriché, bourgeois, et de la Delle Chaillant.
  • Le même jour, le sieur Boussac, épousa la Delle Dupont, fille du Sr Dupont, monnayeur, et de la Delle Baillif
  • Le 4 juin 1702 mourut la veuve de feu Mr Boylesve de la Galaisière ; son fils aîné est curé de Liré en Bretagne (sic), un cadet a épousé la Delle Chotard de la Grelleraye et une fille est veuve de feu Mr de Pincé Brulon.
  • Dans ce même temps mourut le sieur René Raffray, l’un des administrateurs de l’hôpital général de cette ville, où il était attaché depuis 20 ans avec beaucoup de zèle et d’affection, et cy-devant notaire royal en cette ville. Il n’a point laissé de postérité ; sa femme s’appelle de Fresne.
  • Le 10 (juin 1702) Mr René Pasqueraye, fils de Mr René Pasqueraye, avocat, plaida sa première cause contre moi, où je plaidais avec beaucoup de succès grâce à Dieu.
  • Le 12 (juin 1702) mourut la femme de Mr de Loubes de l’Ambroise écuyer ; elle s’appelait Moreau, fille de feu Mr Moreau notaire et de la dame Nouleau.
  • Le même jour mourut la femme du sieur du Perry Romain bourgeois ; elle s’appelait Duport.
  • Le 13 (juin 1702) mourut Mr Boucault de la Houssaie, doyen des conseillers au présidial.
  • Le 26 (juin 1702) Mr Volaige de Vaugirault conseiller au présidial épousa la fille de Mr Gandon, cy-devant lieutenant des eaux et forêts et de la Delle Chatelain.
  • Le 27 (juin1702) Mr Ayrault, avocat et fils de feu Mr Ayrault, sénéchal de Vihiers et de la Delle … épousa la fille du Sr Buret marchand, à présent juge consul et de la dame …
  • Dans ce même temps, le Sr Grézil des Ambillons, fils du Sr Grézil et de la Delle Nail, épousa la fille du sieur Marchais et de la Delle Saget.
  • Le 4 juillet 1702 mourut la femme du feu sieur Garciau, commis greffier au présidial ; elle s’appelait Jeanne Gaufestre ; elle a laissé plusieurs enfants ; son fils aîné greffier aux appellations, a épousé la fille du feu Sr Dupré Me chirurgien à Château-Gontier, une fille mariée avec le Sr Paytrineau cy-devant marchand de soie.
  • Le 11 (juillet 1702) Mr de la Béraudière de Maumusson, escuyer, épousa la fille de Mr Davy du Mottay et de la Delle Chotard.
  • Le 17 (juillet 1702) Mr Boguais de la Boessière, asseseur en l’élection de cette ville, fils de défunt Hector Boguais, marchand, et de Delle Sébastienne Guillot, épousa la fille du feu sieur de la Tousche Pasqueraye, bourgeois, et de la Delle Verdier.
  • Le 18 (juillet 1702) mourut la femme de feu Mr du Hardaz, avocat ; elle s’appelait Grudé ; elle a laissé deux filles, la première a épousé Mr André Gontard, avocat, et la cadette Mr Benoist Pasqueraye aussy avocat.
  • Le 19 août 1702 Mr Baudry, fils de Mr Baudry, bourgeois, et de la défunte Delle Bault, fut installé en la charge de conseiller au présidial cy-devant remplie par Me Maussion.
  • Le même jour mourut la femme du feu Sr Pasqueraye Me chirurgien en cette ville ; de son mariage sont issus Mr Pasqueraye avocat et la femme du Sr Esnault droguiste ; elle s’appelait Martin.
  • Le 24 (août 1702) mourut la femme du feu Mr Bault de Baumont ; elle a laissé deux garçons ; l’aîné a épousé la fille du feu Sr de la Marre Duport et de la Delle Grudé ; elle s’appelait Guilbault de la Boulaizière.
  • Le 29 (août 1702) Mr de Pantigné Rousseau, conseiller au présidial, fils de feu Mr de Pantigné Rousseau, aussy conseiller, et de la défunte dame Butin, épousa la fille du Sr Béguyer et de la défunte Delle Thibaudeau.
  • Le 30 (aôut 1702) mourut Mr Antoine Gasté cy-devant avocat au siège présidial et procureur du roy de l’hôtel commun de cette ville ; sa vie a été bien tracassée et il est mort de chagrin.
  • Le 9 septembre 1702 mourut la dame Rousseau de Millieu âgée de 30 ans ; elle s’appelait de Villemorge ; elle a laissé des enfants.
  • Dans ce même temps la fille de feu Mr d’Orvaulx de la Beuvrière et de la dame Letourneux épousa Mr de Bossard.
  • Le 16 (septembre 1702) mourut Mr Bernard, avocat ; il n’a point laissé de postérité ; sa femme s’appelle Bertelot.
  • Le 19 (septembre 1702) Mr de la Barre Bernard, fils de Mr Bernard, conseiller honoraire au présidial et de la dame Bodeau de la Beunoche, épousa la fille de feu Mr Hernault de Montiron, conseiller audit présidial et de la dame Pinard.
  • Au mois d’octobre 1702 mourut la femme du feu sieur Trioche de la Bétonnière ; il y a plusieurs enfants de leur mariage ; elle s’appelait Renard
  • Le 4 novembre 1702 mourut la femme du sieur Buscher, notaire royal ; elle s’appelait de la Haye ; de leur mariage est issue une fille mariée avec le sieur Quelier de Marcé, lieutenant de Mr le prévost.
  • Le 8 (novembre 1702) mourut à Beaupreau Mr François Raymbault de la Foucherie, maire de cette ville, élu le 1er mai dernier. Il en avait rempli les fonctions pendant plusieurs années en qualité de maire perpétuel, ayant traité de la charge érigée en titre mais ayant été remboursé, il a été continué pour 4 ans afin de s’acquérir la noblesse. Il a ordonné par son testament que son corps soit enterré dans l’église de Notre Dame de Beaupreau afinde ménager à la ville les grands frais qu’il aurait convenu faire si son corps avait été apporté en cette ville, comme il arriva en 1628 à l’occasion de l’enterrement de Mr du Martray Barbot avocat décédé maire, qui coûta à la ville plus de 8 000 livres. Le cœur de Mr de la Foucherie fut apporté en cette ville et mis dans le mur du chœur de l’église de St Michel du Tertre. La vigile, toutes les cloches de la ville sonnèrent à 7 heures du soir, à la réserve de celles de l’église cathédrale au refus du chapitre. Mr Lepelletier évêque d’Angers fit la cérémonie ; toutes les compagnies y assistèrent ; un prêtre de l’Oratoire fit son oraison funêbre ; toutes les communautés y vinrent chanter le marin un subvenite ; l’église était tendue en noir avec les armoiries de la vielle et du défunt ; il y avait des bandes de velours sur le drap noir ; le cœur était sous un dais avec des cierges blancs et noirs en grande quantité ; cette cérémonie a coûté 100 pistoles à la ville. Mr de la Foucherie avait un cœur plein de douceur et de charité et a été regretté de tout le monde ; il avait été longtemps à Rome banquier, où il avait amassé de gros biens. Il vint en cette ville où il épousa sa nièce Delle Jacquine Couraut fille des défunts Sr Couraut de Pretiat bourgeois, et de la Delle Raymbault, en conséquence de dispence de deux papes. (Note de Marc Saché : François Raimbault, sieur de la Foucherie, baptisé le 5 juillet 1641, avocat au présidial, banquier en cour de Rome, fut le premier maire perpétuel d’Angers nommé en vertu de l’édit d’août 1692 et installé le 20 avril 1693. Il avait acheté l’office 50 000 livres aux gages de 2 000 livres par an, plus 10 543 livres pour le paiement des droits royaux, les frais de provision et d’installation que la ville lui remboursa. Il fut prorogé dans ses fonctions lorsqu’en 1702 la mairie fut redevenue élective. Il fut élu le 1er mai de cette année même. Sa pierre tombale fut retrouvée en 1863 et son épitaphe fixe la date de son décès au 7 novembre 1702. Fils de Michel R. de la Foucherie, avocat au Parlement, il avait épousé, le 13 octobre 1692, sa nièce, Jacqueline, fille de n. h. Antoine Courau de Pressiat, sieur de la Roussière, et de Jeanne Raimbaud, sa propre sœur. Nous possédons deux jetons différents de ses mairats, l’un de 1696, l’autre de 1700 – Voir Registre du Présidial, p. 159 ; C. Port, Dictionnaire, t. III, p. 220 ; A. de Soland, Bulletin historique et monumental, années 1859-1860 pp. 76, 177 ; Adr. Planchenault, Jetons Angevins, p. 289 ; Gontard de Launay, Recherches sur les familles de maires d’Angers, t4 ; état civil de St Michel du Tertre)
  • Le 13 (novembre 1702) le sieur Vilson, fils d’un couvreur d’ardoise à Durtal, épousa la fille de défunt Mr Gasté, écuyer, avocat au présidial, et cy-devant procureur du roy de l’hôtel de ville et de la demoiselle Noirault ; on dit qu’il est riche des bienfaits d’une dame de qualité de Paris.
  • Le 15 (novembre 1702) Mr Cupif avocat fils de feu Mr Cupif, aussi avocat, et de la Delle Dootel, épousa la fille du feu Sr Urbain de Beauvais et de la Delle Lechamp.
  • Le même jour mourut le sieur Coquilleau de la Blestrie ; il avait épousé la Delle Davy, dont sont issus plusieurs enfants.
  • Le 21 (novembre 1702) Mr de Boumois Berthelot, fils de Mr de Boumois Berthelot, auditeur des comptes à Nantes, et de la feue dame Poisson, épousa la fille de Mr Lebloy, docteur régent ès droits en l’université de cette ville et de la feue Delle Gontard.
  • Le 22 (novembre 1702) mourut Mr du Boulay Chevaye gentilhomme ordinaire chez le roy, à sa maison de campagne près la ville de Beaufort ; il avait épousé la fille de feu Mr Poisson premier apothicaire du roy.
  • Le 24 (novembre 1702) mourut Mr Gilles Guilbault avocat âgé de 78 ans ; il a laissé plusieurs enfants entr’autres Mr Claude Guilbault aussy avocat.
  • Le même jour mourut le sieur Portier notaire royal.
  • Le 27 (novembre 1702) mourut la femme de feu Mr Gaultier de Chanzé, conseiller au présidial ; elle s’appelait Françoise Renou. De leur mariage est issu Mr Gaultier doyen de St Martin, Mr Gaultier de Landebry conseiller de l’hôtel de ville, et une fille décédée femme de Mr Boylesve de Goismard conseiller au présidial.
  • Le 16 décembre 1702 mourut la femme de Mr Baudry l’aîné, conseiller au présidial, âgée de 25 ans ; elle a laissé trois enfants ; elle était fille de feu Mr Paulmier avocat et de la Delle Ménard.
  • Le 13 prédécent mourut Mr François Babin, avocat au présidial, âgé de 89 ans, doyen de Mrs les avocats ; son fils aîné est chancelier de l’université et Me école ; il a laissé un autre fils prêtre et plusieurs autres enfants.
  • Le 16 (décembre 1702) mourut Mr Avril de Pignerolle Me de l’académie, âgé de 50 ans
  • Cette année, les grains ont été assez en abondance ; ily a eu peu de vin et peu de fruits.

Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite.
Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930
Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog.