Vente des meubles de Nicolas Chartier et Renée Hullin : Craon 1702

Je reviens demain sur ce couple, dont la généalogie a connu depuis des décennies des déboires, et pas mal d’erreurs, car enfin on a la certitude de son ascendance par le mariage du frère de Nicolas.

Mais ce jour, je reviens aussi sur leurs héritiers, qui sont connus avec certitude en 1702 par les inventaires et ventes de leurs biens.
Voici la première page de la vente de leurs meubles. Ils laissent 6 héritiers : Nicolas, Renée, Joachim, Perrine, Jeanne et Philippe et aucun autre, donc dans la généalogie faite autrefois il convient de supprimer tout autre descendance et ne garder que :

Nicolas CHARTIER †Craon 9 septembre 1670 x ca 1635 Renée HULLIN que l’on croit née à Courbeveille (53) 28 octobre 1615 fille de Pierre et Jeanne Guyot
1-Perrine CHARTIER °Craon 2 juin 1636 « baptisée Perrine fille de Nicolas Chartier marchand et de Renée Hullin parrain honorable homme Pierre Tireau sieur de la Goguerye de St Gault, marraine Jeanne Bouvet de La Chapelle Craonnaise »
2-Nicolas CHARTIER °Craon 15 décembre 1638
3-Jeanne CHARTIER
4-Philippe CHARTIER °Craon 24 janvier 1649 †1706/ marchand à Angers
5-Joochim CHARTIER °Craon 6 janvier 1652 « baptisé Joachin fils de honnestes Nicolas Chartier et Renée Hullin parrain Joachin Joubert marraine Jehanne Badouille de La Selle Craonnaise » †Craon 26 juin 1702 x Craon 3 août 1684 Renée BODINIER Dont postérité
6-Renée CHARTIER °Craon 21 mars 1655 x Armel SAGET dont postérité

Vous remarquerez qu’à leur décès, ils ont 2 filles non mariées, et manifestement elles sont là pour tenter d’acheter ce qu’elles peuvent. Ceci me fait toujours une très forte impression de voir qu’autrefois les filles célibataires devaient quémander ainsi de quoi s’installer après le décès de leurs parents, en achetant ce qu’elles pouvaient de leurs meubles à la vente publique, mélangée à tous les voisins venus acheter. C’est dérangeant pour nous autres en 2019 !!!! On a tout de même un peu évolué là dessus.

Cet acte est aux Archives Départementales de la Mayenne, AD53-3E1/496 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

« Le 27 mars 1692 par devant nous André Planchenault notaire de Craon y demeurant vente a été publiquement faire des meubles restés après le décès de defuntes h. personnes Nicolas Chartier vivant marchand poislier et Anne Heulin sa femme en la maison où ils sont décédés sis sur la grande rue dudit Craon au dessus du ruisseau de Luarson, à la requeste et présence de chacuns de vénérable et discret Me Nicolas Chartier prêtre chanoine en l’église collégiale st Nicolas dudit Craon, tant en son privé nom que comme curateur aux personnes et biens des enfants mineurs de defunts Armel Saiget et Renée Chartier, h. homme Jouachin Chartier marchand, Claude Houdemon veuve de defunt Pierre Chartier tutrice naturelle des enfants dudit Chartier et d’elle, Perrine et Jeanne les Chartiers filles majeures et usant de leurs droits, tous demeurans audit Craon, et h. homme Philippes Chartier aussi marchand demeurant au bourg d’Aviré absent, nous notaire stipulant pour luy, lesdits les Chartiers enfants et héritiers desdits deffunts Chartier et Heulin, à laquelle vente a été vaqué comme s’ensuit en présent de Jacques Margalle trompette ordinaire dudit Craon, lequel a proclamé tant aux carrois et lieux ordinaires dudit Craon qu’à la porte et entrée de ladite maison pendant le cours de ladite vente, en laquelle a esté exposé : 102 livres d’étain mis à prix la veuve Guillot à 10 sols la livre, par ladite Perrine Chartier à 12 sols, et adjugé à Jean Buquet Me pottier d’étain audit Craon, et à ladite Perrine Chartier à 13 sols la livre, le tout faisant ensemble 66 livres 6 sols, lequel partage entre eux, savoir audit Buquet 67 livres – Une table de noyer, une bancelete, 2 escabeaux, le tout mis à pris par la femme de Pierre Moreau hoste audit Craon à 45 sols, par la femme de Queraucher hoste audit Craon à 60 sols et adjugé à ladite Chartier à 70 sols – Un lit garni de son charlit, une paillasse, couette, un traverslit, 2 oreillers, le tout de plume ensouillé de couetis, une mante verte, un lodier et un tour de lit de sarge aussi verte, de peu de valeur, mis à prix par ladite Perrine Chartier à 22 livres et adjugé à la femme de Pierre Moreau hoste audit Craon à 35 livres (f°2) … » (non pris les vues)

Meubles vifs et meubles morts

Vous êtes ici sur un site qui traite des actes anciens, et naturellement leur vocabulaire, familier à mes lecteurs réguliers, est parfois quelque peu différent du vocabulaire actuel.
Je reviens donc ici sur l’actualité, d’une part avec le Salon de l’Agriculture, d’autre part avec la déclaration du président de la République relative au terme MEUBLE pour les animaux. Et j’ose me permettre ici de rappeler le vocabulaire dans lequel mes lecteurs réguliers baignent.
J’ai classé ce billet dans la catégorie INVENTAIRE car il s’agit bien de termes de droit pour définir les biens qu’on doit y estimer et lister.

Jusqu’au Code Civil Napoléon, 1807, la France avait plusieurs droits coutumiers : un par province.
Ils classaient les biens en immeubles et meubles, les meubles étant uniquement tout ce qui n’était pas immeuble.
Dans tout ce qui n’était pas immeuble on avait généralement les meubles morts et les meubles vifs.
Et les meubles vifs étaient tous les animaux, puisqu’ils étaient mobiles et vivants.

Donc, en 1807, on a pondu un texte qui sévit toujours, particulièrement long et hermétique parfois, pour tenter de classer tout ce que l’on classait dans ce qui n’était pas immeubles donc meubles.
Mais ce faisant, on a enlevé le plus joli qualificatif qu’on connaissait parfaitement avant la Révolution :

  • les meubles vifs
  • Et, entre temps :
    1 : les citoyens moyens ayant accès à la lecture du Code Civil largement sur Internet et autres, alors qu’auparavant cette lecture était le fait de professionnels ayant étudié le droit
    2 : les meubles morts, ou meubles meublants, ont pris une telle place dans la vie quotidienne qu’on en change tous les 5 ans en moyenne (cela n’est pas mon cas, je vous rassure)

    et ces braves lecteurs moyens en ont conclu qu’on traitait les animaux comme ce qui sort d’une usine nordique.
    Ils feraient mieux de prendre leur dictionnaire et de constater que le terme meuble a beaucoup de sens, mais par contre, je constate que c’était nettement plus joli avant la Révolution.
    Comme quoi à cette époque, censée bénie, on n’a pas tout fait pour le mieux !

    En conclusion, les animaux ne sont pas des immeubles, donc a contrario des meubles, mais c’était tout de même plus joliement qualifié avant la Révolution !

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog

    Autrefois aucune retraite et René Delahaye a vécu plus de 83 ans, d’où un inventaire après décès assez pauvre : 1721

    Il est historiquement totalement faux d’évaluer la fortune d’un invidu autrefois par l’inventaire après décès.

    En effet, la retraite est une invention récente. Autrefois et même encore au 20ème siècle pour beaucoup de personnes, les personnes trop âgées pour travailler n’avaient plus aucun revenu.

    Pire, autrefois, l’immense majorité des individus décédaient avant 60 ans, mais rarement après 80 ans. Dans ce dernier cas, ils étaient le plus souvent pris en charge par une fille mariée, se contentant de peu.

    Je suis très sensible à tout cela, car notre vie est parfois si différente qu’on pourrait l’oublier.

    Le cas que je vous mets ce jour est celui de René Delahaye, ancien marchand tanneur au Lion d’Angers, mais qui a eu la mauvaise idée de survivre jusqu’à 83 ans (âge dont j’approche…) et je vois bien qu’il y a donc des années qu’il ne peut plus travailler, ne serait-ce que pour ce métier il faut se déplacer à cheval et que passé un certain âge la majorité des personnes âgées n’en étaient autrefois plus capables. Et comme vous savez qu’il a marié ses enfants en les dotant, il y a plus de 40 ans de cela, il ne lui reste plus rien à 83 ans !
    Il est donc décédé dans une pauvreté relative, ayant même mis en gage non seulement son argenterie, mais aussi des meubles, pourtant, il avait eu plus d’aisance comme le montre la description de son lit, aux franges de soie.
    Mais il faut ajouter qu’il avait bien un fils et une fille, et il avait donc manifestement refusé de vivre chez l’un d’eux !!! Car on peut tout de même supposer que ces 2 enfants lui avaient proprosé !!!

    Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

    Le 27 janvier 1721 (Bodere Ne royal résidant à Montreuil-sur-Maine), Inventaire après décès de h.h. René Delahaye vivant marchand lors de son décès veuf de Françoise de Villiers et en 1ères noces de Françoise Leroyer, de ses meubles et effets mobiliers fait à la requête de Joseph Delahaye marchand chapelier demeurant à Angers paroisse st Maurice, issu de ladite Leroyer, Germain Cousin chapelier au Lion d’Angers, mari de Renée Delahaye, issu de ladite de Villiers, en conséquence du jugement rendu par messieurs du présidial d’Angers en date du 31 août dernier, auquel inventaire a été présentement vacqué par nous Jacques Bodere notaire royal en Anjou résidant à Montreuil sur Mayenne le 27 janvier 1721 en présence et le réquérant lesdites parties, pour laquelle estimation faire, ils ont prié et requis Jean Marceau demeurant au Lion d’Angers qui a promis le faire en son honneur et confiance, et y a vacqué comme ci après ensuit : Un charlit de noyer, une couette, un traverslit, 2 oreillers de plume meslée ensouillée de couety et toile, une mante de laine couleur rouge et un (f°2) tour de lit de pareille couleur garny de frange et frangelle de laine, relevé d’un galon couleur noire de soie 20 livres – Un coffre de noyer fermant à clef 6 livres – Un vieil petit cabinet fermant à 2 fenêtres et une layette au milieu 5 livres – Une petite table carrée 1 livres – Une vieille huge 1 livre – Un vieil marchepied 15 sols – Un autre petit cabinet 1 livre – 4 vieils draps et une chemise à usage d’homme 3 livres – 2 petits chenêts et un gril avec plusieurs autres ferrailles 1 livre 10 sols – Qui sont tous les meubles trouvés en ladite maison le prix desquels s’est trouvé monter et revenir à 39 livres 5 sols – Item une paire d’armoire, 2 vieils bahuts, une vieille table qui sont en la possession dudit Germain Cousin qu’il offre représenter (f°3) luy tenant compte des sommes qu’il a payées pour ledit feu Delahaye suivant les acquits qu’il porte – Item un bois de lit, une paillasse, une couete, un chaudron de fer, une hache, une foulle, du bois pour faire des farines un arson et des aisses servant à boiser sa boutique qui sont entre les mains dudit Joseph Delahaye, dont il offre pareillement faire compte à ladite succession – Item que ledit Cousin et femme ont déclaré qu’il y a chez le sieur Jean Rousseau au bourg dudit Lion un chaucron d’erain tenant à l’estimation de 5 seaux d’eau en gage de 5 livres – Qu’il y a aussi chez le sieur Lelievre une couette et un chaudron, ledit chaudron en gage de 2 livres 10 sols et la couete ayant été vendue par ledit feu Delahaye – Item qu’ils ont pareillement déclaré qu’il a été vendu au sieur Pelletier dudit Lion 3 couettes par ledit feu Delahaye – Item qu’il a été pareillement vendu sa vaisselle d’étain – Item qu’il auroit été mis en gage 3 cuilleres et 3 fourchettes d’argent (f°4) entre les mains du feu sieur prieur du Lion d’Angers, qui ont été depuis ce temps vendues – Suivent les titres et papiers trouvés en ladite maison : Item une liasse en papier et parchemin contenant 34 pièces la première desquelles est l’inventaire des meubles de Ignace Ciret à la requête de Françoise Leroyer sa veufve par François Legros notaire royal à Château-Gontier, le surplus desquels pièces sont procédures instances quittances obligations baux … – Qui sont tous les titres trouvés en ladite maison que nous avons lu et trouvés inutiles d’inventorier, tous lesquels papiers ont (sic) restés en ledit coffre étant en la chambre haulte de ladite maison, ensemble lesditsmeubles dessus inventoriés restés en ladite maison, la clef duquel coffre (f°5) est entre les mains dudit Delahaye et celle d’entrée de la chambre basse de ladite maison en mains dudit Cousin pour par eux représenter respectivement lesdits effets lors qu’il en sera besoing ; fait et arretté le présent inventaire en ladite maison où est décédé ledit Delahaye rue Chamaillard dudit Lion d’Angers, en présence desdites parties »

    On finissait autrefois ses jours chez ses enfants : Marie Fleury chez sa fille, Le Lion d’Angers 1841

    Je suis toujours très émue quand je me rends compte de cette énorme différence, et je ne peux que regretter alors le temps passé !
    De nos jours on finit quasiement tous à l’hôpital dans des murs blancs !!!

    J’ajoute que les maisons d’autrefois, enfin celles qui possédaient chambre haute avec cheminée, étaient en fait des logements un peu indépendant, tout au moins sur le plan cuisine, puisque Marie Fleury y faisait sa cuisine dans la cheminée.

    Cette Marie Fleury est celle que je vous mets depuis quelques jours en ligne, et ici, je vais vous mettre demain l’inventaire des meubles car il est différent du moins pour les détails de que nous avons vu dans la vente. En fait les héritiers, ici les enfants, devaient s’arranger avant la vente soit pour garder quelques objets ou meubles, et même en mettre d’autres à la place en vente. Sachant que ce qui était vendu allait avoir une seconde vie ! En fait une recyclerie, comme il en existe partout ici.

    Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

    Le 15 décembre 1841 à la requête 1° du sieur Nicolas Druault aubergiste et dame Marie Delahaye son épouse demeurant au Lion d’Angers rue du Cimetière, 2° du sieur François Delahaye propriétaire demeurant aussi au Lion d’Angers, 3° et du sieur René Gannes limonadier demeurant à Laval rue Napoléon, agissant au nom et comme tuteur naturel de Jenny Gannes sa fille, âgée de 7 ans, issue de son mariage avec feue Jenny Delahaye son épouse, dont elle est restée seule héritière, ladite Druault, le sieur François Delahaie, frère et soeur germains et la mineure Gannes par représentation de Jenny Delahaie sa mère, habiles à se dire héritièrs chacun pour un tiers de Marie Fleury leur mère et aieule, veuve de Michel Delahaie décédée au Lion d’Angers le 3 décembre dernier, à la conservation des droits et intérêts des parties et de tous autres qu’il appartiendra, il va être par Me Roussier notaire au Lion d’Angers assisté de M.M. Joseph Fautras (f°2) instituteur et Joseph François Lami bottier demeurant au Lion d’Angers, témoins instrumentaires, procédé à l’inventaire fidèle de tous les meubles, effets mobiliers, deniers, créances, dettes, titres et papiers et enseignements dépendant de la succession de ladite veuve Delahaie. Le tout trouvé en une chambre haute dépendant d’une maison sise rue st Gatien occupée par les époux Druault, et où la veuve Delahaie est décédée…

    Un parapluie, un cadre, des glaces et un moine : objets remarquables de Marie Fleury veuve Delahaye, Le Lion d’Angers 1842

    Ces objets sont la marque d’une famille assez aisée, mais je n’avais encore jamais rencontré le moine.
    J’ai d’abors été chercher mon Dictionnaire du Monde Rural de Michel Lachiver et découvert que c’était une chauferette.
    Je me souviens d’une de mes grands tantes qui possédait un tel objet, dans lequel on mettait des cendres. Le sien était en laiton.
    Puis, j’ai cherché sur Internet et là, stupéfaction, l’article de WIKIPEDIA est très bien fait, preuve que cette base de données est parfois satisfaisante, mais encore parfois décevante.

    Outre cet objet au si joli nom, la vente qui suit, comme d’autres ventes déjà vues ici, a la particularité de ne pas donner tous les objets, car les héritiers ont éliminé de la vente certains. Mais ici, le notaire le note à la fin de cet acte de la vente publique. Et devinez ce que les héritiers se sont réservés :

    4 gobelets en argent

    L’argenterie est chose rare dans les successions, et bien sûr la marque d’une certaine aisance.

    Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

    Le 3 janvier 1842 est comparu Edouard Belot, surnuméraire de l’enregistrement à Segré, agissant comme fondé de pouvoir de Me Roussier notaire au Lion d’Angers, lequel a déclaré que ce jour ledit Me Roussier procédera à la vente des meubles dépendant de la succession de Marie Fleury veuve Michel Delahaye, décédée au Lion d’Angers à la requête de ses héritiers … et en présence : 1° du sieur Nicolas Druault, aubergiste, et de dame Marie Delahaye son épouse, demeurant au Lion d’Angers rue du cimetière – 2° du sieur François Delahaie, propriétaire demeurant aussi au Lion d’Angers – 3° et de M. Elie Honoré Deslandes, greffier de la justice de paix du canton du Lion d’Angers demeurant en cette ville, ce dernier agissant au nom et comme mandataire de M. René Gannes, limonadier demeurant à Laval rue Napoléon, tuteur naturel de Jenny Gannes sa fille, âgée de 7 ans, issue de son mariage avec feue Jenny Delahaie son épouse, dont elle est restée seule héritière, ainsi qu’il résulte de la procuraiton dudit Gannes, contenue en la clôture de l’inventaire dressé par le notaire soussigné le 15 décembre dernier ; (f°2) ladite dame Druault, le sieur François Delahaie et la mineure Gannes héritiers chacun pour un tiers de dame Marie Fleury leur mère et ayeule, veuve de Michel Delahaie, décédée au Lion d’Angers le 3 décembre dernier, ainsi qu’il résulte de l’intitulé de l’inventaire sus-énoncé. A la conservation des droits et intérêts des parties et de tous autres qu’il appartiendra, il a être par Me Roussier notaire au Lion d’Angers, assisté de M. Joseph Fautras instituteur et Joseph François Lami bottier demeurant au Lion d’Angers, témoins instrumentaires, procédé à la vente publique des meubles et effets mobiliers dépendant de la succession de ladite veuve Delahaie, et décrite en l’inventaire précité, le tout trouvé dans la maison où elle est décédée, sise au Lion d’Angers, rue du Cimetière, et sur la représentation qui sera faite desdits objets par lesdits époux Druault qui en sont chargés, ainsi qu’il est énoncé audit inventaire. Les enchères vont être proclamées par le sieur André Paré, appréciateur de meubles, demeurant commune de Thorigné, choisi par les parties, lequel, à ce présent, a promis de remplir cette fonction avec loyauté. Un nombre suffisant d’enchérisseurs s’étant présenté par suite des publications faites à diverses reprises au Lion d’Angers, il a été procédé à ladite vente comme suit : 1° un lot de poterie adjugé à Nicolas pour 50 centimes – 2° un lot de verres et fayence à la veuve Boulay 55 centimes – 3° 4 tasses à café, soucoupes et sucrier à la femme Moreau 75 centimes – 4° trois plats à la même 40 centimes – 5° une petite soupière, une écuelle, un plat à la veuve Mercier 75 centimes – 6° un saladier et un plat à la femme Puyraspeau 80 centimes (f°3) – 7° une soupière à Delestre 1 F – 8° 6 assiettes de fayence à Peyras 85 centimes – 8° 6 assiettes de fayence à Peyras 85 centimes – 9° 6 autres à Paré 55 centimes – 10° 4 assiettes creuses au même 40 centimes – 11° 9 cuillers et 4 fourchettes à Delestre 1,40 F – 12° Selle et broquet à Moncelet 1,40 F – 13° un soufflet et un saunier à Paré 85 centimes – 14° une cuiller de pot, un friquet, un fallot à Coudray 65 centimes – 15° une poêle à frire une percé à Nicolas 1,80 centimes – 16° 2 chandeliers un pot de chambre à la femme Rousseau 1,30 F – 17° une marmite et une mesure de bois à la même 1,15 F – 18° un chaudron à la femme Moreau 3 F – 19° une vieille poêle chaudière à la veuve Mercier 8,30 F – 20° une table à Delestre pour 65 centimes – 21° une jupe brochée et 2 manteaux de nuit à la femme Moreau 2,30 F – 22° 2 tablies de flanelle à Marie Mellet 1,50 F – 23° 2 gilets brochés à la veuve Mercier 4,05 F – 24° 2 gilets brochés et une flanelle à Nicolas 3,50 F – 25° une robe de flanelle et une de coton à Moncelet 2,60 F – 26° un mantelet et une robe d’étoffe à la femme Moreau 1 ,95 F – 27° 3 mouchoirs de col à la veuve Allard 1,05 F – 28° 2 autres à la femme Rousseau 2,05 F – 29° 2 mouchoirs de laine à Nicolas 4,05 F – 30° 6 mouchoirs de poche à la femme Rousseau 80 centimes – (f°4) 31° 6 vieux mouchoirs de poche à Françoise Thibault 1,30 F – 32° 4 autres àla femme Rivron 1,25 F – 33° 3 mouchoirs à François Delahaie 1,65 F – 34° 3 autres au même 1,60 F – 35° 2 tabliers de coton à la femme Moreau pour 1,25 F – 36° 3 tabliers de coton à la femme Rifre 4,90 F – 37° 5 coiffes et un bonnet à la femme Rousseau 3,30 F – 38° 3 autres coiffes à Françoise Thibault 1,80 F – 39° 3 autres à la femme Rousseau 1,15 F – 40° une coiffe et 4 cols à la femme Moreau 1,60 F – 41° 3 coiffes et 3 serre tête 1,25 F – 42° 2 coiffes et 4 cols à la Françoise Thibault 1,65 F – 43° 2 vieilles souilles et une camisole à Moreau 62 centimes – 44° 3 paires de bas à Moncelet 1,15 F – 45° 3 autres paires à la femme Oger 86 centimes – 46° 5 taies d’oreiller à la femme Rivron 1,75 F – 47° 3 taies d’oreiller à Nicolas 1,85 F – 48° 3 autres au m ême 1,75 F – 49° 6 essuie mains au même 1,05 F – 50° 4 autres au même 1,55 F – 51° une nappe à Moncelet 3,20 F – 52° une autre à Nicolas 2,50 F – 53° 2 draps à Moncelet 10,70 F – 54° 2 autres à Anne Ragot 9,50 F – (f°5) 55° 2 autres draps à la femme Moreau 9,50 F – 56° 2 autres à Moreau 12,05 F – 57° 3 serviettes à Nicolas 2,75 F – 58° 2 chemises à la femme Guémas 1,25 F – 59° 3 chemises à la femme Moreau 2 F – 60° 2 chemises à la même 4,20 F – 61° 2 aures à Moncelet 5 F – 62° 2 autres à la femme Moreau 5,10 F – 63° 2 autres à la même 5,25 F – 64° 3 serviettes à François Delahaie 3,10 F – 65° une chemise à la même 2,70 F – 66° une vieille armoire peinte en gris à Françoise Thibaut 11,40 F – 67° 4 bouteilles, une mesure d’étain, un moine à Chevalier 1,20 F – 68° un parapluie et un manteau au même 3,25 F – 69° une encherrier à Bourdais 1,30 F – 70° un buffet à Bourdais 40 F – 71° une armoire à Nicolas 41 F – 72° une table à Nicolas 3,15 F – 73° 3 chaises à Jouanneau 2,30 F – 74° 3 autres à François Delahaie 1,95 F – 75° 2 autres à Nicolas 1,30 F – 76° une couète à Nicolas 52,50 F – 77° un traversin et 2 oreillers au même 7 F – 78° une couverture piquée au même 8 F – 79° une mante verte au même 10 F – 80° un tour de lit et rideaux de ras vert à Nicolas 20 F – (f°6) 81° 3 cadres à Delahaye 60 centimes – 82° une glace à Nicolas 85 centimes – 83° un lot de chiffes au même 50 centimes – 84° un bas de buffet à Jouanneau 9 F – Total du prix des objets adjugés 377,65 F ; ce sont tous les meubles et effets mobiliers dépendant de la succession de la veuve Delahaie à l’exception cependnt de 4 gobelets en argent prisés sous l’article 27 de l’inventaire que les réquérants ont conservé….

    Armel Saiget décédé, sa veuve Barbe Gallais en litige avec leur fils pour la réparation des ustencilles de teinturerie : Craon 1530 (fin)

    Voici la fin de l’acte de transaction par laquelle Barbe Gallais vend à son fils, teinturier à Craon, les ustencilles de teinturerie, parce qu’ils sont en mauvais état et qu’elle ne les entretient pas.
    Même en mauvais état, la valeur des ustenciles est importante, ce qui laisse penser qu’en bon état ils vaudraient au moins 1 000 livres, ou environ. C’est important pour un métier, et cela situé bien les teinturiers, tout comme les drappiers drappants dans les métiers de la bourgeoisie au dessus des artisans.
    Ce qui m’étonne avec les Saiget, c’est qu’ils vont rester dans la teinturerie sur plusieurs générations sans tenter la magistrature ou autre métier plus rénumérateur.

    Cet acte est aux Archives Départementales de la Mayenne, AD53-424J39 Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle), et attention ces actes sont des copies donc on ne sait jamais il peut y avoir quelques erreurs de copie :

    la grande et la petite chaudière,
    les tours servant aux chaudières,
    2 cuves,
    moulins champaigne
    tours à dresser estamines
    presses à presser draps
    (f°4) feuilletz de tour et carte
    une grande huche servant à mettre lesdits feuillets,
    3 paires de forces tant bonnes que mauvaises,
    table à tondre,
    le mortier et pilon,
    les vieux landiers du fourneau,
    tours à desméler draps
    un petit coffre estant dans l’aplacement desdits fourneaux servant à éteindre chaux
    balances et aluviages à presser droguet
    une petite poîle ronde d’airain servant à ramasser les braises
    une fourchette de fer
    les goutières, planches à laver draps,
    seilles
    et généralement tout et chacun les ustanciles servant à ladite boutique de teinturerie pour la somme de 300 livres pour laquelle somme ledit Saiget constitue à ladite Gallais une rente hypothécaire annuelle perpétuelle de 18 L 15 s , assise sur tous et chacuns ses biens meubles et immeubles.. passé audit Craon à nostre trablier en présence de Jacques Mabile sieur de la Potinière et René Chevalier le Jeune pintier demeurant audit Craon témoins à ce requis, ladite Saiget a dit ne savoir signer