Françoise Saguier n’était pas la fille de Renée Desnoes, mais de Renée Leseur, Angers 1549

car voici son contrat de mariage, cité par certains pseudo-généalogistes à la bonne date, chez le bon notaire, mais manifestement lu par personne.
Je ne sais qui, le premier, a inventé Renée Desnoes, mais il semble que tout le monde l’ait copié et jamais vérifié.

Non seulement elle est bien LESEUR, mais le nom figure à 3 reprises clairement dans le contrat de mariage.
Et en outre, on a en prime une tante maternelle de Françoise Saguyer qui répond au nom de Marie de Ponthoise.
Et un oncle maternel en la personne de René Guyet sieur de la Rablaye.

Il y a des jours où je suis plus que lasse de constater encore et encore le nombre ahurissant d’actes cités par certains mais surtout pas lus ou lus dans la superdiagonale à paléographie variable, qui sévit trop souvent.

Je rappelle ici que Saguyer le père s’est marié 2 fois, et que c’est sa seconde épouse, Jacquine Furet qui assiste à ce contrat de mariage. Françoise Saguyer, dont c’est ici le contrat de mariage, est dite au fil de l’acte âgée d’environ 17 ans, et comme les registres paroissiaux de sainte Croix d’Angers, où demeure Saguyer père, commencent en 1498, j’en regardé, mais hélas, en vain, car il y a des lacunes à cette période.

Je ne descends pas de cette famille mais je suis alliée à Jacquine Furet seconde épouse Saguyer, et aussi aux Guyet, le tout dans mon ascendance DAIGREMENT via mes DELESTANG

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E121 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 10 janvier 1549 (avant Pâques, donc le 10 janvier 1550 – devant Huot notaire Angers) en la cour du roy notre sire à Angers etc personnellement establiz honorables personnes Me René Poisson licencié ès loix sieur de Gastines et maistre Pierre Poisson son frère licencié ès loix advocats demourans en ceste ville d’Angers tant en leurs noms privés que au nom et comme eulx faisant fors de honneste femme Renée Augeard leur mère veufve de deffunt honorable homme Me Jehan Poisson en son vivant licencié ès loix sieur de Gastines, à laquelle ils ont promys faire avoir agréable le contenu en ces présentes et en fournir et bailler aux contractans cy après nommés lettres de ratiffication à leurs despens dedans huitaine à la peine de tous intérests ces présentes etc d’une part
et honorable homme et saige messire Symon Saguyez docteur en médecine et honneste fille Françoise Saguiez fille dudit Saguiez et de deffunte Renée Leseur paroissiens de saincte Croix d’Angers d’aultre
soubmectant etc confesse que en traitant et accordant le mariage futur d’entre lesdits Pierre Poisson fils dudit deffunt Me Jehan Poisson et de ladite Renée Augeard d’une part et ladite Françoise Saguiez fille dudit Saguyez et Leseur d’aultre part

    Je vous ai surgraissé la retranscription de cette page qui donne à 2 reprises le nom LESEUR.
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o l’advys et conseil de honorable homme René Guyet sieur de la Rablaye à cause de sa femme oncle maternel de ladite Françoyse et aultres parents et amys desdites parties
et auparavant leurs fiances et promesses nuptialles ont lesdits establiz respectivement convenu et accordé ce que s’ensuyt scavoir est que lesdits Pierre Poisson et Françoise Saguyer ont respectivement promys prendre et espouser l’un l’autre en face de ste église avecques ses droits tels qu’ils appartiennent et sont escheus et advenus à ladite Saguyer par le décès de sa dite deffuncte mère et aultres ses parents en ligne maternelle desquels droits ledit Poisson a esté certiffié et informé auparavant ce jour par le compte qu’en a rendu ledit Saguyer par davant monsieur le sénéchal d’Anjou ou monsieur son lieutenant à Angers et arresté, et aussi par les partaiges faictz avecques ledit Saguyez comme tuteur de sadite fille et ses cohéritiers esdites successions dabté du 25 juin 1548 et desquelles lecture a esté faicte aux futurs conjoints auparavant ces présentes comme ils ont confessé et lesquels ont esté derechef communiqués en faisant ces présentes et aussi ledit Poisson futur espoux a ratifié et euz pour agréables et pareilleemnt ledit compte rendu et examiné comme dessus que ledit Saguyer leur a baillé et rendu, ensemble tous les acquets des payements et choses en iceluy compte contenues et toutes les lettres tiltres et enseignement qu’il avoir touchans et concernans les droits de ladite Françoise dont ledit Poisson futur espoux et sadite future spouze se sont tenuz et tiennent à contens par davant nous et promis et promettent iceulx tenir et entretenir de point en point tout ainsi que si eulx mesmes avoient fait ledit partaige rapports et aultres accords qui par ledit Saguyer comme tuteur naturel de sadite fille ont esté faits
et d’abondant a promys est et demeure tenu ledit Poisson futur espoux de ladite Françoise âgée de 17 ans environ faire tenir et ratiffier lesdits partaiges rapports accords et contracts a ce faits par sondit père avecques sesdits cohéritiers elle venant à son âge et du tout en acquiter ledit Saguyer et l’en rendre quicte et indempne et du tout bailler audit Saguyer lettres de ratifficaiton vallable et en fournir anthenticque à peine de tous despens dommages et intérests applicables sans deport ne aultre déclaration en cas de deffaut ces présentes etc
et moyennant ce que dit est et sera cy après ledit Saguyer a déclaré que jaczoit que par l’arrest et closture dudit compte luy eut esté alloué pour ses peines vaccations d’avoir administré la tutelle ou curatelle de ladite Françoise la somme de 50 livres tournois que néantmoins il n’en demande aulcune chose à sadite fille et l’en a quicté et quicte par ces présentes et pour poyement de ce que ledit Saguyer doibt et peult debvoir à sadite fille par l’arrest et closture dudit compte qui est la somme de 994 livres 2 deniers comprins lesdits 50 livres tournois que ledit Saguyer a pour poyement et pour demeurer quicte de ladite somme et en faveur dudit mariage et en avancement de droit successif luy a baillé quitté cèdé délaissé et transporté baille quite et délaisse et transporte auxdits futurs espoux les choses par ledit Saguyer acquises de noble homme René de Sauzay le 13 février 1545 pour la somme de 1 200 livres tournois soubz la condition de grâce donnée audit de Sauzay et à la charge de la garder entretenir par lesdits futurs espoux respectivement o condition toutefois que si lesdits deniers estoyent rendus et ledit acquest recourcé retiré ledit Me Pierre demeure tenu en mettre et convertir incontinent après ladite rescousse faite la somme de 1 000 livres tournois en acquest d’héritaiges pour et au nom de ladite Françoise qui seront censés et réputés le propre d’elle sans ce qu’ils tournent en la communauté d’entre eulx ne en nature de meubles ains sont et demeurent de nature de immeuble propre de ladite Françoise ses hoirs etc
et à faulte de ce faire il a constitué et constitue à ladite Françoise la somme de 80 livres tournois de rente par hypothèque universel sur tous et chacuns ses biens o puissance d’en faire assiette o grâce de recouvrir ladite rente dedans 2 ans après le mariage dissolu en rendant ladite somme de 1 000 livres poyant les arréraiges et myses raisonnables
duquel acquest desdites 1 200 livres tournois fait dudit de Sauzay en demeurera auxdits futurs espoux (passage trop raturé et illisible)
et le sourplus est baillé par ledit Saguyer à sadite fille en advancement de droit successif
et oultre a promys est et demeure tenu ledit Saguyer bailler à sadite fille en avancement de droit successif des meubles et habillements jousques à la somme de 200 livres tz
et en ce faisant et moyennant ce que dit est ledit Saguyer et et demeure luy ses hoirs quictes et entièrement libérés et deschargés de ladite tutelle ou curatelle de ladite Françoise et administration d’icelle sans ce que lesdits futurs espoux ne luy ou aulcun d’eulx leurs hoirs etc en puyssent jamais molester inquiéter ne poursuyvre ledit Saguyer en aulcune manière ne ledit Saguyer pareillement eulx sauf toutefois que ledit Saguyer sera est et demeure tenu acquiter les arréraiges des rentes deues sur les héritaiges de ladite Françoise jousques à ce jour et en desdommager acquiter lesdits futurs espoux
et au regard dudit Me Pierre Poisson en faveur dudit mariage qui aultrement n’eust est faict consommé ne accomply et avecques luy ledit Me rené au nom et comme soy faisant fort de sadite mère comme dessus ont constitué et constituent à ladite Françoise douaire selon la coustume du pays
et oultre ledit Me René audit nom de sadite mère a en faveur dudit mariage donné et donne audit maistre Pierre Poisson futur espoux comme elle a fait paravant ce jour en avancement de droit successif ses mestairies de la Bodinière et de la Lande avecques sa closerye et autres héritaiges à ladite Augeard appartenant en la paroisse de Juvardeil sans aucune chose réserver
et a esté à ce présent honorable femme Jacquine Furet demme et espouse dudit Saguyer laquelle auctorisée de sondit mari a consenti ces présentes et le contenu en icelles en tant que à elle touche
et demeurent moyennant ces présentes lesdites partyes respectivement quites l’une vers l’autre de toutes et chacunes les choses dont elles eussent peu et pourroyent faire question et demande pour raison desdites successions à ladite Saguyer escheues et advenues à cause desdites Leseur sa mère et de Marye de Ponthoise tante maternelle de ladite Saguyer en quelques sortes et manière que ce soit jaczoit qu’elles ne soyent déclarées spécifyées particulièrment ni spécialement par cesdites présentes
auxquelles choses etc garantir etc aux dommaiges etc obligent lesdites partyes respectivement l’une vers l’autre etc renonçant etc et par especial ladite Furet au droit velleyen à l’espitre divi adriani et à l’authentique si qua mulier elle sur ce de nour suffisamment acertaine, etc de tout erc foy jugement et condemnation etc
présents à ce honorables hommes et saiges Me Nicollas Richer esleu d’Angers maistre René Chotard et Mathurin Fermond licenciés ès loix advocats demourans en ceste ville d’Angers tesmoings à ce requis et appellés
fait et passé audit Angers en la maison dudit Saguyer les jour et an susdits

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Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog.

5 réponses sur “Françoise Saguier n’était pas la fille de Renée Desnoes, mais de Renée Leseur, Angers 1549

  1. E.3657.(Carton.)-2 pièces,parchemin;5 pièces,papier;2 sceaux.
    1549-XVIIIe siècle.-PONTOISE (de)
    -« Recousse et rachapt de la terre de La Roche-Fouques par Catherine de Laval sur Gabriel de Pontoise »;-acquêt par Gabriel de Pontoise du domaine des Cloîtres en Querré;-« recousse »dudit domaine par Françoise de Puy-du-Fou sur Louise de Sainte-Marthe,veuve de Gabriel de Pontoise;-présentation par Gabriel de Pontoise, médecin ordinaire du Roi et du Dauphin, des chapelles de Saint-Julien et de Saint-Michel en Saint-Lambert-des Levées; -notes et extraits généalogiques par le feudiste Audouys.
    (Série E.Titres de famille.AD du Maine et Loire.C.Port.)

      Note d’Odile :

    Oui, et cela n’est pas loin de Juvardeil où sont les métairies données en dot à Françoise Saguier et où manifestement elle a vécu.

  2. Bonjour,

    pour ceux, comme moi-même, qui ont conscience de leurs lacunes en paléographie, et du frein, voir du danger que cela peut effectivement avoir dans leurs recherches : car malgré sa richesse inestimable (c’est mon avis), malheureusement on ne peut trouver sur votre site la traduction de tous les actes et registres paroissiaux de toutes les communes et familles du haut-anjou, et c’est bien dommage 🙂 !
    Auriez-vous des ouvrages, des méthodes à conseiller pour progresser sur cette voie ?

    Cordialement,
    Luc

      Note d’Odile :

    Je vous prie de patienter pour la réponse, car j’avais d’autres occupations entre temps.
    Odile

  3. Bravo !
    vous nous aviez déjà fourni des indices avec
    http://www.odile-halbert.com/wordpress/?p=23900
    et http://www.odile-halbert.com/wordpress/?p=21481
    dans http://www.odile-halbert.com/wordpress/?p=23351
    vous lisiez Renée Lesenos, lu pécédemment par d’autres Desnos ?

      Réponse d’Odile :

    OK, je reprends donc ces liens un par un, voici le premier :
    Partages en 4 lots des biens de feux Jean Lesur et Françoise de Pontoise, Angers 1540
    et j’avais bien LESUR à de multiples reprises sur cet acte, et effectivement il concernait bien cette Françoise Saguier.
    Ne descendant pas de ces familles, je n’avais pas fait de rapprochements à l’époque avec les données qui se promènent un peu partout dans les bases.
    Ce billet de mon blog date du 14 juin 2012, ce qui signifie que les bases qui contiennent l’erreur n’ont rien rectifié depuis !!!
    Mon blog serait-il à ce point inutile ?
    Pour les autres liens que vous citez, je vous demande un peu de temps, car j’ai des occupations plus terre à terre ce matin, et j’ai aussi à répondre à Luc
    merci de patienter
    Odile

  4. Je viens de mettre une synthèse des 4 actes donnant Renée LESUR, LESEUR, LESEURS, sur la page suivante :
    http://www.odile-halbert.com/wordpress/?p=23351#comment-213983

    et je prie Luc d’aller le voir, car je fais mon MEA CULPA car j’ai eu une lecture erronnée sur l’un des 4 actes, en confondant les U et les N, et les O et les R et je pense qu’il comprendra que malgré toute ma pratique et mes connaissances, il m’arrive de tomber dans des pièges. Ce dont je m’excuse, sans doute avais-je mal dormi ?

    Puis, pour répondre à Luc, je vourais préciser que la paléographie, lorsqu’elle n’est pas pratiquée quotidiennement, se rouille totalement. Ainsi, lorsque je faisais autrefois partie de l’équipe bénévole de dépouillement des délibérations municipales de la ville de Nantes au 16ème siècle, nous prenions 2 mois d’été de « vacances » de nos travaux. Or, de l’avis de toute l’équipe (environ 7 personnes), notre reprise était toujours un peu marquée de la rouille des vacances. Nous n’avions plus la même forme les premières heures.
    En d’autres termes, la paléographie est une occupation à plein temps, et je la déconseille à ceux qui, hélas pour eux, sont occupés autrement.

    Par contre puisque Luc me le demande, voici une réponse sur la méthode. Le meilleur ouvrage est l’ouvrage universiatire chez Armand Colin de Gabriel Audisio et Isabelle Bonnot-Rambaud, qui s’intitule Lire le Français d’hier : manuel de paléographie moderne

    Mais, Luc peut consulter mon site et mon blog, qui ont la catégorie Paléographie, et une page HTML que j’avais avant le blog, et il aura ainsi un grand nombre de pages d’entraînement, car l’essentiel est l’entraînement.

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