Les règles de base du baptême, selon le droit canon au 16ème siècle

ATTENTION, AVANT LA REVOLUTION, LE BAPTÊME ET LE MARIAGE SONT DES SACREMENTS DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE

Et en tant que tel ils répondent au droit canon, droit qui fixe les règles de l’église catholique. Ce droit est publié dans les rituels. Le rituel, en latin bien sûr, donne de longues explications pour de très nombreux cas, y compris les cas des enfants quasiement morts-nés. Je possède un exemplaire du rituel du diocèse de Nantes (de l’époque) et le baptême occupe les pages 5 à 57, c’est dire si tout y est traité et réglé.

Cela n’est pas parce qu’en 1539, l’ordonnance de Villers-Cotterêts, signée par le roi François Ier, valide l’utilisation des registres de baptême tenus par l’église catholique pour servir d’état civil au royaume de France, que le baptême est un acte d’état civil. Il est d’abord le sacrement de l’église catholique et conserve toutes les règles de l’église.

Et à l’heure même où je vous préparais ce billet, je reçois pas voie postale un article publié par l’un de mes lecteurs : partant d’un contrat de mariage pour décrire une noce, en ajoutant et brodant des tas d’inepties, à commencer par la phrase (je cite ce que je viens de recevoir) « le mariage est avant tout un acte civil ».

NON, NON ET NON
AVANT LA REVOLUTION,
LE BAPTÊME ET LE MARIAGE SONT DES SACREMENTS DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE

et faute d’être capable de tenir un état civil, le roi les reconnaît valides pour son état civil.

2 règles sont fondamentales et toujours observées pour le baptême

  • On ne doit jamais baptiser 2 fois
  • C’est pourquoi lors de nos recherches dans les registres paroissiaux nous découvrons parfois 2 types de précisions :
    l’une pour les cas de baptême à la maison à la naissance car l’enfant est en risque de mort immédiate. La matrone présente, ou toute autre personne, mais le plus généralement c’est la matrone qui est TOUJOURS présente et rend compte au curé, procède à un baptême d’urgence. Puis si l’enfant ne meurt pas, on l’emmêne à l’église, et là le prêtre termine le baptême et l’enregistre en notant soigneusement ce qui s’est passé à la maison.

    Mais parfois, le prêtre a des doutes sur les capacités de celui ou celle qui a procédé à cette cérémonie de baptême à la maison. Ainsi, en 1633 à Saint-Aubin-du-Pavoil, le curé, qui a bien entendu interrogé la matrone, constate qu’elle ne sait pas trop bien faire, et que ce qu’elle a fait ressemble fort à un baptême invalide. Aussi devant les doutes sur la validité de l’acte effectué à la maison, il procède au baptême et note :


    « Saint-Aubin-du-Pavoil, le 23 juin 1633 fut baptizé conditionnellement attendu l’incertitude de la forme et matière qu’avoit observée Françoyse Allaire, s’estant immiscée de baptizer en cas de nécessité, Maturin fils de Denys Aubert et Renée Allaire demeurants à la Chosperie, parrain Antoine Launay, marraine Maturine Allaire lesquels ont dict ne scavoir signer »

  • On baptise obligatoirement dans les 3 jours
  • Au-delà de ce délais, il faut obtenir une dérogation de l’évêque, en expliquant pourquoi on n’a pas respecté le délais.
    Après des milliers et des milliers de baptême que j’ai lus et retranscrits, dont l’immense majorité en Anjou et Loire-Atlantique, j’ai rarement rencontré ces cas de plus de 3 jours, dont un seul pour un milieu socialement modeste, auquel le prêtre a refusé le baptême sans l’accord de l’évêque.
    Mais j’ai rencontré des cas dans les milieux aisés, où l’on avait connaissance des règles de dérogation et sans doute les moyens de les financer. La plupart des cas qu’ai vus concernait des pères absents pour cause sérieuse (militaire ou autre)
    Le nouveau-né, emmailloté comme on savait encore le faire à ma naissance, et même des années plus tard, était donc amené par le père, le parrain et la marraine, quelques heures après la naissance, et ce quelque soit le temps et la distance.

  • Et pour pouvoir respecter ces conditions, le découpage en paroisses doit être respecté.
  • Les prêtres d’une paroisse connaissent leurs paroissiens, même les occasionnels, et lorsque l’enfant est baptisé par un pêtre d’une autre paroisse venu en proche parent ou ami, ce dernier précise qu’il baptise avec l’autorisation de Mr le curé de cette paroisse.
    De même, lorsque la paroisse est très étendue et l’église lointaine, ou pire une rivière importante entre deux, ainsi sur l’Oudon etc… les prêtres de la paroisse voisine baptisent ces proches voisins en précisant leur paroisse d’origine. Entre prêtres de paroisses voisines on se connaît et on s’informe mutuellement souvent. Mais l’acte de baptême précise toujours de quelle paroisse est le nouveau-né. Donc lorsque le prêtre de Gené baptise un voisin du Lion d’Angers qui touche l’église de Gené, il précise la paroisse d’origine du Lion d’Angers etc…

    Je vous laisse bien volontiers le plaisir de citer les cas exceptionnels que vous avez vous-même rencontrés.

    Mais demain, je vous mets mon analyse critique d’un célèbre baptême.
    Et merci de bien vous souvenir des règles.

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    Ma grand mère Perrine BELLAY : Louvaines 1668-1715

    Elle est fille unique de Louis Bellay, que je ne peux parvenir à remonter.
    Alors j’ai refait encore toute cette branche, et j’ai relu et relu Louvaines encore et encore, en vain.
    Mais j’ai fait un montage comme je les fais d’habitude dans l’espoir que quelqu’un pourra un jour m’indiquer où trouver la trace de Louis Bellay marié à Louvaines en 1664 sans filiation, et sans aucune trace dans tous les parrainages qui suivirent.
    Mon fichier fait 5Mo car je n’ai pas réduit les photos.
    Odile

    Et je suis désolée, mais je l’ai longtemps rapprochée à BELLIER, et je m’aperçois au vue de tous les actes que je viens de relire en détail, qu’il s’agit de BELLAY mais qu’elle est seule à porter ce patronymé à Louvaines.

    Mathurin Bruslé, record de longévité : Le Lion-d’Angers 1647

    Il y a quelques années, je vous ai mis sur ce blog le billet suivant :

    L’anniversaire de la naissance d’un individu est une fête récente : autrefois il était donc difficile de connaître son âge et celui de ses proches.

    Allez le voir, il est indispensable à tout généalogiste de savoir pourquoi personne ne connaissait exactement son âge.

    Et le hasard veut que non seulement Charles Bruslé soit décédé prétenduement âgé de 100 ans, mais je viens de trouver bien pire au Lion-d’Angers :

    Cliquez sur la vue pour l’agrandir, et bien entendu il s’agit de la sépulture Bruslé, et j’ai laissé la précédente car c’est elle qui donne la date.

    Le Lion-d’Angers « le 27 septembre 1647 fut inhumé et ensépulturé au cymetière de céans le corps de Mathurin Bruslé âgé de près de six vingt ans »

    Vous avez bien lu ! Il est écrit qu’il est décédé à près de 120 ans !!!

    Or, le patronyme Bruslé est assez rare au Lion-d’Angers, et justement le Charles Bruslé que je recherche quitte Le Lion pour 8 ans environ puis finira à La Chapelle-sur-Oudon prétenduement centenaire.
    Alors, on peut, tout à fait par pure imagination, imaginer que Mathurin était le père de Charles, lequel Charles attendit longtempt en prenant soin de lui qu’il meurre, puis il put quitter Le Lion pour une destination qui m’est encore inconnue pendant 8 ans.
    Et dans cette hypothèse on peut même conclure que la longévité est héréditaire.

    Enfin, relisez mon billet

    L’anniversaire de la naissance d’un individu est une fête récente : autrefois il était donc difficile de connaître son âge et celui de ses proches.

    et vous comprendrez que ces Bruslé ont certainement vécu un peu plus longtemps que la moyenne, et assez décrépits, et que nous pouvons sans doute estimer que Mathurin aurait vécu 80 à 90 ans au lieu des 120 ans qui sont écrits, et que Charles aurait vécu 85 ans au lieu des 100 qui sont écrits.

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    Un changement de sexe sur les bases de données généalogiques : Claude Goupil

    Grâce à Stéphane, j’ai dépouillé depuis 2 jours tout Grez-Neuville, et j’ai ma Marie Goupil, fille de Mathurin.
    J’ai relevé tous les Goupil de Grez-Neuville et ils seront en ligne début de semaine prochaine.

    Dans la foulée, j’ai vérifié ceux de Saint-Martin-du-Bois. Ils n’ont aucun lien avec les miens, car tous socialement plus élevés, inhumés dans l’église, et sachant signer, même les filles. Les miens sont métayers et closiers et ne savent pas signer.

    Mais en ligne, j’ai vu une curiosité : un changement de sexe. En effet au baptême le prêtre a écrit FILS
    et au décès VEUFVE !!!!
    Soit le prêtre s’est lourdement trompé, soit il y a 2 Claude.


    Claude GOUPIL °Saint-Martin-du-Bois 29 mai 1607 « baptisé Claude fils de Pollitte Goupil [mère non citée] parrain Gilles Gasneau damoiselle Marie de Guinefolle »


    Claude GOUPIL †Saint-Martin-du-Bois 14 février 1651 « fut ensépulturé dans le grand balet de notre église le corps de Claude Gouppil veufve Legaigneur, présent son fils »

    et par ailleurs je n’ai pas trouvé de lien entre Pierre et les autres de Saint Martin du Bois, donc je le mets à part, sauf à avoir connaissance d’un quelconque acte donnant le lien.

    Bon dimanche
    Odile
    PS je vais arrêter les recherches dans les registres et reprendre mes retranscriptions, car les registres me donnent le tournis avec ces curiosités !!!

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    Je lis RENATUM FILIUM et en marge RENATUS : Grez Neuville 1612

    renatum filium est l’accusatif de renatus filius

    je sais les marges sont le plus souvent source d’erreurs, mais ici l’écriture a bien l’air identique à celle de l’acte et écrite par le même prêtre le même jour.
    Je pense lire que c’est René et non Renée et je viens donc demander à tous de relire cet acte pour les conclusions à faire :
    Cliquez l’acte car toutes mes vues sont cliquables pour les agrandir et celui-ci peut s’agrandir beaucoup.

    et voici de que donne la fratrie (avec ma méthode entre guillemets qui est retranscription par mes soins de l’acte, enfin la partie intéressantes) :

  • François LEBRETON x /1612 Marie GOUPIL
    1-René LEBRETON °Grez-Neuville 31 mars 1612 « en latin – baptisé René fils de François Lebreton et Marie Goupeil sa femme légitime fut parrain Me René Feillet et marraine Renée Bertelot »
    2-Mathurin LEBRETON °Grez-Neuville 1er juin 1615 « baptisé Mathurin fils de François Lebreton mestayer de Retort et de Marie Gouppil sa femme parrain Symon Gouppil fils de deffunt Mathurin Gouppil, marraine Mathurine Gouppil fille de Jacques Gouppil »
    3-Perrine LEBRETON °Grez-Neuville 11 novembre 1619 « baptizée Perrine fille de François Lebreton et de Marie Gouppil Jehan Gouppil fut parrain et Perrine Esnault marraine »
  • J’ai par ailleurs sur mon site des pages sur ceux qui sont partis au Québec, dont René Goupil, dont je n’ai que la généalogie suivante :

  • Hippolyte GOUPIL
    1-Claude GOUPIL °StMartin du Bois 29.5.1607
    2-René GOUPIL °StMartin du Bois 15.5.1608
    3-Hippolyte GOUPIL °StMartin du Bois 4.6.1611
  • Merci d’avance de vos réflexions.

    PS : je refais ce WE tout Grez-Neuville

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    Qui est cette GOUPIL que le prêtre a confondu avec la vraie mère, qui était Perrine Berton : Le Lion d’Angers 25 juillet 1642

    je vous ai surgraissé ci-dessous le baptême qui nomme la mère Perrine GOUPIL alors que manifestement il s’agit d’une confusion du prêtre avec une proche parente soit une grand mère, soit une tante ou autre.
    Si vous connaissez les GOUPIL merci de m’informer, et me faire part de vos idées. J’en suis impatiente.

    Je viens de travailler plusieurs jours sur les BRUSLÉ et je dois dire en vain, je ne suis pas parvenue à remonter mon Charles Bruslé. Mais vous avez sur mon étude de ce nom un grand nombre de porteurs du patronyme, dont j’ai tout relevé.

    Charles BRULÉ °ca 1598 †La Chapelle-sur-Oudon 10.5.1698 centenaire x Le Lion-d’Angers 18 novembre 1636 Perrrine BERTON †/1696
    1-Jean BRULÉ °Le Lion-d’Angers 23 janvier 1638 « baptisé Jean fils de Charles Brulé et de Perrine Lebreton son épouse a esté parrain Jean Delestre demeurant à la Hamonnière et marraine Renée Bellanger tous de cette paroisse du Lion » †Chapelle-sur-Oudon 7.5.1704 x La Chapelle-sur-Oudon 28 novembre 1673 Renée GUINDEAU Ve de Jean Allard
    2-Renée BRULÉ °Le Lion-d’Angers 8 octobre 1640 « baptisée Renée fille de Charles Bruslé et de Perrine Breton sa femme a esté parrain Jacques Bellanger marraine Renée Bellanger lesquels ont dit ne savoir signer »
    3-Mathurine BRUSLÉ °Le Lion-d’Angers 25 juillet 1642 « a esté baptisée Mathurine fille de Charles Bruslé closier à la Bardillère et de Perrine Gouspil a esté parrain François Aubert et marraine Bellanger » †La Chapelle-sur-Oudon 16.8.1705 veuve de Mathurin Vailland x Chapelle-sur-Oudon 18.6.1669 René GAUDIN Dont postérité suivra
    4-Charlotte BRULÉ °Le Lion-d’Angers 11 mars 1646 « baptisée Charlotte fille de Charles Bruslé et de Perrine Breton son épouse parrain Jacques Bellanger marraine Mathurine Vignès » x1 Mathieu LEROYER x2 Pierre GAUDIN Dont postérité suivra
    5-René BRULÉ
    6-Nicolas BRULÉ °ca 1652/1656 †Chapelle-sur-Oudon 6.4.1725 x La Chapelle-sur-Oudon 18 février 1696 Mathurine ROYNARD Dont postérité suivra
    7-Pierre BRULÉ °La Chapelle-sur-Oudon 16 janvier 1655 « baptisé Pierre fils de Charles Bruslé et de Perrine Breton ont esté parrain et marraine René Bonsergent et Perrine Bonsergent » Charpentier x Chapelle-sur-Oudon 21.1.1680 Mathurine RONFLÉ Dont postérité suivra
    8-Renée BRULÉ °La Chapelle-sur-Oudon 16 janvier 1655 « baptisée le même jour que Pierre, Renée fille de Bruslé et de Perrine Breton ont esté parrain et marraine Pierre Penard et Louise Roussin »
    9-Marie BRULÉ °La Chapelle-sur-Oudon 23 octobre 1659 « baptisée Marie fille de Charles Bruslé et Perrine (blanc) ont esté parrain et marraine Jacques Gardais et Marie Hobée » x Marans 10 juillet 1691 Jean VIGNAIS fils de Jean et Françoise Rochereau

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