Vous avez beaucoup d’actes sur mon site et mon blog concernant les peaux et le cuir, sur les tanneurs, mégissiers, corroyeurs et baudroyeur, mais je crois bien que ces métiers ont disparu de France, et que nous ne traitons plus beaucoup de peaux en France. Autrefois le cuir avait bien plus de place…
Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E121 :
Le 6 mai 1591 avant midi, en la court du roy nostre sire Angers endroit par devant nous (Chuppé notaire) personnellement estabyz Jean Lecoq marchand boucher demeurant à Villevesque d’une part, et Symon Coustard Me baudraier en ceste ville d’Angers et y demeurant paroisse de St Maurille d’autre part, lesdites parties respectivement confessent avoir fait et font entre eulx le marché et convention qui s’ensuit, c’est à savoir que ledit Lecoq a vendu et promet bailler et livrer audit Coustard toutes et chascunes les peaulx de veaulx et de mouton que ledit Leccoq abillera et achaptera d’autres peaulx toutes bonnes loialles et marchandes à commencer du premier jour du présent mois et finiront au jour du mercredy des Cendres prochain, et baillera lesdites peaulx à la douzaine et treize pour douze et les peaulx de mouton … qu’abillera et achaptera jusques au jour de la Magdeleine prochaine en baillera deulx pour une et après ledit jour de Magdelaine peau pour peau et si ledit Lecoq baille des Peaulx d’aigneau baillera deulx peault pour une et treize pour douze pendant ledit temps cy dessus, et est ce fait pour en paier et bailler par ledit Coustart audit Lecoq la somme de (f°2) 100 sols tz chacune douzaine et en livrant ladite marchandie ledit Coustard la payera tellement que en livrant paiant et prendra et baillera ledit Lecoq lesdites peaulx au faulxbourg de St Michel du Tertre de ceste ville, tout ce que dessus stipullé et accepté par les parties, auquel marché et tout ce que dessus tenir etc obligent lesdites parties respectivement etc biens à prandre etc et par deffault etc foy jugement etc fait et passé audit Angers en notre tablier en présence de Thomas Camus et Jacques Cosnier praticiens
Guy Lailler sieur de la Roche de Noyant n’a pas payé les draps de laine, 1606
Je poursuis l’analyse des signatures LAILLER. Guy LAILLER sieur de la Roche de Noyant est le fils aîné d’Antoine, et son principal héritier. Il épouse avant 1597 Anne de PIERRES. Ils acquièrent en janvier 1619 la seigneurie de la Gravoyère. Il décède sans postérité en 1620, entre le 5 mars, date à laquelle Anne de Pierres est dite son épouse dans le registre paroissial, et le 26 octobre date à laquelle elle est dite sa veuve. Il laisse les terres de la Roche et de la Gravoyère à son frère puiné Jacques.
L’acte qui suit est une contre-lettre à son caution car il est condamné à payer ses dettes de draps de laine et manifestement n’a pas encore l’argent pour payer. La signature de Guy Lailler, sur tous les actes, dont celui ci-dessous, est clairement LAILLER. Et j’ajoute ici que le drap de laine n’est que le tissu de laine pour faire les vêtements, et comme je suis une fervente de la laine et des tissus anciens, je peux affirmer qu’ils étaient chauds.
Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E8 :
Le vendredi 29 décembre 1606 après midy, par devant nous René Serezin royal à Angers feut présent personnellement estably Guy Lailler escuyer sieur de la Roche de Noyant la Gravoière demeurant au lieu seigneurial paroisse de Noyant lequel soubzmis soubz ladite cour luy ses hoirs etc a recogneu et confessé que combien que aujourd’huy noble homme Jehan Jary sieur de la Tousche à ce présent et acceptant ayt baillé à sire René Lemesle marchand de draps de laine Angers cédulle et promesse de la somme de 137 livres tz à cause de prest et icelle rendre et payer dedans Pasques prochainement venant néantmoins la vérité est que ce que ledit sieur de la Tousche en a faict a esté à la prière et requeste et pour faire plaisir audit sieur de la Roche, auquel au moyen de ladite promesse et cédulle ledit Lemesle auroit baillé acquit de pareille somme de 137 livres tz qui luy est deue par ledit sieur de la Roche pour vendition et livraison de marchandise de draps il auroit obtenu jugement au siège présidial d’Angers le 19 mars 1605 que pour frais et despends adjugés par ledit jugement et autres frais en conséquece d’icelui jusque à ce jour, lequel jugement ci-devant mentionne et procès et procédures que ledit Lemesle (f°2) avoit iceluy Lesmesle auroit rendue et baillée et encore solvée et acquitée audit sieur de la Roche par le moyen de ladite cedulle et pour raison aussi que ledit sieur de la Roche a confessé ; partant ledit sieur de la Roche a promis et promet audit sieur de la Tousche de payer audit Lemesle ladite somme de 137 livres tz dedans ledit jour et feste de Pasques prochainement venant et lui rendre sa cédulle et promesse dedant ledit temps comme nulle solvée et acquitée, à peine de touttes pertes despens dommages et intérests, stipullez et acceptez par ledit sieur de la Touche en cas de deffault, à laquelle contrelettre promesse et tout ce que dessus tenir etc oblige ledit sieur de la Roche luy ses hoirs renonczant etc foy jugement et condemnation, fait et passé audit Angers maison de nous notaire présents Pierre Leveau sieur du Préneuf et François Bernier demeurant audit Angers tesmoins
Charles, Marc, Pierre, Jean Belot, enfants de Mathurin et Mathurine, tous drapiers, Angers 1522
Je descends d’un BELOT drapier à Pouancé, et bien que je ne puisse établir aucun lien avec les Belot drapiers à Angers, je m’y intéresse vivement, car je reste persuadée qu’ils étaient drapiers de père en fils et qu’il y a une forte probabilité pour que le mien s’y rattache, et sans doute, un jour, après moi, un chercheur dans les archives notariales, trouvera un acte de mariage ou succession, ou une transaction qui permette d’établir un lien. Mais, je le répète, à ce jour, ces BELOT sont pour moi dans les NON RATTACHÉS, ce qui est ma méthode jusqu’au jour ou peut-être un acte donnera un lien. Mais j’ai 85 ans, je ne peux plus me rendre à Angers, et ce sera un autre chercheur avec ma méthode rigoureuse, car uniquement basée sur les preuves fiables : notaires, chartriers, et non les racontars dont beaucoup de généalogistes étaient friands aux siècles passés, et pire de nos jours.
L’acte qui suit est riche en informations généalogiques puisque c’est une transaction entre frères et l’acte donne les parents.
Mathurin BELOT †/1522 x Mathurine †1522/
1-Charles BELOT †/1522 x Jeanne TANNERIE †1522/
2-Marc BELOT †/1522
3-Pierre BELOT †1522/
4-N. BELOT x Colas GUYET †1522/
5-Jean BELOT †1522/ curé de Souvigné
Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E5 – Voici sa retranscription (je vous mets les 2 premières vues pour vos exercices de paléographie) :
Le 30 novembre 1522 Comme dès le 1er mai 1519 honnestes personnes feu sire Marc Belot en son vivant marchand d’une part, et honneste femme Jehanne Tannerye veuve de feu sire Charles Belot d’autre part, eust esté fait contrat et association par entre eux touchant le fait de marchandises de drapperie durant le temps de 3 ans lors prochainement venant ainsi et comme plus à plein appert par lettres de contrat d’icelle association passé par nous notaire souscript, durant le temps de laquelle association est ledit Marc Belot allé de vie à trépas au moyen de quoi luy auroit succédé honneste femme Mathurine veuve de feu Mathurin Belot sa mère, laquelle ensemble ladite Tannerye auroient fait vendition des draps et biens de ladite association par plusieurs personnes à ce cognoisseurs, mesme par sires Pierre Belot et Colas Guyet marchands drappiers en la présence de vénérable et discret maistre Jehan Belot licencié es droits curé de Sauvigné, lesquels les Belots enfants de ladite Mathurine, par lesquels a esté trouvé ladite marchandise et biens d’icelle association valoir tant de draps debtes que autres choses jusques à la somme de 2 652 livres 5 sols 6 deniers, sur le total de laquelle somme ladite Tannerye a repris de ladite association la somme de 431 livres tournois (f°2) pour remboursement de pareille somme que ladite veuve avoit baillé à ladite association des debtes dudit feu Charles Belot son mary et elle, qu’elle estoit tenue prendre en debtes à la fin de ladite association comme il est contenu par le contrat d’icelle association, et sur le parsus de ladite somme de 2 652 livres 5 sols 6 deniers tz a esté pour ladite Tannerye d’une part, et lesdits maistre Jehan et Pierre les Belots pour et au nom d’eulx faisant fort de ladite Mathurine leur mère héritiers dudit feu Marc Belot le principal … (encore 5 pages de détails des partages)
Les moulins à vent disparus, Nantes Sud Loire 1861
En 1861 (AM Nantes) des moulins à vent tournaient encore : 1 à St Jacques, 4 à la Grèneraie, 4 route de Clisson aux Gobelets et 5 route de Vertou à la Tache, les Côteaux de Sèvre et aux Chirons. Tous ces moulins disparaîtront avec la création des minoteries mécaniques au cours des années suivantes. Le recensement de 1886 montre que tous ces meuniers ont cessé leur activité. Ils ont quitté Nantes sans doute pour les minoteries hors Nantes, car leur métier est un savoir faire sans doute récupéré par les minotiers.
Voici d’abord les meuniers et leur famille, à leur mémoire, puis les plans cadastraux de 1834 que vous pourrez télécharger pour mieux zoomer et voir le détail car les moulins sont figurés avec un petit dessin d’ailes au dessus du bâtiment (avec de bons yeux).
Les meuniers de Nantes Sud Loire et leur famille.
Tous ces meuniers sont propriétaires de leur moulin selon le recensement qui donne cette précision. Certains ont une domestique sans doute parce que madame aide monsieur au moulin. Sur ce tableau (lieu,n° dans la rue, nom, prenom, âge, profession, détail du logement)
| Rue St Jacques | 95 | Peltreau | Jean | 33 | meunier | 1P rz, 1P 1er |
| Rue St Jacques | 95 | Moratte | Marguerite | 30 | femme | |
| Rue St Jacques | 95 | Peltreau | Augustine | 8 | fille | |
| Rue St Jacques | 95 | Peltreau | Marie | 5 | fille | |
| Ch. de la Grèneraie | 1 | Fonteneau | Jean | 37 | meunier | 2P rz, moulin, écuries |
| Ch. de la Grèneraie | 1 | Maillard | Marie | 28 | femme | |
| Ch. de la Grèneraie | 1 | Fonteneau | Jean | 4 | fils | |
| Ch. de la Grèneraie | 1 | Fonteneau | Marie | 8 | fille | |
| Ch. de la Grèneraie | 1 | Boursier | Ve Fonteneau | 76 | mère | |
| Ch. de la Grèneraie | 1 | Niglais | René | 32 | meunier | 2P rz, moulin, dépendances |
| Ch. de la Grèneraie | 1 | Fonteneau | Jeanne | 39 | femme | |
| Ch. de la Grèneraie | 1 | Niglais | Jeanne | 1 | fille | |
| Ch. de la Grèneraie | 1 | (blanc) | Annette | 16 | domestique | |
| Ch. de la Grèneraie | 2 | Blanchard | Mathurin | 58 | meunier | 2P rz, moulin |
| Ch. de la Grèneraie | 2 | Aubin | Marie | 59 | femme | |
| Ch. de la Grèneraie | 2 | Blanchard | Joséphine | 32 | fille | |
| Ch. de la Grèneraie | 2 | Blanchard | Mathurin | 29 | fils | |
| Ch. de la Grèneraie | 2 | Blanchard | Rose | 22 | fille | |
| Ch. de la Grèneraie | 2 | Blanchard | Louise | 14 | fils | |
| Hte Grèneraie | 1 | Fonteneau | François | 36 | meunier | 1P rz, moulin, dépendances |
| Hte Grèneraie | 1 | Fonteneau | Marie | 33 | sœur | |
| Hte Grèneraie | 2 | Davieaud | Perrine | 70 | rentière | 2P rz |
| Hte Grèneraie | 2 | Dubreuil | Anne | 34 | domestique | |
| rte de Clisson | 10 | Poislane | Laurent | 50 | meunier | maison 2P rz, moulin |
| rte de Clisson | 10 | Paré | Marie | 44 | femme | |
| rte de Clisson | 10 | Poislane | Laurent | 18 | fils | |
| rte de Clisson | 10 | Poislane | Louis | 12 | fils | |
| rte de Clisson | 10 | Poislane | Charles | 2 | fils | |
| rte de Clisson | 10 | Poislane | Julien | 45 | frère | 1P rz |
| rte de Clisson | 11 | Allard | Laurent | 84 | meunier | maison 2P rz, moulin |
| rte de Clisson | 11 | Allard | Joseph | 48 | fils | |
| rte de Clisson | 11 | Allard | Perrine | 50 | fille | |
| rte de Clisson | 11 | Allard | Laurent | 59 | meunier | 2P rz, moulin |
| rte de Clisson | 11 | Allard | Jeanne | 50 | femme | |
| rte de Clisson | 11 | Allard | Jeanne | 21 | fille | |
| rte de Clisson | 11 | Pineau | François | 55 | domestique | |
| rte de Clisson | 12 | Pinard | Toussaint | 66 | propriétaire | 3P rz, 3P 1er, jardin |
| rte de Clisson | 12 | Marinier | Jeanne | 66 | femme | |
| rte de Clisson | 12 | Vetu | Marie | 23 | domestique | |
| rte de Clisson | 12 | Bigeard | Pierre | 68 | meunier | logement moulin dépend. |
| rte de Clisson | 12 | Bigeard | Julien | 65 | meunier | 2P rz, moulin |
| rte de Clisson | 12 | Bouyer | Renée | 64 | femme | |
| rte de Clisson | 12 | Bigeard | Rose | 26 | fille | |
| rte de Clisson | 12 | (blanc) | Louise | 21 | domestique | |
| ch. haut de Vertou | 3 | Brebion | François | 52 | meunier | pte maison, moulin |
| ch. haut de Vertou | 3 | Sicot | François | 24 | fils 1er lit | |
| ch. haut de Vertou | 3 | Brebion | Françoise | 17 | fille | |
| ch. haut de Vertou | 3 | Brebion | Jean | 21 | fils | |
| ch. haut de Vertou | 3 | Brebion | Marie | 15 | fille | |
| ch. haut de Vertou | 6 | Allereau | René | 46 | meunier | petite maison, moulin |
| ch. haut de Vertou | 6 | Godin | Jeanne | 49 | femme | |
| ch. haut de Vertou | 6 | Allereau | Marie | 20 | fille | |
| ch. haut de Vertou | 6 | Allereau | René | 18 | fils | |
| ch. haut de Vertou | 6 | Allereau | Reine | 14 | fille | |
| ch. haut de Vertou | 6 | Allereau | Louise | 9 | fille | |
| ch. haut de Vertou | 6 | Allereau | Baptiste | 8 | fils | |
| ch. haut de Vertou | 6 | Allereau | Joséphine | 8 | fille | |
| ch. haut de Vertou | 7 | Fonteneau | Gabriel | 61 | meunier | maison de 2P, enclos |
| ch. haut de Vertou | 7 | Menard | Rose | 61 | femme | |
| ch. haut de Vertou | 7 | Fonteneau | Louise | 21 | fille | |
| ch. de Vertou ouest | 2 | Durand | Guy | 28 | meunier | maison, moulin |
| ch. de Vertou ouest | 2 | (blanc) | Jeanne | 27 | femme | |
| ch. de Vertou ouest | 3 | Jarravé | Ve Menard | 72 | meunière | moulin, 2P rz |
| ch. de Vertou ouest | 3 | Menard | Jeanne | 45 | fille | |
| ch. de Vertou ouest | 3 | Menard | Louis | 38 | fils meunier | 1P 1er |
| ch. de Vertou ouest | 3 | Maillard | Marie | 25 | femme | |
| ch. de Vertou ouest | 3 | Menard | Louis | 3 | fils | |
| ch. de Vertou ouest | 3 | Menard | Marie | 0,5 | fille | |
| ch. de Vertou ouest | 3 | Bigaud | Joseph | 41 | domestique |
Les moulins de Nantes Sud Loire en 1834
Les plans cadastraux les mieux conservés sont ceux des Archives Départementales que voici.
Le moulin de St Jacques figure sur le même plan que celui des Gobelets. Vous voyez au milieu ce qui est aujourd’hui la rue de la Ripossière, en haut la route de Clisson, et le moulin de St Jacques est à gauche en bas. Pour ceux des Gobelets je vous en avais déjà parlé
Les 2 moulins de la Tache sont en bas au début de la route de Vertou. Ce cadastre de 1834 est celui des Archives Municipales puis suivent ceux des Coteaux de Sèvres. La rue actuelle nommée la Tache se trouve un peu plus haut et plus proche des moulins du Chiron qui suivent.
Voici ceux du Chiron un peu plus loin et plus haute route de Vertou, et la carte d’Etat Major de 1866 qui vous situe ces lieux :
et voici quelques moulins de la Grèneraie.
Salaire des domestiques du tanneur : Noëllet (49) 1724
Il est rare de trouver le salaire des domestiques. En voici selon l’inventaire après décès en 1724 de Julien Jallot mari de Françoise Lemonnier, mes ancêtres. L’inventaire est extrêmement long car il fait 39 pages et a duré près d’un mois, et avec des journées de 8 h du matin à 19 h du soir, y compris le samedi.
Donc, à la fin de ce long inventaire (AD49-5E20) on a les dettes qui sont actives et passives, et dans les dettes passives on a aussi ce qui est dû aux salariés, au nombre de 4 :
- Au sieur Pierre dit Langouin compagnon tanneur 85 L pour une année 7 mois de son temps – A Claude Gohier serviteur domestique 18 L 10 sols pour environ 6 mois de son service – A Julien Dupont aussi serviteur domestique 9 L 10 sols pour environ 6 mois de son service – A Jacquine Lemesle servante domestique 9 L pour environ 6 mois de son service –
Ainsi, j’apprends qu’il n’y avait qu’un ouvrier tanneur, et qu’il ne gagnait pas 5 L par mois, mais 4,47 L, et les autres domestiques gagnaient encore moins puisque la servante est même payée seulement 1,5 L par mois, et ils n’étaient pas payés chaque mois, le plus souvent quand ils partaient. Tout cela est extrêment peu pour des heures plus que longues…
Julien Aumont, marchand à Beauchêne (61) a été emprisonné à Angers, et doit payer fort cher son élargissement, 1745
Angers est à 175 km en passant par Domfront, Mayenne, Laval, Château-Gontier, Le Lion-d’Angers et c’est Jacques, son frère, qui va aller payer. Mais il a aussi une dette due à Julien Aumont fils feu Julien marchand pour une obligation crée en 1714 par son père.
Le 11 janvier 1745 Julien Aumont fils feu Jacques marchand vend à son frère Jacques un pré qui fait moins d’un hectare pour 850 livres ce qui est un prix plus qu’exhorbitant. En fait, il a besoin des 850 livres et le pré est tout ce qu’il peut céder, car il a été emprisonné à Angers et il est sorti de prison sous la caution de 2 marchands Angevins auxquels il doit de tout urgence 590 livres pour l’élargissement, le gîte et la pension du concierge de la prison. En effet, on devait alors payer sa pension au concierge de la prison. Pour mémoire, le prix du pré était certainement inférieur à 100 livres au vu de tous les actes notariés que je viens de dépouiller sur Beauchêne. Donc l’acte qui suit est bien une entente entre frères, probablement parce qu’ils sont dans le même commerce.
Mais quel commerce ? Sans doute descendaient-ils les clous d’ardoise jusqu’en Anjou et remontaient à Beauchêne des ardoises ?
Cet acte est aux Archives Départementales de l’Orne, AD61-4E80/620 – Voici sa retranscription
« Le 11 janvier 1745[1] après midi fut présent en personne Julien Aumont fils feu Jacques marchand de la paroisse de Beauchêne, lequel a de sa libre volonté vendu quité et abandonné à fin d’héritage pour luy et ses héritiers avec promesse de toutes garanties au sieur Jacques Aumont son frère aussi marchand de la même paroisse de Beauchêne présent et acceptant aussi pour lui ses héritiers savoir est une pièce de terre en pré de la contenance d’environ une acre[2] nommée vulgairement le pré de Rondenois situé au village de la Bordelière en ladite paroisse joignant ladite pièce de toutes parts ledit acquéreur par un bout les héritiers de Jean Louvet ; la présente vente à été faite moyennant et par le prix de 850 livres de principal et pour vin celle de 20 livres présentement payée en traitant le présent contrat, et au regard de la somme principale ledit vendeur en a délégué et donné soumission audit acquéreur et par luy acceptée d’en payer la somme de 590 livres aux mains des sieurs Lefrère et Jusqueau marchands demeurant en la ville d’Angers tant pour le principal de ce qui leur est dû par ledit vendeur que pour les frais de l’emprisonnement qu’ils auroient requis pour le concierge, giste et geolage, laquelle somme de 590 livres ledit vendeur croit qu’ils la voudront bien ayant consenti sous cette considération son élargissement pour parvenir au présent contrat afin de leur prouver la liberté de sa personne, consentant pour cet effet ledit vendeur que ledit acquéreur … pour la validité du présent contrat aussi bien que celui du sieur Julien Aumont fils feu Julien aussi marchand (f°2) de la même paroisse de Beauchêne pour le principal arrérages prorata frais loyaux cousts de 16 livres 13 sols 9 deniers de rente hypothécaire à lui due par ledit vendeur par contrat passé devant Gabriel Guerard tabellion le 29 novembre 1714 du fait de François Drone marchand de la paroisse de Chanterguy ? au bénéfice du père dudit sieur Aumont et dont ledit vendeur est obligé d’acquiter ledi Drone selon un autre contrat de reconnaissance devant Jean Gerard le 28 janvier 1740 et pour effectuer ladite soumission ledit acquéreur a présentement payé aux mains dudit Julien Aumont la somme de 300 livres pour le prinicpal de ladite partie de rente, laquelle somme il a recueillie en espèces d’argent et monnaie … ainsi que la somme de 36 livres … Ledit vendeur demeure obligé même par corps d’en faire la remise et répétition audit acquéreur dans un an de ce pour les frais d’emprisonnement giste et geolage dudit vendeur, le surplus desdites (f°3) soumissions demeurant pour paiement du prix de ladite vente, de laquelle ledit acquéreur a été envoyé en la propriété possession et jouissance du pré avec tous les droits d’eau haies et fossés
[1] AD61-4E180/620 devant Lelièvre tabellion royal à Tinchebray (Orne)
[2] acre : dialecte Normand, l’acre vaut 160 perches carrées de 22 pieds de côté, soit 81,712 ares (M. Lachiver, Dictionnaire du Monde rural, 1997)


