Il fallait avoir des parents aisés pour la prêtrise, mais ici, j’ai été très surprise à la fin de l’acte de découvrir que le père, qui donne donc une closerie à son fils, ne sait pas signer. Comme quoi, encore une fois, tous ceux qui ont un peu de bien ne savent pas forcément signer… en tout cas ils savaient compter… poulets de Loué ?
L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E1 – Voici la retranscription de l’acte : Le 15 février 1592 avant midy comme ainsy soit que Me Cristophle Tresnault clerc demeurant en ceste ville d’Angers, fils de honneste homme Marc Tresnault et de Marie Branchut demeurant en la paroisse de Loué pays du Maine près Parsé en Anjou, ait désir de se promouvoir et lequel espère de parvenir à l’office et estat sacerdotal ce qu’il ne peult faire sinon qu’il luy soit baillé moyens pour s’entretenir et vivre audit estat sacerdotal et affin d’y parvenir et de s’entretenir aux estudes auroit prié et requis ledit Marc son père luy voulloir passer son tiltre sur partie de ses biens immeubles aux fins que dessus lequel auroit bien baillé aulx charges cy après
pour ce est il que en la court du roy notre sire à Angers endroit par devant nous François Revers notaire d’icelle personnellement establys ledit Marc Tresnault tant en son nom que pour et au nom de ladite Branchu sa femme soubzmettant etc confesse avoir ce jourd’huy aulx fins que dessus donné quicté et delaissé donne quite et délaisse dès maintenant et à présent audit Me Cristofle son fils le lieu et closerie domaine appartenances et dépendances de la Courettière comme iceluy lieu se poursuit et comporte sans rien en retenir ne réserver, ledit lieu et closerie sis et situé en la paroisse saint Eustache en Champaigne près ledit Parsé,
Je n’ai pu identifier la Couretière. Par ailleurs, j’ai trouvé Crannes-en-Champagne et Saint-Ouen-en-Champagne, mais je ne sais si saint Eustache était le patron de l’un de ces paroisses. Si vous en avez une idée, merci de faire signe.
lequel lieu et closerie ledit Marc Tresnault a vériffié par serment valoir par chacuns ans de rente ou revenu annuel toutes charges desduites la somme de 26 escuz 2 tiers, pour dudit lieu ainsi donné et quicté comme dessus, jouir et user par ledit Me Cristofle sa vie durant seulement comme un bon père de famille à la charge de payer et acquiter les charges cens rentes et debvoirs par chacuns ans à l’advenir deubz pour raison dudit lieu,
et outre à la charge dudit Me Cristofle de dire ou faire dire et célébrer par chacuns ans à l’advenir par chacune sepmaine de l’an au jour du vendredi une messe en basse voix de l’office de Saincte Croix pour ainsi suffraiger et oraisonner à l’intention de sesdits père et mère et de ses autres parents et amis vivants et trépassez
je ne sais pas ce qu’est la messe de sainte Croix.
tout ce que dessus a esté stipulé et accepté par lesdites parties respectivement auxquelles choses susdites et chacunes d’elles tenir et lesdites choses ainsi données comme dict est garantir par ledit Marc Tresnault audit Me Cristofle son filz de tous troubles et empeschements combien de droict ne soient tenuz garantir la chose par eulx donnée s’il ne leur plaist dommaiges etc obligent lesdites parties respectivement à l’accomplissement du contenu de ces présentes chacun pour leur regard eulx leurs hoirs etc foy jugement condemnation etc fait et passé à notre tablier Angers ès présence de René Lebeau marchand Michel Lory et Anthoine Joubert praticiens demeurant à Angers, ledit Marc a dict ne scavoir signer
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suite de l’inventaire (voir hier) Titres de la dite fabrice
• Item la concession d’un banc dans l’église dudit St Jean pour la damoiselle de Fleurville mantionné à l’inventaire par nous reçu le 23 juin 1686 coté A audit inventaire
• Grosse d’un arrest du parlement de Paris coté audit inventaire sous la lettre C
• Une liasse de 11 pièces concernant le don fait par défunt René Miot et Françoise Dufour sa femme cotée audit inventaire sous la lettre G
• Grosse du testament de défunt Mathurin Morin coté audit inventaire sous la lettre F
• Un contrat d’échange en papier coté sous la lettre G
• Un acte en papier concernant les 2 boisseaux de méteil dus par la demoiselle de Crespy coté sous la lettre H
• Un testament holographe de Michelle Giraudeau veuve Martin Breau coté sous la lettre J
• Un contrat en parchemin passé devant Beraud coté sous la lettre L
• Un contrat en parchemin passé devant la cour et seigneurie de St Alman coté par ledit inventaire sous la lettre M
• Copie du testament de damoiselle Louise Savary cotée audit inventaire sous la lettre N
• Copie du codicile de defunt Me Bertrand Henry prêtre touchant la fondation de la première messe cotée audit inventaire sous la lettre O
• Grosse en parchemin du testament de defunt Jacques Oger coté audit inventaire sous la lettre P
• Grosse en parchemin d’une sentence en dernier ressort contre les religieux de Toussaints cotée sous la lettre Q
• Item la copie d’un marché fait entre Jean Giraudeau cy-devant procureur et Jean Lemercier couvreur d’ardoise, touchant la couverture de l’église dudit St Jean coté sous la lettre R
• Une sentence en papier concernant les 6 boisseaux de bled dus à ladite fabrice par le seigneur de Meseray coté sous la lettre S
• Item la grosse en parchemin pour un contrat fait au profit de ladite fabrice devant Bereau notaire de 3 boisseaux de froment en l’an 1508 laquelle a esté par nous présentement paraphée et cotée sous la lettre R
• Item grosse d’un autre contrat d’acquet de 24 boisseaux d’avoine au profit de ladite fabrice passé devant ledit Breau notaire en 1507 cotée sous la lettre S et paraphée
qui sont tous les eubles joyaux et titres qui se sont trouvés dans ladite église de St Jean appartenant à ladite fabrice desquels lesdits Leconte et Sallot se sont chargés et ont quitté et déchargé lesdits Reverdy et Roceau à la charge desdits Leconte et Sallot de bien et duement régir le tout pendant le temps de leur procure et le tout représenter à la fin d’icelle, à quoi faire et le tout s’en sont establis et obligés sour la cour de la chastellenie de Saint Alman par devant nous René Cruau notaire d’icelle, solidairement un et chacun d’eux seul et pour le tout sans division de personnes ny de biens, eux etc biens et choses etc renonçant etc et par espécial etc ont etc fait et arresté ledit jour 14 juillet 1688 avant midy en présence de noble et discret Me François Chapillon prestre prieur curé dudit St Jean, Charles Boyslève tonnelier, et Jacques Chevallier vigneron tous demeurant audit St Jean tesmoins, lesdits Reverdu, Roceau et Leconte ont déclaré ne scavoir signer
comme quoi on peut être procureur de la fabrique sans savoir signer et lire !
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L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E90 – Voici la retranscription de Pierre Grelier : Le Le mercredi 14 juillet 1688, devant Cruau notaire de la seigneurie de Saint Alman à Juigné-sru-Loire, inventaire des ornements, joyaux meubles tiltres et papiers appartenant à la cure et fabrice de la paroisse de St Jean des Mauvrets lesquels Pierre Reverdy et Jean Voleau procureur de ladite fabrice ont régy depuis le 23 juin 1586 jusqu’à présent et lesquels lesdits Reverdy et Voleau désirent cedit jour délivrer et mettre en les mains de Luc Leconte et René Sallot nommés procureurs de ladite fabrice et qui ont entré en ladite charge dimanche dernier 11 de ce mois pour estre par eux régy pendant le temps de leur procure, auquel inventaire a esté procédé à la prière instance et requeste desdits Reverdy et Voleau comme s’ensuit
• Premier une croix d’argent doré et argenté avec le baton pour la porter laquelle est garnie de deux escharpes de taffetas barré l’une garnie de frange d’argent doré et l’autre d’une frange d’argent, un oreiller à poser ladite croix avec sa souille de toile et une fausse souille de toile et une chemisette de la croix de serge verte
• Item une autre vieille croix de fer blanc et deux crucifix, un au grand autel et l’autre sur l’autel Nostre-Dame, l’un d’os et d’ivoire et l’autre de cuivre.
• Item deux bannières de couleur rouge l’une neuve garnie de 2 images l’une de la Vierge l’autre de St Jean Baptiste et de 2 pommettes de cuivre et l’autre vieille, qui a seulement une pommette et un baston peint pour les porter
• Item 3 calices et 3 platines d’argent doré, 3 pochettes de toile et un étuy de cuir bouilly où estait un desdits calices, un soleil et custode aussy d’argent doré avec son estuy, un ciboire aussi d’argent doré etun autre petit ciboire d’argent à porter le saint sacrement en paroisse
• Item 3 grosses cloches dont il y en a une rompue, 2 petites clochettes, l’une au grand autel l’autre à l’autel de la Vierge, 2 eschilottes, et 2 vaceaux de fonte
• Item une carrie et days à porter le St sacrement en procession avec sa garniture de taffetas figure garnye de sa frange et frangette de soie
• Item 7 chandeliers de potin, 2 à sepineaux d’estain de peu de valeur, une lampe de cuivre suspendue devant le saint Sacrement
• Item 2 draps mortuaires l’un de velours noir et satin blanc l’autre de serge noire avec sa croix de satin blanc
• Item 2 missels à usage du diocèse d’Angers, un graduel usé, un antiphonaire romain, un vieil plantier, un rituel et 2 processionnaires
• Item un vieil pulpitre de bois de chesne avec un tapy verd et jaune et un petit pulpitre avec aussy un petit tapy et un autre petit pulpitre à mettre sur l’autel
• Item 27 nappes de toile tant bonnes que mauvaises, 8 autres napptes tant grandes que petites bonnes que presque my usées, à servir à la communion et 11 serviettes et 36 essuis mains
• Item 6 pièces de toiles à voiler les images dans le temps de caresme scavoir 2 à la passion, une au grand autel et l’aultre pour l’image de la sainte Vierge
• Item 6 voiles à servir à diverses images
• Item 3 autres voiles l’un de toby blanc garny de dentelle de faux or et les 2 autres de toile garnye de dentelle à servir devant l’image de la vierge
• Item 2 rideaux de soie rouge blanche et verte et 4 pentes rideaux de laine ouvrez dont il y en a 2 autour de la chaire
• Item un habit de la vierge de couleur blanc, 2 autres vieux habits de couleur rouge, dont un est figuré aussi pour servir à l’image de la vierge, un devanteau vert, 4 habits à servir à l’image de Notre Sauveur Jesus Christ, et un devant d’autel de soie rouge blanche et verte.
• Item un autre devant d’autel de tapisserie fait à la main figuré garni de passement de faux or et argent et 2 coussins et un autre devant d’autel de laine rouge et blanche et 2 tapis l’un de laine à carreaux et l’autre de toile indienne
• Item un autre devant d’autel de soie rouge et un autre noir
• Item une chasuble blanche garnie de son estole fanon et voile, une autre chasuble noire aussy garnie de son estole voile et fanon, une autre chasuble de velours rouge garnie comme dessus, une autre chasuble de camelot verd garnie comme dessus, une autre chasuble blanche garnie de 2 fanons, une autre vieille chasuble de soie jaune à fleurs sans estole ni fanon.
• Item 2 chapes l’une rouge l’autre blanche, et 2 dalmatiques blanches, 2 autres rouges et 2 noires
• Item un vieil corporalier, 2 aubes garnies de leurs amicts et ceintures et 3 petits surplyes
• Item 2 vieilles longières de toile à porter les corps des trépassés en terre et 2 autres longières neuves
longière : du 14e au 18e siècle, essuie-mains, nappe commune (M/Lachiver, Dict. du monde rural, 1997)
• Item une chasuble de futaine de plusieurs couleurs
• Item 3 huges (huches) et 2 coffres de bois de chesne fermant de clef et serrures fors l’un desdits coffres et la chaire à prescher
• Item 2 confessionnaux de menuiserie presque neufs
• Item 2 traiteaux de bois de chesne, un fil de fer blanc, un bois de bière à porter le drap mortuaire et 3 chandeliers de fer à mettre autour de ladite bière
• Item un chapier de bois de noyer fermant de clef et serrure et 2 bancs de pareil bois, 2 tables de bois de sapin l’un derrière le grand autreil l’autre devant l’autel Notre Dame à servir à couper le pain bény et un panier d’osier pour le distribuer
• Item un encensoir d ecuivre, l’image de Saincte Véronique, 9 nouquets pour orner les autels, 2 vases, une platine et 2 autres vases le tout de faïence
• Item un devant d’autel de cuir doré neuf, un daventeau devant l’image de Nostre seigneur Jésus Christ, et 2 couronnes une à l’image de la Vierge et l’autre de notre Seigneur
La suite, qui contient les titres de la fabrique, à demain sur ce blog
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Hier, la transaction sur la pension de Michel Garande, mentionnait Enoc Buret. Ce curieux prénom n’est pas celui d’un saint. J’ai voulu en savoir plus :
Ascension d'Hénoch vue Raffaello Sanzio (XVe)
Hénoch est un patriarche antédiluvien, fils de Caïn et père de Mathusalem.
Selon la Genèse, v. 24, il disparut mystérieusement « enlevé par Dieu » comme le prophète Elie, et le Serviteur de Yahvé du second Isaïe. Il devint une grande figure de l’apocalyptique juive.
le livre d’Hénoch, une des grandes apocalypses juives. Il donne un ensemble d’exhortations et de prophéties, concernant la fin des temps. Cité dans le Nouveau Testament (Jude, 14) il a eu une grande influence sur la pensée chrétienne. Il a été écrit en hébreu et en araméen (des fragments dans les deux langues ont été retrouvés à Qumrian). On peut dater les diverses sevtions qui le composent d’une période s’étendant de 170 à 60 av. J.-C. (Dict. Encyclopédique Larousse, 1983
Voici les 3 saints de glace, selon l’encyclopédie Migne :
Attention, le premier des saints de glace, souvent tu en gardes la trace.
saint Mamert, Mamertus, évêque de Vienne en Dauphiné. Son savoir, ses vertus et le don des miracles dont Dieu le favorisé rendirent son nom illustre. Mais ce qui a le plus contribué à l’immortaliser dans l’Eglise, c’est l’institution des Rogations. Des éruptions volcaniques, des tremblements de terre et d’autres fléaux effrayaient alors les populations. Mamert, voyant dans ces calamnités une marque de la colère de Dieu contre les crimes des hommes, établit dans son diocèse, pendant les trois jours qui précèdent l’Ascension, des supplications publiques, connues sous le nom de Grandes Litanies. Cette sainte institution fut bientôt adoptée dans les diocèses voisins et devint ensuite une pratique universelle en Occident. Saint Mamert ordonna prêtre Claudien Mamert, son frère, qui au rapport de saint Sidoine Apollinaire, était le plus beau génie et l’homme le plus savant de son siècle. Sa piété égalait sa science, et il rendit d’importants services à Mamert dans le gouvernement de son Eglise. Le saint évêque de Vienne arrêta par ses prières deux incendies qui menaçaient de détruire sa ville épiscopale. Il mourut trois ans après son frère, c’est-à-dire, en 477. Fêté le 11 mai
saint Pancrace, neveu du martyr saint Denis, fut martarysé lui-même à Rome, sous le règne de Dioclétien, en 304, à l’âge de 14 ans. Il fut enterré dans le cimetière de saint Calépode, qui prit ensuite son nom. On bâtit sous son invocation une église qui fut réparée dans le Ve siècle, par le pape Symmaque, et dans les VIIe par Honorius 1er. Saint Grégoire de Tours l’appelle le vengeur des parjures, et dit que Dieu, par un miracle continuel, punit visiblement les faux serments qui ont été faits en présence de ses reliques. Une partie de ces précieuses reliques fut envoyée, en 655, à Oswi, roi d’Angleterre, par le pape Vitalien. Il y a dans ce royaume, ainsi qu’en France, en Italie, en Espagne, un grand nombre d’églises qui portent le nom de saint Pancrace – Fêté le 12 mai.
Avant Saint-Servais, point d’été, après Saint-Servais, plus de gelée.
saint Servais, Servatius, évêque de Tongres, occupait déjà ce siége lorsqùe saint Athanase, patriarche d’Alexandrie, fut exilé à Trèves par Constantin, en 336. Il reçut avec de grands honneurs cet illustre confesseur de la foi, dont il partageait les sentiments, comme il le prouva au concile de Sardique, en 347. Dans le concile de Rimini, tenu en 359, il s’opposa fortement aux manoeuvres des ariens avec saint Phébade d’Agen, et si ces deux saints évêques se laissèrent tromper par les hérétiques en souscrivant une profession de foi rédigée en termes captieux, ils réparèrent cette faute, qui n’était qu’une surprise faite à leur bonne foi, en travaillant de tout leur pouvoir à dévoiler la fourberie de ces hérétiques. Saint Servais prédit l’invasion des Gaules par les Huns, et la vue des malheurs que ces barbares devaient causer à sa patrie lui fit essayer de fléchir la colère divine par ses prières, ses larmes et ses austérités. Il entreprit même, en 382, le pèlerinage de Rome, pour intéresser en faveur de son pays les apôtres saint Pierre et saint Paul ; mais Dieu lui révéla qu’il avait résolu de punir les péchés des Gaulois par le fléau de l’invasion, dont il ne devait pas être témoin ; car il mourut peu après son retour à Tongres, vers l’an 384. On éleva sur son tombeau, qui avait été illustré par plusieurs miracles, une église en son honneur. La plus grande partie de ses reliques fut portée à Maestricht, lors de la translation du siége épiscopal de Tongres dans cette ville. — 13 mai.
Un seul et même prénom, parfois féminin, et plusieurs saints porteurs de ce nom Ancelmus, mais le plus célèbre est l’archevêque de Cantorbery. Voici quelques actes montrant le prénom :
Le Louroux-Béconnais : « Le XXVIIe jour dudit moys (août 1556) fut baptizée Perrine fille de Jehan Rabin de la Roussaye et de Jacquine Hallet sa femme parrain Pierre Besruau maraine Joye femme de Thibault Templer Jehanne fille de Jehanne Lyvenaye par frère Anseaulme Prioulleau religieux de Pontron » v°148-164
« Audit jour (30 août 1555) fut baptizée Anceaulme fille de Gilles Gratien et de Jehanne Beaunes sa femme parrain vénérable personne François Anceaulme Prioulleau religieux de Pontortran marraines Marye Beaunes femme de Robert Perier et Guyonne Herbert femme de Jehan Lermitte par Dubreil » v°143-164
Et voici la biographie des saints, selon l’encyclopédie Migne :
ANSELME ( saint ), Anselmus, premier abbé de Nonantola, dans le duché de Modène, florissait sur la fin du VIIIe siècle et mourut en 803. — 3 mars.
ANSELME (saint), évêque de Lucques et confesseur, était neveu du pape Alexandre Il, et naquit à Mantoue, au commencement du XIe siècle. Il se livra d’abord à l’étude de la grammaire et de la dialectique ; il embrassa ensuite l’état ecclésiastique, et s’appliqua avec ardeur à l’étude de la théologie et du droit canon, dans lesquels il fit de grands progrès. Badage, évêque de Lucques, son oncle, étant devenu pape en 1061 sous le nom d’Alexandre Il, le nomma au siége qu’il venait de quitter et l’envoya en Allemagne pour y recevoir, des mains de l’empereur Henri IV, l’investiture de son siége, selon l’usage de ce temps ; mais Anselme revint sans avoir voulu la recevoir aux conditions que lui proposait l’empereur, persuadé que ce n’était pas à la puissance séculière à conférer ainsi les dignités ecclésiastiques. Ayant été sacré par Grégoire VII en 1073, il consentit enfin à recevoir de Henri l’anneau et la crosse ; mais il en eut des scrupules quelque temps après, et il alla se faire moine à Cluny ; il fallut un ordre du pape pour lui faire reprendre le gouvernement de son diocèse. De retour à Lucques, il voulut, en 1079, obliger les chanoines de sa cathédrale à la vie commune, conformément à un décret du pape Léon IX. La comtesse Mathilde, souveraine de Lucques et d’une grande partie de la Toscane, le secondait dans cette entreprise ; mais il ne put vaincre la résistance des chanoines, quoiqu’il eût déployé toute la sévérité des peines canoniques. Les chanoines se révoltèrent et excitèrentune sédition contre l’évéque, qui fut forcé de sortir de Lucques : il se retira auprès de la comtesse Mathilde, dont il était le directeur. Le pape ne le laissa pas longtemps dans la retraite qu’il s’était choisie : il le fit son légat en Lombardie, et le chargea de la conduite de plusieurs diocèses, que la fameuse querelle entre l’empire et le saint-siège, au sujet des investitures, avait laissés sans pasteurs. Il mourut à Mantoue le 18 mars 1086, et sa sainteté fut bientôt attestée par de nombreux miracles. Il en avait déjà opéré plusieurs de son vivant, ce qui l’a fait honorer d’un culte public en Italie et choisir par la ville de Mantoue pour son patron. Il était d’une vaste érudition et lorsqu’on le questionnait sur quelque passage de l’Ecriture sainte, qu’il savait tout entière, par coeur, il exposait, sur-le-champ, comment chaque saint Père l’avait expliqué. Parmi les ouvrages qu’il a laissés, nous citerons l’Apologie pour Grégoire VII, l’Explication des Lamentations de Jérémie, une Collection de canons, la Réfutation des prétentions de l’antipape Guibert, et l’Explication des Psaumes: il entreprit ce dernier ouvrage à la prière dé la comtesse Mathilde, mais la mort ne lui permit pas de l’achever. — 18 mars.
ANSELME (saint), archevêque de Cantorbéry, né à Aoste en Piémont, l’an 1033, était fils de Gondulphe et d’Ermengarde, l’un et l’autre d’une famille noble et considérée dans le pays. Formé à la piété par sa vertueuse mère et instruit dans les sciences par d’habiles maîtres, il prit à l’âge de quinze ans la résolution d’embrasser l’état monastique ; mais l’abbé auquel il se présenta refusa de l’admettre dans son monastère, parce qu’il craignait le ressentiment de Gondulphe. Anselme ayant perdu sa mère, négligea peu à peu ses exercices de piété et tomba insensiblement dans la tiédeur. Il alla plus loin, et se livra aux désordres d’un monde corrompu ; il finit même par perdre le goût de l’étude. Revenu à Dieu plus tard, il ne cessa de déplorer les égarements de sa jeunesse qu’il a retracés dans ses Méditations avec les sentiments de la plus vive componction. Son père, irrité de son inconduite, l’avait pris en aversion. Anselme, après son retour à la vertu, voyant qu’il ne pouvait le fléchir et qu’il était même souvent en butte à de mauvais traitements, quitta la maison paternelle et sa patrie, et vint en Bourgogne où il reprit avec ardeur le cours de ses études. Après trois ans de séjour dans cette province, il se rendit à l’abbaye du Bec pour prendre des leçons du célèbre Lanfranc, qui en était prieur, et qui sut le distinguer de ses autres disciples. Il conçut bientôt pour lui une véritable affection. Gondulphe étant mort, Anselme hésita quelque temps sur le choix d’un état. Tantôt il était d’avis de rester dans le monde et d’employer sa fortune en bonnes oeuvres; tantôt il inclinait pour la solitude, comme un moyen plus sûr de se sanctifier. Au milieu de ces perplexités, il pria Lanfranc de l’aider de ses conseils; mais celui-ci, craignant de trop écouter l’affection qu’il avait pour Anselme, le renvoya à Mauirille, archevêque de Rouen, qui lui conseilla d’entrer dans l’ordre de Saint-Benoît. Il prit donc l’habit dans l’abbaye du Bec, alors gouvernée par l’abbé Herluin, et il fit profession en 1060, étant âgé de vingt-sept ans. Trois ans après, il remplaça Lanfranc dans la dignité de prieur.
Sa jeunesse excita d’abord quelques murmures, mais par sa douceur et sa patience il vint à bout de gagner l’affection de toute la communauté. Il eut aussi le bonheur de retirer du déréglement et de faire rentrer dans les voies de la perfection un jeune moine nommé Osbern. Il avait un talent tout particulier pour connaître ce qu’il y avait de plus intime dans le coeur, et l’on eût dit qu’il lisait dans l’intérieur de chacun, ce qui lui servait beaucoup pour la conduite des âmes. La bonté, la charité tempéraient la rigueur des remèdes qu’il lui fallait employer quelquefois ; car il n’était pas partisan de la sévérité, surtout envers les jeunes religieux. Un abbé du voisinage, qui était d’un avis différent sur ce point, ne l’eut pas plus tôt entendu, qu’il résolut de l’imiter, et l’expérience lui prouva qu’il avait bien fait. Les nombreuses occupations attachées à la charge de prieur n’empêchaient point Anselme de s’appliquer à la théologie. Tour de l'abbaye du Bec-HellouinL’Ecriture et la Tradition étaient ses guides dans l’étude de cette science sur laquelle il composa des ouvrages qui portèrent au loin sa réputation et attirèrent beaucoup de personnes à l’abbaye du Bec. Saint Anselme de Cantorbery - http://www.abbayedubec.com/Hennin étant mort en 1078, Anselme, élu pour le remplacer, ne consentit que difficilement à son élection. Il confia la gestion du temporel de l’abbaye à des religieux versés dans cette partie, afin d’avoir plus de temps à donner au gouvernement spirituel. Comme la maison du Bec avait des propriétés en Angleterre, il y fit quelques voyages, ce qui lui fournissait l’occasion de revoir son ancien maître et ami Lanfranc, qui était devenu archevêque de Cantorbéry. Anselme recevait de la part des Anglais, lorsqu’il se trouvait dans leur île, des marques éclatantes d’estime et de vénération ; la noblesse et le clergé s’empressaient à l’envi de lui être utile; le roi lui-même, qui était si peu accessible à ses sujets, s’humanisait avec l’abbé du Bec. Anselme, de son côté, tâchait de se faire tout à tous et il faisait tourner au profit de la religion l’ascendant qu’il avait sur les coeurs. Hugues, comte de Chester, qui avait conçu pour lui une profonde vénération, étant tombé dangereusement malade en 1092, lui envoya coup sur coup trois courriers pour le prier de passer en Angleterre, afin de le consulter sur la fondation d’un monastère qu’il faisait bâtir à Chester, et pour mourir entre ses bras. Anselme, qui avait appris qu’on voulait le faire archevêque de Cantorbéry, ne se souciait pas d’entreprendre le voyage, mais le désir de procurer à un ancien ami les secours qu’il réclamait l’emporta. A son arrivée il trouva le comte guéri. Il fut cependant retenu cinq mois en Angleterre, tant pour les affaires de son abbaye que pour celles du monastère que Hugues fondait à Chester. Guillaume le Roux, qui avait succédé en 1087 à Guillaume le Conquérant, son père, s’emparait des biens de l’Eglise et s’appropriait les revenus des siéges vacants, et afin d’en jouir plus longtemps, il défendit de remplacer les évêques qui venaient à mourir. C’est ainsi que l’Eglise de Cantorbéry resta cinq ans sans pasteur, après la mort de Lanfranc. Guillaume avait juré que ce siége ne serait jamais rempli de son vivant; niais étant tombé malade à Glocester, la crainte des jugements de Dieu le fit rentrer en lui-même, et il promit, s’il guérissait, de réparer ses injustices envers les églises. Il commença par celle de Cantorbéry et y nomma Anselme. Ce choix fut approuvé de tout le monde, à l’exception du saint, qui alléguait son grand âge, sa mauvaise santé et son peu de capacité pour les affaires. Le roi, chagriné de ce refus, lui représenta que de son acceptation dépendait le salut de son âme : « Car je suis persuadé, disait-il, que Dieu ne me fera pas miséricorde, si le siège de Cantorbéry n’est pas rempli avant ma mort. » Les évêques et les seigneurs qui étaient présents joignirent leurs instances à celles du roi. « Si sous persistez dans votre refus, qui nous scandalise, dirent-ils à Anselme, vous serez responsable devant Dieu de tous les maux qui tomberont sur l’Eglise et sur le peuple d’Angleterre. » Ils le forcèrent à prendre la crosse, en présence du roi, et le portèrent ensuite à l’église, où ils chantèrent le Te Deum. Ceci arriva le 6 mars 1093.
Anselme, qui ne se rendait pas encore, finit enfin par accepter, mais à deux conditions : la première, que le roi rendrait à son église tous les biens qu’elle possédait du temps de son prédécesseur; la seconde, qu’il reconnaîtrait Urbain Il pour pape légitime. Les choses ainsi arrangées, il se laissa sacrer le 4 décembre. Guillaume, à peine guéri, oublia ses bons sentiments et ses promesses. Ayant demandé à ses sujets de nouveaux subsides, Anselme lui offrit 500 livres d’argent, dont le roi parut d’abord se contenter; mais bientôt après, il demanda encore à Anselme 1 000 livres. Le saint répondit qu’il ne pouvait donner cette somme, parce qu’il n’était pas permis de disposer du bien des pauvres. Il l’exhorta à permettre aux évêques de tenir des conciles, comme cela s’était toujours pratiqué, et à donner des supérieurs aux abbayes vacantes ; mais le prince lui répondit avec colère qu’il ne se dessaisirait pas plus des abbayes que de sa couronne. Il ne négligea rien pour le déposséder de son siége : il défendit aux prélats qui lui étaient dévoués de le regarder comme archevêque et de lui obéir comme primat, alléguant pour raison qu’Anselme, pendant le schisme, avait été soumis à Urbain II, qui n’était point encore reconnu en Angleterre. Il essaya ensuite de gagner la noblesse; mais la plupart des seigneurs répondirent qu’Anselme étant archevêque de Cantorbéry. et primat du royaume, ils lui obéiraient dans les choses de la religion; que leur conscience ne leur permettait pas de se soustraire à une autorité légitime, vu surtout que celui qui l’exerçait n’avait été convaincu d’aucun crime. Le roi, n’ayant pu réussir dans son projet, envoya à Rome un ambassadeur qui reconnut Urbain, espérant, par cette démarche, mettre le pape dans ses intérêts et l’engager à se réunir à lui contre l’archevêque ; il lui offrit même une pension annuelle sur l’Angleterre, s’il voulait le déposer. Urbain envoya sur les lieux un légat qui déclara au roi que la chose ne pouvait se faire. Anselme, qui ignorait la trame ourdie contre lui, reçut du légat le pallium que le pape lui envoyait. Il écrivit à Urbain pour l’en remercier, et dans sa lettre il se plaint de la pesanteur du fardeau qu’on lui avait imposé, et témoigne un vif regret d’avoir été arraché à sa chère solitude. Voyant que Guillaume cherchait de nouveau à usurper les biens de son Eglise, et que toutes ses représentations n’étaient pas écoutées, il demanda avec instance la permission de sorfir de l’Angleterre. Le roi la lui refusa par deux fois, et comme Anselme revenait à la charge, Guillaume lui déclara que s’il sortait de son royaume, il saisirait tous les revenus de son archevêché et qu’on ne le reconnaîtrait plus pour primat. Le saint, vivement affligé de l’oppression de son église qu’il ne pouvait plus empêcher, partit au mois d’octobre 1097, pour Rome, déguisé en pèlerin, et s’embarqua à Douvres avec deux moines, dont l’un était Eadmer, qui écrivit sa Vie. Arrivé en France, Il passa quelque temps à Cluny avec saint Hugues, qui en était abbé : de là il se rendit à Lyon, où l’archevêque Hugues lui fit un accueil distingué et le reçut avec de grandes marques de respect. Sa santé s’étant trouvée dérangée, il ne put partir de cette ville qu’au mois de mars de l’année suivante, ce qui fut un bonheur pour lui ; car s’il en fût parti plus tôt, il serait tombé dans les embûches que l’antipape Guibert lui avait dressées sur sa route, à la nouvelle de son voyage d’Italie. Le pape le reçut de la manière la plus honorable et le logea dans son propre palais. Anselme lui ayant appris tout ce qui s’était passé à son sujet, il lui promit sa protection, et écrivit au roi d’Angleterre une lettre très-forte pour l’engager à rétablir l’archevêque de Cantorbéry dans tous les droits dont ses prédécesseurs avaient joui. Anselme écrivit aussi, de son côté, afin de fléchir Guillaume. Comme l’air de Rome était contraire à sa santé, il n’y resta que dix jours, et se retira dans le monastère de Saint-Sauveur en Calabre, où il acheva l’ouvrage intitulé : Pourquoi le Fils de Dieu s’est-il fait homme?
Charmé de sa nouvelle solitude, et n’espérant plus pouvoir jamais faire aucun bien à Cantorbéry, il pria le pape d’accepter sa démission ; mais le pape lui répondit qu’un homme de cœur ne devait point abandonner son poste ; qu’il n’avait eu d’ailleurs à essuyer que des menaces et des duretés. Anselme répondit qu’il ne craignait pas les souffrances ni les tourments, qu’il ferait même volon- tiers le sacrifice de sa vie pour la cause de Dieu ; mais qu’il lui serait impossible de faire aucun bien dans un pays où l’on foulait aux pieds toutes les règles de la justice. li se soumit pourtant aux ordres d’Urbain, et en attendant, il alla demeurer à Sélanie, sur une montagne située près du monastère de Saint-Sauveur, et afin d’avoir le mérite de l’obéissance dans toutes ses actions, il demanda au pape pour supérieur Eadmer, qui ne l’avait pas quitté depuis son départ d’Angleterre. Il assista, au mois d’octobre de la même au-née (1098), au concile qu’Urbain II avait assemblé à Bari pour travailler à la réunion des Grecs. Ceux-ci ayant proposé leurs difficultés sur la procession du Saint-Esprit, embrouillaient la question par des longueurs interminables. Le pape, voulant mettre fin à ces disputes qui ne menaient à rien, s’écria : « Anselme, notre père et notre maître, où êtes-vous? » Il le fit asseoir près de lui et l’engagea à déployer ses talents, lui représentant que l’occasion était belle et que Dieu l’avait ménagé à dessein pour venger l’Eglise des attaques de ses ennemis. Le saint archevêque prit aussitôt la parole, et s’exprima avec tant de force et de solidité qu’il réduisit les Grecs au silence. Dès qu’il eut cessé de parler, tous les assistants dirent anathème à quiconque nierait que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils. On passa ensuite à l’affaire du roi d’Angleterre : on parla fort au long de ses menées simoniaques, de ses injustices et de ses vexations envers l’Eglise, de ses persécutions envers l’archevêque de Cantorbéry, et de son opiniâtreté incorrigible malgré les fréquentes monitions qu’il avait reçues. Le concile fut d’avis d’agir avec la plus grande sévérité, et le pape allait prononcer contre lui une sentence d’excommunication, lorsque Anselme, se jetant à ses pieds, le conjura de ne point porter de censure. Cette démarche, en faveur d’un prince dont il avait tant à se plaindre, excita l’admiration de tout le concile, et l’on fit droit à sa demande. Après le concile; Anselme retourna avec le pape à Rome, où il recevait les témoignages les plus honorables de respect et d’affection. Les schismatiques eux-mêmes ne pouvaient refuser de rendre hommage à sa vertu et à son mérite. Il assista avec distinction au concile de Rome en 1099, et reprit ensuite la route de Lyon, où l’archevêque Hugues se faisait d’avance un plaisir de le recevoir. Il lui céda l’honneur d’officier dans son église, et le pria d’y exercer toutes les fonctions épiscopales, comme s’il eût été dans son propre diocèse. C’est dans cette ville qu’Anselme composa son livre de la Conception de la sainte Vierge et du péché originel. Après la mort d’Urbain, qui eut lieu au mois de juillet de la même année (1099), il écrivit à Pascal II, son successeur, pour l’instruire de son affaire, Il y avait déjà quelque temps qu’il était convaincu qu’il ne pourrait remonter sur son siége, tant que Guillaume vivrait, lorsqu’il apprit sa fin tragique, étant à l’abbaye de la Chaise-Dieu en Auvergne. Ce prince avait été tué à la chasse, sans avoir eu le temps de se reconnaître et sans avoir pu recevoir les sacrements de l’Eglise. Anselme pleura sa mort, dont les circonstances étaient si terribles aux yeux de la foi. Henri 1er frère et successeur de Guillaume le Roux, rappela le saint, qui partit sans délai pour l’Angleterre et débarqua à Douvres le 23 septembre 1100. Son retour causa une grande joie dans tout le royaume ; le roi le reçut avec bonté; tuais ces dispositions bienveillantes ne durèrent pas longtemps. Henri exigea qu’Anselme lui demandât l’investiture de sa dignité et lui rendît hommage pour son siége. Anselme s’y refusa, se fondant sur le dernier concile de Rome qui le défendait sous peine d’excommunication. Le roi ne se rendant pas, on convint de part et d’autre qu’on s’adresserait au pape à ce sujet. Mais dans l’intervalle, Henri se vit sur le point de perdre sa couronne. Robert, duc de Normandie, son frère aîné, à son retour de la terre sainte, résolut de faire valoir ses droits au trône d’Angleterre dont on avait disposé en faveur de Henri pendant son absence. Il leva une armée dans son duché, passa la Manche et marcha contre Henri. Celui-ci, à la vue du danger, qui le menaçait, fit les plus belles promesses à l’archevêque de Cantorbéry, s’engageant à suivre en tout ses conseils, protestant qu’il aurait toujours une déférence entière pour le saint-siége, et qu’il respecterait toujours les droits de l’Eglise. Anselme lui resta fidèle, et fit tout ce qu’il put pour arrêter les progrès de la révolte, représentant aux seigneurs qui avaient juré fidélité à Henri l’obligation de tenir leur serment. Il publia même une sentence d’excommunication contre Robert, qui était regardé comme un usurpateur, et bientôt la cause du roi prit une tournure plus favorable. Robert, avant fait sa paix avec son frère, retourna en Normandie. Le danger passé, le roi oublia les grandes obligations qu’il avait envers l’archevêque de Cantorbéry, ainsi que les promesses solennelles qu’il lui avait faites. Loin de rendre la liberté à l’Église d’Angleterre, il continua de s’arroger le droit de donner l’investiture des bénéfices. Le saint archevêque, de son côté, se montra ferme et refusa de sacrer les évêques nommés par le roi, contrairement aux règles canoniques. Il tint en 1102 un concile national dans l’église de Saint-Pierre, à Westminster, pour corriger les abus et pour rétablir la discipline ecclésiastique. La querelle des investitures s’envenimant de plus en plus, il fut enfin convenu qu’Anselme irait en personne consulter le pape sur cette question. Il s’embarqua, le 27 avril 1103, et se rendit à Rome, où le roi avait aussi envoyé un ambassadeur. Le pape, qui était Pascal II, ne fut point favorable à Henri; il porta même la peine d’excommunication contre ceux qui recevraient de lui l’investiture des dignités ecclésiastiques. Anselme se remit en chemin pour l’Angleterre; mais arrivé à Lyon, Henri lui fit défendre de rentrer dans son royaume, tant qu’il ne serait pas disposé à se soumettre. Il resta donc à Lyon, où l’archevêque Hugues, son ancien ami, s’efforça, par toutes sortes d’égards et de bons traitements, de lui faire oublier ses tribulations. Il se retira ensuite à l’abbaye du Bec, où le pape lui envoya une commission pour juger l’affaire de l’archevêque de Rouen, accusé de plusieurs crimes. Pascal lui permit aussi d’admettre à la communion ceux qui avaient reçu du roi l’investiture de leurs bénéfices. Henri fut si charmé de cette condescendance du pape, que, sur-le-champ, il envoya prier Anselme de revenir en Angleterre; mais une maladie grave ne lui permit pas de se rendre de suite aux désirs du roi. Après sa guérison, il retourna en Angleterre où il fut reçu comme en triomphe par tous les ordres du royaume et par la reine Mathilde, en l’absence du roi qui était alors en Normandie. Anselme, rendu à son siège, passa les dernières années de sa vie dans une langueur continuelle, et les six derniers mois qui précédèrent sa mort, il était tombé dans un tel état de faiblesse que, ne pouvant plus marcher, il se faisait porter tous les jours à l’église, pour y entendre la messe.
Il mourut le 21 avril 1109, âgé de soixante-seize ans, et fut enterré dans la cathédrale de Cantorbéry, où se sont opérés plusieurs miracles par son intercession. Clément XI, par un décret de 171), a placé saint Anselme parmi les docteurs de l’Eglise, et il méritait cet honneur par ses ouvrages en faveur de la religion. Les principaux sont : le Traité de la Procession du Saint-Esprit, contre les Grecs ; le Traité du Pain azyme et du pain levé, contre les mêmes ; le Monologue et le Prologue sur l’existence et les attributs de Dieu ; le Traité de la foi ce la Trinité et de l’Incarnation, contre Roscelin; les deux livres : Pourquoi le fils de Dieu s’est-il fait homme ? le Traité de la Conception virginale et du péché originel ; le livre de la Volonté de Dieu ; des Homélies au nombre de seize ; des Méditations au nombre de vingt et une ; des Oraisons ou prières au nombre de soixante-quatorze , et quatre livres de Lettres. On remarque dans ses écrits polémiques une connaissance profonde de la métaphysique et de la théologie, l’élévation des pensées et la solidité des raisonnements jointes à un style clair et précis; quant à ses ouvrages ascétiques, ils sont instructifs, édifiants, plein d’onction et d’un tendre amour pour Dieu, qui échauffe les coeurs: dans ses Méditations, il déplore avec la plus vive componction les égarements de sa jeunesse. — 21 avril.