Saint Sérène

Poursuivant ma retranscription du registre paroissial du Louroux-Béconnais, je rencontre Serené Soret. Son prénom étant toujours orthographié ainsi, je pense qu’il est disctinc de saint Céneré, et comme cela n’est pas la première fois que je rencontre ce prénom de Serene, voici mes recherches.

Comment un prénom rare arrivait-il ainsi en Anjou ? Soit Serene Soret est natif d’ailleurs, ce que je n’ai pas encore déterminé, soit, et c’est aussi probable, la proximité de l’abbaye de Pontron faisait que parfois des moines aient prêché en l’église du Louroux, et pu faire les louanges de tels ou tel saint !

    Pannonie : Province romaine située en Hongrie

Voici les saints Sérène selon l’encyclopédie Migne, Dict. hagiographique des saints, abbé Pétin.

SERENE (saint), Serenus, jardinier et martyr à Sirmich, était Grec de naissance. Ayant quitté sa patrie, il alla se fixer à Sirmich, en Pannonie, où il acheta un jardin qu’il cultivait lui-même et dont le produit suffisait à sa subsistance. Il vivait en solitaire dans sa petite propriété, sanctifiant son travail par la prière et les pratiques de la pénitence. Une persécution ayant éclaté sous les empereurs Galère et Maximin II, il se cacha, dans la crainte d’être arrêté ; mais il revint bientôt après reprendre la culture de son jardin.
Un jour qu’il était occupé à son travail, une dame, accompagnée de deux jeunes filles, y entra vers l’heure de midi, comme pour s’y promener. Sérène l’apercevant lui demanda ce qu’elle cherchait. Votre jardin m’a paru agréable, répondit-elle, et avec votre permission je vais y faire un tour de promenade. — Une femme de votre condition, madame, ne se promène pas à une telle heure. Vous devriez être actuellement chez vous, et c’est un autre motif que la promenade qui vous amène ici ; mais je ne suis pas tel que vous pensez. Sortez donc au plus vite, et soyez désormais plus attentive à garder la retenue qui convient à votre sexe.
Cette femme, irritée de cet accueil et furieuse de ce qu’elle n’avait pu satisfaire ses désirs coupables, écrivit à son mari, qui était employé dans la maison de l’empereur. Galère, pour se plaindre d’une prétendue violence que Sérène lui aurait faite. Le mari va trouver le prince et lui dit : Pendant que notre vie se consume au service de Votre Majesté, nos femmes se trouvent exposées à l’insolence d’un corrupteur. Galère lui donne un rescrit adressé au gouverneur de la Pannonie, qui enjoint de faire au mari outragé la plus ample réparation.
Celui-ci part avec l’ordre de l’empereur et se rend à Sirmich pour le remettre au gouverneur, afin qu’il lui fasse donner satisfaction de l’injure qu’il a reçue dans la personne de sa femme. Quel est, demande ce magistrat, l’insolent qui a osé attenter à la vertu d’une femme dont le mari approche de si près la personne du prince ? — C’est un misérable jardinier nommé Sérène.
Le gouverneur ayant fait venir l’inculpé, lui demanda son nom et son état ; il lui dit ensuite : Comment avez-vous l’audace d’insulter la femme d’un personnage si haut placé ? — Jamais il ne m’est arrivé d’insulter aucune femme. — Qu’on lui donne la question pour lui faire avouer le crime qu’il a voulu commettre dans son jardin. — Je me souviens qu’une dame vint, il y a quelque temps, dans mon jardin, d une heure indue, dans le dessein, disait-elle, de s’y promener, je me permis de lui représenter qu’il n’était pas décent à une personne de son sexe et de sa qualité de se promener d une pareille heure. Cette réponse ouvrit les yeux à l’officier sur la conduite de sa femme, et il se retira couvert de confusion, sans donner suite à sa plainte. Le gouverneur, voyant que Sérène avait des moeurs pures, puisque, loin de profiter de la faiblesse d’une femme qui faisait les premières avances, il lui avait au contraire fait sentir l’indécence de sa démarche, le soupçonna d’être chrétien. L’ayant donc questionné sur sa religion, Sérène répondit sans hésiter qu’il était chrétien. — Où vous êtes-vous donc caché jusqu’ici, pour avoir pu échapper à nos recherches ? — C’est la Providence qui a permis cela et qui a voulu me réserver pour ce moment-ci. Au reste, je suis prêt à tout souffrir pour la confession de Jésus-Christ. — Eh bien ! puisque vous avez voulu vous soustraire par la fuite aux édits des empereurs qui ordonnent de sacrifier aux dieux, je vous condamne à être décapité.
La sentence fut exécutée sur-le-champ, le 25 février 307. — 25 février.

SERENE (saint), reclus, né en Italie, d’une famille noble de Spolète, après avoir fait ses études, se rendit à Rome avec saint Cérenie, son frère, et ils y furent ordonnés diacres-cardinaux. Ils vinrent ensuite en France et s’établirent à Saulge, dans le diocèse du Mans. Cérène s’étant trouvé seul par le départ de son frère, qui alla se fixerdans la solitude d’Hyesme, reçut plusieurs disciples qui vinrent se placer sous sa conduite. Il refusa la dignité d’archidiacre que lui offrait l’évêque du Mans. Les miracles qu’il opéra pendant sa vie et après sa mort l’ont fait honorer comme saint. On ignore s’il survécut à son frère, qui mourut vers l’an 669. — 7 mai.

SERENE (saint), évêque de Marseille, florissait sur la fin du VIe siècle. Saint Grégoire le Grand lui avait recommandé d’une manière toute spéciale saint Augustin et les autres missionnaires qui se rendaient de Rome dans la Grande-Bretagne. Ce saint pape vivait encore lorsque Sérène entreprit le voyage de Rome, mais il mourut peu après. Sérène ne lui survécut pas longtemps, étant mort la même année, avant d’être revenu dans son diocèse. Son corps fut inhumé à Bandicérate, près de Verceil, en Piémont, où il est resté jusqu’en 1839, qu’on découvrit ses reliques qui furent rapportées à Marseille. La fête de cette translation se célèbre le 9 août.

SERENE (sainte), martyre à Tarse, est honorée le 3 juillet.

SERENE (sainte), Serena, martyre à Rome, était femme de Dioclétien, avant son élévation à l’empire. Il la répudia ensuite, mais on ignore en quelle année elle versa son sang pour Jésus-Christ. Elle est mentionnée dans les Actes de sainte Susanne, qui souffrit vers l’an 285. — 16 août.

SERENE (sainte), est honorée comme martyre à Metz, où ses reliques furent apportées de Spolète par l’évêque Thierri, qui les plaça dans l’église abbatiale de Saint-Vincent. Plus tard elles furent transférées dans l’église de Sainte-Marie de la même ville. On croit que sainte Sérène souffrit à Spolète l’an 291, sous l’empereur Dioclétien. — 30 janvier.

Un grand pélerinage disparu : monsieur Saint-Méen

Prononcez monsieur saint Main, comme on disait autrefois.

Le grand livre des pélerinages, de Philippe Olivier, n’en fait pas mention. Pas même le site de Saint Méen le Grand, qui ne cite que l’abbaye et le saint, pas le pélerinage

Pourtant, Clotilde-Y. Duvauferrier-Chapelle lui a consacré un ouvrage, paru en 1985 en 1279 exemplaires, épuisé : Saint-Méen-Le-Grand – Coeur De Bretagne Historique, Profonde, Mystérieuse – Au Pays De Montfort En Brocéliande Et Généalogie Des Princes De Bretagne – Préfaces Du Sénateur Marcel Daunay & De Yann Brekilien.
Rappelant au passage toutes les célébrités de Saint-Méen, dont Théodore Botrel, qui passait son enfance chez sa grand’mère Joubaux au Parson, elle évoque longuement la vie de saint Méen.

A propos de chant, vous pouvez d’ailleurs vous exercer sur l’air du Coeur sacré de Jésus :

De nos déserts vous fûtes la merveille,
Quand vous viviez au terrestre séjour ;
Glorieux Méen, daignez prêter l’oreille
A nos accents, à nos concerts d’amour
Refrain
Illustre Saint, vous êtes notre père ;
Auprès de Dieu, protégez vos enfants ;
Du haut du Ciel écoutez leur prière,
Soyez sensible à leur tendres accents.

  • la vie de saint Méen
  • Mais, la vie de saint Méen, comme tout personnage de son époque (il est né vers 540), est parfois entremêlée de légendes populaires. Ecoutons d’abord la vie religieuse selon le dictionnaire hagiographique des saints, de l’abbé Pétin, encyclopédit Migne :

    MÉEN (saint), Mevennius, abbé en Bretagne, était Anglais de naissance et sortait d’une famille noble et riche de la province de Gwent.
    Contemporain de saint Magloire et de saint Samson , il était, à ce que l’on croit, proche parent de l’un et de l’autre.
    Ayant quitté sa patrie pour venir dans l’Armorique, il y prêcha l’Evangile avec beaucoup de succès.
    Caduon , comte du pays, lui donna un terrain , pour bâtir un monastère, et Guérech 1er, comte de Vannes, prit cet établissement sous sa protection.

    Saint Samson, ayant fondé ensuite le monastère de Saint-Jean-Baptiste à Gaël, y établit saint Méen pour premier abbé. Celui-ci donna l’habit à saint Judicaël, roi de Domnonée, qui venait de renoncer à la couronne pour embrasser l’état monastique, vers l’an 616. Il fonda près d’Angers un autre monastère qu’il peupla de ses disciples, et qu’il allait souvent visiter pour les entretenir dans la ferveur.
    Il détermina, par ses exhortations, un nombre de personnes à se consacrer a Dieu dans la solitude.
    Saint Méen mourut vers l’an 617, dans le monastère de Gaël, qui a pris son nom. Son tombeau, illustré par beaucoup de miracles, attire un grand nombre de pèlerins. On trouve son nom dans les litanies anglaises du vii’ siècle , et sa fête est marquée comme solennelle dans les calendriers de la plupart des diocèses de Bretagne, sous le 21 juin.

    Chapelle saint-Méen, Montjean-sur-Loire, collection priviée, reproduction interdite
    Chapelle saint-Méen, Montjean-sur-Loire, collection priviée, reproduction interdite
  • Les légendes se rapportant à saint-Méen.
  • Son embarcation pour traverser la Manche serait une auge de pierre. En fait, selon Mme Duvauferrier-Chapelle, saint Méen et ses compagnons auraient traversé sur un assemlage de claies en osier recouvertes de peaux cousues ensemble. Une auge de pierre percée fixait le mât. Abandonnée sur la grève, l’embarcation pourrit, et seule l’auge resta. La légende fit le reste.

    Infatigable voyageur, saint Méen entreprit d’évangliser ll’Armorique, a Gaule, la Belgique et peut-être l’Italie, cette dernière via la Bretagne l’Anjou, la Guyenne, le Languedoc, le Lyonnais, le Dauphiné, la Savoie. Il s’abreuvait aux fontaines tout au long de ses périples, dont une partie avaient déjà des vertus thérapeutiques, mais après son passage elles devenaient miraculeuses. La liste de ces lieux tient en plusieurs pages. Naturellement la Bretagne est bien équipée, mais l’évêché de Nantes conserve Avessac, Saint-Méen-du-Cellier, près Clermont qui domine le fleuve et fut propriété de l’acteur Louis de Funès, et enfin Champoceaux possède un rocher de saint-Méen.
    En Anjou et Maine on compte : Chaudron-en-Mauges, Pontmain avec un certain Comte Méen, Ruillé-le-Gravelais où il est patron de paroisse, Saint-Hilaire-Saint-Florent àrès Saumur, où furent déposés les reliques de saint Méen durant l’invasion Normande, Thouars.
    Mais surtout Lasse dans le Baugeois, et Chateaupanne près de Montjean sur Loire. Selon François Lebrun, Les Hommes et la mort en Anjou aux 17e et 18e siècles, 1975, ces 2 fontaines miraculeuses étaient particulièrement vénérées, d’abord pour la lèpre que saint Méen était censé guérir, puis, après la disparition de ce terrible mal en France, pour une forme de gale particulièrement opiniâtre dite mal Saint-Méen. Chaque année, le 21 juin, jour de la fête de saint Méen, les malades viennent en foule pour se baigner soit à Lasse, soit à Châteaupanne.

  • Actes relevés dans les registres paroissiaux :
  • Le Louroux-Béconnais, 49 : 1600 – « Le mesme XXVIIIe d’apvril mil six cens fut inhumé au petit cimetière aulx pauvres le corps de deffunt Clément Arevys lequel est décédé en ceste paroisse acomplissant le voyage de monsieur St Main (Méen) lequel est de la paroisse de Saint Segondin comme est par l’attestation de J. Deshommes vicaire de ladite paroisse de saint Segondin fait par moy le jour et an que dessus » v°61-172
    1610 – « Le seziesme jour du mois d’aoust mil six cents dix fut inhumé le corps de defunct Guillaume Du Hay vivant demeurant et habitant de la paroisse de St Remy de Faurelles en l’évesché de Chartres lequel Du Hay mourut et décéda en ce bourg s’en retournant de son voyage de St Meen en Bretaigne le corps duquel fut inhumé au grand cymetière » v°124-172
    1613 – « Le premier jour du moys d’apvril mil six cens treze fut inhumé au petit cimetière aux pauvres le corps de deffunt Claude Garnier fils de Jehan Garnier lequel mourut en ceste paroisse allant accomplir le voyage de monsieur de Saint Main par moy » v°151-172
    1650 – « Le vingt et uniesme jour de mars mil six centz cinquante fut inhumé au cymetière des pauvres de la paroisse du Louroux Besconnais le corps de deffunct Toussaint Pignard qui décéda en faisant le voyage de St Meen par Talourd »

    Marans, 49 « Le 24.4.1662 la messe de la frairie de Ste Catherine a esté célébrée par Me J. Crannier prêtre pour le repos de l’âme de deffunct Mathurin Halligon qui est mort en faisant le voyage à Mr de St Méen »

    Montreuil-sur-Maine, 49 : Le 18.7.1612 baptême de « Jehan filz de Jehan Tiolier et d’Isabelle Daulx paroissiens de Sainct Delaunme Diocèse de Langre eux disant pelerins de Sainct Méen, parain Jehan Beaux marene Fleurense Gernigon »

    Ampoigné,53 : le 4.5.1691 baptême de Julien Blanchet fils de Jullien et de Mathurine Lefaucheux de la paroisse Notre Dame de Tillamente diocèse de Chartres, lesquels s’en retournent du voyage du Bienheureux St Méen »

    Cossé-le-Vivien, 53 : «Inhumation le 13.4.1644 de François d’Azé, pauvre mendiant, soy disant habitant autrefoys en la paroisse de Montreuil-Bellay vers la ville de Saulmur, sargetier de vacation, faisant le voyage de monseigneur de Saint Méen, décédé en la métairie de la Mouisantière à Cossé-le-Vivien » (registre paroissial de Cossé)

    Saint-Erblon, 53 « inhumation le 17.12.1662 à Saint-Erblon-sur-Araize(53) de Louys Hervé, de la paroisse Saint Laurens évesché d’Orléans suivant son certificat atteint du mal Saint Main est décédé au lieu de la Richardière demeure de René Harault faisant le voyage de St Main» (registre paroissial) –

  • Pélerinage en Bretagne vers Saint-Méen-le-Grand, ou vers les fontaines miraculeuses ?
  • Certaines sépultures dans les registres précisent que le voyage était en Bretagne. Il me paraît donc nécessaire d’en recueillir le maximum pour dresser un bilan utile.
    Par contre, je viens à l’instant de mouliner ma machine sur le mot Méen, et je m’aperçois que j’ai beaucoup de relevés dans mes relevès que ceux que j’ai mis ci-dessus. Il me faut un peu de temps pour dresser une page dédiée à tous mes propres relevés de saint Méen, dont à bientôt sur cette page où je mettrai le lien vers mon propre travail. Mais, comme vous savez où sont mes relevés, vous pouvez ici ajouter vos observations ailleurs. La liste des mes relevés est ici colone de droite.

    Gardez vos forces pour saint Jacques, je vous prépare une page sur lui.

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  • L’opération Césarienne vue sous l’angle religieux, avant la Révolution

    Nous avons vu le 12 janvier quand les prêtres devaient, ou ne devaient pas baptiser un foetus, un embryon ou un enfant. Je vous avais promis la suite, c’est à dire le point concernant l’opération Césarienne.

    Voici donc en trois paragraphes la Césarienne

      1° l’extrait du Rituel du diocèse de Nantes de 1171, en ma possession.
      2° qui avait droit de pratiquer la Césarienne
      3° cerise sur le gâteau, un extait de registre paroissial, assez hallucinant (courage, c’est pour la fin, lisez d’abord les § 1 et 2)
  • 1° L’opération Césarienne sur le plan du baptême catholique : extrait du RITUALE NANNETENSE, aliàs Rituel du Diocèse de Nantes, 1771 :
  • Quand on second objet, c’est-à-dire, à la nécessité de l’opération Césarienne, lorsque par des voies plus naturelles on ne peut extraire l’enfant du sein maternel, les maximes de notre Auteur ne sont ni moins importantes, ni moins solidement établies. Il commence par observer que cette opération peut se faire sur une femme morte, ou sur une femme vivante.

    A l’égard du premier point, il décide avec les Théologiens qui ont traité cette matière, qu’on est obligé, sous peine de péché mortel, de faire cette opération sur toute femme morte sans être déchargée du fruit qu’elle portoit dans son sein : S. Charles Boromée et le Rituel Romain y sont formels. Il faut sans doute s’assurer de la mort de la femme sur qui doit se faire l’opération ; mais il faut aussi se contenter sur ce point d’une certitude morale, comme on fait dans tous les autres cas qui intéressent le plus. Les signes par où l’on peut juger à coup sûr de la mort des personnes dont il s’agit, sont entr’autres

    1° le changement de visage : dans une mort apparente, le visage reste à peu près le même, quand elle est réelle, la couleur s’affoiblit, devient pêle, plombée et jaunâtre.

    2° la pesantaire extraordinaire du corps

    3° la roideur et l’inflexibilité des membres, à moins qu’elle ne soit convulsive

    4° la mollesse ou la flétrissure des yeux, et surtout la cessation de transparences dans la cornée, c’est-à-dire, lorsque les yeux ne sont plus comm espèce de miroir, et que ceux qui les regardent n’y voyent plus leur image. M. Louis, si célèbre par son érudition dans ces matières, adopte ce dernier signe comme infaillible et caractéristique.

    Quand tous ces signes, ou même la plupart se trouvent réunis, et qeu la personne n’a plus de mouvement, de respiration, de sensibilité, on peut prononcer hardiement qu’elle n’existe plus ; et dès lors il en faut venir tout de suite à l’opération, sans perdre un seul instant, parce que la vie de l’enfant est dans le plus grand danger, pour les raisons que l’on voit assez.

    A l’égard du second point, c’est-à-dire de l’opération Césarienne pour les femmes vivantes, M. Cangiamila en parle avant tant de nettté, de profondeur et d’érudition, qu’il ne laisse rien à désirer. On se borne ici à rapporter quelques maximes, qui ont paru contenir en substance tout ce qu’il a écrit sur cette vaste matière.

    Première maxime : L’opération Césarienne n’est pas mortelle de sa nature. Les exemples sans nombre de l’heureux succès qu’elle a eu, ne laissent aujourd’hui là-dessus aucun doute. Voyez les Mémoires de l’Académie de Chirurgie.

    Seconde maxime : Lorqu’au jugement d’un Médecin ou d’un Chirurgien, dont les lumières et la probité sont connues, l’opération Césarienne doit causer par accident à la mère une mort certaine, eu égard à son extrême foiblesse ou à quelque autre circonstance, on ne pourrait sans crime hazarder cette opération, quand même il n’y auroit pas d’autre moyen pour procurer le Baptême à l’enfant, n’étant jamais permis, selon l’Ap. de faire un mal dans la vue de procurer un bien.

    Troisième maxime. Quand l’opération Césarienne n’est pas mortelle pour la mère, et qu’elle est nécessaire par rapport à l’enfant, la mère est obligée, non seulement de la souffrir, mais encore de la demander. Cette doctrine, qu’enseigne S. Thomas, est fondée sur le précepte de l’amour que nous devons au prochain : la charité en effet, qui nous ordonne de le secourir, même à notre préjudice, dans une grande nécessité, permettroit-elle à une mère, pour éviter une douleur momentanée, d’abandonner le fruit de son sein dans le plus grand des périls ?

    L’opération Césarienne est encore à plus forte raison de droit étroit, quand est nécessaire pour conserver la vie et de la mère et de l’enfant ; ce qui arrive toutes les fois que l’accouchement naturel devient impossible par certaines circonstances qui sont connues des maîtres de l’Art, et dont la discussion ne nous appartient pas.

  • 2°Historique et chirurgiens autorisés à pratiquer la Césarienne
  • L’historique de la Césarienne atteste un histoire récente touchant nos ancêtres au 16e et 17e siècles.

    A cours des 16e et 17e siècles, la chirurgie s’organise et nous avons déjà vu la réception à la maîtrise de chirurgie, 1741
    Or, dans cette réception à la maîtrise, il est fait interdiction à tout chirurgien qui ne soit pas chirurgien d’Angers de pratiquer ce type d’opération.
    Donc, tout chirgien de campagne, lorsqu’il y en avait un dans les parages, devait alors envoyer un messager à cheval à Angers chercher un confrère d’Angers.
    Bonjour les urgences !!!
    C’est ce qui va se passer en 1705 au Loin-d’Angers pour la première épouse de Jean Fourmond mon ancêtre par la seconde épouse.

  • 3° une césarienne en 1705 au Lion-d’Angers
  • Le jour où j’ai trouvé la sépulture de la première épouse de Jean Fourmond est gravé dans ma mémoire. Un tel acte ne s’oublie pas :

    « le 8.4.1705, a eté ensépulturée en l’église du Lion-d’Angers par nous curé de cette paroisse le corps de honorable femme Anne Bonneau épouse d’honorable homme Jean Fourmond en présence dudit Fourmond et autres parents signé Fourmond, et son enfant, qu’un nommé Boucher (sic, cela ne s’inventa pas ! ) chirurgien demeurant à Angers assistant la mère cy-dessus desnommée en ses couches, qui y est morte, lui fit l’opération d’ouverture de son corps, ainsy donna la vie du corps et de l’âme dudit enfant en le baptisant, qui est mort après la mère, ce qui est véritable en foy de quoi j’ay subscrit ces présentes d’autant que j’ay assisté la mère en luy administrant les sacrements. »

    Vous avez bien lu ! Cela ne s’invente pas !
    Le chirurgien venu d’Angers, appelé in extremis par son confrère local, car il y avait un chirurgien au Lion-d’Angers, porte un nom prédestiné.
    Pourtant, il s’agit d’un grand chirurgien selon tous les ouvrages d’histoire de l’Anjou.

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    Tiphaine

    Hier j’avais découvert que le l’Epiphanie avait déserté le 6 janvier de nos ancêtres !
    Et je vous ai promis de poursuivre avec le prénom Tiphaine. En effet, ce prénom est fêté le 6 janvier, jour de l’épiphanie (enfin, quand l’épiphanie est le 6 janvier, car depuis hier il semble que je sois en train de perdre le nord !)

    Dans nos registres, au début du 17e siècle, le prénom Tiphaine semble le même qu’Epiphaine. Ainsi, Au Louroux-Béconnais :

      « Le dixiesme jour du moys de fevrier l’an mil six cens deulx fut baptizée Olivier Letourneulx filz de Jacques Letourneulx et de Georgine Montembert sa femme parrain Olivier Letourneulx marraine Tieffaine femme de Jehan Bellanger par moy »

      « Le huictiesme jour du moys de janvier mil six cens neuf fut inhumé le corps de deffunte Epifaine Gaudin veuve de deffunt Jehan Bellanger par moy »

    Le dictionnaire des saints imaginaires et facétieux, de Jacques E. Merceron, éditions du Seuil, 2002,

    Epihanie, aliàs Théophanie, Tiphaine, serait une sainte imaginaire, qui serait une corruption de la fête des Rois. D’aucun aurait même été jusqu’à dire que saint Tiphaine était mère des trois rois mages ! Les Belges pour leur part, auraient aussi créé cette sainte Epiphanie, vierge et martyre, aussi mère des trois Rois. De leur côté les Italiens, en particulier en Toscane, connaissent Beffania, ou Befana, qui correspond à la sainte franco-blege : elle venait rendre visite aux enfants le vaille des Rois et se confondait ainsi dans l’esprit du peuple avec la fête elle-même.

    Les martirologes officiels ne connaissent aucune Epiphanie, aucune Tiphaine. Il connaissent des Epiphanes (vus hier) et des Théophanes, que voici, selon le Dictionnaire hagiographique de l’abbé Pétin, encyclopédie Migne, 19e siècle :

    THEOPHANE (saint), Theophanes, confesseur en Orient, florissait dans le IVe siècle. Il est honoré chez les Grecs le 9 septembre.

    THEOPHANE (saint), martyr à Constantinople, florissait sous l’empereur Léon l’Arménien, et était même employé à la cour de ce prince. Il déploya un grand zèle pour la défense des saintes images ; ce qui lui attira de violentes persécutions, et enfin la mort, l’an 780. — 4 décembre.

    THEOPHANE (saint), abbé en Mysie, né vers le milieu du VIIIe siècle, était fils d’Isaac, gouverneur des îles de l’Archipel. Celui-ci, en mourant, nomma l’empereur Constantin Copronyme tuteur de son fils alors âgé de trois ans. Comme ce prince était le protecteur déclaré de l’hérésie des iconoclastes, la foi de son pupille aurait pu courir des dangers sans les soins d’un serviteur fidèle et dévoué, qui inspira de bonne heure à son jeune maître un vif attachement à la doctrine catholique. Lorsqu’il fut en âge de s’établir, quoiqu’il n’eût aucune inclination pour le mariage, il céda cependant aux instances qu’on lui faisait de prendre une épouse ; mais le jour même de ses noces il obtint de sa jeune compagne qu’ils vivraient comme frère et soeur, et ils s’engagèrent par voeu l’un et l’autre à garder une continence perpétuelle. Sa femme ayant embrassé peu après l’état religieux, Théophane, de sons côté, fonda en Mysie, où il avait de grands nieus, deux monastères, et il se chargea du gouvernement de l’un d’eux. Il était déja abbé lorsqu’il parut avec éclat au deuxième concile de Nicée, tenu en 787. Les Pères du concile admirèrent l’humilité et la modestie d’un homme qu’ils savaient avoir occupé à la cour un rang distingué, et ils furent pénétrés pour lui d’une profonde vénération lorsqu’ils l’entendirent parler avec autant de force que de dignité en faveur du culte des saintes images. Après la clôture du concile, Théophane retourna dans son monastère pour y continuer le cours de ses jeûnes et de ses pratiques de pénitence. Il portait toujours le cilice et couchait sur une natte, avec une pierre pour chevet : du pain bis et de l’eau faisaient toute sa nourriture. Un régime aussi austère dérangea sa santé, naturellement faible, et dès l’âge de cinquante ans il éprouva des atteintes de la pierre et d’une colique néphrétique. Léon l’Arménien étant devenu empereur en 813, renouvela, l’année suivante, la persécution des iconoclastes, et proscrivit les saintes images, dont le culte avait été rétabli par les décrets des Pères de Nicée et par les soins de l’impératrice Irène. Comme il savait que Théophane jouissait d’une haute considération parmi les orthodoxes, il mit tout en oeuvre pour le gagner, et il l’invita à venir à Constantinople. Lorsqu’il y fut arrivé, il lui fit remettre une lettre ainsi conçue : Vos dispositions pacifiques me donnent lieu de croire que vous vous êtes rendu ici dans le dessein de confirmer par votre suffrage mes sentiments sur la matière en question. Ce sera le moyen de mériter ma faveur, et d’obtenir pour vous, pour vos parents et pour votre monastère toutes les grâces qu’il est au pouvoir d’un empereur d’accorder. Si au contraire vous refusez d’entrer dans mes vues, sachez que vous encourrez mon indignation, et que vouts en sentirez tout le poids, vous et les vôtres.
    Le saint abbé lui fit cette réponse : Agé et infirme comme je suis, je n’ai gardé d’ambitionner maintenant des choses que j’ai méprisées pour Jésus-Christ il y a longtemps, lorsqu’il m’était facile d’en jouir. Quant à mon monastère et à mes amis, je remets leur sort entre les mains de Dieu. Au reste, si vous croyez m’épouvanter par vos menaces, comme on épouvante un enfant avec des verges, vous vous trompez. Je n’ai plus la force de marcher, il est vrai, et je suis accablé d’infirmités corporelles ; mais j’espère que Jésus-Christ me donnera le courage de souffrir, pour la défense de sa cause, tous les supplices qu’il vous plaira de me faire subir.
    Léon, que cette réponse déconcertait, chargea plusieurs personnages importants de faire des instances auprès du saint, afin de l’amener à son sentiment ; mais leurs démarches restèrent sans effet. Alors l’empereur, furieux, le fit renfermer dans un cachot, où il resta deux ans, privé des choses les plus nécessaires à la vie ; et malgré sa vieillesse et ses infirmités, on lui donna jusqu’à trois cents coups de fouet. Tiré de sa prison en 818, pour être énvoyé en exil, il fut conduit dans l’île de Samothrace, où il mourut au bout de dix-sept jours, le 12 mars 818. Il s’est opéré plusieurs guérisons miraculeuses par la vertu de ses reliques. Saint Théophane a composé une Chronographie, ou Abrégé d’histoire, depuis l’an 284, ou finissait George le Syncelle, jusqu’en 813. Son style est un peu négligé, ce qu’il faut attribuer à ce que ses infirmités et sa prison ne lui permirent pas de mettre la dernière main à son ouvrage. — 12 mars.

    THÉOPHANE ( saint ) , évêque de Nicée et confesseur, était frère de saint Théodore Grapt, avec lequel il fut élevé dans le monastère de Saint-Sabas en Palestine. Il accompagna son frère, qui avait été envoyé à Constantinople vers Léon l’Arménien, pour lui faire des représentations sur les maux qu’il causait à l’Eglise en protégeant les iconoclastes. L’empereur accueillit très mal cette députation, et après avoir fait battre les deux frères, il les exila dans une île du Pont-Eucin où ils eurent beaucoup à souffrir. Rendu à la liberté par Michel Le Bègue, successeur de Léon, il fut de nouveau exilé dans l’île d’Alphase, avec son frère, sous Théophile, fils de Michel. Rappelés à Constantinople deux ans après, Théophile les fit battre avec tant de violence, qu’ils faillirent tomber morts à ses pieds ; ensuite il les envoya a en prison. Quelques jours après il les fit venir, de nouveau en sa présence, et comme ils persévéraient dans leur refus de communiquer avec les iconoclastes, il leur lit graver sur le front et sur le visage douze vers où ils étaient traités de scélérats, infectés d’erreurs superstitieuses ; ensuite ils furent exilés à Apamée en Syrie, où Théodore mourut de ses souffrances. L’impératrice sainte Théodore ayant mis fin à la persécution et rétabli les saintes images, Théophane fut élu évêque de Nicée, et mourut eu 845. Les Grecs le surnomment le Poëte, à cause des hymnes qu’il avait composées en l’honneur de son frère et de divers autres saints. — 11 octobre et 27 décembre.

    THÉOPHANE ( sainte) , Theophana, impératrice, était mariée à Léon VI, dit le Philosophe, qui monta sur le trône de Constantinople en 886, à peine âgé de vingt ans. Elle eut beaucoup à souffrir de ce prince sans moeurs, qui s’était épris d’une violente passion pour une femme nommée Zoé, aussi méchante que belle. Théophane trouva dans la piété la consolation de ses peines : elle passait ses jours à prier, à faire des aumônes, et Dieu la favorisa du don des miracles. Après douze ans de mariage elle mourut en 892, et son mari, qui avait épousé Zoé, ne sut appréçier sa première femme qu’après qu’il l’eut perdue. Il fit bâtir en son honneur une église à laquelle on dormi son nom. Les Grecs célèbrent sa fête le 16 décembre.

    Pour sa part, le Dictionnaire des noms de baptême, de G. Beleze, 1863, dit que Thiphaine est le prénom Théophane.
    Je pense avec lui, que le grec qui nous a donné Théophane, est à l’origine de Thiphaine. Si Tiphaine est une sainte inexistante, l’église catholique s’était contentée de tous les Epiphane et tous les Theophane, et avait donc assimilé Thiphaine à Théophane. Ainsi, l’honneur était sauf car n »oubliez jamais qu’autrefois l’église n’autorisait pas de noms de baptême qui ne soit celui d’un saint !
    Et j’ai sur mon site la page du Rituel de Loire-Atlantique, avant la Révolution, qui donne les noms de baptême autorisés, en latin et en français.

    Voir tous les saints que j’ai publiés, soit sur mon blog, soit sur mon étude de Saint-Aubin-du-Pavoil, où le curé ne donnait les dates que par le nom d’un saint.

    Un grand merci à Josette pour sa Befana d’hier, qui rejoint pleinement cette page !

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    L’abbaye de Melleray

    Bonne année à tous, toute pleine du miel de vos découvertes, et de joies en famille !

    La légende veut que des moines venus de l’abbaye de Pontron (au Louroux-Béconnais) s’en vinrent au pays de Bretagne fonder un monastère. Arrivés au bourg de Moisdon, se dirigeant vers le midi, ils errèrent dans la forêt, passèrent la nuit sous un vieux chêne dans lequel ils découvrirent du miel sauvage… et résolurent de s’arrêter à cet endroit. (d’après les Annales de Melleray). Ceci se passait dans les années 1134 à 1142.

    abbaye de Melleray, photo Odile Halbert, 2006, reproduction interdite
    abbaye de la Melleraye, photo Odile Halbert, 2006, reproduction interdite

    Ce portail à arc brisé, en grès roussard, de l’ancienne entrée de Melleray, daté de la seconde moitié du 12e siècle, est le seul vestige de cette époque de fondation.

    L’abbaye est toujours là, et vous accueille dans son hôtellerie moderne, et sa librairie.

    Histoire et Patrimoine du Pays de Châteaubriant a publié en 2008 : Christian Bouvet, Alain Gallicé, Notre-Dame de Melleray, une abbaye cistercienne de sa fondation à aujourd’hui.
    Cet ouvrage est en vente à l’abbaye au prix de 15 euros.
    Ainsi que de multiples ouvrages, dont ceux de Ouest-France :

      sur les pas de Bernard de Clairveaux et des Cisterciens, par Julien Frizot et Thierry Perrin
      l’ordre cistercien, par Michel Niaussiat

    Liens vers d’autres monastères en France
    Liens vers toutes les abbayes cisterciennes d’Europe

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    saint Innocent, honoré le 28 juillet, et les saints Innocents, honorés le 28 décembre

    Aujourd’hui nous commémorons le massacre des saints Innocents, dont parle saint Matthieu dans son évangile.

    Or, il se trouve que j’ai rencontré le prénom Innocent en 1611 ces jours-ci. J’ai donc cherché à comprendre s’il se référait à ces enfants massacrés par Hérode, et Nominis sur son site semble le penser.
    Mais mon missel, enfin celui que j’ai reçu à ma communion il y a donc 60 ans de cela, donne bien le 28 juillet fête de saint Innocent :

    Innocent 1er, naquit à Albano et vécut au temps de saint Augustin et de saint Jérôme. Cer dernier écrivait de lui : « Gardez la foi de saint Innocent, qui siège sur la chaire apostolique et ne recevez pas une autre doctrine, si sage et si séduisante qu’elle paraisse. » Il mourut en l’an 417.

    Pour sa part, le dictionnaire hagiographique des saints, de l’abbé Pétin, encyclopédie Migne, donne pas moins de 9 saints ayant porté le prénom d’Innocent, dont le pape Innocent 1er, dont la biographie permet de comprendre pourquoi saint Jérôme parlait de lui ainsi. (voir ci-dessus).
    Parmi ces 9 personnages, je trouve que 2 d’entre eux ont un lien avec notre région, et je vous ai mis en rouge leur texte. Je me suis alors demandée si ce n’était pas plutôt l’un d’eux qu’on commémorait en donnait le prénom d’Innocent en Anjou au 17e siècle ? La question reste ouverte…

    INNOCENT (saint), Innocentius, martyr, était Athénien de naissance, et après avoir souffert diverses tortures pour la foi chrétienne, il fut décapité par ordre du président Triponce, avec saint Isaure, diacre, et plusieurs autres. — 17 juin.

    INNOCENT (saint), martyr à Sirmich avec sainte Sebastie et trente autres, est honoré le 4 juillet.

    INNOCENT (saint), sous-diacre de l’Eglise romaine et martyr pendant la persécution de l’empereur Valérien, fut décapité l’an 258, avec le pape saint Sixte II. — 6 août.

    INNOCENT (saint), soldat de la légion thébéenne, souffrit en 286 avec saint Maurice et ses compagnons. Son tombeau fut découvert au milieu du VIIe siècle sur les bords du Rhône, et son corps fut levé de terre par les évêques de Genève, d’Aoste et de Sion. Les églises de Vienne et d’Angers obtinrent de ses reliques. — 22 septembre.

    INNOCENT (saint), martyr à Gaëte, était originaire d’Afrique. — 7 mai.

    INNOCENT (saint), évêque de Tortone et confesseur, eut beaucoup à souffrir pour la foi sous l’empereur Dioclétien, et il mourut en paix sous Constantin le Grand.— 17 avril.

    INNOCENT 1er (saint), pape, né à Albano, l’an 360, fut élevé à l’âge de quarante-deux ans sur le saint-siège en après la mort d’Anastase I. Ce ne tut qu’avec peine et comme en tremblant qu’il acquiesça à son élection. En effet le gouvernement de l’Eglise présentait alors de grandes difficultés : Honorius tenait d’une main faible les rênes de l’empire d’Occident, et Alaric, à la tête d’une armée de Goths, menaçait de porter la désolation dans toute l’Italie. Innocent commença son pontificat par exhorter les fidèles a recevoir avec résignation les malheurs qui allaient fondre sur eux ; ce qui ne l’empêcha pas d’employer, pour les prévenir, tous les moyens que prescrivait la prudence. Il fit plusieurs démarches pour ménager la paix entre Alaric et Honorius, mais sans succès. Les Romains, commandés par Stilicon, beau-père de l’empereur, en vinrent aux mains avec les Goths en 403, et ces derniers furent défaits. Alaric, voulant prendre sa revanche, marcha sur Rome pour la saccager ; il l’épargna cependant, après en avoir exigé de fortes rançons ; mais sur le refus de l’empereur de lui donner le commandement de ses troupes, il vint fondre de nouveau sur cette ville, et cette fois il la livra à la fureur de ses soldats. Rien ne fut épargné que l’église de Saint-Pierre et de Saint-Paul, que le vainqueur, tout irrité qu’il était, avait ordonné de respecter comme un asile inviolable. Pendant ce pillage de la capitale du monde, qui, selon l’énergique expression de saint Jérôme, était devenue le tombeau de ses habitants, Innocent était à Ravenne avec Honorius, et après le départ des Goths, il revint à Rome, et sa présence contribua beaucoup à consoler son peuple, qui venait de supporter avec une patience admirable les plus grands désastres. Ce courage chrétien au milieu de l’adversité excita l’admiration des idolâtres, et ils se présentèrent en foule pour demander le baptême. Le saint pape profita de ces dispositions salutaires pour abolir dans Rome les restes du paganisme. Pendant que l’Italie était ravagée par les barbares, les autres parties de la chrétienté fournissaient à Innocent d’autres sujets de douleur. L’Eglise d’Espagne était troublée par un schisme qu’il fit cesser en écrivant aux évêques de cette contrée une lettre pressante pour les exhorter à la concorde et à l’observation des règles cdnoniques. L’Eglise d’Orient était encore dans un état plus triste, à cause de la persécution à laquelle était en butte saint Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople.Quand il apprit que ce saint évêque avait été déposé par la cabale de ses ennemis, il ordonna un jeûne public dans la ville de Rome, afin d’arrêter ce nouveau schisme dont l’Eglise était menacée. Il accueillit l’appel du saint patriarche, et cassa l’inique sentence portée contre lui dans le conciliabule du Chène. Il chassa de Rome les donatistes, condamna les novatiens et porta les premiers coups à l’hérésie de Pélage, qui commençait sous son pontificat à infester l’Eglise de Dieu. Les évêques recouraient de toutes parts à ses lumières dans les cas difficiles, et ses décrétales ainsi que ses lettres sont tout à la fois des monuments précieux pour la discipline, et des preuves immortelles de sa science et de sa sagesse. Il confirma les conciles de Carthage et de Milève, tenus contre les pélagiens, et mourut en défendant la grâce de Jésus-Christ en 417, à l’âge de cinquante-sept ans, et après avoir occupé quinze ans le saint-siège. — 28 juillet.

    INNOCENT (saint), innocent, évêque du Mans, né après le milieu du Ve siècle, fut baptisé et élevé par saint Victoire, l’un de ses prédécesseurs. Il succéda, vers l’an 502, à saint Principe, et continua la chaîne des saints pontifes qui avaient gouverné jusqu’alors l’église du Mans. Il fit achever la cathédrale, et y fit placer les reliques des saints martyrs Gervais et Protais. Il favorisa l’établissement d’un grand nombre de solitaires dans les vastes forêts du Maine, et prit une part active aux principaux événements religieux qui eurent lieu de son temps. Saint Innocent mourut vers l’an 542, après un épiscopat de quarante ans. — 19 juin.

    INNOCENT (saint) est honoré à Mérida, en Espagne, le 21 juin.

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