Répudiation de succession noble, Saulgé-l’Hôpital, 1603

Au début de mes recherches, j’ai eu l’immense chance de rencontrer Michel Nassiet, dont les travaux m’interpellaient d’autant que je faisais de curieuses constatations de pauvreté chez des nobles. Sa thèse et son ouvrage (hélas épuisé) Michel Nassiet Noblesse et Pauvreté, PUR, ont été et sont encore mes livres de chevet.

Grâce à vos travaux monsieur, j’ai pu oublier ce que j’avais sans doute mal compris ou mal appris au lycée autrefois, et qui m’avait laissé un incroyable cliché de riches et pauvres, dans lequel le moins qu’on puisse dire est que je mettais alors n’importe quoi.

Aujourd’hui, après plus de 15 ans de recherches hebdomadaires dans les notaires du Maine-et-Loire, des 16e et 17e siècles, qu’il me soit permis ici de vous remercier, et de vous offrir l’acte qui suit. Je vous le dédie, en guise de remerciements.

Oh, certes, il s’agit d’un acte mineur, que d’aucun jugerait bien anodin, voir inutile : une procuration. Pourtant, une procuration est parfois parlante, si elle exprime par bonheur la cause de la déchirure judiciaire.

Alors, j’entraîne aujourd’hui mes lecteurs, sur vos pas, Monsieur, à la découverte de la pauvreté, là où ils n’iraient sans doute pas la chercher. Ils sont 4 enfants puinés, nobles, face à une succession criblée de dettes, et compte tenu que les dettes dépasse leur part, qui est du tiers pour eux tous puinés, il la répudie, ce qui signifie en clair que les filles n’ont aucune chance de s’en sortir, et sont condamnées à la pauvreté.

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E36 – Voici la retranscription de l’acte : Le 25 octobre 1603 après midy, en la cour royal d’Angers en droit par devant nous François Prevost notaire personnellement estably René Prevost écuyer sieur de la Saullaye demeurant paroisse de Noyal pays de Bretagne, évêché de St Brieuc, et damoiselles Orphraise et Renée Prevost demeurantes en la paroisse de Saulgé l’Hospital enfants puisnez de deffuntz Jehan Prevost vivant écuyer sieur de Saulgé et damoiselle Françoise Amoureuse, soubmettants lesdits Pierre Orphraise et René les Prevosts confessent etc avoir fait, nommé et constitué et par ces présentes font nomment et constituent (blanc) leurs procureurs généraux et spéciaux auxquels et à chacun d’eux ils sonnent pouvoir et mandement de comparoir pour eux et leurs personnes représenter en tous lieux et par devant tous juges qu’il appartiendra en affaires et procès desdits constituants meus et à mouvoir en demandant ou déffendant en première instance ou par appel et y prendre escripts… plaider et spécialement de comparoir pour eux constituants et damoiselle Charlotte Prevost leur sœur près messieurs les lieutenants généraux ou particuliers ou gens tenant la sénéchaussée et siège présidial d’Angers … et lieux qu’il appartiendra en l’assignation qui leur a esté baillée et instance preste au présidial d’Angers à la requeste de René Prevost écuyer leur frère aîné pour accepter ou répudier la succession et hérédité desdits défunts Jean Prevost et Françoise Amoureuse leur père et mère, en tant qu’eux constituants pourroient estre fondés en ladite succession et hérédité, et déclarer pour et au nom desdits constituants et de leurdite sœur dont ils se font fort en ce regard,

qu’ils ont cognoissance des sommes de deniers deus par ladite succession tant acquittées par ledit René Prevost leur aîné qu’à acquitter, lesquelles debtes ont esté à leur prière et requeste en leurs présence arrestées par Claude Prevost écuyer sieur de Bonneseaux et Jehan Amoureuse écuyer sieur de la Fuye leurs oncles, et peuvent monter ensemble la somme de 6 200 livres qui est plus du tiers que ne vault ladite succession et hérédité,

et que iceux constituants n’ont moyen de satisfaire

et pour ceste cause et autres veulent et entendent substituer esdites succession et hérédité desdits déffunts Prevost et Amoureuse leur père et mère, et dudit Claude François Prevost leur frère et (prénom illisible) leur sœur, les répudier comme de fait par ces présentes ils ont répudié et répudient pour leur regard au profit de qu’il appartiendra faire ladite répudiation par chacun desdits procureurs près lesdits sieurs … en tous lieux et mesme sera raporté à leurdit frère aîné de disposer de ladite succession et hérédité comme il verra estre à faire … promettant par foy etc sur l’obligation etc renonçant et spécialement lesdits Orphraise et Renée Prevost ont renoncé estant aux droit vélléin … si qua mulier et autres droits en faveur des femmes lesquels nous leur avons donné à entendre …

fait et passé en la maison seigneuriale de Saulgé paroisse de Saulgé l’Hôpital présent André Delespine marchand demeurant en la paroisse de Noyant près Doué et André Aubineau notaire de la cour de Saugé l’Hôpital y demeurant tesmoins

Cet acte est accompagné d’un autre, que je mets ce jour dans un second billet, par lequel René, celui qui est parti à Noyal, va aider ses soeurs à vivre, enfin à se nourrir, car c’est tout ce qu’il peut pour elles. Je serais intéressée si les gens de Noyal connaissent le sort de ce René Prevost, par leurs commentaires et ajouts. Merci à eux.

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Pauvreté de filles nobles, Saulgé-l’Hôpital, 1603

ATTENTION, ce jour deux actes sur la même famille, mais j’avais d’abord découvert celui ci, alors que le second est le plus parlant. Lisez donc d’abord l’autre acte de ce jour.
Et, demain, l’épouvantable inventaire après décès de leurs parents, totalement hallucinant de pauvreté dans des vieux murs de maison seigneuriale disparue aujourd’hui.

Dur, dur, autrefois, lorsqu’on n’était pas l’aîné dans les familles nobles, pire, lorsqu’on était une fille… Enfin, les 2 soeurs Prévost ont évité le couvent, mais pas la misère, car la rente viagère qu’elles vont toucher de leur frère, est bien maigre pour survivre dans une maison seigneuriale.

Cette maison seigneuriale devait être bien ancienne déjà en 1603, car je n’en ai trouvé aucune trace dans Célestin Port, et dans la base de M.H. Je la suppose disparue depuis longtemps. Néanmoins, vous allez voir, à la fin de l’acte, que le notaire royal d’Angers s’est déplacé pour passer l’acte dans cette maison seigneuriale. D’ailleurs, il est à signaler, que ce notaire d’Angers porte le même patronyme PREVOST, qui laisserait supposer qu’il est proche parent, sans doute issu d’une génération précédente formant branche cadette. En effet, j’imagine que c’est pour cette raison qu’il s’est déplacé, car cela fait tout de même 25 km d’Angers ! J’en viens même à me demander si ce notaire n’a pas intercédé pour obtenir une petite rente à ces 2 filles…

Ceci me rappelle ma jeunesse. Il y a 45 ans, je travaillais dans la métallurgie à l’usine de tréfilerie des alliages d’aluminium et des alliages de magnésium, à Montreuil-Belfroy, un peu au nord d’Angers, et je me souviens avoir promené ma grand’mère maternelle, angevine d’origine, faire son pélerinage angevin. Nous nous étions arrêtées à Brain-sur-Longuenée, à la sortie du village dans une ancienne maison bourgeoise peu entretenue. Là, les demoiselles de Montergon, vivaient, ou plutôt vivotaient. La salle était encombrée de meubles de leur ancien château, devenus encombrants dans une maison, en particulier la glace m’avait impressionnée, posée contre le mur et non scellée, elle allait du sol au plafond. Comme de nombreuses filles, et ce jusqu’à la seconde guerre mondiale, elles n’avaient appris qu’à broder… et à finir dans la misère faute de dot et/ou de mari.

Noyal, Côtes-d’Armor, arrondissement de Saint-Brieuc, et à 3 km de Lamballe

Saulgé-l’Hôpital, Maine-et-Loire, canton de Thouarcé, et à 8 km de Brissac

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E36 – Voici la retranscription de l’acte : Le 25 octobre 1603 après midy, en la cour royal d’Angers en droit par devant nous François Prevost notaire personnellement estably René Prevost écuyer demeurant au lieu de la Roche Villefoux paroisse de Noyal pays de Bretagne, évêché de St Brieuc, soubmettant etc confesse avoir donné et par ces présentes donne à chacune de damoiselle Orphraise et Renée Prevost ses sœurs demeurantes à Saulgé présentes stipullantes et acceptantes la somme de 36 livres tz de pension viagère annuelle qu’il leur promet fournir et bailler ou faire fournir et bailler chacuns ans et à chacune d’elle leur vie durant seulement, sur les fruits de la terre fief appartenance et dépendance de Saulgé l’Hospital et sur la terre fief appartenance de la Saullaye paroisse de Martigné Briand, dépendant de la succession de défunts nobles personnes Jehan Prevost et Françoise Amont sa femme leur père et mère, et Claude et François Prevost leurs frères et Ysabeau Prevost leur sœur, lesquelles successions lesdites Orphraise et Renée auraient répudiées, ladite rente ou pension viagère de 36 livres tz à chacune desdites Orphraise et Renée extinguible à mesure et au mesme temps qu’elles décèderont et laquelle pension ou rente viagère ledit estably a donné et donne à sesdites sœurs pour aider à leur subvenir et entretenir pour l’amitié qu’il leur porte et pour autres causes à ce le mouvant
et a consenti ces présentes estre publiées et registrées par toutes formes …
fait en ladite maison seigneuriale de Saulgé-l’Hôpital présent Martin Delespine marchand demeurant en la paroisse de la Madelaine de Noyant près Doué, et Me André Aubineau notaire

Cliquez l’image pour l’agrandir. Cette image est la propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire. Je la mets ici à titre d’outil d’identification des signatures, car autrefois on ne changeait pas de signature.

Cet acte nous offre encore une ORPHRAISE, prénom ancien que j’ai plusieurs fois rencontré.

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Partages en 2 lots de immeubles de Noël Bazin et Béatrix Clément, Craon, 1712

Dans le descriptif des maisons et granges apparaît le terme DAIX, qui doit de rapporter à des planches :

ais : planche de bois (Lachiver, Dict. du monde rural, 1997)

Je descends d’un Noël Bazin, forgeur, et il en existe d’autres avec le même prénom à Craon, et le même métier, et malgré tous mes efforts, je n’ai pau à ce jour trouver un lien entre eux. Voici donc ce jour l’un de ceux de Craon pour lesquels je ne trouve pas encore de lien avec les miens.

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales de La Mayenne, série 3E1 – Voici la retranscription intégrale de l’acte : – Le 15 novembre 1712 (devant André Planchenault notaire à Craon) partage en 2 lots des acquets immeubles de la communauté qui a esté entre honnête personne Noël Bazin le jeune et défunte Béatrix Clément vivante sa femme, consistant en une maison sise au hault et au dehors du faubourg St Pierre de cette ville de Craon, et une grange qui est sur le pré de Machese, au dessus des moulins dudit Craon, pour être lesdits lots choisis et optés à l’enchère ou bien au sort ainsi que les parties aviseront, lesquels héritages appartiennent pour une moitié audit Bazin, et l’autre moitié à Marie, François, Pierre et Mathurin Robineau, enfants du premier mariage de ladite Clément avec François Robineau leur père, auquel partage a esté vacqué comme suit

  • Pour le 1er lot
  • est employé ladite maison sise au hault et au dehors dudit faubourg St Pierre proche celle de Pierre Rabory et y aboutant, une petite ruelle entre deux, d’autre bout à un espace qui est au devant d’icelle, et qui en dépend, qui aboutte au pavé qui conduit dudit faubourg vers l’hôpital et qui a autant de largeur que en porte celle de la maison depuis le pavé qui est au devant d’icelle, allant vers le village Saint Eutrope jusqu’à la douve dudit faubourg, laquelle maison est composée d’une salle foncée daix une cave au dessous, une chambre haulte au dessus, cheminée esdite salle et chambre, grenier au dessus, une autre petite salle entre lasusdite et l’espace cy-dessus mentionné, en laquelle il y a pareillement une cheminée, une poutre et des soliveaux pour faire un grenier, un autre petit appartement avec cheminée, entre la première salle et la maison dudit Rabory, une chambre au bour du côté de la douve, greniers dessus, le tout à murailles, et terrasses, couvert d’ardoises, un jardin clos à part qui en dépend situé sur le chemin des Naux qui conduit de la Croix rouge au bourg de St Clément par ledit Naux, joignant d’un côté celuy de Noël Bazin l’aîné, d’autre celuy de (blanc) d’un bout celuy des héritiers de défunt monsieur Hervé et d’autre bout au chemin des vaux, à la charge de celui à qui eschera ce 1er mpt de payer servir et continuer chacun an la somme de 26 livres de rente foncière à ceux à qui elle est due et arrérage de la rente de 6 livres due sur le village de Soulioche paroisse de Cossé, elle sera commune pour chacun une moitié aux 2 lots

  • 2e et dernier lot,
  • ladite grange qui est sur le pré de Marchese proche la rivière qui descend aux moulins dudit Craon, laquelle est à bois et terre couverte d’ardoises, en laquelle il y a un plancher daix, une espace de terre au bout vers le moulin contenant une corde ou environ, avec un espace au devant entre icelle et ladite rivière, droit d’exploitier et tout autres droits mentionnés au contrat de prise à rente d’icelle à la charge par celuy ou ceux à qui eschera ce lot de payer servir et continuer chacun an la somme de 100 sols de rente à la baronnie de Craon pour le fond de ladite grange et dépendance d’icelle, le tout vu visité et confronté par nous notaire cy-après nommé.
    Comme lesdites choses se poursuivent et comportent avec leurs appartenances et dépendances sans d’icelles rien en réserver, à tenir et relever des fiefs et seigneuries dont elles sont mouvantes, aux charges des cens rentes et devoir seigneuriaux et féodaux anciens et acoustumés que chacun paiera à l’avenir pour raison des choses de son lot, s’entre garantiront selon la coutume.

    Fait et passé le présent partage du consentement de toutes les parties qui sont nommé à l’intitulé des présentes et qui le seront cy-après dans ladite choisie, avec le curateur desdits Robineau, le 15 novembre 1712.

    Et voici la choisie qui suit l’acte précédent. Elle a ceci de particulier qu’ils mettent aux enchères qui tirera le premier, car il n’y a pas d’ordre à respecter comme d’habitude dans une fratrie. : Le 17 novembre 1712, par devant nous André Planchenault notaire de Craon y demeurant ont esté présents établis et soumis chacun d’honnestes personnes Noël Bazin le Jeune marchand demeurant faubourg St Pierre dudit Craon d’une part, Marie François, Pierre et Mathurin Robineau enfants et héritiers de defunt François Robineau et Béatrix Clément, espouse en 2e noces dudit Bazin, lesdits Robineau procédant sous l’autorité, scavoir lesdits Marie et Pierre d’honneste homme Jean Clément, et ledit Mathurin d’honneste homme Charles Clément marchand, leurs oncle maternels et leur curateur aux causes tous demeurant à Craon, entre lesquels a esté présentement procédé à l’option et choisie desdits présents partages après y avoir fait arrêt et y procédant, lesdits Robineau ont offert la somme de 30 sols pour la choisie, ledit Bazin à offert 60 sols, et lesdits Robineau 6 livres, sur quoy du consentement dudit Bazin, ils ont pris, choisi et opté le dernier lot où est employé ladite grange qui est sur le pré de Machese, et le 1er lot est demeuré audit Bazin, le tout aux charges obligations y mentionnées et sans préjudice de leurs autres droits
    Fait et arrêté la présente choisie de partages par lesdits établis, lesquels à ce tenir faire et accomplir s’obligent avec tous leurs biens, etc renonçant etc dont etc et de leur consentement nous les avons jugés
    Fait et passé à notre tabler présents Laurent Ganier cordonnier et René Lebacle maréchal demeurant audit Craon, témoins à ce requis et appelés, ledit François Robineau a déclaré ne savoir signer. Signé : Noël Bazin, C. Clement, J. Clement, Marie Robineau, Pierre Robineau, Mathurin Robineau, L. Ganier, R. Lebacle, A. Planchenault,

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    Inventaire de teinturier, Craon, 1687

    Ce site-blog donne le métier de teinturier à travers divers inventaires après décès :

    Angers, 1612
    Craon, 1633

    • bibliographie
      1. VINÇARD Auguste, l’

    Art du teinturier-coloriste sur laine, soie, fil et coton, suivi d’une concordance chimico-tinctoriale,

      1. Paris 1820 termes expliqués, bibliographie (n), iconographie en 1820 selon A. Vinçard (4)

    HELLOT M., l’Art de la teinture des laines et des étoffes de laine en grand et petit teint, 1750, Pissot & Herissant libraires Paris

    Secrets concernant les arts et métiers, nouvelle édition, Bruxelles, 1766, tome 2 (concerne uniquement la teinture)

    LACHIVER Marcel, « Dictionnaire du monde rural, les mots du passé« , Fayard, 1997

    atelier de teinturerie
    VINÇARD A. l’Art du teinturier-coloriste sur laine, soie, fil et coton Paris 1820

    Une famille a tenu longtemps à Craon le métier de teinturier, celles des Saiget, et bien qu’on retrouve le même métier portant le même patronyme à Laval, et à Angers, nous ne sommes parvenus à ce jour à établir le lien, car selon moi, il est plus que probable : un teinturier autrefois devait apprendre longtemps son métier, compte-tenu de la diversité des étoffes, et des colorants naturels.
    Voir ma page sur Craon.

    Voici l’un de ces inventaires Saiget, malheureusement, ils n’avaient trouvé aucun autre teinturier dans le voisinage et l’inventaires des ustenciles et vaisseaux de teinturerie n’est pas chiffré.
    D’ailleurs, cette remarque, relative à l’absence de teinturier pour venir aprécier, montre que les plus proches étaient à Laval et Angers.

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales de la Mayenne, série 3E1 – Voici la retranscription de l’acte, dvt André Planchenault Nre de Craon : Inventaire et appretiation ont été faicts des meubles et effets après le décès d’honorables personnes Jacques Saiget vivant marchand teinturier demeurant au faubourg saint-Pierre de cette ville de Craon, et Marguerite Mabille sa femme, à la requeste et présence de l’advis d’honorable homme Jean Buguet marchand potier d’estain demeurant audit faubourg saint-Pierre, curateur à la personne et biens de Joseph Saiget, fils mineur desdits Saiget et Mabille, Marguerite Saiget fille mineure usant de ses droits, Jacques, Laurent et Françoise les Saiget tous enfants desdits Saiget et Mabille, procédant sous l’autorité de Me Jacques Guilloteau avocat en cette ville leur curateur aux causes, lesquels ont convenu d’experts pour faire l’appréciation savoir au regard des meubles meublants d’honorable femme Catherine Rayer femme de Guillaume Lefrère, hoste au Cheval Blanc, et Jacquine Thibault veuve deu Jean Chesneau demeurant à l’Escu de Bretagne, le tout au faubourg Saint Pierre dudit Craon, et à l’égard de la boutique, vaisseaux et ustenciles servant à la teinture, ils ont esté inventoriés en quantité et qualité sans en avoir fait appréciation faulte d’avoir pu trouver d’experts et gens à ce connaissant à l’appréciation desquels meubles meubles a esté vacqué comme s’ensuit par devant nous André Planchenault notaire de Craon y demeurant
    Du 28 juillet 1687 après midy
    Un lit garny d’un charlit de bois de noyer et paillasse, une couette, un traverslit et 2 oreillers de plume ensoullés de couettis (coutil), une mantaut (mante qui est une couverture) double de catalogne blanche, un tour de lit de sarge sur estain (attention, il s’agit de l’estaim pour lequel j’ai fait un article), et les rideaux de sarge roze (rose) et rouge avecq du passement, le tout mi usé estime ensemble 40 L

    Item un autre lit foncé de bois avec son charlit de bois de noyer une paillasse, une couette ensouillée de couettis, un traverslit ensouillé de toile et 2 orillers ensouillez de couetiz (coutil) avec un méchand tour de lit rouge presque usé estimé ensemble 25 L

    Item une couchette garnie de son bois, paillasse, couette ensouillée de couettiz, un traverlit ensouillé de toille, et un oriller ensouillé de couetis avecq une mante jaulne et un lodier le tout presque usé estimé ensemble 10 L

    Item un tabler (table) fermant de clef avecq deux banselles (bancelles) le tout de bois de nouyer (noyer) avecq 2 bancelles sur quoy appyuye les pieds le tout mi usé estimé 6 L

    Item un petit coffre de bois de nouyer (noyer) fermant de clef contenant environ 3 boisseaux estimé 4 L

    Item un grand vieil coffre couvert de cuir enrichy de clouds (enrichi de clous) avecq un cerrure (une serrure) contenant environ 4 boisseaux estimé avec les 2 supports 3 L

    Item un petit coffre couvert de cuir ferment de clef garny de clouds avecq les 2 supports contenant environ un boisseau estimé 2 L

    Item une huge (huche) de bois de chesne (chêne) contenant environ 4 boisseaux estimée 2 L

    Item un rouet à filer avec un travoueil le tout de peu de valeur estimés 15 S

    Item 4 cheses (chaises) enfoncés de jong (il s’agit de nos chaises empaillées) presque usées estimées 10 S

    Item 3 marmites l’une contenant environ 2 seaux la segonde contenant environ 5 ou 6 escullées et la petite environ 4 escullées le tout estimé ensemble avec un méchant couvercle et une cuiller de fer 3 L (l’écuellée est le contenu d’une écuelle, servant de mesure de capacité elle vaut le plus souvent en Poitou le 1/12e d’un boisseau, selon le Dict. du Monde Rural, de Lachiver, 1997)

    Item une poisle à frire avecq un petit poislon de peu de valeur estimés ensemble 1 L 5 S

    Item une lampe et un chandelier de cuivre estimés 1 L 10 S

    Item une perre (paire) de chenets, une broche à routir (rôtir), une grisle (grille) et un petit trépied, le tout de peu de valeur estimé 1 L 10 S

    Item un fuzil (fusil) et un vouge (serpe à long manche) emmanché de bois de chesne estimés 7 L

    Item 37 livres d’étain estimé à 10 sols la livre revenant à 18 L 10 S

    Item un escabeau avecq un poix (poids) à peser estimés 5 S

    Item 12 draps de brin de 7 aulnes le couple, presque usés, estimés 12 L

    Item 2 petites nappes et 6 souilles d’orillers le tout presque de nulle valeur estimées 1 L 5 S

    Item 12 serviettes de peu de valeur estimées 2 L 10 S

    Item un métier à faire des étoffes avecq une lame le tout estimé 6 L
    Item 2 paonnes de terre à faire la laissifve (pannes à faire la lessive) avecq un treteau le tout de peu de valeur estimé 3 L

    Item les vaisseaux et ustanciles de la bouticque de tainturerie concistant en une grande chaudière d’erain (airain) contenant environ 2 pippes d’eau, une aultre chaudière d’erain contenant environ une busse, une cuve de bois servant à la teinture, la praisse à praissier les estoffes avecq les tableaux et le casble pour mettre les estoffes, 3 tours de bois pour desmeller (déméler) les estoffes sur lesdites chaudières, 3 tonneaux et une rondelle en quoy on met la teinture, une table sur laquelle on met lesdites étoffes, un boyard à porter les étoffes mouillées avecq un attifouer de fer et un chenet avecq une méchante table et une huge qui sont en la chambre où est ladite presse, et 2 crochets avecq quoy on met les estoffes dans ladite cuve, un sercle (cercle) de fer pour soutenir lesdites estoffes dans ladite cuve, un tour qui est dans une chambre haulte avecq quoy on dresse les estoffes, 2 ettoubles (ce mot m’échappe, malgré tous les ouvrages de teinturerie anciens consultés),

    Grâce à Yves Brun, 8 ans après cette publication, j’ai l’explication (cf commentaire ci-dessous), et je constate qu’autrefois, en 2010, je n’avais pas pensé à ouvrir mon Dictionnaire du Monde Rural de Michel Lachiver, car il donne bien en effet ETOUBLE, dans la Manche, le chaume qui reste en terre quand on a coupé le blé. ETEULE chaume qui reste sur place après la moisson. 

    Cependant, je ne comprends toujours pas ce que fait ce chaume dans l’inventaire du teinturier.

     

    une hache aussy servant à ladite bouticque, avec un cent et demy de carte à presser lesdites étoffes, et la moitié de laquelle bouticque dépend de le succession desdits Saiget et Mabille icelle moitié estimée à la somme de (blanc)
    et ont lesdites parties déclarer n’avoir aucuns tiltres pièces ny papiers journaux qui puissent servir
    Tous lesquels meubles mentionnés au présent inventaire sont demeurés en la maison où sont décédés lesdits Saiget et Mabille et où sont demeurant lesdits les Saiget enfants desdits Saiget et Mabille sise au faubourg Saint-Pierre dudit Craon, en laquelle a été fait le présent inventaire, desquelles meubles ladite Marguerite Saiget s’est chargée, et promis iceux représenter quand besoin sera, et calcul faute de ceux dont appréciation n’a esté faite se sont trouver monter la somme de 153 livres dont nous l’avons jugée,
    fait et arresté le présent inventaire en la maison susdite présents Jean Rocher et Jaen Thibault arquebusiers demeurant audit faubourg saint Pierre témoins à ce requis et appelés, lesdites appréciatrices et lesdits Joseph et Françoise les Saiget ont dict ne scavoir signer

    Craon
    Craon

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    Promesses verbales à Julien Cointet, natif de Neau, parti à Bourges

    Neau selon le Dictionnaire de la Mayenne, de l’abbé Angot :

    Neau : canton d’Évron, arrondissement de Laval (27 km E.N.E.) s’est appellée en 1125 Sancti Vigoris de Nael. Le tissage des toiles; qui se vendent ordinairement à Laval, est le plus grand commerce de la Paroisse. Carrière de minerai de fer , abandonnée – Tuilerie à la Tellerie, depuis longtemps disparue – Four à chaux construit en 1830 – L’église est dédiée à saint Vigor. – Il existait une école en 1564 et les écoliers sont compris au testament de René Aubry, sieur de la Touche, et de Perrine de Chastres, en 1588.

    C’est le pays natal de Julien Cointet, parti tailleur d’habits à Bourges avant 1618.
    Bourges est l’ancienne capitale du Berry, d’ailleurs ses habitants sont les Berryers, et le notaire d’Angers la dénomme Bourges-en-Berry, en 1618. C’est la patrie de Jacques Coeur, et un carrefour d’affaires.

    Cliquez sur l’image pour visiter ses 440 maisons à pans de bois.
    Il y a 275 km de Bourges à Angers de nos jours, mais autrefois on prenait la Loire, et c’est surement ce qu’a emprunté Julien Cointet. Il vient à Angers car c’est là qu’il a un plus proche parent, un cousin, qu’il va nommer son procureur dans une petite affaire, et en qui manifestement il a assez confiance pour avoir déjà traité avec lui par promesses verbales et sans la contrelettre devant notaire dégageant les responsabilités de chacun. A éviter cependant, car relativement dangereux…
    Donc, les 275 km sont une partie de son éloignement puisqu’il est né à Neau, et il faut compter 105 km d’Angers à Neau en passant par Château-Goontier et Laval. Julien Cointet est donc parti vivre à 380 km de son lieu de naissance.

    Les deux actes qui suivent sont extraits des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E7 – Voici la retranscription : Le samedy 15 décembre 1618 après midy, devant nous Pierre Roger notaire royal Angers fut présent en sa personne et duement soubmis honorable homme Julien Cointet tailleur d’habits fils de Noël Cointet et Jehanne Rocher ses père et mère comme ils vivaient demeurant en la paroisse de Neau pays du Maine près la ville d’Esvron (Neau à qql km à l’ouest d’Évron, Mayenne) héritier simple de sadite mère et soubz bénéfice d’inventaire de sondit père,
    ledit Jullien Cointet faisant ordinairement comme il a dit sa demeurance en la ville de Bourge en Bary (Bourges en Berry) estant de présent en ceste ville d’Angers pour ses affaires,
    auquel estably Me Jacques Lemestayer Sr du Pont praticien demeurant audit Angers à ce présent, cousin dudit Cointet, a représenté et mis en mains copie de certain contrat passé soubz la court de la baronnye de Esvron par devant Cristofle Adron notaire le 10 septembre 1610 contenant que ledit Cointet estably aurait vendu les choses héritaux y mentionnés à Joachim du Tremblay escuyer auquel contrat ledit Lemestayer se seroit constitué vendeur avec ledit Cointet et Gerard Bautil et obligé solidairement au garantage en vertu de coppie passée sous cette court par ledit Lemestayer le 4 de ce mois, auquel Cointet après fait lecture qui luy a esté faite par nous soussigné de ladite coppie dudit contrat, iceluy Cointet a déclaré et déclare que lors d’iceluy ledit Lemestayer serait intervenu audit contrat avec promesse verballe qu’il lui avait faite de s’abstenir de tout le contenu dudit contrat qui fut fait pour le prix et somme de 100 livres à la charge que l’acquéreur payerait ledit prux audit Bautil en l’absence dudit Cointet c’est pourquoi en suite desdites promesses verballes ledit Cointet demeure tenu et obligé de dédommager etc…

    Le samedy 15 décembre 1618 devant nous Pierre Roger notaire royal Angers furent présents establis soubzmis Julien Cointet tailleur d’habits demeurant à présent en la ville de Bourges en Bery natif de la paroisse de Neau aliàs Saint Vigor près la ville de Esvron diocèse du Maine, lequel a constituer et constitue son procureur spécial Me Jacques Lemestayer demeurant audit Angers o puissance de substituer en sa place … son nepveu et par especial … contre Michel Gaultier demeurant en la paroisse d’Andigné comme père et tuteur de Pierre Gaultier son fils aussi tailleur d’habits, au payement de la somme de 17 livres due par ledit Pierre Gaultier

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog.

    Mémoire des comptes de Louis Rollée avec sa soeur veuve Aubert, Château-Gontier, 1656

    Aujourd’hui je vous propose les comptes de Louis Rollée, manifestement curateur de son neveu René Aubert, puisqu’il gère la bourse de celle qu’il appelle sa soeur, qui est en fait sa belle-soeur, veuve de Christostome Aubert frère de sa femme.
    Il vit à Château-Gontier, elle à Morannes, puis elle fait son délogement en 1656 à Angers.
    Autrefois on ne faisait pas son déménagement, on faisait son délogement.

    DÉLOGEMENT. s.m. Action de déloger. Il faut qu’il songe à une autre maison, car le temps du délogement approche. Quand on n’a point de maison à soi, on est sujet à l’incommodité du délogement. (Dictionnaire de L’Académie française, 4th Edition, 1762)

    DÉLOGEMENT. Action de déloger, de changer de demeure.
    – SÉVIG., 369: Ces jours de loisir nous ôtent l’embarras du délogement
    – SAINT-SIMON, 119, 45: J’avance ce délogement pour ne pas séparer le raccommodement de l’archevêque de Reims de trop loin de sa disgrâce
    – J. J. ROUSS., Conf. VIII: Nous y avons demeuré paisiblement et agréablement pendant sept ans jusqu’à mon délogement pour l’ermitage (Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877)

    Pour comprendre certains termes du mémoire ci-dessous, consultez mon lexique des inventaires.

    L’acte qui suit contient un mémoire attaché, écrit de sa main en 1656 par Louis Rollée, demeurant à Château-Gontier. Ce type de documents est rare et contient de véritables morceaux de vie, les comptes détaillés, entre autres :

      les frais des avocats, et autres papiers (huissiers, etc…), or ces prix sont très rares dans les archives

      les frais de voyage, et il indique chaque fois les lieux, et même la location du cheval, etc…

      les achats de tissus divers pour faire des vêtements

      comment on réglait en argent monnaie une rente de blé ou blé seigle, au cours de la céréale l’année concernée…, autrement dit un impôt féodal indexé sur le coût de la céréale…

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E5 – Voici la retranscription de l’acte : Le 12 décembre 1656 avant midy, par devant nous François Crosnier notaire royal à Angers, furent présents establis et duement soubzmis noble homme Louis Rollée Sr de la Guerrière conseiller du roy contrôleur au grenier à sel de Château-Gontier, y demeurant, d’une part,
    et damoiselle Gaudin veuve de noble homme Crisosthome Aubert vivant Sr de la Panne sénéchal de Moranne demeurant en cette ville paroisse de la Trinité, mère et tutrice naturelle des enfants dudit défunt et d’elle, ayant renonçé à la communaulté pour sesdits enfants, répudiée sa succession d’autre part,

    lesquels procédant à l’apurement des sommes de deniers reçus par ledit Sr de la Guerrière tant en son chef comme ayant les droits de feu vénérable et discret Me François Aubert prêtre curé de Denazé que comme mari de damoiselle Jeanne Aubert,
    tous héritiers pour une moitié sous bénéfice d’inventaire dudit Aubert prêtre,
    et comme se faisant fort desdits enfants Aubert chacun pour leur moitié, au jujet de l’amortissement du contrat de constitution qui lu estoit dub sur le Sr de la Tremblay Havard montant 145 livres 8 sols de rente hypothécaire de 2 617 livres 11 sols de principal, et de celle payée par luy Sr de la Guerinière à ladite damoiselle Gaudin ou par son ordre suivant le mémoire qu’il luy en a fourny demeuré cy-attaché, (c’est le mémoire qui suit et qui est la partie très intéressante de cet acte)
    s’est trouvé qu’il a receu de noble Mathurin Richer Sr de Boiscloux en l’acquit dudit Sr Havard ledit principal montant 2 617 livres 11 sols avec 559 livres 2 sols pour les arrérages depuis le 13 juin 1649 jusqu’au jour dudit amortissement passé par de La Fousse notaire royal à La Flèche le 27 octobre 1652 admortissement dudit contrat que avoir passé ledit de La Fousse le 13 janvier 1646 sur lequel principal désuisant 700 livres deubs audit Sr de la Guerrière en la succession dudit feu Sr Aubert prêtre, pour le contenu en 2 cessions qu’il lui a faite da ladite somme sur ledit Sr Havard etc… (je vous fais grâce de deux pages sans intérêt, pour passer à la pièce joint, qui est un mémoire attaché)

  • Mémoire cy-attaché signé en 1656 de Louis Rollée, celui qui demeure à Château-Gontier
  • Mémoire pour conter avec ma sœur la sénéchale de Morannes à cause et pour raison de l’admortissement de certain contrat qui nous estoit deub par monsieur de la Tremblaye Havard conseiller à La Flèche en qualité d’héritier de défunt Me François Aubert notre frère, et des mises et débours que j’ai fait pour elle dudepuis.

    Lorsque nous sommes allés ensemble à Laval pour l’affaire des héritiers de deffunct monsieur du Lattay, je donne en sa présence à notre advocat un louis de 68 sols cy pour la moitié 34 sols

    Item lorsque madite sœur rendit compte devant le juge dudit Morannes de la vente des meubles de deffunt Me Chrisostome Aubert son époux, je donne à monsieur Perdrix lieutenant 40 sols, à monsieur de la Mothe Joubert procureur 34 sols qu’il luy redonne, à monsieur le Besson advocat 20 sols qu’il luy a rendu pareillement et au greffier 4 livres pour 2 grosses dudit compte cy pour le tout 11 livres 6 sols et pour la collation 52 sols

    Item le 29 janvier 1653 je donne à madite sœur un escy d’or vallant 116 sols pour subvenir à ses nécessités ainsi qu’elle me dit cy 8 L 16 S

    Item j’ai donné à madite sœur 12 livres pour payer monsieur de la Fontaine apothicaire pour mécidaments fournis audit défunt son mary 13 L

    Item, estant en la ville d’Angers pour compter ensemble de la succession de notre défunt frère Me François Aubert, je donne à monsieur Davy notaire qui avait passé notre transaction deux livres et 28 sols en sa présence et de son consentement pour chacun un grosse de ladite transaction cy pour la moitié 58 S

    Item j’ay payé pour elle 18 livres 16 sols pour la grosse du bail des biens de sondit défunt mary dont elle a tousjours jouy soubz ma caution cy 18 L 16 S

    Item, j’au payé pour elle la ferme de 3 années dudit bail à raison de 43 livres par an, écheues à la feste de Toussaint 1653 cy pour le tout 129 L
    Item j’ay payé à Me Michel Goussey prêtre porteur d’une cédulle sur ledit défunt Me François Aubert de la somme de 25 livres pourquoy il nous aurait fait appeler au présidial d’Angers à laquelle somme j’ay payé 100 sols pour les frais cy pour la moitié 15 L

    Item estant audit Angers le 13 mars 1653 je donne à madite soeur un livre et 70 sols qu’elle me demande cy 70 S

    Plus le 27 dudit mois de mars je luy ai fait délivrer un septier de bled prix fait à 20 livres cy 20 L

    Item le 24 mai 1653 je luy ai donné 20 livres pour payer sa servante Anne ainsi qu’elle m’a dit cy 20 L

    Item estant allé à La Flèche le 25 octobre 1652 pour recepvoir 2 617 livres de monsieur de la Tremblaye Havard ou quoy que ce soit par l’ordre dudit sieur pour le principal du contrat de constitution qu’il debvoit à notredite déffunct frère Me François Aubert, dont m’en appartient 700 livres en privé nom, ou je séjourné 2 jours et fit despese de 4 L 10 S en mon voyage, 34 S que je donne au notaire et 8 S à son clerc et 32 S pour deux journées de cheval que je pris à louage pour apporter ledit argent cy estoit 8 L 6 S qui est pour la moitié du tout lesdits frais 4 L 3 S

    Item j’ay payé au Tayeur archer en la maréchaussée de Château-Gontier pour deux commandements et une exécution fait sur les meubles dudit sieur Havard 12 livres cy pour la moitié 6 L

    Item j’ay rendu à Monsieur Branchu le jeune 10 livres qu’il avait prestées à madite sœur 10 L

    Item au moys de febvrier 1655 estant en la ville d’Angers avec madite sœur je luy ay baillé 3 louis de chacun 60 sols 9 L

    Item j’ay payé à en présence de ma sœur monsieur de Grenois eslu audit Angers porteur de sentence et exécutoire au profit de defunt Me de la Bausenière son beau-père, à son profit contre defunte damoiselle Jeanne Gamelin notre belle mère 70 livres 12 sols par composition de plus grande somme contenue audit jugement et exécutoire cy pour la moitié 35 L

    Item j’ay vendu et livré sur le monceau des fougerets au moys d’aout 1655 un septier de bled à madite sœur pour la somme de 4 L

    Item au moys d’octobre dernier 1655 je luy ay envoyé par Louis Rollée mon fils 24 livres dont j’ay son récépissé 24 L

    Item je luy ai fait fournir par monsieur de Maumusseau marchand 3,5 aulnes de camelot pour faire une casaque à mon nepveu René Aubert et pour 18 sols de fil, soie et boutons, à raison de 35 sols, cy 7 L 0 S 6 D (sous total 335 L 2 S)

    Item je luy ai fait donner par monsieur Branchu le jeune 20 livres pour faire les frais de son delogement pour aller Angers demeurer le 29 mars 1656 cy 20 L

    Item le 2 juin ma sœur m’a mandé de luy envoyer 5 aulnes de camelot de Hollande qui a cousté 6 livres l’aulne et 2 gros de soie, 2 aulnes et demie de ruban d’Angleterre à 8 sols l’aulne, une demie aulne demi quart dudit ruban à 6 sols et un quart de bougrain pour 5 sols, cy pour le tout 31 L 16 S

    Item dès le mois de décembre 1655 j’ay payé et tenu compte à Mathurin Morin fermier de la terre de Juigné en Morannes la somme de 24 livres tz savoir 15 livres pour un septier de bled seigle et cent livres pour 6 boisseaux de froment à luy deubz en qualité de fermier dudit Juigné à cause du lieu de la Bouverye dont ma sœur jouissait par bail judiciaire expédié soubz mon nom et par tolérance de Mr Musard qui luy en avait donné la jouissance l’année dernière l’autre rente escheue à l’Angevine 1655 de laquelle somme j’y l’acquit dudit Morin receu de Mr Chanteau notaire royal du 2 novembre 1656 cy 24 L

    J’ay baillé au vigneron qui fait les vignes de la Chapelle de mon nepveu René Aubert 50 sols pour encavé un tonneau 50 S

    Pour comprendre certains termes du mémoire ci-dessus, consultez mon lexique des inventaires.

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