Edouard 2° Halbert 1877-1932 passe 7 ans et demi au service de la France

Edouard 2° Halbert au service de la France

Le 12 octobre 1895, alors âgé de 18 ans depuis le 21 août, il entre comme « engagé volontaire pour 3 ans » au 65° régiment d’Infanterie. Il a devancé l’appel, probablement dans le but d’être libéré plus tôt pour entrer ensuite dans l’affaire de son père.
Cette durée de 3 ans nous semble longue, pourtant c’est exactement la même que celle imposée à tous les conscrits alors appelés à 21 ans pour le service militaire obligatoire. Cette durée est encore plus longue si on la rapporte à l’espérance de vie d’alors, qui n’est que de 48 ans, alors que de nos jours elle dépasse 75 ans.
Pourtant sa génération, comme les suivantes, vont aussi connaître 4 années de guerre en 1914. Entre-temps, Edouard, dans la réserve, effectue des périodes :

  • au 65° R.I. du 19 août au 15 septembre 1901
  • au 136° R.I. du 3 au 30 mars 1904

Le 8 août 1914, il est mobilisé, passe ensuite au 291° général d’Infanterie le 1er septembre 1915, au 12° général le 20 janvier 1916, au 20° du train des équipages le 21 décembre 1916. Mis en sursis comme expert en fourrages à Nantes du 14 septembre 1917 au 21 décembre 1917, date à laquelle son sursis est annulé et il est envoyé au 11° du train. Il est démobilisé le 10 janvier 1919, date à laquelle il se retire à Nantes, et ne sera dégagé de toutes obligations militaires que le 10 novembre 1923.

Ainsi, Edouard, qui n’a vécu que 55 ans, a passé 7 ans et demi de sa vie au service de la France, comme l’immense majorité des Français d’alors. Ill y a consacré 13,6 % de son temps de vie !

En partant en 1914, Edouard Halbert, mon grand-père paternel, laissait à la maison 5 enfants. De son côté, Edouard Guillouard, mon grand-père maternel, 3 enfants. Certes, ils ne furent pas en première ligne, mais ils furent loin de leur famille et de leurs affaires, alors gérées par leur père pourtant plus très jeune.

Mes grands pères eurent pourtant la chance de pouvoir s’offrir une photo de leurs êtres chers. Voivi les 5 enfants d’Edouard :


Edouard 2e HALBERT °Nantes 21 août 1877 †idem 24 février 1932 fils de Edouard HALBERT et Victoire MOUNIER Négociant en grains et fourrages route de Clisson x Nantes 23 septembre 1907 Magdeleine ALLARD °La Pouëze 1er février 1886 †Nantes 1960 Fille de Louis-Augustin-Pierre & Françoise Moreau
1-Marguerite HALBERT °Nantes 6.7.1908 †Gesté (49) 15 mai 1961 Dont postérité
2-Camille HALBERT °Nantes 1er décembre 1909 Dont postérité
3-Paul HALBERT °Nantes 7 mars 1911 †Nantes 24 novembre 1964 Dont postérité
 4-Georges HALBERT °Nantes 5 juin 1912 Dont postérité
5-Marie-Louise HALBERT °Nantes 1914 SA-SP

et ses amis

Reffé, l’un des 10, ne fera jamais de service militaire, pour cause de rachitisme. Longtemps dans la famille, on racontera encore que c’est lui qui a vécu le plus longtemps.

le physique d’Edouard, selon sa fiche militaire

La fiche militaire d’Edouard le donne blond, 1,64 m.
Je suis très surprise par la couleur des cheveux, d’autant que son fils Paul les a noirs et son fils Georges, mon père, les a chatains. En outre les photos, certes en noir et blanc à l’époque, ne laissent aucunement pressentir un blond. Je reste très sceptique sur cette prétendue blondeur.

 

 

Les amis d’Edouard HALBERT : le groupe des 10

Histoire d’une amitié à Nantes Saint Jacques : le groupe des 10

Cette histoire a pu être reconstituée en 2002 grâce à : Michel Halbert, fils de Paul du groupe des 10, qui avait 3 photos ; Alain Guillouard petit-fils d’Edouard du groupe des 10, qui avait le texte original et des photos – Texte et photos réunies par Odile Halbert, petite-fille d’Edouard Halbert ainsi que d’Edouard Guillouard.

Ils étaient 10 amis, tous issus du quartier Saint-Jacques de Nantes, plus ou moins parents.
Ils nous ont laissé divers témoignages de leur amitié : 4 photos solennelles, et quelques photos plus privées, qui témoignent de leurs rencontres et ballades manifestement plus fréquentes que tous les 10 ans.
Un texte rempli d’humour témoigne de ce groupe. L’auteur est manifestement l’un des 10, voire les 10 ensemble lors de la réunion de 1925. Probablement Chauvet.
Edouard Halbert, mon grand père paternel, disparaît le 1er, en 1932 : on ne le voit donc plus sur la dernière photo que l’on peut alors dater de 1935.

Nous possédons une date pour le texte : novembre 1925.
Ce texte, dont nous possédons la frappe originale de l’époque, donne des dates. Nous nous efforçons de mettre une date sur les photos. Vos suggestions seront les bienvenues !
Les 4 photos les donnent toujours à la même place. Le texte donne 1900 pour la 1ère, alors que la mémoire des descendants donne 1905 puis tous les 10 ans.
Le texte donne une photo en 1920, qui serait la 2e On obtient d’ailleurs le même résultat en ajoutant 10 ans à 1905, et en excluant 1915 pour cause de guerre, ce qui donnerait 1919 ou 1920.
La 3e pourrait être datée de 1925, date à laquelle Edouard Halbert vit encore. En effet, le texte est rédigé en 1925, et ils l’ont sans doute élaboré ensemble, si ce n’est fêté ensemble.
La 4e serait alors de 1935 ou 1940. Je vous laisse dans ce texte original :

En 1905, voici de gauche à droite, au 1er rang :
Henry Cassin
Henri Dupras, père de l’abbé
Louis Guillouard °11.5.1880 †2.10.1964
Gustave Cassin
Edouard Halbert °21.8.1877 †24.2.1932
au 2e rang :
Etienne Chauvet
René Reffé
Cormerais dit « Camelia »
Paul Halbert °18.1.1882 †18.3.1942
Edouard Guillouard °1.2.1877 †20.9.1946

En l’an de Grâce Mil neuf Cent
Une bande de joyeux drilles,
Un dimanche, fit « Tirer leurs billes »
Chez un photographe épatant.
Ils étaient dix, ni plus ni moins ;
Edouard Halbert, le marchand d’foin,
Chauvet, Reffé, les Cassin Frères
Cormerais, Dupras, Paul Halbert,
Edouard Guillouard et son frère Louis
Les voici tous,     Cadédie !


Un beau jour, l’un d’entre eux prit femme
Cette …… maladie là se gagne
Tant et si bien, qu’en un instant,
Les neuf autres en firent autant.
René Reffé, jeune pourtant,
Conjugua son amour brûlant
Avec ( oh ! le sacré grand diable ! )
Une jeune fille estimable
Qu’il « zieutait » depuis fort longtemps !
Louis Guillouard eut bientôt mérite
De leur présenter son …. Edith.
Du coup, « la Pipe » se sentant
Des ardeurs, qu’il contient à peine,
Découvre et …. croque Madeleine.

Cormerais à Marie Dupras
Un beau matin offre son bras.
Edouard, des Guillouard, l’Ainé
Bientôt convole avec ….. l’Aimée.
Henri Cassin voit jouvencelle
Et tombe amoureux d’Isabelle.
Et peu après, Chauvet Etienne
Egalement épousa la Sienne.
De joie, il accorde sa sœur
A Gustave qui fait son bonheur.
Henri Dupras, doucettement
Sans bruit, suivit le mouvement.
Enfin, Paul Halbert, le Mitron
A Marguerite offrit son nom.
Et c’est ainsi que chacun d’eux
Devint beau-frère, oncle ou neveu
Du cousin ? ? ! ! Y’a d’quoi dev’nir fou
Vous n’y comprendrez rien du tout !

———–

Ici, recueillons-nous un peu
Un instant, pour remercier Dieu
D’avoir traversé la tempête
En conservant tous notre tête.

———–

Vingt ans après, nos bons gaillards
Derechef et bien posément
Ensemble retournèrent dare-dare
Chez le photographe épatant.
………………………………..
………………………………..
Alors on fut bien surpris
Comparant les photographies,
De constater, Oh ! cruel sort,
Combien de vieillir on a tort !
Chauvet n’a plus l’air d’un potache
Qui sort du Lycée à l’instant ;
Son double menton, ses moustaches,
Lui donnent un aspect conquérant.

René Reffé, ( ça c’est curieux )
A toujours le même air sérieux,
Et porte très allègrement
La différence des vingt ans.
Joseph Cormerais a … durci
Ce qui l’a tant soit vieilli
Mais a conservé malgré tout
Moustache de chat, dent de loup.
Le Gustave des ébats joyeux
Est devenu mari parfait
S’il a perdu quelques cheveux
Il a conservé ….. son toupet.
Et Paul Halbert, le jeune imberbe,
Maintenant a mine superbe
Elle le sait bien et faut voir comme
Marguerite le trouve bel homme !
Edouard Guillouard, après la guerre
Son joli « bouc » a conservé.
En le voyant le caresser,
On croit voir revivre son Père.
« La Pipe » Bien dodu, bien rond
A toujours son p’tit air frippon
On en fait la preuve sans peine :
Voyez-le regarder Mad’leine !
En contemplant Henri Dupras
On trouve qu’il ne change pas
Même il n’a pas fait ablation
De sa barbiche…. Napoléon.
Louis Guillouard a fait son chemin
Et sa Barbe de Capucin
Sied et complète à merveille
Le « port » d’un gros industriel.
Henri Cassin, Oh ! se déplume
Au menton de barbe n’a plus
Ça fait une face de Lune
Et bonne mine, doux Jésus ! ….

Quoiqu’il en soit, l’ensemble est bon.
Ils n’ont pas l’air de vieux barbons,
Mais plutôt de gens raisonnables
Pondérés, tenant bien à table
Et surtout, sans forfanterie
A garder leur camaraderie.
………………………………..
………………………………..
Vingt ans se sont écoulés !
Ces jeunes, devenus « Aînés »
Papas, Tontons, même Beau-Père !
Peuvent regarder en arrière.
A la France, spectable charmant,
Ils offrent trente-quatre enfants :
Quatorze garçons et vingt filles
Et leur dix épouses gentilles.
Ces braves refusant de vieillir
Théodule va les rajeunir !

8 Novembre 1925

Nous datons cette dernière photo de 1935. Ils sont 10 mais sans Edouard Halbert, parti le premier en 1932.

Noces d’Edouard HALBERT et Madeleine ALLARD : fêtes à bord du train du Petit-Anjou, 1907

les noces d’Edouard 2° Halbert et Madeleine Allard

Avec le poême humoristique d’Etienne Chauvet Fils, 1907

Le 24  novembre 1907 eurent lieu à La Pouëze (Maine-et-Loire), les festivités du mariage de Madeleine Allard, fille du pays, avec Edouard 2° Halbert, marchand de grains et fourrages route de Clisson à Nantes.

Quelques années auparavant, sa sœur, Marguerite Allard, avait épousé Paul Martinetty, droguiste à Nantes.

Les parents Allard quittèrent ensuite La Pouëze pour se rapprocher de leurs 2 filles, et firent contruite à Nantes la maison de la rue Saint-Jacques.

Pour le mariage à La Pouëze, la bande d’amis d’Edouard Halbert, ainsi que Paul Martinetty et sa femme, firent en train trois virées mémorables : le mariage, le retour de noce, et le gueuleton à la Chebuette, payé par les indemnités de la panne de train durant un retour de noce.

La bande, loin de s’ennuyer, créa alors l’Orphéon de Bouzy-les-Melons.

Un orphéon est une société dont les membres pratiquent le chant, sans accompagnement d’instruments.

Le train, dit « du Petit-Anjou » passait à Saint Sébastien, à la gare du Petit Anjou, actuellement lieu d’exposition municipal, puis continuait au sud de la Loire.

Etienne Chauvet Fils (E.C.F.), l’un des participants, nous a laissé un joyeux poême. Un siècle est passé, et il est difficile de décripter totalement ce poême plein d’humour, dont voici quelques clés  :

  1. Pont-Rousseau : y habitent les REFFÉ et les GARCON
  2. La Pouèze : y habitent les parents ALLARD
  3. Vern : y habitent des collatéreux des ALLARD
  4. Chazé : y habitent des collatéreux des ALLARD
  5. Le directeur : Etienne CHAUVET  père, boulanger
  6. Héliotrope : Lucie MOUNIER, épouse COGNARD, tante maternelle du marié
  7. Pétillante Adèle : Marie GARCON mère
  8. Rigolo l’exentrique : Gustave CASSIN
  9. Vive St Sébastien : Edouard GUILLOUARD, ami du marié, rue St Jacques
  10. Son Frère : Charles GUILLOUARD, ami du marié
  11. Joseph : Joseph GARCON, épicier à Pont Rousseau
  12. Famille du Tuffeau : René REFFÉ, marchand de matériaux à Pont-Rousseau en Rezé, et sa femme Marie
  13. Chef d’orchestre : MARTNETTY, droguiste à Nantes, beau-frère de la mariée
  14. Le Grand Auguste : Auguste MOREAU de Montjean, vigneron, ex-clerc de notaire à Paris, oncle de la mariée

L’Orphéon de Bouzy-les-Melons

poême humoristique d’Etienne Chauvet Fils, 1907

Quel est donc ce bruit ce matin dans la plaine ?
Depuis Saint-Sébastien jusqu’à Basse-Goulaine
On entend des cris, des rires, des chansons,
C’est une cacophonie de voix sur tous les tons.
C’est une réunion où la gaieté frétille :
Habitants de Pont-Rousseau, d’autres de la ville
Se trouvèrent à la Pouèze et à cette occasion
Fondèrent l’Orphéon de Bouzy-les-Melons.
Dès les premiers jours les affaires furent dures,
L’ Orphéon tomba presque en déconfiture :
Grâce à Monsieur Allard et son succès complet
L’Orphéon évita la danse devant le buffet.
Il se composait pourtant de grands artistes ;
Inutile maintenant de vous donner la liste ;
Ils se firent connaître, le temps changea les choses
Maintenant L’ Orphéon voit son apothéose,
Les bis, les rappels il ne les compte plus ;
Les croix, les diplômes sont maintenant superflus ;
La Pouèze, Vern, Chazé toutes des médailles d’or
Ainsi que la Chebuette sont au tableau d’honneur.
On lui offre vin blanc banquets et tout le reste
Et même une subvention de la Compagnie de L’Ouest.
Alors l’Orphéon après toutes ses victoires
Ne veut pas malgré ça s’arrêter dans la gloire ;
Il fonde un cirque, un music-hall enfin
Et sa troupe se compose d’artiste des plus fins.
D’abord le directeur, un homme recommandable
Très bien en boulanger fut encore mieux à table,
De méchantes langues disent que sa grosse bedaine
S’engraissa à mettre du coton dans la laine.
Dans sa tâche accablante l’aident de tout leur zèle
La splendide Héliotrope, la pétillante Adèle.
Puis vint le jeune premier, Rigolo l’excentrique
Elève du directeur, tout à fait comique
Fait le clown, le lutteur, le chanteur;
Il refait même les poches des clients.
Après lui arrive celui qui en impose,
Il se fait reconnaître car il dit peu de chose,
Sa devise à lui est « Chanter peu mais chanter bien » :
Son succès est connu c’est « Vive Saint-Sébastien ».
Il a son frère aussi dont la voix si pure
Se volatilisa en tombant de voiture.
Joseph la voix basse chantante, l’homme à la face pâle,
Quand il chante tout se tait tout vibre dans la salle.
A son métier d’artiste il y joint son épicerie.
Pur des pruneaux d’Agen vend des Californie
Le succès de la trompe, la famille du Tuffeau
Lui a répertoire gai et en tous points très beau.
Et sa charmante épouse la divette sans pareil
Se surpasse dans Carmen ainsi que dans Mireille.         
Puis le Chef d’orchestre qui fonda l’Orphéon,
Traducteur de Bouzy, le chanteur des melons.
Avec sa voix superbe dont l’a doué la nature,
A ses moments perdus il s’occupe de peinture
De brosses, verres à vitres mastic, ripolin
Et par son oriflamme inonde le genre humain.
Dans l’énumération j’aurais été injuste
Si j’avais oublié le Grand Auguste,
Grand vigneron, lutteur, comique de gala.
Son plus joli morceau c’est « La Can… à Canada ».
Du cirque fait parti votre humble serviteur.
Au patron celui-ci réclame ses droits d’auteur ;
Tout petit faire des vers c’était sa maladie ;
Maintenant qu’il est grand c’est sa douce manie.
Plusieurs autres Messieurs font parti du cirque.
Quelques uns disent rien et ne font que critique.
Quand à toutes les dames que l’Orphéon s’en vante,
Sans en oublier une elles sont toutes charmantes.

La route de Clisson en 1818, selon le recensement.

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Le recensement précédent date de 1814 et est sur mon blog. L’écart entre ces 2 recensements est exceptionnellement réduit.

La route de Clisson commence à l’actuelle rue de la Ripossière. En 1814 elle comptait 12 logements, dont 5 moulins à farine, et avait attiré de loin : ainsi Brest, Le Calvados.

Ce recensement de 1818 est très intéressant car il donne aussi le montant du loyer, et les loyers semblent élevés. Il y a un nouvel investisseur propriétaire, Bonnissant, qui est le 12ème enfant de 16 [rassurez-vous, ils n’ont pas tous atteint l’âge adulte, car entassés dans une pièce à Chantenay, ils mouraient vite] d’une famille de charpentiers de navire à Chantenay, venue de la Manche, que vous avez sur mon site car je l’ai longuement étudiée. Ce Mathurin Bonnissant a commencé sa carrière dans la marine comme COMMIS AUX VIVRES, métier qui existe encore de nos jours, toujours sous la même appellation et la même fonction : fournir aux marins les vivres.

Il a manifestement exercé un métier parallèle car il a économisé de quoi investir, et le fait qu’il investisse route de Clisson illustre l’attrait qu’elle a dû avoir pour investir, compte tenu de son statut campagnard de l’époque, c’est à dire tout à fait différent de la ville. Son acquêt marque la fin prochaine des meuniers propriétaires à la Croix des Herses, que je vous raconte dans mes prochains billets.

Enfin, vous remarquerez que la tenue [terre noble autrement dit fief, relevant d’un autre fief] est dénommée terre rouge et non Clos Torreau.

Je n’ai pu vous présenter en tableau mais voici comment se lit ce qui suit :

Salliot propriétaire 2 p basses, écurie, chambre et grenier, tenue dite terre rouge derrière description du logement Bahuaud J. née Bretonnière habitant jardinière profession de l’habitant Nantes lieu de naissance de l’habitant 50 son âge 300 loyer en francs Ve état matrimonial, 4 fils, 2 filles enfants habitants dans ce logement

Jounneaud Charles logement de ferme Jounneau Charles laboureur Nantes 40 50 M, 1 fils

Monnier François maison entière Boudeaud Louis débit de vin Bazoges, depuis 4 ans à Nantes 50 300 M

Pasquereau 2 rez, 1 1er, jardin Guillot Madeleine Vve Gallard tisserand Langeron, depuis 40 ans à Nantes 55 40 Vve, 2 fils, 2 filles

Lourmaud logement Tendron François cultivateur Orvault, depuis 20 ans à Nantes 54 40 M, 1 fille

Allard moulin, maison basse 3 p Allard Laurent farinier Nantes 30 200 M

Allard moulin, maison Allard Laurent meunier Nantes 57 200 Vf, 1 fils, 1 fille

Lutz moulin, maison Bigot Silvestre meunier Nantes 70 200 M, 4 fils, 3 filles

Lutz moulin, maison Poislane Julien meunier La Boissière, depuis 50 ans à Nantes 68 200 M 2 fils, 1 fille

Bonissant moulin, maison Poisneau Jean meunier St Julien, depuis 22 ans à Nantes 39 200 M, 2 fils, 2 filles

Bonissant moulin, maison 3 p Maisdon Jean meunier Vertou, depuis 30 ans à Nantes 200 M, 1 fils, 2 filles

Aubin Vve Le Lion d’Or, maison entière Perrochaud débit de vin Nantes 41 96 M, 1 fils, 2 filles

Renaud maçon Le lion d’Or, maison, écurie, hangar, cour Sorin Vve débit de vin Nantes 44 150 Vve

La route de Clisson en 1814, selon le recensement.

Elle commence à l’actuelle rue de la Ripossière, ne compte que 12 logements, dont 5 moulins à farine. Elle attire déjà de loin, ainsi Brest, Le Calvados.

Mon premier ancêtre apparu dans le quartier est Jean Grelet, maçon venu des Lucs (85) locataire rue Caton (aliàs rue Dos  d’Âne) en 1814. Demain je vous compte mon premier ancêtre route de Clisson, car il arrive.

Saliot 2 rez,2 1er, tenue Pacreau Pierre jardinier Nantes
Gaudin H. 2 rez,2 1er, jardin Gaudin François tisserand Brest
Champalloyne 2 rz, jardin Tillot Julien laboureur Rezé
Pasquereau 2 rez, 1 1er, jardin Galard Jacques tisserand Maine et Loire
Alard 3 rez, moulin Alard Laurent farinier Nantes
Bigot 2 rez, moulin Bigot Sylvestre farinier Nantes
Poilâne 2 rez, moulin Poilâne Julien farinier Calvados
Maisdon 3 rez, moulin Maisdon Jean farinier Vertou
Poisneau 2 rez, moulin Poineau Jean farinier Chapelle Basse Mer
Renaud Pierre ? 2 rez, écurie, 3 1er, hangar
Cotrel métairie Briand Julien laboureur Fay
Saupin 2 rez Cormerais Sébastien poitier ? St Sébastien

Histoire de la maison dite l’Ouchette, face au cimetière Saint Jacques, aujourd’hui boulevard Joliot Curie

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Il y quelques jours je vous mettais l’histoire d’une maison face au cimetière Saint Jacques, l’ex n°174 route de Clisson, aujourd’hui boulevard Joliot Curie.

La voici en 1914 (aujourd’hui touche Atlantic Gaz) :

Voici maintenant l’histoire de la maison voisine. Elle est ici acquise par adjudication en 1886, par suite du décès d’une pensionnaire de l’hospice Saint Jacques la demoiselle Thomas. L’adjudication comportant 6 lots, et elle est donc très longue. Je vous mets ce qui concerne cette maison route de Clisson et qui est le lot n°2, le reste ne concerne pas le quartier Saint Jacques.

Et après demain, je vous explique comment j’ai trouvé ces actes aux Archives Déparementales dans la série Q des hypothèques.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales de Loire-Atlantique, 2Q9023 – Voici sa retranscription :

« Le 16 juin 1886[1], en l’étude de Me Dabin Paul-Emile, notaire commis, sis au Pé de Vignard, commune du Pallet, canton de Vallet, ont comparu Me Augustin Delalande, avoué, demeurant à Nantes, 6 place du Bouffay, lequel a déposé audit Dabin notaire le cahier des charges sur lequel devront être ouvertes les enchères pour la vente de divers immeubles situés en les communes de Nantes, Vallet et La Chapelle-Heulin, dependant de la succession de demoiselle Jeanne Thomas décédée à l’hospice Saint-Jacques à Nantes le 6 février 1886. Ce cahier des charges dressé par Me Dabin notaire soussigné, en conséquence d’un jugement rendu par le tribunal civil de Nantes le 27 mai 1886 … entre 1/ Auguste-Marie Vezin, marinier demeurant à la Chebuette à St Julien de Concelles, 2/ Jeanne Fanny Vezin veuve de Léon-Constant Robin, épicière à St Julien de Concelles, 3/ Françoise Heurtin veuve de René-Charles Ripoche, propriétaire demeurant au Cartron à Gorges, demandeurs, procédant sous la constitution d’Augustin Delalande avoué, et François Luzet, propriétaire à Nantes (f°3) actuellement à Boire-Courant à St Julien de Concelles, défendeur, procédant sous la constitution d’Albert Reneaume avoué, et encore, Victor Boquien, administrateur des Hospices Civils de Nantes en qualité de mandataire ad litem du sieur Julien Vezin interdit retenu à l’hospice général de St Jacques à Nantes, nommé par jugement du tribunal …, procédant sous la constitution d’Augustin Delalande avoué. Le tribunal a ordonné la vente des immeubles dépendant de la succession de Jeanne Françoise Thomas.  1er lot : maison rue de la Blèterie à Nantes … 5 000 F – 2ème lot : la maison dite l’Ouchette[2], située 4ème canton de Nantes, route de Clisson, composée de 3 pièces, d’une chambre au dessus de celle du milieu, grenier au dessus de cette chambre, derrière la maison une cour avec petits batiments de servitude tels que serre-bois, serre-four, latrines et puits ; à la suite un jardin renfermé de murs garnis d’espaliers. Le tout contenant 900 m2 environ, joignant au nord la route de Clisson et pourtant le n°172. Appartenait à Melle Thomas pour l’avoir reçue devant Me Lambert notaire à Nantes le 23 avil 1850 de la succession de Michel Thomas marchand grainetier et Jeanne Heurtin sa veuve, père et mère desdits Thomas. Mr Thomas père avait acquit ledit immeuble devant Me de Bussy[3] notaire à Nantes le 15 novembre 1826 de M. Charles Janneau, laboureur, et Marie Aubin sa femme, demeurant au village du Douet à Saint-Sébastien moyennant 2 600 F. Mise à prix 4 000 F – 3ème lot : à Vallet, la borderie de la Minardière … 4 000 F – 4ème lot : à La Chapelle-Heulin la métairie e la Bertinière … 7 000 F – 5ème lot : à la Chapelle-Heulin le bois taillis de l’Enfer … Les adjudicataires auront la propriété des immeubles vendus à compter du jour de l’adjudication soit pour eux-mêmes soit pour la perception des fermages … La propriété de l’Ouchette est louée à mesdemoiselles Bourgine et Eugénie Peccot pour 3, 6 ou 9 années à compter du 24 décembre 1882 moyennant le prix annuel de 250 F payable par semestre le 24 juin et le 24 décembre de chaque année, suivant bail reçu par Me Frangeul notaire à Nantes le 2 mars 1883, le bail cesse à partir du 24 juin 1886 … Les adjudicataires prendront les immeubles adjugés dans l’état où ils se trouveront lors de l’entrée en jouissance … Les adjudicataires entretiendront pour le temps qui reste encore à courir les baux et locaitons ci-dessus … Les adjudicataires devront payer en sus de leur prix d’adjudication et dans la huitaine du jour où elle aura été prononcée les frais de poursuite aux avoués … et en sus les honoraires de Me Dabin notaire … Les prix principaux d’adjudications seront payables à l’expiration de 4 mois du jour de l’adjudication … en l’étude de Me Dabin en bonnes espèces d’or ou d’argent ou en billets de la Banque de France ayant cours … Enchères : … 2ème lot : mis en vente sur la mise à prix de 4 000 F. Un premier feu a été allumé pendant sa durée une seule enchère a été portée par Mr Monnier Jacques, propriétaie, demeurant à Nantes, rue Saint Jacques, n°174, qui a élevé le prix à 4 134,9 F (f°25) deux autres feux successivement allumés s’étant éteints sans nouvelle enchère, Mr Monnier Jacques a été déclaré adjudicataire du 2ème lot … Récapitulatif des sommes payées compte tenu des frais et charges :

[1] AD44-2Q9805 adjudication Dabin-Thomas au Pallet

[2]  OUCHE s. f. Terrain voisin de la maison et planté d’arbres fruitiers. Dictionnaire de la langue française (Littré). Tome 3 [ 1873 ]

[3] acte transcrit au bureau des hypothèques de Nantes le 25 novembre 1826 Vol. 127 n°31 et inscription d’office le même jour Vol. 78 n°240. Cette inscription a été radiée.

Normalement, par la suite, cette maison de l’Ouchette serait n°172 route de Clisson, mais manifestement modifiée, car la description ci-dessus ne ressemble pas à ce qui existe de nos jours. Qu’en pensez vous ?