Contrat de mariage de Guillaume Guillouard et Renée Veron, Champsecret 1740

Il est frère de mon ancêtre François Guillouard qui épousera Marie Bernier. Les contrats de mariages dans la même fratrie donnent une bonne indication du niveau social, ici très modeste, et on ne sait pas signer. On a tout de même des draps et des serviettes, et surtout une vache.
Et pour la dot de la future, qui comme vous le savez maintenant, est payée sur plusieurs années, ici il faudra attendre 10 ans, si toutefois tout se passe bien.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales de l’Orne, AD61-4E132/63 – vues 142-143/354 – notariat de Champsecret – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 18 septembre 1740 au lieu de Laistre Chauvière pardevant nous notaire royal soubsigné à Chancegray pour parvenir au mariage qui au plaisir de Dieu sera fait et accomply en face de notre mère sainte église catholique apostolique et romaine les cérémonies duement observées par entre Guillaume Guillouard fils Guillaume et defunte Marie Germain ses père et mère d’une part, et par entre Renée Veron fille de Charles Veron et de Marie Helix ses père et mère tous de la paroisse de Chansecray d’autre part, pourvu que ledit mariage soit fait et accomply comme dit est a esté présent ledit Charles Veron père de la dite fille lequel pour toutes et telle part et légitime portion que ladite fille pouroit espérer ès successions de ses dits père et mère a promis payer audit futur à marier savoir est la somme de 100 livres laquelle somme de 100 livres est à payer par termes comme il ensuit scavoir au jour précédent leurs épouzailles la somme de 10 livres ainsy continuer d’an en an à pareil jour et termes jusqu’à parfait payement de ladite somme de 100 livres, laquelle somme ledit futur a consignée et remplacée sur tous et chacuns ses biens meubles et héritages pour tenir le nom coste et ligne de ladite fille estre réputé son redot et patrimoine, lequel Veron père a promis bailler et livrer auxdits futurs à marier le jour précédent de leurs épouzailles un lit garny d’une couette, un traversier et 2 oreillers, une couverture de serge sur fil, avecque demy tour de lit de toile ourdie de brin et tissue d’étoupe avecque un coffre tel qui les en ladite maison (sic, et je crois comprendre « un coffre tel qu’il est en ladite maison ») avecque une douzaine de chaque sorte de linge comme draps serviettes et autres sortes de linge à proportion avecque 6 petits plats ronds et 6 assiettes d’étain commun avecque une vache et un habit selon la condition des parties, et outre a promis ledit Veron un cappot à livrer audit jour précédent de leurs épouzailles, lequel futur (je comprends qu’il manque le pluriel) à marier se sont promis la foy de mariage et s’épouser toutes fois et quante à la première réquisition de l’un à l’autre, aux charges des douaires et droits respectifs acquis à gens mariés suivant la coutume de cette province, lesquels douaire (sic pour l’absence de s pluriel) auront lieu et leurs seront acquiter du jour de la dissolution dudit mariage sans qu’il soit besoin en faire aucune demandes judiciaires le cas offrant, ainsy d’accord fait après lecture faites aux présence de Guillaume Guillouard père dudit futur et Jean Guillouard oncle dudit futur, et Thomas Fourray, Robert et Jacques Chauvière, René Veron et Thomas Cousin, Jacques Hélix, Marin Baloche et autres tous parents et amis de ladite paroisse de Chansegray et de La Sauvagère témoins

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog.

Contrat de mariage d’Anne Chenais et Laurent Duchenay, Beauchêne (Orne) 1717

Vous savez maintenant que les dots dans l’Orne étaient payées sur plusiieurs années, parfois tard, mais le contrat de mariage donnait le plus souvent sur 5 ans ou envirion. Ici, la somme de serait soldée que 11 ans après le mariage, à condition que les paiements soient effectivement faits, car nous avons vu qu’ils étaient souvent longtemps différés.
Normalement parmi les témoins il y a les proches parents et amis, et ici il y a 2 nobles. Je suppose donc que les futurs sont domestiques, ce qui permet d’expliquer la présence de ces nobles. Sinon, les Chenais, nombreux à Beauchesne, et dont je descends, étaient tous cloutiers en famille, l’atelier de clouterie pouvant regrouper beaucoup de membres de la famille élargie.

    Voir mes CHENAIS
    Voir mes GIGAN
    Voir mes AUMONT
    Voir mes DUCHESNAY
    Voir mes DUMAINE

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales de l’Orne, AD61-4E80/564 – vues 100-101/203 – notariat de St-Cornier-des-Landes – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 30 juin 1717 au lieu du Bechet de Beauchesne viron midy devant, pour parvenir au mariage proposé qui au plaisir de Dieu sera parfait et accompli en face de notre mère la sainte église catholique et apostolique et romaine par entre Laurent Duchenay fils de Pierres et de Thomasse Aumont ses père et mère de la paroisse de Beauchesne d’une part
et Anne Chenays fille de Julien et de Marie Gigan ses père et mère de ladite paroisse à ce fut présent ledit Julien Chenays lequel pour partager sa fille de toute et telle part qu’elle pouvoit espérer de la succession tant mobilèe que héréditère de ses dits père et mère et s’est obligé de 160 livres avecq un lit garny d’une coitte un traversier et oreiller garny de plume, d’une catalogne valant 10 livres, courtine et rideaux de toile, un habit de ralt et une jupe de dessous de de frocq, un grand coffre de bois de chesne fermant à clef tels qu’il a été montré qui est dedans la maison qui est celuy de la mère, et à l’égard du linge tant draps que serviettes et une coiffe et mouchoirs et chemises à la volonté de la mère de ladite fille, une vache et une paille d’erain du cour de 4 livres ou cents sols et 6 livres d’étain commun, tous lesquels meubles seront livrés dedans le jour des espousailles ou dedans l’an, et pour ladite somme de 160 livres sera payée savoir du jour des espousailles en un an 15 livres et ainsy d’an en an pareille somme jusques à fin de paiement, de laquelle somme de 160 livres il en a esté dès à présent remplacé par ledit Pierre Duchesnay et son fils en tant ce qui lui pourra echoir par son lot partagé la somme de 150 livres pour tenir nom et ligne de ladite fille et le surplus demeurant en don mobile non sujet antubsion ? et ont ledit Pierre Duchesnay et ledit son fils gagé dot douères à ladite fille lequel douères commencera du jour du décès dudit futur espoux, à ce moyen et ces termes lesdites partyes se sont donné la foy de mariage et promis s’espouser à la première réquisition l’un de l’autre les solemnités de l’église duemet observées et faires, en présence de discrère personne Me Jullien Dupont prêtre curé de ladite paroisse, Me Jullien Gigan prêtre, Louis Anthoine de Bonnechose escuier sieur de Prenont Anthoine de la Rocques escuier sieur de Laingris, François Garnier, Pierres et Julien Duchesnay frère dudit Futur, Pierre Aumont, Jean et Pierre Duchesnay frères fils de Jean, Julien et Jean Aumont frères et fils Julien Aumont fils Pierre (sic), Pierre et Guillaume Robinne père et fils, Julien Chesnays fils Charles, Gilles Malherbe, Jean Chenays .. et Denis Bidard Julien Gigan fils Jacques, et Julien Surville tous parents et amis desdits futurs des paroisses de Beauchesne et Chaux témoins

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog.

Scellés après décès de Jacques Doisseau sieur de Poulancre aux forges de la Hardouinaye, 1674

ATTENTION
Cette acte et sa retranscription sont le fait de Maurice OREAL,
qu’il en soit remercié vivement, au nom de tous.
Cet acte est aux Archives Départementales du Morbihan,
AD56 B 4088 Sénéchaussée royale de Ploërmel
Voici la retranscription de Maurice Oreal (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

François BERTHELOT, commis au greffe de la cour et siège royal de Ploërmel, certiffye que ce jour de mardy vingt troisiesme d’octobre mil six cent soixante quatorze, je me suis transporté dudit Ploërmel jusque à la (maison) des forges de la Hardouinaye appellée « La Chaussée », ce, à requeste de Monsieur le procureur du roy dud. Ploërmel, pour y apozer les sceaux et certiffier les biens meubles y estant après le deceix de Jacques DOISSEAU vivant sieur de Poulancre et la Hardouinaye et aux fins de l’ordonnance rendue aud. Ploërmel sur le réquisitoire dud. sieur procureur du roy, et chemin faisant pour me rendre à la maison de forges passant par la ville de Merdrignac, la nuit estant intervenue je mis pied à terre en la demeurance du sieur du Bourgneuf FEUDE, hoste y débitant, et y ay pris mon couché.

Et le lendemain jour de mercredy vingt quatriesme dud. mois d’octobre mil six cent soixante quatorze advenu, continuant ma commission en exécution de l’ordonnance cy-devant dattée, je me suis transporté à laditte maison des forges de la Hardouinaye distante dud. Ploërmel d’environ six lieux où estant arivé environ les dix heures du mattin de ce jour, y ay faict rencontre de noble homme Charles DOYSSEAU seigneur de Poulancre, fils aisné dud. feu sieur de Poulancre son père, auquel, ayant faict entendre la teneur de ma commission et aparu l’ordonnance cy-devant dattée rendue aud. Ploërmel sur la remontrance dud. sieur procureur du roy, ledit seigneur de Poulancre m’a déclaré que incontinant après le deceix dud. sieur de Poulancre son père, le greffier de la juridiction de Porhouët auroit apozé les sceaux sur les fermetures estant en lad. maison des forges et au chasteau de la Hardouinaye et néantmoins n’avoir moyens empeschant la teneur de ma commission, ce que voyant, ay procédé aud. apozition des sceaux et certifficat des meubles en présence dud. sieur de Poulancre comme ensuilt :

Premier dans la chambre au bout de la cuisine et dans les six chambres haultes trante cinq chaises de paille, douze chaises de bois de noyer tourné et quattre autres chaises de bois dans lad. chambre du bout de la cuisine, une garniture de tapicerye de Bergame, une table en auvalle avecq un tapi de Bergame, une petite armoire en forme de table, un petit lit de repos.

Dans une autre petitte chambre à l’autre costé de la cuisine : deux petis litz à coucher les serviteurs.

Dans la chambre haulte appellée la chambre dud. feu sieur DOYSSEAU : un lit garny de couette, matelas et paillasse et garniture coulleur d’ollive ;une paire de presse à deux batans sur laquel il y a deux sceaux à bande apozé que led. sieur de Poulancre m’a déclaré avoir esté apozé par le greffier dud. Porhouët des cleffs de laquelle armoire led. greffier de Porhouët est saizy, sur lesquels sceaux je barre de deux sceaux à bande.
Un petit coffre couvert de cuir fermant à cleff et claveure, sur la claveure duquel est pareillement un sceau carré apozé, lequel sceau je aussy bare d’un sceau à bande.
Une table en auvalle et une garniture de tapicerye de Bergame.

Dans la chambre de mademoiselle DOISSEAU : un lit garni d’une couette, matellats, paillasse et catellonne blanche et garniture de drap rouge garnye d’une petite frange … (acte déchiré).
Un autre lit garny de couette, paillasse, couverture et une garniture de Bergame
Une petite table carée avecq son tapy de Bergame.

Trois petis coffres de bahus dans lesquels sont les hardes de lad. demoiselle DOISSEAU.
à quattre batans sur une desquelles est un sceau pozé sur la claveure, lequel sceau je paraillement bare d’un sceau à bande.

Une autre grande paire de presse fermant à quattre aistres, sur le trou de la claveure et de celle du hault est le sceau dud. Porhouët apozé lequel sceau je pareillement bare d’un sceau à bande.

Dans la chambre de sur l’escurie : une table carrée avec un gros tapy de Turquie,
Un lit caré avec son tour vert, une couverture blanche, ses paillasses, couette, matellat et traversier.
Une petite couchette avecq un pavillon de Collignée, une couverture verte, paillasse, couette, matellat et traversier.
Une tante de Bergame en trois pieds

Dans la chambre de dessus le portail :
Une petite table carée, deux grandz litz carez avecq leur tour de feuille morte,
Une couverture blanche et l’autre jaulne, leur paillasse, couette, matellat et traversier
Une tante Bergame en quattre pieds.

Dans la chambre de Mons. de Poulancre :
Une petitte table carrée avecq un petit tapy de Bergame, un petit lit avecque sa tante de Bergame, paillasse, couette, matellat, traversier et couverture blanche.
Un petit coffre couvert de peau de veau dans lequel sont les hardes dud. sieur de Poulancre,
Une méchante tante de Bergame en trois pieds.

Dans la chambre du commis de la forge au dessus de son cabinet :
Une petitte table auvalle, une couchette avecq un tour jaulne, sa paillasse et couette et deux couvertures, une rouge et l’autre blanche.
Deux cabinetz de bois aux deux costé de la cheminée, l’un fermant à un batant, l’autre à trois où sont les hardes et linges dud. commis à la réserve de celluy à trois batant sur la claveure duquel estant dans l’en haut il y a un sceau apozé lequel sceau je barre d’un sceau à bande.

Dans la chambre des serviteurs au dessus de celle de Mademoiselle,
Un lit carré avecq son tour jaulne, une paillasse, couettes, traversiers,
Deux autres petits litz faict de planches et de cloutz, un avecq une couverture blanche , l’autre bleue, une couette de plume, l’autre de balle et à un d’eux rideaux rouge.

Dans le grenier du dessus la chambre de Monsieur DOYSSEAU :
Deux couettes, trois matellatz et un grand tapy rollé sur un grand morsseau de bois.

Dans un petit grenier au dessus des chambres de l’escurie et du portail
Huict vingt marmittes de différentes grandeurs.

Dans le cellier :
Huict futz de barriques dont il y en a trois pleines de vin clairet, les autres en vins divers
Trois charniers dans lesquels il y a la valleur d’un cochon

Dans le cellier du cildre
Une pipe de cildre.

Dans la vieille fonderye au bout vers la chaussée :
Une pille de planches de sciage, des caissons de hêtre et un autre de lattes

Dans la cuisine :
Une petite table carrée, une autre grande et longue, cinq marmittes de différentes grandeurs,
Deux chesnays, trois broches avec leurs poullye
Trois potz, deux petits et une chopine d’estain
Deux cent dix neuff (pièces) d’estain en vesselle
Onze chandelliers de cuivre, deux cabinetz servant pour mettre les alonges pour la table, fermant l’un à quattre batans, l’autre à deux.

Dans l’estable :
Quattre vaches de différents poils.

Dans l’escurye
Quattre chevaux, une jument et une mulle avecq leurs harnays dont l’un apartient à Monsieur de Poulancre et la jument à Mademoiselle

Et dudit lieu nous sommes transportés au chasteau de la Hardouinaye où estant avons faict rencontre de François CADORET qui nous a dit estre autorisé à faire touttes les choses du chasteau

(Quelques lignes illisibles en raison d’une numérisation mal faite.)

Dans une chambre au costé appellée la chambre de Monsieur Gilles, un monsseau d’avoine à l’estimé de trante bouesseaux
Dans une autre petite salle de dessus la prison un coffre fermé de cleff et claveure sur la claveure duquel avons trouvé un sceau caré apozé lequel je pareillement barre d’un sceau à bande
Et sur la porte d’un petit cabinet à un coin de lad. chambre sur la cour avons trouvé un sceau apozé sur la claveure et lad. porte fermée, lequel sceau je aussy bare d’un sceau à bande.
Et au second estage à la porte de sur le degré qui donne entrée à touttes autres chambres, avons aussy trouvé un sceau apozé sur la claveure de lad. porte et icelle porte fermée, lequel sceau je pareillement barre d’un sceau à bande.

Et au second estage à la porte dessus le degré quy donne entrée à touttes autres chambres avons aussy trouvé un sceau apozé sur la claveure de lad porte et icelle porte fermée lequel sceau je pareillement barre du sceau à bande.

Et m’a ledit sieur de Poulancre déclaré que tous les fermetures où ay trouvé le sceau apozé et que je barre, le greffier dud. Porhoët est saisy des cleffs desd. fermetures.

De tout quoy ay faict et rédigé le présant mon proceix verbal souz le signe dud. sieur de Poulancre et autres soubz signants et sont lesd. chosses devant signiffiées demeurées en la charge et garde dud. sieur de Poulancre pour les représenter lors et à qu’il apartiendra lesd. jour et an .

C(harles) DOYSSEAU, M(arthe) DOYSSEAU J(acques-Siméon) DOYSSEAU
ROUILLE BERTHELOT, commis au greffe

Ce faict, me suis retiré en lad. ville de Merdrignac chez led. sieur du Bourgneuf FEUDE ou la nuict estante intervenue j’ay pris mon couché et le landemain jour jeudy vingt cinquiesme dud. mois d’octobre mil six cent soixante quatorze me suis retiré aud. Ploërmel où ay arivé environ les trois heures de l’après midy de ce jour, où ay faict et rédigé et conclut le présant led. jour et an.

BERTHELOT, commis au greffe.

ATTENTION
Cette acte et sa retranscription sont le fait de Maurice OREAL,
qu’il en soit remercié vivement, au nom de tous.
Cet acte est aux Archives Départementales du Morbihan,
AD56 B 4088 Sénéchaussée royale de Ploërmel
retranscription de Maurice Oreal (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Les frères Barré donnent une rente à la fabrique de La Sauvagère (61, Orne) 1593

pour les prières les jours des fêtes solemnelles.
C’est joli !
En effet généralement les fondations religieuses ont un but privé voire personnel. Ici ce n’est pas le cas, c’est pour tout le monde !

Et pour faire plaisir à Symphorien, qui me faisait hier remarquer que je trouvais quelque chose à redire dans un acte insignifiant, j’ai encore observé autre chose, s’agissant de la rente donnée. En effet, la rente a subi pas moins de 3 ventes en l’espace de 20 ans, passant ainsi de mains en mains. Comme quoi le débiteur n’était pas pressé de rembourser sa dette et a vu 3 fois un changement de créancier.

Mais j’en viens maintenant à La Sauvagère elle-même qui est le berceau des GUILLOUARD avant 1805.
Voir mes familles NORMANDES

J’ai eu le bonheur il y a environ 12 ans d’y aller et même d’entrer dans cette église. Là, j’ai un grand souvenir qui m’a profondément marquée. En effet, j’étais avec une famille de Nouvelle-Zélande, ne parlant que l’anglo-saxon local, c’est à dire teinté d’accent propre à la Nouvelle Zélande. L’époux de la généalogiste descendante des BARBEREL qui m’avait connue sur cette famille, s’était assis dans l’église à côté de moi. Soudain, il me demande pourquoi tant de grandes églises en France. Et il ajoute, que chez lui, c’était la taille d’une cathédrale, pas de l’église d’un si petit bourg. Et enfin, il conclut que la France était riche pour entretenir autant de bâtiments !!!
Je me souviens avoir mal su répondre, d’autant que je suis en partie d’accord avec lui, nous entretenons bien trop de bâtiments ! et cela coûte !
Je vais tout de même vous mettre l’église en question, qui à notre dimension, n’a rien de grand.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales de l’Orne, AD61-4E172/2 – vues 73/369 – notariat de La ferté-Macé – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 5 avril 1593 au bourg de La Sauvagère devant les tabellions fut présent Collas Barré Bigotière de la paroisse de La Sauvagère lequel tant luy … et par ces présentes donne et aumosne au trésorier de fabrique de l’église parochiale de ladite paroisse de La Sauvagère ladite donaison acceptée par Me Jullien Barré prêtre au nom et comme procureur dudit trésorier de fabrique présent pour luy ses successeurs procureurs de ladite église c’est à savoir 40 sols tournois de rente hypothéquère que ledit Collas Barré donateur disoit luy appartenir et à ses frères à cause de l’acquet qu’il en a fait de Michel Hubert acquéreur de Collasse Patrie héritière ou représentant de Loys et Michyel Mahault qui auroit acquise icelle rente de Jehan Turboust le Feule selon qu’il est déclaré par les contrats de ce faits et passés en ce tabellionnage en nombre de trois scellés de la présente et dabtés 5 mars 1573, l’acquet dudit Hubert en dabte du 14 juillet 1588, et l’acquet dudit Barré en dabte du 27 septembre audit an 1588, ercours auxdits contrats lesquels ont esté présentement baillés et mis ès mains dudit Barré procureur et ses successeurs aux fins de posséder ladite rente à l’advenir au profit dudit trésor le tout … de garantage par ledit Collas Barré, et est ce fait pour demeurer lesdits Barré frères participants aux prières et oraisons de ladite église et que à leur instance ou de leurs parents et amis soit fait prières et commémoration aux festes solemnelles de l’année comme l’on a acoustumé faire en ladite église des aultres personnes qui ont fait don et aumosnes à ladite fabrique et veut ledit donateur qu’une année d’arrérages escheue de ladite rente demeure au profit d’icelle église, et quant à tout ce tenir etc obligent etc présents Maurice Granger et Jehan Esnaud le jeune fils de Robert demeurant en la paroisse de La Sauvagère

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog.

Fin de l’inventaire des meubles de la succession de Jeanne Cantarini veuve Haton, La Mazure Le Bourg d’iré 1709

Comme dans les 2 billets précédents, l’inventaire se poursuit dans la mésentente, Monsieur de Cumont accusant, probablement à raison, sa belle-soeur de dissimulation. En effet, même l’argenterie est absente, et on peut se douter que dans une telle famille elle existe.

Cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E32 – Voici ma retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Et ensuite ledit seigneur du Puy nous a requis procéder à l’inventaire desdits titres et papiers, et après avoir requis ladite damoiselle Haton d’en estre présente fut l’injonction à elle donnée pour s’y trouver suivant le raport dudit Gebu sergent royal cy attaché en date de ce jour, elle n’a voulu assister et refusé de nous représenter les papiers et nous auroit dit avoir le jour d’hier concernant l’amortissement qu’elle avoit fait de la rente hypothéquère de 45 livres pour 900 livres de principal à … Poiteul meusnier au moulin de la Visseule dite paroisse du Bourg d’Iré, et autres papiers concernant l’amortissement fait aux dames Ursulines à la ville d’Angers d’une rente hypothéquaire de 20 livres pour 400 livres de principal, le tout qu’elle a dit avoir amorties de ses deniers provenus de l’obligation et retrait qui luy appartenaient, à quoi ledit seigneur du Puy répliquant a dit que sous le pretendu elle retenait les aultres titres et papiers les plus considérables de la maison et soutenant son divertissement qu’il prétend prouver et justifier dans la suite, et a ladite damoiselle refusé d’expliquer sa dite déclaration, dont le seigneur du Puy nous a d’abondant requis le présent acte, après quoi a esté vacqué à l’inventaire des autres titres et papiers ainsi que s’ensuit :
Une liasse contenant 7 papier en parchemin, 2o en papier qui sont grosses d’aveux et papiers de déclaration à ladite terre de la Mazure, que ledit seigneur du Puy n’a jugé utile d’estre autrement inventoriés
A l’égard des autres papiert et titres trouvés dans ledit bahut dont nous aurions levé la serrure, et qui sont titres de noblesse et contrats de mariage fort antiques, ils ont esté laissés dans une poche liée par les deux bouts et mis dans un coffre bahut avec autres papiers trouvés au grenier de ladite maison aussi dans un bahut, lesquels ledit seigneur du Puy n’a jugé estre donné conséquence pour estre trop anciens, tous lesquels ont esté renfermé dans ledit bahut estant dans ladite chambre au dessus dudit cellier, et fermé de clef, sur laquelle fermeture ledit seigneur du Puy a requis d’en apposer les scellés du Roy, lequel pourra estre levé par ceux qui pourroient en avoir affaire procès verbal préalablement fait du levé dudit sceau à la requeste de celui qui les avoit préalablement reconnu par celuy qui le levera ; de la clef duquel coffre ledit seigneur du Puy s’est chargé.
Qui sont tous les titres et papiers trouvés en ladite maison, laquelle dite damoiselle Haton nous a déclaré qu’il y en a plusieurs titres et papiers en la maison de la damoiselle Morel demeurant à Angers rue de la Roe, et quelques uns chez Me Joseph Dolbeau avocat audit Angers, sommée de signer sa dite déclaration a comme dessus refusé, après tout quoi ledit seigneur du Puy audit nom nous a requis de vacquer à l’estimation des bestiaux estant tant dans la cour de ladite maison de la Mazure que la métairie du domaine d’icelle maison, que de celles des Rivières, le tout sis site paroisse du Bourg d’Iré, dont ladite feue dame de Cantarini jouissait à titre de douaire ou pension viagère auquel prisage des bestiaux ladite damoiselle n’auroit comparu nonobstant intimation faite à la requeste dudit seigneur du Puy suivant le raport de Gebu en date de ce jour, de l’absence de laquelle dite damoiselle ledit seigneur du Puy a requis acte que luy avons octroié, et pour apprécier lesdits bestiaux ledit seigneur du Puy a mandé ce faire Anthoine Lebossé marchand et Jean Bodard métaier à la Recordelière demeurant dite paroisse du Bourg d’Iré, desquels serment pris ont promis de bien et fidèlement apprécier lesdits bestiaux,
et prermier dans ladite cour 4 cochons d’un an estimés ensemble 25 livres
sur le lieu et métairie du domaine 2 grands boeufs de harnais prisés 80 livres
2 autres boeufs prisés 70 livres
2 boeufs de devant ? priss 60 livres
2 chevaux prisés ensemble 24 livres
19 brebis et moutons prisés à raison de 30 sols pièce y compris 11 agneaux la somme de 27 livres 10 sols
3 mères vaches et un veau d’un an et un de lait prisés le tout ensemble 57 livres
3 cochons prisés ensemble 7 livres

Dans la métairie des Rivières 2 boeufs d’atimon prisés ensemble 80 livres
2 autres boeufs aussi de harnais prisés ensemble 70 livres
2 autres jeune boeufs prisés ensemble 50 livres
2 mères vaches prisées ensemble 28 livres
3 petites truies estimées ensemble 15 lives
2 cavales et un poulain prisés ensemble 30 livres
32 brebis et moutons prisés à raison de 30 sols pièce compris 10 agneaux la somme de 48 livres
2 thoreaux de 3 ans prisés ensemble 40 livres
2 autres petits thoreaux prisés 20 livres
un autre thoreau prisé 12 livres
Tous lesquels besetiaux se trouvent monter et revenir ensemble à la somme de 744 livres 10 sols sauf à voir dans la suite en quoi chacun des colons desdits lieux en peut estre fondé, et les anciens prisages faits lorsque ladite feue dama a entré en jouissance desdits lieux audit titre de douaire ou rente viagère y recours,
Qui sont tous les meubles ustenciles de ménage, autres effets titres trouvés en ladite maison de la Mazure le prix desquels se trouve monter et revenir à la somme de 885 livres 15 sols 6 deniers sauf erreur de calcul, de tous lesquels meubles et choses cy dessus chacuns de Estienne Allard boucher demeurant en lacite cour de ladite maison de la Mazure et Louis Bouteiller métaier audit lieu des Rivières dite paroisse du Bourg d’Iré à ce présents et deument establis et soumis se sont volontairement chargés du consentement et réquisition dudit seigneur du Puy et promettent solidairement un seul et pour le tout sans division etc en faire bonne et sure garde et le tout représenter toutefois et quantes que par justice ou autrement par ledit seigneur du Puy ils en seront requis, lesquelles dites choses ils ont dit bien connoistre pour en avoir pris connaissance et communication sur le présent inventaire
Et a ledit seigneur du Puy derechef persisté dans ses protestations de recel et divertissement entre auters de l’argenterie, grosses cuillers et fourchettes d’argent à 4 branches, qu’il a vu depuis peu de temps en ladite maison, d’un petit coffre fort de fer fermant de clef de la grandeur de deux pieds ou environ, dans lequel coffre ladite feue mère dame de Cantarini mettoit les choses de plus de conséquence, or et argent monnoie, une croix d’or, et autres bijoux, la représentation de toutes lesquelles choses cy dessus ledit seigneur du Puy a demandé à ladite damoiselle Haton, et a requis nous nsotaire de somme icelle damoiselle de le tout représenter mesme une tasse d’argent façon d’auvalle ? gravée et sur laquelle est écrit amore f… que nous avions trouvée en icelle maison au commencement du présent inventaire pour y estre icelle emploiée, ensemble les titres et papiers concernant les affaires d’icelle maison n’en ayant trouvé aucun dans ceux cy dessus inventoriés ; l’avons encore sommée de nous dire où c’estoit, et ce qu’estoit devenue une horloge estant dans la dite salle basse de la dite maison, dont nous aurions cy dessus inventoriée la boiste de bois garnie de son vitral, ladite damoiselle Haton nous a répondu que le grand de l’argenterie elle déclare en avoir dans la ville d’Angers 4 fourchettes et 5 cuillers d’rgent qu’elle a offer représenter toutefois et quantes, et qu’à l’agard de ladite tasse cy dessus elle déclare qu’elle appartient au sieur Boisle chirurgien qui l’auroit laissée en ladite maison et qu’ainsi elle ne dépend de la succession, que l’horloge est en la ville d’Angers qu’elle offre également réprésenter toutefois et quantes, qu’elle a aussi vu en icelle maison ladite cassette de fer cy dessus mais qu’elle ne sait ce qu’elle est devenue aussi bien que ladite croix d’or, et pour les demandes des papiers et titres ladite damoiselle nous a représenté plusieurs papiers lesquels ne paraissant d’aucune conséquence n’ont esté inventoriés, et remis entre les mains d’icelle damoiselle et concernant les amortissements faits par elle, et au surplus déclare ne scavoir d’autres outre ceux qui sont chez ledit sieur Dolbeau et chez ladite damoiselle Morel, et sommé ladite damoiselle de signer sa dite déclaration elle a refusé de signer comme dessus, à quoi ledit seigneur du Puy nous a requis le présent acte persistant en ses dites protestations cy dessus par luy faites qu’il prétend prouver et mesme de se pourvoir contre ladite damoiselle pour raison des meubles qui auroient esté transportés en la ville d’Angers appartenant à ladite damoiselle de la Mazure et dont ladite damoiselle Haton auroit disposé de son chef et pour en justifier la valeur proteste avoir recours au … estant au pied de la sentence arbitrale rendue entre ledit seigneur du Puy et ladite feue dame de Cantarini lequel contient tous les meubles dont ladite dame avoit charge et signé d’elle, et au surplus prétendre ce qui peut et doit pour raison dudit divertissement et de prendre telle qualité qu’il vera bon estre dans la suite le tout préjudice à ses créances tant en son nom privé que au nom de ladite damoiselle sa fille, fait et arresté en ladite maison de la Mazure sise dite paroisse du Bourg d’Iré présents lesdits sieur Guyon et Gebeu nos témoins à ce requis et appelés

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog

Suite de l’inventaire des meubles de la succession de Jeanne Cantarini veuve Haton, La Mazure Le Bourg d’iré 1709

et cette fois encore des accusations de recel et même plusieurs. L’ambiance est tendue entre beau-fère et belle-soeur.
Demain, je vous mets la fin.

Cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E32 – Voici ma retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Un charlit de bois de noyer garni de sa foncaille et fond de bois, une paillasse, une couette, un traverslit ensouillé de toile garni de plume, un matelas garni de laine, une vieille mante blanche, un tour de de lit de serge brune garni de franges et frangettes de soie noire, contenant 6 pieds, prisé 15 livres
Une tante de tapisserie de Bergame contenant 7 morceaux prisée 8 livres
Un petit cadre de bois rouge renfermant un tableau représentant un … et 7 autres petits tableaux représentant des paysages dont les cadres esoient autrefois doré prisés ensemble 3 livres
Une boiîte de cuivre en faire tomber des ordure prisée avec 2 images d’abbesses 40 sols
Un crucifix prisé avec son cadre autrefois doré et son fond de velours noir 40 sols

Et à l’égard de l’or … il auroit esté trouve 3 cuillers et 3 fourchettes à trois …, une … à oreille avec son couvercle, une tasse … pesant 54 onces prisés à raison de 33 livres le marc la somme de 181 livres 10 sols
qui est tout ce qui s’est trouvé dans ladite chambre

ensuite de quoi a esté inventorié les meubles estant dans le degré

    normalement l’escalier, mais vous allez voir que les meubles qui s’y trouvent illustrent curieusement le terme escalier, donc c’est autre chose, sans doute le couloir ou mezzanine en haut de l’escalier ??? ou en bas ???

de ladite maison ainsi que s’ensuit
un vieil bahut presque de nulle valeur dans lequel ne s’est trouvé que des hardes et linges appartenant à Marie Rolland domestique de ladite maison de la Mazure prisé 10 sols
Un moulin à passer la farine garni de son sac de toile prisé 10 livres
Un grand vieil coffre fait à l’antique de peu de valeur fermant de clef prisé 20 sols – duquel ouverture faite avons trouvé premier un calice avec sa pa… d’argent … et le dedans dudit calice doré renfermé dans sa boiste de noyer, lequel calice et pat… n’est esté estimé attendu que lesdites appréciatrices déclarent ne scavoir la valeur
Une douzaine de serviettes de grosse toile prisée 100 sols
3 aulnes et demie de grosse toile neufve prisées à raison de 12 sols l’aulne la somme de 42 sols
2 vieilles jupes l’une de vieil brocard et l’autre de camelot barré, une jupe de drap brodée d’un galon d’or, une autre jupe d’estamine de soie brune, 2 vieils manteaux de tafetas et de toile barrée, avec indienne, prisées avec une jupe de toile picquée 15 livres
Plusieurs coussinets d’autel, une chasuble noire, motet manipulle noire, et autres ornements d’autel, missel, et autres ustenciles d’autel avec une aube garnie de dentelle la somme de 20 livres
Un pièce de tapisserie de haute lice posée au devant d’une cheminée estimée 30 sols
qui estoit tout ce qui s’est trouvé dans ledit coffre et degré

ensuite de quoi sommes entrés dans une chambre au dessus dudit cellier ou estant aurions trouvé un vieil bahut non fermant de clef prisé 10 sols – 8 livres de fil délié prisé à raison de 25 sols la livre la somme de 10 livres – 6 livres de poupée de lin prisé à raison de 10 sols la livres la somme de 60 sols – 7 serviettes salles de toile de gros lin à grosse toile prisées ensemble 40 sols – 3 draps de grosse toile, 10 aulnes le drap, prisés ensemble 60 sols, qui est tout ce qui s’est trouvé dans ledit bahut
Un grand coffre bahut garni de bonde de fer prisé 20 sols – et ouverture faite d’iceluy s’est trouvé premier une douzaine de serviettes de toile de gros lin prisée 8 livres – 7 draps de toile de gros lin mi usés de 10 aulnes le couple prisés avecque un rideau de toile ouvrée 14 livres – un cadre de bois doré où il y a apparence y avoir eu une glace de miroir 20 sols – 4 coussins 2 couverts de satin rouge et les 2 autres de satin jaune qui paroissent garnis de sable et brodés autour de galon faulx prisés ensemble 20 sols – 2 jupes de toile barrée, 5 casaques aussi de toile picauée, 10 couples de bonnets de coueffes de mitaines, de manches de toile picquée et chausses de fils avecque un vieux rideau de etoile prisés ensemble 4 livres
Une forme [c’est ce que je lis, mais ensuite on dirait un charlit] de bois de noyer garni de sa foncaille, un matelas de boure, un traversier garni de plume de volaille prisé 4 lives
3 draps de grosse toile de 6 aulnes le couple prisés ensemble 60 sols
Et la nuit estant parvenue nous avons fait arrest audit inventaire et remis la continuation d’iceluy du consentement dudit seigneur du Puy à demain 7 heures du matin à se trouver en la maison de la Mazure sise dite paroisse du Bourg d’Iré auquel lieu jour et heure lesdites parties ont posté intimation sans qu’il soit besoin d’autres a ledit seigneur du Puy persisté dans des protestations et de recel et de divertissement et de se pourvoir par les voies de droit contre ladite damoiselle Haton, proteset de tout ce qui se peut et doit, à tout quoi ladite damoiselle n’a rien répliqué quoique présente a refusé de signer comme dessus, ladite Turpin a dit et déclar ne scavoir signer, fait et passé en ladite maison présents lesdits Gebu et Guyon nos tesmoins

Et ledit jour 19 dudit mois sur les 7 h du matin a comparu par devant nous Claude Bouvet notaire royal susdit et nosdits tesmoins, ledit seigneur du Puy Froidefond, lequel es qualités qu’il procède nous a requis de présentement procéder à la continuation dudit inventaire ce que nous avons fait après avoir préalablement requis ladite damoiselle Haton d’assister audit inventaire et y prendre telle qualité qu’elle vera bon estre pour la conservation de ses droits, ce qu’elle a refusé comme dessus, et seulement de n’empescher la continuation dudit inventaire, de tout quoi ledit seigneur a requis acte et avons vacqué avec lesdites appréciatrices ainsi que s’ensuit :
Premier une table carrée de bois de noyer sans liette prisée 20 sols
4 chères couverte de jonc avec 3 méchants fauteuils couverts de toile prisés 40 sols
Une tante de tapisserie de Bergame toute piécée contenant 7 pièces de peu de valeur prisée 4 livres
Un grand coffre de bois fait à l’antique et fermant de clef prisé 30 sols – dans lequel s’est trouvé un vieil tour de lit de serge bleue presque de nulle valeur avec quantité de morceaux de Bergame et de m.. de chères tapissées prisés 6 livres – 60 livres de fil d’étoupe parmis lesquelles il y a quelques livres de fil de réparon prisés 6 livres – qui est tout ce qui s’est trouvé dans ledit cottre
Une paire de presses démontée sans les quenouilles prisée 5 sols
14 livres de plume meslée prisée à raison de 5 sols la livre la somme de 62 sols
48 livres de laine salle à 5 sols la livre prisée la somme de 12 livres
Un tableau représentant des poissons dont le cadre est doré prisé 30 sols
74 livres dont la plupart sont couverts en veau les autres de parchemin, lesquels n’ont esté appréciés car lesdites appréciatrices ont déclaré ne savoir la valeur et ont esté enfermés dans un coffre la clef duquel ledit seigneur du Puy s’est chargé, outre 4 livres 3 desquels sont couverts de veau et un autre de parchemin qui sont l’un journal de saints l’autre oeuvres de politique les autres … que ledit seigneur du Puy a la charge de les représenter, lequel dit seigneur du Puy a protesté que tous les livres de ladite feue dame de la Mazure ne sont compris audit nombre et qu’il s’en pourvoira ainsi qu’il verra bon estre
Une petite paire de presses fermante à deux fenestres qui n’a esté inventorié attendu que ladite damoiselle Haton a déclaré qu’elles lui appartiennent, et à ouverture d’icelles de sa clef qu’elle a représenté ne s’est trouvé que les habits et choses à ladite damoiselle appartenant, que ledit seigneur du Puy n’a voulu estre inventorié, outre 2 coueffes de brocard jaune et des … priss 6 livres
Un petit bahut fermant de clef prisé 10 sols – et ouverture faite d’iceluy en conséquence de l’ordonnance de messieurs les présidiaux d’Angers signé Houdard en date de ce jour, duquel ouvert ne s’est trouvé que des papiers dont nous ferons l’inventaire après celuy des bestiaux et des meubles et représentés dans ladite chambre en présence de ladite damoiselle Haton

ce fait sommes montés dans le grenier de ladite maison où estant s’est trouvé 2 vieils petits bahuts de peu de valeur prisés 10 sols – desquels ouverture faite ne se sont trouvés dans l’un d’iceux que des papiers dont l’inventaire se fera cy après
90 livres de lin broyé prisées à raison de 2 sols la livres la somme de 19 livres
4 portes de paravant de toile verte prisés 30 sols
Une couette de toile garnie de plume, 2 gros oreillers et 2 petits ensouillés de couettis, un matelas fourré de laine, une vielle couverte blanche, un logiser, le tout fort vieil prisé avec un vieil tout de lit contenant 5 pièces de serge brune garni de franges de soie noire la somme de 15 livres
Quelques vieils bois de fauteuil, de chère de bois presque de nulle valeur prisés 10 sols
Un petit matelas de toile piquée prisée avec un petit lodier 20 sols
4 boisseaux de noix prisés à raison de 25 sols le boisseau la somme de 5 livres

Dans un autre grenier à costé s’est trouvé 6 boisseaux mesure de Segré de bled d’avoinr fort chargée de poix prisés à raison de 25 sols le boisseau la somme de 7 livres 10 sols
Une petite passoire prisée 5 sols qui est tout ce qui s’est trouvé dans ledit grenier

Ensuite de quoi ledit seigneur du Puy nous a requis de nous transporter dans un petit appartement de maison estant au coing de la cour de ladite maison de la Mazure exploitée par … Allard et auparavant notre transport ledit seigneur a requis ladite damoiselle Haton d’y venir avec nous et a esté présente à l’estimation de 2 poisles chaudières l’une tenantes environ 10 sceaux d’eau et l’autre 5 et d’une grande marmitte de cuivre rouge le tout que ledit seigneur du Puy a dit avoir trouvé dans le jardin de ladite maison caché dans la terre en présence de Me Aubé prêtre vicaire dudit Bourg d’Iré y demeurant, de Pierre Gillois cordonnier et Julien Ferron son compagnon demeurant audit Segré le jour de dimanche dernier 14 du présent mois, et qu’il en avoit fait retirer de terre par ladite Allard, ladite damoiselle a voulu se transporter aussi bien pour etimer le foin estant dans les greniers de l’escurie estant dans ladite cour, à tout quoi ledit seigneur du Puy nous a requis l’estimation et estant chez ladite Allard lesdites poisles et marmites de cuivre nous auroient esté représentées encore pleines de terre paraissant en effet en avoir esté tirées depuis peu de jours, l’une desquelles tenant 10 seaux d’eau lesdites appréciatrices ont estimé valoir la somme de 25 livres – l’autre prisée 12 livres – ladite grande marmette de cuivre rouge prisée 7 livres
lequel seigneur du Puy nous a réitéré ses protestations de recel et de divertissement contre ladite damoiselle Haton qu’il prétend avoir fait enfouir dans la terre lesdites poisles et marmittes et déclare se pourvoir contre qui il verra bon estre, et se servir de la rigueur des ordonnances dont il nous a requis le présent acte

Et ensuite sont entrés dans lesdits greniers esquels il s’est trouvé à l’estimation d’une demie chartée de foin prisé avec quelques fagots de paille la somme de 8 livres
Qui est tout ce qui s’est trouvé dans ladite maison et dépendances d’icelle, après quoi lesdites femmes Dublineau et Turpin femme dudit Esnault ont dit ne scavoir signer

Et ensuite ledit seigneur du Puy audit nom a requis ladite damoiselle Haton de luy déclarer si elle avoit trouvé après le décès de ladite dame sa mèer de l’argent monnoie et à quelle somme il pouvoit monter, elle luy a déclaré qu’elle n’avoit trouvé qu’une pièce de 33 sols 6 deniers et n’avoir trouvé aucun argent dont elle a dit se charger pour le raport toutefois et quantes, et sommée de signer ladite déclaration elle a refusé comme dessus, ledit seigneur du Puy persistant à sa dite protestation de recel et divertissement a dit que ladite damoiselle Haton avoit trouvé plus grandes sommes pour le divertissement qu’elle a fait et ses complices qui l’ont pour cet effet favorisée dont il nous a requis le présent acte

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog