Contrat de mariage de Jean de Crespy et Jeanne du Moulinet : Angers 1520

Ce contrat de mariage, que je dois à Stéphane, que je remercie pour tout (y compris sa trancription), me donne les parents d’une des soeurs de ma Marguerite Dumoulinet. Donc, je suis sure du père mais pas tout à fait de la mère, car le père a pu avoir plusieurs épouses. Donc, je mets la mère qui est Marguerite Hubert, en hypothèse seulement.
Ceci dit, le père, qui est feu Jacques du Moulinet, est dit sieur du Moulinet. Sachant cependant que le titre de sieur pouvait être porté sans en être propriétaire, je laisse aussi en hypothèse la possession du Moulinet, mais il est certain qu’il faut dans la famille à une date indéfinie.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E121 Huot notaire Angers – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

« Du dixième jour d’aout l’an mille cinq cent vingt
sachent tous présents et advenir que comme en parlant
traictant et accordant le mariage estre fait
consommé et accomply entre honneste personne
Jean de Crespy sieur de Beaurepère demourant
en ceste ville d’Angers d’une part et
Jeanne Dumoulinet fille de feu honorable
homme Jacques Dumoulinet en
son vivant licencié en loyx sieur dudit lieu du Moulinet
et de feu Marguerite Hubert
d’autre part et tout avant que aucune
bénédiction nuptiale soit faite et accordée
entre eulx en la court du Roi monseigneur
d’Angers personnellement établys chacun desdits
de Crespy et du Moulinet soubmetans etc
confessent etc c’est à savoir que iceulx
de Crespy et du Moulinet ont promis et juré
l’un à l’autre s’entreprendre en mariage
si Dieu et Sainte église s’y accorde
et consent et en faveur et contemplation
d’iceluy mariage qui autrement n’eust
esté fait et accomply lesdits Jean de Crespy
et du Moulinet ont donné et donnent par ces
(f°2) présentes au sourvivant et plus vivant d’eulx deux ce qu’ils
s’entrepeuvent donner tant de droit que de coutume
o les modifications cy après déclarées, c’est à savoir
tous leurs meubles à perpétuité
et la tierce partie
de leurs héritages et immeubles à la vie
durant seulement du survivant, lesquels
dons ainsi que dessus faits pourveu qu’il n’y
ayt aucuns enfants nés et procréés de leur
chair vivans alors du premier décédé de
l’un d’eulx, et à la charge de faire et
accomplir le testament du premier décédé
et de payer les debtes ainsi que la
coustume du pays veult et requièrt ;
auxquelles choses tenir etc et accomplir etc
obligent lesdites parties etc foy, jugement
condemnation etc renonçant etc fait et donné
audit lieu d’Angers es présence de Me Jehan
Bouchard Pierre Planchesne licencié es loix
à ce requis et appelés »

Lucas Bazon acquiert un quartier de vigne en vendant son petit héritage : Foudon 1523

Cette vente est le record de faible montant que j’ai rencontré. Certes, elle a lieu en 1523 avant une dévaluation de 100% couvrant ce siècle, mais même en tenant compte de cette dévaluation, la vente est minime.
Et mieux, elle est suivie d’un achat pour une somme identique. Autrement dit le jeune mineur, qui n’a que 16 ans, vend le peu qu’il a pour acquérir un quartier de vigne. L’histoire ne dit pas qui l’a conseillé ?

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, AD49-5E5 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 24 février 1502 (avant Pâques, donc 24 février 1503 n.s.), en la cour du roy notre syre Angers etc (Cousturier notaire Angers) estably Jehan Thevenot paroissien de Saint Sylvin au nom et comme soy faisant fort de Lucas Bazon son cousin germain et ledit Lucas à ce présent, fils de feu Jehan Bason le jeune, âgé de 16 ans ainsi qu’il a dit et déclaré et aussi ainsi qu’ils ont rapporté par devant ledit Thevenot, Jehan Lepoitevin et Mathurin Lefaucheux, soubzmetant ledit Thevenot audit nom et ledit Lucas eulx leurs hoirs etc confessent avoir vendu quité cédé délaissé et transporté etc et encores vendent etc à honnorable et saige Me Pierre Lebreton maire bedeau de l’université d’Angers et …

Impossible pour moi de déchiffrer le prénom de l’épouse. C’est important car elle est la femme du maire d’Angers, et je ne trouve rien d’autre que ce qu’ai déjà sur mon blog concernant ce Pierre Lebreton

Bouet son épouse qui ont achacté etc tout tel droit action part et portion qui audit Lucas peut compéter et appartenir à cause de la succession de ses père et mère au lieu de Nantillé et ailleurs quelque part que ce soit soient maisons jardins ayreaulx terres arrables et non arrables prés pastures boys hayes et autres choses quelconques à luy appartenant à cause desdits successions susdites quelque part et en quelques lieux qu’ils soient situés et assis sans rien en retenir ne réserver ; es fiefs et aux devoirs anciens etc ; transportant etc et est faite ceste présente vendition pour le prix et somme de 8 livres tz payées content en notre présence en 2 escuz d’or couronne vallant 35 sols pièce ung ducat d’or vallant 37 sols bons et de poids etc font etc
Le 13 février 1502 en la cour du roy notre sire estably Mathurin Lefaucheux paroissient de Foudon sousbmetant confesse avoir vendu quité cédé délaissé et transporté et encore vend etc à Jehan Thevenot au nom de Lucas Bazon fils de feu Jehan Bazon ad ce stipulant pour ledit Bazon, qui a achacté pour luy ses hoirs etc ung quartier de vigne sis au cloux du moulin à vent en la paroisse de st Silvin joignant d’un cousté aux vignes de messire Geoffroy Phelippières pêtre et d’autre costé et bout aux vignes Guillaume Lefaucheux d’autre bout au chemin tendant de la Haye Joullain aux terres du sieur de Bonchmps tenues à 5 sols té de cens rente ou debvoir pour toutes charges ; transportant etc et est faite ceste présente vendition pour le prix et somme de 10 livres dont a esté paié en notre présence la somme de 8 livres tz dont etc et le sourplus qui est 40 sols tz ledit Jehan Thevenot les a promis paier audit vendeur dedans la Toussaint prochainement venant

Inventaire des titres et papiers de feu Nicolas Ganches : Angers 1530

Nous avons vu hier qu’un inventaire coûtait plus cher si on faisait un résumé plus détaillé des titres et papiers.
Voici un inventaire détaillé de papiers totalement sans importance, car ce sont des dettes très minimes soigneusement reliées qui plus est et ce dans du cuir. C’est hallucinant autant de soins et de dépenses pour une comptabilité aussi minime, et quand on pense que ces détails coûteux ont 5 siècles, on ne peut qu’être surpris.
Ceci dit, nous nous interrogions il y a peu de temps sur la méthode pratique utilisée pour tenir sa comptabilité et voici un exemple sidérant.

Ah, j’oubliais de vous préciser que Denis Delestang a épousé la veuve de Nicolas Ganches, qui a laissé une fille Claude Ganches, mais cela n’est pas une raison pour faire un inventaire aussi précis pour des documents peu importants. Il aurait suffit au lieu de 8 pages de papier et le temps du notaire, d’écrire « une liasse de dettes actives » suivie du montant total, qui lui est peu élevé.
Je descends des DELESTANG et je ne vous en avais pas parlé depuis un moment, mais là, c’est vraiement pour ne pas vous dire grand chose d’intéressant.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, AD49-5E121 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 17 novembre 1530 Inventaire des lettres papiers tiltres enseignements demourés de la succession de feu honnestes personnes sire Nicollas Ganches en son vivant marchand drappier demourant Angers et de Perronnelle Richer à présent femme de honnorable homme Me Denys Delestang licencié es loix fait Angers par moy Jehan Huot notaire royal à Angers à la requeste et en présence de honneste personne Jehan Ganches aussi marchand drappier oncle paternel et curateur ordonné par justice à Claude Richer mineure d’ans, fille dudit feu Ganches et de ladite Richer, auquel parfaire avons vacqué comme s’ensuit : Un papier journal de plume relyé couvert de cuir tanné, auquel 68 feuillets escripts commençant par ces mots « s’ensuit le revenu de la minorité » et finissant pas « 14 sols tz » – Ung autre petit papier en faczon d’un livre de champ relyé à nerfs et couvert de cuir tanné, auquel y a 7 cedules et une … escriptes en 8 feuillets commençant par ces mots « sire René Bellon confesse debvoir » et finissant par ces mots « reste 46 sols 8 deniers » et y a aucuns autres feuillets escripts » – Le première desdites cédules contenant que René Bellon debvoir audit feu Ganches la somm de 49 sols tz dabtée du 13 décembre 1522 … – Une autre cédule de Me Yves Pelerin du 21 février 1520 contenant la somme de 39 sols tz » (f°2) – Item la troisième cédule dudit papier contenant que Me Pierre Hay debvoit et estoit tenu payer audit feu Ganches la somme de 11 livres 4 sols 8 deniers dabté du 15 mars 1521 – La quatrième cédule audit papier contenant que Pierre Chappeau debvoit audit feu Ganches la somme de 6 livres tz dabtée du 15 mars 1520 – Item une obligation dabtée du 8 avril 1527 passée soubz la cour de l’officialité d’Angers contenant que Gilles Cailleau et estoit tenu payer audit feu Ganches la somme de 11 livres tz – Item une autre cédule estant audit papier dabtée du 22 mai 1528 signée Godefroy contenant que Nicolas Godefroy debvoit et estoit tenu payer audit feu Ganches la somme de 4 livres 7 sols 6 deniers – Item une autre cédule dabtée du 30 janvier 1528 contenant que Me Jehan Becdefer debvoit audit feu Ganches la somme de 7 livres – Une autre cédule en papier dabtée du 31 mai 1527 contenant que Mathurin Ruellon prêtre debvoir audit feu Ganches la somme de 40 sols tz –
(f°3) … encore 4 pages de semblables documents, rien de plus intéressant »

Faire faire inventaire a un coût, qui monte vite quand il est détaillé et long

Ces jours-ci je vous ai emmené en promenade à Montmartre, où le meunier possédait divers objets marquant une certaine aisance.

Mais l’inventaire coûtait, et d’autant plus qu’il était détaillé, surout pour la part de l’inventaire des titres et papiers. Je vous mets ci-dessous la remarque du notaire qui fait court pour éviter à frais, et qui le note ainsi dans son inventaire.

Et plus bas, je vous mets encore mieux, je vous mets le coût de cet inventaire, et vous allez voir qu’il se monte à 38 livres, ce qui est beaucoup de frais, pour un inventaire qui n’était pas très long en soi.

Cet acte est aux Archives Nationales, MC/ET/CXIV/6 Henri Venant notaire à Paris, 1694 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :


Item une liasse de monnaie procurations et quittances de divers particuliers pour loyers de terre et autres choses contenant 27 pièces attachées ensemble dont plus ample mentions n’a esté fait pour éviter à frais et prolixité

et voici le coût que vous laisse admirer !

Les signes de richesse du meunier du Moulin Vieux : Montmartre Paris 1694

Donc, nous avons passé plusieurs jours sur divers signes de richesse de Jacques Fauvet et Ursule Renou meuniers du Moulin Vieux à Montmartre. Ils sont décédés laissant 5 enfants mineurs, ce qui laisse supposer qu’ils étaient encore relativement jeunes, probablement 40 ans ou moins.
Pourtant, leurs biens meubles témoignent d’aisance.

Aujourd’hui, je termine sur le point le plus criant de cette aisance.

Vous qui avez l’habitude de me suivre, vous savez combien j’ai aimé retranscrire et analyser d’inventaires après décès en Anjou. Et on y trouve rarement d’argenterie, réputée pour être un signe de richesse. Et dans cet argenterie j’ai relevé, toujours en Anjou, la présence d’une tasse d’argent. Je dis bien « une tasse », pas deux. Et ce point est déjà une grande intrigue pour moi, car dans un couple une seule tasse ne se comprend pas facilement. On peut même se demander si c’était madame ou monsieur ? J’avoue que je me pose toujours la question.
Et j’ai donc depuis longtemps sur mon site une page consacrée à cette tasse d’argent qui m’intrigue car une seule dans un couple.

Alors, venons en à nos meuniers.
C’est incroyable ils ont 4 tasses d’argent.

Alors, j’ai réfléchi plusieurs jours, et j’en suis venue à l’hypothèse qui suit. J’exclue l’hypothèse de timbale de baptême puisqu’ils ont 5 enfants pas 4.
Et me souvenant de l’inventaire de l’hôtellerie Feillet, qui contenait beaucoup d’argenterie, j’en viens à conclure que le Moulin Vieux recevait les promeneurs du dimanche et leur servait à boire, et ces promeneurs étaient distingués. Un peu une guinguette BCBG;

Cela pourrait rejoindre ce qu’on a écrit sur ces moulins, à savoir qu’ils attiraient les promeneurs, pour la vue, et proposaient consommation.

Cet acte est aux Archives Nationales, MC/ET/CXIV/6 Henri Venant notaire à Paris, 1694 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :


Item 4 tasses dont 3 a une coquille et l’autre à 2 anses, 2 clanis ?? dont l’un à sizeaux et l’autre à clefs, et un chiblet de hochet le tout d’argent poinçon de Paris pesant ensemble avec un hochet à la chesne 4 marc 3 onces 2 quarts prisés à la valeur à raison de 28 livres le marc qui fait ensemble la somme de 123 livres 7 sols 8 deniers
Item 3 petits morceaux d’un anneaux rompu 30 sols
Item une vie de saint Roberd ? en veau prisée 3 livres

Et maintenant je récapitule tous les signes d’aisance du meunier du Moulin Vieux :
Le meunier de Montmartre avait des rideaux aux fenêtres : Paris 1694
La meunière de Montmartre avait un mouchoir de dentelle d’Angleterre : Paris 1694
Le manteau imperméable du meunier de Montmartre était en bouracan : 1694
Et il possédait beaucoup de linge

Les miroirs du meunier du Moulin Vieux : Montmartre Paris 1694

Depuis quelques jours, nous entrons dans l’intérieur du meunier et de la meunière du Moulin Vieux, l’un des 14 moulins de Montmartre, et le plus ancien, et surtout ne regardez pas Wikipedia sur ce moulin : ils le commencent en 1730. Ouille !

Et à travers les biens meubles du meunier, je vous ai témoigné mon étonnement de trouver pour la première fois dans un inventaire des rideaux aux fenêtres :

Le meunier de Montmartre avait des rideaux aux fenêtres : Paris 1694

Et nous sommes alors partis en discussion sur les vitres aux fenêtres, ou plutôt l’abscence de vitres longtemps dans l’immense majorité de la population.

Avant de terminer demain en apothéose surprenante l’inventaire de ce meunier, laissez-moi aujourd’hui vous témoigner d’une autre bien assez remarquable, car infiniement rare en Anjou dans les innombrables inventaires que j’ai pu retranscrire et étudier.
Je veux parler du miroir.
Rarissime dans ce que j’avais déja vu en Anjou.
Et pourtant, le meunier et la meunière du Moulin Vieux de Montmartre, possèdaient 2 miroirs, dont l’un est qualifié de « miroir de toilette ».
Avec beaucoup de malice sans doute, je conclue que madame était coquette !!! Et je suis certaine que vous allez être de mon avis.

A demain, pour la fin de cette étude, et vous allez être surpris !!!
Odile