Richelieu, à Angers en février 1620, reconnaît à Claude Bouthillier que l’obligation de 40 000 livres était pour lui

Claude Bouthillier est le fils de Denis, d’une famille d’Angoulême très présente à la cour, que RIchelieu utilise volontiers pour ses affaires, ici une obligation en son nom. Je suis très surprise de trouver Bouthillier et Richelier à Angers, devant notaire d’Angers, pour une obligation passée à Paris. L’acte est dit avoir été « passé en la maison dudit sieur évêque », mais je suppose que c’est la maison de l’évêque d’Angers, qui est alors Guillaume Fouquet de la Varenne. Richelieu n’avait tout de même pas de maison à Angers ? Enfin, la signature de Richelieu est assez particulière, vous allez vous en rendre compte. J’ignore s’il a toujours eu la même signature.

Acte des Archives du Maine-et-Loire 5E8 – Voici ma retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le samedi 22 février 1620, par devant nous René Serezin notaire royal à Angers furent présents et personnellement establis messire Claude Boutiller (signe « Bouthillier ») conseiller du roy en ses conseils d’état, estant de présent en ceste ville, lequel a recognu et confessé que les 40 000 livres  tournois pour lesquelles révérend père en Dieu missire Sébastien Chauvet evêque de Langres duc et pair de France, lui a vendu et constitué la somme de 2 000 livres tz de rente hypothéquaire par contrat passé par devant Pierre Guilliard et Mathieu Bontemps notaire au chastelet de Paris le 23 janvier 1617 luy furent baillés et délivrés pour cest effet par messire Armand Jehan du Plessis de Richelieu évêque et baron de Lusson, à ce présent, lequel a aussi recognu que les 18 000 livres tz que ledit sieur Boutiller a receuz dudit sieur évêque de Langres en déduction (f°2) des 40 000 livres il luy en a baillé les acquits en sorte qu’il s’en tient content et partant iceluy sieur Boutiller a renoncé et renonce audit constrat de constitution de rente pour et au profit dudit évêque de Lusson pour se faire payer du surplus tant en principal que arrérages deubs et eschuz et qui ont cours cy après à ses périls et fortunes ainsi qu’il verra estre à faire et à ceste fin en tant que besoing est ou seroit luy en fait cession et transport, sans aulcune garantie ne restitution de deniers, comme n’ayant pris et accepté ledit contrat en son nom qu’à la prière et requeste et pour faire plaisir audit seigneur de Lusson auquel il a baillé et mis en mains la grosse qu’il en avoit, ainsi qu’il l’a recogneu et accepté ce que dessus pour luy ses hoirs (f°3) et à ce tenir etc dont etc fait et passé audit Angers maison dudit seigneur évêque en présence de Me Nicolas Jacob et Jacques Rogeron.

Guillemette de Thouars, veuve de Jacques de Thiboult sieur du Grais (aliàs Grès), 1595

Guillemette de Thouars a épousé Jacques de Thiboult sieur du Grais en 1566 (contrat du mariage du 5 mai 1566). Par les actes concernant la famille Allaneau, prêteuse de la somme de 11 000 livres, je sais qu’en 1590 elle est veuve puisque c’est elle qui traite les affaires financières concernant cette dette, et voici ce que j’avais trouvé à Angers et que je vous indiquais hier : Au fil des successions, les impayés s’accumulent, et ses héritiers intentent à plusieurs reprises des procès.  Le 26 janvier 1588[2] Clément Alaneau Sr de la Grugerie nomme Vincent Menard Sr de Langenerie At pour poursuivre Messire Thiboust Sr du Grés à fin de payement de 611ÑÑ 6 s 8 d faisant le 1/3 de 5 500 L faisant 1/2 de la somme de 11 000 L qu’il doit audit Alaneau & à ses cohéritiers. A la suite de quoi un accord est signé le 10 février 1590 par Guillemette de Thouars femme de Jacques Thiboust Sr du Grés. (Dvt René Héron tabellion de Fallaize).

Malgré une semaine de recherches, je ne suis parvenue à trouver cet acte passé à Falaize le 10 février 1590 (si quelqu’un me trouve cet acte je lui serai infiniement reconnaissante), mais j’ai trouvé beaucoup d’actes en 1593-1595 qui attestent une grande activité de Guillemette de Thouars pour gérer les affaires de son défunt mari, et ces actes sont tous passés au manoir seigneurial du Grais aliàs Grès. Manifestement elle fait face à plusieurs terres à gérer, et elle a 2 fils déjà en âge d’aider leur mère dans les affaires, donc probablement 25 ans ou plus, ce sont Jacques, l’aîné, et Pierre le puiné, mais elle a aussi des enfants mineurs. Donc au total elle a beaucoup plus d’enfants que ceux que Roglo connaît.

Au passage, vous remarquerez que ce sont les notaires qui se déplacent chez les familles importantes pour passer leurs actes, et non la famille qui vient chez le notaire. Donc ici tout se passe bien au manoir seigneurial du Grais.

« Le 15 septembre 1595[1] au lieu et manoir seigneurial du Grès devant les tabellions, furent présents noble dame Guillemette de Thouars veuve de defunt noble seigneur Jacques Thiboult vivant sieur du Grès Saint Malo et baron de Juillé, pour elle et faisant fort pour les enfants mineurs d’ans dudit défunt et d’elle, et noble seigneur Jacques Thiboult sieur du Grès Saint Mallo et baron de Juilley fils et héritier aisné dudit défunt, lesquels recognurent et confessèrent que par noble homme Marc Dauversier absent leur a esté baillé et mis entre leurs mains une quittance de noble homme Jehan de Choisy conseiller secrétaire du roi commis par sa majesté à la recepte des deniers provenant de la vente de son domaine en Normandie suivant son édit du mois de septembre 1591, icelle quittance en date du 20 juillet dernier contient comme ledit sieur du Grès défunt avoir payé pour la somme de 3 450 écuz pour la vente de la baronnie de la Ferté Macé et par André Guillebault et Jehan Pinson écuyers ses associés 3 450 écuz faisant ensemble 6 900 écuz, laquelle quittance avoit esté mise es mains dudit Dauversier par noble homme Pierre Morel sieur de Garselle qui l’avoit receue dudit sieur Choisy à la faveur dudit Dauversier stipulant pour ledit sieur du Grès, lequel sieur de Garselle avoit baillé récépissé auxdits Guillermer et Pinson, dont et de quoi lesdits dame et sieur baron de Juillé pour eulx et les autres héritiers dudit sieur du Grès furent comptents et s’en sont obligés chacun pour le tout en décharger ledit Dauversier vers lesdits Guillermer et Pinson, mesmes en décharger et faire décharger ledit Morel sieur de Garselle et faire rendre audit Dauversier dedant un mois le récépissé dudit More, duquel comme dit est sont saisis lesdits Guillermer et Pinson afin de retirer celle dont est saisi ledit Morel, et fait dudit Dauversier, et à ce tenir entretenir et accomplir obligent lesdits dame et sieur baron son fils chacun pour le tout sans division ni ordre de discussion biens et héritanes En présence de Nicolas Petron et Raullin Vinier »

Le 7 novembre 1595[2] au lieu et manoir seigneurial du Grès devant les tabellions, furent présents noble dame Guillemette de Thouard veuve de défunt noble seigneur Jacques Thiboult vivant sieur du Grès Saint Malo Bray Espaney aultremens Guee le Bremont la Guigoinre la Guiguyère et baron de Juilley au nom et comme gardienne par justice des enfants mineurs d’ans dudit défunt et d’elle, noble seigneur Jacques Thiboult sieur de Saint Mallo, fils aisné dudit défunt et de ladite dame audit lieu du Grès, lesquels ont constitué establi et ordonné leurs procureurs généraux et certains messagers especiaux (blanc) auxquels et chacun d’eux portant ces présentes lesdits constituants chacun en la qualité que dessus, ont donné et donnent pouvoir puissance et authorité défendre pour eulx par devant tous juges et commissaires qu’il appartiendra soit en la cour de parlement pour le roi à Rouen, et partout ailleurs où il appartiendra aux fins de présenter requeste narrative pour empescher la vente et aliénation que l’on prétend faire des bois et forests de la baronnie de la Ferté Macé pour estre les dessus dits franchiers et usagers auxdites forests selon les titres et enseignements qu’ils en portent, fournir opposition, contre ladite prétendue aliénation, le tout poursuivre et soustenir et procurer au nom desdits constituants comme ils feroient si présents y estoient, et généralement etc promettant etc obligent biens etc présents Jean Jonchere et Baptiste Leboucher

 

 

Le 22 novembre 1595[3] au lieu et manoir seigneurial du Grès devant les tabellions, fut présente dame Guillemette de Thouars veuve de noble homme Jacques Thiboult vivant sieur du Grès St Malo et baron de Juillé, laquelle pour elle et comme gardienne par justice des enfants dudit défunt et d’elle constitue establi et ordonne ses procureurs en toutes ses causes et généralles Jacques Héron (s) Moulinet

Le 1er décembre 1595 au lieu et manoir du Grès devant les tabellions, furent présents noble dame Guillemette de Thouars, veuve de défunt noble seigneur Jacques Thiboult vivant sieur du Grès Saint Mallo Bray l’Espancey aultre de Gravelle Brenou le Guignon et baron de Juillé tant en son nom que au nom et pour gardienne par justice des enfants mineurs d’ans dudit défunt et d’elle selon les lettres de ladite garde vues au baillage de Falaize, y recours, et noble seigneur Jacques Thiboult fils aisné dudit défunt et d’elle sieur du Grès Orvaulx et baron de Juillé, lesquels ont constitué estably et ordonné leurs procureur généraux et certains messagers especiaux noble seigneur Pierre Thiboult sieur de Saint Mallo[4] fils dudit défunt et de ladite dame présent et acceptant, auquel ladite dame poue elle en ladite qualité, mesme ledit sieur baron, ont donné et donnent pouvoir puissance et authorité audit sieur de Saint Mallo leur procureur de requérir inventaire estre fait de tous et chacuns les biens meubles tant morts que vifs, délaissés par le décès dudit défunt et qui sont à présent appartenant à ladite dame et ses enfants sur le lieu de la Guignière[5] terres fermes et héritages qui en dépendent en circonstances et dépendances et iceux biens meubles en tout ou partie sont altérés vendre ou faire vendre par tel prix qu’il voirra bon recepvoir et faire sortir à payement les prix provenant d’iceux biens, ensemble ce qui est de ladite terre de la Guignière et dépendances d’icelle soit à cause de fermage que autrement en toutes choses, louer et affermer ladite terre de la Guinière en son intégrité ou en partie, avec les terres  métairies et autres closes à ce appartenant, pour telle somme et à telles personnes que bon lui semblera et qu’il pourra s’il y a  … recepvoir et des autres choses prendre et recueillir par ledit sieur de St Mallo en bailler bons et vallables acquits, passer contrats desdits fermages par telles conditions qu’il voirra bon estre et faire toutes diligences de justice par exécutions ou assignations, plaider et procéder si besoing et du tout en rendre et tenir bon et loyal compte et généralement promettant et obligeant biens et choses ; présents François Cotier et Estienne Le provost

 

Le 13 décembre 1595[6] au lieu et manoir seigneurial de Grès devant les tabellions, fut présente noble dame Guillemette de Thouars veuve de défunt noble homme Jacques Thiboult vivant sieur de Grès St Mallo et baron de Juilley tant en son nom que au nom et comme gardienne décrétée par justice des enfants dudit défunt et d’elle, laquelle pour elle et audit nom à constitué establi et ordonné ses procureurs généraux et spéciaux  (blanc) auxquels ladite dame constituante donne plein pouvoir et autorité de pour elle en ladite qualité en la juridiction du baillage pour le roi à Falaize, faire faire requeste de honneste homme Fleury Vincent des réparations nécessaires faire aux maisons et héritages de la terre et seigneurie de Bray … pour et au nom d’elle et sesdits enfants, enchérir et mettre à prix au rabais lesdites réparations à tel prix et somme raisonnable que ses dits procureurs voiront bon estre

 

 

Le 18 juin 1603[7] au lieu et manoir seigneurial du Grès devant les tabellions, fut présent noble seigneur Jacques de Thiboult sieur et baron de Juilley et du Grès lequel transporte et délaisse à Michel Milcent demeurant au Grès présent et acceptant, scavoir est la somme de 800 livres en 2 parties à prendre et avoir sur noble Jacques de Sevron ? sieur de la Boulière au droit et à la représentation de damoiselle Renée Le Verrier, laquelle ledit sieur représente de droit par le transport qui luy a esté pareillement fait passé en ce tabellionnage … ledit transport fait pour le prix de 800 livres laquelle somme ledit sieur du Grès confesse avoir eu et reçue dudit Michel Milcent

 

Le 25 juillet 1603[8] au bourg de La Ferté Macé devant les tabellions, comme procès eust peu se mouvoir entre noble seigneur Jacques de Thiboult seigneur du Grès et baron de Juilley d’une part, et noble seigneur Philippe de Clinchamp sieur de Saint Germain, et demoiselle Renée Le Verrier sa femme, héritière en intégrité des successions de defunts Thomas et Jacques Le Verrier écuyers père et fils, vivants seigneurs de la Chaux, ses père et frère, mesme héritière de defunte demoiselle Catherine de Moirier sa mère vivante femme et épouse dudit défunt Thomas Le Verrier d’autre, résultant des demandes que ledit sieur du Grès prétendoit faire audit sieur de Saint Germain et sadite femme de plusieurs deniers qui lui estoient deubs de l’obligation desdits défunts Thomas et Jacques Le Verrier,

 

[1] AD61-4E172-3-466

[2] AD61-4E172/3/529

[3] AD61-4E172/3/548

[4] saint-malô, 61210 Putanges-le-Lac – au N.E. de St Hilaire de Briouze et Les Yveteaux

[5] la guinière, 61150 Écouché-les-Vallées – environ 25 km au N.E. du Grais

[6] AD61-4E172/3/587

[7] AD61-4E172/472/30

[8] AD61-4E172/472/328

La vente de la terre de Juillé sur la famille de Thiboult seigneur du Grais, 1612

Il y a fort longtemps, lorsque j’avais étudié à fonds les actes notariés concernant les ALLANEAU, j’avais trouvé 2 obligations exceptionnelles par les montants élevés, l’une de 20 000 livres sur la baronnie de Château-Gontier en faveur de Nicolas Allaneau, mon ancêtre, passée en 1567, et qui ne sera remboursé que des décennies plus tard après de multiples et longues procédures, l’autre de 11 000 livres en faveur de Jean Allaneau chatelain de Pouancé  sur Thiboust baron de Juillé. Juillé (Sarthe, près Beaumont). De Juillé[1] il reste aujourd’hui 431 h, un château féodal ruiné, des vestiges de la villa Juliacus, l’église romane des 12e, 15e avec statues classées.

Ces dernières semaines, étudiant mes ascendants au GRAIS, commune de l’Orne proche Faverolles et Briouze, j’observe la présence de cette famille Thiboult, et je m’aperçois, comme je vais vous le démontrer demain, qu’elle vivait  à la maison seigneuriale du GRAIS dont cette famille était seigneur. Et, j’ai donc vérifié qu’il s’agissait bien de cette famille seigneur du Grais, et baron de Juillé, et encore bien d’autres titres. Mais comment un Normand avait-il pu emprunter en Anjou à un Angevin une pareille somme, car au 16ème siècle elle équivaut au double un siècle plus tard du fait de l’inflation, autant dire que c’est le prix d’une dote de famille noble aisée, etc… Mais malgré mes recherches, je ne peux m’expliquer comment mes Allaneau on prêter à des gens aussi lointains, sachant que la base même de l’obligation s’est qu’on ne prête qu’à ses obligés, bien connus comme fiables, donc connus dans la région environnante à défaut de la famille proche. D’ailleurs, ces 2 obligations vont engendrer toutes les deux d’énormes procédures de recouvrement, qui occuperont plusieurs générations d’ALLANEAU, et elle figuerea dans beaucoup de succession ALLANEAU, tout en se divisant à chaque fois, mais même un 48ème de la rente annuelle était encore un montant très appréciable, à condition toutefois de pouvoir l’encaisser.

Je vous mets donc ce jour la procuration qui atteste que le parlement de Paris a fini par se prononcer pour la vente de la baronnie de Juillé, et les Allaneaux de la branche d’Alain qui avait prête ces 11 000 livres mandatent l’un d’eux pour aller toucher la somme. Ce n’est pas rien, j’imagine mal comment se déplacer avec plusieurs millions d’euros sur soi de nos jours ….

Au fil des successions, les impayés s’accumulent, et ses héritiers intentent à plusieurs reprises des procès.  Le 26 janvier 1588[2] Clément Alaneau Sr de la Grugerie nomme Vincent Menard Sr de Langenerie At pour poursuivre Messire Thiboust Sr du Grés à fin de payement de 611ÑÑ 6 s 8 d faisant le 1/3 de 5 500 L faisant 1/2 de la somme de 11 000 L qu’il doit audit Alaneau & à ses cohéritiers. A la suite de quoi un accord est signé le 10 février 1590 par Guillemette de Thouars femme de Jacques Thiboust Sr du Grés. (Dvt René Héron tabellion de Fallaize).

[1] Dict. d’Amboise des Pays de Loire, 1996

[2] AD49-E4263 Mathurin Grudé notaire royal Angers

Et je vous mets les vues pour vous excercer en paléographie :

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E121 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :
 

Le lundi 16 juillet 1612[1] après midy, (Jullien Deille notaire royal Angers) comme ainsi soit que par devant Guillot notaire royal en ceste ville d’Angers chacuns de Me René Hamelin sieur de Richebourg advocat au siège présidial dudit Angers, mari de Renée Eveillard, François Trippier sieur de la Bajullière aussi advocat audit siège, mari de Marie Eveillard, Mathurin Seguyn sieur de Beaunays mary de Jehanne Eveillard et Me Laurent Gault aussi advocat audit Angers, curateur aux causes de Jean Eveillard sieur de la Gasnerie, interdit, lesdits Eveillard frère et soeurs enfants et héritiers de deffunts Jacques Eveillard et Marie Alaneau vivant sieur et dame de la Gasnerie, eussent dès le 28 juin dernier constitué leur procureur irrévocable François Alaneau escuier sieur de la Grugerie et d’Orvaulx conseiller du roy en sa cour de parlement de Bretagne o pouvoir de substituer le tout à l’effet de la poursuite, à sa possibilité et de ses substituts, de la vente et adjudication (f°2) par decret de la terre et seigneurie de Juillé et autres biens de leurs débiteurs par devant nosseigneurs de la cour de parlement à Paris, ledit de Beaunes et toutes autres choses requises et nécessaires ainsi et aux charges et conditions amplement raportées par ladite procure et pouvoir, mesme de payer et bailler audit sieur Alaneau une huitième partie de ce que chacun d’eulx pourroit toucher de deniers procédant de ladite debte soit de principaulx arrérages de rente ou intérets frais et despens et toutes autres natures de deniers en provenant par quelque voie et forme que ce soit, dont ils auroient donné advis audit sieur Alaneau et de ladite procure envoyé production en forme, et lequel ne l’ayant désir accepter auroit chacun de Gilles de Rommellin escuier sieur de Mille Lestien père et garde naturel des enfants de luy et de deffunte damoiselle Charlotte Alaneau vivante son espouse, et Gilles Du Bouillis (f°3) escuier sieur de Reguin Bonnabry et Carmoien, mari de damoiselle Sainte Alaneau autorisée à cest effet dudit sieur son mary de l’authoriser et constituer ledit Hamelin leur procureur aulx mesmes charges et conditions portées par ladite procuration, à la charge de damoiselle Renée Alaneaun soeur desdits Alaneaux, lesdits Trippier, Seguyn et Gault esdits noms fournir le semblable et bailleront pareille procuration audit Hamelin, en sorte que chacun d’eulx ne puissent estre et ne soient tenus que chacun pour une huitième de l’évennement de ladite procuration et autres charges et conditions amplement raportées par ladite procure desdits sieurs Alaneau, de Rommellin et du Bouillis passé par Nazette et Gicquel notaires royaulx à Rennes le 3 mars dernier et aparu de copie signée desdits notaires, portant entre autres choses que le tout sera accepté par ledit Hamelin et certifié de ladite instance dans la huitaine, (f°4) ou quinzaine. Pour ce est il que par devant nous Julien Deille notaire royal à Angers furent présents establis et deument soubzmis ladite damoiselle Renée Alaneau demeurant Angers paroisse de Saint Denis, lesdits Trippier et Marie Eveillard son espouse, Seguin et Jehanne Eveillard son espouse authorisées respectivement par leurs dits maris par devant nous quant à ce, et encores lesdits Trippier, Seguyn et leurs femmes eulx faisant fort dudit Gault curateur dudit Jehan Eveillard interdit, promettant luy faire ratiffier ces présentes et en fournir en mains dudit sieur de la Grugerye dans huitaine ratification vallable à peine de toutes pertes despens dommages et intérestsn cesdites présentes néanmoings demeurant en leur force et vertun demeurant audit Angers paroisse de la Trinité, lesquels confessent volontairement après que leur avons de mot à autre lu les deulx procurations cy dessus datées la première passée par ledit Guillot ledit 26 juin dernier et la seconde par lesdits Nayotte et Gicquel le 1er mars, et furent lesdites (f°5) procurations en tous points et articles d’icelles fait entendre, ont aussi de leur part nommé et constitué leur procureur irrévocable ledit Hamelin sieur de Richebourg ainsi que ont fait lesdits sieurs Alaneau, de Rommelin et de Bouillis esdits noms par ladite procuration dudit 3 de ce mois sans aucune exception ne réservation se conformant à la constitution et nommination faite de la personne dudit Hamelin par lesdits sieurs Alaneau, de Rommelin et de Bouillis, par leurs procurations, ce que ledit Hamelin à ce présent a accepté ce requérant lesdits constituants cy dessus dénommés et à la charge de ce que chacun d’eux touchera par l’évennement desdits poursuites conformément à ladite procure dudit 8 juin dernier et autrement n’eust ledit Hamelin accepté et n’acceptera lesdites charges et procuration, et aux dommages intérests et despens amandes et restitution en cas de deffaut se sont (f°6) obligé et obligé eulx leurs hoirs etc renonçant etc foy jugement condemnation etc fait et passé audit Angers maison de nous notaire en présence de Me Pierre Desmazières et Nouel Perier clercs demeurant audit Angers »

PS ! Le 20 dudit mois de juillet 1612 avant midy devant nous Julien Deille notaire royal susdit fut présent establi et deuement soubmis ledit Gault sieur de la Saulnerie advocat au siège présidial d’Angers y demeuran tparoisse st Pierre, curateur de Jacques Eveillard sieur de la Gasnerie interdit, lequel audit nom après avoir veu et lu l’acte de procuration cy dessus consenti par ladite Allaneau et lesdits Trippier Seguyn et leurs femmes en leurs noms eulx faisant fort d’elles, ledit Gault (f°7) audit nom assisté par ledit Hamelin sieur de Richebourg aussi y desnommé comme à luy agréable a ratiffié et approuvé et par ces présentes ratiffie et approuve voulu et consenti veult et consent que lesdites procures et procurations sortent effet

 

[1] AD49-5E121/132 Devant Deille Notaire Angers

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog

Laurent Gault, de Pouancé, à Angers pour affaires : 1577

Comme certains d’entre vous le savent déjà, j’ai beaucoup travaillé les GAULT et d’ailleurs vous avez beaucoup d’actes sur mon blog et sur mon site.

Voici de jour la magnifique signature de Laurent Gault en 1577.  J’y vois 5 rangées de colonnes de chiffres 2 qu’on voit souvent sur les signatures mais dont on ignore le sens, s’il y en a un. Cet acte est passé à Angers, donc il se rendait souvent à Angers pour affaires. Et, pour mémoire, Angers est à plus d’une journée de cheval d’Angers, donc il fallait changer de cheval, probablement au Lion d’Angers, d’ailleurs ici le débiteur était précisément du Lion d’Angers.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E1 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 21 octobre 1577 (devant Jehan Bardin notaire Angers) par devant nous notaire royal Angers soubzsigné a comparu Lorant Gault marchand demeurant à Pouancé, lequel soubsmis soubz ladite cour royal d’Angers luy ses hoirs biens et choses a confessé et confesse avoir eu et receu de missire Robert Talbot prêtre demeurant au Lyon d’Angers la somme de 28 livres tz en or et monnaye, en laquelle somme ledit Talbot luy estoit tenu et redevable par obligation passée soubz ladite cour devant ledit Bretin le 24 mars 1574, dont ledit Gault s’est tenu et tient contant et en a quite ledit Talbot ses hoirs, et au moyen de ce ledit Gault a présentement rendu ladite obligation audit Talbot   …

 

René de Scépeaux emprunte 1 000 livres : Saint Martin du Bois 1614

Vous avez la famille de René de Scépeaux sur mes pages concernant le prieuré de la Jaillette, car il y avait une préséance, et je réalise ce jour qu’en fait il ne demeurait pas à la Jaillette mais en était proche voisin géographiquement et y était attaché.

Or, dans cette généalogie je ne trouve pas la présence de la famille de Vigré, car étant cautions, on pourrait déjà penser en premier lieu qu’ils sont proches parents. Alors sans doute des proches en affaires ? Car pour être caution d’une somme aussi importante (elle représente alors presque une closerie), il faut être sur et ami et proche parent.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E1 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle)

Le mercredi 5 novembre 1614 avant midy, devant nous Jehan Duvau notaire royal Angers fut présent et personnellement estably René Despeaulx escuier sieur du Couldray demeurant paroisse de Saint Martin du Boys près la Jaillette, Georges de Vigré escuier sieur de la Devansaye demeurant paroisse de Marans, René de Vigré aussi escuier sieur dudit lieu demeurant paroisse de Saint Martin du Bois, et honorable homme Me Pierre Charpentier advocat Angers y demeurant paroisse st Pierre, lesquels deuement soubzmis soubz ladite cour eulx et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division de personnes ne de biens leur hoirs etc confessent avoir ce jourd’huy vendu créé et constitué et par ces présentes vendent créent et constituent par hypothèque général et universel, promis et promettent garantir fournir et faire valoir tant en principal que cours d’arrérages à honnorable homme Me François Brecheu sieur de la Prudomerie aussi advocat audit lieu en la personne de honnorable femme Marguerite Audouyn son espouse à ce présente stipulante et acceptante et laquelle pour ledit sieur de la Prudomerye son mary et de leurs deniers a achapté et achapte (f°2) la somme de 62 livres 10 soulz de rente hypothécaire annuelle et perpétuelle paiable et rendable franchement et quitement par lesdits vendeurs leurs hoirs et aians cause auxdits sieur et dame de la Prudomerye leurs hoirs et aians cause en leur maison audit Angers par chacun an par demie année aux mesmes jours de may et novembre le premier payement au mesme may prochainement venant et à continuer et laquelle dite somme de 62 livres 10 soulz tz de rente lesdits vendeurs et chacun d’eulx ont solidairement du jourd’huy et par ces présentes assise et assignée assient et assignent généralement sur tous et chacuns leurs biens meubles et immeubles rentes fruits et revenus quelconques présents et futurs et spécialement sur chacune pièce d’iceulx seule et pour le tout de proche en proche sans que le spécial et général hypothèque puisse se faire préjudice ains confirmant et approuvant l’ung l’autre, o pouvoir et puissance auxdits sieur et dame de la Prudomerye d’en faire faire déclarer (f°3) plus particulière assiette en assiette de rente … ; laquelle constitution est faite pour et moyennant la somme de 1 000 livres tz payée et baillée manuellement contant par ladite dame de la Prudomerye des deniers de sondit mary auxdits vendeurs qui icelle ont eue et manuellement receue contant en présence et à veue de nous en pièces de 16 sols et autres monnayes ayant cours suivant l’édit et dont lesdits vendeurs se sont tenuz et tiennent à contants et bien payés et en ont quité et quitent lesdits sieur et dame de la Prudomerye Brecheu  …

Anne Ayrault veuve Eveillard a droit à sa part de la rente Allaneau créée en 1567 par Nicolas Allaneau sur la baronnie de Château-Gontier.

Je descends des ALLANEAU et ceux qui me suivent depuis longtemps savent combien j’avais travaillé cette famille Allaneau. Dans cette étude, vous avez l’incroyable acquêt fait le 19 février 1567 par Nicolas Allaneau, car il s’agit bien d’une rente immobilière ainsi que des tribunaux jugeront plus tard. Car Nicolas Allaneau laisse peu après 10 héritiers, pas moins, et au fil des générations, et des veuvages donnant droit à douaire, cette rente est toujours divisible entre eux, avec des complications invraisemblables, si invraisemblables d’ailleurs que chez tous les notaies d’Angers, on trouve des décennies plus tard encore des transactions etc… Bref, j’ai déjà des dizaines de minutes trouvées qui relatent ces difficultés, et en voici une, mais auparavant je vous cite l’origine de cet héritage si particulier :

*Au décès d’Anne d’Alençon, le duc et duchesse de Nevers héritent de la part de la baronnie de Chateaugontier. Ils  vendent le 19 février 1567[1] à Nicolas Allaneau « une rente pour 20 000 L de principal sur la terre, ville et baronnie de Châteaugontier jusqu’à concurrence de 1 500 L de rente annuelle » Nicolas 3e meurt en 1583 et « depuis son décès ses enfants qui étaient au nombre de 10 auraient paysiblement jouy chacun d’1/10 de ladite rente soit à chacun d’eux 150 L de rente

[1] devant Bodin notaire royal à Angers, cité in AD49-E1465.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E121 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle)

Le 11 novembre 1620, par devant nous Julien Deille notaire royal à Angers fut présent estably et deuement soubzmis Me Pierre Alaneau sergent toyal demeurant Angers paroisse de la Trinité en son nom et comme soy faisant fort de Me Louys Alaneau son frère, héritiers bénéficiaires et créanciers de defunts Louys Alaneau et Hélye Vetault leur père et mère, lequel esdits noms et en chacun d’iceulx seul et pour le tout sans division de personnes ne de biens sur l’advis qu’il a eu y avoir assignation à Chateaugontier ou ailleurs en conséquence d’arrest du conseil pour arrester et liquider les arrérages de la rente deue aux Alaneaux ou leurs aians droits sur le domaine et baronnye dudit Chateaugontier en quoy damoiselle Anne Ayrault veufve du feu sieur Eveillard conseiller avoit droit pour sa part afférante audit feu Alaneau en vertu de décret intervenu par arrest de la cour, et encores que l’on désire procéder au remboursement du principal de ladite rente, ce que pour ladite part pourra estre dispercé à cause dudit arrest portant adjudication dudit decret sinon que lesdits Pierre et Louys les Alaneaux en soit tenu y aporter leur consentement avecq (f°2) pouvoir à ladite damoiselle Ayrault de faire ladite liquidation et recevoir lesdits arrérages ou ce qui luy est deu et escheu depuis le 4 mai 1603, avecq le principal a ledit Alaneau esdits noms consenty et accordé consent et accorde que ladite Ayrault touche et reçoive lesdits arrérages après la liquidation d’iceulx qu’elle en pourra faire dudit principal et que l’acquit qu’elle en baillera valle à la descharge de ceulx qui feront ledit remboursement et tous autres qu’il appartiendra ainsi que lesdits les Alaneaulx ses bailleurs, sauf à compter avecq elle et ce qu’elle touchera en faire faire déduction sur l’exécution dudit arrest ainsi que par raison se trouvera debvoir estre fait ne au surplus déroger à leurs droits respectivement et pour en tant que besoign est soit fait tous autres consentements nécessaires à l’effet que dessus partout où il appartiendra ledit Alaneau esdits noms constitue le porteur des présentes son procureur général o tous pouvoirs et puissance dont (f°3) l’avons jugé et condemné ; fait audit Angers à notre talier présents Me Jacques Baudin, François Guitton et Louys Lay clercs demeurant audit Angers tesmoings »

Ah, j’oubliais de vous dire que je descends de ces Allaneau, mais rassurez-vous tous et riez un bon coup, car la rente est éteinte depuis des siècles tout de même et il ne m’est rien parvenu.