Les enfants dans le 3ème régiment des Gardes d’Honneur

J’ai terminé mon mémorial des volontaires du 3ème régiment de Gardes d’Honneur, 1813, et je vais vous le mettre en ligne. Auparavant, je reviens sur l’âge des Gardes d’Honneur.

Selon le lieutenant-colonel Housset, dans son ouvrage La Garde d’honneur 1813-1814, p.65-66 « les articles 14 et 15 du décret du 5 avril 1813 pour le recrurement précisent  » âge de 19 à 30 ans inclusivement » et l’auteur ajoute que Napoléon écrivait le 4 juin 1807 à Kellerman ; « … Les enfants de 18 ans sont trop jeunes pour faire la guerre si loin… »

Je vais vous faire une page sur les plus jeunes cas relevés dans le rôle du 3ème régiment, et voici un cas qui me pose problème, sachant que le secrétaire était parfois dans la lune (excusez mon expression, mais nous l’avons vu faire des fautes d’inattention) je me damande que penser de la date de naissance suivante, qui donne 9 avril 1805, ce qui met l’âge du Garde d’honneur à 8 ans, 1 mois et 19 jours

 

J’observe des âges assez variables, mais aussi des cas de très jeunes, qui me semblent si jeunes que je découvre ces enrôlements d’enfants. Voici l’un d’entre eux :

Pierre Garbini est né en 1795, mais la colonne de droite raconte qu’il serait entré auparavant volontaire en 1807. Or, en 1807 il n’avait que 12 ans. Il s’agit d’un Italien, département d’alors, dont je vais vous faire la statistique. Mais j’ai quelques autres enfants du même âge en département Français, et le terme « volontaire » à chaque fois. Comment des enfants de 12 ans peuvent-ils être volontaires ? Je viens de trouver la réponse sur un site https://forum.napoleon1er.net/viewtopic.php?t=58841 et il y avait bien des enfants dans les troupes. 

La longue carrière militaire de Louis Auguste CARNAVAN avant d’entrer au 3ème régiment des Gardes d’Honneur, 1813

Et sa légion d’honneur en 1807, mais dans le rôle du 3ème régiment des Gardes du Corps, sa date de naissance est pour le moins étrange, et encore une distraction, du moins je le présume, du secrétaire. Donc, voici le rôle de 1813 :CARNAVAN Louis Auguste, fils de François et Françoise Anne Fredy, né le 16 janvier 1796 à la Guadeloupe, dernier domicile Angers (49), taille 1,71 m, visage ovale, front rond, yeux gris, nez aquilain, bouche moyenne, menton pointu, cheveux et sourcils chatains, cicatrice à côté de l’œil gauche, 8ème escadron, 8ème compagnie, Membre de la Légion d’honneur le 1er octobre 1807 – Garde d’honneur, maréchal des logis le 20 juin 1813 – Entré au régiment de la Guadeloupe en 1788 – Fait prisonnier à la Guadeloupe, dans les ordre du Général Colot en 1793 – Entré en France par capitulation en 1793 – Incorporé dans le régiment des Antilles à Brest en 1794 – Parti à l’expédition de la Guadeloupe, sous les ordres du Colonel Cotin, en 1795 – Fait prisonnier à bord du Duras, au vent de la Désirade en 1795 – Conduit prisonnier à la Martinique en 1796, prisonnier en Angleterre à Cleautais à bord du Bristol en 1797 – Décrété des prisons d’Angleterre en 1800 – Entré volontairement au 5ème régiment de dragons le 11 vendémiaire an 9 – Fait brigadier le 19 novembre 1807 – Maréchal des logis le 20 février 1809 – Campagne en 1793 en Amérique an 12 an 13, aux côtes de l’océan antartique an 14 – 1806 en Autriche, … de Pologne en 1808-1809-1810-1811 en Espagne et Portugal, Blessé … d’un coup de sable en l’an 14 – Blessé d’un coup de sabre et de 2 coups de sabre à la bataille d’Austerlitz en 1805 – Blessé à la bataille de Friedland de 7 coups de sabre, 2 coups de lame et un coup de feu.

matricule 253 – arrivé au Corps 13 juin 1813 – vue 46

 

Et voici son parcours militaire sur son dossier de légion d’honneur en 1807 extrait de la base LEONORE :

Une énorme distraction du secrétaire dans le rôle du 3ème régiment des Gardes d’Honneur, 1813

Je poursuis la retranscription du rôle du 3ème régiment des Gardes d’Honneur, 1813. J’y rencontre quelques distractions du secrétaire, probablement aussi quelques données erronées données par les jeunes gens arrivés à Tours en juin et juillet 1813, erreurs volontaires ou simple distraction, mais je termine prochainement mon relevé, à la mémoire de ces garçons, dont beaucoup ont disparu.

Voici la plus énorme distraction du secrétaire tenant le rôle, et elle est tellement énorme que je vous laisse la découvrir :

Donc, je n’ai pas de date de naissance, car bien entendu je laisse tomber celle qui figure ici, car il serait né après être arrivé au corps. Cela devait être si perturbant de voir défiler tous ces jeunes que je comprends la distraction…

L’état civil relatif des enrôlés en 1813 : exemple du 3ème régiment de la Garde d’Honneur

Cliquez sur le titre pour lire  pleine page.

Pour honorer la mémoire de ces garçons, dont beaucoup sont probablement totalement oubliés des généalogistes actuels, je poursuis mon relevé du rôle du 3ème régiment des Gardes d’Honneur, 1813. J’en ai déjà tappé 1400 sur 2600 donc je vous mettrai dans 10 jours le rôle entier en ligne. Mais cette lecture attentive que j’en fait, me laisse parfois perplexe sur l’absence manifeste d’état civil exact sur chacun d’eux. En effet, certains ne connaissent que leur année de naissance, d’autres ne la connaissent que dans le calendrier révolutionnaire, et manifestement sur le plan géographique la multiplicité des départements, tous récents, embrouillait soit l’enrôlé, soit le secrétaire qui tenait le rôle, car j’observe quelques erreurs. En voici une, et je vous laisse vous-même découvrir :

Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Bon, vous avez bien lu que La ROCHELLE était mise en LOIRE INFERIEURE. A votre avis, qui a fait l’erreur, l’enrôlé ou le secrétaire qui tient le rôle ?

Année Napoléon : Joseph d’Andigné garde d’honneur

Poursuivant ma table du 3ème régiment des gardes d’honneur 1813, je tombe sur :

Joseph DANDINIER né le 15 juillet 1791 à Segré, arrivé à Tours le 28 novembre 1813, décédé à l’hôpital de Metz le 3 avril 1814.

Ce DANDINIER qui dit êtré né à Segré attire mon attention, et je découvre après recherches sur les registres d’état civil de Saint Gault (53) qu’il y est né Joseph d’Andigné, donc pas DANDINIER mais d’Andigné, et pas né à Segré mais à Saint-Gault.

Puis, dans l’excellent ouvrage du monsieur d’Andigné, page 76, je le trouve, mais il serait décédé à l’hôpital de Saint Gault d’une chute de cheval.

Saint-Gault, état civil, année 1814 : «  L’an 1814 ke 25 décembre à 10 h du matin par devant nous adjoint du maire faisant les fonctions d’officier public de l’état civil de la commune de Saint Gault, canton de Chateaugontier, département de la Mayenne – Extrait mortuaire commune de Tours hôpital : au registre des décès dudit hôpital à été ce qui suit le sieur d’Andigné Joseph garde d’honneur à Tours natif de Saint Gaud canton de Chateaugontier, département de la Mayenne, est entré audit hôpital le (blanc) et y est décédé le 3 avril 1814 par suite de fièvre. Je soussigné économe dudit hôpital certifie le présent extrait véritable et conforme au registre des décès dudit hôpital, fait à Tours le 1er mai 1814 »

En conclusion, Joseph d’Andigné (écrit DANDINIER dans le rôle du 3ème régiment des gardes d’honneur 1813) n’est pas né à Segré mais à Saint Gault et ne serait pas décédé à l’hôpital de Metz comme l’indique ce rôle, mais serait décédé à l’hôpital de Tours comme semble indiquer la retranscription faite à l’état civil de Saint Gault. Alors, quelle est la vérité ? Où est-il décédé. Il faudrait vérifier les états civils de ces 2 hôpitaux.

Une chose est certaine, la famille a fait mettre sur le registre la retranscription de ce décès le jour de Noël, regardez-bien cette date sur l’était civil de Saint Gault, elle est impressionnante et témoigne de l’immense douleur de la famille, et surtout un fils aîné, et on sait combien les fils aînés étaient importants dans les familles nobles.

Ceci dit, pour ce qui est de la fièvre, les décès dans les armées autrefois étaient majoritairement d’origine infectieuse bien avant d’être blessures et suites de blessures. Cela nous ramène un peu au temps de pandémie que nous vivons… Je vais pourtant continuer ma table de ce régiment, car malgré ce qu’il faut bien appeler des approximations nombreuses y compris dans l’orthographe des noms de famille, ce sera surement intéressant.

A*

Odile

 

Année Napoléon : le recrutement du 3ème régiment des Gardes d’Honneur

Pour reconstituer la cavalerie légère, décimée pendant la campagne de Russie, Napoléon ordonne le 3 avril 1813 la création de 4 régiments de Gardes d’Honneur. Chaque département se voit imposer un nombre à respecter, et chaque préfet assume à sa manière le recrutement des prétendus « volontaires ». Une chose m’est claire, il s’agit d’une classe aisée, car la famille paye tout, depuis le cheval, jusqu’à l’entretien du linge, comme je vais vous le démontrer cette année à travers mon fonds personnel de lettres d’un des gardes d’honneur, frère aîné d’un de mes ascendants. J’étudie donc à fonds en ce moment le recrutement, à Tours, du 3ème régiment de cavalerie qui balayait l’ouest de la France, depuis les Pyrénées, les Landes, la Dordogne, la Corrèze, jusqu’au Finistère. Les garçons étaient le plus souvent d’abord regroupés au chef-lieu du département et envoyés en groupe, mais j’observe quelques individus isolés. Je vous en reparle ces temps-ci, année Napoléon.

Ce jour, l’un de mes lecteurs trouvera l’un de ces cavaliers, à la carrière militaire rapide, mais qui eut la chance de survivre à la bataille de Reims, dont je vais vous reparler car elle fut la fin du mien. Il poursuivit même, avec succès sa carrière militaire. Voici donc la fiche militaire qui peut figurer sur ROGLO

QUATRE BARBES (de) Auguste Félix Marie, fils d’Augustin et Félicité Gabrielle Augustine Bourdon, né le 4 août 1794 à Chatelain (53), dernier domicile Chatelain (53), taille 1,71 m, visage ovale, front ordinaire, yeux bleus, nez moyen, bouche moyenne, menton rond, cheveux et sourcils bruns, 10ème escadron, 10ème compagnie, garde d’honneur, brigadier le 5 juillet 1813, fourrier le 21 août – Passé aux Gardes du Corps
matricule 618 – arrivé au Corps 1er juillet 1813 – vue 106 / Ministère des Armées – SHD/GR 20 YC 171 – 3e régiment de gardes d’honneur, 5 avril 1813-24 juin 1814

Comme on peut l’observer sur cette fiche d’enrôlement, l’état civil du garçon est ce qu’il veut bien déclarer. Or, dans le cas de ce garçon, il est né en Allemagne, parents réfugiés, mais il se dit né à Chatelain, et on peut se demander si ses parents lui racontaient la vérité ou si c’est lui qui la dissimule. Mais une chose est certaine, c’est qu’il sait sa date de naissance, alors que beaucoup ne la connaissent pas, même dans ce milieu aisé, j’y reviendrai, car j’en fait la statistique actuellement.