Saint René Goupil, honoré au Canada le 29 septembre

Nous honorons les René le 19 octobre, mais René Goupil, massacré par les Iroquois en 1642, est honoré le 29 septembre au Canada.

  • Lieu de naissance : l’Oucheraie en Saint-Martin-du-Bois
  • Saint-Martin-du-Bois est située dans la province d’Anjou, France – aujourd’hui Maine-et-Loire.
    L’Oucheraie est une ancienne maison noble avec closerie, qui relevait de Bouillé-Théval (Monguillon). En est sieur Etienne des Rues en 1548, Guyonne Richardeau veuve de Vincent Crespin, en 1575, Hippolyte Goupil en 1620, Pierre Cordier mari de Marie Goupil en 1678, Louis Recoquillé, maître chirurgien à Château-Gontier, 1729, fils de Perrine Goupil. (Selon C. Port, 1ère édition)


    L’Oucheraie (carte de Cassini, sur laquelle elle est orthographiée Loncherais, au milieu, un peu à droite, image cliquable)

    Sur la page Web consacrée à Saint René Goupil il y a une photo de ferme ancienne. Mais, l’Oucheraie comportait sans doute autrefois un logis, comme c’est le cas dans les maisons nobles et l’autre pour le closier. Le chirurgien demeurait dans le logis, disparu de nos jours, et non dans le logement du closier qui est photographié car subsistant de nos jour. Je reconnais que les M.H. disent aussi que la maison actuelle était celle de René Goupil, mais j’émets des doutes, car elle ne correspond pas au train de vie habituel d’un chirurgien de l’époque ; en outre le chirurgien de travaillait pas en closier donc devait avoir un closier près de lui.

  • Une lignée de chirurgiens
  • Les Goupil sont chirurgiens de père en fils. Voici un acte plus tardif, sur lequel néanmoins on trouve le métier.
    Pierre Cordier, détenteur de l’Oucheraie en 1678 (cf ci-dessus), est chirurgien sur son mariage en 1654 à Saint-Martin-du-Bois, le 3 novembre 1654, avec Marie Goupil. L’Oucheraie lui vient donc de sa femme, fille de Pierre sieur de Loucheraie, petite fille sans doute d’Hyppolite.

  • Naissance le 15 mai 1608
  • Le quinziesme jour de may l’an six cens huict
    fut baptizé René filz de Hypolite Goupil et de Luce Provost parrain
    René Aulbert Marie Bodein femme du recepveur
    de la Mothe d’Orvaulx marraine.
    L’acte est déjà sur Internet sur une page consacrée à Saint René Goupil, mais mes commentaires diffèrent.
    Ses parents eurent aussi :

      Claude, né le 29 mai 1607 filleul de Gilles Gasneau et de damoiselle Marie de Guynefolle
      Agathe, née le 17 décembre 1609 filleule de Jehan Thibault et de Agathe Seureau
  • Les Jésuites à La Flèche
  • En 1603, Henri IV autorise le retour en France des Jésuites, expulsés en 1594 par le Parlement. Depuis leur départ, la noblesse et la bourgeoisie devaient envoyer parfois leurs enfants à l’étranger, faute de collèges. L’enseignement secondaire est donc au plus mal, et les Jésuites seuls capables de le prendre en charge.
    Henri IV, prudent, leur fixe les villes où ils vont créer de nouveaux collèges, leur interdit d’acquérir aucun immeuble, recueillir aucune succession ni donation. Mais ils ne les laissent pas les mains vides, et dote les collèges autorisés d’un patrimoine consistant.
    Ainsi, il les installe à La Flèche, dans le Château Neuf de sa grand mère, Françoise d’Alençon, qui restera le noyau historique des batiments d’enseignement du collège. Et, il ajoute quelques fleurons du bénéfice ecclésiastique local. Entre autres, le 15.1.1618, l’abbé du Mélinais doit partager avec les Jésuites, en leur cédant le prieuré de la Jaillette, qui est alors annexé au Collège royal de La Flèche, avec quelques autres prieurés.

  • Les fils de chirurgien au collège de La Flèche
  • Sans avoir la preuve formelle que René Goupil fit ses études à La Flèche, on peut le supposer car j’ai déjà rencontré des fils de chirurgiens envoyés à La Flèche, ainsi les Charil, longue lignée de chirurgiens au Pertre, aux confins de la Bretagne, l’Anjou et le Maine.
    Ceci est d’autant plus vraisemblable que les « petits collèges » angevins, n’ont pas grand chose à voir avec un collège, et le terme prête à confusion. Ce ne sont que de petites écoles enseignant des rudiements, et au mieux le latin, pour quelques élèves seulement. Ce sont alors :

      Segré, fondé en 1595 par Jean Chardon, prêtre
      Grez-Neuville fondé en 1592
      Champigné en 1631 par Mathurin Rainfray, prêtre
      Martigné fondé en 1610 par Jacques Bordillon prêtre
  • Les biens du collège de La Flèche à Saint-Martin-du-Bois
  • Le temporel du prieuré de la Jaillette est riche de métairies et closeries sur de nombreuses paroisses, entres autres à Saint-Martin-du-Bois il tient la Bouserazière, la Grande Chesnais, le Petit Coudray, la Vauvelle. D’ailleurs, la Jaillette voisine Saint-Martin-du-Bois
    Le prieuré est alors tenu à ferme avec obligation du service divin. C’est une très grosse ferme, qui rapporte plus de la valeur d’achat d’une métairie par an ! (j’ai bien dit valeur d’achat, c’est dire l’importance du revenu)
    En 1541, cet important temporel est affermé par l’Abbaye du Mélinais, à Mathurin Loyau marchand, demeurant à St Martin-du-Bois, et à Missire Guillaume Loyau, prêtre, son frère
    En 1575 bail à ferme à Corbon Chardon, greffier de la chatelennie de Segré et Charles Basourdy marchand (sans doute son gendre, sinon son beau-frère), qui demeurent à la Jaillette
    En 1621 les Jésuites l’afferment à Michel Basourdy, prêtre, fils de Charles et de Renée Chardon. Après son décès, sa mère doit tenir en 1629 les assises et rendre compte aux Jésuites
    En 1629 Renée Chardon reprend les comptes de son fils Michel Basourdy, décédé
    En 1631 Etienne Bienvenu, notaire etc…

  • Les visites de Jésuites à La Jaillette
  • Le bail comporte une clause de visite des Jésuites. Ce type de clause n’est pas rare dans des baux à ferme : le bailleur se réservait un droit de visite plusieurs jours par an : le preneur devait le loger dans le logis le plus noble, le nourrir et bien entendu les chevaux aussi.
    Les Jésuites venaient donc à La Jaillette. Cette église, fillette de Louvaines, était très fréquentée, et les sermons étaient sans d’un bon niveau, et les appels en faveur des oeuvres des Jésuites, en particulier leurs projets en Nouvelle-France, devaient y être fréquents.

  • Les Jésuites et la Nouvelle-France
  • En 1625, les Jésuites s’installent au Canada (Nouvelle-France), et créent en 1632 le poste de Sainte-Marie-aux-Hurons, point de ralliement des autochnones qui participaient au commerce des fourrures.
    Au péril de leur vie, ils visitent la majorité des tribus établies aux environs des Grands Lacs.

  • René Goupil en Nouvelle-France
  • On trouve sa trace à Paris, entrant en 1639 chez les Jésuites, mais sa surdité le met à l’écart. Puis, voyez René Goupil, sa vie en Nouvelle-France (je suis incompétente pour ajouter quoi que ce soit)

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet seule une citation ou un lien sont autorisés.

    10 réponses sur “Saint René Goupil, honoré au Canada le 29 septembre

    1. Quelle érudition ! Toujours des liens passionnants …
      Je ne sais si ce René GOUPIL a une quelconque attache avec les miens mais chaque jour, avec vous, ce sont des bribes de culture qui nous arrivent !

    2. Bien intéressant billet sur René Goupil.
      Mathurin Branchu né vers 1608, marié en Juillet 1634 à Seiches, avec Anne Riffault , ( vue 239) ancêtres à la 11éme génération,dont un fils Jacques, né vers 1636, fut religieux et partit évangéliser les Iroquois au Québec, on ignore la date de sa mort, on croit qu’il y fut victime des hurons ?? ( A M de Seiches s/Loir -1600 -1700. Archange Godbout: » Les Angevins au Québec »( 1908)

    3. Jacques Branchu, fils de Mathurin Branchu et de Anne Riffault, est né en novembre 1637 à Seiches sur Loir ( vue 212 ) baptêmes 1605- 1687.

    4. -Un sérieux doute !

      Un Jacques Branchu,fils de Mathurin Branchu et de Anne Riffault épouse le 11. 7 1667 à Briollay,Perrine Pelluau,fille de déf François Pelluau et de Rose Daviau,(vue 215 ) et décède le 18 9 1703 à Soucelles à l’âge de 66 ans.(vue 61 )

      Autre Jacques Branchu,né le 15 9 1640 à Seiches SurLoir,fils de Guillaume Branchu et de Catherine Royer .( vue 228)

      Cousins ? Serait-il la victime des hurons ?

    5. -Ce que dit André Sarazin.

      -LE GRAND-ONCHERAY,à Saint-Martin-du-Bois.
      -Maison natale de Saint René Goupil.
      -C’est un bien modeste logis que cet ancien manoir,de longtemps devenu simple ferme.Les fenêtres du premier étage ont été murées,celles du rez-de-chaussée modifiées au XIXe siècle,un toit bas a remplacé la haute toiture d’origine…Rien ne laisse deviner l’ancienneté des lieux,sinon quand même un curieux contrefort à l’angle de la façade,dont part un reste de colombage. L’arrière de la maison conserve un grand mur de schiste qui lui donne un petit air de forteresse;il est d’ailleurs percé d’une curieuse meurtrière,qui permet de le dater du XVI e siècle et se prolonge par un pittoresque colombage.
      -Après avoir appartenu aux seigneurs des Rues,de Chenillé-Changé,ce petit manoir était advenu,dès la fin du XVe siècle,à la famille Crespin,dont l’un,Vincent,fut maire d’Angers en 1509.Son petit-neveu,Jean Crespin,écuyer,sieur de la Chartenaie et de l’Oncheray,laissa veuve,en 1598,dame Françoise Le Frère,tutrice de leur fils unique,Jean.celui-ci mourait peu après. L’Oncheray passa par héritage à un cousin,Hippolyte Goupil,époux de Luce Provost.
      – On leur connaît cinq enfants:Claude ,l’aîné,baptisé le 29 mai 1607 ( vue 27).
      René 15 mai 1608 (vue 29);Agathe,l’année suivante (17 12 1609 vue 33) ,puis encore Hippolyte et Pierre; ce dernier sera notaire et sergent royal,héritera de l’Oncheray,sera inhumé dans l’église de Saint-Martin-du-Bois, le 24 octobre 1650. Ses filles épouseront:l’une,Julien Recoquillé,l’autre,Pierre Cordier,chirurgien,qui se partageront le domaine.Des Cordier descendront les Chopin et,lors de la Révolution,Louis Chopin,qui avait réuni le Grand et le Petit Oncheray,sera dénoncé comme chouan.
      -Mais si aujourd’hui,la vieille maison nous paraît encore digne d’intérêt,ç’est parce qu’elle a eu l’honneur-bien rare,on l’avouera,d’abriter les premières années d’un homme que l’Eglise allait,à notre siècle,porter sur les autels par sa canonisation le 29 juin1930.Revenons en effet au petit René Goupil,le fils d’Hippolyte,baptisé le 15 mai 1608 ( C’est aux recherches de M.Bernard du Peloux,bien connu pour son érudition,que nous devons la découverte de l’acte de baptême de saint René Goupil,que l’on savait seulement né le 13 mai 1608 dans une paroisse Saint Martin(mais laquelle ?),dans le diocèse d’Angers.),tenu sur les fonts baptismaux par René Aulbert et la femme du receveur de la Motte d’Orvaulx.
      -On ne sait naturellement rien-et c’est bien dommage-de ses premières courses dans les chemins creux qui environnent l’Oncheraye,de ses jeux,de ses bagarres avec ses petits frères et sœurs,si rapprochés d’âge(mais même les futurs saints,quand ils sont petits,font volontiers colères et caprices…)Adolescent,sa première vocation sera,et ç’est déjà un bon point que nous lui accordons,de soulager la souffrance des autres en voulant être médecin. De fait,il sera chirurgien,ç’est à dire,dans la terminologie de l’époque,un médecin qui n’a pas suivi le cycle complet des études jusqu’au doctorat.
      Mais,ses études achevées,une nouvelle exigence se fait jour chez lui et il entre,le 16 mars 1639,au noviciat des Jésuites de Paris.Une terrible épreuve le frappe quelques mois plus tard:la surdité.Interrompant son noviciat,il demande alors à être envoyé au Canada,français depuis 1632 et, où les Jésuites avaient ouvert une mission pour la conversion des Indiens cannibales,dont la cruauté,hélas! n’était pas une simple légende.René Goupil,ce faisant,voulait,semble-t-il,réaliser sa vocation de missionnaire,en qualité de laïc. De 1640 à 1642,il est au service des missionnaires de Saint-Joseph de Sillery,près de Québec,qui apprécient ses talents de chirurgien.
      -Le 1er août 1642,il quitte Trois-Rivière ,en compagnie du Père Ysaac Jogues,d’un autre missionnaire,de plusieurs chefs hurons,en tout une quarantaine de personnes,dans une flottille de douze canots.Ils seront,quelques jours plus tard,capturés par les Iroquois,qui leur arracheront les ongles,les feront passer par les baguettes dans chaque village qu’ils traverseront.charbons ardents,coups de couteau,mutilations,bûcher enfin.
      Les cadavres ensuite étaient dépecés et mangés…René Goupil fut préservé du pire:le 29 septembre 1642,il était tué d’un coup de tomawak par un Iroquois pour avoir baptisé un enfant.Quelques jours plus tôt,il avait prononcé ses vœux de religion entre les mains du Père Ysaac Jogues.(qui sera lui aussi martyrisé,deux ans plus tard,et canonisé en 1930)
      Il sera ainsi le premier des Jésuites martyrs du Canada.
      (Manoirs et Gentilhommes d’Anjou. André Sarazin.)

    6. -HISTOIRE D’ANJOU,VILLE DE MONTREAL.(1956-2006)
      -L’origine de ce nom,est attribuable au fait, que la ville de Montréal,portait le nom de Ville-Marie,à sa fondation en 1642.
      -Par ailleurs deux résidents de la ville d’Angers en France,sont à l’origine de la fondation de Montréal.
      -Il s’agit de l’abbé Olier,Supérieur des Sulpiciens et de Mr de La Dauversière,percepteur d’impôts pour le roi de France.(page 33).
      http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/PAGE/ARROND_ANJ_FR/MEDIA/DOCUMENTS/ANJOU_01_HISTOIRE_RECIT_TEXTE.PDF

        Note d’Odile :

      Bonjour Madame
      J’ai chez moi l’ouvrage de Michel Langlois paru aux Editions Septentrion en 2003, et que je recommande vivement à tous :

    7. Bonjour,
      Natif de St Martin du Bois, je m’ intéresse à la vie de René Goupil.
      Je ne retrouve pas d’ informations le concernant entre sa date de naissance (1608) et son entrée chez les Jésuites à Chantilly (1639) : sa jeunesse …. comment a t’il appris la chirurgie ? … Hôpital de Château- Gontier ? Etudes à La Flèche : Est-ce une certitude ?
      Remerciements

        Note d’Odile :

      Bonjour
      Avant de commencer à réécrire l’histoire je vous suggère vivement d’apprendre à faire des recherches, et d’apprendre les modes de vie de l’époque de René Goupil.
      Manifestement cela vous fait défaut, sinon vous n’auriez pas, entre autres, écrit :

        comment a t’il appris la chirurgie ? … Hôpital de Château- Gontier ?

      car cette question est une énorme erreur historique.
      Vous ignorez tout de l’histoire de la chirurgie au point de penser qu’on apprenait à l’hôpital !!!!

      Mon blog et mon site vous auraient appris, si vous l’aviez fréquenté, comment on devenait chirurgien à l’époque, et vous auriez en outre compris que l’on ne peut pas trouver d’un coup de baguette magique tous les actes concernant un personnage, si tant est d’ailleurs qu’ils existent encore.

      Lisez d’abord, en prenant fenêtre de droite du blog, le menu déroulant CATEGORIE le menu déroulant, à ENSEIGNEMENT, sous rubrique CONTRATS d’APPRENTISSAGE
      et lisez ceux que j’ai trouvés sur la chirurgie qui s’apprenait ainsi à cette époque

      et surtout, ne tentez pas de réécrire l’histoire avant d’avoir appris à la chercher.

      Odile HALBERT

    8. Chère Madame, ravi de lire ces billets sur René Goupil, que je vais tâcher de faire revivre à l’abbaye de la Jaillette. Un très intéressant ouvrage a été écrit sur lui par le père William Breault, sj, un jésuite américain d’origine Acadienne et française: « The ghost of the Mohawk valley ». On y apprend les liens avec l’hôpital d’Angers, dans lequel René Goupil aurait pu passer. A suivre donc.

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