Vente de closeries à Placé, Mayenne, passée à Angers, 1591

Je suis toujours dans le notaire Lepelletier, franchement illisible, mais ici, une surprise nous attend, déchiffrée avec patience.
Nous sommes à l’époque des guerres de religion, et l’un des deux frères, le vendeur, a en fait une dette envers son frère, l’acheteur, et même une dette assez importante, car il a été dans les guerres au service du roy, a dû acheter des chevaux, et surtout en est revenu malade et est encore malade.
J’espère qu’ils ont des descendants et qu’ils vont pouvoir se régaler de ma trouvaille, car un détail comme celui-là c’est rarissime !

    Voir Placé et Alexain en cartes postales sur mon site
Placé, collection personnelle, reproduction interdite
Placé, collection personnelle, reproduction interdite

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E36 – Voici la retranscription de l’acte : Le 22 avril 1591 en la court du roy notre sire Angers (Lepelletier notaire royal Angers) endroit par davant nous personnellement establi Ambroys Leroy estant de présent en ceste ville d’Angers, fils de deffunctz Ambroys Leroy et Jacquine Gandouyn, en leur vivant demeurant en la paroisse de Placé pais du Mayne, soubzmettant confesse avoir ce jourd’huy vendu quité ceddé délaissé et transporté et encores vend quitte cèsse délaisse et transporte par héritage à Loys Leroy frère paternel dudit vendeur demeurant au bourg St Jacques les Angers présent stipulant et acceptant qui a achepté et achepte pour luy ses hoirs etc scavoir est la moitié par indivis de 2 closeries l’une appellée la Plaigerye et l’autre la Luycherye sises en la paroisse de Placé, la moitié desquelles deux xloseries appartient à Marie Mesnaige fille mineure dont deffunctz François Mesnaige et Renée Leroy vivante sœur germaine dudit vendeur,
comme ladite moitié d’icelles deux closeries se poursuit et comporte et que ladite moitié est advenue audit vendeur de la succession de sondit deffunt père sans aulcune chose en réserver ne exepter,
des fiefs et seigneuries du duché de Mayenne la Juhel …
transportant pour le prix et somme de 250 escuz sol vallant 750 livres tz

    cela met chaque closerie à 750 livres en 1591, et c’est le prix à cette date.

sur laquelle somme ledit vendeur aquite et quite ledit achepteur de la somme de unze vingtz trois escuz sol moyennant que ledit achepteur l’a quité et quite d’icelle somme de unze vingt trois escus que ledit vendeur lui debvoit pour sommes à ses necessités et aussi pour avoir achepté des chevaulx où il a esté aux guerres pour le service du roy et pour luy subvenir à la maladie où il a esté détenu et n’en est encore entièrement guéry

    il est rarissime d’avoir un détail de cette importance dans la vie de nos ancêtres. J’envie ceux qui en descendent, et j’espère qu’ils apprécient ma trouvaille !
    Il est vrai qu’en période de troubles, les actes donnent parfois quelques allusions indirectes aux préjudices subis par les uns ou les autres…

et le reste d’icelle somme de 250 escuz sols montant la somme de 27 écuz sol, ledit achepteur s’oblige payer et bailler pour ledit vendeur en son on acquit à Jehan Bachelier auquel il a confessé debvoir ladite somme dedant ung mois prochainement venant
o grace et faculté de réméré lesdites choses dedans d’huy à trois an prochainement venant …

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