Autrefois le patronyme était parfois en écriture inclusive, et cela on ne le voit pas encore en 2022

Puisque je suis à me réjouir de la place des femmes autrefois, quand il y avait lieu car cela n’était pas tout le temps, voici le patronyme en écriture inclusive. Vous en avez certainement rencontré beaucoup car ils n’étaient pas rares ces féminisations du patronyme, et je me souviens très émue de la première fois que j’en ai renconté un. Voici donc un exemple de patronyme en écriture inclusive,  extrait du chartrier d’Armaillé, aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, cote E1134 f°6, aveu de Michel Guisneau le 30 octobre 1538 – Avouez qu’elle est jolie cette Jehanne Guysnelle que vous écrivez sans doute Jeanne Guisneau dans vos bases de données, lesquelles bases j’évite totalement.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, E1134 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :


Blanche – Item une boisselée de pré sise ès prés
du Tertre joignant d’un costé à la terre de Jehanne Guysnelle
d’autre costé au pré Robert Bonneau une haye entre eux

Catherine Gauld veuve de Pierre Gaudin déclare ses biens à la seigneurie d’Armaillé (1675) et signe

C’est passionnant de dépouiller encore le chartrier d’Armaillé. Il comporte peu de signatures des propriétaires déclarants leurs biens, mais soudain je vois une signature, et mieux, c’est une femme : Catherine Gault. Comme j’ai dépouillé tant de Gault de cette région, et beaucoup avec le prénom Catherine, et encore mieux, vivant à Armaillé, j’étais persuadée l’avoir déjà, et bien non, je n’ai pas encore rencontré la Catherine Gault veuve de Pierre Gaudin et possédant autant de biens à Armaillé, donc forcément liée aux Gault d’Armaillé !!!

Cette déclaration comporte à la fin des droits très intéressants, que je vous propose d’examiner : les droits pour les cochons dans les bois, mais aussi corvée pour une charue de bois à amener à la Prévière… Et surtout, comme la majorité des déclarations, elles sont en fraresche (fresche) c’est à dire en droit commun à partager pour payer et on est alors certains qu’ils ont des ascendants communs, or, Laurent Geslin qui est fils de Jean Geslin et Catherine Gault est dans cette fraresche, mais cette Catherine Gault était décédée peu après la naissance de Laurent Geslin, donc ne peut être la même que celle qui signe en 1675, mais avouez que c’est troublant de voir tant de Catherine Gault, et mieux, qui signent, donc du même milieu.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, E1132 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Chartrier d’Armaillé (49) : document non daté donnant ceux qui possèdent des terres au Pas du Feu et ne paient pas les rentes

Je vous propose ce jour le document le plus mal ortographié que je n’ai jamais vu. Pire, il semble bien être une dénonciation, et encore pire, il n’est pas daté, mais sa place dans le volume relié semble le situer peu avant ou au début de la Révolution, d’ailleurs les noms cités donneraient cette fin du 18ème siècle. Je vous mets les vues pour que vous puissiez vous rendre compte de l’absence d’orthographe. Ainsi vous aurez « denuleur » pour de nulle heure, etc… et bien sûr oubliez la grammaire aussi !!! Mais le pire est que le personnage qui a écrit ces 3 pages connaît fort bien les pièces de terre dont il parle car il les sait les borner et elles sont nombreuses, donc c’est édifiant de lire ceci !!!

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, E1132 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

(AD49-E1132-f°252) Mémoire de ceux qui possèdent des terres en la fresche du Pas du Feu, qui ne veulent point payer de rentes et qui sont dans la fresche – premier Jean Macault pour une maison sise au village du Pas du Feu avec cheminée, renier, appentis, plus une portion de jardin proche ladite maison, la route d’un bout le chemin du Pas du Feu Armaillé, et le côté vers septentrion la terre de Pierre Maunoir, l’autre bout les terres de Louise Madiot ou ses héritiers, plus une autre portion de jardin dans le jardin derrière et joignant vers nulle heure les terres du sieur Bazin vers soleil couchant le chemin du Pas du Feu Armaillé du midi la grande portion de pré en 2 morceaux une haie de ciprès entre les deux appelée la prée des mauvaises rues, abouté vers midi terre de monsieur le bailli de Pouancé, et de l’autre bout terre dudit Bazin, et du levant un vieux chemin qui conduit au pastis Desnos, plus une autre portion de pré dans le pré de devant la due de ladite Madiot et le sieur Dupré, des 2 côtés la terre des héritiers Bellion, de plus une portion de terre dans la pièce du haut Lorent, abouté du levant le pastis du Champ Desnos du Feu, et de l’autre bout terre des héritiers Bellion, et dans la même pièce 2 autres portions de terre appellées les Rangées et de plus une petite pièce appelée les Landelles et une planche au dessus de plus une portion de terre dans les champs du Pas du Feu, de plus une portion de terre dans les Echuseruis, de plus la moitié d’une pièce aux Chataignerais aboutée le chemin d’Armaillé à la Primaudière, l’autre bout conduit Armaillé à la Bretodais, de plus une autre portion dans la pièce du Houssin, de plus une autre portion de terre aux Landes du Chesne Rond
(f°252v) André Duchesne pour ses terres qu’il a acquises et lui sont provenues de défunt Pirre Ravard : premier un pré abouté à la fontaine du Pas du Feu, de plus une portion de jardin en  2 endroits, de plus une autre portion de jardin neuf joint en partie terres des héritiers de Louise Madiot, de plus une autre portion de terre en la pièce des Fontaines joint du levant les terres de Dumetiv… les terres de monsieur Bazin, de plus une portion de terre dans le petit cloteau des Fontaines aboutée la Chesnais, de plus une portion de terre à prendre dans les jardins du Pas du Feu appelés le Bezier, de plus une autre portion de terre dans la mesme pièce appelée le Cabard, de plus une pièce appelée les grandes landes joint du levant terre des Bellions et du couchant les terres de Pierre Maunoir, de plus une autre pièce close à part appelée la lande du Bas village du levant les terres de Pierre Maunoir et du couchant les héritiers Louise Madiot, de plus une autre pièce close à part appelée la pièce du Chesne Rond, abouée vers midi les landes de la … du levant les terres de monsieur Bazin et du couchant les terres Paccault, de plus une autre portion de terre dans les landes, de plus 2 portions de terren en landes du Chesne Rond … goinant du levant les terres de Pierre Maunoir, et du couchant de monsieur Bazin, une portion de jardin dans le jardin aux …
Pierre Duvaché pour ses terres du Pas du Feu : premier une portion de pré au pré appelé le pré des Morais, et une autre portion de terre labourable à prendre dans les …joint en partie les héritiers du sieur Belion et Duchesne, de plus une portion de terre dans le jardin de vevant située au village du Pas du Feu joignant du levant les terres des Rousseau et du couchant les héritiers de Louise Madiot, item 2 portions de terre en chatainais Gousin, de plus une gats d’une vieille masure de maison au village du Pas du Feu
Les cohéritiers Belion pour les terres des filles Prodhomme, de plus une portion de terre dans la Grand Rue, de plus une portion de terre labourable proche la Rue, de plus une de pré dans les petites Fontaines dans la Rue et du couchant terres de monsieur Bazin, de plus une pièce dans la prée de devant joint du levant les terres des héritiers de Louise Madiot, (f°253) plus 2 portions de terre en chataîgneraie dans la châtaigneraie …, plus une portion de terre acquise de Pierre Gautier située au Pas du Feu, plus une portion de terre en landes appelée les Grioliers joint du levant les héritiers Belion et du couchant les terres du sieur Gemin
Louis Dupré pour ses terres du Pas du Feu, item une portion dans les Fontaines joint du levant et midi les terres des héritiers Belion du couchant les terres de Pierre Monoir et de nulle heure le chemin du Pas du Feu, de plus une autre portion de terre dans le champs Lorant joint du … du Pas du Feu et du couchant le grand pré …, de plus une autre portion de pré dans le pré de devant joint les terres de Louise Madiot et du couchant les terres des héritiers Belion, plus une portion de jardin dans la jardin de devant joint du couchant la rue du Pas du Feu, item une portion de terre en landes dans la lande Duchesne joint du levant les terres de monsieru Bazin
Pierre Lemonier pour ses terres, item une portion de pré appelé la petite prée, de plus une portion de jardin derrière, de plus une portion de pré apellée le Gratefer, plus une portion de pré dans la prée des Movaises Rues, de plus une portion de devant, de plus une autre portion dans le champ Lorent, de plus une portion de terre dans la pièce de la petite Banbarde
plus une pré appelée la pré de la Fendrie appartenant aux moines de la Primaudière

La rèze de vigne de Pierre Cherruau, Armaillé 1548

Voulant refaire le chartrier d’Armaillé afin de compléter mes GAULT, je tombe aussi sur Pierre Cherruau en 1548, or, le patronyme CHERRUAU est peu fréquent et probablement d’ailleurs une seule souche à Armaillé à cette date, donc je vais mettre ce Pierre Cherruau de 1538 en hypothèse très probable compte-tenu aussi de la quantité de parcelles de terre qu’il détient dans l’aveu ci-dessous qui attestent un personnage de petite bourgeoisie plus qu’un pauvre. Car je descends du Pierre Cherruau à Armaillé en 1600 et il est manifestement de la même souche si ce n’est ligne directe.

La reze, citée ci-dessous à 2 reprises, semble bien un terme exclusiment angevin à en croire le Dictionnaire du Monde rural de M. Lachiver, qui donne : « Rèze, en Anjou, rigole entre 2 sillons ». Mais cette définition semble bien étroite comparée à ce qui semble une parcelle dans le document ci-dessous.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, E1134 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

(AD49-E1134-f°1) Le 5 juin 1548 Pierre Cherruau marchand demeurant au bourg d’Armaillé s’est aujourd’huy advoué subject en nuepce de la cour de céans à cause et pour raison de ses choses héritault qui s’ensuivent – et premier une grande maison ancienne sise au carrefour d’Armaillé composée de salle basse, un celier, 2 haultes chambres, grenier et galerie, les estables au derrière de ladite maison, l’issue vers viel ciel, joignant d’un costé à la maison issue et jardin de Thomas Menant à cause de sa femme et de maîstre Julian Crosson, et d’autre costé et aboutant d’un bout à la rue dudit Armaillé tendant de la grange aux moyennes au pont dudit Armaille (f°1v) et d’autre bout à la maison dudit Crosson et à l’issue dudit Lemesle – Item ung petit jardin contenant 3 cordes ou environ joignant d’un costé au jardin Jehan Guysneau et d’autre costé et d’un bout à la rue du jardin qui fut feu Guillaume Gault et d’autre bout à la rue et chemin dessusdits – Item une pièce de terre appelée le champ des vignes contenant 5 boisselées de terre ou environ joignant d’un costé à la terre Jehan Crosson et d’autre costé et d’un bout à la terre de la courtillère du bourg d’Armaillé appartenant aux Religieux de la Primaudière et d’autre bout à la lande Hatherme – Item une autre pièce de terre contenant 5 boisselées de terre ou environ appelée le Scambu dessus le pastis Esnault, joignant d’un costé à la terre des héritiers de la femme feu Jehan Bomyer d’autre bout à la lande du Chesne Moreau et d’autre bout à la terre Julien Gault – Item une autre pièce de terre appelées la grand pasture contenant 5 boisselées de terre ou environ joignant d’un coste à la terre Jehan Duchesne et d’autre costé à la terre de la veuve feu Pierre Aulbert d’un bout aux landes dudit Julien Gault – Item une reze de vigne contenant 7 cordes ou environ sise au milieu du grand clos d’Armaillé, joignant d’un costé à la vigne Maurice Malenau (f°2) d’autre costé à la vigne à René Botier, d’un bout à la vigne Marie Péan – Item une autre pièce de vigne au milieu dudit Grand Clos contenant une hommée de terre ou environ joignant d’un costé la vigne Jehan Jehannault et d’autre costé la vigne Jehan Chastelier d’un bout à la vigne François d’Armaillé – Item une autre reze de vigne contenant 3 cordes ou environ sise sur la Sablonnière joignant d’un costé à la vigne Jehan Crosson d’autre costé à la vigne Jacquine Duchesne et d’un bout à la vigne de la cour – Item une autre reze de vigne sur le costé des Rues Creuses contenant 2 cordes et demie ou environ, joignant d’un costé au grand chemin tendant d’Armaillé à St Michel du Bois, de l’autre costé et d’un bout à la vigne Guillaume Lemesle à cause de sa femme, et par raison desdites choses déclarées confesse debvoir par chacun an à la recepte de céans au terme d’Angevine 5 sols tz de debvoir un boisseau d’avoine menue et un boisseau d’avoine grosse à l’usage du fief – Item 12 cordes de jardin ou environ sis au grand jardin de au dessus la Maison Neuve feu Jehan Gault joignant d’un costé au jardin dudit Julien Gault et d’autre costé au jardin qui fut Julien du Boisdenoyers (f°2v) d’un bout au jardin de René Gault et d’autre bout au grand clos d’Armaillé pour raison de laquelle pièce de jardin ne doit aucun debvoir à la recepte de céans – Item confesse pareillement tenir en la nuepce de céans 5 boisselées de terre ou environ sises près les Bouestelière joignant d’un costé au chemin boismal tendant de la Bouestelière à la Chesnaye d’autre costé à la terre Jehan Teslier et ses cohéritiers d’un bout à la terre dudit Julien Gault d’autre bout à la terre de la contre allée de la Chaumière – Item une autre pièce de terre contenant 2 boisselées et demie de terre ou environ joignant d’un costé le chemin tendant d’Armaillé à Noelet d’autre costé et bout le terre Jehan Pignault d’autre bout le pré de la métairie de Lommaye – Item 2 boisselées de terre ou environ en la pièce de terre des Varennes joignant d’un costé à la terre missire Jehan Letort et d’autre costé à la terre Jehan Guysneau, abouté d’un bout à la terre de la veuve feu Pierre Aulbert d’un bout le chemin tendant de la Masre du pay… au bourg d’Armaillé – Item un petit cloteau de pré contenant une boisselée joignant des 2 costé et abouté d’un bout la terre Jehan Crosson – Item une planche de jardin contenant 2 hommées ou environ joignant d’un costé au jardin du lieu de la Chaumière et d’autre costé au jardin Jehan Bomier à cause de sa femme d’un bout au jardin René Gault – Item une petite planche de gast de vigne au hault du grand clos d’Armaillé joignant d’un costé au gas Pierre Cochin d’autre costé la terre aux Denis d’un bout la vigne Jehan Crosson – et par raison desdites choses et aultres choses que tiennent Jehan Pignault et Jehan Jehannault qui furent Jehan Legardière (f°3) a confessé qu’ils doivent ensemblement par chacun an au terme d’Angevine à la recepte de céans la somme de 2 sols un denier tz de devoir et 2 boisseaux d’avoine grosse à l’usage du fief, et sont les choses que ledit Cherruau confesse tenir en la seigneurie de céans fors qu’ils a droit de commun à cause de ladite maison es chesnais du Boisangu au pastis Esnault au pastis de la Loge au Rivage et pastis de l’Escu et ailleurs ou les autres estaigers  dudit bourg d’Armaillé ont droit de commun, aussi pour raison des choses de la Bouestelière il a droit de commun au pastis de la Planche Davy pour raison duquel et dudit lieu de la Bouestelière il doit lui et sesdits frarescheurs un bian à vendanger es vignes de la cour – A laquelle déclaration il a fait arrest dont nous l’avons jugé

Contrat de mariage de métayers, Corzé (49), 1744 entre Vincent Perthué et Noelle Brossier.

J’ai mis à jour la famille PERTHUÉ en y ajoutant les informations que Marie a bien voulu me communiquer.

Ce contrat de mariage contient une information intéressante sur le métier de sergent royal, aussi je m’empresse de vous communiquer cette info, puisque le sergent royal faisait l’objet d’un précédent billet.
Dans le contrat de mariage qui suit, la mère de la future est décédée. Elle apporte donc en mariage sa part des meubles de la succession de sa mère, et on apprend alors qu’un inventaire avait été dressé par Launay sergent royal. Or, depuis 16 ans que mon nez est tombé dans les archives notariales et n’en a pas décollé, je constatais quelques inventaires après décès, mais sans comprendre pourquoi on n’en trouve pas plus en Anjou. Et, dans le cas présent, j’ai dépouillé tout le notaire de Corzé, sans trouver aucun inventaire de mes métayers.
Donc, je viens enfin de comprendre que des inventaires étaient plus souvent dressés qu’on n’en dispose aux archives, mais soit sous seing privé (cela je le savais) soit par un sergent royal (cela je viens enfin de le découvrir). Or, les archives des sergents royaux, au même titre que des archives privées, n’ont pas été conservées. D’ailleurs, ils ne devaient pas être tenus de le faire.

Retranscription de l’acte : Le 18 mai 1644, Dvt Christophe Davy Nre royal à Baugé Dt à Corzé, honneste femme Françoise Riffault veuve de défunt Vincent Pertué et Vincent Pertué leur fils, demeurant en la paroisse de Marcé, et honneste homme Louys Brossier métayer et Nouelle Brossier sa fille et de défunte Nouelle Hubert demeurant au lieu seigneurial de Chemant en la dite paroisse de Corzé, (ce métayer avait la particularité d’exercer aussi le métier de fermier, c’est à dire gestionnaire de biens à ferme, et au fil des années il prit à ferme plus de biens, et on voit qu’en 1644 il a même prit à ferme la seigneurie de Chemant. Le fermier d’une seigneurie occupait toujours le lieu seigneurial, à titre d’ailleurs de garde de la maison seigneuriale. Ce Louis Brossier aura été pour moi un oiseau rare, car si j’ai vu beaucoup d’autres métiers prendre des biens à ferme pour les gérer en intendants, c’est le premier métayer que je rencontre dans ce cas. )
lesquels ont fait et font par ces présentes les accords de mariage pactions et conventions matrioniales qui s’ensuivent,
savoir est que ledit Vincent Pertué, de l’advis de ladite Riffault sa mère, Jehan Sayeret son beau-frère, et de Yves Reau son proche parent, et ladite Nouelle Brossier de l’advis de sondit père, de Gilles Brossier son oncle paternel, et de Mathurin Raveneau et Guillaume Hubert ses oncles maternels, et autres leurs parents et amis, (ce paragraphe est souvent très intéressant, et dans le cas présent il me confirme les liens de parenté que j’ai découvert sur d’autres actes notariés, mais 2 preuves de liens de parenté valent mieux qu’une, et je ne crache jamais dessus.)
se sont promis et promettent mariage solempniser en fasse de saincte église catolicque apostolicque et romaine dès que l’ung en sera requis par l’autre, tout légitime empêchement cessant, (je souhaite aux lecteurs non catholiques de s’imprégner de l’appellation de l’église, telle qu’elle figure le plus souvent dans ces actes, même si cela doit leur paraître un peu rébarbatif, mais au moins on sait de quelle église on parle.)
et avec tous et chacuns les droits et raisons qui leur peuvent compéter et appartenir, savoir audit Vincent Pertué à cause de la succession dudit défunt Pertué son père et à ladite Nouelle Brossier à cause de la succession de ladite défunte Hubert sa mère, sans aulcune réserve en faire, et entre lesquels droits de ladite future épouse, ledit Brossier son père a assuré consister en la somme de 300 L tournois pour sa part des meubles demeurés en la communauté de lui et de ladite défunte Hubert sa mère, suivant l’inventaire qui en a été fait par Launay sergent royal, (ainsi, il existait donc des inventaires après décès sous seing privé, d’autres devant sergent royal et enfin d’autres devant notaires, et seuls ces derniers ont pu nous parvenir, lorsque les notaires les ont conservés… et enfin déposés) laquelle somme de 300 L ledit Brossier a promis et demeure tenu et obligé payer aux futurs conjoints dedans la fête de Toussaint prochaine, (300 L est généralement la somme apportée par un métayer et elle représente environ 1/6e des biens d’un métayer, d’ailleurs on pourrait en simplifiant, calculer la fortune d’un père en multipliant par 6 la dot d’une fille, mais ceci est très approximatif, car il y avait plus ou moins d’enfants… j’y reviendrai)
de laquelle somme de 300 L ledit futur époux et ladite Riffault sa mère chacun d’eux seul et pour le tout demeurent tenus et obligés en convertir et employer la somme de 200 L en achat d’héritages qui seront censés et réputés les propres de ladite future épouse en ses estocs (écrit estotz) et lignées, et à faute de ce faire les employer et convertir en rentes à raison du denier 18, rachetable un an après la dissolution de leur mariage, (autrefois les biens propres de Madame étaient rigoureusement respectés, et c’était une bonne chose. Si j’insiste sur ce point, c’est que je pense qu’en 2008 beaucoup de Français pensent qu’autrefois les femmes n’avaient aucun droit.)
et a ledit futur assigné douaire à ladite future sur tous ses biens suivant la coutume (le douaire aussi était une bonne chose pour les femmes. Il n’est pas inutile de le rappeler au passage, car lui aussi semble oublié) ce qui a été stipulé et accepté par lesdites parties …
fait et passé en notre maison, présent vénérable et discret Me Laurent Chevreul prêtre, et René Launay praticien demeurants audit Corzé… Signé Chevreuil, Aubert

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Anceau Gault, meunier à Châtelais, en procès jusqu’au Parlement de Paris, 1586

J’avais mis hier un autre acte concernant le même Anceau Gault meunier à Châtelais. Ici, il est entraîné dans un procès jusqu’au parlement de Paris, et c’est pour lui des sommes très élevés par rapport à son revenu, car autrefois la justice coutait très cher car les juges, huissiers, avocats, greffiers etc… n’étaient pas payés par l’état, mais par la partie perdante, et ce qu’on appelait alors « les  despends » coutait au perdant.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E5 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

« Le 10 mars 1586[1] personnellement estably soubz la cour royale d’Angers honnorable homme Me Olivier Cador Sr de la Borde avocat audit Angers et y demeurant d’une part, et Anceau Gault moulnier demeurant au moulin de Seville paroisse de Chastellays ainsi qu’il a dit d’autre part, lesquels ont fait entre aux ce que s’ensuit, c’est à savoir qu’ils ont transigé pacifié et accordé sous le bon plaisir de nos seigneurs de la cour de parlement de Paris sur les procès et différents y meus et intentés par ledit Gault demandeur à fin de dommages intérêts et despends à faute de luy nommer et indicquer par ledit Cador ung nommé Jehan Duchesne pour lequel ledit Cador a autrefois en qualité d’avocat intenté procès sous le nom dudit Duchesne et autres de par luy à l’encontre d’icelui Gault au siège présidial d’Angers et sur lequel serait intervenu sentence audit siège (f°2) contre ledit Gault depuis informé par arrêt de ladite cour portant réservation de recours audit Gault pour ses dommages intérêts et despends, à laquelle demande ledit Cador aurait défendu en ladite cour soutenu sa charge et que ledit Duchesne et autres parties lui aurait donné charge et aparu les assignations et envoyé par messagers les exploits et mémoires et fait les autres poursuites tant par eux que leurs soliciteurs joint qu’attendu le laps de temps la demande n’était recevable et autres moyens et déffenses dont il aurait informé par vertu de commission de la cour, et autres faux moyens et déffenses joint que ledit Gault n’était recepvable attendu ledit laps de temps et encore accordé par ces présentes en transigent pacifient et accordent ainsi que s’ensuit, c’est à savoir que ledit Gault s’est désité et départi se désiste et départ de ladite demande et procès et le recours (f°3) et renonce à en faire jamais poursuiste question ne demande contre ledit Cador ses hoirs etc de tout ce que dessus est dit que ledit Gault eut peu prétendre et demander audit Cador tant en principal que accessoirs et se sont quités et quitent pour raison de ce qui en dépend ou pourroit en dépendre sans préjudice toutefois des autres droits dudit Gault contre ledit Duchesne Lebeurier et tous autres fors contre iceluy Cador et demeurent lesdits Cador et Gault hors de cour et de procès sans autres despends dommanges ne intérests de part et d’autre, auquel accord et tout ce que dessus est dit tenir etc dommages etc obligent etc renonçant etc dont etc fait au parlement royal d’Angers par nous Jehan Lefebvre notaire royal en présence de Symon Poisson avocat et Laurens Gault praticien à Angers, ledit Gault établi dit ne savoir signer » signé Laurent Gault

[1] AD49-5E5/191 Jehan Lefebvre notaire à Angers