apothicaire à Angers en 1600

  
Inventaire d'un apothicaire en 1600, Angers
 
Légende : *défini dans le lexique qui suit (orthographe réelle) défini dans mon lexique
Le 7 février 1600, inventaire fait devant Garnier notaire royal à Angers, des marchandises et ustanciles et dragées et compositions qui ont été trouvées apartenir à Denys Allain apothicaire à Angers, en sa maison et boutique et en présence de Zacharie Mareau son gendre, fait pour estre et demeurer lesdites marchandises et ustanciles dragées et compositions audit Mareau afin d'en faire le payement et restitution audit Allain dedans un an suivant l'accord et écrit d'entre eux passé devant Garnier le 1er février 1600. (AD49, Garnier Notaire)
Ustenciles :
80 boîtes (bouestes) tant grandes que petites étant dans la boutique
37 pots de Lyon, dont il y en a 4 mauvais
17 petits et moyens pots de Lyon
20 chevrettes* de Lyon
un alembic de cuivre à distiller l'eau pour la gravelle*
f°2 : 2 grandes boîtes où l'on met de la marchandise
4 poinçons* où l'on met l'estalage*  de la bouticque
20 pots d'étain à mettre onguents
15 pinthes à mettre les herbes
3 tamis couverts à passer les compositions
un grand mortier avec son pilon de métal, 2 moyens mortiers, un petit mortier pour les médecines, le tout de métal
un grand fléau avec 2 balances de bois, plus une grande balance sur le comptoir, plus 3 autres balances demi cens, plus 2 vingt cinq, plus 2 douze
une pile* de 4 livres dont le dessus est rompu, plus 2 petites piles de demie livre
une fontaine d'étain à huile avec son bassin
une écritoire de bois sur le tablier
2 petites voirines* à dragées*
11 monstres* de [sucre], de bois
une seringue avec son pot d'étain
un vieux fourneau de fer
une grande coupelle à mettre le poivre, de cuivre
un bassin de cuivre à mettre ?
une petite coupelle de cuivre à mettre le bol*
8 gèdes* de bois tant grands que petites à estalages
syrop rosa laxatif 12 L
syrop viollat (sans doute le miel violat*) 6 L
syrop capillereux 2 L 12 s
syrop aceteux 1 L 4 d
syrop de roses sèchées 1 L 5 d
syrop de fumeterre*  2,5 L
miel rosat*  1 L 12 d
syrop d'eau de vie  1 L 13 s
syrop de tussilage*   2 L
syrop alexandrin  1 L 12 d
syrop d'hysope*   1 L 3 s
syrop d'absinthe  2 L 11 s
syrop de Jimbert  2 L 11 s
syrop de grenade  2 L 3 s
syrop de fleur de pêcher   1 L
Compositions
Benedicte*  1 L 2 d
Cathelicon*  2 L 11 d
Oprius simple  3 L 3 s
huba pecchii  6 s
metudat  3 L 3 s
f°4 : desucco  1 L 10 d
diacarthami*   7 d
pommade    7 d
pilules cocheres  10 s
pilules foetives   13 gros
pilules aureres   12
pilules aggregatines    52 d
onguent royal   1 L
onguent agriptias   2 L
onguent populatum : onguent Populeum fait de jeunes bourgeons de peuplier, demi livre de fsuilles de pavot noir, de Mandragore, de Jusquiame, et Morelle, de Joubarbe grande et petite, de laitue, de Glourteton, d'Escudez, de violettes de mars, de sommitez, de ronces fort tendres de chacun trois onces, de graisse de porc sans sel trois lvres. (Pharmacopée, 1580, p.465)
onguent napolitum  2 L 7 d
onguent aposcotum  1 L : onguent apostolorum, composé de Tormentine, de cire blanche, de résine, d'ammoniac, de chacun quatorze drachems, de Verdet, d'Opoponax, de chacun deux drachmes, de Sarrasine longue, d'encens mâle, de Boellium, de chacun 6 drachmes, de licharge neuf drachmes. (Pharmacopée, 1580, p.465)
onguent comitisse 1 L 5
onguent desserti   4
onguent porphily   2 L
onguent dalibour  1 L 13 s
onguent albugatum 1 L 12
huile Lauria  1 L 10 s
onguent hullatum    
onguent nutritum
onguent nutritum
onguent aurere
albo royal
o violai
o lydenor
o hyperac
o lubricum
f°5 : o. mastichum
o. latron
o. camemeli
o. myrtillum
o. rosam
o. anethi
o. de cappambe
o. amygdalum dulti
emplâtre Diapalme*  13 L 2 d
emplâtre de [chyllère alloum] 3 L
emplâtre de Ceruse* 2 L 12 d
emplâtre de [chyllère magnum icugnis]
electuaire* en tablettes de [org fug]
[pnt de margari fug]
[pnt de richardum abbai]
[pnt za fantali]
aloes de vessie
epythum
embobes
sandal* cytrin
sandal* rouge
turbith*
[scanmeneo]
armoire boutique
huile Laurin ung pot pesant 16 livres
f°6 : huile de lin
huile de viollat
huile rosat
huile camoli
onguent d'althea
onguent populeum
onguent emulatum sans vif argent
onguent bazilicum
onguent napolitanum, le tout avec leurs pots
calamus acorus*
yris de florence
styrax
benjouyn
myrrhe
encens fin
bois de rose
sang dragon* en larme
tuthée fine
[collyrmais richas]
just de régualisse
gomme tragacante*
castor*
lupus
pois chiches
opium
gros sang dragon*
spoil
oppopauax fin
f°7 : acétate de -
galbanum*
grand ammoniac
g Elempin
gayac*
roses [?]
argent en feuille grand, deux quarterons*
cantharides*
noix vomique*
coral* rouge
antimoine
couperose* blanche 
seve
[num] vert
agaric*
coque de levant 
  Marchandises
poivre
gingembre
sap
souffre
couperose* verte
noix de galle*
coton file
muscade
canelle fine
girofle
gomme arabic
dragées assorties
écorce citron sec confit
sucre
cassonade blanche
anis
sucre candi rouge
sucre candi blanc
[seiche contre]
balaustes* de Venise
Sundarac
Câpres
Vert-de-gris*
Epice à Mercier
pour ce
épice seconde
épice fine
gomme
gros bol*  18 L
toypolly
huile d'olive
térébenthine grosse
cire blanche
camphre
borax*
gallepot*
cire jaune
rouzière claire
couperose en gos loppias
poudre aux vers confite
condignac* nouveau
condignac vieux
confit de rose seiche
temorec
noix blanches un cent
noix noires deux cents (j'ai retiré les noix pour envoyer à Paris)
framboises confites
amandes confites
poudre de viollette
poivre long
coriandre crue
safran nouveau
une barique encre
miel commun
une pippe de vin
bled
lard, peut bien valoir 4 écus, relaissé et non mis en compte
eau de rose 5 pintes*
eau de vie 3 chopines*
 

 Lexique des compositions et ustenciles d'apothicaire

Agaric, s.m. Plante purgative de la nature du champignon, & qui s'attache au tronc des arbres. (Dict. Académie française, 1762)
Balaustes, s. f. (Mat. med.) Les balaustes sont les fleurs du grenadier sauvage ; on en extrait le suc de la même maniere que de l'hypociste. Elles sont astringentes comme les cytines, d'une nature terreuse, épaississantes, rafraîchissantes, & dessicatives : on les employe dans les flux de toute espece, comme dans la diarrhée, la dyssenterie, & pour arrêter les hémorrhagies des plaies. On doit les choisir nouvelles, bien fleuries & d'un rouge vif : elles donnent de l'huile avec du sel essentiel, & assez de terre. (Encyclopédie de Diderot)
Benedicte, électuaire purgatif & benin. Lémeri ordonne la préparation de ce médicament de la maniere suivante : Prenez dix gros de turbith choisi, une once d'écorce de racines de petite ésule, six gros d'hermodatte, & autant de diagrede, une demi-once de sel gemme, un gros & demi de spicanard, de gingembre, de girofle & de safran, de petit cardamome, de galanga, de macis, de semence d'ache, de carvi, de saxifrage & de sené ; pulvérisez ces drogues & mêlez-les avec deux livres de miel écumé, pour en composer un électuaire dont la dose sera depuis une drachme jusqu'à six. (Encyclopédie de Diderot)
Bol ou Bolus : bouchée, ou morceau de quelque drogue medicinale qu'on prend. (Dictionnaire de L'Académie française, , 1694) Grosse pilule (l'Albert, 1772)
Borax : terme de chimie. Sel très propre à faciliter la fusion des métaux qui sert à de nombreux usages industriels. On l'a longtemps employé en médecine comme désinfectant. (Dictionnaire de L'Académie française, , 1932)
Calamus acorus : Le calamus aromaticus est ce que l'on appelle autrement acorus, roseau aromatique, qui à une racine amere & épicée, produite par une espece particuliere de jonc, ou plutôt de flambe ou de glayeul qui vient dans le Levant, & même en plusieurs endroits d'Angleterre, de l'épaisseur environ d'une plume d'oie, & haute de deux ou trois piés, dont on fait un grand usage comme d'un céphalique & d'un stomachique, sur-tout dans les douleurs occasionnées par la foiblesse de l'estomac. (Encyclopédie de Diderot)
Cantharides : Insecte coléoptère de la tribu des cantharidiens ou vésicants (lytta vesicatoria). C'est avec la poudre de cantharide qu'on fait les vésicatoires ; prise à l'intérieur, cette poudre irrite les organes urinaires et passe à tort pour aphrodisiaque. On en fait aussi des emplâtres.
Cathelicon, épithete de certains électuaires anciens qu'on regardoit comme universels, ou comme purgeant toutes les humeurs.  (Encyclopédie de Diderot)
Castor, huile de ricin, que les Anglais appellent Castor oil.
Céruse, ou blanc de plomb : une sorte de rouille que donne le plomb, ou plûtôt c'est du plomb dissous par le vinaigreLe blanc de plomb est aussi un cosmétique : les femmes s'en servent pour se blanchir la peau ; on en fait le fard. Les revendeuses à la toilette font ce blanc de plomb en mettant du vinaigre & de l'orge perlé le plus beau, dans un vaisseau qui ait un couvercle de plomb. Elles placent le tour dans cet état dans un lieu chaud : la vapeur du vinaigre calcine le plomb, & fait un blanc que ces femmes détachent pour leur commerce : elles prétendent que l'orge qu'elles joignent au vinaigre, empêche que le blanc de plomb n'ait de mauvais effets. Celles qui n'ont pas le moyen d'avoir cette espece d'orge perlé ; qui est la plus chere, y substituent le riz. (Encyclopédie de Diderot) Tient, tient, notre apothicaire était déjà cosmétologue !
Chevrette : Pot de faïence à goulot pour mettre les sirops, (Dictionnaire Littré, 1872) - Pot à canon (en pharmacie). On nomme pots à canon ceux qui servent à conserver les électuaires. On nomme chevrettes ceux qui ont un bec au-dessus du ventre ; ils servaient autrefois, chez les apothicaires, à conserver les sirops et les huiles, mais aujourd'hui il n'y a que certains épiciers qui s'en servent, (Dict. des arts et métiers, Amsterdam, 1767, Apothicaire.)
Chopine : 0,5 litre
Corail : Le sel de corail est un sel neutre, formé par l'union de l'acide du vinaigre, & du corail.Lemery croyoit que le sel & le magistere de corail avoient la même vertu ; il leur attribuoit à l'un & à l'autre celle de fortifier & de réjoüir le coeur ; c'est apparemment sur son autorité, que quelques apoticaires donnent encore aujourd'hui assez indifféremment ces deux préparations l'une pour l'autre. Elles différent pourtant essentiellement, le magistere de corail n'étant absolument que le corail pur divisé dans ses parties les plus subtiles par la dissolution & la précipitation, l'édulcoration en ayant enlevé la petite portion du dissolvant & du précipitant qui accompagne ordinairement les précipités.Ce magistere de corail n'est donc qu'un pur absorbant, dont les prétendues vertus cordiales, alexiteres, diaphorétiques, &c. sont aussi imaginaires que celles du corail préparé, auquel quelques auteurs les ont aussi attribuées.(Encyclopédie de Diderot)
Cotignac. s. m. Confitures faites de jus de coins. (Dict. Académie française, 1694)
Couperose s. f. Nom donné par les anciens chimistes à différents sulfates métalliques. Couperose verte (sulfate de fer). Couperose blanche (sulfate de zinc). Couperose bleue (sulfate de cuivre). (Dictionnaire de L'Académie française, 1832)
Diacarthami : Prenez du turbith choisi une once & demie ; de la moelle de semence de carthame, de la poudre diatraganth froid, des hermodactes, du diagrede, de chacun une once ; du gingembre demi-once ; de la manne deux onces & demie ; du miel rosat, de la chair de coin confite, de chacun deux gros ; du sucre blanc dissous dans l'eau & cuit en électuaire solide, une livre six onces : faites-en selon l'art un électuaire solide & en tablettes. (Encyclopédie de Diderot)
Diapalme : s. m. (Pharm.) sorte d'emplâtre ainsi nommé, parce qu'on y faisoit entrer la décoction des feuilles de palmier, auxquelles on substituoit quelquefois les feuilles de chêne. On lui donne aussi, & avec raison, le nom d'emplâtre de litharge. En voici la composition. . de l'huile d'olive, de l'axonge de porc, & de la litharge préparée, de chaque trois livres : faites cuire le tout selon l'art avec une suffisante quantité d'eau commune, ou si vous voulez, avec une suffisante quantité d'une décoction de feuilles de palmier ou de chêne : quelquefois on ajoûtoit à cet emplâtre du vitriol, & pour lors on l'appelloit emplâtre diacalciteos. Le diapalme passe pour résoudre, ramollir, déterger, cicatriser. Cet emplâtre étoit autrefois fort usité, mais depuis que l'onguent de la mere est en vogue à Paris, on l'employe beaucoup plus rarement. Si l'on fait dissoudre quatre parties de cet emplâtre dans une partie d'huile, on a la préparation nommée cerat de diapalme, qu'on peut employer aux mêmes usages que le diapalme, & avec plus de facilité, parce qu'il se laisse mieux étendre. (Encyclopédie de Diderot)
Dragée : s. f. Certaine sorte de graine, ou de petits fruits secs couverts de sucre durci. (Dictionnaire de L'Académie française, 1694)
Électuaire: s. m. composition pharmaceutique, destinée à l'usage intérieur, formée en incorporant une ou plusieurs poudres avec du miel ou du sirop, des extraits, des pulpes, des gelées, des robs, des conserves, & quelquefois des vins doux. Les électuaires sont solides ou mous. Les premiers sont plus connus sous le nom de tablettes, & il est même commode de les distinguer par ce nom des électuaires mous
Estalage. s. m. v. Exposition des marchandises qu'on veut vendre. (Dictionnaire de L'Académie française, 1st Edition, 1694)
Fumeterre: s.f. Plante fort commune dans les champs. Elle est très amère, mais très salutaire, surtout pour purifier le sang. On l'appelle aussi Coridale & Fiel de terre.  (Dictionnaire de L'Académie française, 1762) Utilisée comme dépuratif et antiscorbutique (l'Albert, 1772)
Galbanum : très-bon médicament en qualité d'anti-hystérique, d'emmenagogue & de fondant, quand il n'y a point d'inflammation, & qu'il est besoin d'échauffer, de stimuler, de dissoudre une pituite tenace, glutineuse, abondante, qui cause des obstructions dans les intestins, dans l'utérus, & dans les autres parties du corps ; ce qui est fort commun dans les pays septentrionaux. Suc résineux & gommeux, fort connu des anciens, & qui distille d'une plante férulacée. C'est le chêne des Arabes, le de Dioscoride, le chalbane des Hébreux, mot tiré de chalbanah, qui signifie gras, onctueux, gommeux. Le galbanum est une substance grasse, ductile comme de la cire, à demi-transparente, brillante, dont la nature tient en quelque maniere le milieu entre la gomme & la résine ; car elle s'allume au feu comme la résine, se dissout dans l'eau, le vin, le vinaigre, comme les gommes, & point ou difficilement dans les huiles, sa couleur est blanchâtre & presque transparente lorsqu'elle est récente, ensuite jaunâtre ou rousse, d'un goût amer, acre, d'une odeur forte. On trouve deux especes de galbanum chez les droguistes & dans les boutiques d'apothicaires ; l'un est en larmes, l'autre en pains ou en masse. (Encyclopédie de Diderot)
Galipot : s.m. Résine liquide qu'on tire du pin par incision. (Dictionnaire de L'Académie française, 1762)
Gaïac, s.m. Arbre d'Amérique. On fait avec le bois de Gaïac des tisanes sudorifiques. (Dic.Académie française, 1762)
Gède, s.f. En Bas-Maine, plat de bois - Panier d'osier (Dictionnaire du monde rural, Lachiver, 1997) Manifestement utilisées pour l'étalage Gravelle s.f. Maladie causée par du sable ou du gravier, qui fait obstruction dans les reins ou dans les uretères (Dictionnaire de L'Académie française, 4th Edition, 1762)
Hysope, hyssope s.f. Plante aromatique (Dictionnaire de L'Académie française, 1st Edition, 1694)  Arbrisseau des régions méditerranéennes (l'Albert, 1772)
Miel violat. Prenez fleurs de violettes nouvellement cueillies, quatre livres ; miel commun, douze livres ; mélez-les ensemble, & les laissez en digestion pendant huit jours dans un lieu chaud : après cela, faites bouillir avec une pinte d'infusion de fleurs de violettes, jusqu'à la consomption du quart ; passez ensuite avec expression ; puis faites cuire la colature en consistance de sirop. On ôtera l'écume avec soin, & on gardera le miel pour l'usage. (Encyclopédie de Diderot)
Monstre : Une boite à vitre dans laquelle les orfèvres mettent divers bijoux qu'ils exposent à la veuë des passants. (Dictionnaire de L'Académie française, 1st Edition, 1694) Manifestement les apothicaires aussi...
Noix de Galle : excroissances qui se développent sur les feuilles de certains chênes (l'Albert, 1772)
Noix vomique, baie globuleuse, fruit du vomiquier ; poison violent.
Pile : pour pilon, instrument dont on se sert pour piler quelque chose dans un mortier.  (Dictionnaire de L'Académie française, 1st Edition, 1694)
Pinte 0,93 litre
Poinçon : sorte de toneau, qui tient à peu prês les deux tiers d'un muid, servant à mettre du vin & autres liqueurs (Dictionnaire de L'Académie française, 1st Edition, 1694)
Quarteron : poids qui est la quatrième partie d'une livre, soit 122 g
Rosat : la rose étoit déjà regardée par les anciens comme la panacée d'une infinité de maladies ; c'est l'éloge que Pline en fait. Les modernes en tirent aussi un grand nombre de préparations ; les principales sont l'eau simple de roses, la conserve de roses, les tablettes de suc rosat, le syrop de suc de roses, le suc de roses solutif, l'électuaire du suc de roses, le miel rosat, l'huile de roses, l'onguent rosat, le vinaigre rosat, & la teinture de roses rouges. On trouve dans toutes les pharmacopées la maniere & les usages de ces diverses préparations (Encyclopédie de Diderot)
Sandal ou santal, s. m. bois des Indes orientales, dont nous connoissons trois especes : le jaune ou le citrin, le blanc, & le rouge. Le santal citrin, santalum citrinum J. B. est un bois pesant, solide, ayant des fibres droites ; ce qui fait qu'on peut le fendre aisément en de petites planches, d'un roux pâle ou jaunâtre, tirant sur le citrin, d'un goût aromatique un peu amer, d'une acrimonie qui remplit toute la bouche, mais cependant qui n'est pas désagréable, d'une bonne odeur qui approche un peu de celle du musc & des roses… On trouve aussi fréquemment chez les droguistes, deux bois rouges qu'on donne pour du santal rouge. Ces deux bois viennent des Indes, & de l'Amérique...  (Encyclopédie de Diderot)
Sang-dragon, s. m. (Hist. des drog. exot.) sorte de résine connue de Dioscoride, sous le nom de , & des Arabes, sous celui de alachnem ; on l'appelle sanguis draconis dans les boutiques. C'est une substance résineuse, seche, friable, inflammable, qui se fond aisément au feu, d'un rouge foncé, de couleur de sang lorsqu'elle est pilée, transparente quand elle est étendue en lames minces, sans goût & sans odeur, si ce n'est lorsqu'on l'a brûlée ; car alors elle répand une odeur qui approche beaucoup de celle du storax liquide. La premiere espece s'appelle draco arbor, C'est un grand arbre qui ressemble de loin au pin par l'égalité & la verdure de ses branches. Son tronc est gros, haut de huit ou neuf coudées, partagé en différens rameaux, nuds vers le bas, & chargés à leur extrêmité d'un grand nombre de feuilles, longues d'une coudée, larges d'abord d'un pouce, diminuant insensiblement de largeur, & se terminant en pointe.. Ses fruits sont sphériques, son tronc, qui est raboteux, se fend en plusieurs endroits, & répand dans le tems de la canicule, une liqueur qui se condense en une larme rouge, molle d'abord, ensuite seche & friable ; & c'est-là le vrai sang-dragon des boutiques. Cet arbre croît dans les îles Canaries, surtout près de Madere. La seconde espece de sang-dragon est appellée palma amboinensis (Encyclopédie de Diderot)
Tragacanthe Nom donné à plusieurs arbrisseaux du genre astragale qui produisent la gomme adragante, utilisée pour ses vertus adoucissantes.
Turbith, s. m. (Botan. exot.) turbedh par les Arabes, & par les Grecs modernes ; c'est une racine des Indes orientales, ou l'écorce d'une racine séparée de sa moëlle ligneuse, desséchée, coupée en morceaux oblongs, de la grosseur du doigt, résineux, bruns ou gris en-dehors, blanchâtres en-dedans, d'un goût un peu âcre & qui cause des nausées. (Encyclopédie de Diderot)
Tussilage s. m.  Genre de la famille des composées.  Le tussilage pas d'âne, tussilago farfara, L., plante précoce, commune dans les sols argilo-calcaires, profonds et frais, dont les fleurs font partie des espèces pectorales connues sous le nom de quatre fleurs. (Dictionnaire Littré, 1872)
Vert-de-gris, ou verdet, acétate bibasique de cuivre dont la nuance varie du bleu au vert, selon la quantité d'eau, et qui est produit par l'action du cuivre sur le marc de raisin. Verdet ou vert-de-gris, le cent pesant estimé 36 livres, Déclarat. du roi, nov. 1640, Tarif. (Dictionnaire Littré, 1872)
Voirine : Ancien mot qui signifiait verre (Dictionnaire Littré, 1872)
 
  1.  Le dix septiesme jour de mars mil six cent neuf
  2. avant midy
  3. En la cour royale d'Angers devant nous René Garnier notaire
  4. personnellement estably honneste homme Denys Allain Me apothicaire
  5. à Angers y demeurant paroisse de la Trinité d'une part, et
  6. Me François Thomas procureur à Thouars et y demeurant #
  7. tant en son nom que comme procureur
  8. chargé d'honorable femme Charlotte de la Ville
  9. veuve de defunt Me Fleurant de la Ville
  10. procureur audit Thouars et mère de René
  11. de la Ville cy-après nommé, et a esté présent ledit
  12. René de la Ville beau-frère dudit Thomas demeurant à présent
  13. audit Angers confesse avoir fait et estre d'accord
  14. ce ce qui s'ensuit, c'est à scavoir que ledit de la Ville
  15. o ladite autorité et consentement dudit Thomas
  16. s'est mis et met comme apprentif à l'estat
  17. d'apothicaire audit Angers en la maison dudit Allain
  18. pour le temps de troys années entières et
  19. parfaires consécutives l'une l'autre sans intervalle
  20. de temps commençant demain dix huictiesme jour de
  21. mars et finissant à pareil jour dedans lequel
  22. temps ledit de la Ville promet servir bien
  23. et deument ledit Allain audit estat d'apothicaire
  24. en toutes choses honnestes despendant de l'estat
  25. que apprentifz de sa qualité doivent et
  26. ont acoustumé faire et qui luy seront
  27. commandées par ledit Allain et son gendre
  28. et Mareau et sa femme et
  29. tenir bien profittement et utilitement garder et
  30. procurer à leur moyen les adresses
  31. de pratique s'il en avait connaissance

 

f°2

  1. et estre loyal et fidèle à ce
  2. fidélité ledit Thomas [garantit]
  3. et promet en répondre en son privé nom et
  4. comme ayant charge de ladite de la Ville sa mère
  5. et ne pourra ledit de la Ville avoir ne
  6. tenir aucun argent et ne luy en pourra ledit
  7. Thomas bailler sans l'avis desdits
  8. Mareau et Allain et ce fait à la charge
  9. que ledit Allain ou Mareau son gendre
  10. absent [?] ledit
  11. de la Ville, le logeront et couscheront
  12. traicteront [?] et luy
  13. montreront et enseigneront ledit art
  14. et mestié d'apothicaire à leur pouvoir
  15. sans rien luiy cacher des secrets dudit
  16. mestié, faisant par ledit de la Ville son
  17. debvoir bien, et est ce fait pour
  18. en payer par ledit Thomas auxdits Allain
  19. et Mareau pour la somme de deux
  20. cens livres tz soit cinquante livres qu'il a
  21. advancées contant (comptant) audit Allain en pièces
  22. de seize sols et dix sols et promet
  23. payer le reste scavoir cinquante livres
  24. au jour et feste Dieu prochaine

f°3

  1. et cent livres dedans d'huy en ung an
  2. prochain et oultre promet ledit Thomas bailler
  3. à la femme dudit Mareau les
  4. estoffes à quoy faire une cape de bon tafetas
  5. et panne de velours aussy
  6. dedans le jour de la feste Dieu prochaine ou la somme de douze livres à la charge dudit Thomas, de
  7. ce que dessus dit dans le cas où ledit de la Ville
  8. s'en yrait hors de la maison dudit Allain
  9. ledit Allain ne sera tenu le faire chercher ne
  10. quérir et sera payé de la somme promise
  11. comme si l'apprentissage estait fait
  12. lequel marché lesdites parties s'obligent
  13. tenir respectivement leurs hoirs et ledit
  14. Thomas au paiment et accomplissement du contenu aux
  15. présentes en son privé nom et ledit de la Ville
  16. son compère à tenir prison comme pour ces propres deniers
  17. affaires du roi notre sire, faict Angers présents honorable
  18. homme Philippe Barottin licencié es loix advocat
  19. Angers Jacques Barsendon demeurant Angers tesmoings

f°4

signé : Thomas, D. Alain, Barouin, Barsenlon, d e la Ville, Garnier

  1. Le XVIIIe novembre an susdit a esté présent ledit Allain qui a confessé
  2. avoir eu et receu de ladite Charlotte de la Ville par les mains de
  3. Georges Villechien serviteur demeurant en la maison d'icelle de la Ville
  4. ... la somme de cinquante livres...