apothicaire
à Angers en 1600
par
Odile Halbert, avec la collaboration de Pierre Grelier
Travaux
relevant de la propriété intellectuelle, reproduction interdite
- Ils
se confondent à un tel point que l'inventaire de la boutique à Angers
en 1600, est en fait la boutique d'un Maître apothicaire et droguiste.
A son décès, son gendre, qui n'est pas Maître apothicaire, ne pourra
prétendre qu'à la droguerie, et tentera de se faire embaucher comme
commis du maître apothicaire repreneur de la boutique.
- 12eme
siècle : médedine et pharmacie
se confondent, exercées par laïcs autant que religieux.
- 13e
siècle : la pharmacie se sépare
peu à peu de la médecine, et 2 universités enseignent la pharmacie Paris
et Montpellier. Les métiers étant alors regroupés en Corporations ayant
des Statuts définis, celle des Apothicaires voit le jour.
- 1484
: Ordonnance de Charles VIII « doresnavant
nul espicier de nostre ville de Paris ne s'en puisse mesler du fait
et vacation d'apothicaire si ledit espicier n'est lui-même apothicaire
»
- 1777
: Louis XIV sépare les corporations d'apothicaires et d'épiciers, reconnaissant
ainsi le monopole de la vente des médicaments aux seuls apothicaires.
- C'est
alors que le terme « pharmacien », du grec « pharmakon », signifiant
à la fois le remède et le poison, remplace l'apohicaire signifiait boutiquier.
-
- Apothicaire, n.
m. XIIIe siècle, du bas latin apothecarius, « boutiquier »,
puis « celui qui prépare les médicaments ». 1. Celui qui préparait et
vendait des médicaments. 2. Expr. fig. Compte d'apothicaire, sur
lequel il y aurait beaucoup à rabattre, ou très minutieux et compliqué.
- Drogues 1.Ingrédient
qui sert à la teinture, aux préparations chimiques et pharmaceutiques 2.
Remède (souvent péjoratif) 3. Herbe, épice (Larousse du Moyen Français,
Renaissance)
- Droguiste 1. Vieilli. Marchand de drogues 2. Personne
qui tient une droguerie
- Droguerie, n. f.
XIVe siècle, au sens de « drogues, épices ». Dérivé de drogue I.
Commerce des produits et articles d'hygiène, d'entretien, de ménage ; boutique
où l'on vend ces produits
- Epicier, n. XIIIe
siècle, espicier, au sens de « personne qui fait le commerce des épices,
des drogues ». Dérivé d'épice. 1. Anciennement. Personne qui faisait
le commerce des épices. 2. Personne qui tient un commerce d'épicerie.
- Epicerie, n. f.
XIIIe siècle, espicerie. Dérivé d'épicier. 1. Très
vieilli. Au pluriel. Épices et, par ext., denrées provenant de pays éloignés,
comme le sucre ou le café. Le commerce des épiceries. 2. Ensemble
des produits d'alimentation susceptibles d'être conservés. Acheter de
l'épicerie, conserver des produits d'épicerie. Par méton. Commerce de ces
denrées ; magasin où l'on vend ces denrées.
Armoiries à identifier
- Il y avait un apothicaire à Pouancé (49), dès la
fin du 16e siècle. Début 17e siècle arrive, sans
doute de Normandie, un nommé Henri
Lescouvette, dont ci-contre l'enseigne qui porte
la date 1670.
- On distingue les deux serpents à l'extérieur de
son écu, rappelant le caducée. Mais à l'intérieur
de l'écu, il a figuré 2 ustenciles, que je cherche à
identifier.
- Selon une publication Nantaise, les
enseignes des apothicaires de l’époque illustrent le nom et non la profession.
Ainsi, le poisson de la célèbre maison à pans de bois dans la doutre à Angers,
construite en 1582 par Simon Poisson apothicaire. Doit-on voir un balai ou un
instrument de pharmacie ?
- Selon l’Histoire de la pharmacie, ou 7 000
ans pour soigner l’homme (Boussel P, Bonnemain H., Paris 1978), les
enseignes d'apothicaire sont figuratives : animaux, fruits, ustensils
d’apothicaire (mortier, vase) ou des objets sans rapport avec la pharmacie (une
croix verte à Niort)
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- Selon E. Littré (Dictionnaire de la Langue Française,
1842) Escouvette vient de l'ancien français « escoube », balai ; provenç. escoba ; du latin scopa, balai ; génev. écovet, écové ; ital.
scopetta. Une escouvette est une longue brosse à manche, qui sert à l'apprêteur
pour asperger d'eau les plaques employées à chauffer les étoffes pendant le
pressage, et, un petit balai qui sert au maréchal à ramasser le charbon dans le
foyer et à l'humecter d'eau. « Comme un
chevaucheur d'escouvetes » . Merci de me dire si vous y voyez un
balai escouvette ? Si oui, lequel des deux ustenciles, et quel est
l'autre ?
Le
7 février 1600, inventaire fait devant Garnier notaire royal à
Angers, des marchandises et ustanciles et dragées et compositions qui
ont été trouvées apartenir à Denys Allain apothicaire à Angers, en sa
maison et boutique et en présence de Zacharie Mareau son gendre, fait
pour estre et demeurer lesdites marchandises et ustanciles dragées et
compositions audit Mareau afin d'en faire le payement et restitution
audit Allain dedans un an suivant l'accord et écrit d'entre eux passé
devant Garnier le 1er février 1600.
(AD49, Garnier Notaire)
Ustenciles
:
80
boîtes (bouestes) tant grandes que petites étant dans la boutique
37
pots de Lyon, dont il y en a 4 mauvais
17
petits et moyens pots de Lyon
20
chevrettes* de Lyon
un
alembic de cuivre à distiller l'eau pour la gravelle*
f°2
: 2
grandes boîtes où l'on met de la marchandise
4
poinçons* où l'on met l'estalage* de la bouticque
20
pots d'étain à mettre onguents
15
pinthes à mettre les herbes
3
tamis couverts à passer les compositions
un
grand mortier avec son pilon de métal, 2 moyens mortiers, un petit mortier
pour les médecines, le tout de métal
un
grand fléau avec 2 balances de bois, plus une grande balance sur le
comptoir, plus 3 autres balances demi cens, plus 2 vingt cinq, plus
2 douze
une
pile* de 4 livres dont le dessus est rompu, plus 2 petites piles de
demie livre
une
fontaine d'étain à huile avec son bassin
une
écritoire de bois sur le tablier
2
petites voirines* à dragées*
11
monstres* de [sucre], de bois
une
seringue avec son pot d'étain
un
vieux fourneau de fer
une
grande coupelle à mettre le poivre, de cuivre
un
bassin de cuivre à mettre ?une
petite coupelle de cuivre à mettre le bol*
8
gèdes* de bois tant grands que petites à estalages
syrop
rosa laxatif 12 L
syrop
viollat (sans doute le miel violat*) 6 L
syrop
capillereux 2 L 12 s
syrop
aceteux 1 L 4 d
syrop
de roses sèchées 1 L 5 d
syrop
de fumeterre* 2,5 L
miel
rosat* 1 L 12 d
syrop
d'eau de vie 1 L 13 s
syrop
de tussilage* 2 L
syrop
alexandrin 1 L 12 d
syrop
d'hysope* 1 L 3 s
syrop
d'absinthe 2 L 11 s
syrop
de Jimbert 2 L 11 s
syrop
de grenade 2 L 3 s
syrop
de fleur de pêcher 1 L
Compositions
Benedicte*
1 L 2 d
Cathelicon*
2 L 11 d
Oprius
simple 3 L 3 s
huba
pecchii 6 s
metudat
3 L 3 s
f°4
: desucco
1 L 10 d
diacarthami*
7 d
pommade
7 d
pilules
cocheres 10 s
pilules
foetives 13 gros
pilules
aureres 12
pilules
aggregatines 52 d
onguent
royal 1 L
onguent
agriptias 2 L
onguent
populatum : onguent Populeum fait de jeunes bourgeons de peuplier,
demi livre de fsuilles de pavot noir, de Mandragore, de Jusquiame, et
Morelle, de Joubarbe grande et petite, de laitue, de Glourteton, d'Escudez,
de violettes de mars, de sommitez, de ronces fort tendres de chacun
trois onces, de graisse de porc sans sel trois lvres. (Pharmacopée,
1580, p.465)onguent
napolitum 2 L 7 d
onguent
aposcotum 1 L
: onguent apostolorum, composé de Tormentine, de cire blanche, de
résine, d'ammoniac, de chacun quatorze drachems, de Verdet, d'Opoponax,
de chacun deux drachmes, de Sarrasine longue, d'encens mâle, de Boellium,
de chacun 6 drachmes, de licharge neuf drachmes. (Pharmacopée, 1580,
p.465)onguent
comitisse 1 L 5
onguent
desserti 4
onguent
porphily 2 L
onguent
dalibour 1 L 13 s
onguent
albugatum 1 L 12
huile
Lauria 1 L 10 s
onguent
hullatum
onguent
nutritum
onguent
nutritum
onguent
aurere
albo
royal
o
violai
o
lydenor
o
hyperac
o
lubricum
f°5
: o.
mastichum
o.
latron
o.
camemeli
o.
myrtillum
o.
rosam
o.
anethi
o.
de cappambe
o.
amygdalum dulti
emplâtre
Diapalme* 13 L 2 d
emplâtre
de [chyllère alloum] 3 L
emplâtre
de Ceruse* 2 L 12 d
emplâtre
de [chyllère magnum icugnis]
electuaire*
en tablettes de [org fug]
[pnt
de margari fug]
[pnt
de richardum abbai]
[pnt
za fantali]
aloes
de vessie
epythum
embobes
sandal*
cytrin
sandal*
rouge
turbith*
[scanmeneo]
armoire
boutique
huile
Laurin ung pot pesant 16 livres
f°6
: huile
de lin
huile
de viollat
huile
rosat
huile
camoli
onguent
d'althea
onguent
populeum
onguent
emulatum sans vif argent
onguent
bazilicum
onguent
napolitanum, le tout avec leurs pots
calamus
acorus*
yris
de florence
styrax
benjouyn
myrrhe
encens
fin
bois
de rose
sang
dragon* en larme
tuthée
fine
[collyrmais
richas]just
de régualisse
gomme
tragacante*
castor*
lupus
pois
chiches
opium
gros
sang dragon*
spoil
oppopauax
fin
f°7
: acétate
de -
galbanum*
grand
ammoniac
g
Elempin
gayac*
roses
[?]
argent
en feuille grand, deux quarterons*
cantharides*
noix
vomique*coral*
rouge
antimoine
couperose*
blanche
seve
[num]
vert
agaric*
coque
de levant
Marchandises
poivre
gingembre
sap
souffre
couperose*
verte
noix
de galle*
coton
file
muscade
canelle
fine
girofle
gomme
arabic
dragées
assorties
écorce
citron sec confit
sucre
cassonade
blanche
anis
sucre
candi rouge
sucre
candi blanc
[seiche
contre]
balaustes*
de Venise
Sundarac
Câpres
Vert-de-gris*
Epice
à Mercier
pour
ce
épice
seconde
épice
fine
gomme
gros
bol* 18 L
toypolly
huile
d'olive
térébenthine
grosse
cire
blanche
camphre
borax*
gallepot*
cire
jaune
rouzière
claire
couperose
en gos loppias
poudre
aux vers confite
condignac*
nouveau
condignac
vieux
confit
de rose seiche
temorec
noix
blanches un cent
noix
noires deux cents (j'ai retiré les noix pour envoyer à Paris)
framboises
confites
amandes
confites
poudre
de viollette
poivre
long
coriandre
crue
safran
nouveau
une
barique encre
miel
commun
une
pippe
de vin
bled
lard,
peut bien valoir 4 écus, relaissé et non mis en compte
eau
de rose 5 pintes*
eau
de vie 3 chopines*
Lexique
des compositions et ustenciles d'apothicaire
Agaric,
s.m. Plante purgative de la nature du champignon, & qui
s'attache au tronc des arbres.
(Dict. Académie française, 1762)
Balaustes, s. f. (Mat. med.) Les balaustes
sont les fleurs du grenadier sauvage ; on en extrait le suc de la même maniere
que de l'hypociste. Elles sont astringentes comme les cytines, d'une nature
terreuse, épaississantes, rafraîchissantes, & dessicatives : on les employe
dans les flux de toute espece, comme dans la diarrhée, la dyssenterie, &
pour arrêter les hémorrhagies des plaies. On doit les choisir nouvelles, bien
fleuries & d'un rouge vif : elles donnent de l'huile avec du sel essentiel,
& assez de terre. (Encyclopédie de Diderot)
Benedicte,
électuaire purgatif & benin. Lémeri ordonne la préparation de ce médicament
de la maniere suivante : Prenez dix gros de turbith choisi, une once d'écorce
de racines de petite ésule, six gros d'hermodatte, & autant de diagrede,
une demi-once de sel gemme, un gros & demi de spicanard, de gingembre, de
girofle & de safran, de petit cardamome, de galanga, de macis, de semence
d'ache, de carvi, de saxifrage & de sené ; pulvérisez ces drogues &
mêlez-les avec deux livres de miel écumé, pour en composer un électuaire dont
la dose sera depuis une drachme jusqu'à six. (Encyclopédie de Diderot)
Bol
ou Bolus : bouchée, ou morceau de quelque drogue medicinale
qu'on prend. (Dictionnaire de L'Académie française, , 1694)
Grosse pilule (l'Albert, 1772)
Borax
: terme de chimie. Sel très
propre à faciliter la fusion des métaux qui sert à de nombreux usages
industriels. On l'a longtemps employé en médecine comme désinfectant. (Dictionnaire de L'Académie française, , 1932)
Calamus
acorus : Le calamus aromaticus est ce que l'on appelle
autrement acorus, roseau
aromatique, qui à une racine amere & épicée, produite par une espece
particuliere de jonc, ou plutôt de flambe ou de glayeul qui vient dans le
Levant, & même en plusieurs endroits d'Angleterre, de l'épaisseur environ
d'une plume d'oie, & haute de deux ou trois piés, dont on fait un grand
usage comme d'un céphalique & d'un stomachique, sur-tout dans les douleurs
occasionnées par la foiblesse de l'estomac. (Encyclopédie de Diderot)
Cantharides
: Insecte coléoptère de la tribu des cantharidiens ou vésicants (lytta
vesicatoria). C'est avec la poudre de cantharide qu'on fait les vésicatoires ;
prise à l'intérieur, cette poudre irrite les organes urinaires et passe à tort
pour aphrodisiaque. On en fait aussi des emplâtres.
Cathelicon, épithete de
certains électuaires anciens qu'on regardoit comme universels, ou comme
purgeant toutes les humeurs. (Encyclopédie de Diderot)
Castor,
huile de ricin, que les Anglais appellent Castor oil.Céruse,
ou blanc de plomb : une sorte de rouille que donne le plomb, ou plûtôt c'est
du plomb dissous par le vinaigreLe blanc de plomb est aussi un
cosmétique : les femmes s'en servent pour se blanchir la peau ; on en fait le
fard. Les revendeuses à la toilette font ce blanc de plomb en mettant du
vinaigre & de l'orge perlé le plus beau, dans un vaisseau qui ait un
couvercle de plomb. Elles placent le tour dans cet état dans un lieu chaud : la
vapeur du vinaigre calcine le plomb, & fait un blanc que ces femmes
détachent pour leur commerce : elles prétendent que l'orge qu'elles joignent au
vinaigre, empêche que le blanc de plomb n'ait de mauvais effets. Celles
qui n'ont pas le moyen d'avoir cette espece d'orge perlé ; qui est la plus
chere, y substituent le riz. (Encyclopédie de Diderot)
Tient, tient,
notre apothicaire était déjà cosmétologue !
Chevrette
: Pot de faïence à goulot pour mettre les sirops, (Dictionnaire Littré,
1872) - Pot à canon (en pharmacie). On nomme pots à canon ceux qui servent à
conserver les électuaires. On nomme chevrettes ceux qui ont un bec au-dessus du
ventre ; ils servaient autrefois, chez les apothicaires, à conserver les sirops
et les huiles, mais aujourd'hui il n'y a que certains épiciers qui s'en servent,
(Dict. des arts et métiers, Amsterdam, 1767, Apothicaire.)
Chopine
: 0,5 litre
Corail
: Le sel de corail est un sel neutre, formé par l'union
de l'acide du vinaigre, & du corail.Lemery croyoit que le sel & le magistere de corail
avoient la même vertu ; il leur attribuoit à l'un & à l'autre celle de
fortifier & de réjoüir le coeur ; c'est apparemment sur son autorité, que
quelques apoticaires donnent encore aujourd'hui assez indifféremment ces deux
préparations l'une pour l'autre. Elles différent pourtant essentiellement, le
magistere de corail n'étant absolument que le corail pur divisé
dans ses parties les plus subtiles par la dissolution & la précipitation,
l'édulcoration en ayant enlevé la petite portion du dissolvant & du
précipitant qui accompagne ordinairement les précipités.Ce magistere de corail n'est donc qu'un pur absorbant,
dont les prétendues vertus cordiales, alexiteres, diaphorétiques, &c.
sont aussi imaginaires que celles du corail préparé, auquel quelques
auteurs les ont aussi attribuées.(Encyclopédie de Diderot)
Cotignac. s. m. Confitures faites de jus de coins.
(Dict. Académie française, 1694)
Couperose
s. f. Nom donné par les anciens chimistes à différents sulfates
métalliques. Couperose verte (sulfate de fer). Couperose blanche
(sulfate de zinc). Couperose bleue (sulfate de cuivre). (Dictionnaire de L'Académie française, 1832)
Diacarthami : Prenez du turbith
choisi une once & demie ; de la moelle de semence de carthame, de la
poudre diatraganth froid, des hermodactes, du diagrede, de chacun une once ; du
gingembre demi-once ; de la manne deux onces & demie ; du miel rosat, de la
chair de coin confite, de chacun deux gros ; du sucre blanc dissous dans l'eau
& cuit en électuaire solide, une livre six onces : faites-en selon l'art un
électuaire solide & en tablettes. (Encyclopédie de Diderot)
Diapalme
: s. m. (Pharm.) sorte
d'emplâtre ainsi nommé, parce qu'on y faisoit entrer la décoction des feuilles
de palmier, auxquelles on substituoit quelquefois les feuilles de chêne. On lui
donne aussi, & avec raison, le nom d'emplâtre de litharge. En voici
la composition. . de l'huile d'olive, de l'axonge de porc, & de la litharge
préparée, de chaque trois livres : faites cuire le tout selon l'art avec une
suffisante quantité d'eau commune, ou si vous voulez, avec une suffisante
quantité d'une décoction de feuilles de palmier ou de chêne : quelquefois on
ajoûtoit à cet emplâtre du vitriol, & pour lors on l'appelloit emplâtre diacalciteos.
Le diapalme passe pour résoudre, ramollir, déterger, cicatriser. Cet
emplâtre étoit autrefois fort usité, mais depuis que l'onguent de la mere est
en vogue à Paris, on l'employe beaucoup plus rarement. Si l'on fait dissoudre
quatre parties de cet emplâtre dans une partie d'huile, on a la préparation
nommée cerat de diapalme, qu'on peut employer aux mêmes usages que le diapalme,
& avec plus de facilité, parce qu'il se laisse mieux étendre. (Encyclopédie de Diderot)Dragée
: s. f. Certaine sorte de graine, ou de petits fruits secs couverts
de sucre durci. (Dictionnaire de L'Académie française, 1694)
Électuaire: s. m. composition pharmaceutique, destinée à l'usage intérieur, formée en
incorporant une ou plusieurs poudres avec du miel ou du sirop, des extraits,
des pulpes, des gelées, des robs, des conserves, & quelquefois des vins
doux. Les électuaires sont solides ou mous. Les premiers
sont plus connus sous le nom de tablettes, & il est même commode de
les distinguer par ce nom des électuaires mous Estalage. s. m. v. Exposition des marchandises qu'on veut
vendre. (Dictionnaire de L'Académie française, 1st Edition, 1694)
Fumeterre:
s.f. Plante fort commune dans les champs. Elle est très amère,
mais très salutaire, surtout pour purifier le sang. On l'appelle aussi
Coridale & Fiel de terre. (Dictionnaire de L'Académie française,
1762)
Utilisée comme dépuratif et antiscorbutique (l'Albert, 1772)
Galbanum
: très-bon médicament en qualité
d'anti-hystérique, d'emmenagogue & de fondant, quand il n'y a point
d'inflammation, & qu'il est besoin d'échauffer, de stimuler, de dissoudre
une pituite tenace, glutineuse, abondante, qui cause des obstructions dans les
intestins, dans l'utérus, & dans les autres parties du corps ; ce qui est
fort commun dans les pays septentrionaux. Suc résineux & gommeux, fort
connu des anciens, & qui distille d'une plante férulacée. C'est le chêne
des Arabes, le de Dioscoride, le chalbane des Hébreux, mot tiré de chalbanah,
qui signifie gras, onctueux, gommeux. Le galbanum est une
substance grasse, ductile comme de la cire, à demi-transparente, brillante,
dont la nature tient en quelque maniere le milieu entre la gomme & la
résine ; car elle s'allume au feu comme la résine, se dissout dans l'eau, le
vin, le vinaigre, comme les gommes, & point ou difficilement dans les
huiles, sa couleur est blanchâtre & presque transparente lorsqu'elle est
récente, ensuite jaunâtre ou rousse, d'un goût amer, acre, d'une odeur forte. On
trouve deux especes de galbanum chez les droguistes & dans les
boutiques d'apothicaires ; l'un est en larmes, l'autre en pains ou en masse.
(Encyclopédie de Diderot)
Galipot
: s.m. Résine liquide qu'on tire du pin par incision. (Dictionnaire de L'Académie française, 1762)
Gaïac,
s.m. Arbre d'Amérique. On fait avec le bois de Gaïac des tisanes
sudorifiques. (Dic.Académie française, 1762)
Gède,
s.f. En Bas-Maine, plat de bois - Panier d'osier (Dictionnaire
du monde rural, Lachiver, 1997) Manifestement
utilisées pour l'étalage
Gravelle s.f. Maladie causée par du sable ou du gravier,
qui fait obstruction dans les reins ou dans les uretères (Dictionnaire de L'Académie française, 4th Edition,
1762)
Hysope,
hyssope
s.f. Plante aromatique (Dictionnaire de L'Académie française, 1st Edition,
1694)
Arbrisseau des régions méditerranéennes (l'Albert, 1772)
Miel violat. Prenez fleurs de violettes
nouvellement cueillies, quatre livres ; miel commun, douze livres ;
mélez-les ensemble, & les laissez en digestion pendant huit jours dans un
lieu chaud : après cela, faites bouillir avec une pinte d'infusion de fleurs de
violettes, jusqu'à la consomption du quart ; passez ensuite avec expression ;
puis faites cuire la colature en consistance de sirop. On ôtera l'écume avec
soin, & on gardera le miel pour l'usage.
(Encyclopédie de Diderot)
Monstre
: Une boite à vitre dans laquelle
les orfèvres mettent divers bijoux qu'ils exposent à la veuë des passants. (Dictionnaire de L'Académie française, 1st Edition,
1694) Manifestement les apothicaires aussi...
Noix
de Galle : excroissances qui se développent sur les feuilles de
certains chênes (l'Albert, 1772)
Noix
vomique, baie globuleuse, fruit du vomiquier ; poison violent. Pile
: pour pilon, instrument dont on se sert pour piler quelque chose dans un
mortier. (Dictionnaire de L'Académie française, 1st Edition, 1694)
Pinte
0,93 litrePoinçon
: sorte de toneau, qui tient à peu prês les deux
tiers d'un muid, servant à mettre du vin & autres liqueurs (Dictionnaire de L'Académie française, 1st Edition,
1694)
Quarteron
: poids qui est la quatrième partie d'une livre, soit 122 g
Rosat
: la rose étoit déjà regardée par les anciens comme la
panacée d'une infinité de maladies ; c'est l'éloge que Pline en fait. Les
modernes en tirent aussi un grand nombre de préparations ; les principales sont
l'eau simple de roses, la conserve de roses, les tablettes de suc
rosat, le syrop de suc de roses, le suc de roses solutif,
l'électuaire du suc de roses, le miel rosat, l'huile de roses,
l'onguent rosat, le vinaigre rosat, & la teinture de roses rouges.
On trouve dans toutes les pharmacopées la maniere & les usages de ces
diverses préparations (Encyclopédie de Diderot)
Sandal ou santal, s. m.
bois des Indes orientales, dont nous connoissons trois especes : le jaune ou le
citrin, le blanc, & le rouge. Le santal citrin, santalum citrinum
J. B. est un bois pesant, solide, ayant des fibres droites ; ce qui fait qu'on
peut le fendre aisément en de petites planches, d'un roux pâle ou jaunâtre,
tirant sur le citrin, d'un goût aromatique un peu amer, d'une acrimonie qui
remplit toute la bouche, mais cependant qui n'est pas désagréable, d'une bonne
odeur qui approche un peu de celle du musc & des roses… On trouve aussi
fréquemment chez les droguistes, deux bois rouges qu'on donne pour du santal
rouge. Ces deux bois viennent des Indes, & de l'Amérique... (Encyclopédie de Diderot)
Sang-dragon, s. m. (Hist. des
drog. exot.) sorte de résine connue de Dioscoride, sous le nom de , &
des Arabes, sous celui de alachnem ; on l'appelle sanguis draconis
dans les boutiques. C'est une substance résineuse, seche, friable, inflammable,
qui se fond aisément au feu, d'un rouge foncé, de couleur de sang
lorsqu'elle est pilée, transparente quand elle est étendue en lames minces,
sans goût & sans odeur, si ce n'est lorsqu'on l'a brûlée ; car alors elle
répand une odeur qui approche beaucoup de celle du storax liquide. La premiere espece s'appelle draco arbor, C'est un grand arbre qui ressemble de loin au pin par
l'égalité & la verdure de ses branches. Son tronc est gros, haut de huit ou
neuf coudées, partagé en différens rameaux, nuds vers le bas, & chargés à
leur extrêmité d'un grand nombre de feuilles, longues d'une coudée, larges
d'abord d'un pouce, diminuant insensiblement de largeur, & se terminant en
pointe.. Ses fruits sont sphériques, son tronc, qui est raboteux, se fend en plusieurs endroits,
& répand dans le tems de la canicule, une liqueur qui se condense en une
larme rouge, molle d'abord, ensuite seche & friable ; & c'est-là le
vrai sang-dragon des boutiques. Cet arbre croît dans les îles Canaries,
surtout près de Madere. La seconde espece de sang-dragon est appellée palma
amboinensis (Encyclopédie de Diderot)
Tragacanthe Nom donné à plusieurs arbrisseaux du genre astragale qui produisent la gomme
adragante, utilisée pour ses vertus adoucissantes.
Turbith, s. m. (Botan. exot.) turbedh
par les Arabes, & par les Grecs modernes ; c'est une racine des Indes
orientales, ou l'écorce d'une racine séparée de sa moëlle ligneuse, desséchée,
coupée en morceaux oblongs, de la grosseur du doigt, résineux, bruns ou gris
en-dehors, blanchâtres en-dedans, d'un goût un peu âcre & qui cause des
nausées. (Encyclopédie de Diderot)
Tussilage s. m.
Genre de la famille des composées. Le tussilage pas d'âne, tussilago
farfara, L., plante précoce, commune dans les sols argilo-calcaires, profonds et
frais, dont les fleurs font partie des espèces pectorales connues sous le nom de
quatre fleurs. (Dictionnaire Littré, 1872)
Vert-de-gris,
ou verdet, acétate bibasique de cuivre dont la nuance
varie du bleu au vert, selon la quantité d'eau, et qui est produit par l'action
du cuivre sur le marc de raisin. Verdet ou vert-de-gris, le cent pesant estimé
36 livres, Déclarat. du roi, nov. 1640, Tarif. (Dictionnaire Littré, 1872)
Voirine
: Ancien mot qui signifiait verre (Dictionnaire Littré, 1872)
- Le
dix septiesme jour de mars mil six cent neuf
- avant
midy
- En
la cour royale d'Angers devant nous René Garnier notaire
- personnellement
estably honneste homme Denys Allain Me apothicaire
- à
Angers y demeurant paroisse de la Trinité d'une part, et
- Me
François Thomas procureur à Thouars et y demeurant #
- tant
en son nom que comme procureur
- chargé
d'honorable femme Charlotte de la Ville
- veuve
de defunt Me Fleurant de la Ville
- procureur
audit Thouars et mère de René
- de
la Ville cy-après nommé, et a esté présent ledit
- René
de la Ville beau-frère dudit Thomas demeurant à présent
- audit
Angers confesse avoir fait et estre d'accord
- ce
ce qui s'ensuit, c'est à scavoir que ledit de la Ville
- o ladite
autorité et consentement dudit Thomas
- s'est
mis et met comme apprentif à l'estat
- d'apothicaire
audit Angers en la maison dudit Allain
- pour
le temps de troys années entières et
- parfaires
consécutives l'une l'autre sans intervalle
- de
temps commençant demain dix huictiesme jour de
- mars
et finissant à pareil jour dedans lequel
- temps
ledit de la Ville promet servir bien
- et
deument ledit Allain audit estat d'apothicaire
- en
toutes choses honnestes despendant de l'estat
- que
apprentifz de sa qualité doivent et
- ont
acoustumé faire et qui luy seront
- commandées
par ledit Allain et son gendre
- et
Mareau et sa femme et
- tenir
bien profittement et utilitement garder et
- procurer
à leur moyen les adresses
- de
pratique s'il en avait connaissance
f°2
- et
estre loyal et fidèle à ce
- fidélité
ledit Thomas [garantit]
- et
promet en répondre en son privé nom et
- comme
ayant charge de ladite de la Ville sa mère
- et
ne pourra ledit de la Ville avoir ne
- tenir
aucun argent et ne luy en pourra ledit
- Thomas
bailler sans l'avis desdits
- Mareau
et Allain et ce fait à la charge
- que
ledit Allain ou Mareau son gendre
- absent
[?] ledit
- de
la Ville, le logeront et couscheront
- traicteront
[?] et luy
- montreront
et enseigneront ledit art
- et
mestié d'apothicaire à leur pouvoir
- sans
rien luiy cacher des secrets dudit
- mestié,
faisant par ledit de la Ville son
- debvoir
bien, et est ce fait pour
- en
payer par ledit Thomas auxdits Allain
- et
Mareau pour la somme de deux
- cens
livres tz soit cinquante livres qu'il a
- advancées
contant (comptant) audit Allain en pièces
- de
seize sols et dix sols et promet
- payer
le reste scavoir cinquante livres
- au
jour et feste Dieu prochaine
f°3
- et
cent livres dedans d'huy en ung an
- prochain
et oultre promet ledit Thomas bailler
- à
la femme dudit Mareau les
- estoffes
à quoy faire une cape de bon tafetas
- et
panne de velours aussy
- dedans
le jour de la feste Dieu prochaine ou la somme de douze livres à la
charge dudit Thomas, de
- ce
que dessus dit dans le cas où ledit de la Ville
- s'en
yrait hors de la maison dudit Allain
- ledit
Allain ne sera tenu le faire chercher ne
- quérir
et sera payé de la somme promise
- comme
si l'apprentissage estait fait
- lequel
marché lesdites parties s'obligent
- tenir
respectivement leurs hoirs et ledit
- Thomas
au paiment et accomplissement du contenu aux
- présentes
en son privé nom et ledit de la Ville
- son
compère à tenir prison comme pour ces propres deniers
- affaires
du roi notre sire, faict Angers présents honorable
- homme
Philippe Barottin licencié es loix advocat
- Angers
Jacques Barsendon demeurant Angers tesmoings
f°4
signé
: Thomas, D. Alain, Barouin, Barsenlon, d e la Ville, Garnier
- Le
XVIIIe novembre an susdit a esté présent ledit Allain qui a confessé
- avoir
eu et receu de ladite Charlotte de la Ville par les mains de
- Georges
Villechien serviteur demeurant en la maison d'icelle de la Ville
- ...
la somme de cinquante livres...
-