Vente des meubles de Nicolas Chartier et Renée Hullin : Craon 1702

Je reviens demain sur ce couple, dont la généalogie a connu depuis des décennies des déboires, et pas mal d’erreurs, car enfin on a la certitude de son ascendance par le mariage du frère de Nicolas.

Mais ce jour, je reviens aussi sur leurs héritiers, qui sont connus avec certitude en 1702 par les inventaires et ventes de leurs biens.
Voici la première page de la vente de leurs meubles. Ils laissent 6 héritiers : Nicolas, Renée, Joachim, Perrine, Jeanne et Philippe et aucun autre, donc dans la généalogie faite autrefois il convient de supprimer tout autre descendance et ne garder que :

Nicolas CHARTIER †Craon 9 septembre 1670 x ca 1635 Renée HULLIN que l’on croit née à Courbeveille (53) 28 octobre 1615 fille de Pierre et Jeanne Guyot
1-Perrine CHARTIER °Craon 2 juin 1636 « baptisée Perrine fille de Nicolas Chartier marchand et de Renée Hullin parrain honorable homme Pierre Tireau sieur de la Goguerye de St Gault, marraine Jeanne Bouvet de La Chapelle Craonnaise »
2-Nicolas CHARTIER °Craon 15 décembre 1638
3-Jeanne CHARTIER
4-Philippe CHARTIER °Craon 24 janvier 1649 †1706/ marchand à Angers
5-Joochim CHARTIER °Craon 6 janvier 1652 « baptisé Joachin fils de honnestes Nicolas Chartier et Renée Hullin parrain Joachin Joubert marraine Jehanne Badouille de La Selle Craonnaise » †Craon 26 juin 1702 x Craon 3 août 1684 Renée BODINIER Dont postérité
6-Renée CHARTIER °Craon 21 mars 1655 x Armel SAGET dont postérité

Vous remarquerez qu’à leur décès, ils ont 2 filles non mariées, et manifestement elles sont là pour tenter d’acheter ce qu’elles peuvent. Ceci me fait toujours une très forte impression de voir qu’autrefois les filles célibataires devaient quémander ainsi de quoi s’installer après le décès de leurs parents, en achetant ce qu’elles pouvaient de leurs meubles à la vente publique, mélangée à tous les voisins venus acheter. C’est dérangeant pour nous autres en 2019 !!!! On a tout de même un peu évolué là dessus.

Cet acte est aux Archives Départementales de la Mayenne, AD53-3E1/496 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

« Le 27 mars 1692 par devant nous André Planchenault notaire de Craon y demeurant vente a été publiquement faire des meubles restés après le décès de defuntes h. personnes Nicolas Chartier vivant marchand poislier et Anne Heulin sa femme en la maison où ils sont décédés sis sur la grande rue dudit Craon au dessus du ruisseau de Luarson, à la requeste et présence de chacuns de vénérable et discret Me Nicolas Chartier prêtre chanoine en l’église collégiale st Nicolas dudit Craon, tant en son privé nom que comme curateur aux personnes et biens des enfants mineurs de defunts Armel Saiget et Renée Chartier, h. homme Jouachin Chartier marchand, Claude Houdemon veuve de defunt Pierre Chartier tutrice naturelle des enfants dudit Chartier et d’elle, Perrine et Jeanne les Chartiers filles majeures et usant de leurs droits, tous demeurans audit Craon, et h. homme Philippes Chartier aussi marchand demeurant au bourg d’Aviré absent, nous notaire stipulant pour luy, lesdits les Chartiers enfants et héritiers desdits deffunts Chartier et Heulin, à laquelle vente a été vaqué comme s’ensuit en présent de Jacques Margalle trompette ordinaire dudit Craon, lequel a proclamé tant aux carrois et lieux ordinaires dudit Craon qu’à la porte et entrée de ladite maison pendant le cours de ladite vente, en laquelle a esté exposé : 102 livres d’étain mis à prix la veuve Guillot à 10 sols la livre, par ladite Perrine Chartier à 12 sols, et adjugé à Jean Buquet Me pottier d’étain audit Craon, et à ladite Perrine Chartier à 13 sols la livre, le tout faisant ensemble 66 livres 6 sols, lequel partage entre eux, savoir audit Buquet 67 livres – Une table de noyer, une bancelete, 2 escabeaux, le tout mis à pris par la femme de Pierre Moreau hoste audit Craon à 45 sols, par la femme de Queraucher hoste audit Craon à 60 sols et adjugé à ladite Chartier à 70 sols – Un lit garni de son charlit, une paillasse, couette, un traverslit, 2 oreillers, le tout de plume ensouillé de couetis, une mante verte, un lodier et un tour de lit de sarge aussi verte, de peu de valeur, mis à prix par ladite Perrine Chartier à 22 livres et adjugé à la femme de Pierre Moreau hoste audit Craon à 35 livres (f°2) … » (non pris les vues)

Meubles vifs et meubles morts

Vous êtes ici sur un site qui traite des actes anciens, et naturellement leur vocabulaire, familier à mes lecteurs réguliers, est parfois quelque peu différent du vocabulaire actuel.
Je reviens donc ici sur l’actualité, d’une part avec le Salon de l’Agriculture, d’autre part avec la déclaration du président de la République relative au terme MEUBLE pour les animaux. Et j’ose me permettre ici de rappeler le vocabulaire dans lequel mes lecteurs réguliers baignent.
J’ai classé ce billet dans la catégorie INVENTAIRE car il s’agit bien de termes de droit pour définir les biens qu’on doit y estimer et lister.

Jusqu’au Code Civil Napoléon, 1807, la France avait plusieurs droits coutumiers : un par province.
Ils classaient les biens en immeubles et meubles, les meubles étant uniquement tout ce qui n’était pas immeuble.
Dans tout ce qui n’était pas immeuble on avait généralement les meubles morts et les meubles vifs.
Et les meubles vifs étaient tous les animaux, puisqu’ils étaient mobiles et vivants.

Donc, en 1807, on a pondu un texte qui sévit toujours, particulièrement long et hermétique parfois, pour tenter de classer tout ce que l’on classait dans ce qui n’était pas immeubles donc meubles.
Mais ce faisant, on a enlevé le plus joli qualificatif qu’on connaissait parfaitement avant la Révolution :

  • les meubles vifs
  • Et, entre temps :
    1 : les citoyens moyens ayant accès à la lecture du Code Civil largement sur Internet et autres, alors qu’auparavant cette lecture était le fait de professionnels ayant étudié le droit
    2 : les meubles morts, ou meubles meublants, ont pris une telle place dans la vie quotidienne qu’on en change tous les 5 ans en moyenne (cela n’est pas mon cas, je vous rassure)

    et ces braves lecteurs moyens en ont conclu qu’on traitait les animaux comme ce qui sort d’une usine nordique.
    Ils feraient mieux de prendre leur dictionnaire et de constater que le terme meuble a beaucoup de sens, mais par contre, je constate que c’était nettement plus joli avant la Révolution.
    Comme quoi à cette époque, censée bénie, on n’a pas tout fait pour le mieux !

    En conclusion, les animaux ne sont pas des immeubles, donc a contrario des meubles, mais c’était tout de même plus joliement qualifié avant la Révolution !

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog

    Succession de Jean Lelardeux, vicaire de Bierné, 1524

    en fait c’est une transaction avec le curé de Bierné, qui vit à Angers.
    Les héritiers Lelardeux semblent se diviser en 6 branches, dont une partie est ici réprésentée, et longuement énumérée, mais sans qu’on puisse deviner les liens exacts, sans doute chacun représente-il un des frères et soeurs donc le vicaire de Bierné aurait eu 6 frères et soeurs.

    Mais cet acte illustre un point important, à savoir que lorsqu’il fallait se mettre d’accord, on avait immédiatement des frais d’avocats, notaires etc… et même des frais de voyage, car on ne vient pas chez le notaire d’Angers depuis Pommerieux en faisant l’aller et le retour dans la journée !!! et la somme à toucher est minime, soit 10 livres par branche, et encore ils sont nombreux dans chacune des branches à se partager les 10 livres de leur branche, et ce après avoir payé les frais du voyage de celui qui a été à Angers les représenter dans cet acte.
    Autant dire que je ne suis pas persuadée qu’il soit resté le moindre denier à chacun !!!

    Par contre, sur le plan des liens Lelardeux, cet acte permettra sans doute un jour d’y voir plus clair.

    J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E121 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

    Le 16 juin 1524, en notre cour royale à Angers (Nicolas notaire Angers) personnellement establiz vénérable et discret maistre Franczois Lemaczon prêtre chanoine de l’église collégiale de Saint Jehan Baptiste d’Angers et curé de l’église parochiale de Bierné au diocèse d’Angers d’une part,
    et Jehan Lelardeux paroissien d’Ampoigné et Jehan Clavereul paroissien de Feneu tant en son nom que comme procureur et soy faisant fort de Mathurin Lelardeux, René Noel, Maurice Blanchet et Jacqueet Chevroliet, promectant leurs faire avoir agréable le contenu en ces présentes et en bailler lettres vallables de ratiffication audit Lemaczon dedans la feste de Toussaints à la peine de tous intérestz,
    Alexis Bourjon paroissien de Saint Aignan près Bierné,
    Jehan Lelardeux paroissien de Pommerieux tant en son propre et privé nom que comme soy faisant fort de Foulquet Lelardeux, Jacquet Lelardeux, Jehanne et Jehanne les Lardeux, Roberde Lelardeux, et des enfants de feu Jehan Marsollier et de défunte Laurence Lelardeux, et promectant iceluy Jehan Lelardeux faire ratiffier et avoir agréable le contenu en ces présentes à ceulx dont il s’est fait fort dedans ladite feste de Toussaints prochainement venant à la peine de tous intérests,
    Julien Manceau et Jehan Clavereul tant en leurs noms privés que comme procureurs et eulx faisant fort de Jehan Poisson et de Jehanne Lelardeux et de Perrine Lelardeux aussi prometant leur faire avoir agréable le contenu en ces présentes dedans ladite feste de Toussaints prochainement venant à la peine de tous intérests cesdites présentes néanmoins et ce qu’elle contiennent demourans en leur force et vertu
    tous les dessus dits héritiers de défunt missire Jehan Lelardeux prêtre en son vivant vicaire de Bierné d’autre part
    soubzmectans etc confessent que pour plect et procès éviter paix et amour nourrir entre eux ils ont transigé pacifié et appointé et sont venuz à ung et d’accord ensemble en la manière qui s’ensuit,
    c’est à savoir lesdits héritiers pour raison de ce qu’ils disoient que ledit feu missire Jehan Lelardeux en son vivant vicaire d’icelle cure de Bierné pour ledit maistre Franczois Lemaczon curé d’icelle cure avoir baillé et presté audit Lemaczon la somme de 100 livres tz
    aussi pareillement disoient iceulx héritiers que compte final avoit esté fait entre iceluy défunt vicaire et ledit Lemaczon par lequel compte ils disoient ledit Maczon estre redevable audit vicaire en la somme de 26 livres 3 sols 5 deniers tz
    et oultre que ledit défunt vicaire avoir fait autres mises depuis iceluy compte dont et desquelles ils demandoient avoir solucion et paiement ès noms et qualités qu’ils procèdent comme héritiers dudit feu missire Jehan Lelardeux et concluoient à ceste fin
    à quoy de la part dudit maistre Franczois Lemaczon curé susdit a esté dit et respondu qu’il ne pensait estre tenu esdits héritiers ès sommes cy dessus contenues mais que ledit feu missire Jehan Lelardeux son vivaire avoit receu plusieurs deniers et revenus de sadite cure dont il ne luy avoir tenu aulcun compte
    et aussi comme vicaire il avoit tenu icelle cure auparavant ledit Lemaczon où il avoit laissé tomber et démolir et mis en ruine le logis de ladite cure et auxdites appartenances d’icelle cure
    au moyen de quoy que la demande proposée par les dessus dits héritiers dudit feu vicaire et les allégations dudit curé au contraire ledit curé demandoit avoir despens et conclutoit contre eulx à ce
    finalement lesdites parties sont demourées et ont convenu ensemble de ce sur les choses dessus dites leurs circonstances et dépendances en la manière qui s’ensuit
    c’est à savoir ledit maistre Franczois Lemaczon curé susdit pour demourer quicte envers les dessus dits du contenu en une cédulle par luy baillée audit défunt vicaire ensemble du compte montant 26 livres 3 sols 5 deniers tz et autres mises faites par ledit défunt vicaire en tant que touche ladite sixième partie et de toutes autres demandes que lesdits héritiers cy dessus nommés pourroient avoir et demander audit Lemaczon curé susdit, ledit Lemaczon en a fait et composé avecques eux scavoir est avecques ledit Lelardeux d’Ampoigné et Jehan Clavereul procureurs tans en leurs noms que comme eux faisans fort de Mathurin Lelardeux, René Noel, Maurice Blanchet et Jacques Chevalier pour une sixième partie la somme de 10 livres 10 sols tz que ledit Jehan Lelardeux a receue contant dudit Lemaczon dont il s’est tenu par davant nous bien paié et contant et en a quicté et quicte ledit Lemaczon
    et audit Alexis Bourjon paroissient de Saint Aignan près Bierné, pour une sixième partie à pareille somme de 10 livres 10 sols tz qu’il a eue et receue dudit Lemaczon en présence et à vue de nous dont il s’en est tenu par davant nous à bien paié et contant et en a quicté et quicté ledit Maczon
    et audit Jehan Lelardeux de Pommerieux tant pour luy que comme soy faisant fort de Foulquet Lelardeux et Jacques Lelardeux de Jehanne et Jehanne et Roberde les Lardeux et des enfants de feu Jehan Marsollier et de défunte Laurence Lelardeux pour une sixième partie, à la somme de 10 livres 10 sols tz qu’il a eue et receue dudit Lemaczon dont il s’en est tenu par davant nous à bien payé et contant et en a quicté et quicté ledit Lemaczon
    et audit Julien Manceau et Clavereul tant en la qualité de procureur que autrement, scavoir ledit Clavereul comme procureur de Jehan Poisses et de Jehanne Lelardeux et ledit Manceau tant en son nom que comme soy faisant fort de Perrine Lelardeux, ce pour une sixième partie, à la somme de 10 livres 10 sols tz qu’ils ont eue et receue dudit Lemaczon dont ils s’en sont tenus par davant nous à bien paiez et contans et en ont quicté et quictent ledit Lemaczon
    et par ce faisant lesdits dessus nommés demeurent quictes envers ledit Lemaczon curé susdit tant de reparations que de toutes autres choses dont il leur eust peu faire question ou demande en quelque manière que ce soit
    aussi demeure audit Lemaczon curé susdit tous et chacuns les deniers non receuz tant de son fief que d’autres choses et depuis le temps que ledit Lemaczon est curé d’icelle cure
    auxquelles choses dessus dites tenir et accomplir d’une part et d’autre etc et à garantir etc et aux dommages l’un de l’autre amandes etc obligent lesdites parties l’une vers l’autre chacun en tant et pour tant que luy touche eulx leurs hoirs etc renonçant etc foy jugement et condemnation etc
    présents ad ce vénérables et discrets maistres Jehan Tillon licencié ès loix curé de saint Rémy sur Loire et Guychart Bacher chantre et chanoine de l’église collégiale de saint Jehan Baptiste d’Angers tesmoings
    fait et donné à Angers en la maison dudit Lemaczon les jour et an susdits
    constat, et ne pourront les dessus dits empescher que ledit Lemaczon ne puisse suivre contre qui il appartiendra contre toutes personnes que ce soient

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    Partages de la succession de Jean Auger, prêtre, Angers, 1541

    Voici une succession qui concerne à la fois Juvardeil et Angers, en 1541.

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E5 – Voici la retranscription intégrale de l’acte : Le 24 janvier 1541 en la court du Roy notre sire à Angers endroit pardevant nous (Boutelou notaire Angers) personnellement establiz chacun de honnestes personnes maistre André Coquereau tant en son nom que comme ayant les droits actions parts et portions de plusieurs de ses cohéritiers héritiers en partie de deffunt vénérable et discret missire Jehan Auger en son vivant prêtre
    comme aussi au nom et comme soy faisant fort des hoirs de feu Marye Coquereau et Jehan Pasquer d’une part

    et Mathurin Manceau marchand et Simone Pasquer sa femme de luy suffisamment autorisée par davant nous quant à ce paroissiens de Saint Maurille d’Angers, tant en leurs noms et à cause d’icelle Symonne, que esdits noms et comme ayant les droits actions parts et portions de plusieurs autres cohéritiers aussi héritiers en partie dudit deffunt missire Jehan Augers d’autre part

    soubzmetans esdits noms eulx leurs hoirs avecques tous et chacuns leurs biens meubles et immeubles présents et advenir quels qu’ils soient au pouvoir et juridiction de ladite court quant à cest effet confessent de leur bon gré sans aulcune pourforcement avoir fait et encore par la teneur de ces présentes font entre eulx les partaiges et divisions des choses héritaulx à eulx escheuz et advenus par le décès dudit deffunt Auger et ce tant de leur chef que des choses par iceulx Coquereau et Manceau respectivement acquis de leurs cohéritiers aussi héritiers dudit feu missire Jehan Augers,

    c’est à savoir que audit Coquereau tant pour et en son nom que au nom et comme ayant lesdits droits de sesdits cohéritiers comme aussi pour lesdits trois enfants de ladite feu Marie Coquereau et Jehan Pasquer et ce qui leur peult compéter et appartenir en toute ladite succession dudit feu Auger qui est une huitiesme partie, est advenue pour eulx leurs hoirs et ayant cause une maison vieille ruisnée et caducque ainsi qu’elle se pourduit et comporte sise près et audavant de la petite porte des Cordeliers de ceste ville d’Angers abutant du bout davant à la rue tendant dudit couvent des Cordeliers à Lospital d’Angers d’autre bout à la maison de la chappellenye de Sainte Anne joignant d’’un cousté à la rue tendant desdits Cordeliers à Saint Maurille dudit Angers et d’autre cousté à la maison d’honorable homme maistre Jocahin Martineau licencié ès loix Sr de Paradis
    Item les maisons jardins estraiges avecques leurs appartenances et déppendances sises au bourg de Juvardeil ensemble unze boisselées de terre labourable ou environ faisant partie d’une pièce de terre dont ledit Coquereau est aussi seigneur sise près ledit bourg de Juvardeil appellée la pièce de la Croix, aultrement les Herbes et tout ainsi que lesdites choses se poursuivent et comportent et comme ledit feu Auger les tenoit et possédoyt en son vivant ou autre de par luy et sera tenu ledit Cocquereau esdits noms payer à l’advenir les debvoirs deuz pour raison desdites choses aux seigneurs des fiefz dont elles sont tenues

    et audit Lemanceau et Symone Pasquer sa femme tant en leurs nom que es nom et comme ayant les droits parts et portions en ladite succession de leursdits cohéritiers est advenu pour eulx leurs hoirs et ayant cause les choses qui s’ensuivent
    savoir est le lieu et closerie de la Damoysellerye avecques le bestial y estant

      que je n’ai pas identifiée

    ensemble la piecze de terre jardin et appartenance appelée le Rocher et tout ainsi que icelles choses se poursuivent et comportent sans aulcune chose en excepter ne réserver le tout sis en la paroisse de St Samson les ceste ville d’Angers
    Item quatre quartiers de vigne ou environ sis au cloux de vigne appelé les Barrelys en la paroisse de saint Aoustin près ceste ville d’Angers pour raison duquel lot et choses héritaulx iceulx Manceau et sadite femme payeront à l’advenir les charges rentes et debvoirs qu’elles doibvent

    ce fait et pour ce que ledit Coquereau par lesdits acquets par luy faictz de sesdits cohéritiers avoit plus mys à desbours que ledit Lemanceau de la somme de 100 livres tournois et plus comprins ses frays et mises et par appointement faict entre iceulx ledit Lemanceau a promis et promet, doibt et demeure tenu payer et bailler audit Cocquereau la somme de 25 escuz d’or au marc du sol bons et de prix pour remboursement de ce qu’il pourroit debvoir à esté tenu vers ledit Cocquereau en son nom pour lesdits acquets et ce dedant la feste et la Penthecouste prochainement venant

    et au reste demeurent iceulx Cocquereau et Manceau quites les ungs vers les autres de toutes et chacunes les choses dont ils s’entre pourroient faire question et demande jusques à ce jour tant de ce qu’ils et chacun d’eulx ont auparavant ce jour payé et baillé pour les rentes desdites choses faczons de vignes réparations de ladite maison de cestedite ville d’Angers que pour toutes autres choses touchant la dite succession …
    fait et passé audit Angers en présence de Alexandre Jousset praticien en court laye, honnestes personnes Bertran Cameau marchand et Guillaume Cronnier sergent royal demeurant audit Angers
    Signé : Cosquereau, Jousset, Cronniern Boutelou, mais Manceau ne signe pas

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    Partages en 3 lots des biens de feu Jean Porcher : Saint Sébastien sur Loire et Nantes à cause de Sèvres 1640

    le bien est modeste, mais le partage fut fait après cordelage, qui dut coûter fort cher, car il occupe plus de 30 pages de papier, et pour établir les lots, il a également fallu autant de papier.
    Nous avons coutume de voir les chambres de maison divisées en plusieurs parties et ici c’est le cas, mais, chose absoluement remarquable les 3 divisions de la maison à une seule chambre ont été estimées chacune séparément, et vous allez constater que si on a l’évier ou la cheminée ou rien le prix varie beaucoup.
    Quant aux parcelles de terre elles sont nombreuses mais très petites, voir minuscules, mais elles ont été cordelées avec une très grande précision, (enfin pour autant que l’usage de la gaule et la corde pour mesurer le permettait)

    et je descends de ces Porcher, précisément, je descends de cette Renée Porcher qui est la plus jeune des 3

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales de Loire-Atlantique, série AD44-4E2 – Voici la retranscription de l’acte (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

    Le 8 août 1639 (devant Delacroix notaire royal à Nantes) partages en 3 lots des maisons, terres et héritages de la succession de défunt honneste personne Jean Porcher, qui étaient indivises et non partagées entre Michel Porcher laboureur au village de Portechaise à StSébastien, Sébastien Corgnet et Isabelle Porcher sa femme, demeurant au lieu de la Douettée à StSébastien, et Renée Porcher, village de Portechaise, assistée de Julien Pergeline, Md tanneur à Nantes son curateur, lesdits Porcher enfants et héritiers dudit défunt Porcher, icelles lottyes faites et composées par ladite Renée Porcher et ledit Julien Pergeline son curateur particulier sur le grand du cordaige et prisage fait entre eux, raporté par Me Pierre Poulain notaire et Couiaud greffier de la juridiction de Sesmaisons le 8 août 1639, pour estre procédé à la choisie d’icelles selon leur rang :

  • 1er lot
  • ung logis ayans son plancher et une cheminée, appellé eschauffateur, coupvert à thuile, situé au village de Saisvres paroisse de StSébastien avec les rues et issues au devant et niveau d’iceluy logis, ainsi qu’il se poursuit et comporte, bourné d’un cousté tant la rue dudit logis que dudit village d’autre costé jardin cy après, d’un bout à Sébastien Aubin d’autre bout logis cy après de la 2ème lottye – avec portion de jardin estant au derrière desdits logis et de l’aire adjaçante, et des haies et fossés qui en dépendent f°2/ bourné d’un costé à Sébastien Aubin d’autre costé jardin cy après, d’un bout logis cy devant, d’autre bous ung petit chemin qui conduit dudit village aux Perrières contenant ladite portion de jardin et aire une boisselée et deux quarts moings ou environ à icelle prendre du costé vers ledit Aubin et au désir de 3 bournes mises à séparer ledit jardrin, prisée icelle portion de revenu annuel ayant esgard à la réduction en faire parles priseurs laboureurs au prix de 27 sols 6 deniers – Une petite saulaye proche ledit jardin ayant ses douves mutuelles d’un costé bourné d’un costé le pré Madame d’autre costé le chemin d’un bout auxdits héritiers defune Michel Meneust, d’autre bout les communs dudit village de Saivres contenant une corde et demie faisant 15 gaules prisé de revenu annuel 12 sols la boisselée soit 3 sols – Au petit pré de Saivres une petit quanton de pré contenant 12 cordes et ung quart, faisant 2 boisselées 5 gaules et demie, bourné d’un coté aux enfants et héritiers de defunt honorable homme Pierre Aubin d’autre costé au seigneur de la Civelière d’un bout la ripvière de Saivre d’autre bout sauzaye à Claude Landays prisé de revenu annuel 30 sols la boisselée soit 62 sols 9 deniers – f°3/ Au clos de l’Orselière ung rasot de vigne rouge contenant 2 cordes trois quarts bourné d’un costé à Pierre Bourdon d’autre costé à la veuve de Michel Meneust, d’un bout aux héritiers de defunt Denis Coquin d’autre bout à la veuve de Michel Pergeline prisé 28 sols l’hommée de revenu annuel soit 10 sols 5 deniers – Plus audit cloux ung autre rasot de vigne contenant 22 gaules bourné d’un costé à ladite veuve Michel Pergeline d’autre costé audit Jean Gourdineau d’un bout à ladite veuve Meneust d’autre bout aux héritiers feu Jacques Bureau prisé de revenu annuel 28 sols l’hommée soit 8 sols 2 deniers – Encore audit clos ung autre rasot de vigne rouge contenant ung quart d’hommée une gaule un quart, bourné d’un costé à Jean Bacheleau d’autre costé à (blanc) d’un bout à honorable homme Estienne Bureau d’autre bout audit Bacheleau prisé de revenu annuel 28 sols l’hommée soit 7 sols 5 deniers – En la pièce des Terseries ung quanton de terre ayant sa haye d’un costé contenant demie boisselée moing 2 gaules bourné d’un costé à la veuve dudit Jan Cocquin d’autre costé le chemin conduisant du grand chemin de Clisson au village de Saivres d’un bout Roberd Ruau d’autre bout à la veuve Sébastien Lamy, prisé de revenu annuel au prix de 25 sols la boisselée soit 11 sols 8 deniers – f°/4 En la pièce de l’osche Tiemot ung quanton de terre labourable contenant une boisselées trois quarts bourné d’un costé à Sébastien Aubin d’autre costé à Pierre Corgnet d’un bout à Guillaume Mestaireau d’autre bout à Jacques Aubin prisé de revenu annuel 21 sols la boisselée, soit 37 sols 10 deniers – En la pièce du Bois des Michels ung quanton de terre labourable contenant 2 boisselées 3 gaules bourné d’un costé à René Recoquillé et femme, d’autre costé à Jean Lemerle et femme à cause d’elle, d’unbout audit Lefeubvre d’autre bout le chemin qui conduit de Nantes à Goulaines prisé de revenu annuel au prix de 23 sols la boisselée soit 46 sols

  • 2e lot
  • Une autre chambre de logis ayant aussi son plancher au dessus avecq son esvier enfermé de terrasse audit village de Saivres aboutant au logis employé au 1er lot, son estable et petite soue à costé avec les rues et issues au devant et niveau de ladite chambre dudit estable et de ladite soue, ainsi que le tout se poursuit et contient bourné d’un costé tant la rue dudit logis que dudit village f°5/ d’autre costé le val cy après, d’un bout ladite chambre du 1er lot, d’autre bout à la veuve dudit Me Michel Meneust, avec ledit val à costé portion de jardrin au derrière, contenant ledit val et portion de jardin deux tiers de boisselées, ou environ, ledit val et porion de jardin bourné d’un costé et bout tant à ladite veuve Meneust qu’aux enfants de feu Gilles Halbert d’autre costé tant aire que jardrin du 1er lot, trois bournes entre eux pour les séparer, ladite chambre de maison estable soue val et portion de jardin prisés de revenu annuel eu esgard au prisage et réduction en fait par le priseur laboureur et du consentement des parties 67 sols 6 deniers – Près ledit village de Saivres ung quanton de pré et saulzaie ayant sa haie d’un costé et d’un bout contenant 2 boisselées 3 gaules bourné d’un costé audit Jean Legay d’autre costé les communs dudit village d’un bout un petit chemin qui conduit des petits prés à iceluy village de Saivres, d’’autre bout aux héritiers feu honorable homme Jan Bureau, prisé de revenu annuel 35 sols la boisselée soit 71 sols 9 deniers – f°6/ Au cloux du Heron une planche de vigne rouge franche contenant 28 gaules moings un sixième de gaule, bourné d’un costé à Sébastien Porcher d’autre costé à Julien Halbert et femme d’un bout au sieur Jacques Legay, prisé de revenu annuel 30 sols l’hommée soit 11 sols 2 deniers – Audit cloux un autre petit rasot de vigne rouge contenant 3 gaultes et un tiers, bourné d’un costé audit Halbert d’autre costé à Sébastien Regnaud, prisé de revenu annuel 30 sols l’hommée soit 1 sol 4 deniers – Audit cloux du Chiron ung autre petit rasot de vigne rouge contenant 7 gaules et demie bourné d’un costé et des deux bouts Claude Landays prisé de revenu annuel 30 sols l’hommée soit 3 sols 1 denier – Audit clos un rasot et la moitié d’un autre rasot contenant ensemble 6 gaules, bourné d’un costé aux enfants de defunt Jacques Legay, d’un bout aux enfants et héritiers d’André Corgnet d’autre bout aux héritiers Sébastien Porcher prisé de revenu annuel 30 sols l’hommée soit 2 sols 5 deniers – f°7/ En la pièce de la Grand Lande ung quanton de terre labourable ayant sa haye d’un bout contenant 2 boisselées et demie et sixième de gaule bourné d’un costé à Pierre Porcher d’autre costé à la veuve d’Anthoine Meneust d’un bout aux enfants et héritiers du sieur Jan Bureau d’autre bout le chemin qui conduit de la Jaulnaye à Clisson, prisé de revenu annuel 21 sols la boisselée soit 52 sols 6 derniers – En l’osche Grande ung autre quanton de terre labourable contenant une boisselée et un huitième de boisselée, bourné d’un costé à Ollivier Corgnet de la Veillerie d’autre costé à Michel Huchet et autres d’un bout aux héritiers de defunt René Porcher et d’un bout à Perrine Bureau veuve Bertran Delaunay, prisé de revenu annuel 23 sols la boisselée soit 25 sols 10 deniers – En la pièce du bois des Michels ung quanton de terre labourable contenant une boisselée bourné des 2 costés auxdits partageants et autres d’un bout le grand chemin qui conduit de Nantes à Haute Goulaine d’autre bout audit sieur Lefeuvre prisé 23 sols de revenu annuel –

  • 3e lot
  • f°8/ Au cloux du Mileau en la paroisse de Rezé, ung quanton de vigne blanche ayant ses haies d’un costé et des deux bouts, contenant 28 cordes trois quarts faisant 3 hommées quatre cinquième 9 gaules et ung quart, bourné d’un costé au sieur Jacques Losry et femme à cause d’elle, d’autre costé à Thomas Luzet d’un bout le chemin qui conduit de Gaignerie au Pasty d’autre bout un autre petit chemin qui conduit de la ripvière de Saivre au port de la Morinière prisé de revenu annuel 45 sols l’hommée soit 8 livres 15 sols 3 derniers – En la pièce des Tesryes en St Sébastien ung petit quanton de terre labourable contenant 3 gaules et 3 cinquième de gaule bourné d’un costé et d’un bout à Sébastien Regnaud d’autre costé à Roberde Riau veuve André Corgnet prisé de revenu annuel 25 sols la boisselée soit 19 deniers – En ladite pièce des Tesries ung autre petit quanton de terre labourable contenant 4 gaules et ung quart bourné d’un costé à Julien Regnaud d’autre costé et d’un bout à la veuve dudit sieur Jan Coquin prisé de revenu annuel f°/10 25 sols la boisselée soit 20 sols 9 deniers – En ladite pièce ung autre quanton de terre contenant ung quart de boisselée bourné d’un costé et d’un bout audit sieur Jacques Legay d’autre costé ledit chemin cy dessus d’autre bout audit Sébastien Porcher, prisé de revenu annuel à 25 sols la boisselée soit 6 sols 3 deniers – Encore en ladite pièce ung autre quanton de terre labourable contenant demie boisselée ung dixième et deux tiers de gaule bournée d’un cousté à Sébastien Regnaud d’autre costé audit Sébastien Porcher et aboutée d’un bout aux enfants et héritiers feu f°11/ Guillaume Foucaud d’autre bout la terre Sébastien Cheneau prisée de revenu annuel 25 sols la boisselée soit 15 sols 3 deniers – Davantage en ladite pièce ung autre quanton de terre labourable contenant demie boisselée ung quinzième bournée d’un costé à Roberde Viau d’autre costé à la veufve Denyau d’un bout à Julien Regnaud d’autre bout à maistre Julien Martin prisé de revenu annuel 25 sols la boisselée soit 14 sols 2 deniers – En ladite pièce des Herseries ung autre quanton de terre labourable contenant f°12/ avecque sa haye d’un bout ung tiers de boisselée 4 gaules deux tiers bournée d’un costé et d’un bout aux enfants et héritiers de defunt Guillaume Foucaud d’autre costé à Pierre Porcher et femme d’autre bout le chemin conduissant de Clisson à Saivres prisé de revenu annuel 25 sols la boisselée soit 10 sols 3 deniers – En icelle dite pièce ung quanton de terre labourable contenant cinq sixième de boisselée moings 2 gaules bourné d’un costé Michel Pergeline d’autre costé à Guillaume Carsil de Saivre, d’un bout au sieur Jan Dupont f°13/ et femme à cause d’elle, d’autre bout audit Sébastien Porcher, prisé de revenu annuel 25 sols la boisselée soit 20 sols 8 deniers
    A la charge de chacun desdits partaigeants de payer et acquiter à l’advenir toutes et chacunes les rentes charges et debvoirs qui peuvent estre deus sur lesdites choses chacun sur sa lotie qui luy eschoira et adviendra, en faire les redebvance et obéissance aux seigneurs de qui lesdites choses relèvent. Arresté par ladite Renée Porcher et par ledit Julien Pergeline son curateur particulier par devant nous Pierre Delacroix f°14/ notaire royal à Nantes soubzsigné ce 14 novembre 1640 après midy, ladite Renée Porcher a dit ne savoir signer
    Le 19 novembre 1640 après midi devant nous notaires de le cour de Nantes soubsignés ont été présents Michel Porcher laboureur demeurant au village des Portechaises paroisse de Saint f°15/ Sébastien d’Aigne d’une part, et Sébastien Corgnet aussi laboureur et Elizabel Porcher sa femme de son mary aurotisée, demeurant au lieu de la Douettée paroisse de Saint Sébastien, et Renée Porcher demeurante au village de Portechaise assistée du sieur Julien Pergeline Me tanneur son curateur particulier demeurant à Nantes paroisse saint Similien, lesquelles parties après lecture faite de mot à mot et d’articles en autre des 3 lottyes cy devant escriptes ont dit les avoir eues amplement en communication et les trouver être esgales et bien faites et consentent qu’il soit présentement procédé à la f°16/ choisie d’icelles et de fait ont présentement procédé et procédant a ledit Michel Porcher comme aîné choisi la 2ème lottye, lesdits Sébastien Corgnet et femme comme seconds choisissants ont choisi me 1ère lottye, et à ladite Renée est demeurée la 3ème et dernière lottye. »

    Mathurin de la Grandière seigneur de la Besselinière, a donné la métairie de la Roullière en dot à sa fille Françoise pour épouser René de Cissé : transaction après son décès, Laigné 1553

    Le fils aîné de Mathurin de la Grandière de la Besselinière, Lancelot, transige avec son beau-frère René de Cissé au sujet de la métairie de la Roullière qu’il avait reçu par la dot de sa femme. Ces derniers vont conserver la propriété de la Roullière.

    L’acte donne bien les de la Grandière « sieur de la Besselinière », mais rien n’indique où est situé ce lieu, seule la métairie de la Roullière est explicitement située à Laigné.
    J’ai un autre acte concernant cette famille, que je mettrai prochainement ici.

    Acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, E4279 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

    Le 30 mai 1553, comme procès feussent meuz et espérés mouvoir entre nobles personnes René de Cissé sieur des Ponts d’Angers et damoiselle Françoise de la Grandyère son épouse d’une part, et noble homme Lancelot de la Grandyère sieur de la Besselinyère fils aisné et héritier principal de feu noble homme Mathurin de la Grandyère en son vivant seigneur dudit lieu de la Buselinière d’autre part, pour raison de ce que ledit Cissé disoit que ladite Françoise son espouse estoit dame et possesseresse du lieu mestairie et appartenances de la Roullyère sise an la paroisse de Laigné en ce pays d’Anjou à tiltre de don qui luy en fut piecza fait par ledit feu noble homme Mathurin de la Grandyère sieur dudit lieu de la Besselinière et damoiselle Renée Du Cloistre son espouse père et mère de ladite Françoise et par sentence ou appointement sur ce donné et expédié entre lesdits Lancelot et Françoise et ladite Du Cloistre par devant monsieur le seneschal d’Anjou ou monsieur son (f°2) lieutenant à Angers le 7 août 1546 et que pour les troubles et empeschements qu’en avoit fait ledit Lancelot auxdits de Cyssé et son espouse s’en estoient ensuivis plusieurs procès et entre aultres touchant certain boys procédant desdites choses par eulx baillés à Nicollas Hunault ou lesdits de Cyssé et Hunault avoyent obtenu sentence à leur profit qui depuys a esté confirmée par la cour de parlement par arrest de laquelle ledit Lancelot a esté condemné es despens dudit de Cyssé taxés et modérés à la somme de 70 livres ou aultre somme portée par ladite taxe de despens, dont ledit de Cyssé requeroyt l’exécution et encore ses intérests, et par ledit Lancelot estoyt dit que par ladite sentence ou appointement (f°3) dudit 7ème jour d’août l’an 1546 avoit esté fait response à ses procureurs par action fait pour l’immensité dudit don que aultres droits et moyens par luy prétendus et aussi que à la vérité ledit don estoyt immense et excédoyt de beaucoup la tierce partye des héritaiges et immeubles desdits feu de la Grandyère et du Cloistre et partant requéroyt cassation dudit don ou à tout lemoins qu’il fust réduit selon la coutume du paye et quant auxdits despens offroit les payer ou qu’ils fussent escomptés luy faisant raison de ce que dessus, ledit de Cyssé persistant au contraire et aussi que ledit lieu de la Roullyère estoit d’acquest desdits feuz Mathurin (f°4) de la Gandyère et du Cloistre et plusieurs autres faits raisons et moyens allèguoient lesdites parties et estoyent prestes d’entrer en grande involution de procès dont elles ont bien voulu accorder, pour ce est il que en notre cour royale à Angers endroit personnellement establis lesdits de Cyssé et son espouse d’une part, et ledit Lancelot de la Grandèyre tant pour luy que pour ses frères et soeurs puinés en soy faisant fort d’iceulx et Françoise Regnard son espouse d’aultre part soubzmectant etc confessent avoir aujourd’huy o le conseil delibérations et advis de leurs conseils et amis pour procès éviter paix et amour nourrir entre eulx ont transigé pacifié et accordé et encores transigent de et sur lesdits procès et différends en la forme (f°5) et manière que s’ensuit, c’est à savoir que ledit lieu mestairie et appartenances de la Roullière demeurera et demeure à perpétuité à ladite Françoyse de la Grandyère et audit de Cyssé son mary à cause d’elle leurs hoirs et ayant cause comme le propre patrimoine et matrimoine de ladite Françoise aux tiltres et moyens que dessus et sans ce que ledit Lancelot de la Grandyère esdits noms et son espouse leurs hoirs et ayans cause y puissent jamais rien prétendre demander ne avoir et ont renoncé et renonent par ces présentes et à tout ce qu’ils pourroyent alléguer et prétendre pour contredire et débatre ledit (f°6) don lequel demeure entièrement en son effet force et vertu au moyen que lesdits de Cyssé et Françoise de la Grandyère son espouse et chacun d’eulx seul et pour le tout renonçant au bénéfice de division ont promys et par ces présentes promectent rendre payer et bailler audit Lancelot de la Grandiyère ou à Françoise de Regnart son espouse dedans ung an prochainement venant la somme de 300 livres tz à une fois payée et où pendant ledit temps lesdits de Cyssé et son espouse feroyent vendition ou aliénation dudit lieu et appartenances de la Roullière ils et chacun d’eulx comme dessus seront contraints et contraignables dès lors et incontinent ladite vendition ou aliénation faite (f°7) faire ledit payement audit Lancelot ses hoirs etc et oultre moyennant ces présentes ont lesdits de Cyssé et son espouse quicté et remis audit Lancelot et son espouse lesdits despens et intérests et généralement demeurent au sourplus touz procès et différends d’entre lesdites parties nuls et assoupis et lesdites parties quites l’une vers l’autre de tout ce que elles eussent peu demander et faire question et demande l’une à l’autre deparavant ce jour moyennant ces présentes qui demeurent néanmoins en leur force et vertu, à laquelle convention et accord tenir etc garantir etc obligent etc mesmes ledit Cyssé et sadite femme au payement de ladite somme cy dessus et chacun d’iceux seul et pour le tout sans division audit Lancelot etc renonçant etc (f°8) foy jugement et condemnation etc fait et passé audit Angers en la maison de messire François Callon juge de la Prévosté d’Angers en présence dudit juge de la Prévosté et de Me Estienne de Fleurville licencié ès loix et Me Macé Eveillard aussi licencié ès loix tesmoings