La saga des Fagault de Louplande à la Turballe, ou la petite histoire de la sardine

Voici la plus ancienne photo que j’ai des FAGAULT. Faute de légende et date, je ne peux faire que des hypothèses. Je suppose donc que René Fagault père est au milieu, et à vous de me dire qui sont à ses côtés.

Ils consultent un album photo de famille, et des livres de bord. Je ne possède rien de tout cela, même si j’ai des documents plus récents, en particulier le livre de bord de Belmont depuis 1907.

Après-demain, je vous mets le testament de Mélanie Dubois en 1912, et je vous demande de le relire attentivement pour me signaler d’éventuelles erreurs sur ma retranscription qui figure dans l’histoire de la famille FAGAULT que j’ai mise en ligne.

René Allaneau condamné à repeupler les étangs du Plessis de Vergonnes : 1634

En effet, il est manifeste qu’il a été fermier de la terre du Plessis de Vergonnes, et qu’il a omis le repeuplement des 2 étangs, ce qui est fautif, d’où la condamnation devant le présidial d’Angers. C’est mon ascendant, et ceux qui me suivent depuis longtemps savent combien j’avais travaillé cette famille Allaneau.

Le Plessis de Vergonnes est alors, probablement à titre de douaire, à la veuve de René de la Rivière. Voir ma page sur Vergonnes.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E6  – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle)

Le samedi 18 juillet 1634 avant midy, par devant Louys Couëffe notaire royal Angers, furent présents establys et deuement soubzmis Jehan de la Rivière escuyer sieur du Plessis de Vergonnes demeurant en ceste ville paroisse de la Trinité, au nom et comme se disant avoir charge de damoiselle Marguerite Barbin sa mère veufve de René de la Rivière vivant escuyer sieur dudit lieu du Plessis de Vergonnes, prometant qu’elle ne contre contreviendra à ces présentes à peyne etc d’une part, et René Alaneau marchand demeurant en la paroisse de Noislet d’autre part ; lesquels en vertu de la sentence donnée entre ladite damoiselle et René Alaneau au siège présidial de ceste ville le 2 juillet dernier, confessent avoit transigé et accordé comme s’ensuit, c’est à savoir que ledit Allaneau promet et s’oblige peupler les estangs du Bois Girard et du Grand Mortier dépendant de la terre du Plessis de Vergonens du nombre de 1 600 de peuple de carpes savoir un millier de 7 poulces entre oeil et bat, et 600 de 6 poulces aussi entre oeil et bat, et encores fournir 7 carpes mères pour peupler les douves (f°2) de ladite maison, le tout dans le jour du jeudy absolu prochain ; et a esté donné advis à Mathurin Fauveau à présent fermier de ladite terre pour s’en charger et en accorder pareille quantité et qualité à la fin de son bail ; et au moyen de ce iceluy Allaneau demeurera et demeure quite vers ladite damoiselle du peuplement qu’il estait condemné faire esdits estangs par ladite sentence, sans préjudice des dommages et intérests adjugés ; ce qui a esté stipulé et accepté par lesdites parties etc obligent etc dont etc fait à notre tablier présents Me Jehan Richard et René Debournais clercs à Angers tesmoings »

Charles de Bougue, libraire à Angers, baille à ferme la pêche de Juigné : 1519

Mon blog et mon site contiennent plusieurs baux de droit de pêcher, le plus souvent il s’agit d’étangs, mais ici la rivière et aussi un étang.

Outre le prix en monnaie, la majorité de ces baux ajoutait un nombre de poissons, mais ici c’est « un plat de poisson », dans qu’on précise combien de poissons il y a dans un plat, et même si les poissons sont cuits ou vivants.

Juigné est de nos jours fusionné à Montreuil, et se nomme Montreuil-Juigné, dans le Maine-et-Loire.

Vous avez également plusieurs sur ce libraire, Charles de Bougue, qui vendait à Angers il y a 5 siècles. Pour ceux qui ne sont pas familiers de ce blog, les mots-clefs sont sous ce billet et cliquez dessus vous aurez accès à tous les actes marqués de ce mot-clef. Bonne lecture.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E121  – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle)

Le 14 décembre 1519 (Huot notaire Angers) En notre cour à Angers personnellement estably honneste personne sire Charles de Bougue marchand libraire demourant à Angers d’une part, et Jehan Gaultier, Jacquet Davy et Jehan Davy tous paroissiens de Juigné sur Maine ainsi qu’ils disent d’autre part soubzmectans lesdites parties eulx leurs hoirs etc et lesdits Gaultier et Davy eulx et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division de parties ne de biens leurs hoirs etc confessent avoir aujourd’huy fait les marchés pactions et conventions tels en en la manière qui s’ensuit, c’est à savoir que ledit de Bougue que ledit de Bougue a baillé et baille à tiltre de ferme et non autrement auxdits Gaultier et Davy qui ont prins et accepté prennent et acceptent dudit de Bougue audit tiltre de ferme et non autrement du jour et feste de Toussaints dernière passée jusques à 4 ans après ensuivant et suivant l’autre sans intervalle les pescheries des marais de la seigneurie dudit Juigné avecques le petit estang estant près la maison de ladite seigneurie pour icelle tenir et doresnavant exploiter en la forme et manière accoustumée ; et est faite ceste présente baillée à ferme pour en rendre et paier par chacunes desdites 4 années par lesdits preneurs et chacund d’eulx seul et pour le tout sans division de personne ne de biens audit bailleur en ceste ville d’Angers la somme de 11 livres tournois paiables au jour et feste de (f°2) Toussaints avecques ung bon plat de poisson le premier paiement commençant au jour et feste de Toussaints prochainement venant ; auxquels marchés pactions et conventions et tout ce que dessus est dit tenir et accomplir d’une part et d’autre etc et à garantir etc et aux dommages etc obligent lesdites parties l’une vers l’autre et lesdits preneurs eulx et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division de personnes ne de biens leurs hoirs etc à prendre vendre etc renonçant par davant nous lesdits preneurs au bénéfice de division etc foy jugement et condemnation etc présents ad ce Geoffroy Pescholoche et Charles Huot clerc demeurant à Angers tesmoings, fait à Angers en la rue st Jehan Baptiste

Bail des étangs de la Ferrière et modalités de la pêche : 1590

Mon site et mon blog vous ont déjà donné beaucoup d’actes de ce type, qui précisent quand et comment on pêchera et comment on repeuplera les étangs. Voyez aussi ci-contre la catégorie PECHE
Le preneur demeure à Angers, et en fait c’est un poissonnier qui gère sa pêche pour se procurer le poisson en temps utile, c’est à dire le Carême.

Ici, curieusement le bailleur est un LECERCLER comme d’ailleurs l’atteste sa signature ci-dessous, et non un LECLERC.

Acte des Archives Départementales du Maine-et-Loire 5E1 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :
Le 16 juin 1590 après midy en la cour du roy notre sire à Angers par davant nous François Revers notaire royal Angers personnellement establys honorable homme Valentin Lecerclerc sieur du Breil fermier de la terre fief et seigneurie de la Ferrière et y demeurant paroisse de la Ferrière d’une part, et Julien Miette marchand pecheur demeurant en Reculé paroisse de la Trinité de ceste ville d’Angers d’autre part, soubzmectant lesdites parties respectivement confessent avoir fait et font entre eux le bail à soubzferme et conventions qui s’ensuivent savoir est ledit Leclerc fermier avoir ce jourd’hui baillé et baille par ces présentes audit Miette qui a pris et accepté audit tiltre de soubz ferme et non autrement pour le temps et espace de 4 années entières et consécutives qui ont commencé dès le jour de Mi Caresme dernier qui finiront à pareil jour et terme lesdites 4 années révolues savoir est 3 estangs dépendant de ladite terre et seigneurie de la Ferrière l’ung nommé le Grand estang l’autre l’estang de Mauberges et l’autre l’estang de Lague comme ils se poursuivent et comportent et que ledit bailleur les a veu à ferme lors des précédentes vidanges sur les rivages desdits estangs, à la charge dudir preneur de peupler les 3 estangs et iceulx tenir pendant ledit temps de 4 années savoir ledit grand estang de 5 milliers de peuple,

D. – P. anal. « Poissons qui peuplent un étang »

l’estang de Maubeuges de 2 milliers et l’estang de Lague d’un millier le tout de peuple de carpe qui sont 8 milliers pour tous les 3 estangs, et pour peupler lesdits estangs sera tenu ledit preneur en advertir ledit bailleur pour assister à voir et aultre que ledit bailleur vouldra et peuplera ledit preneur tant lesdits estangs cy dessus et en pareil nombre de 8 milliers de peuple si bon semble audit preneur dedans Noël prochainement venant à peine de tous despens dommages et intérests et de nullité du présent bail si bon semble audit bailleur, et néanmoins où il seroit demeuré nul sera tenu et à promis et promet ledit preneur payer audit bailleur le prix du présent bail et faire toutes les autres charges et conditions contenues … et en tous les despends dommages et intérests dudit bailleur et sans lesquelles promesses iceluy bailleur n’eust consenty et accordé le présent bail audit preneur pendant lequel temps ledit bailleur pourra estandre deux naces à prendre poisson à chacun desdits estangs au dessoubz d’iceulx à la charge des escailles l’une d’icelles naces à moitié et l’autre à descendre pour le poisson qu’il prendra dans icelles naces estre et demeurer et lequel sera et demeurera audit bailleur et pourra aussi ledit bailleur prendre et escouler par chacune desdites 4 années une fois

en le temps qu’il plaira audit bailleur deux pieds quatre doigts d’eau dudit grand estang seulement, pour aider et servir à faire mouldre le moulin dudit estang de Lagré esant au dessoubz dudit grand estang lequel deux pieds 4 doigts d’eau se merquer par chacuns ans aux … de la bouée dudit grand estang et ce en présence de deux ou trois personnes gens de bien et notables, et est ledit preneur tenu entretenir … des bondes et enchenaulx desdits trois estangs … que lesdites bondes et anchenaulx sont à présent en bon estat de réparation suffisante et bien courantes comme a confessé ledit preneur, et déclare par davant nous les avoir veues en tel estant que dessus, et lequel preneur a promis et promet les tenir pendant le présent bail et les rendre à la fin d’iceluy avec lesdits anchenault en bonne et suffisante réparation et bien courantes bien et duement comme il appartiend, et pour le regard des esculles desdits trois estants ledit preneur les rrendra en telle réparation qu’elles luy seront baillées par ledit bailleur, et sera tenu ledit preneur bailler et fournir audit bailleur lors qu’il peschera lesdits estangs deux cents de carpes et 6 brochets … par ledit bailleur sur tous poissons desdits estangs et ne pourra ledit preneur empescher que les rouissaiges se fassent par chacuns ans du présent bail à chacun desdits estangs par les personnes auxquels ledit bailleur vouldra donnera congé de ce faire et lequel bailleur en aura les profits et esmoluments et en disposera tout ainsi qu’il a cy davant fait auparavant le présent bail, et est fait le présent bail pour en payer et bailler par ledit preneur ou ses hoirs et ayans cause audit bailleur à ses hoirs ou ayans cause par chacune desdites 4 années outre les charges susdites la somme de 60 escuz sol évalués à 180 livres tz payable par chacuns ans aux jours et festes de Toussaint et le premier avril par moitié le premier payement de la première demie année commenczant à la Toussaint prochainement venant et à continuer de terme en terme,

ACHENAL, subst. masc. Région. (Ouest) « Cours d’eau artificiel ou naturel, aux bords rehaussés, susceptible d’être réglé au moyen de vannes dans un but de navigation ou de dessèchement des marais » (d’apr. É. Clouzot, Les Marais de la Sèvre niortaise et du Lay du Xe à la fin du XVIe s., 1904, 90-104)
Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500) http://www.atilf.fr/dmf/

et ne pourra ledit preneur pescher ni faire pescher lesdits estants ni l’un d’iceulx que vers la fin de ladite demie année du présent bail, et que iceluy preneur n’ait au préalable payé audit bailleu tout le prix de la présente ferme et accomply tout le contenu en ces présentes, et où ledit preneur vouldroit pescher lesdits estangs auparavant ledit temps cy dessus que ledit bailleur luy accordast et eust consenti, sera tenu ledit preneur bailler et fournir audit bailleur auparavant que pescher lesdits estangs caution solvable …

Louis d’Andigné de Maineuf baille sa terre de Maineuf à ferme à une femme : Genest 1701

Surprenant bail, car ce seigneur fait confiance à une femme, manifestement célibataire puisqu’aucun nom d’époux n’est donné. Pourtant la terre de Maineuf comporte plusieurs métairies, moulin, étangs etc…
Autre surprise, qui montre qu’aucun bail à ferme n’est semblable à l’autre, même si les grandes lignes y sont, c’est le paiement des officiers de la seigneurie pour la tenue des assises. Généralement le fermier paie les officiers, et je vous ai déjà mis plusieurs baux qui donnent même le salaire de chaque officier, mais ici, on apprend que les assises durent 3 jours, et que le fermier ne paiera que le coucher et la nourriture des officiers, sauf le vin, donc le propriétaire de la seigneurie, Louis d’Andigné de Maineuf, paiera le vin et le salaire des officiers.
Encore plus surprenant, et tout à fait passionnant, le fermier (enfin, ici la fermière) aura droit de pêcher dans les étangs à condition de repeupler à la fin du bail, alors que généralement on constate que le propriétaire se réserve la pêche des étangs.
Enfin, la seigneurie de Maineuf avait une pépinière, ce que j’ai déjà rencontré à Mortiercrolles en particulier, et le fermier est responsable de la pépinière.
Et, toujours plus surprenant, regardez bien les signatures. Et si Louis d’Andigné signe bien comme on le remarque chez les nobles, c’est à dire sans la floriture des bourgeois, on voit qu’il prend peu de place et pourtant les nobles ont le plus souvent tendance à prendre beaucoup de place pour signer. Louis d’Andigné était manifestement un personnage hors du commun.
Il est vrai qu’il a pris la précaution d’exiger une caution, mais la caution n’est autre qu’un beau-frère puisque son épouse est une Leconte elle aussi. Donc le bail sera sans doute géré en famille. Et bien sût, rassurez-vous ces dames Leconte savent signer, c’est le minimum pour savoir tenir une telle terre !

Acte des Archives Départementales de Mayenne 3E30/32 – Voici sa retranscription (ma propriété intellectuelle) :

Le 31 janvier 1701 après midy devant nous François Lebreton notaire du comté pairie de Laval y résidant a comparu messire Louis d’Andigné chevalier seigneur de Maineuf et autres lieux, demeurant ordinairement en son chasteau de l’Isle Briant paroisse du Lion d’Angers, estant de présent audit Laval, lequel seigneur de Maineuf a par ces présentes baillé et baille à titre de ferme et non autrement pour le temps de 7 années entières et consécutives qui commenceront au jour et feste de Toussaint prochaine et finiront à pareil jour de l’année 1708, à damoiselle Renée Lecomte fille majeure vivant de ses droits, demeurante audit Laval paroisse ste Trinité à ce présente establie et submise prenant et acceptant audit tiltre de ferme, la terre seigneuriale de Maineuf sise en la paroisse du Genest consistant dans la métairie et domaine dudit Maineuf, la métairie et moulin de la Reolumière, la métairie de la Havardière, les prés et estangs en dépendant, avec les rentes, charges et devoirs deus au fief de la dite terre tant en argent, grains que volailles et généralement tout ce qui en dépend sans autre réservation que les profits casuels desdits fiefs comme ventes issues et rachapts, une chambre et escurie de ladite maison seigneuriale dont ledit seigneur de Maineuf se servira lors qu’il viendra sur sadite terre et lors qu’il n’y sera plus ladite preneure en jouira ; demeure aussi réservé audit seigneur propriétaire la pouvoire d’abattre sur sadite terre au cours de ce bail telle quantié de bois que bon luy semblera soit pour vendre ou faire les réfections et réparations d’icelle sans que pour ce ladite preneure puisse demander aucuns dommages et inrérests, comme toute ladite terre et dépendances se poursuivent et comportent et qu’elle appartient audit seigneur de Maineuf et qu’elle est à présent tenue au mesme tiltre de ferme par Jean Lebecq marchand et Julienne Vannier sa femme ; à la charge par ladite damoiselle Lecomte preneure et à quoi elle s’est soubmise et obligée de payer de ferme de ladite terre chacune desdites années audit seigneur de Maineuf en sa maison seigneuriale de l’Isle Briant au Lion d’Angers ou en la ville d’Angers la somme de 1 000 livres payable à deux termes, savoir moitié à la fese de Grandes Pasques et l’autre moitié à la Toussaint dont le premier terme eschera à la feste de Pasques de l’année 1702 et à continuer ; et outre de payer et acquiter les rentes seigneuriales et féodales que peut devoir ladite terre de Maineuf non excédant 7 sols par an aux fiefs de l’abbaye de Clermont si tant en est deub et sans aprobation, et encore la rente foncière de 12 livres à la fabrice de ladite paroisse du Genest à cause d’un pré joint à ladite terre baillée à ladite rente, desquelles susdites rentes la preneure fournira les acquits en fin de bail audit seigneur propriétaire ; plantera ladite preneue 20 sauvageaux par an sur chacunes des métairies qu’elle prendra dans les pépinières qui sont sur iceulx et où il ne s’en trouveroit seront fournis par ledit seigneur de Maineuf ; comme aussi fournira deux milliers de petit plant dont ladite preneure fera faire des nouvelles pépinières sur le total de ladite terre dans la présente année dudit bail, lesquels sauvageaux elle fera espiner défendre des bestiaux, fera enter les entables de bons fruits, et émonder lesdites pépinières et conververa le tout à son possible ; demeure tenue ladite preneure de nourrir et coucher ledit seigneur de Maineuf, la dame son épouse, 2 serviteurs et 4 chevaux pendant le temps de 8 jours par chaque année de ce bail dans ladite maison seigneuriale de Maineuf lors qu’ils y viendront, sans diminution du prix de ladite ferme ; relaissera ledit seigneur de Maineuf à ladite bailleresse (erreur du notaire pour « preneure ») au cours de ce bail au jour de Toussaint prochaine sur ladite terre tous les bestiaux et semances qui sont sur icelle en ce qui luy appartient dont ladite preneure se chargera par prisée qui en sera faite par expers dont ils conviendront, pour par elle les rendre audit seigneur en fin de ce bail en les espèces sur ladite terre, aussy à dire d’experts ; demeure tenu et obligé ledit seigneur de Maineuf de faire mettre les bastiments logements des lieux de ladite terre hayes et fossés barrières et eschalliers, moulin et chaussée, tournants, virants, roues, rouets en bon estat de réparation dans la première année de ce bail ; ce fait ladite preneure entretiendra et rendra le tout aussy en pareil estat de réparation luy estant par ledit seigneur de Maineuf fourny de toutes matières que ladite preneure ira quérir et fera charroyer à ses frais à divers lieux et mestairies de ladite terre excepté celles qui se pourront prendre sur icelle et néantmoins convenu que ladite preneure ne sera tenue pour les réparations des chaussées dudit moulin que de 4 journées par an en luy donnant des matières pour estre employées aux endroits où il sera le plus nécessaire, lesquelles matières elle fera aussi charroyer à ses frais sur lesdits chaussées quant il sera besoin ; relaissera ledit seigneur de Maineuf les estangs de ladite terre peuplés de tel nombre et qualité de poissons qu’ils le doivent estre dont sera dressé mémoire pour estre aussi receuz peuplés en fin de ce bail par ladite preneure de la mesme manière, laquelle aura la liberté de pescher la dernière année de ce bail lesdits estangs dans l’avant ou le caresme suivant et au cas que les pesches de ladite dernière année ne soient en estat d’estre faites et que le poisson ne soit de grandeur convenable ledit seigneur de Maineuf s’en accomodera avecq ladite preneure à dire de gens à ce connoissants s’il le souhaite ; rendre la preneure les meules dudit moulin à l’eschantillon et sur le pied qu’elle luy seront données ; fera ledit seigneur bailleur tenir une fois au cours de ce bail les assises des fiefs de ladite terre par les officiers d’iceulx à ses frais, fors que ledite preneure couchera lesdits officiers et leur fournira de couchette et toute nourriture et despends de bouche pendant 3 jours à la réserve du vin que ledit seigneur fournira ; et fournira et délivrera à ladite preneure un mémoire extrait de son censif signé de luy des sujets qui doivent des rentes à ladite terre et qui sont obligés d’aller moudre leurs grains audit moulin, tout quoi il leur garantira ; ne pourra pendant le présent bail n’abattre ladite preneure que ladite terre aucuns bois par pied ny branche fors le taillable en saison convenable et en faveur du présent bail ledit seigneur de Maineuf relaissera à ladite damoiselle preneure les erhetes ? des bois qui serviront aux réparations de ladite terre jusqu’à concurrence de 5 chartées par chaque année ; rendra la dernière année de ce dit bail les lieux dépendant de ladite terre bien et duement ensemancer aultant et ainsi qu’ils le doivent estre et non en plus avant, et les foings et pailles et chaulmes engrangés ramassés et attassés en temps ordinaire et de coustume. Est accordé que quand lesdits seigneur et dame de Maineuf viendroint à leur dite terre comme il est dit qu’ils ne pourront tirer leur nourriture à conséquence contre ladite preneure ; laquelle fera faire les hayes des pièces de terre, elle relaissera et fera relaisser par les métayers et colons les petits chesnots et autres arbres qui s’y trouveront pour les y eslever et nourrir sans les pouvoir coupper, au surplus se comportera en l’exploit et jouissance de ladite terre comme un bon père de famille sans y commettre aucun abus ny malversation ny pouvoir cédé ny transporté le présent bail à autruy que du consentement dudit seigneur de Maineuf auquel ladite preneur a ses frais en délivrera copie. Ce que lesdites parties ont ainsi voulu et accordé et promis l’exécuter à peine de tous despens dommages et intérests, et ont esté à ce présents establis et submis Me René Dugué receveur des domaine du roy en ceste ville, et damoiselle Marguerite Lecomte sa femme de luy authorisée pour l’effet des présentes, demourants dite paroisse de la ste Trinité, lequel a déclaré pléger et cautionner ladite damoiselle Lecomte preneure vers ledit seigneur de Maineuf de l’effet du présent bail et à l’exécution et entretien de toutes les clauses charges et conditions y portées s’est ledit sieur Dugué submis et obligé avecq ladite Lecompte tous trois solidairement l’un pour l’autre un seul pour le tout sous les renonciations requises aussi à peine etc ; de tout quoi avons jugé les parties à leur requeste ; fait et passé audit Laval en présence de François Dubois et Ambroise Peiger clercs praticiens demeurant audit Laval tesmoins

Turbot, poule de mer et sole, au menu à la dédicace de la Lande Fleurie : Feneu 1765

La Lande Fleurie, entre bois et vergers, existe toujours à Feneu.

Il est rare de savoir qui et quand une maison fut construite !

Mais encore plus rare d’avoir le menu du jour de la dédicace de la maison.

Et encore plus rare du poisson de mer.

La poule de mer était cousine du turbot et de la sole, bref ils ont mangé 3 poissons plats.

Mais rassurez-vous, si en 1765 les produits de la mer arrivaient jusqu’à Feneu, ils n’y arrivent plus de nos jours. Les Angevins ont le poisson de mer plus rare que la Loire-Atlantique, enfin, sauf à fréquenter les grandes galeries marchandes du département !

Registre paroissial de Feneu « Le 27 mars 1765 a été faite la dédicace d’une maison nouvellement bâtie sur cette paroisse dans les Landes de Feneu par Blaise François Louis Peton mon frère, ancien curé de Chalonnes, et chapelain de la chapelle des Vignes et de Massonneaux, en cette paroisse, lequel nous a donné et aux soussignés à dîner un turbot, une poule de mer, une belle solle et autres menus poissons ; et il est bon que la postérité sache que nous vivions et que le vin n’y manquait point. J’oubliais que ladite maison se nomme la Lande Fleurie »

Odile Halbert – Lorsque vous mettez mes travaux sur un autre site ou base de données, vous enrichissez leurs propriétaires en leur donnant toujours plus de valeur marchande dans mon dos