Jean Cady acquiert des vignes à Denée : 1542

J’ai déjà montré ici un Jean Cady époux de Marie Desrues, dont mon Guillaume Cady et un autre Jean Cady
Or, ici, nous trouvons bien un Jean Cady totalement contemporain de ce Jean Cady époux de Marie Desrues, mais le nom de son épouse est moins clair, aussi je vous ai mis la vue pour que vous puissiez juger et demain, je remets toutes les vues comportant le nom de cette Jeanne Desrues, car viendra demain encore un acte les concernant.
Donc, nous discutons ces temps-ci des probables origines communes des Cady. Or, le Jean Cady qui suit achète des vignes à Denée, c’est-à-dire quasiement Béhuard et proche Savennières. Ce qui pourrait nous faire dire que les Cady de la Trinité d’Angers étaient proches de ceux de Béhuard, mais comment.
Pour mémoire, Guillaume Cady, mon ancêtre, fils de Jean Cady et Marie Desrues, vit à Savennières puis à Angers, mais se manifeste surtout dans des ventes ou réméré de vignes, donc c’est probablement un marchand de vin, et pour mémoire encore, la Loire transportait le vin jusqu’aux bateaux partant de Nantes vers le large, et inversement le sel venait par la Loire depuis les marais salants de Guérande.

Acte des Archives du Maine-et-Loire 5E5 – Ma retranscription, voir ci-contre propriété intellectuelle :
Le 12 décembre 1542, en la cour du roy notre sire Angers devant nous Michel Theart notaire royal de ladite cour, personnellement estably Gilles Trimoreau laboureur demeurant en la paroisse de Denée, lequel a promis faire ratiffier et avoir agréables ces présentes à Jehanne Berault sa femme et en bailler lettres de ratiffication vallable en forme authentique à l’achapteur cy après nommé ses hoirs etc dedans Karesme prenant prochaine venant à la peine de tous intérests ces présentes néanmoins etc soubzmectant confesse avoir aujourd’huy vendu quité ceddé délaissé et transporté et encores vend quite cède délaisse et transporte dès maintenant et à présent à tousjoursmais perpétuellement par héritage à honneste personne Jehan Cady marchand demourant en la paroisse de la Trinité d’Angers ad ce présent stipulant et acceptant qui a achapté et achapte pour luy et Jehanne Desres ? son espouse absente

pour eulx leurs hoirs etc 5 quartiers de gast et vignes ou environ en ung tenant sis au cloux du petit Diguecham en ladite paroisse de Denée et tout ainsi que lesdits quartiers de terre en gast et vigne se poursuivent et comportent sans aucune réservation, joignant d’un cousté la vigne de missire Guillaume Rousleau prêtre et autres d’autre cousté la terre et gast de la veufve et héritiers feu Jehan Berault, abouté d’un bout à la terre Maurice Denyau et d’autre bout à la vigne de Jehan Oyree et autres, ou fief et seigneurie de Dennée et tenuz d’ilec à 7 sols six ung denier ? en la fresche de la veufve et héritiers feu Jehan Berault et André Rocher de cens rente ou debvoir par chacun an au terme de (blanc) ; transportant etc et est faite ceste dite vendition cession et transport pour le prix et somme de 15 livres tz sur laquelle somme ledit achapteur a poyé auparavant ce jour la somme de 20 sols audit vendeur ainsi que ledit vendeur a cogneu et confessé par devant nous, et la somme de 10 livres tz manuellement content en notre présence et à veue de nous par ledit achapteur audit vendeur qui l’a eue prinse et receue et desquelles sommes il s’est tenu à content et bien poyé et en a quité et quite ledit achapteur ses hoirs etc par ces présentes ; et le reste de ladite somme ontant 4 livres tz ledit achapteur l’a promis poyer et bailler audit vendeur ses hoirs etc dedans ledit terme de Karesme prenant prochainement venant et en baillant ratiffication par le dit vendeur de sa dite femme auparavant que ledit achapteur puisse estre contraint de faire le poyement ; à laquelle vendition cession et transport et tout ce que dessus est dit tenir etc garantir etc et sur ce etc obligent lesdites parties elles leurs hoirs etc les biens dudit achapteur à prendre vendre etc renonçant etc foy jugement et condemnation etc fait et passé audit Angers en présence de Jehan Delanoe et Cyon Placé boulangers audit Angers tesmoins ; et en vin de marché 10 sols du consentement desdites parties

Jeanne de Vrigny (aliàs de Vrigné) fait reconnaître à son époux, Robert de Rallay, que la vente de Moiré était de son propre : Chambellay 1595

Normalement ce type de reconnaissance était automatiquement prévu dans le contrat de mariage, et je ne sais si le contrat avait oublié cette clause, en tous cas, il est clair que Jeanne de Vrigné entend bien défendre ses propres.
J’ai déja sur ce blog plusieurs actes concernant ces familles, or, les noms varient selon l’orthographe que le notaire a compris oralement et j’ai donc des mots clefs varient de Vrigné et de Vrigny, du Rallay et de Rallay et même Rallay, alors je ne sais ce qu’il faut retenir et je viens vous demander votre point de vue.

Acte des Archives Départementales du Maine-et-Loire 5E7 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :
Le 16 avril 1595 après midi, en la cour royale d’Angers endroit par devant nous Jehan Chuppé notaire d’icelle personnellement estably noble homme Robert de Rallay sieur de Beauregard et y demeurant paroisse de Chambellay confesse que ce jourd’huy et par ces présentes ledit de Rallay et damoiselle Jehanne de Vrigné son espouse, de luy suffisamment autorisée quant à ce, à ce présente, ont eulx et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division, vendu à noble Jehan de Champagné sieur de la Pommeraye le lieu domaine et appartenances et dépendances du Petit Moiré et tous autres droits successifs appartenant à ladite de Vrigné à titre successif de defunt Christofle de Vrigné vivant sieur de Moiré pour la somme de 886 escuz deux tiers, à la charge dudit de Champagné d’aquiter les debtes de ladite succession, laquelle de Vrigny n’eust consenti et accordé ladite vendition sans la promesse que luy a faite ledit du Rallay de bien récompenser à ceste raison, ledit de Rallay reconnaissant que lesdites choses sont du propre de ladite de Vrigny a promis et par ces présentes promet et demeure tenu et obligé employer et concertir pareille somme de 886 escuz deux tiers en achapt d’héritages le plus commodément que faire se pourra qui sera censé et réputé de mesme nature que le propre aliéné qui appartenoit à ladite de Vrigny et ce dedans deux ans, autrement et à faute de ce faire et ledit terme passé iceluy de Rallay deuement soubémis et estably sous ladite cour luy a assigné et assigne ladite somme sur tous et chacuns ses immeubles présents et futurs avec pouvoir et faculté à ladite de Vrigny de se faire délivrer et adjuger les propres héritages dudit de Rallay jusques au grand de la valeur de ladite somme de 886 escuz deux tiers, pour luy tenir place de son propre et sur telle pièce qu’elle voyera bon à faire, et où il ne s’en trouveroit suffisants pour ladite somme s’en fera délivrer de proche en proche, le tout stipulé et accepé par ladite de Vrigny ses hoirs etc ; à laquelle recognaissance et tout ce que dessus tenir etc garantir etc oblige etc foi jugement et condemnation etc fait et passé audit Angers en notre tablier en présence de Isaac Jacob praticien et Sébastien Leveau marchand et Gatien Babin notaire en cour laye tesmoings

René Dutertre vend la métairie du Mortier : Ampoigné 1618

C’était un bien de son père, et c’est en fait une ancienne maison seigneuriale.
J’ai fait un gros effort, car je vous ai calculé les hectares.
Mais par contre j’ai un passage incompris. Il s’agit manifestement d’un don en nature à la Saint Barnabé en guise de devoir seigneurial. Mais je ne parviens pas à le déchiffrer correctement. Alors je vous ai mis les vues.

Acte des Archives Départementales de Mayenne 3E63/1120 – Voici sa retranscription (ma propriété intellectuelle) :

Le 26 juillet 1618 avant midy, devant nous Nicolas Girard notaire royal à Château-Gontier fut présent et personnellement estably René Dutertre escuier sieur du Bois Joulain demeurant au lieu de la Bonnefillaie paroisse d’Angrie tant en son nom que comme soy faisant fort de damoiselle Renée Decha… (papier mangé) son épouse à laquelle il a promis faire ratiffier et avoir agréable ces présentes et en fournir lettres de ratiffication en bonne forme à l’acquéreur cy après dedans la feste de Toussaint prochainement venant à peine etc ces présentes néanlmoings etc lequel esdits noms et en chacun d’iceux seul et pour le tout renonczant au bénéfice de division et d’ordre a vendu quité ceddé et transporté et par ces présentes vend et promet garantir de tous troubles et empeschements, acquiter et descharger de tous hypothèques évictions et interruptions à peine de tous despens dommages et intérests du jourd’huy stipulés
à noble Jacques Desmoulins grenetier au grenier à sel de ceste ville de Château-Gontier y demeurant, qui a achepté pour luy ses hoirs etc savoir est le lieu et closerie du Mortier sis en la paroisse d’Ampoigné, composé de maison manable, salle cuisine chambres haultes caves et greniers avec ses rues et issues de devant, esquelles est situé ung puiz, contenant une boisselée de terre ou environ (= 1 318 m2 soit 13,18 ares)
ung jardin contenant 14 hommées de terre ou environ joignant d’un costé et bout la chesnaie maison et issues du lieu mestairie du Mortier appartenant audit acquéreur, d’autre costé et bout le vinier et cloteau dudit lieu (14 x 39,67 ares = 555,38 ares ; sous-total = 568,56 ares)
Item ledit vinier estant de présent en pré contenant une hommée ou environ joignant des coustés et bouts les terres dudit lieu (= 39,67 ares ; sous-total 608,23 ares)
Item ung cloteau de terre contenant 4 boisselées ou environ joignant d’un cousté au chemin tendant dudit lieu à la Pouretière et d’autre costé audit pré qui fut en vinier et d’autre bout au pré de ladite mestairie (= 4 x 1 318 m2 soit 5 272 m2 soit 52,72 ares ; sous total 660,95 ares)
Item ung cloteau de terre contenant 3 boisselées ou environ joignant d’ung costé le chemin cy dessus d’autre costé et bout les terres cy dessus et d’autre bout au pré de la Pourettière (= 3x 13,18 soit 39,53 ares ; sous-total 700,48 ares)
Item 2 boisselées et demie de chesnaie ou environ environnée de toutes parts des terres de ladite mestairie et closerie du Mortier, au hault de laquelle chesnaie y a ung petit vinier (= 2,5 x 13,18 ares soit 32,95 ares ; TOTAL = 733,73 ares soit 7,33 ha « ou environ » comme dit le notaire)
avec le droit de banc en l’église et autres droits dépendant dudit lieu, avecques aussi toutes ses appartenances sans aulcune réservation, mesmes les meubles estant en ladite maison audit vendeur appartenant ; tout ainsi que lesdites choses appartiennent audit vendeur à titre successif de deffunt François Dutertre escuyer son père, et qu’elles ont esté tenues et exploitées par les closiers dudit lieu ; ledit lieu tenu du fief et seigneurie d’Ampoigné à foy et hommage simple aux charges d’une longe de soie

longe : Lanière servant à attacher un cheval ou à le mener à la main
ou [Viande de boucherie] « Moitié de l’échine d’un animal »

et voici le passage, qui sera répété ci-dessous en fin de l’acte car à cette époque lorsqu’ils avaient raturé les notaires réécrivaient lisiblement le passage à la fin de l’acte juste avant les signatures, donc voyez aussi les signatures ci-dessous.

desservie au jour st Barnabé pour toutes charges que l’acquéreur acquitera à l’advenir quite du passé. Et est faite ladite vendition cession et transport pour le prix et somme de 1 200 livres tz, sur laquelle ledit acquéreur a présentement solvée et payée audit vendeur la somme de 630 livres tz qu’il a prinse et receue en notre présence en quarts d’escu et autre monnaie ayant cours suivant l’édit du roy, s’en est tenu à content et l’en a quité ; et le surplus montant 570 livres ledit acquéreur a promis et demeure tenu et obligé icelle somme payer audit vendeur en ceste ville dedans le jour et feste de Toussaint prochaine fournissant par lesdits vendeurs de ratiffication comme dit est ; jusques auquel paiement demeurent lesdites choses sans novation de nature ; à laquelle vendition et tout ce que dessus est dit tenir etc oblige ledit vendeur audit nom et en chacun d’iceux seul et pour le tout renonczant au bénéfice de division discussion et ordre etc et ledit achapteur au paiement d eladite somme ses biens et choses à prendre vendre etc foy jugement condemnation etc fait audit Château-Gontier en présence de honorable homme Me Martin Hardy advocat au siège royal de ceste dite ville et y demeurant, et de me Olivier Simon aussi notaire demeurant à Mesnil tesmoings ; en vin de marché payé par ledit achapteur du consentement dudit vendeur 12 livres tz

René Lecesne, bailli de Cotentin, venu de Négrepelisse (50) vendre une métairie dont il a hérité des Du Parc : Glennes sur Glaize 1607

Voici un Normand qui cède son héritage près de Château-Gontier, et on peut supposer qu’il a un lien avec ce René Du Parc dont il a hérité, du moins en partie. Les Du Parc étaient alors baron d’Ingrandes (53). L’épouse de René Lecesne étant une Thomas, c’est probablement par leurs parents qu’ils ont un lien.
Le paiement est en plusieurs versements dont l’un à Paris rue de la Harpe, et j’ai été très émue de lire ce passage, car souvenez-vous, j’ai un ancêtre qui y vécu en 1608 et cela fait plusieurs fois que je retrouve des Angevins rue de la Harpe début du 17ème siècle, manifestement par esprit communautaire tous ses faisant signe les uns aux autres. Alors, si vous avez quelque information sur ces Angevins rue de la Harpe à Paris, merci de nous en faire part ici.

Acte des Archives Départementales de Mayenne 3E63/1119 – Voici sa retranscription (ma propriété intellectuelle) :

Le 26 janvier 1607 après midy, par devant nous Nicolas Girard notaire royal à Château-Gontier fut présent haut et puissant René Lecesne sieur du Point Ruellan ? et de Negreville, conseiller et chambellan du roi et son bailli de Cotentin, demeurant au lieu et maison seigneuriale de Pont Ruelly

Négreville (50) est située au cente du Cotentin, entre Bricquebec et Valognes. J’y trouve Pont Durand, Pont Six, Manoir, Petit Château, mais pas de Pont Ruellan

en la paroisse de Negreville viconté de Valonnes pays de Normandie, lequel estant de présent ès forsbourgs de ceste ville de Château-Gontier deuement estably et soubzmis soubz la cour royale de Château-Gontier, o prorogation de juridiction si mestier est, a recogneu et confessé avoir aujourd’huy vendu quitté cédé et transporté et par ces présenes vend quitte cèdde transporte et promet garantir de tous troubles et décharge d’hypothèques et évictions à honorable homme Me Jehan Guilloteau grenetier au grenier à sel de ladite ville de Château-Gontier et y demeurant cy présent stipulant et acceptant, lequel a achapté pour luy ses hoirs le lieu et mestairie du Grand bois Hubert situé en la paroisse de Gennes

Gennes-sur-Glaize (53) entre Château-Gontier et Grez-en-Bouère. J’y trouve le Petit Bois Hubert, ce qui fait que le lieu a rétréci au lavage !!! Enfin, je suppose que le Petit a avalé le Grand au fil du temps ! Le Dictionnaire de l’Abbé Angot cite mais n’en savait rien à cette époque reculée.

composé de maisons ganges estables rues issues jardins vergers terre labourable et non labourable bois prés pastures tout ainsi qu’il se poursuit et estant de toutes parts et que ledit lieu est à présent tenu et exploité par Martin Denoes métayer à présent y demeurant et tel qu’il est escheu et advenu audit sieur vendeur de la succession de defunt hault et puissant René Du Parc vivant baron d’Ingrande par partages copie desquels il promet mettre et fournir es mains dudit achapteur dedans 6 mois prochain venant,

Le Dictionnaire de la Mayenne de l’Abbé Angot donne : « Ingrandes … Bertrand Du Parc 1522 par alliance avec Renée des Écottais – Adrien Du Parc – René Du Parc, mineur en 1573 – François Du Breuil 1588 par alliance avec Marguerite Du Parc …

le tout sans aulcune réservation en faire par iceluy vendeur. Lesdites choses tenues des fiefs et seigneuries d’Ingrande et de Chasnay aux charges cens rentes et debvoirs anciens et accoustumés non exédant 5 sols si tant en est deu, lesquels ledit achapteur acquitera à l’advenir franches et quites du passé. Et est faite ladite vendition cession et transport pour le prix et somme de 3 000 livres tz sur et en déduction du paiement de laquelle ledit achapteur a payé réellement content en présence et veue de nous et des tesmoings cy après audit sieur vendeur la somme de 300 livres tz qui a prins et receu ladite somme en espèces de quart d’écu et autre monnaie suivant l’ordonnance royale, dont il s’est tenu à content et en a quité ledit achapteur ; sur le surplus de ladite somme jusques à la concurrence de 1 200 livres ledit Guilloteau a promis et est soubzmis et obligé icelle somme rendre et payer audit vendeur en la ville de Paris maison de Pierre Menard marchand bourgeois demeurant en la rue de la Harpe enseigne du Cheval Blanc paroisse de St Sevrain à ses frais et despends dedans d’huy en 3 semaines prochainement venant et le reste de ladite somme de 3 000 livres montant 1 100 livres tz payable audit sieur vendeur en ceste dite ville dedans le 1er décembre prochainement venant ; comprins audit présent contrat la moitié de tous et chacuns les bestiaux qui sont à présent sur ledit lieu de quelque espèce qu’ils puissent estre soit tant bœufs bouvards toreaux vaches chevaux porcs bergail et pareillement la moitié des sepmances dudit lieu audit sieur vendeur appartenant qu’il a pareillement venduz audit achapteur pour le prix et somme de 400 livres tz solvée et paiée auparavant ces présentes audit vendeur ainsi qu’il a recogneu et confessé devant nous et dont il est s’est tenu et tient à content et en a quité ledit achapteur, lequel iceluy vendeur a promis acquiter vers le seigneur du fief et seigneurie d’Ingrande des ventes qui y seront deues à cause du présent contrat dudit lieu et mestairie du Grand Bois Hunert et payer en sorte qu’il n’en puisse estre inquiété ; auquel contrat quittance obligation et tout ce que dessus est dit tenir etc garantir etc obligent respectivement etc renonçant etc foy jugement et condemnation etc fait es dits forsbourgs d’Azé maison de sire Jehan Bourdaiseau en sa présence et de Nicolas Lanier Me chirurgien et Julien Nuguet marchand demeurant en ladite ville, ledit Bourdaiseau a déclaré ne savoir signer. Ledit vendeur a promis faire ratiffier ces présentes à dame Marie Thomas son éouse et en fournir audit Guilloteau en ceste dite ville lettres de ratiffication vallables dedans le 1er décembre prochain à peine etc ces présentes néanlmoings etc ; et sont les parties demeurées d’accord que ledit lieu et mestairie du Grand Bois Hubert demeurera gage spécial desdites personnes cy dessus ; et a ledit vendeur prorogé …

suivent les quittances des paiements, y compris une quittance passée au Châtelet à Paris, où Guilloteau a dû se rendre pour payer, et je me demande toujours comment circulait l’argent liquide, et si c’était une bourse dans leur poche sur leur cheval ?

Guillemine Boivin veuve Picault vend 9 boisselées de terre : Marigné 1598

Manifestement les vendeurs sont dans le milieu des métayers et cette pièce de terre est sans doute tout son patrimoine ou presque. L’acheteur Guy Lemotheux époux de Jeanne Mouette, se situe dans le milieu plus aisé des marchand fermiers.

Acte des Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E1 – Retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 9 avril 1598 après midy, en la cour du roy notre sire Angers endroit par devant nous François Revers notaire d’icelle personnellement establye Guillemine Boyvin veufve de defunt Mathurin Picault cy devant demeurant en la paroisse de Marigné au lieu de la Broustaudière et à présent demeurante en ceste ville d’Angers en la cité dudit lieu, et Jehan Pierre mestayer de Coulonge en ladite paroisse de Marigné soubzmectant chacun d’eulx seul et pour le tout sans division de personnes ne de biens eulx leurs hoirs etc confessent avoir ce jourd’hui vendu quité cédé délaissé et transporté et par ces présentes vendent quitent cèdent délaissent et transportent perpétuellement par héritage à honneste personne Guy Lemotheux marchand demeurant au bourg dudit Marigné lequel à ce présent stipulant et aceptant à achapté et achapte pour luy et pour Jehanne Mouette sa femme et pour leurs hoirs et aians cause une pièce de terre labourable clouse à part contenant 9 boisselées et demie mesure de Marigné, sise en ladite paroisse de Marigné, appellée la Grande Signardière, joignant d’un cousté au grand chemin tendant d’Angers à Château-Gontier, d’aultre cousté la terre de Macé Lefaucheux à cause de sa femme, abouté d’un bout la terre des vendeurs d’autre bout au chemin tendant de Cherré à Marigné, comme ladite pièce avec ses hayes et fossés se poursuit et comporte avec ses appartenances et dépendances et que ladite Boyvin et lefunt Picault l’on acquise de defunt Samson Goubiz par contrat passé par defunt Pierre Hullin vivant notaire de la cour de Marigné le (blanc) 1560 sans aucune chose en excepter retenir ne réserver par lesdits vendeurs, tenue au fief et seigneurie de Glatigné à 2 deniers tz de cens ou debvoir en deniers si plus en est deu des arrérages à la dite seigneurie qu’ils les paurons par nous advertis de l’ordonnance royale n’ont pour le présent peu déclarer que ledit achapteur demeure néanmoins tenu payer à l’advenir franche et quite du passé jusques à huy ; transportant etc et est faite la présente cession et transport pour le prix et somme de 21 escuz sol valant 63 livres tz quelle somme ledit achapteur à ce jour solvée payée et baillée manuellement content auxdits vendeurs qui ladite somme ont eue prise et receue en notre présence et à veue de nous en francs et quarts d’escu au poids et prix de l’ordonnance royale dont et de laquelle somme de 21 escuz lesdits vendeurs se sont tenu et tiennent à content et bien payés, et en ont quité et quitent ledit achapteur ses hoirs et ayant cause ; a ledit Pierre promis et promet faire ratiffier et avoir ces présentes pour agréables à Georgette Picault sa femme et la faire obliger avec luy et ladite Boyvin et chacun d’eux seul et pour le tout sans division de personnes ne de biens au garantage des choses cy dessus vendues et accomplissement du contenu en ces présentes par lettres de ratiffication et obligation bonnes et vallables qu’il promet fournir et bailler dedans ung mois prochain venant à peine de toutes pertes despends dommages et intérests néanmoins ces présentes demeurent en leur force et vertu, à laquelle vendition cession et transport et tout ce que dessus est dit tenir etc obligent lesdits vendeurs au garentage desdites choses vendues et accomplissement du contenu en ces présentes chacun d’eux seul et pour le tout sans division de personnes ne de biens eulx leurs hoirs etc renonçant etc et par especial au bénéfice de division de discussion et ordre de priorité et postériorité et encores ladite Boyvin au droit velleyen à l’épitre du divi adriani à l’authentique si qua mulier et à tous aultres droits faits et introduits en faveur des femmes lesquels droits nous luy avons donné à entendre estre tels que femmes qui sont tenues des contrats promessent et obligations qu’elles font feusse pour leur maris sinon qu’elles ayent expréssement renoncé auxdits droits etc foy jugement condemnation etc fait et passé Angers maison de honorable homme Me Alexandre de Glatigné sieur dudit lieu en présence dudit de Glatigné, Jehan Chacefeuf e Charles Coeffe praticiens demeurant audit Angers tesmoins, ladite Boyvin a dit ne savoir signer

Etienne Mellet et Bernardine Desnos vendent les 2/3 de la métairie de la Grange : La Meignanne 1545

Ni les vendeurs (Etienne Mellet et Bernardine Desnos) ni les acheteurs ne savent signer.

Par contre je suis surprise par le mode de paiement. Certes, nous avons l’habitude de constater ici le nombre très élevé de ventes à crédit sur le vendeur qui ne perçoit que très rarement la somme le jour de la vente, mais ici, les délais sont déroutant, car une partie élevée de la somme ne sera payée que lorsque les vendeurs en feront réclamation, autant dire qu’ils prêtent cette somme aux acheteurs, qui sont probablement des proches parents ou amis.
Et je tiens à vous signaler le montant élevé de cette vente. La métairie rapportait manifestement beaucoup.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E5 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 12 février 1544 (avant Pâques, donc le 12 février 1545 n.s.) en la cour royale d’Angers en droit par devant nous Michel Théart notaire de ladite cour personnellement establis honnestes personnes Estienne Mellet et damoiselle Bernardine Desnos son épouse de luy suffisamment auctorisée par devant nous quant à ce que s’ensuit, demourant en la paroisse de la Meignanne d’une part, et honneste personne Jacques Gauvain sieur de la Harpe et Michelle Laizé son espouse de luy suffisamment auctorisée par devant nous quant ad ce que s’ensuit, demourant en la paroisse de la Trinité d’Angers d’autre part, soubzmectant lesdits Mellet et Desnos son espouse eulx et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division de personnes ne de biens leurs hoirs etc confessent avoir aujourd’huy fait et encores etc font entre eulx les achapt et vendition pactions et conventions qui s’ensuivent, c’est à savoir que lesdits Mellet et sa femme ont du jourd’huy vendu quité cédé délaissé et transporté et par ces présentes vendent quitent cèdent délaissent et transportent dès maintenant et à présent à toujoursmais perpétuellement par héritage auxdits Gauvain et sa femme ad ce présents qui ont achapté pour eulx leurs hoirs etc les deux tierces parties à part et par divis du lieu domaine et mestairie de la Grange sis en la paroisse de La Meignanne et ès environs avecques toutes et chacunes leurs appartenances et dépendances tant maisons jardrins aireaulx yssues vergers vignes terres arables et non arables prés pastures landes bois hayes droits d’usaige ès frouaiges du Plessis Macé, appellés les Hallays,

Selon le Dictionnaire du Monde rural de Marcel Lachiver : En Anjou on dit des landes FROUX

Il ne donne pas le « frouage », mais il s’agit manifestement du droit de laisser les bêtes pâturer sur les landes
D’ailleurs le notaire utilise même un pléonasme puisqu’il ajoute « droit d’usage »

avecques tous autres droits qui en dépendent, et tout ainsi que lesdits deux parts dudit lieu de la Grange leurs dites appartenances et dépendances se poursuivent et comportent et qu’elles sont escheues et advenues auxdits Mellet et sa femme ou à l’un d’eulx par le décès et trespas et à cause de la succession de leurs prédecesseurs, et qu’elles leurs sont demeurées par partaiges faits avec leurs cohéritiers sans aulcune chose en excepter retenir ne réserver, toutes lesdites choses sises et situées au-dedans du fief et seigneurie de la Touche Gelé fors les vignes dépendant dudit lieu qui sont sises en et au-dedans le fief de la Becouaze ; chargées lesdites choses c’est à savoir pour la recepte de la seigneurie de la Touche Gelé de la somme de 19 sols 14 deniers de cens rente ou debvoir annuel en la fraresche et rentes de 29 sols tz de cens rente ou debvoir annuel deus à la dite recepte tant à cause desdites 2 parts vendues que de l’autre tierce partie dudit lieu qui appartiennent à Jehan Roufflé et Perrine Desnos sa femme, et vers ladite seigneurie du Becouaze

la Bécouaze, commune de la Meignanne : relevait de la Touche Gelé et relevait en 1623 à l’avocat René Poitevin (C. Port, Dictionnaire du Maine et Loire 1876)

pour raison desdites vignes à 10 deniers tournois ou autre somme non excédant 12 deniers tz de cens rente ou debvoir annuel, et oultre chargées lesdites choses vendues fors lesdites vignes d’une foy et hommage vers le dit seigneur de la Touche Gelé franches et quites de tout le temps passé jusques à huy ; transportant etc et est faite ceste présente vendition cession et transcport pour le prix et somme de 1 400 livres tournois, laquelle somme lesdits achapteurs ont promis sont et demeurent tenus payer auxdits vendeurs leurs hoirs comme s’ensuit, c’est à savoir la somme de 1 000 livres tournois toutefois et quantes qu’il plaira auxdits vendeurs et qu’ils en requéreront lesdits achapteurs, et le reste de ladite somme de 1 400 livres montant 400 livres tournois dedans d’huy en deux mois prochainement venant, dont lesdites parties sont demeurées à ung et d’accord ; à laquelle vendition cession et transport garantir etc et ladite somme rendre et payer aux termes et en la manière que dit est, et sur ce s’entre garder etc obligent lesdites parties respectivement et mesmes lesdits vendeurs eulx et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division de personnes ne de biens leurs hoirs etc renonçant etc et par especial lesdits vendeurs au bénéfice de division d’ordre et de discussion et lesdites Desnos et Laizé au droit velleyen etc foy jugement condemnation etc fait et passé audit Angers en présence de honnestes hommes maistres Guillaume Lepelletier licencié ès lois sieur du Nouyers, Jacques Collaisseau aussi licencié ès loix sieur du Gritay et Olivier Roustille aussi licencié ès loix sieur de la Regnardière tesmoins

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