Histoire des fenêtres sans vitres, puis des vitres.

Il y a un an, j’ouvrais de blog, avec cet article.

  • Ouvrons les fenêtres
  • Un toît sur la tête, l’homme, pour y voir clair, pratique dans le mur une ouverture, appellée fenêtre du grec « éclairer ». Elle laisse passer l’air, indispensable pour cuire les aliments à l’intérieur. Les peaux de bête assurent la lutte contre la pluie, le vent… plus tard remplacées par des toiles cirées, papiers huilés, souvent protégés de grilles.

    Puis, les fenêtres s’agrandissent et on y met une croisée ; à l’extérieur un contrevent de bois, découpé pour laisser un filet d’air et de lumière. Quelques Romains y mettent du mica ou de l’albatre, puis du verre coulé plat à la transparence relative !

    Au début du 14e siècle, le verrier Philippe Cacqueray met au point la fabrication de feuilles planes. Les verreries, rares, très artisanales et consommatrices de forêts, produisent peu et le verre est difficile à transporter à plus de 40 km par charroi sur les chemins défoncés…

    La fenêtre devient alors parfois le bois et vitrage qui composent la croisée. Les carreaux, fort rares, sont petits ; on leur adjoint à l’intérieur, un volet pour cacher la lumière à volonté.

    Sous Louis XIV, le verrier Lucas de Nehou, met au pont le coulage du verre à vitre au château de Saint-Gobain, d’où la galerie des glaces.
    Mais point de vitre aux fenêtres de l’immense majorité ! L’invention était pour la galerie des glaces, pas pour le peuple !

    Au 19e siècle, le procédé est amélioré, les transports aussi. La vitre arrive enfin aux fenêtres. De son côté, le contrevent extérieur prend le nom de son collègue intérieur, le volet.

    Au 20e siècle la vitre atteind de telles dimensions qu’elle concurrence le mur. Elle ne laisse pas passer l’air, alors on réinvente l’ouverture pour lui, et on ajoute un moteur : la VMC est née. Quant au volet de bois, ex contrevent, il peut encore être découpé, mais cette fois pour le décor…
    Lucas de Nehou est oublié… Ah s’il voyait ces tours de verre !

    Merci à Ghislaine le Dizès, poétesse, pour le joli titre de ce message…

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog et non aller en discuter dans mon dos sur un forum ou autre blog.

    7 réponses sur “Histoire des fenêtres sans vitres, puis des vitres.

    1. Je ne me suis jamais manifestée, bien que je visite très souvent votre site,
      je suis très admirative de votre travail et je vous remercie de tout ce que vous m’apportez.
      Bien amicalement

      Françoise Morisson

    2. bonjour …
      c’est très intéressant …..je veux choisir comme thème de Master …est ce que vous pouvez m’aider avec une documentation sur les fenêtres

    3. Bonjour,
      Pour rajouter un peu de croustillant à l’histoire de la fenêtre, mon ami et professeur Roger-Henri Guerrand , se serait empressé de préciser que Saint-Gobain n’a de « mérite » que grâce au rapt ordonné par Colbert. A cette époque, seuls « vénitiens » maîtrisaient l’art de la glace et du miroir ; ce qui fit que Colbert, n’y tenant plus, finit par faire enlever bon nombre d’artisans de l’île de Murano, ensemble avec leur famille pour limiter toute forme de représaille.

      Puis-je profiter de mon passage quelque peu tardif pour vous demander le lien entre le terme de « fenestre » et son pendant grec voulant dire « éclairer » ? D’avance merci !

      1. Bonjour
        Merci pour vos connaissances du miroir. Je m’étais imaginée qu’avant le verre, on avait aussi, certes rarement, le métal bien brillant, pour avoir une « petite » idée du résultat.
        J’ai observé dans mes dépouillements d’inventaires après décès des miroirs, mais uniquement dans des familles assez aisées, au 18ème siècle.
        La fenêtre signifie trou pour éclairer, enfin comme le comprenait nos aïeux !
        C’est notre monde moderne qui semble lui appliquer un sens de vitre.
        Et si j’y attache tant d’intérêt c’est que j’avais été très frappée lors de ma participation autrefois à la retranscription des délibérations du corps de ville de Nantes, que leur plus beau collège bourgeois n’avait que de la toile enduite aux fenêtres !!! Je crois que ce jour là, j’avais pleinement compris que je devais encore et toujours me représenter la vie d’autrefois avec des yeux bien loin de notre époque moderne !
        Merci pour votre rapprochement avec le grec qui signifie éclairer.
        Je ne suis pas linguiste du tout, et je ne connais que le Littré qui dit que :

        le latin fenestra est de même radical que le verbe grec traduit par éclairer.

        Mais le trou qui s’appelait fenêtre il y a plusieurs siècles n’avait-il pas pour objectif principal d’éclairer ?
        J’ai conscience de ne rien éclairer du tout avec mes réponses.
        Désolée
        Ici, ce WE nous sommes dans le HELLFEST, tout en noir, pas dans la lumière !
        Ceci dit les Hellfesteux sont gens civilisés et corrects.
        Odile

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *