Les Bourdais de Montreuil-sur-Maine étaient closiers

Suite à la succession collatérale qui était pour moitié BOURDAIS à Montreuil-sur-Maine, et suite au commentaire de Patrick, j’ai relu hier le registre de Montreuil sur Maine, et le métier apparaît à 2 reprises, l’une sur un baptême en 1633 l’autre sur le décès de Jeanne Berthelot épouse de Mathurin Bourdais en 1652. Ils sont closiers à la Grée.

Ainsi, la succession collatérale que j’avais mise ici en ligne le 18 janvier dernier, que j’avais qualifiée de pauvre, était bien une succession dans le milieu des closiers. Ceci dit, on voit que même les closiers avaient un peu de bien, en quelque sorte comme notre livret A actuel, un peu d’argent de côté pour marier les enfants ou parer à la maladie.

Je vous mets le résultat de cette fratrie, écrite à ma manière, c’est  à dire entre crochets je mets ce que dit précisément l’acte que j’ai lu, et je vous ai mis en rose surgraissé le métier et le lieu, ce qui est TOUJOURS une donnée très importante pour moi, car elle situe mieux le milieu social.

Mathurin Bourdais x ca 1614 Jeanne Berthelot

Closier à la Grée à Montreuil en 1633 au b de sa fille et sur le décès en 1654 de sa femme.

Il n’existe qu’une table manuscrite des mariages de Montreuil-sur-Maine, et aucun mariage Bourdais avant 1615

Jeanne Berthelot est marraine le 4 mai 1626 de Jeanne Fourmond fille de Mathurine et Jehanne Berthelot

 

Mathurin BOURDAIS x Jeanne BERTHELOT †Montreuil-sur-Maine 11 septembre 1654 « inhumée au cimetière Jeanne Bertelot vivante femme de Mathurin Bourdais closier de la Grée »

1-Jeanne BOURDAIS °Montreuil-sur-Maine 8 mars 1615 « baptisée Jehanne fille de Mathurin Bourdais et Jehanne Berthelot parrain Jehan Drouin marraine Perrine Berthelot »

2-Perrine BOURDAIS °Montreuil-sur-Maine 11 février 1617 « baptisée Perrine fille de Mathurin Bourdais et Jehanne Berthelot parrain René Veron marraine damoiselle Perrine du Cerisay (s) »

François BOURDAIS °Montreuil-sur-Maine 5 mai 1618 « fils de Mathurin Bourdais et Jehanne Berthelot parrain François Lebouvier, marrains Jehanne Berthelot »

3-Marguerite BOURDAIS °Montreuil-sur-Maine 4 août 1619 †/1694 x Le Lion d’Angers 26 janvier 1643 François BELLIOT †/1694

31-François BELLIOT héritier en 1694

4-Jacquine BOURDAIS °Montreuil-sur-Maine 6 septembre 1622 « baptisée Jacquine fille de Mathurin Bourdais et Jehanne Berthelot parrain Mathurin Formond marraine Jacquine Leroyer »

5-Mathurin BOURDAIS °Montreuil-sur-Maine 21 mars 1625 « fils de Mathurin Bourdais et Jeanne Berthelot parrain Pierre Bodere (s) marraine Perrine Gernigon femme de René Bruneau » †/1694 x N ?

51-François BOURDAIS tissier, héritier en 1694

6-René BOURDAIS °Montreuil-sur-Maine 18 février 1628 « baptisé René Bourdais fils de Mathurin Bourdais et Jehanne Berthelot parrain René Bruneau marrine Renée Dubouist femme de François Bouvier »

7-Jeanne BOURDAIS °Montreuil-sur-Maine 22 avril 1630 « fille de Mathurin Bourdais et Jehanne Berthelot parrain Mathurin Corbin marraine Jehanne Berthelot femme de Mathurin Formond » †/1694 x La Meignanne 20 septembre 1652 Louis FAUCILLON

71-Jacques FAUCILLON héritier en 1694

72-Louis FAUCILLON héritier en 1694

8-Renée BOURDAIS °Montreuil-sur-Maine 6 mars 1633 « baptisée Renée fille de Mathurin Bourdais et Jeahnne Bertelot closier de la Grée, parrain René Bruneau méteier de la Richelle marraine Renée Brunet femme de Pierre Beaumont demeurant à la Maisonneuffe »

Succession collatérale du peu de biens de Pierre Beaumont et Jacquine Bourdais : Montreuil sur Maine 1694

Ils sont décédés sans hoirs, donc on a ici beaucoup de collatéraux, avec beaucoup de noms que j’ai étudiés à Montreuil sur Maine, mais aucun ne sait signer, et les biens sont de peu d’importance, déjà des biens divisés, même les portions de maisons, et ils sont encore divisés entre eux qui sont nombreux. Je vous avoue que même si je suis habituée en Anjou à voir le partage des pièces et le passage par la même porte, je suis toujours stupéfaite devant ce type de partages, car il faut comprendre qu’autrefois on vivait souvent entassés à plusieurs dans une seule pièce et partageant même la cheminée ….

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle)

Sont les 2 lots et partages en 2 égales porsions des biens immeubles acquis pendant la communauté de déffunts Pierre Beaumond et Jacquine Bourdais vivante sa femme décédés sans hoirs issus de leur mariage, iceux héritages situés paroisse de Montreuil sur Maine, appartenant pour une moitié à Jean et René Vadé, François Huau et Perrine Vadé sa femme enfants et héritiers de feu Jacques Vadé et Marie Beaumont, Michel Beaumont et Jean Bellier métayer à Charié sur le Vau audit Montreuil, tant pour lui que ses frères et soeurs enfants et héritiers de feu Pierre Bellier et Jeanne Beaumond, l’autre moitié à François Belliot fils et héritier de feu Marguerite Bourdais sa mère, François Bourdais tissier fils et héritier de feu Mathurin Bourdais et Jacques et Louis Faucillon enfants de Louis Faucillon et héritiers de feu Jeanne Bourdais leur mère vivante femme dudit Faucillon, tous héritiers chacun pour un tiers en ladite moitié, lesquels héritages ledit Bellier en présence et consentement desdits susdits a divisé pour estre tirés au sort et billet par iceux Bellier, Bourdais et Faucillon, suivant la coutume de ce pays et duché d’Anjou, à quoi y a esté vacqué en leur présence par nous Pierre Bodere notaire de la baronnie de Montreuil sur Mayenne y demeurant le 23 mars 16941er lot un cloteau de terre clos à part situé au bas du grand clos de vigne et la grande chesnais contenant avec les haies et fossés un journau ou environ, joignant d’un costé le chemin tendant du Lion à la Touche d’aultre costé la vigne cy après confrontée et celle de (f°2) chacun par son endroit d’un bout la terre de Françoise Cherbonnier d’autre bout la terre de la mestairie de ladite Grande Chesnais ; Item 2 quartiers de vigne ou environ sise audit clos de la Grande Chesnais joignant d’un costé ledit cloteau cy dessus d’autre costé celle de Hubert Sureau et des héritiers feu Jean Leroyer d’un bout aboutté ladite pièce de terre de la Grande Chesnais d’autre bout la vigne de (blanc) ; Item un pré clos à part contenant une hommée de pré ou environ situé proche le carrefour du vivier au Loup proche le village des Giraudières joignant d’un costé le chemin tendant du Lion d’Angers au bois de Montbourcher d’autre costé et bout la terre de la Cornerie d’autre bout audit carrefous du Vivier au Loup ; Item une planche de terre contenant 3 cordes ou environ sise dans le jardin nommé le Valluau audit village des Giraudières joignant d’un costé la terre de Mathurine Houdais veuve Jaqcues Poisson d’autre costé celle de René Gernigon d’un bout la terre de Jacques Foureux d’autre bout celle de ladite veuve et héritiers Chalopin ; Item la moitié par indivis d’une planche de jardin sise ès grands jardins dudit village des Giraudières à prendre au travers d’iceluy le bout vers midy joignant toute ladite planche d’un costé la terre de Pierre Loyaud à cause de Françoise Fouré sa femme d’autre costé celle d’un Gernigon d’un bout l’autre moitié de ladite planche (f°3) appartenant audit Huault d’autre bout la terre de Jean Bellanger – 2ème lot : une portion de terre sise dans une pièce nommée les Esbaupins contenant 5 boisselées ou environ joignant d’un costé laterre de ladite veuve et héritiers Chalopin d’autre costé celle de la prestimonie des Giraudières d’un bout la terre à Mathurin Manceau et à René Gernigon chacun par son endroit et d’autre bout la terre de Mathurin Thibault à cause de Marie Ollive sa femme ; Item un cloteau de terre clos à part nommé les Saulais contenant 7 boisselées ou environ y compris les haies et fossés en dépendant, joignant d’un costé la terre dudit Mathurin Lemanceau d’autre costé le chemin tendant des Giraudières au Bois Hirbault d’un bout aboutté la terre de la prestimonie des Giraudières et à Jean Plassais chacun par son endroit d’autre bout la terre de la mestairie de la Chicottrie et la ruette estant au bas du présent lot, et en a esté énervé pour servir de passage pour exploiter les terres de Pierre Bouvet, la veuve Marion et autres ; Item un petit cloteau clos à part nommé la Petite Brettrie contenant 12 cordes ou environ, joignant d’un costé la terre dudit Gernigon d’autre costé et bout celle de ladite prestimonie d’autre bout le chemin tendant des (f°4) Giraudières à la Garbaudière ; Item une petite planche de vigne en gast sise dans le clos des plantes prohe ledit village contenant 3 cordes ou environ joignant d’un costé la terre à Jean Bellanger d’autre costé la vigne de ladite prestimonie d’un bout la vigne à Pierre Maussion d’autre bout celle de la veuve et héritiers Chalopin ;  Item une portion de maison close de muraille avecque un pignon dans lequel y a un four et cheminée sans aucun grenier, couverte d’ardoise, située dans ledit village des Giraudières, à prendre depuis ledit pignon jusque à un ponteau ou autrefois y a eu une terrasse pour séparer ladite portion de ce lot d’avecq le restant de ladite maison qui appartient aux héritiers Vadé et pour l’exploitation de laquelle portion du présent lot on passera par la porte estant dans celle desdits Vadés à toutes nécessités comme on a acoustumé faire avecq ce dépandra de ce lot les rues et issues au bout et costé de ladite maison pour y mettre des manies et littières ; Item un petit appentis de maison clos à muraille couvert d’ardoise avecq un grenier qui s’étend sur une chambre basse appartenant aux héritiers Chalopin, couvert d’ardoise, rues et issues au devant avecq le droit de passage par la porte d’entrée de ladite chambre basse pour l’exploitation desdits appentis et greniers à la charge d’entretenir ladite couverture (f°5) – A la charge desdits partageans de payer et acquiter pour le passé les charges cens rentes et debvoirs deuz à cause desdites choses soit en grain chapons argent ou autrement, et à l’avenir chacun pour ce qu’il possédera ; se presteront passage les uns par sur les terres des autres ou elles n’aboutiront à chemin refermant après soi les passages sans faire dommage si faire se peult ; se garantiront chacun son lot et partage en cas qu’il se trouvat trouble ou éviction ; contriburont par moitié aux frais qu’il a convenu faire pour s’estre transporté sur les lieux, prendre les confrontations, estimer iceux héritages que pour avoir dressé la minute papier controle et copie ; jouiront chacun son lot et partage incontinent après l’option et choisie d’iceux et prendront lesdites choses chacun en son regard en l’estat qu’elles sont … Et ce fait, au mesme instant ont comparu en personne establis et soubsmis lesdits Bellier, bourdais et Faucillon en la qualité qu’ils procèdent demeurant ledit Bellier audit Lion d’Angers, ledit Bourdais audit Montreuil, et ledit Faucillon paroisse de la Meignanne, lesquels après que par nous notaire lecture leur a esté (f°6) donnée de mot à autre desdits partages qu’ils ont dit bien savoir et entendre, les ont trouvé justes et également faits, ont esté prests et offrant procéder présentement à l’option et choisie d’iceux soit au sort ou autrement quoi faisant avec le vouloir et consentement desdits Jean Belliot, Beaumond, Ruau et Vadé pour ce présent, aussi establis et soubmis, ont prins obté et choisi le 1er lot, et auxdits Bellier, Beaumont, Vadé et Ruau leur est demeuré le 2ème lot… »

Jeanne Lefebvre, épouse de Léon Marchandie, vend un pré : Montreuil sur Maine 1696

Je descends d’une Jeanne Lefebvre que je n’ai pu remonter à ce jour. J’ai travaillé beaucoup de Lefebvre, sans pouvoir entrevoir un lien quelconque.

En fait j’ai remonté avec d’innombrables preuves sa filiation maternelle qui est VILLIERS puis CRANNIER etc… Et ce jour je vous mets encore une preuve de cette ascendance maternelle, une preuve de plus, mais il ne faut pas hésiter quand cela se donne à enrichir les preuves.
Donc, Jeanne Lefebvre, épouse de Léon Marchandie, vend un pré à Montreuil sur Maine qu’elle tient de sa grand mère Anne Crannier, et ceci est clairement dit dans la vente qui suit.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E36 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 7 février 1696 avant midy, par devant nous Jean Portin notaire royal à Angers fut présent étably et soumis Me Leon Marchandie notaire demeurant au bourg de Méral tant en son nom que se faisant fort de Jeanne Lefebvre sa femme à laquelle il promet et s’oblige faire ratifier ces présentes et obliger solidairement à l’exécution du présent contrat par acte vallable qu’il en fournira en nos mains dans un mois prochain à peine etc ces présentes néanmoins etc lequel sieur Marchandie esdits noms et en chacun d’iceux seul et pour le tout sans division etc renonçant au bénéfice de division discussion etc ont par ces présentes vendu quitté céddé délaissé et transporté promis et promet garantir de tous troubles hypothèques évictions interruptions et autres empeschements quelconques et en faire cesser les causes perpétuellement dès maintenant et à toujours à Me Henry Aubry huissier et voyeur des moulins d’Anjou demeurant audit Angers paroisse st Maurice présent et acceptant qui a acquis pour luy ses hoirs et ayant cause scavoir est un morceau de pré en la prée des quartiers paroisse de Montreuil sur Maine contenant (blanc) joignant d’un côté le pré (blanc) abouté d’un bout la rivière d’Oudon et d’autre bout ainsi que ledit morceau de pré se poursuit et comporte et qu’il est écheu à ladite Lefebvre de la succession de deffunte Anne Crasnier son ayeule (f°2) par partages faits entre elle et ses cohéritiers par devant (blanc) notaire le (blanc) desquels ledit vendeur fournira copie ou contrat audit acquéreur ou les autres pièces concernant ledit morceau de pré vendu à sa possibilité ; à tenir par ledit acquéreur du fief et seigneurie dont il relève aux charges des cens rentes et devoirs seigneuriaux féodaux anciens et accoustumés que lesdites parties par nous enquises suivant l’ordonnance ont dit ne pouvoir au vrai exprimer, s’en informera ledit acquéreur et les payera pour l’avenir quitte par ledit vendeur des arrérages du passé ; transportant etc et est faite ladite vendition cession delais et transport pour et moyennant la somme de 80 livres sur laquelle ledit acquéreur en a payé contant audit vendeur esdits noms la somme de 14 livres qu’il a eu veu de nous receue en Louis d’argent et monnaye ayant cours s’en contente et les 66 livres restante ledit acquéreur pour ce établi et soumis sous l’hypothèque générale de tous ses biens spécial et privilège dudit morceau de pré cy dessus vendu a promis et s’est obligé payer audit vendeur esdits noms dans 6 mois prochains sans intérests jusques audit terme et cependant ledit acquéreur en jouira dès à présent : à laquelle vendition cession delais et transport et ce que dit est tenir etc à peine etc obligent etc renonçant etc dont etc fait et passé audit Angers en notre tabler présents Pierre Belleuse et Jacques Viot clercs audit lieu témoins ; et en vin de marché 4 livres payées contant par ledit acquéreur audit vendeur – Le 20 novembre 1696 après midi devant nous Jean Portin notaire royal à Angers fut présent ledit sieur Marchandye lequel a receu contant au veu de nous en Louis d’argent et monnoye ayant cours du sieur Aubry acquéreur au contrat cy devant la somme ce 66 livres restant du prix du morceau de pré … »

Pierre Boulay, forgeur à Saint Martin du Bois, loue sa maison de Montreuil sur Maine à René Thibault : 1692

Il possède une maison à Montreuil et la baille à moitié en 1692
Mais il semble que ce soit une petite closerie puisqu’il aura du beurre etc… et des lins etc… et même du cidre.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, AD49-5E12 Pierre Bodere notaire à Montreuil-sur-Maine – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 2 juin 1692 Pierre Boulay forgeur Dt à Saint Sauveur de Flée bailleur d’une part, et René Thibault laboureur demeurant au village du Bois Marin à Montreuil sur Maine, preneur d’autre part ; entre lesquelles parties a esté fait le bail à moiotié qui ensuit, c’est à savoir que ledit bailleur a baillé et par ces présentes baille audit preneur présent et stipulant qui a prins et accepté audit tiltre de moitié et non autrement savoir est une maison manable couverte d’ardoise, une petite grange ou il a un pressoir, une petite portion de jardin à côté de la grange, une autre portion de jardin proche les issues, joignant le chemin à aller à l’église, et généralement tout ce qui peut appartenir audit Boulay en cette paroisse en terres et vignes, sises en cette paroisse, fors le bois taillis que le bailleur se réserve, à la charge par ledit preneur de jouir et user de toutes lesdites choses qu’il a dit bien savoir et connaistre et à tenir ladite maison seulement en bonne réparation de couverture d’ardoise terrasse et autres et pour la grange le preneur n’en sera aucunement tenu, attendu que la charpente d’icelle n’est en estat de suporter la couverture, tiendra lesdites terres deuement closes de leurs clostures ordinaires, et rendra la tout en fin dudit bail en pareil estat qu’il luy sera baillé au commencement d’iceluy, fors gressera et fasonnera chascuns ans les terres labourables avecq tous lesdits jardins dudit lieu, pour ce fait, rendre la moitié franche et quitte de tous grains en provenans et les sildres (pour « cidres ») bien et duement faits fournissant par le bailleur de tonneaux sa part en la demeure dudit bailleur au bourg de Saint Martin du Bois, fournissant lesdites parties par moitié de semences et bestiaux au commencement de ce bail, lesquels se partagera entre eux également, nourrira 2 porcs de nourriture chacun an, plantera 2 sauvaigeaux sur les terres de ce bail ès endroits utiles et y fera le fossé à neuf de la bellevue sans en estre tenu ailleurs, sinon en cas qu’il en soit besoin autrement le bailleur le paiera au preneur raisonnablement ; paieront les charges cens rentes et debvoirs par moitié, ne pourra le preneur coupper abattre et émonder aucun bois de sur ledit lieu par pié ne branche fors les emondables estant en âge sans l’exprais consentement dudit bailleur ains luy en deslivrera coppie dans 8 jours prochains venant ; brera (pour « brayer ») les lins et chanvres provenans chacuns ans sur ledit lieu pour estre partagés au poids ; se réserve le bailleur les pommes qui proviendront dans la piesse du Bignon à luy appartenant fors 2 autres que le prendeur en disposera à sa volonté … et combien qu’il soit cy devant dit que le preneur rendra tous grains et fruits audit bailleur en sa maison à Saint Martin, ont convenu depuis que le preneur baillera seulement 4 livres par an audit bailleur audit jour de Toussaint, quoy faisant demeure vallablement deschargé de tous les charois ; baillera aussi chascun an 9 livres de beurre net en pot audit jour de Toussaint ; car les parties ont le tout respectivement ainsi voulu consenty stipulé et accepté, à ce tenir etc obligent etc renonçant etc dont etc fait et passé audit Monstreuil etc »

Partages en 3 lots des acquêts de Jacques Richard et Perrine Fourmont : Montreuil sur Maine 1693

Donc, Jacques Richard a eu 2 lits et Perrine Fourmont est le second lit qui laisse 3 enfants.
Mais le plus stupéfiant dans l’acte qui suit est la date de 1693, car il est décédé en 1686 et elle en 1681. Il y a exactement 7 ans après le décès !!!!

Jacques RICHARD °ca 1618 †Montreuil-sur-Maine 24.2.1686 x1 Jeanne MENARD °Montreuil-sur-Maine 7.4.1620 †idem 30 janvier 1652 Fille de François & de Jeanne Drouet x2 ca 1653 Perrine FOURMOND °ca 1626 †Montreuil-sur-Maine 5.2.1681

Quand on sait à quel point la vie était courte autrefois, ces années sont une éternité, et pourtant ils s’entendaient bien !!!
Pire, alors qu’il s’agit d’un partage d’immeubles, on rencontre dans les lots des meubles tels que coffres etc… Or, les meubles étaient dits déjà partagés en 1686. Tous cela est plus que curieux. Alors je suppose que le tout était en indivis paisiblement entre eux durant tout ce temps, ce qui expliquerait l’heure tardive de ce partage.
Ils ont même un vieux fusil :

et aura cedit lot un viel fuzil qui appartient en commun à iceux partageans

Jacques Richard était métayer, mais un métayer aisé, que je soupçonne même d’avoir eu une activité marchande, et tous les actes de sa succession montrent qu’il était un métayer aisé. Mais de là à posséder un fusil !!! Sans doute le fusil était d’une génrération précédente, et s’il est qualifié de « vieux » c’est que sans doute il ne servait plus ou personne ne se souvenait l’avoir vu fonctionner.
Comme j’ai sur mon site une page qui recense ceux qui ont des armes, je dois donc ajouter ce vieux fusil de Jacques Richard, mais j’ai des doutes sur son utilité et fonctionnement.

Et il faut aussi souligner la signature de son fils aîné Jacques Richard, car dans la majorité des familles de métayer on ne savait pas signer, en d’autres termes, les Richard étaient des métayers exceptionnels qui s’élevaient socialement.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

« Le 2 mars 1693 devant Pierre Bodere notaire de Montreuil sur Maine : sont les 3 lots et partages en 3 égales porsions des biens immeubles acquis pendant la communauté de déffuns Jacques Richard et Perrine Fourmond sa femme lesquels ont esté mins et divisés par Jacques Richard leur fils esné en ladite succession, mestayer au Port paroisse de Montreuil sur Mayenne pour estre prézantés à chascuns de Mathurin Richard majeur demeurant paroisse de Louvaines et à François Menard et Jeanne Richard sa femme mestaiers à la Chicotterie paroisse dudit Montreuil, iceux dessusdits enfants et héritiers chacun pour ung tiers desdits Richard et Fourmont pour après iceux partages avoir veuz et considérés faire l’opsion et choizie de chacun desdits lots dans le temps et coustume de ce pays et duché d’Anjou sinon en dire les causes de défections et obmissions impertinentes, auxquels partages procédant y a esté vacqué en présence et consentement dudit Jacques Richard par nous Pierre Bodere notaire de la baronnie de Montreuil sur Mayenne y demeurant le lundi 2 mars 1693
1er lot : la moitié par indivis d’un corps de logis couvert d’ardoise dans lequel y a four et cheminée, 3 petites chambres par bas, 2 greniers au dessus, rues et issues qui en dépendent (f°2) sis et situé au village du Bois Marin à prendre en long d’iceluy logis tant en bas que haut par l’alignement du fest, et le costé de la ruette pour y aller, et où la porte d’entrée sera de ce présent lot, laquelle ruette sera commune pour l’exploitation de tout ledit logis ; à la charge de celui à qui il eschera de souffrir celui qui demeurera le second d’iceux passer et repasser à toutes nécessités par ladite porte d’entrée pour exploiter sa dite moitié de maison, dont la cheminée et four dudit logis demeurent en commun auxdits 2 lots, aidant celui à qui sera le 2ème lot à entretenir ledit four de réparations, et pour ce qui est de la massonnerie et couverture d’ardoise, chacun entretiendra son costé à l’avenir, laquelle moitié de logis joint d’un costé la moitié dudit 2ème lot d’autre costé la ruette d’un bout la maison de Maris Denoyers d’autre bout le jardin cy après qui sera aussy de ce lot – Item un mareau de jardin au devant de ladite porte d’entrée contenant 7 cordes ou environ, joignant d’un costé et par une petite cornière la terre de Mathurin Thibault à cause de Marie Ollivier sa femme, d’autre costé le pignon de ladite maison, ladite issue et la terre de la veuve Hardy chacun par son endroit, d’un bout la terre de nous notaire d’autre nout la terre de ladite veuve Hardy et celle de nous notaire chacun par son endroit – Item la moitié par indivis à partager en travers d’un toit à porcs clos à muraille et couvert de chaume, laquelle moitié se prendra du costé de ladite ruette, l’autre portion de ladite soue sera du second lot, laquelle soue s’exploitera par la porte d’’entrée d’icelle, à la charge que celui qui obtera (f°3) cedit lot poiera de retour de partage à celui à qui eschera le troisième d’iceux la somme de 22 livres paiée le jour de la choisie d’iceux, et aura cedit lot un viel fuzil qui appartient en commun à iceux partageans
2ème lot : l’autre moitié dudit logis avecq droit au four et cheminée aux charges déclarées au 1er lot, à prendre au long d’iceluy tant haut que bas et la moitié de cedit lot se prendra du costé du soleil couchant – Item l’autre moitié dudit toit à porcs avecq une petite portion de jardin au pignon d’iceluy vers le levant contenant demi cart de cordes ou environ, joignant d’un costé la terre ladite veuve Hardy, d’autre costé et bout la terre de ladite Desnoyers, d’autre bout l’autre moitié de ladite soue avecq l’issue en proximité au devant de ladite soue seulement – Item une planche de jardin sis ès jardin dudit village contenant 3 cordes ou environ joignant d’un costé la terre des héritiers Jean Melline d’autre costé la terre des hoirs Crannier et de nous notaire chacun par son endroit, d’un bout l’apantif de maison de nous notaire d’autre bout la terre des héritiers feu Anthoine Blouin et Mathurine Maignan, à la charge que celuy à qui eschera cedit lot fera aussi en retour de partage à celuy à qui eschera le dernier d’iceux la somme de 22 livres paiable dans le jour de (f°4) la choisie desdits partages, et demeurera aussy de ce lot un petit coffre de chesne fermant de clef appartenant auxdits partageans qui est au lieu de la Chicotterie, dont celuy à qui eschera cedit lot en pourra disposer à sa volonté
3ème lot : une planche de vigne sise au clos des Gaudines audit Montreuil contenant 2 hommées ou environ joignant d’un costé la vigne des héritiers feu Mathurin Bellanger des Giraudières d’autre costé la vigne de la boiste des Trépassés dudit Montreuil, d’un bout la terre du lieu de la Pironnière d’autre bout le chemin tendant de Montreuil à Chauvon – Item une autre planche de vigne contenant une hommée ou envison sise au clos de la Pironnière dudit Montreuil joignant d’un costé et des deux bouts la terre dudit lieu de la Pironnière, d’autre costé la vigne de René Delahais d’autre bout la terre au Buharais et Buisson appartenant à (blanc) – Item la somme de 44 livres que celui à qui eschera cedit lot se fera payer de ceux à qui escheront le 1er et le 2ème lot dans le jour de la choisie d’iceux partages et demeurera aussi de ce lot un grand coffre fermant à clef à eux appartenant en commun dont celuy à qui eschera cedit lot en disposera à sa volonté.
A la charge des copartageans de se laisser passages (f°5) le uns les autres comme il est cy devant marqué au premier lot ; et à l’égard d’une grille de fer qui est présentement dans le grenier dudit logis, les partageans pourront en disposer chacun d’eux ; se garantiront l’un l’autre les choses desdits partages en cas qu’il s’y trouvast trouble ou éviction ; tourneront à contes et rapports avant l’option et choisie d’iceux si faire se doit ; pairont également les charges cens rentes et debvoirs deuz à cause des héritages cy dessus pour le passé et à l’avenir chacun paiera pour ce qu’il possédera ; jouiront de chacun son lot et partage incontinent l’option et choisie d’iceux ; pairont aussy également les debtes passives des dits deffunts leurs père et mère au cas qu’il en soit deu ; contribueront aussy chacun en droit soi aux frais et dépens qu’il a convenu faire pour se transporter sur les lieux, prendre les confrontations, dresser la minute et copie qu’il en conviendra deslivrer. Auxquels partages charges clauses conditions et obligations cy dessus ledit Jacques Richard a fait arrest avecq protestation par luy faite que s’il se trouvait autres héritages dépendant de ladite succession les emploier cy après comme ceux des présents lots, estant venuz à sa connaissance, sans néanmoings procéder à nouveaux partages ; dont l’avons jugé de son consentement par foy jugement etc renonçant etc dont etc fait et passé audit Montreuil à notre rablier en présence de (f°6) Georges Thibault fermier de la Jousselinière et Jourdan Guerin tourneur en bois demeurant audit lieu tesmoings »

Le plus beau des inventaires de meubles après décès : celui de feu Jacques Richard Montreuil sur Maine 1686

OUI, OUI, OUI
J’ai vu beaucoup d’inventaires après décès, mais celui-ci est de loin le plus beau.
Beau, parce que Jacques Richard, métayer, laisse 5 enfants héritiers, mais il avait eu 2 lits, dont 2 fils du premier lit, et 2 fils et une fille du second lit.
Hors, l’expérience montre qu’il est plus difficile de s’entendre et de partager quand il y a 2 lits, d’ailleurs c’est déjà difficile de s’entendre quand il n’y a qu’un lit.
Eh bien, rien n’est plus beau que de lire qu’ils se sont tellement entendus que lorsque Me Bodere (le notaire sans orthographe) arrive pour dresser l’inventaire des meubles, il n’y a plus de meubles à inventorier, les 5 enfants se sont entendus et les ont déjà partagés entre eux dans la bonne entente.

Merveilleux n’est-ce pas !

Bon, d’accord, vous me direz que c’était tout leur intérêt que d’économiser les frais de l’inventaire des meubles !
Je suis d’accord, mais tout de même, j’ai déjà vu tant d’inventaires très humbles pour lesquels ont a payé un inventaire après décès des meubles.
Alors, je suis en admiration devant cet inventaire.
Et je reviendrai sur ce Jacques Richard, car l’inventaire des titres mérite un long commentaire.
Donc à demain.

Voir ma famille FOURMONT
Voir ma famille RICHARD
Voir ma page sur MONTREUIL SUR MAINE

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 16 mars 1686 inventaire fait au lieu de la Chicotterie paroisse de Montreuil-sur-Maine, maison où est déssédé h. h. Jacques Richard lesné, des meubles, tiltres et effaits restés de sa succession, ce fait à la requête présence et consentement de chascuns de Jean Richard métayer à la Grande Roche paroisse de Chambellay, René Richard métayer à l’Esfrère paroisse de Thorigné, enfants dudit deffunt Richard et de Jeanne Menard sa 1ère femme, et encore de h.h. Jacques Richard métayer au Port, François Menard et Jeanne Richard sa femme, de luy authorisée devant nous quant à ce, demeurant à la Chicotterie paroisse de Montreuil, et Mathurin Richard aussy demeurant audit lieu, aussy enfans et héritiers dudit deffunt et de Perrine Fourmond sa 2e femme, iceux susdits fondés en ladite succession, scavoir Jean et René chacun pour 1/5e d’une moitié qui est 1/10e au total, et lesdits Jacques et Mathurin Menard et femme pour l’autre moitié au total à cause de ladite deffunte Fourmond leur mère, à chacuns pour une 1/5ème partie avecq lesdits Jean et René Richard également, auquel inventaire procédant y a esté vaqué en présence et du consentement de tous iceux susdits par nous Pierre Bodere notaire de la baronnie de Montreuil et y demeurant, assisté de Nicolas Roullois marchand audit lieu, avecq nous pris pour adjoint :
(f°2) Pour ce qui est des meubles tous iceux susdits les ont partagés par égales portions en ce que chacuns d’eux y est fondé, s’en sont tenus contant chacun à son esgard..