Jeanne Lefebvre, épouse de Léon Marchandie, vend un pré : Montreuil sur Maine 1696

Je descends d’une Jeanne Lefebvre que je n’ai pu remonter à ce jour. J’ai travaillé beaucoup de Lefebvre, sans pouvoir entrevoir un lien quelconque.

En fait j’ai remonté avec d’innombrables preuves sa filiation maternelle qui est VILLIERS puis CRANNIER etc… Et ce jour je vous mets encore une preuve de cette ascendance maternelle, une preuve de plus, mais il ne faut pas hésiter quand cela se donne à enrichir les preuves.
Donc, Jeanne Lefebvre, épouse de Léon Marchandie, vend un pré à Montreuil sur Maine qu’elle tient de sa grand mère Anne Crannier, et ceci est clairement dit dans la vente qui suit.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E36 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 7 février 1696 avant midy, par devant nous Jean Portin notaire royal à Angers fut présent étably et soumis Me Leon Marchandie notaire demeurant au bourg de Méral tant en son nom que se faisant fort de Jeanne Lefebvre sa femme à laquelle il promet et s’oblige faire ratifier ces présentes et obliger solidairement à l’exécution du présent contrat par acte vallable qu’il en fournira en nos mains dans un mois prochain à peine etc ces présentes néanmoins etc lequel sieur Marchandie esdits noms et en chacun d’iceux seul et pour le tout sans division etc renonçant au bénéfice de division discussion etc ont par ces présentes vendu quitté céddé délaissé et transporté promis et promet garantir de tous troubles hypothèques évictions interruptions et autres empeschements quelconques et en faire cesser les causes perpétuellement dès maintenant et à toujours à Me Henry Aubry huissier et voyeur des moulins d’Anjou demeurant audit Angers paroisse st Maurice présent et acceptant qui a acquis pour luy ses hoirs et ayant cause scavoir est un morceau de pré en la prée des quartiers paroisse de Montreuil sur Maine contenant (blanc) joignant d’un côté le pré (blanc) abouté d’un bout la rivière d’Oudon et d’autre bout ainsi que ledit morceau de pré se poursuit et comporte et qu’il est écheu à ladite Lefebvre de la succession de deffunte Anne Crasnier son ayeule (f°2) par partages faits entre elle et ses cohéritiers par devant (blanc) notaire le (blanc) desquels ledit vendeur fournira copie ou contrat audit acquéreur ou les autres pièces concernant ledit morceau de pré vendu à sa possibilité ; à tenir par ledit acquéreur du fief et seigneurie dont il relève aux charges des cens rentes et devoirs seigneuriaux féodaux anciens et accoustumés que lesdites parties par nous enquises suivant l’ordonnance ont dit ne pouvoir au vrai exprimer, s’en informera ledit acquéreur et les payera pour l’avenir quitte par ledit vendeur des arrérages du passé ; transportant etc et est faite ladite vendition cession delais et transport pour et moyennant la somme de 80 livres sur laquelle ledit acquéreur en a payé contant audit vendeur esdits noms la somme de 14 livres qu’il a eu veu de nous receue en Louis d’argent et monnaye ayant cours s’en contente et les 66 livres restante ledit acquéreur pour ce établi et soumis sous l’hypothèque générale de tous ses biens spécial et privilège dudit morceau de pré cy dessus vendu a promis et s’est obligé payer audit vendeur esdits noms dans 6 mois prochains sans intérests jusques audit terme et cependant ledit acquéreur en jouira dès à présent : à laquelle vendition cession delais et transport et ce que dit est tenir etc à peine etc obligent etc renonçant etc dont etc fait et passé audit Angers en notre tabler présents Pierre Belleuse et Jacques Viot clercs audit lieu témoins ; et en vin de marché 4 livres payées contant par ledit acquéreur audit vendeur – Le 20 novembre 1696 après midi devant nous Jean Portin notaire royal à Angers fut présent ledit sieur Marchandye lequel a receu contant au veu de nous en Louis d’argent et monnoye ayant cours du sieur Aubry acquéreur au contrat cy devant la somme ce 66 livres restant du prix du morceau de pré … »

Pierre Boulay, forgeur à Saint Martin du Bois, loue sa maison de Montreuil sur Maine à René Thibault : 1692

Il possède une maison à Montreuil et la baille à moitié en 1692
Mais il semble que ce soit une petite closerie puisqu’il aura du beurre etc… et des lins etc… et même du cidre.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, AD49-5E12 Pierre Bodere notaire à Montreuil-sur-Maine – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 2 juin 1692 Pierre Boulay forgeur Dt à Saint Sauveur de Flée bailleur d’une part, et René Thibault laboureur demeurant au village du Bois Marin à Montreuil sur Maine, preneur d’autre part ; entre lesquelles parties a esté fait le bail à moiotié qui ensuit, c’est à savoir que ledit bailleur a baillé et par ces présentes baille audit preneur présent et stipulant qui a prins et accepté audit tiltre de moitié et non autrement savoir est une maison manable couverte d’ardoise, une petite grange ou il a un pressoir, une petite portion de jardin à côté de la grange, une autre portion de jardin proche les issues, joignant le chemin à aller à l’église, et généralement tout ce qui peut appartenir audit Boulay en cette paroisse en terres et vignes, sises en cette paroisse, fors le bois taillis que le bailleur se réserve, à la charge par ledit preneur de jouir et user de toutes lesdites choses qu’il a dit bien savoir et connaistre et à tenir ladite maison seulement en bonne réparation de couverture d’ardoise terrasse et autres et pour la grange le preneur n’en sera aucunement tenu, attendu que la charpente d’icelle n’est en estat de suporter la couverture, tiendra lesdites terres deuement closes de leurs clostures ordinaires, et rendra la tout en fin dudit bail en pareil estat qu’il luy sera baillé au commencement d’iceluy, fors gressera et fasonnera chascuns ans les terres labourables avecq tous lesdits jardins dudit lieu, pour ce fait, rendre la moitié franche et quitte de tous grains en provenans et les sildres (pour « cidres ») bien et duement faits fournissant par le bailleur de tonneaux sa part en la demeure dudit bailleur au bourg de Saint Martin du Bois, fournissant lesdites parties par moitié de semences et bestiaux au commencement de ce bail, lesquels se partagera entre eux également, nourrira 2 porcs de nourriture chacun an, plantera 2 sauvaigeaux sur les terres de ce bail ès endroits utiles et y fera le fossé à neuf de la bellevue sans en estre tenu ailleurs, sinon en cas qu’il en soit besoin autrement le bailleur le paiera au preneur raisonnablement ; paieront les charges cens rentes et debvoirs par moitié, ne pourra le preneur coupper abattre et émonder aucun bois de sur ledit lieu par pié ne branche fors les emondables estant en âge sans l’exprais consentement dudit bailleur ains luy en deslivrera coppie dans 8 jours prochains venant ; brera (pour « brayer ») les lins et chanvres provenans chacuns ans sur ledit lieu pour estre partagés au poids ; se réserve le bailleur les pommes qui proviendront dans la piesse du Bignon à luy appartenant fors 2 autres que le prendeur en disposera à sa volonté … et combien qu’il soit cy devant dit que le preneur rendra tous grains et fruits audit bailleur en sa maison à Saint Martin, ont convenu depuis que le preneur baillera seulement 4 livres par an audit bailleur audit jour de Toussaint, quoy faisant demeure vallablement deschargé de tous les charois ; baillera aussi chascun an 9 livres de beurre net en pot audit jour de Toussaint ; car les parties ont le tout respectivement ainsi voulu consenty stipulé et accepté, à ce tenir etc obligent etc renonçant etc dont etc fait et passé audit Monstreuil etc »

Partages en 3 lots des acquêts de Jacques Richard et Perrine Fourmont : Montreuil sur Maine 1693

Donc, Jacques Richard a eu 2 lits et Perrine Fourmont est le second lit qui laisse 3 enfants.
Mais le plus stupéfiant dans l’acte qui suit est la date de 1693, car il est décédé en 1686 et elle en 1681. Il y a exactement 7 ans après le décès !!!!

Jacques RICHARD °ca 1618 †Montreuil-sur-Maine 24.2.1686 x1 Jeanne MENARD °Montreuil-sur-Maine 7.4.1620 †idem 30 janvier 1652 Fille de François & de Jeanne Drouet x2 ca 1653 Perrine FOURMOND °ca 1626 †Montreuil-sur-Maine 5.2.1681

Quand on sait à quel point la vie était courte autrefois, ces années sont une éternité, et pourtant ils s’entendaient bien !!!
Pire, alors qu’il s’agit d’un partage d’immeubles, on rencontre dans les lots des meubles tels que coffres etc… Or, les meubles étaient dits déjà partagés en 1686. Tous cela est plus que curieux. Alors je suppose que le tout était en indivis paisiblement entre eux durant tout ce temps, ce qui expliquerait l’heure tardive de ce partage.
Ils ont même un vieux fusil :

et aura cedit lot un viel fuzil qui appartient en commun à iceux partageans

Jacques Richard était métayer, mais un métayer aisé, que je soupçonne même d’avoir eu une activité marchande, et tous les actes de sa succession montrent qu’il était un métayer aisé. Mais de là à posséder un fusil !!! Sans doute le fusil était d’une génrération précédente, et s’il est qualifié de « vieux » c’est que sans doute il ne servait plus ou personne ne se souvenait l’avoir vu fonctionner.
Comme j’ai sur mon site une page qui recense ceux qui ont des armes, je dois donc ajouter ce vieux fusil de Jacques Richard, mais j’ai des doutes sur son utilité et fonctionnement.

Et il faut aussi souligner la signature de son fils aîné Jacques Richard, car dans la majorité des familles de métayer on ne savait pas signer, en d’autres termes, les Richard étaient des métayers exceptionnels qui s’élevaient socialement.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

« Le 2 mars 1693 devant Pierre Bodere notaire de Montreuil sur Maine : sont les 3 lots et partages en 3 égales porsions des biens immeubles acquis pendant la communauté de déffuns Jacques Richard et Perrine Fourmond sa femme lesquels ont esté mins et divisés par Jacques Richard leur fils esné en ladite succession, mestayer au Port paroisse de Montreuil sur Mayenne pour estre prézantés à chascuns de Mathurin Richard majeur demeurant paroisse de Louvaines et à François Menard et Jeanne Richard sa femme mestaiers à la Chicotterie paroisse dudit Montreuil, iceux dessusdits enfants et héritiers chacun pour ung tiers desdits Richard et Fourmont pour après iceux partages avoir veuz et considérés faire l’opsion et choizie de chacun desdits lots dans le temps et coustume de ce pays et duché d’Anjou sinon en dire les causes de défections et obmissions impertinentes, auxquels partages procédant y a esté vacqué en présence et consentement dudit Jacques Richard par nous Pierre Bodere notaire de la baronnie de Montreuil sur Mayenne y demeurant le lundi 2 mars 1693
1er lot : la moitié par indivis d’un corps de logis couvert d’ardoise dans lequel y a four et cheminée, 3 petites chambres par bas, 2 greniers au dessus, rues et issues qui en dépendent (f°2) sis et situé au village du Bois Marin à prendre en long d’iceluy logis tant en bas que haut par l’alignement du fest, et le costé de la ruette pour y aller, et où la porte d’entrée sera de ce présent lot, laquelle ruette sera commune pour l’exploitation de tout ledit logis ; à la charge de celui à qui il eschera de souffrir celui qui demeurera le second d’iceux passer et repasser à toutes nécessités par ladite porte d’entrée pour exploiter sa dite moitié de maison, dont la cheminée et four dudit logis demeurent en commun auxdits 2 lots, aidant celui à qui sera le 2ème lot à entretenir ledit four de réparations, et pour ce qui est de la massonnerie et couverture d’ardoise, chacun entretiendra son costé à l’avenir, laquelle moitié de logis joint d’un costé la moitié dudit 2ème lot d’autre costé la ruette d’un bout la maison de Maris Denoyers d’autre bout le jardin cy après qui sera aussy de ce lot – Item un mareau de jardin au devant de ladite porte d’entrée contenant 7 cordes ou environ, joignant d’un costé et par une petite cornière la terre de Mathurin Thibault à cause de Marie Ollivier sa femme, d’autre costé le pignon de ladite maison, ladite issue et la terre de la veuve Hardy chacun par son endroit, d’un bout la terre de nous notaire d’autre nout la terre de ladite veuve Hardy et celle de nous notaire chacun par son endroit – Item la moitié par indivis à partager en travers d’un toit à porcs clos à muraille et couvert de chaume, laquelle moitié se prendra du costé de ladite ruette, l’autre portion de ladite soue sera du second lot, laquelle soue s’exploitera par la porte d’’entrée d’icelle, à la charge que celui qui obtera (f°3) cedit lot poiera de retour de partage à celui à qui eschera le troisième d’iceux la somme de 22 livres paiée le jour de la choisie d’iceux, et aura cedit lot un viel fuzil qui appartient en commun à iceux partageans
2ème lot : l’autre moitié dudit logis avecq droit au four et cheminée aux charges déclarées au 1er lot, à prendre au long d’iceluy tant haut que bas et la moitié de cedit lot se prendra du costé du soleil couchant – Item l’autre moitié dudit toit à porcs avecq une petite portion de jardin au pignon d’iceluy vers le levant contenant demi cart de cordes ou environ, joignant d’un costé la terre ladite veuve Hardy, d’autre costé et bout la terre de ladite Desnoyers, d’autre bout l’autre moitié de ladite soue avecq l’issue en proximité au devant de ladite soue seulement – Item une planche de jardin sis ès jardin dudit village contenant 3 cordes ou environ joignant d’un costé la terre des héritiers Jean Melline d’autre costé la terre des hoirs Crannier et de nous notaire chacun par son endroit, d’un bout l’apantif de maison de nous notaire d’autre bout la terre des héritiers feu Anthoine Blouin et Mathurine Maignan, à la charge que celuy à qui eschera cedit lot fera aussi en retour de partage à celuy à qui eschera le dernier d’iceux la somme de 22 livres paiable dans le jour de (f°4) la choisie desdits partages, et demeurera aussy de ce lot un petit coffre de chesne fermant de clef appartenant auxdits partageans qui est au lieu de la Chicotterie, dont celuy à qui eschera cedit lot en pourra disposer à sa volonté
3ème lot : une planche de vigne sise au clos des Gaudines audit Montreuil contenant 2 hommées ou environ joignant d’un costé la vigne des héritiers feu Mathurin Bellanger des Giraudières d’autre costé la vigne de la boiste des Trépassés dudit Montreuil, d’un bout la terre du lieu de la Pironnière d’autre bout le chemin tendant de Montreuil à Chauvon – Item une autre planche de vigne contenant une hommée ou envison sise au clos de la Pironnière dudit Montreuil joignant d’un costé et des deux bouts la terre dudit lieu de la Pironnière, d’autre costé la vigne de René Delahais d’autre bout la terre au Buharais et Buisson appartenant à (blanc) – Item la somme de 44 livres que celui à qui eschera cedit lot se fera payer de ceux à qui escheront le 1er et le 2ème lot dans le jour de la choisie d’iceux partages et demeurera aussi de ce lot un grand coffre fermant à clef à eux appartenant en commun dont celuy à qui eschera cedit lot en disposera à sa volonté.
A la charge des copartageans de se laisser passages (f°5) le uns les autres comme il est cy devant marqué au premier lot ; et à l’égard d’une grille de fer qui est présentement dans le grenier dudit logis, les partageans pourront en disposer chacun d’eux ; se garantiront l’un l’autre les choses desdits partages en cas qu’il s’y trouvast trouble ou éviction ; tourneront à contes et rapports avant l’option et choisie d’iceux si faire se doit ; pairont également les charges cens rentes et debvoirs deuz à cause des héritages cy dessus pour le passé et à l’avenir chacun paiera pour ce qu’il possédera ; jouiront de chacun son lot et partage incontinent l’option et choisie d’iceux ; pairont aussy également les debtes passives des dits deffunts leurs père et mère au cas qu’il en soit deu ; contribueront aussy chacun en droit soi aux frais et dépens qu’il a convenu faire pour se transporter sur les lieux, prendre les confrontations, dresser la minute et copie qu’il en conviendra deslivrer. Auxquels partages charges clauses conditions et obligations cy dessus ledit Jacques Richard a fait arrest avecq protestation par luy faite que s’il se trouvait autres héritages dépendant de ladite succession les emploier cy après comme ceux des présents lots, estant venuz à sa connaissance, sans néanmoings procéder à nouveaux partages ; dont l’avons jugé de son consentement par foy jugement etc renonçant etc dont etc fait et passé audit Montreuil à notre rablier en présence de (f°6) Georges Thibault fermier de la Jousselinière et Jourdan Guerin tourneur en bois demeurant audit lieu tesmoings »

Le plus beau des inventaires de meubles après décès : celui de feu Jacques Richard Montreuil sur Maine 1686

OUI, OUI, OUI
J’ai vu beaucoup d’inventaires après décès, mais celui-ci est de loin le plus beau.
Beau, parce que Jacques Richard, métayer, laisse 5 enfants héritiers, mais il avait eu 2 lits, dont 2 fils du premier lit, et 2 fils et une fille du second lit.
Hors, l’expérience montre qu’il est plus difficile de s’entendre et de partager quand il y a 2 lits, d’ailleurs c’est déjà difficile de s’entendre quand il n’y a qu’un lit.
Eh bien, rien n’est plus beau que de lire qu’ils se sont tellement entendus que lorsque Me Bodere (le notaire sans orthographe) arrive pour dresser l’inventaire des meubles, il n’y a plus de meubles à inventorier, les 5 enfants se sont entendus et les ont déjà partagés entre eux dans la bonne entente.

Merveilleux n’est-ce pas !

Bon, d’accord, vous me direz que c’était tout leur intérêt que d’économiser les frais de l’inventaire des meubles !
Je suis d’accord, mais tout de même, j’ai déjà vu tant d’inventaires très humbles pour lesquels ont a payé un inventaire après décès des meubles.
Alors, je suis en admiration devant cet inventaire.
Et je reviendrai sur ce Jacques Richard, car l’inventaire des titres mérite un long commentaire.
Donc à demain.

Voir ma famille FOURMONT
Voir ma famille RICHARD
Voir ma page sur MONTREUIL SUR MAINE

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 16 mars 1686 inventaire fait au lieu de la Chicotterie paroisse de Montreuil-sur-Maine, maison où est déssédé h. h. Jacques Richard lesné, des meubles, tiltres et effaits restés de sa succession, ce fait à la requête présence et consentement de chascuns de Jean Richard métayer à la Grande Roche paroisse de Chambellay, René Richard métayer à l’Esfrère paroisse de Thorigné, enfants dudit deffunt Richard et de Jeanne Menard sa 1ère femme, et encore de h.h. Jacques Richard métayer au Port, François Menard et Jeanne Richard sa femme, de luy authorisée devant nous quant à ce, demeurant à la Chicotterie paroisse de Montreuil, et Mathurin Richard aussy demeurant audit lieu, aussy enfans et héritiers dudit deffunt et de Perrine Fourmond sa 2e femme, iceux susdits fondés en ladite succession, scavoir Jean et René chacun pour 1/5e d’une moitié qui est 1/10e au total, et lesdits Jacques et Mathurin Menard et femme pour l’autre moitié au total à cause de ladite deffunte Fourmond leur mère, à chacuns pour une 1/5ème partie avecq lesdits Jean et René Richard également, auquel inventaire procédant y a esté vaqué en présence et du consentement de tous iceux susdits par nous Pierre Bodere notaire de la baronnie de Montreuil et y demeurant, assisté de Nicolas Roullois marchand audit lieu, avecq nous pris pour adjoint :
(f°2) Pour ce qui est des meubles tous iceux susdits les ont partagés par égales portions en ce que chacuns d’eux y est fondé, s’en sont tenus contant chacun à son esgard..

Jean Fourmont prend le bail de la baronnie et prieuré de Montreuil sur Maine, 1700

Jean Fourmont a pris plusieurs baux au cours de son existence, à Thorigné, Montreuil sur Maine et Le Lion d’Angers.
Les baux étaient d’un montant assez élevé, donc la terre affermé assez conséquente : ici le temporel du prieuré de Montreuil sur Maine, dont le prieur porte aussi le titre de baron. Le bail s’élevait en 1700 à 2 000 livres par an, ce qui est beaucoup.

Je suis désolée encore une fois pour l’orthographe de maître Bodere, et ici il a fait encore plus fort, car il a fait une erreur de prenom en écrivant Jacques Fourmond au lieu de Jean, et je peux vous affirmer pour avoir une multitude d’actes tant notariés que d’état civil religieux concernant les Fourmont, que l’époux d’Anne Bonneau en 1700 n’est autre que Jean et non Jacques. D’ailleurs, c’est le même Jean Fourmont dont je vous parle depuis plusieurs jours et je pense encore vous en parler demain, courage.
En tous cas cette erreur nous alerte sur le fait qu’il faut parfois se méfier de ce qui dit un acte.

Voir ma page sur Montreuil sur Maine
Voir ma famille FOURMONT

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 14 août 1700 avant midy, par devant nous Pierre Bodere notaire royal en Anjou résidant à Montreuil sur Mayne fut présant estably et soubzmis noble et discret Me Pierre Laillault prêtre prieur baron du prieuray et baonnie de Montreuil demeurant en son prieuray audit lieu, bailleur d’une part, honorable homme Jacques Fourmond marchand et honorable femme Anne Bonneau sa femme de luy deument authorisée devant nous quant à ce, fermier de la terre seigneuriale de Chauvon paroisse de Thorigné y demeurant preneur d’autre, entre lesquelles partyes a esté fait le bail de ferme convansions et obligasions suivantes, c’est à savoir que ledit bailleur a par ses présantes baillé audit preneur présans stipullans et acceptans qui ont solidairement pris et accepté audit titre de ferme et non autrement et pour le temps et espasse de 5 années et 5 cueillettes antières parfaites et consécutivezs les une aux autre sans intervalle de temps qui commanseront à la feste de Toussaint prochaine venante et à finir à pareil jour icelles révolues savoir est le temporel fruits et revenus profits émollumens appartenant et dépendant dudit prieuray et baronnie dudit Montreuil sur Maine dismes fiefs hommes sujets rachapts cens rantes issue autres proffits et avantures desdits fiefs mobilières jouissances des immobiliers retenue et droits par puissance de fief comme tout ledit temporel se poursuite et comporte sans autrement les spéssifier, fors les rézerves cy après faites par ledit prieur … qui appartiennent audit curé dudit Montreuil, pour du surplus outre lesdits rézerves que lesdits preneurs ont dit bien savoir et connoistre, jouir par eux en bon père de famille, sans rien y malverser et rien faire au préjudice du font sans pouvoir prétendre demander et avoir aucun rabais du prix de la ferme cy après, à quoy ils ont renonsé ; à la charge dudit sieur bailleur de faire et faire dire et cellebrer le cervice (f°2) deu et accoustumé estre fait audit prieuray par le prêtre de la paroisse dudit Montreuil, sans qu’iceux preneurs soient tenuz et obligez en paier aucun honoraire audit sieur bailleur ; faire par iceux preneurs les aumosnes ordinaires aux pauvres en ladite paroisse et aux passans ; faire les festages et disnée deuz et accoustumés audit sieur curé et prieur de ladite paroise de Montreuil et acquiter ledit sieur prieur des festage à l’abaie de saint Aubin de la ville d’Angers le jour de Saint Aubin 1er mars de chacune année avecq les pansions et prestations qui se payent à monsieur le révérand abé de ladite abaie, outre de paier et aquitter par lesdits preneurs par chacune année dudit bail audit sieur abé le nombre de 80 septiers de blé seigle mesure ansienne d’Angers randable en ladite abaie de saint Aubin et 4 septiers de pareil blé et mesure au sacristain d’icelle abaie, ensemble le gros accoustumé estré paié tant en vin que grain audit curé viquère perpétuel dudit Montreuil mesme d’acquitter ledit sieur bailleur de tous debvoirs cens rantes et charges ordinaires ansiens et accoustumés estre paiés pour raison dudit prieuray, desquels iceux preneurs ont dit avoir bonne connessance, et ce sans diminusion du prix cy apprès pandant les années de ce bail, à la fin desquels ils en fourniront les acquits audit sieur bailleur ; feront iceux preneurs fasonner et cultiver les vignes dépendantes dudit prieuray da leurs facons ordinaires en saison convenable avec les provings bien gressez et fumez où il s’en trouvera de bons à faire ; et de randre clozes à la fin du présant bail les hais et fossez … de saules et léards (f°3) à la ligne d’une allée et pescherie dudit prieuray où il en sera nécessaire ; à l’égard des bestiaux qui sont sur les lieux dépendant dudit prieuray qui appartiennent audit sieur bailleur iceux preneurs les prandront au jour de Toussaintz prochaine venant et les feront estimer par experts et en poiront le prix audit sieur bailleur dans ledit temps ; antretiendront iceux preneurs les baux des mestaiers desdits lieux aux condisions faites par ledit sieur prieur, et lors qu’ils seront expirés en pourront donner d’autres comme et à quoy bon leur semblera ; antretiendront iceux preneurs en bonne réparation les maisons et logemens qu’ils occuperont audit prieuray cloches et cœur de l’églize de couverture d’ardoize carreau vitres et terrasses et randre à la fin dudit bail lesdites choses en bon estat de réparation ainsy qu’ils les resevront au commansemment d’iceluy, pourquoy iceux preneurs pourront faire si bon leur semble à leurs frais procès verbal de l’état desdites réparations ou ledit sieur bailleur sera inthimé à son domicile pour y assister ou faire comparoit qui bon luy semblera ; pourront iceux preneurs faire couper les bois taillis dudit prieuray 2 fois à commanser dès les avant de Noel prochain et ancor aux avant après l’excause de ce bail et à ce moien ne pourront rien pretandre dans la couppe du bois dont ledit sieur bailleur dispozera à sa vollunté ; ne pourront coupper et émonder aucun autre bois de haute futaie par pié ne branche fors les émondables estans en âge suffizant ; se rézerve iceluy prieur les droits de confiscation de herauve ? épaves imobilliers aubenages sy aucun arrivent et en prandra les fruits (f°4) et pour le tout les meubles sy aucun se trouvent estre de confiscasion de herauses ? et aubenages et au cas que ledit sieur prieur puisse faire revenir plus grande espasse de pré dans la prée de Ragon qu’il n’en jouist à présant les preneurs en jouiront et dispozeront comme des autres choses de ce bail ; auront seullement iceux preneurs droit de prandre chacun an de Jacques Ollivier le prix de l’arantement de la moitié des moullins dudit Montreuil conformément à l’acte fait entre ledit sieur bailleur et ledit Ollivier y recours sy besoing est ; auront iceux preneurs les menus ? et verts ? dont ledit sieur bailleur a acoustumé de jouir aux fins de quoy il les subroge de tous ses droits ; se rezerve ledit sieur bailleur le grand degré de son antrée à la maison dudit prieuray avecq le pigeonnier qui est au dessus, et le grand et pettit grenier hault, les 2 chambres haultes avecq 2 pettits cabinets à costé de chacune d’icelles, et la chambre basse proche de la chapelle et le pettit cabinet à costé, 2 pettits jardins, l’un proche le pettit cimetière et l’autre joignant ladite maison nommé le Terasse, et une partie du pettit sellier dont l’antrée sera du costé de la terasse, et ledit sieur bailleur fera faire une cloison pour le séparer d’avecq la portion des preneurs, plus uzage à la boulangerie et au four et aux latrines, avecq faculté de pescher avecq son vallet pour son plaisir seullement en plaine eau, plus la pettite escurie, une vache ou cheval allant et venant sur le domayne au choix dudit sieur bailleur qui fournira de foin et paille pour la noriture de ladite vache ou cheval, plus ce qu’il y a au pré dépendant dudit prieuray dans la grand Motte, une aires ? de paille de fourmond et 2 de seigle chacune desdites années (f°5) et la cour pour faire … comme aussi la rezerve … du jardin bas à faire planter ledit jardin ou bon luy semblera attandu que les preneurs ne seront tenus d’aucun plant ; pourront aussi si bon leur semble cultiver un ou deux cantons de vigne en degast au clos dudit prieuray sans estre tenu la retablir en fin de ce bail ; poiront les preneurs chacuns ans 3 septiers de blé mesure du chapitre du monsieur du Marais Hameau à cause de la metairie du Port dudit Montreuil ; demeurent iceux preneurs deschargés des desimes tant ordinaires que extra qui pourraient estre imposés sur ledit prieuray à quoy ledit sieur bailleur y satisfera pour le tout ; auront iceux preneurs droit de prandre chascuns ans sur ledit prieuré 8 chartées de gros bois que ledit prieur leur marquera sur le pié ; auront iceux preneurs l’année présante 12 airées de pailles savoir 6 de vourmond et 6 d’avoine, et en lesseront pareil nombre d’airée audit prieuray en fin dudit bail : et outre toutes les charges et obligasions cy dessus faits par ledit sieur prieur est le présant bail fait pour en paier et bailler chacune desdites années audit sieur prieur en sa maison audit prieuray aux termes de Pasques et la Madelaine par moitié la somme de 2 000 livres tournois qui est 1 000 livres à chacun terme le premier paiement commansant à Pasque … »

Codicile au testament de Jean Hardouin, prêtre, pour donner 3 mois de nourriture à ses serviteurs sans travail après son décès : Montreuil sur Maine 1555

C’est la première fois que je trouve une telle clause : ses serviteurs seront nourris jusqu’à 3 mois après son décès s’ils n’ont pas trouvé de maître plus tôt.
Et, à la lecture de cette clause, j’en conclue que les serviteurs qui perdaient leur maître ne trouvaient pas toujours un maître aussitôt, et qu’il fallait souvent 3 mois.
Ainsi, le chômage existait déjà, non indemnisé avant de retrouver un travail !!! et Jean Hardouin prévoît cette indemnité de chômage à ses serviteurs.

Outre cette clause fort sympathique, Jean Hardouin révoque le don fait à ses héritiers pour le donner à une orpheline qu’il a chez lui nommée Tiennette Leblanc.

Enfin, plus étonnant, il craint que ses 2 exécuteurs testamentaires soient débodés de travail !!!! alors il en nomme 3 autres. Je ne pense pourtant pas que la fortune de ce prêtre ait été considérable !

Et 2 des nouveaux exécuteurs testamentaires sont « marchand et notaire », ce qui signifie qu’un notaire seigneurial, ici notaire du Lion d’Angers, ne traitait pas suffisamment de baux et autres actes par an pour gagner sa vie correctement aussi il exerçait aussi le métier de marchand fermier c’est à dire de gestionnaire de biens intermédiaire entre le propriétaire avec un bail à ferme, et l’exploitant agricole, avec un bail à moitié. Ce travail était très rémunérateur à en juger par le nombre de familles aisées grâce à cette actitivé.


Voir ma page sur Montreuil-sur-Maine

Acte des Archives du Maine-et-Loire 5E121 Ma retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :
Le 19 août 1555 (devant Huot notaire Angers) en la cour du roy notre sire à Angers etc personnellement estably vénérable et discret maistre Jehan Hardouyn prêtre demourant en la paroisse de Montreuil sur Maine au diocèse d’Angers, estant en sa pleine saine et bonne disposition de sa personne, soubzmectant confesse avoir aujourd’huy oultre son testament et ordonnance de sa dernière volonté par cy davant fait et ordonné et passé par deffunt Me Mathurin Degré en son vivant notaire des contrats du roy d’Angers le 15 juin 1551, par codicile et ordonnance de sa dernière volonté fait et ordonné et par ces présentes fait et ordonne les choses cy après contenues et telles que cy après s’ensuit : c’est à savoir que ledit estably a du jourd’huy ratiffié confirmé et approuvé et par ces présentes loue ratiffie confirme et approuve sondit testament dessus mentionné fait et passé par ledit Degré ledit jour audit an 1551 et iceluy a pour agréable, (f°2) veult et ordonne qu’il soit exécuté et qu’il sorte son plein et entier effet selon sa forme, fors et réservé l’article pénultième dudit testament et estant escript en iceluy auparavant le dernier article, portant élection de ses exécuteurs il est escript et contenu que ledit establi a voulu et ordonné que si il reste aucune chose de ses biens meubles après le don porté par ledit testament, ledit article accompli, le reste de sesdits meubles soit baillé à ses héritiers en tant qu’il luy en pourra appartenir, lequel article dessus mentionné et tout le contenu en iceluy ledit estably a révocqué et révocque par cesdites présentes et ne veult qu’il sorte effect et a voulu et ordonné, veult et ordonné par cesdites présentes que après que sur sesdits meubles ait esté prise la somme de 300 livres tz pour bailler à ses héritiers ainsi que contenu est audit testament, que si le reste de sesdits meubles au service des (f°3) donations portées et contenues par ledit testament auront esté payées faits et parfaits et acomptés selon le contenu audit testament, tout le reste de sesdits meubles si aucun reste y a soit baillé donné et décerné à Thiennette Leblanc pauvre fille orpheline, laquelle à présent il nourrist en sa maison, à laquelle il a par ces présentes donné et donne le surplus de sesdits meubles, les charges ordonnées sur iceulx et autres cy après contenues sur iceulx provisionnées et levées ; à la charge de ladite Leblanc de prier Dieu pour l’âme dudit estably, laquelle donation nous notaire soubzsigné avons stipulée et acceptée pour ladite Leblanc absente ; et davantage craignant ledit estably donner trop grande peine à noble et discret Me Pierre de Biences ? baron dudit Montreuil et à Jehan Bellanger, exécuteurs esleuz et dénommés par ledit testament, a iceluy estably révocqué et révoque de ladite exécution lesdits de Biences et Bellanger pour et en leur lieu pour iceluy testament exécuter (f°4) ensemble ce présent codicile, a iceluy estably esleu et nommé et ordonné et eslit et ordonne avecques les autres exécuteurs nommés par ledit testament Jehan Souvete marchand et notaire et Olivier Fournier aussi marchand et notaire et Jehan Brillays tous demourant au Lyon d’Angers et chacun d’eulx seul et pour le tout ; davantage le contenu audit testament a ledit estably voulu et ordonné veult et ordonne qu’au jour de son enterrement au service d’iceluy les petits enfants de l’école dudit Montreuil assistent à son enterrement et qu’ils disent chacun leurs 7 psaulmes avecques le pater noster et ave maria à basse voix pour le salut de son âme, à chacun desquels veult estre baillé et payé 12 deniers tz ; Item à sondit testament qu’assistent 30 pauvres tenant chacun en l’église dudit Montreuil durant le service qui ledit jour sera pour luy dit en ladite église une chandelle (f°5) de cyre ardente priant Dieu pour luy et que à chacun desdits pauvres il soit donné le reffection 6 deniers tz ; Item a voulu et ordonné, veult et ordonne que ses serviteurs qui seront à son service lors de son décès soyent nourris à ses despens jusques à 3 mois après son décès si plus tost ils ne sont pourveuz de maistres ; auxquelles choses dessus dites et tout le contenu audit testament fors en ce qu’il est par ces présentes révoqué tenir et accomplir oblige ledit estably renonçant etc foy jutement condemnation etc présents à ce vénérable et discret maistre Jehan Bouvet prêtre chapelain en l’église st Pierre d’Angers, Jehan Henis et Thomas Daubourd clercs demeurant à Angers tesmoings, fait et passé audit Angers en la maison de nous notaire soubzsigné