Guy Eder, dit La Fontenelle, dans les rangs du duc de Mercoeur à la bataille de Craon : 1592

Hier, je vous disais que je souhaitais encore approfondir l’étude de mon ancêtre Claude Simon « rompu vif sur la croix et mis sur la roue le 19 septembre 1609 à Angers », et je tente de revoir ici et là tout ce qui pourrait sans doute encore parler.
Je reviendrai encore demain sur les parrainages de ses enfants, car je tente de les faire parler dans la limite du possible, et j’ai encore à dire.
Mais ce jour je vous expose le point troublant dans l’expression « sieur de la Fontenelle » que nous avions vu avant hier.
En effet je suis absoluement certaine qu’il ne faut pas confondre avec la présence de Guy Eder sieur de la Fontenelle, lui même brigand célèbre, mais que le parrain énoncé avant hier ici est bien Michel de Beauvais sieur de Fontenelle.

Voici donc les points qui concernent Guy Eder dit « la Fontenelle » à la bataille de Craon, donc dans les rangs de la Ligue comme Claude Simon capitaine la Fosse.

Guy Eder de Beaumanoir de Lavardin, dit Fontenelle

Guy Eder de Beaumanoir , connu sous le nom de la Fontenelle, s’illustra en Bretagne pour ses nombreux meurtres et pillages. Au fil de ses pillages il est arrêté mais le duc de Mercoeur engage le prisonnier pour participer à la bataille de Craon :
« Le 20 mars 1592, La Fontenelle ose entrer par surprise dans une auberge réputée de Vannes, le « Logis de la Tête Noire », où se tient une réunion importante des députés au États de la Ligue. Le brigand s’adressa à l’un des convives, Jean Breut: « J’ai entendu que vous estes venu faire plainctes de moy en ces estatz, mais, par la mort de Dieu ! Regardez bien ce que vous direz, car selon ce que vous direz, je vous coupperé le col ! » dit-il. Mais le duc de Mercœur, prévenu, fit arrêter le brigand, mais le libéra vite contre la promesse du bandit-chef de guerre de le soutenir lors du siège de Craon, ville alors assiégée par le prince de Dombes et les Anglais. La bataille de Craon est d’ailleurs une victoire pour le duc de Mercœur. Ensuite, il recommença ses exactions en forêt de Laz. « Installé dans ce pays, après mille courses, il en était devenu la terreur et le fléau ». (S.A. Nonus, « Histoire du département du Finistère, avec la biographie des personnages remarquables qui en sont issus« , G.Guérin, Paris, 1890, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5815783f.r=Landeleau.f24.langFR.hl [archive])

Sa présence à la bataille de Craon est également relevée par Bodard de la Jacopière dans son ouvrage sur Craon :
« Mercoeur partit de Vannes le 27 avril (1592), réunit ses troupes à Josselin ; on y voyait : Saint-Laurent, maréchal de camp, – les capitaines de Lezannet, – Rozampoul, – Coutedrets, – Des Maretz, – du Pin, – Fontenelle, – Fontative, cornette du capitaine Toulot, et leurs compagnies de gendarmes et de chevau-légers. – Cette troupe quitta Josselin le 10 mai, et séjourna à Châteaubriant trois jours, pendant lesquels le duc voulut, ainsi qu’un grand nombre des siens, se fortifier par la réception des sacrements de l’Eglise ; Là se réunirent à lui : Talhouet amenant cinquante trois gendarmes et cinquante arquebusiers à cheval, – Bois-Dauphin, – du Pied-du-Fou, – Commeronde, – Sainte-Gemmes et La Perraudière. Mercoeur les dirigea aussitôt sur Pouancé. »

 

Son décès est relaté dans de nombreuses sources dont l’ouvrage Jean Lorédan « La Fontenelle, seigneur de la Ligue » 1926, publié dans la série BRIGANDS D’AUTREFOIS chez Perrin (ouvrage en ma possession)

« Le vendredi 27 septembre 1602 Fontenelle, après avoir esté appliqué à la question ordinaire et extraordinaire, fust par arrest du Grand Conseil rompu vif sur la roue en la place saint Jean de Grève à Paris, où il languist environ six quarts d’heure, pour avoir convenu avec l’Espagnol de luy livrer quelques places en Bretagne.»

 

Ce supplice est le même que celui que subira notre ancêtre le 19 septembre 1609 à Angers, et je continue à mettre à jour ma fiche le concernant, qui va donc donner aussi toutes les déclarations de pillages que j’ai pu relever dans les baux que j’ai mis en ligne, bref, je continue pour que le 19 septembre prochain, je puisse avoir un document encore plus construit.

En conclusion, notre ancêtre Claude Simon a brièvement cottoyé Guy Eder de Lavardin dit Fontenelle, lors de la bataille de Craon. Et je vais donc vous mettre prochainement des pillages avérés dans les baux à moitié.

samedi 14 juillet 1917 : Edouard Guillouard tente de mitrailler les avions


Edouard Guillouard, mon grand-père, est à droite.

Comme vous le savez j’ai mis son carnet de guerre et ses photos sur mon site.

Voici ce qu’il écrivait il y a juste 100 ans :

9.7 lundi On parle d’une relève prochaine
10.7 mardi Le 20e corps remplace le 33e, le 146e arrive à notre gauche, remplace le 515 de la 88e DI
12.7 jeudi Morville, les officiers du 155e viennent visiter le secteur, départ du capitaine Massé, le capitaine Tardieux intrigue, tous les soirs grande activité d’aviation direction Nancy, Pompey, Fouard
13.7 vendredi Nous quittons sans regret Morville malgré la tranquilité, la relève arrive à 23 h 30, dans cette soirée les avions font rage avec leurs fusées
ci-contre : la partie de cartes, à gauche Edouard
14.7 samedi Partis à 0 h 30, nous traversons la Forêt de Facq, avions nous survolent, en passant à Loisy un bombardement à Limey, nous arrivons à Marbache (18 km au S. de Morville) vers 6 h, mauvais cantonnement, petit déjeuné sur les cantines, après-midi malgré la fatigue remise de décoration au capitaine Leglaive
15.7 dimanche Messe à Marbache petit pays très agréable sur le bord de la Moselle, les permisions sont parties à 60 %, départ en masse mais on attend au 17 pour le train
19-24.7 Mr Leglaive part ainsi que Glorion, je reste seul à la Cie avec quelques sous-officiers et une trentaine d’hommes dont une partie employée aux travaux agricoles, nous allons chaque jour faire un peu d’exercice
25.7 mercredi C’est un peu monotone, je fais popote avec le commandant et le jeune Carré, quelques parties de bridge avec le 2e

Rançon versée par Guillaume Moreau pour son gendre Guillaume Pihu pendant les troubles : Châtelais 1602

Je suppose qu’en écrivant ces lignes Guillaume Moreau a vieilli et souhaite expliciter les faits en vue de sa succession, car son gendre ne l’a pas remboursé.
Le montant de cette rançon est élevée, et j’ai cru comprendre que ce sont de la Ligue qui l’ont exigée.

Acte des Archives Départementales du Maine-et-Loire, E4275 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Par devant nous Mathurin Grudé notaire royal à Angers, honorable homme Guillaume Moreau sieur de la Villatte demeurant à Chatelays a reconnu que étant pendant les troubles derniers, réfugié au chateau de Bouillé, où était pareillement réfugié son gendre Guillaume Peheu sieur de la Grée, ledit château fut pris par le capitaine Cheneviere et lesdits Moreau et Piheu retenus prisonniers par ledit de Chenevière. Ledit Peheu fut élargi sous sa promesse et parole de se représenter, au moyen de ce que ledit Moreau l’en cautionna.
Lequel Moreau ayant tant fait que par la faveur de ses amis il fut déclaré pour de mauvaise prise par le défunt seigneur de Mercoeur, et par son jugement était mandé audit Chenevière le laisser librement aller et élargir sans payer aucune rançon.
Ce que ayant été signifié audit Chenevière fist réponse qu’il était prêt d’obéir audit jugement pourvu qu’il lui représenta ledit Piheu suivant sa promesse, ou lui paya 400 écus pour la rançon dudit Piheu ; tellement qu’à faute que fit ledit Piheu de se représenter, il fut contraint payer audit Chenevière ladite somme de 400 écus, et pour n’avoir deniers prompts, il eut nécessité de les emprunter de Perrine Leroyer dame de la Fracquetière, à laquelle il doit encore près de 900 livres, sans ce qu’il a emprunté de même pour en payer les intérêts pour l’acquit de ladite somme, il a toujours protesté et proteste se pourvoir contre ledit Piheu, et où il n’en pourrait être payé ou acquité pendant son vivant par ledit Piheu, il veut et entend que ladite somme soit prise sur les biens propres dudit Piheu et sa femme, et non sur les biens de lui ni de Catherine Lemanceau sa femme, attendu que c’est la vérité qu’il n’a payé ladite somme de 400 écus pour sa rançon comme pour celle dudit Piheu, et à faute qu’il fit de se représenter suivant sa promesse, ainsi que ledit Moreau l’a présentement vérifié et déclaré sur la présente reconnaissance et déclaration pour la décharge de sa conscience.
De laquelle déclaration et reconnaissance il nous a requis le garder pour une perpétuelle mémoire que nous lui avons octroyée pour servir et valoir à qui il appartiendra pour ledit Lemanceau et ses enfants absents leurs hoirs etc… fait et passé audit Angers maison de nous notaireen présence de Me René Serezin et Annibal Nepveu praticiens demeurant à Angers témoins

La garnison de Brouage : vente de biens angevins par le lieutenant Viot, 1646

Je poursuis la reprise sous WP des actes que j’avais publiés avant 2008 sous Dotclear :

La semaine dernière, j’ai, comme vous sans doute, découvert les fortifications de toute la Saintonge, comme on ne les voit jamais du sol.

L’été j’aime regarder la Carte aux Trésor, pour les vues splendides qu’elle donne de la France depuis l’hélicoptère. En particulier, Brouage était non seulement merveilleuse vue du ciel, mais passionnante sur le plan historique. Allez voir leur site officiel, il va vous donner envie d’y aller.

Pour tous les hommes en garnison, que ce soit à Brouage ou ailleurs, les affaires concernant leur famille et leurs biens fonciers, étaient un casse-tête dont nous n’avons pas idée, habitués que nous sommes aux échanges monétaires planétaires instantanés (sauf quand je fais un virement ou par miracle j’ai droit à 48 h de délai, durant lesquelles je ne sais où est passé mon argent planétaire…). Bref, autrefois, pas de banques, pas d’informatique, uniquement des notaires rédigeant scrupuleusement les obligations, les ventes, les échanges… encore faut-il se trouver sur place, et nous avons vu des derniers jours nos Angevins se déplacer en Anjou, parfois de plus de 70 km pour une vente. Pour ceux qui étaient en garnison au loin, cela était certes possible, mais au prix de diffultés considérables.

L’acte qui suit, illustre la difficulté : il met en jeu une part d’indivis sur 2 métairies situées à la Prévière (49), mais l’acquéreur est le second époux d’une dame qui a des parts, et dont on n’a pas encore l’autorisation, ce qui signifie au passage que les dames ne vivent pas dans la garnison… La somme ne peut voyager, même avec des pistolets d’arçon le cavalier n’est pas en sureté avec une somme importante, et il faut donc trouver des astuces pas possible de transfert d’argents sur d’autres contrats. Ici, on doit même à cet effet, faire intervenir un autre notaire d’Angers, Gouyn, qui prend toutes les précautions possibles, et elles sont nombreuses. On peut, après lecture, s’imaginer le nombre de cavaliers qui ont par la suite acheminés les contrats en question, enfin, ils ont sans doute utilisée la messagerie (ancienne poste aux chevaux de l’ouest).

On a vraiement du mal à s’imaginer la difficulté de telles transactions de nos jours ! Voici donc le lieutenant Viot en garnison à Brouage, passant à Brouage l’acquêt des parts sur les métairies de la Prévière :

Attention, je passe en retranscription littérale, y compris l’orthographe de l’acte original : Le 5 may 1646, par devant le notaire royal de Sainctonge soubzmettant et les tesmoings bas nommés a esté présent en sa personne Claude Viot escuier de Launay Liardière lieutenant d’une compagnie entretenue pour le service du roy en ceste garnison de Brouage

lequel sur ce que René de Crosnier escuier sieur de la Rocherie son gendre lieutenant d’une compagnie du régiment de monseigneur le duc de Brezé a représanté que par contrat du 22 mars dernier passé par Geay notaire royal tabellion et gardenotte en Saintonge il a acquict de Pierre Davouere escuier sieur de la Montaigne demeurant au bourg de St Servin de Marennes province de Sainctonge la part et portion qui compette et apartient audict sieur de la Montaigne par le déceps de feu Jehan Davouene escuyer Sr de la Montaigne son père des mestayries nobles de Liardière et de la Haye en la paroisse de Lespervière en Enjou (l’Anjou, vue de Brouage à l’époque !), et encor tous et chascungs les droictz qui pourront eschoir audict sieur Davouere des biens et droictz de damoiselle Françoise de Ladvocat sa mère, après son déceps, à présent espouze dudit sieur de Launay,
le tout pour la somme de 1 250 livres que ledit sieur de la Rocherie auroit promis faire payer audit Sr Davouere en la ville de la Rochelle dans un mois du jour dudit contrat par Mr Jehan Gouyn notaire royal Angers en desduction du prix du lieu de Bouchet par luy acquit dudict Crosnier et à luy appartenant de la succession de damoiselle Ollive Dubois sa tante
et aussy sur ce que ledit Sr de la Rocherie représante audit Sr de Launay qu’ayant faict voir la grosse dudict contract audict Gouyn et ycelluy requis voulloir payer ladite somme de 1 250 livres suivant ledit contract, il en auroit faict difficulté sur ce que ladite damoiselle Fransoize de Ladvocat espouze dudict sieur de Launay n’y auroict poinct parlé ny consenty à la vendition pour son fils de ce qu’il luy doibt eschoir desdicts lieux de sa succession et encore sur ce qu’il n’a coignoissance de la véritté dudit contrat et de la part du vandeur esdits lieux au paternel n’est poinct exprimé, requérant ledit Sr de Launay son beau-père pour la sureté dudit Gouyn et affin qu’il puisse payer vallablement et avoir hypothèque spéciale sur les acquests pour la garantie dudit lieu de Bouchet voulloir luy assurer ledit contrat véritable l’a promis pour son regard et le faire approuver par ledite de Ladvocat son épouse et pour en passer acte l’authorizer ensemble pour s’obliger vers ledit Gouyn qu’en payant par luy lesdictes 1 250 livres soit audit sieur Davouere ou audit sieur de la Rocherie pour les luy payer il n’en sera inquiété ne recherché à quoy ledit sieur Delaunay inclinant à la prière et réquisition dudit sieur de la Rocherie son gendre par ces présentes a vollontairement assuré et certiffié le susdit contrat d’acquest fait dudict sieur de la Montaigne bon valable et véritable et que ledit sieur Davouere vendeur estoit fondé desdits lieux du moings pour icelle part de son chef et ladicte Delle Deladvocat son espouze qui auroit donné pouvoir et consentement audit sieur Davouere filz de ladicte damoiselle Deladvocat de disposer et faire vendition audict sieur de la Rocherie de ce qui pouroit eschoir cy apprès desdictz lieux audict sieur de la Montaigne et pour ainsy le recoignaoistre par ladicte Deladvocat et partant agréé et approuvé ledit contrat et en passer acte en icelle forme qu’elle vesra ensemble pour faire pareilles ou autres assertions et promesses audict Gouyn ledict sieur l’a par ces présentes authorizée mesme pour s’obliger vers ledit Gouyn en quas qu’elle veuille ce faire ou tels autres actes qu’elle verra pour l’effect du contrat dudit Gouyn ou autre nouveau contrat et à l’entretien de ce a ledit Sr Delaunay obligé tous ses biens présents et advenir
fait et passé à Brouage maison dudit sieur Delaunay le 14 avril 1646. (AD49, série 5E5 Nicolas Leconte Notaire royal Angers)

Si Jehan Davouère se sépare de ses biens Angevins, c’est qu’il réside définitivement ailleurs qu’en Anjou

d’Avoir, famille originaire d’Anjou, Sr dudit lieu paroisse de Longué, de Châteaufremont paroisse de St Erblon, de la Turmellère paroisse de Château-Thébaud. « De gueules à la croix ancrée d’or » (Potier de Courcy, Armorial de Bretagne)
Pierre d’Avoir prenait les titres, en 1368, de « sire de Château-Fromond et de Verez (probablement Vair), chambellan de très hauz et excellans princes l’Empereur de Rome, le Roi de France nostre sire et de monseigneur Louys, fils du roi de France ». Sa charge lui vallait 2 000 livres sur le trésor, somme depuis réduite de moitié. Il se maintint toujours fors avancé dans la faveur de Louis 1er, duc d’Anjou. En juillet 1363, à Boulogne-sur-Mer, le prince « considérant ses bons et beaux services et les très grans paines et travaulx que il a prins par plusieurs foys et en maints manyères pour nous, dit-il, et en la persécution de nostre délivrance d’Angleterre, dont nous nous rapportons pour grandement tenuz à luy », le gratifia de tous les biens de Jean de la Haie, d’Echemiré, et du sieur de la Prezaie, à Jarzé, qui avait fait alliance avec l’ennemi. Avoir, quelques années plus tard, en fit dont à l’Hôtel-Dieu d’Angers. Quant le duc partit pour l’Italie, en quttant son favori à Avignon, le 29 mai 1382, il ordonna à Etienne Langlois, son trésorier, de lui payer 100 marcs d’or et 1 000 marcs d’argent, avec quittance générale de tous ses maniements de finances. Le duc lui laissait de plus la principale autorité dans ses pays de France, lui enjoignant de se qualifier lieutenant général de Mgr le Duc et de Mme la Duchesse, titres dont il cumulait les gages avec ceux de sénéchal et de châtelain d’Angers. Aussi, à la mort de son protecteur, pendant que les évêques de Chartes et d’Angers, les seigneurs et les prélats réunis autour de la duchesse, la consolaient de leur mieu, Pierre d’Avoir pleurait « comme une commère, très nicement, sans dire mot de réconfort » (16 novembre 1384). Il prévint la disgrâce prochaine en résignant immédiatement non seulement les diverses charges qu’il occupait, mais aussi les rentes et pensions qu’il tenait de son maître, prit congé, le lendemain même, de la duchesse, avec le duc de Berry, qu’il mena dîner en sa maison d’Avrillé, près Beaufort, et demeura dans ses terres jusqu’à sa mort (février 1690). Il fut enterré à Saint Maurice, dans la chapelle des évêques, auprès de Hardouin de Bueil, son oncle. En lui s’éteignit la maison d’Avoir. Parmi les seigneuries qu’il possédait en Anjou était Erigné. Ses armes s’y voient encore à la clef de voûte de la chapelle du transept gauche de l’église. Tous ses biens passèrent aux enfants d’Anne d’Avoir, femme de Jean de Bueil, dont la maison écartela dès lors son blason des armes d’Avoir De gueules à la croix ancrée d’or. (C. Port, Dict. Hist. de l’Anjou)
le marquisat de Châteaufremont (Saint-Herblon, 44) appartenait à Mr de Cornullier fin 19e siècle. Toute trace du château a aujourd’hui disparu.
Dernière minute : le lendemain matin de ce billet, en ouvrant Internet, je découvre que l’UNESCO vient de classer 12 sites de Vauban au patrimoine de l’humanité.

Odile Halbert – Lorsque vous mettez mes travaux sur un autre site ou base de données, vous enrichissez leurs propriétaires en leur donnant toujours plus de valeur marchande dans mon dos

Livraison au maire d’Angers de poudre à canon défectueuse, car les barrils ont été défoncés : Paris et Angers 1588

EN CETTE PERIODE ESTIVALE, JE VOUS PROPOSE DEPUIS QUELQUES JOURS DES ACTES ANGEVINS TRAITANT DE PERSONNAGES HORS ANJOU
UN PEU DE VOYAGE EN QUELQUE SORTE
MAIS A L’EPOQUE DES 16 ET 17èmes siècles

Naturellement, comme l’immense majorité des transports de marchandises avant le train, la poudre à canon arrive par bateau. Mais manifestement le voiturier par eau n’a pas pu surveiller tout le temps les barrils, et ils ont été défoncés et la poudre est altérée.
Ici, le maire d’Angers, qui avait passé la commande à un marchand de Paris, est mis en demeure de payer la livraison, mais vient constater le défaut de qualité, et refuse de payer, mais réclame de la poudre à canon conforme à sa commance;
Nous sommes à cette époque, en pleine guerre de religion, et le maire d’Angers entretien une troupe et est chef militaire.

Je suis désolée de ce voyage sous forme militaire, j’avais classé cet acte sous les nom de Paris, et je découvre en fait le sujet véritable qui est purement militaire. Mais tout de même, la poudre à canon voyageait curieusement sans protection, et ceci me rapelle, des années plus tard l’explosion d’une des tours du château de Nantes, qui contenait en pleine ville le stock de poudre à canon.

SI vous lisez attentivement cet acte, vous allez découvrir que la livraison ne comportait pas que de la poudre à canon, mais aussi de la quincaillerie. La quincaillerie a toujours fabriqué, outre des objets purement ménagers, des articles servant aux militaires en campagne, à commencer par le broc pour aller à l’eau pour les troupes etc…

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E1 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 13 janvier 1588 après midy, par davant nous François Revers notaire royal Angers et des tesmoings cy après nommés honneste homme Pierre Duchasteau bourgeois de Paris et y demeurant au nom et comme procureur de sire Alexandre Guillemot marchand bourgeois en ladite ville de Paris comme présentement il a fait aparoir par procuration soubz la cour du chastelet de Paris le jeudi 10 décembre 1587 par Jacques Favery et Arthus Levasseur notaires dudit chastelet et cellé de cire verte laquelle est demeurée es mains dudit Duchasteau, lequel a sommé prié et requis noble homme Jehan Richard sieur du Boistravers maire et capitaine de ceste ville d’Angers à ce qu’il ait à payer audit Duchasteau audit nom la somme à quoy se trouvera monter la valeur des pouldres à canon à luy cy davant envoyées par ledit Guillemot et que ledit Richard a entre sers mains ou aultrement en disposer comme bon luy semblera, et defrayer ledit Duchasteau audit nom comme il a dit avoir fait dès le jour de lundy dernier d’assister à faire la pesée desdites pouldres pour ce fait recepvoir dudit sieur maire les deniers à quoy se trouvra monter la valleur desdites pouldres, offrant bailler par ledit Duchasteau audit nom audit maire acquit et quittance de la réception desdits deniers bonne et vallable suivant le pouvoir à luy donné par sadite procuration, aultrement et à faulte que fera ledit sieur du Boistravers d’obeyr à ce faire a ledit Duchasteau auditnom protesté et proteste contre ledit sieur maire de tous despends dommages et intérests, et de son séjour et retardement, ledit sieur maire a respondu qu’il n’a point veu et n’a entre ses mains aulcune pouldre à canon appartenant audit Guillemot bien est vrai que le 7 janvier le sieur Jehan Jolliver marchand en ceste ville luy dist qu’il y avoit sur le port de ceste ville 5 barils de pouldre et ung de quincaillerie que ung nomme Guillaume Lemaistre de Paris luy avoit escompté, pour recepvoir lesquelles barricques ledit Jollivet fist servir en ung celier lequel est en la maison et hostellerie de la ville d’Angers, que si desdites barricques y a de la poudre à canon et que le ledit … de ladite ville baille et livres pour ledit Guillemot qu’il est prest d’en recepvoir jusques au nombre de 3 milliers et la luy payer suivant le marché fait entre ledit maire et Guillemot passé par devant Quetin notaire royal audit Angers le 13 octobre dernier passé pourveu que ladite pouldre soit de la bonne qualité et pareille à l’eschantillon qui est en dépost et mains dudit Jollivet, lequel Duchasteau a prié et requis ledit sieur Richard vouloir se transporter avec luy au lieu où est ladite poudre afin de la vérifier ce que ledit sieur Richard auroit accordé et estant audit lieu auroit trouvé lesdits 5 tonneaulx et ung petit tonneau de quincaillerie, que ledit Duchasteau a … au merc apposé en la … desdits tonneaulx auroyt esté défoncés et en iceulx … la pouldre … , laquelle ledit Richard a dit et soustenu n’estre de la bonne qualité et pareille à l’échantillon qui a esté desposé entre les mains dudit Jollivet et qu’il ne la peut recepvoir, et lequelle sieur maire a requis et sommé ledit Duchasteau audit nom de se faire délivrer de ladite pouldre … ne s’en voullant charger n’estant en … pour le dommaige du … et intérests que ledit Guillemot de tous despens dommaiges et intérests pour n’avoir satisfait au contenu dudit marché, lequel Duchasteau audit nom a protesté et proteste que la response dudit sieur maire ne luy pourra nuyre ne préjudicier en quelque manière que ce soit, et lequel sieur maire a protesté comme dessus, et néanmoings ledit Duchasteau a prié et requis ledit sieur maire souffrir que la pouldre au lieu où elle est audit lieu de seureté par ce qu’il n’est du pays et jusques à ce qu’il ait adverty ledit Guillemot du contenu en la présente sommation, dont de tout ce que dessus auxdites parties esdits nome ce requérant avons décerné le présent acte pour leur servir et valoir … ce que de raison, fait Angers en présence de Loys Allain et Jacques Garsanlan demeurant audit Angers tesmoings

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Louis d’Appelvoisin, empêché par les guerres, d’aller offrir la foi et hommage au comte de Durtal, 1590

Il est vrai qu’il demeure loin, près de Loudun.
Je le suppose protestant comme Samuel d’Appelvoisin que j’ai étudié dans mon ouvrage « L’Allée de la Hée des Hiret ».

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E1 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 2 juillet 1590 avant midy en la cour du roy notre sire à Angers par devant nous François Revers notaire d’icelle personnellement estably noble homme frère Loys d’Appelvoisin commandeur de Meurolles membre dépendant du Temple d’Angers demeurant à présent au Presouer près Loudun estant de présent logé ès faulxbourgs de Bressigné lez Angers lequel deuement soubzmis luy ses successeurs biens et choses présents et advenir dépendant dudit Temple confesse avoir aujourd’hui fait nommé et constitué ses procureurs (blanc) chacun d’eulx seul et pour le etout auxquels et chacun d’eulx ledit constituant a donné pouvoir de plaider opposer appeller eslire domicile et par especial de comparoir par davant monsieur le sénéchal du comté de Durestal ou seigneur du fief qui fut de Tesnières et illec faire et jurer la foy et hommage telle que ledit constituant doibt et est etnu faire audit seigneur marquis et comte dudit Durestal à cause dudit fief de Tesnières pour raison du fief et seigneurie de la Grugerie sis et situé en la paroisse de Seiches dépendant dudit lieu de Mevrolles, faire les serments de fidélité en tel cas requis et accoustumés, gager le rachapt deu pour raison dudit fief à nuance du seigneur et de ladite jurande en demander et requérir acte, oultre bailler et fournir l’adveu et desnombrement des subjects services et debvoirs qui luy sont deubz à cause dudit fief et seigneurie de la Grugerie, davantaite dire et déclarer par davant ledit sénéchal que si n’eust esté l’occasion des guerres qui sont à présent en ce pays et par tout ce royaulme luy mesmes fust allé faire et offrir ladite foy et hommage et que à l’occasion desdites guerres et des gendarmes qui sont au pays il ne peult et luy est impossible d’aller par le pays comme il est tant manifeste et cogneu affin qu’il ne soit imputé audit constituant qu’il ne voulut luy mesmes faire ladite foy et hommaige suivant la coustume du pays d’Anjou et généralement en tout ce que dessus faire et prendre pour et au nom dudit constituant tout ce que procureurs deuement fondés doibvent et sont tenus faire ce que faire pourroit si en sa personne y estoit jaczoit qu’il y soit chose qui requiert mandement plus spécial promettant etc renonçant etc foy jugement condemnation etc fait et passé esdits faulxbourgs en la maison et hostellerie ou pend pour enseigne la Croix Verte présents Christofle Ernoul sergent royal et Thomas Lesourt Me roustisseur demeurant esdits faulxbourgs tesmoings

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