Jeanne Bobe avait une magnifique signature, Provins 1587

Introduction

Je suis depuis 8 semaines en admiration sur les innombrables signatures de femmes au 16ème siècle à Provins. Mais en voici une encore plus admirable car elle a ajouté une floriture et même assez extraordinaire

Mes ascendants FAUCHON étaient apothicaires de 1554 à 1668 dans la maison touchant l’Hôtel-Dieu de Provins.

Extraordinaire signature de Jeanne Bobe

Il y a 4 paroisses à Provins : Sainte Croix, Saint Pierre, Saint Quiriace et Saint Ayoul. Ici nous sommes à Sainte Croix en 1587. Les actes sont assez souvent difficilement lisibles, ainsi le prénom « Jeanne » semble curieux dans la rédaction du prêtre. Elle semble « femme d’Alexandre Legrand » et je ne la trouve pas dans les relevés du Cercle Généalogique de la Brie, pas plus que sur Geneanet et Roglo. Pourtant quelle magnifique signature :

à tout bien pensé, après relecture, je pense que la floriture après la signature de Jehanne Bobe n’est pas d’elle, mais du prêtre tout content d’arriver au bas de sa page et d’y porter sa marque !

Sydrac, un prénom rarissime

Introduction

Je descends de Sydrac FAUCHON °Provins St Pierre (77) 6 novembre 1557 x /1583 Elisabeth/Isabelle LECOURT
Ce prénom, rarissime, n’est pas celui d’un saint[1], mais d’un nom de l’ancien testament qui mérite la sainteté.

Voir mon étude de la famille FAUCHON de Provins (77)

[1] Même le « Dictionnaire hagiographique, ou Vie des saints et des bienheureux honorés en tout temps et en tous lieux depuis la naissance du christianisme jusqu’à nos jours avec un Supplément pour les saints personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament et des divers ages de l’Eglise…. par M. l’abbé Pétin… 1850 » ne donne aucun Sidrac ou Sydrac.

Ce prénom rare me rappelle mon enfance, je vous confie pourquoi.

Histoire de Sidrac

Sydrac fut l’un de ces 4 jeunes brûlés vifs pour avoir refusé d’adorer la statue d’or que Nabucodonosor avait fait ériger.
Leur histoire est mal exprimée sur Internet, et il convient de préférer la lecture de l’ancien testament, qui est bien plus clair surtout sur le site d’AELF. Voici les principales lignes concernant Sidrac :

  • LIVRE DE DANIEL
  • La troisième année du règne de Joakim, roi de Juda, Nabucodonosor, roi de Babylone, arriva devant Jérusalem et l’assiégea.
  • … Le roi ordonna à Ashpénaz, chef de ses eunuques, de faire venir quelques jeunes Israélites de race royale ou de famille noble.
  • … Parmi eux se trouvaient Daniel, Ananias, Misaël et Azarias, qui étaient de la tribu de Juda.
  • … Le chef des eunuques leur imposa des noms : à Daniel celui de Beltassar, à Ananias celui de Sidrac, à Misaël celui de Misac, et à Azarias celui d’Abdénago.
  • … Et ces trois hommes, Sidrac, Misac et Abdénago, tombèrent, ligotés, au milieu de la fournaise de feu ardent.
  • … Or ils marchaient au milieu des flammes, ils louaient Dieu et bénissaient le Seigneur.

Beaucoup ont écrit, entre autres Voltaire[1] et Jean-Paul II, le 14 mai 2003 – Cantique d’Azarias dans la fournaise

Lorsque j’étais une toute petite fille, à l’école religieuse de St Jacques, on nous avait raconté ce passage de l’ancien testament, et j’avais été profondément marquée à l’idée de ces jeunes morts en chantant dans la fournaise ! Aujourd’hui, à 86 ans, je prie chaque jour pour tous les martyrs quotidiens actuels toujours nombreux et je les admire.

[1] Œuvres complètes de Voltaire, Garnier, 1880, tome 30 (p. 261-264).

Provins Saint Ayoul (77), paroisse non dépouillée alors je tente 1607-1625, et j’appelle à me rejoindre, à l’aide

Introduction

J’ai pu remonter il y quelques semaines les ascendants de Louise-Catherine FAUCHON, mon ancêtre, grâce au contrat de mariage à Paris en novembre 1692. J’ai ainsi pu faire son ascendance à Provins dont elle est native.

difficiles recherches à Provins

Je découvre, stupéfaite, des archives en ligne sans répertoire, sans nom de paroisse alors que Provins en compte 4, sans haut de page du microfilm numérisé donc lecture totale impossible, et sans relevé de 2 paroisses Saint Quiriace et Saint Ayoul, et après 4 semaines en ligne avec persévérance, j’ai pu remonter mes FAUCHON et décrouvrir à Saint Ayoul, non relevé, le nombre incroyable de femmes qui signent, et la diversité des prénoms, alors ces femmes méritent une mémoire et je tente ce dépouillement, très, très difficile.

ascendance de Louise-Catherine Fauchon

15-Claude Fauchon apothicaire à Provins St Pierre en 1557
14-Sydrac Fauchon x /1583 Elisabeth Lecourt
13-Antoine Fauchon apothicaire à Provins St Ayoul x /1612 Anne Guichard
12-Louis Fauchon x Provins 1637 Louise Charpentier
11-Louise-Catherine Faulchon x Paris 10 décembre 1692 René Audineau arquebusier à Chemillé (49)
9-Etienne Audineau x Clisson Notre Dame 24 novembre 1717 Jeanne Dutemple
8-Etienne Audineau x Clisson Notre-Dame 28 janvier 1744 Jacquette Boisseau
7-Bruno Audineau x Maisdon-sur-Sèvre 14 novembre 1768 Jeanne Leroy
6-François Audineau x Clisson 8 juin 1817 Elisabeth Mechinaud
5-Charles Audineau x Clisson 12 octobre 1851 Augustine Rousselot
4-Charles Audineau x Segré (49) 22 novembre 1881 Aimée Guillot
3-Aimée Audineau x Nantes 1908 Edouard Guillouard
2-mes parents
1-moi

Etude complete de mes FAUCHON

Etude de ma famille FAUCHON

L’importante ardoise à la boulangerie Audineau, Clisson 1851

Introduction

L’ardoise était autrefois le paiement différé, soit à la semaine, soit au mois chez les commerçants. Il était très pratiqué. Les grandes surfaces l’ont supprimé et on y paye comptant. Mais je me souviens de ma jeunesse, aînée de 6, je me levais chaque matin une demie heure avant les autres et j’allais à l’épicerie proche que le laitier et le boulanger livraient chaque matin aux aurores, et je rapportais le bidon de 5 l de lait plein, et le pain de 4 livres. Je ne payais pas, mais l’épicière tenait un cahier où elle notait, et chaque semaine maman allait à l’épicerie régler la semaine. C’était la même chose chez le boucher etc… Cela évitait aussi au commerçant de perdre un temps fou avec les petites pièces à chaque paiement, et cela n’était pas considéré comme du crédit, c’était tout bonnement la façon de faire, bien sûr pour tous les clients habituels. Il paraît qu’elle existe encore un peu… mais certainement devenue extrêmement rare ! Je pense même que la majorité des Français d’aujourd’hui ignorent l’existence de cette pratique d’autrefois.
L’ardoise tient son nom de ce qu’autrefois, c’est sur une ardoise qu’on notait les sommes dues.

l’ardoise à la boulangerie Audineau en 1851

En 1851, au décès de François Audineau, boulanger porte Palzaise à Clisson, l’inventaire après décès est dressé. Le mobilier, linge, et tous les ustenciles de la boulangerie se montent à 6 941,5 F
Et dans les passifs, l’ardoise de la boulangerie se monte à 3 066 F ce qui est énorme, et pourtant il y a dans l’actif des pièces de monnaie de billon pour 74 F, ce qui montre que certains payaient comptant leur pain avec des petites pièces de monnaie. La monnaie de billon a existé jusqu’au milieu du 19ème siècle, précisément donc du temps de la boulangerie Audineau. Le billon était le métal utilisé pour ces pièces de monnaie, et il était composé de cuivre, zinc et argent. On l’a surtout remplacé par un métal moins couteux, car l’argent qui entrait dans ces pièces de monnaie devait être remplacé par autre métal moins onéreux.
Donc, à la boulangerie Audineau, beaucoup de clients avaient une ardoise certainement élevée et plus que celle d’une semaine !

Le perce-vin de François Audineau, boulanger à Clisson, selon son inventaire après décès en 1851

Introduction

Quand j’ai commencé à travailler en 1960 c’était loin de Nantes, à Bagneaux-sur-Loing, en Seine-et-Marne. Chimiste au labo avec 2 autres collègues, nous avions une femme de ménage polonaise, parlant un peu notre langue française. Quelques semaines après mon arrivée, je suis brusquement appelée au bureau du directeur dirigeant les labos chimiques et techniques et les recherches. Bref, pour une débutante, un entretien impressionnant.
A peine entrée, je reçois une réprimande claire :
« Veuillez parler Français à la femme de ménage ! »
mais que j’étais totalement incapable de comprendre. Et je ressors en bredouillant un grand OUI et en m’excusant sans comprendre ce qui se passait. Ce n’est que plus tard, en demandant aux 2 collègues au vestiaire, que j’ai su que la veille j’avais demandé à la femme de ménage quelque chose d’inconnu en Français, j’avais demandé le ramasse-bourriers. Et non seulement elle ne me l’avait pas donné, mais elle avait été se plaindre.
C’est ainsi que je découvris, ce qu’on ne m’avait jamais dit durant mes études, c’est que la langue Française avait parfois des termes locaux et non officiels désormais, et que le ramasse-bourrier s’appelait la pelle à ordures en Français. Je n’ai jamais oublié le ramasse-bourrier, mais rassurez vous, ce fut l’unique réprimande que j’ai reçue tout au long de ma carrière. Et depuis que je suis en retraite, j’ai pas moins de 5 ouvrages de patois locaux, que j’utilise souvent dans mes recherches surtout dans les inventaires après décès.

Me Michelon, notaire à Clisson en 1851, connaissait le perce-vin

En fait, Me Michelon était comme moi avec mon ramasse-bourrier à Bagneaux-sur-Loing en 1960, car lui, en 1851 connaît le perce-vin, terme qui est tellement local que même Georges Vivant dans son remarquable ouvrage « N’en v’la t’i’ des rapiamus – patois du pays nantais » ne le connaît pas.
Le perce-vin est à côté des bouteilles de vin au cellier. Il semble selon d’autres ouvrages que la perce soit une vrille, et je suppose donc que c’est le tire-bouchon qui est là auprès des bouteilles.
Et rassurez vous, je ne réprimande pas Me Michelon et suis très heureuse de le comprendre, suite à mon expérience du ramasse-bourrier, qui m’a fait grandir en langage local. Et comme Me Michelon était notaire à Clisson, pays de gros plant et de muscadet, il a certainement souvent vu lors des inventaires qu’il dressait un perce-vin près des bouteilles…
Ce perce-vin était à François Audineau, mon ancêtre, décédé en 1851 et dont ma famille possède l’inventaire après décès, que je suis occupée à vous frapper pour le mettre en ligne, tant il est caractéristique de son époque.
Alors, à bientôt, dans la boulangerie de la Porte Palzaise à Clisson en 1851 !
Odile

 

Marcel Boubinet, artiste peintre, 68 rue Saint Jacques, Nantes 1918

Introduction

J’ai hérité d’un tableau du pont de Pirmil, qui était autrefois au 60 rue Saint Jacques à Nantes, chez ma grand mère Aimée Audineau veuve d’Edouard Guillouard.

Le tableau porte la signature de Marcel Boubinet. Il n’y a rien sur ce peintre sur le Web, aussi j’ai fait son étude, et je suis stupéfaite de découvrir qu’il était voisin de mes grands parents !!!

la signature est celle de Marcel Boubinet

Il n’est pas étudié sur le WEB, où l’on trouve cependant trace d’autres tableaux de Nantes, et du Pont de Pirmil. En voici la reproduction :

Le pont de Pirmil a souvent été peint à Nantes

Marcel Boubinet, peintre et décorateur, 68 rue St Jacques

Marcel Boubinet, de son vrai nom, Marcel Louis Boubinet, est né à Nantes 4°C le 15 octobre 1881, fils de François Marie Boubinet, corroyeur, 42 ans, demeurant rue Arche Grande Biesse, et Joséphine Louise Bouteau, tailleuse, 32 ans. Son grand-père, Pierre François Bouteau, chaudronnier, 52 ans, demeurant rue Bias, et son oncle Louis Boubinet, chapelier, 44 ans, demeurant rue du Vieil Hôpital, sont présents à sa naissance.
En 1900, c’est le conseil de révision et le service militaire. Il est peintre décorateur. Incorporé en 1914, il est blessé en 1915 et renvoyé dans ses foyers le 3 février 1916.
Le 2 septembre 1918 il demeure au 68 rue Saint Jacques et épouse Marie Henriette Bouchaud née à Doulon le 15 juin 1894, qui lui donnera un fils, René Marcel Lucien BOUBINET, né le 19 mai 1921 et décédé le 19 mars 1990 à Saint Herblain (44)
Le 68 rue St Jacques à Nantes, au centre photo ci-dessus, avec les beaux balcons, fut la maison de la pharmacie Vincent, du temps de mon enfance. Elle a 3 étages, et le recensement de 1921 donne bien Marcel Boubinet, sa femme et sa mère, probablement locataires au 2ème étage, car la 1er est occcupé par le pharmacien. Enfin, au dessus de Boubinet, il y a 2 chambres, occupées par des femmes seules. La vue ci-dessous est celle du recensement de 1921 série des Archives Municipales.

Ainsi, ce jour, je découvre que mon grand-père avait acheté le tableau à son voisin. Mais je suppose que Marcel Boubinet ne vivait pas de son art, mais comme décorateur, et s’il existe quelques tableaux de lui, c’est qu’il a aussi aimé peindre des toiles, et la Loire est présente, car si proche de lui. Dommage que cet artiste soit oublié, et je tiens ici à lui rendre hommage.