Contrat de mariage d’Antoine Leseure et Antoinette Leseure, Saint-Hilliers (77) 1503

Introduction

Les futurs portent le même nom, mais je pense avoir bien lu, et j’ai un cas dans mes propres ascendants en Anjou, avec 4 fois le même patronyme, car les parents aux aussi portaient tous le même patronyme. Il s’agit des JALLOT pour lesquels j’ai fait ensuite tant de recherches et elles m’ont permis de conclure qu’il n’y avait aucun cousinage, uniquement une foule de porteurs de branches très anciennes du même patronyme.

un don qui n’en est pas un 

Le don était alors parfois assez curieux, puisqu’il s’agissait seulement d’un transfert de propriété à la charge de la rente perpétuelle !!! Donc un don pas si gracieux que cela !!! comme vous allez vous-même pouvoir le constater en lisant l’acte…

Contrat de mariage à Saint-Hilliers (77) 1503

 

AD77-1056E586 Louis Dechoisy notaire à Provins – vue prise par le CGHSM de Melun, avec son aimable autorisation

1503.08.26 vue 3429 – Yvonnet Leseure demourant à Saingny paroisse de Sainct Ylier recognut de sa bonne volonté en faveur du mariage qui au plaisir de Dieu sera fait en face de Saincte église entre Anthoine Leseurre demourant à Ruppereux et Anthoinette fille dudit Yvonnet Leseurre sa fiensée au cas que ledit mariage soit consommé avoir donné ceddé transporté et délaissé et par ces présentes donné ceddé délaissé en pur don irrévocable et promis garantir etc auxdits Antoine Leseurre ad ce présent et acceptant et à ladite Anthoinette sa femme future ung arpent de terre en deux pièces l’une contenant demy arpent assise au perier aux garses au finage dudit Sainguy tenant d’un costé aux hoirs Tricost d’autre costé audit Yvonnet et à Jehan Banyer aboutissant d’un bout au chemin du roy, et l’autre pièce contenant demy arpent assise au moulin à vent dudit Sainguy tenant d’un costé à plusieurs tournailles d’autre costé audit Yvonnet et à ses enfants aboutissant d’un bout sur le chemin dudit moulin à vent, pour de ce que dit est jouir user et posséder par lesdits mariés leurs hoirs etc doresnavant à tousjours perpétellement et en faire et disposer à leur plaisir et voulonté à la charge de 3 deniers tz de cens le jour Saint Rémy envers le seigneur dudit Sainguy et 2 bechets et demy de bled froment de rente annuelle et perpétuelle paiable chacun an le jour saint Martin diver envers Denis Gaultier dit Lepud marchant demourant à Provins pour toutes charges, lesquels cens et rente ledit Leseurre et sa femme seront tenus paier et acquiter à tousjours et en rendre quicte et indempne ledit recognaissant et ses hoirs ; ce pur don et transport ainsi fait comme dit est en faveur et contemplation dudit mariage et afin que les mariés aient mieulx de quoy eulx entretenir au temps advenir …

Martine, veuve d’un laboureur, se remarie en donnant ses biens en viager à son futur, Provins 1503

Introduction

Dans les nombreux contrats de mariages que j’ai dépouillés en Anjou, j’ai toujours vu le futur léguant à la future le douaire en cas de prédécès, mais jamais l’inverse. Depuis peu de temps, je dépouille des notaires de Provins, et j’observe avec un très grand étonnement, exactement l’inverse, à savoir des femmes qui lèguent à leur futur leurs biens en viager. Je savais que la France était divisée en Provinces qui possédaient chacune leur propre droit coutumier mais j’ignorais que ces droits coutumiers pouvaient être si différents… Ainsi en Brie, les femmes tenaient probablement plus de place qu’en Anjou ? Mesdames/messieurs qui étudiaient l’histoire, merci d’approfondir à travers les actes notariés … car le sujet le mérite …

les biens des laboureurs dans la Brie

Depuis que je dépouille les notaires de Provins, j’observe un autre phénomène totalement différent de l’Anjou, à savoir les laboureurs, vignerons, manouvriers possédaient tous quelques terres et maisons, alors qu’en Anjou ils étaient tous loueur de leur closerie ou métairie avec un bail à court terme renouvelable, et possédaient très peu de biens fonciers. Là encore, la différence est considérable entre la Brie et l’Anjou… et mériterait des thèses d’histoire à travers les archives notariales, car j’ignorais qu’il y avait tant de différences sociales en France avant la Révolution.

contrat de mariage de Martine, Provins 1503

Le notaire est à Provins, mais Martine et son futur demeurent à Léchelle, paroisse qui relevait de Provins.

AD77-1056E586 Louis Dechoisy notaire à Provins – vue prise par le CGHSM de Melun, avec son aimable autorisation

1503.06.17 vue 3403 – Fut présente en sa personne Martine veufve de feu Guiot Chane en son vivant laboureur demeurant à Pigy paroisse de Lechelles sur ce bien advisée et conseillée comme elle disoit pour son proufit faire recognut et confessa en faveur et contemplation du mariage qui au plaisir de Dieu sera fait et consommé cy après entre ladite Martine et Jehan Lelong laboureur demourant à Chanetron paroisse de Saint Martin et pour la bonne amour qu’elle a et se dit avoir audit Jehan Lelong son mary futur afin qu’il ait mieulx de quoy soy entretenir cy après, elle a donné ceddé transporté et délaissé à sondit mary futur ad ce présent et acceptant au cas que ledit mariage eu tlieu et qu’il sortisse efect la moictié de tous les héritages rente et possessions immeubles que ladite Martine a et dont elle jouist et possède à présent quelque part qu’ils soient situés et assis pour en jouir et posséder par ledit acceptant après le trespas de ladite Martine s’il la survit pendant et durant la vie dudit Lelong tant seulement moyennant que ledit Jehan Lelong sera tenu et a promis de paier et acquicter la moictié des charges que doibvent lesdits héritages durant sadite vie et les soustenir et entretenir suffisamment et après le décès dudit Lelong retourneront aux héritiers d’icelle Martine ..

Une robe noire et une robe rouge, un lit, une rente : contrat de mariage de Nicolas Girard et Jeanne Guerin, Provins 1503

Introduction

J’ai retranscrit tant de contrats de mariage que je peux vous signaler celui qui suit comme rarissime, car il stipule non seulement les robes et autres vêtements et linge, mais il donne le prix de chacun. Je n’avais à ce jour vu le prix de chaque linge que dans les inventaires après décès.
Ainsi on sait qu’un robe vaut plus qu’un lit, alors je suppose que c’est une « robe du dimanche » comme c’était le cas dans mon enfance, on avait un plus beau vêtement le dimanche ! Par contre, je n’ai pas vu de mouchoirs… et je suppose que les couvrechefs sont pour la nuit, car il semble qu’autrefois on se couvrait la tête au lit !

contrat de mariage Girard Guerin, Provins 1503

AD77-1056E586 Louis Dechoisy notaire à Provins – vue prise par le CGHSM de Melun, avec son aimable autorisation

1503.05.08 vue 3365 – Furent présents en leurs personnes Jehan Girard sirurgien et Jehanne sa femme de luy auctorisée etc demourans à Provins d’une part, et Nicolas Girard fils de feu Jehan Girard cordonnier usant et jouissant de ses droits comme il disoit auctorisé suffisamment en ceste partie en tant que mestier seroit par messire Anthoine Girard prêtre prieur des Chaises son frère ad ce présent et Jehanne fiencée dudit Nicolas Girard fille de feu Pierre Guerin et de Michelotte jadis sa femme à présent veufve de luy aussi auctorisée quant ad ce faire suffisamment par Denisot Boubal son curateur ordonné par justice présent d’autre part, lesquelles parties chacun en son regard ont fait et font les paction traités de convention et choses qui s’ensuivent, c’est à savoir que lesdits Jehan Girard sirurgien et Jehanne sa femme ayeule de ladite Jehanne fiencée ont donné cédé transporté et délaissé en pur don irrévocable dès maintenant à tousjours sans rappel auxdits Nicolas Girard et Jehanne sa femme future en faveur et augmenation du mariage qui au plaisir de Dieu sera ce jourd’huy fait et solempnisé en face de saincte église entre lesdites Nicolas et Jehanne, et pour la bonne amour naturelle que lesdits Girard sirurgien et sa femme ont auxdits Nicolas et sa femme et afin qu’ils aient mieulx de quoy entretenir leur estat à temps advenir pour eulx leurs hoirs et aians cause c’est à savoir trois septiers de bled froment de rente annuelle et perpétuelle bon grain loyal et marchant mesure de Provins et rendu audit Provins es greniers desdits mariés que lesdits Jehan Girard et sa femme ont droit de prendre et percevoir chacun en au terme sainct Martin diver de leur acquest sur Colin Clément laboureur demourant à Cormeron paroisse de Lechelle à cause de la prinse faite dudit Jehan Girard par Mathurin Prevost et Guillaume Oiseuz de certains héritaes assis au finage dudit Lechelles déclarés es lettres de ladite prinse faictes et passées soubz ce mesme scel, recours à icelles, et parmy lesquelles ces présentes seront annexées, leur ceddant tout droit nom raison exécution et propriété qu’ils ont de ladite rente, et oultre leur ont baillé et délivré les biens meubles qui s’ensuivent, c’est à savoir une robe noire fourrée de gris vallant 12 livres 10 sols, une robe rouge (f°2) doublée d’ostadine vallant 110 sols, ung cotillon rouge 65 sols, deux chapperons de 70 sols, ung lit garny de coette et coussin vallant 6 livres, une couverture rouge vallant aussi 6 livres, trois custodes et ung siel vallant 100 sols, douze draps de lit vallant 6 livres, 6 nappes 40 sols, 6 couvrechefs et 12 serviettes de 40 sols, ung coffre avec la serrure de 60 sols, avecques lesquels biens ont esté payés et baillés contens en présence dudit juré auxdits Nicolas Girard et sa femme la somme de 50 livres tz dont ils se sont tenus à contens et en ont quicté et quictent lesdits Jehan Girard et sa femme …

Contrat de mariage de Noël Branchu et Anthoinette Dupas, Provins 1503

Introduction

Voici enfin un contrat de mariage qui contient la mention d’une dot, et même une dot aisée car 250 livres en 1503 c’est beaucoup et signe de la bourgeoisie aisée. On trouve dans ce contrat une mention remarquable qui nous dit clairement que le futur est moins aisé que la future qu’il juge plus opulante que lui, et le terme « opulante » est de lui. Mais si j’analyse bien ce prétendu don du futur à sa future en cas de décès de lui, c’est uniquement qu’il lui restitue alors sa dot, car la somme est identique à ce que la future reçoit de sa mère en mariage. C’est effarant de lire de telles choses, on a l’impression que les femmes ne comptaient vraiement pas pour grand chose…

Contrat de mariage Branchu Dupas 1503

 

AD77-1056E586 Dechoisy notaire à Provins – vue prise par le CGHSM de Melun, avec son aimable autorisation

1503.02.26 n.s. (1502) vue 3277 – Furent présents en leurs personnes Jehan Branchu dit Format marchant demourant à Provins et Noel Branchu son fils auctorisé suffisamment de sondit père etc lequels recognurent et confesserent qu’en faveur du mariage qui au plaisir de Dieu sera fait et solempniser en face de saincte église entre ledit Noel et Anthoinette fille de feu Me Jehan Dupas en son vivant licencié en loix et de Jehanne Bousier jadis sa femme à présent veufve de luy, ils ont promis voulu et accordé veulent promectent consentent et accordent pour la bonne amour qu’ils ont dit avoir à ladite Anthoinette et afin qu’elle ait mieulx de quoy soy entretenir au temps advenir considérant aussi qu’à présent elle a et est plus opulante en biens que ledit Noel son mary futur, si ainsi est que ledit Noel alla de vie à trespas avant ladite Anthoinette sa future femme sans hoirs de leurs corps, en ce cas elle aura et prendra sur la succession des biens meubles conquests et immeubles qui communs sont entre eulx deux à l’heure dudit trespas préalablement la somme de 250 (f°2) livres tournois pour une fois qui est pareille somme que donner sera audit Noel Branchu au jour de la conjonction dudit mariage par ladite veufve mère d’icelle Anthoinette, et quant au reste des biens et héritages conquests qui seront et demeureront après ladite somme prinse franche et quite ils seront par moictié entre ladite Anthoinette et les hoirs dudit Noel … dont etc renonçant etc obligent etc présents ad ce Claude Dupas oncle de ladite Anthoinette, Me Jehan Dupas licencié en loix frère d’icelle Anthoinette …

3 contrats de mariage Rayer père et fils, Provins 1503

Introduction

Voici ce qui ressemble à 3 contrats de mariage qui se suivent. Il s’agit en fait de donation des femmes à leur futur mari, même quant elles possèdent peu de biens… La forme de ces actes d’il y a plus de 5 siècles est moins structuré que la forme qui viendra plus tard, voici pourquoi je vous ai écrit qu’ils ressemblaient à des contrats de mariage… mais ce sont bien des contrats de donation entre futurs…
Autrefois, il était relativement fréquent de voir le même jour père et fils se marier. Ils économisaient sans doute ainsi sur les frais du repas de noces… ou plus simplement le père était déchargé de la tutelle de son fils et pouvait aller voir ailleurs …

Contrats de mariage Rayer en 1503

AD77-1056E586 Dechoisy notaire à Provins – vue prise par le CGHSM de Melun, avec son aimable autorisation

1503.02.04 n.s. (1502) vue 3253 – … Pousette fille de Pierre Lacaille usant et jouissant comme elle disoit de ses droits sur ce bien advisée et conseillée recognut confessa de sa bonne voulonté en faveur et contemplation du mariage futur et qui fait et solempnisé sera cy après au plaisir de Dieu en face de Saincte Eglise entre Symon Roier cardeur et pigneur demourant à Provins et elle recognaissant qu’elle a peu de biens de ce monde et que ledit Royer en a beaucoup plus que elle, pour la bonne amour qu’elle a aussi dit avoir audit Rayer son mary futur ad ce présent et acceptant, a voul veult consent et accorde par ces présentes que si ainsi est qu’elle vint de vis à trespas avant ledit Rayer son mary sans avoir hoirs de leurs corps en ce cas les hoirs de ladite Pousette auront et prendront tant seulement pour la succession mobilière d’icelle recognaissante la somme de 10 livres tz pour une fois sur quoy sesdits héritiers seront tenuz de complir son testament et ordonnance de dernière voulonté telle qu’elle sera si comme promettant etc obligeant etc renonçant etc présents ad ce Nicolas Thierry Me du guet et Jehan Rayer laisné. – Ledit Rayer acceptant recognut avoir prins et retenu à tiltre de loyer de Nicolas Thierry Me du guet à Provins bailleur une maison jardin lieu et cour …

1503.02.04 n.s. (1502) vue 3254 – Jehan Rayer laisné marchand demourant à Provins d’une part et Ayoule veufve de feu Jacques Sorjot demourant audit lieu d’autre part lesquels de leur bon gré et sur ce bien advisés et conseillés recognure et confessèrent qu’en faveur et contemplation du mariage d’entre eulx qui fait et solempnisé sera en face de saincte église au plaisir de Dieu, ils ont fait et font l’un à l’autre les promesses et accords qui s’ensuivent c’est à savoir que le survivant d’eulx deux après le décès du premier mourant aura jouira et possédera durant sa vie tant seulement de tous les héritages et biens immeubles que lesdits recognaissants ont et jouissent à présent en paiant les charges que lesdits héritages doibvent et sons chargés et en les soustenant suffisamment de toutes réparations quelconques par ledit survivant …

Contrat de mariage de Jean Poiron et Gilette Ythier, Provins 1502

Introduction

C’est le premier contrat de mariage assez complet que je rencontre à Provins au 16ème siècle. Il stipule tout ce que chacun apporte, donc je trouve le lit et tout ce qui va avec dont les draps de chanvre et vous remarquerez qu’il s’agit manifestement d’une famille aisée car la mère de la fiancée donne aussi des mouchoirs de lin, et je vous promets que les mouchoirs n’existaient que chez les gens aisés… les autres se mouchaient sur leur bras… Et bien sûr, oubliez le coton et le synthétique qui viendront bien plus tard…

les draps de chanvre

Je suis sans doute l’une des rares françaises, mais je sais que d’autres aussi dorment encore ainsi, à dormir sur un drap de chanvre. Je précise ici que seul le drap de dessous est en chanvre et dessus j’ai un drap de lin, le tout blanc bien entendu. Le chanvre est un drap épais qui ne bouge pas d’un cm même non bordé. Alors quand j’ai perdu mes épaules (soudées après des années de douleurs des os ) et qu’il m’était devenu difficile de faire mon lit, j’ai suivi les conseils d’une de mes soeurs et j’ai coupé en deux un des anciens draps de chanvre que j’avais et je le mets donc dans l’autre sens non bordé, il tombe de quelques cm seulement de chaque côté et en haut et en bas, et il ne bouge absolument pas… J’ajoute que lorsque j’ai perdu mes épaules, j’ai eu la chance extraordinaire de tomber sur un admirable médecin de médecine physique que je n’ai vu que quelques minutes mais qui a m’a marquée profondément ; en effet, je lui avais demandé si je devais prendre un lit mécanique, et là, me regardant doucement droit dans les yeux, j’entends encore chaque nuit sa voie : « Madame, battez-vous le plus longtemps possible ! » Je n’ai pas de mots pour lui exprimer mes remerciements, tant je lui dois, car je remue encore un peu grâce à cette gymnastique nocturne… Et rassurez vous, j’ai tout de même toujours la précaution d’avoir le téléphone près de moi…

Jean Poiron et Gilette Ythier, Provins 1502

 

AD77-1056E586 Dechoisy notaire à Provins – vue prise par le CGHSM de Melun, avec son aimable autorisation

1502.11.19 vue 3121 – Furent présents en leurs personnes Gilette veufve de feu Jacques Ythier en son vivant procureur demourant à Provins d’une part, et Jehan Poiron fils de Gilet Poiron demourans audit lieu et Gilette sa fiencée fille dudit feu Jacques Ythier et de ladite veufve auctorisés suffisamment par sondit fiensé en tant que mestier est quant ad ce faire passée et aussi icelle fiensee sur ce bien advisée et conseillée comme elle dit par d’autres, lesquels recognurent et confessèrent de leur bon gré chacun en son regard que en faveur et contemplation du mariage qui au plaisir de Dieu sera le jour de demain fait et solempnisé en saincte église entre lesdits Jehan Poiron et Gilette sa fiensée, et aussi pour la part et portion de la succession mobilière et immobilière à ladite Gilette fiensée appartenant à cause dudit feu Jacques Ythier son père, et pour éviter procès et débat qui mouvoir se pourroit, et nourrir paix et amour entre elx, lesdites parties ont fait et accordé les choses qui s’ensiuvent, c’est à savoir que ladite Gilette veufve a donné transorté et délaissé en mariage à sadite fille la somme de 50 livres contens sur lesquels sont prinses 2 robes de mariage pour ladite Gilette fiensée et luy a baillé aussi 3 aulnes de drap vermeil pour un corps à ladite Gilette et la façon dudit corps, et ung chapperon noir – Item ung bon lict de plume de deux lez et ung quart entayé de 2 tayes, une couverture vermeille de drap, ung ciel (écrit siel) frangé, trois custodes de deux chanvres, 8 draps de lict de deux chanvres de deux les ulnes, ung drap de trois toilles grangé et une douzaine de mouchoirs de lin, 6 nappes l’une ouvrée, 6 serviettes ouvrées, une dizaine de serviettes plannes, deux coffres fermans à clef, 2 orilliers de plume à tayettes roilers ? qui est le trousseau fourny de ladite Gilette – Item sera tenue icelle Gilette mère de faire à ses despens la moictié des frais des nopces – Item ladite Gilette a ceddé et délaissé à tousjours à ladite Gilette sa fille ung quartier de vigne prins en ung arpent assis aux Bordes lez Provins que ledit feu Jacques Ythier acquéra de son vivant et font partage sera fait cy après entre eulx aux cens et charges foncières qui y sont deues. Et moiennant ce, lesdits Jehan Poiron et Gilette sa femme future se sont tenus bien contens et payés des biens et choses dessus déclarées et ont quicte et en quicte ladite veufve Ythier et tous autres de ce qui (f°2) appartient de telle part et portion que ladite Gilette eust peu et pourroit demander à cause de la succession dudit deffunt son père tant en meubles qu’héritages et viendra icelle Gilettte fiensée à sa part et portion des biens et héritages de ladite veufve sa mère après le trespas d’elle, tout ainsi comme bien des autres enfants d’elle sans autre chose y demander ne quereller … dont etc .. obligent etc … renonçant etc … présents ad ce Clément Roussignol et Loys Bandynot »