L’enfant avait deux âmes ! Saint-Melaine, 1622

« Le vendredi 3 juin 1622 fut sur les 9 à 10 heures du matin baptisé sur les fons en l’église de Sainct Melaine un enfant lequel avoit deux testes, quatre pieds, quatre mains et n’avoit qu’un ventre et un unbril et ne cognoissoit on au vray si c’était male ou femelle mais on jugeoit facilement qu’il y avoit deux ames à cause qu’il y avoit deux estomacqs deux testes et deux cols, fut père d’iceluy enfant Jehan Tesnier et la mère Françoise Davy son espouse légitime demeurant au village de l’Epinay dite paroisse de St Melaine et fut parain Guillaume Bougere et marraine Anne Lorelier fille de Me Michel Lorelier demeurant au mesme village et vescurent lesdits enfants deux jours sans prendre nourriture, estant morts furent inhumés au petit cymetière dudit sainct Melaine en présence des soubsignés et plusieurs autres. Signé Peletier, Coué »

ATTENTION : le titre de « sieur de » ne veut pas dire « propriétaire »

Cela fait plus de 25 ans que je crie, haut et fort, que jamais le titre de sieur n’a signifié propriétaire car la mode et l’orgueil étaient autrefois (et sans doute de nos jours) immenses, et on se parait de titres.

POUR SAVOIR S’IL Y A EU PROPRIÉTÉ IL FAUT IMPÉRATIVEMENT EN AVOIR LA PREUVE DANS UNE SOURCE PRIMAIRE (acte notarié de vente, ou bail, ou imposition dans un chartrier etc…)

Célestin Port n’est en aucun cas une preuve de propriété, car il ne vérifiait pas les actes primaires, et se contentait de recopier les titres dont on se paraît.

Ainsi, l’acte concernant Nicolas Gebu qui suit n’est pas une preuve de propriété et signifie seulement qu’il s’est présenté chez le notaire en se parant du titre vrai ou faux, et bien souvent c’était faux.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E36 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 18 mai 1624 après midy par en la cour du Lyon d’Angers endroit par devant nous René Billard notaire d’icelle fut présent en sa personne honorable homme Nicolas Gebu sieur la Fourerye tant en son nom que au nom et procureur de honorable femme Loyse Faucillon sa femme autosisée à la poursuite de ses droits et fondé de procuration de ladite Faucillon passée par Me René Douault et Bonaventure Giraudeau notaires de la cour de sainte James près Segré ce jourd’huy avant midy, soubzmetant lesdits Gebu et ladite Faucillon et les biens de ladite procuration leurs hoirs etc o pouvoir etc confessent avoir fait en son nom et audit nom vendu quité cedé délaissé et transporté et encores vend quitte cède délaisse et transporte dès maintenant à présent à toujoursmais perpétuellement par héritage à Jehan Davy laboureur et Jehan Tabouret sa femme à ce présente stipulante et de son dit mari autorisée, leurs hoirs, scavoir est le lieu et closerie de la Tiefenaye composé de maison à laquelle il y a cheminée et avec les aireaux et issues qui en dépendent, le tout contenant 7 cordes ou environ ; Item ung petit jardin clos à part contenant 2 cordes ou environ joignant et atenant de toutes parts ladite maison et aireaux ; Item une pièce de terre appellée la Gaulterye close à part contenant ung journau ou environ, joignant d’un costé la pièce de terre du lieu de la Haulte Rivière d’autre costé le chemin tendant de Chazé à la Chapelle sur Oudon d’un bout la terre du sieur de la Haulte Rivière

Cet acte est paru sur mon blog sous le titre ! Nicolas Gebu et Louise Faucillon vendent des terres : 1624
Je remets ici la retranscription de la première page car j’avais fait une erreur de lecture du nom du lieu, il est bien écrit ici « Nicolas Gebu sieur de la Fourerye » et non de la Fourière.

CE BILLET EST CLASSÉ DANS LA CATÉGORIE
VANITÉ
car c’est le seul sens de ce billet

Quand on fait des recherches, on n’a pas le droit de croire n’importe quoi, même pas Célestin Port
Mon site et mon blog  luttent contre les fausses informations

 et je constate désespérée qu’après plus de 25 ans de cris contre la vanité, il y en a encore pour y croire.

les Gaufriolles, filles et soeurs de Gaufriau : Saint Sébastien d’Aigne 1638

Nous avons souvent rencontré des prêtres qui féminisaient les noms de famille. J’ai toujours supposé qu’en fait ils reproduisaient l’usage que leurs paroissiens faisaient, appelant GAUFRIOLLE la femme ou le soeur de GAUFRIAU.

Mais cette féminisation me plait beaucoup et d’autant plus que je cherche ma GAUFRIAU de Saint Sébastien, encore et encore. Et que je découvre qu’on l’appelait probablement la GAUFRIOLLE. Et cette terminaison m’amuse beaucoup. Elle sonne comme gaudriole…


Le 27 mars 1628, baptisé (acte en latin) Anne fille de Mathurin Bellard et Perrine Gaufriolle parrain Denis Praudeau marraine Anne Gaufriolle

Un cheveu sur la langue ou originaire d’une région différente ? : Saint Sébastien 1618

L’un des prêtres de Saint Sébastien prieuré de Pirmil saint Jacques, avait manifestement une oreille différente des autres.
Voici ce que cela donne sur un baptême en 1618 :

Le 26 janvier 1618 « Guillemette fille de Jullien Arnoult et Marguerite Dutail, parrain Clement Tresbiglard non marié marraine Sébastienne Leroy non mariée »

Mais ce TRESBIGLARD ne bigle pas du tout !!!! Il suffit aussi de lire comment le brave prêtre écrit FILLE figle avec un g


car voici sur un autre baptême une magnifique signature TREBILLIARD

Bon, vous avez comme moi l’habitude des patronymes écorchés sur le registre !!!

Une bisaïeule au baptême de Benoît Boucher : Nantes Saint Jacques 1620

Autrefois la moyenne d’âge était faible, et on avait rarement ses parents le jour de son mariage.
Encore plus rarement bien sûr des grands parents, mais ici, encore mieux, une longévité exceptionnelle !!!

Nous sommes à Saint Sébastien d’Aigne, fillette du prieuré de Pirmil, aliàs Saint Jacques, devenu Nantes St Jacques lors de la Révolution. Le quartier est un très grand mélange social de notables, artisans et laboureurs.

Les baptêmes regorgent de signatures, couvrant souvent une demi-page voire une page entière. Il y a peu de baptêmes sans ces impressionnantes signatures, et sans les qualificatifs « honorable » « honnête » etc…
Ce baptisé ne semble pas appartenir à la classe sociale des notables d’alors, mais je n’ai encore aucune certitude sur ce point.

Voici dont cette formidable bisaïeule Benoîte Douillard !!!


Le 26 novembre 1620 baptisé « Benoist Boucher fils Laurans et Marguerite Recoquille parrain honnorable homme Benoist Gicqueau marraine Benoiste Douillard bisayeule dudit Benoist Boucher »

Cela fait 5 ans que les parents du baptisé sont mariés :

1615.09.22 BOUCHER Laurens
RECOQUILLÉ Marguerite, en présence de André Recoquillé, Jullien Levesque

Vous trouverez ces mariages dans mes relevés en ligne

et mes pages sur Saint Sébastien

De Cologne (Allemagne) à Pirmil (Nantes) : 1618

Il se trouve que j’ai habité à Cologne où j’ai travaillé 18 mois, là où j’avais autrefois découvers les fameux paternosters :

Il y a « paternoster » et « paternoster » !

Et, retranscrivant le registre de Pirmil (autrefois Saint Sébastien devenu Nantes St Jacques) je rencontre :


« Le 22 mai 1618 baptisée Marye fille de Jan Martoz et Marthe Sinjont du pays de Collougne en Allemagne en l’évesché du Liege parrain Jean Henoc de la paroisse de St Pierre en la ville de Doue en l’évesché d’Arras, marraine Françoisse Lucas femme de Jan Monard »

Il est vrai que Pirmil était un faubourg à la fois mondain avec des rues ouvrières, et que c’était un grand mélange de populations à en croire l’immense diversité des patronymes.