La loupe mondaine de Mr le vicomte de Freslon : illustration par l’exemple

Sur mon site je vous ai déjà parlé généafolie

et sur mon blog de loupe mondaine :

Généafolie : la loupe mondaine et la diagonale

Je suis passée hier sur un exemple qui illustre le propos. Il est dans la base dite « de Freslon » sur le site internet des archives départementales de Loire-Atlantique, rubrique Généalogie.

Ce fonds de Freslon est celui du vicomte du même nom, qui eut la charmante idée de relever à sa manière par paroisse les BMS : il ne voyait qu’au dessus d’un certain rang social.
Donc, inutile d’y chercher vos ancêtres, car comme les miens ils n’y sont pas.

L’exemple sur lequel je suis tombée hier, illustre encore mieux la loupe mondaine de monsieur le vicomte de Freslon. En effet, il a bien pris en compte un baptême, dont les parents sont d’un rang assez élevé pour être notés, mais je vous laisse lire comment il a relevé les parrainages. Les anglo-saxons ont coutume de dire « NO COMMENT », donc à leur exemple, je vais m’abstenir de continuer mes commentaires.

et bien entendu je suis allée voir l’original, que voici :

Ces jours-ci, comme vous sans doute, je vais faire le tour des mes tombes, et comme je vieillis, comme nombre d’entre vous, cela devient un tour compliqué et long. Désolée si je vous fais défaut.

le chanoine Georges Durville, archéologue et historien oublié de Wikipedia

Georges DURVILLE °Clisson 15 juin 1853 †3.3.1943 chanoine. Il est cousin de mes ascendants MECHINAUD par sa mère Mélanie MECHINAUD.
Dans les années 1950, un de ces DURVILLE était horloger sur le port du Pouliguen, et ma grand-mère maternelle, descendante des MECHINAUD de Clisson, ne manquait jamais de s’arrêter saluer ce cousin, comme elle disait, sans préciser le degré de cousinage, car elle avait le terme cousin très large.

Georges Durville est ordonné prêtre du Diocèse de Nantes en 1877, vicaire à Ste Croix de Nantes, chanoine au chapitre de la cathédrale en 1906. Il consacre son temps aux recherches historiques et archéologiques. Conservateur du Musée Thomas-Dobrée de Nantes (1924-1937). – Vice-président de la Société archéologique de Nantes

Si je vous en parle ce jour, c’est que je tente de revoir les MECHINAUD pour répondre à Pascal Lucas sur Paul Mechinaud, aussi cousin de moi-même et du chanoine Durville.
Voulant donc parler ce ce lointain cousin, dont je possède quelques ouvrages, j’ai cherché sur Internet, et rien sur Wikipedia, du moins à son nom, car il est cité parfois comme auteur pour des lieux qu’il avait étudié.

Rien sur le site de la Socièté d’histoire et d’Archéologie de Nantes, dont il fut membre. Rare document sur Gallica. Par contre il est connu de :

IdRef (Identifiants et Référentiels pour l’Enseignement supérieur et la Recherche) est une application Web développée et maintenue par l’ABES. qui émane de l’ABES (Agence Bibliographique de l’Enseignement Supérieur). Malheureusement ce site est réservé aux universitaires, et je n’ai pas de droit d’accès aux documents numérisés.

Voici la liste chronologique de ses publications. Elle atteste une immense capacité de travail, et vous verrez que certaines oeuvres ont été publiées après sa mort seulement.

• 1891 : Blain et Bobelein au VIe siècle – Vannes Lafolye – cité sur le site de l’IdRef
• 1898 : Château-Ceaux aux VIe, VIIe et VIIIe siècles / G. Durville / Vannes : impr. de Lafolye – cité sur le site de l’IdRef
• 1899 : Les Anciens fiefs de Nantes du Xe siècle à la Révolution / par l’abbé G. Durville / Vannes : impr. de Lafolye – site de l’IdRef
• 1900-1901 : Etudes sur le vieux Nantes d’après les documents originaux 1, [Texte imprimé] / par l’abbé G. Durville / Vannes : Impr. Lafolye – site de l’IdRef – en 2 volumes et en ma possession
• 1903 : Le cartulaire de Saint-Serge d’Angers, impr. de Joubin et Beuchet frères (Nantes) – BNF numérisé sur Gallica – réédition 2018 vendue à la FNAC – site de l’IdRef
• 1903 : Sermons de saint Bernard en langue romane, impr. de Joubin et Beuchet frères (Nantes) – BNF numérisé sur Gallica
• 1904 : Le Testament de Françoise de Dinan, dame de Chateaubriant, 31 décembre 1498, son sceau et sa signature – Nantes Impr. de A. Dugas – site de l’IdRef
• 1904 : Catalogue de la Bibliothèque du Musée Thomas Dobrée Tome premier, Manuscrits / par l’abbé G. Durville / Nantes : au Musée Thomas Dobrée – site de l’IdRef
• 1904 : Études sur le vieux Nantes, vues et plans pour l’illustration du premier volume, avec texte explicatif, par l’abbé G. Durville,… – Nantes A. Dugas – site de l’IdRef
• 1905 : Les Deux manuscrits royaux du musée Dobrée / par M. l’abbé G. Durville / Paris : Impr. nationale – site de l’IdRef
• 1906 : Les Faux Autographes d’Anne de Bretagne [Texte imprimé] : Le faux autographe de la Bibliothèque nationale (fonds Béthune) et ceux qui en procèdent / Abbé G. Durville / Nantes : impr. de A. Dugas – site de l’IdRef
• 1907 : Le Chapitre de l’église de Nantes, aperçu sur son histoire du VIIe siècle au Concordat… / G. Durville,… / Nantes : impr. de A. Dugas – site de l’IdRef
• 1907 : La Psallette de la cathédrale de Nantes, sa fondation par l’évêque Henri le Barbu (1413) – Nantes Impr. de A. Dugas – cité sur le site de l’IdRef
• 1909 : L’ancienne Confrérie du Saint-Sacrement à Nantes (1462-1790) – Nantes Impr. de Biroché et Dautais – site de l’IdRef
• 1910 : Construction du mur de ville sur la Motte Saint-Pierre en 1658 – Nantes Impr. de A. Dugas – site de l’IdRef
• 1910 : Odyssée d’une somme consignée par le Duc de Bretagne à Notre Dame de Paris, extrait du bulletin de la Société Archéologique de Nantes, 25p – imp. A. Dugas et Cie – téléchargeable en .PDF
• 1913 : Les Fouilles de l’évêché de Nantes (1910-1913) / Nantes : Bureaux de la Société archéologique – site de l’IdRef
• 1914 : Mandement du chapitre de l’église cathédrale de Nantes, à l’occasion des obsèques d’illustrissime et révérendissime Père en Dieu Mgr Pierre-Émile Rouard, évêque de Nantes, et de l’élection des vicaires capitulaires. [Signé : G. Durville, secrétaire. 23 février 1914.] – Nantes impr. de Biroché et Dautais – cité sur le site de l’IdRef
• 1915 : Etudes sur le vieux Nantes d’après les documents originaux 2, [Texte imprimé] / par G. Durville,… / Vannes : Impr. Lafolye – site de l’IdRef – livre en ma possession
• 1916 : Les Grandes chroniques de Bretagne, par Alain Bouchart. Additions de 1518 ; leur provenance, – Nantes, Impr. armoricaine 1916. In-8°, 42 p. – cité sur le site de l’IdRef
• 1916 : Voyage de Louis XIV à Nantes (29 Août-6 Septembre 1661), par chanoine Durville (59 pages). – Bulletin de la Société Archéologique de Nantes et La Loire-Inférieure, 1916, tome 58
• 1916 : Anne de Bretagne et la statue de la Justice du tombeau des Carmes, par Chanoine Durville (18 pages). – Bulletin de la Société Archéologique de Nantes et La Loire-Inférieure, 1916, tome 58
• 1916 : Bulle de Clément VIII et diplôme de docteur en théologie, délivré par H. Silvius, Général de l’ordre des Carmes (1604), par Chanoine Durville (9 pages). – Bulletin de la Société Archéologique de Nantes et La Loire-Inférieure, 1916, tome 58
• 1918 : Voyage de Louis XIV à Nantes, 29 août-6 septembre 1661 – Nantes, Impr. armoricaine 1918. In-8°, 59 p. – cité sur le site de l’IdRef
• 1925 : Mémoires (en 3 tomes), 1484-1498 / Philippe de Commynes ; édités par Joseph Calmette,… avec la collaboration du Chanoine G. Durville,… / Paris : Librairie ancienne Honoré Champion éditeur – cité sur le site de l’IdRef
• 1926 : Le Musée d’archéologie et les revendications de la ville de Nantes, – Nantes, impr. C. Mellinet 1926. In-8, 43 p. [104] – cité sur le site de l’IdRef
• 1927 : Catalogue du musée archéologique de Nantes, impr. de Dupas (Nantes) – BNF numérisé sur Gallica
• 1927 : Anne de Bretagne et ses souvenirs réunis au musée Dobrée, – Rennes, impr. du Nouvelliste In-8°, 36 p – cité sur le site de l’IdRef
• 1928 : Deux pièces néolithiques trouvées en Loire : une hache emmanchée et une petite écope – Rennes, impr. du Nouvelliste 1928. In-8°, 8 p. fig. – cité sur le site de l’IdRef
• 1928 : De la Déformation officielle des noms de lieux, – Rennes, Impr. du Nouvelliste 1928. In-8°, 40 p. – cité sur le site de l’IdRef
• 1965 : Mémoires Tome III, 1484-1498 [Texte imprimé] / édités par Joseph Calmette,… ; avec la collaboration du chanoine G. Durville,… / 2e tirage / Paris : Les Belles Lettres – site de l’IdRef
• 1977 : Etudes sur le vieux Nantes d’après les documents originaux 2, [Texte imprimé] / par l’abbé G. Durville / Bruxelles : Editions Culture et civilisation – site de l’IdRef
• 1977 : Etudes sur le vieux Nantes d’après les documents originaux 1, [Texte imprimé] / par l’abbé G. Durville / Bruxelles : Editions Culture et civilisation – site de l’IdRef
• 1984 : l’abbaye de blanche couronne et ses prieurés Cette étude a été publiée par l’Association culturelle Bretagne Vivante et contient un chapitre sur le Couvent Saint Hilaire ou plus précisément le Prieuré du Tertre. Editée en 1984, elle contient les travaux effectués par le chanoine Georges Durville vers 1927 et jamais édités auparavant faute de crédits. Ces travaux sont à la source de la plupart des publications ultérieures qui souvent oublient de citer leur auteur. Voir le site de Bouée

Cette liste n’est sans doute pas tout à fait exhaustive, mais j’ai fait ce que j’ai pu et si vous avez d’autres sources, merci d’avance.
Mais avouez que sur Wikipedia on trouve des individus actuels de peu d’intérêts, et on ne trouve pas des chercheurs oubliés !
Odile HALBERT

Pieça : il y a un certain temps

Dans l’acte vu hier vous aviez un adverbe disparu, et qui avait même plusieurs orthographes au fil des notaires anciens : pieça était souvent écrit piecza, despiecza etc…
Donc ce fut le cas hier et je vous mets donc la vue de l’acte pour votre paléographie en progès je l’espère…

 

Ici en outre le P est en forme de X et comme il est en partie avalé par la lettre précédente le X est partiellement formé seulement, ce qui complique la lecture.  Mais on a bien DESPIECZA

Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500)
http://www.atilf.fr/dmf
PIEÇA, adv. « Il y a un certain temps, il y a longtemps, cela fait un certain temps »

de ladite myneure pour une part, et la somme de 22 livres 10 sols tournois en principal pour la recousse et réméré de demy quartier de vigne dépendant et estant desdites vignes vendues despeczia par ladite Guerif et Catherine Coural à Jehan Gougeon aussi dedans 8 jours prochainement venant avecques autres sommes qu’il conviendra payer pour les frais et mises desdits recousses et ladite Guerif en chacun desdits noms et qualités seule et pour le tout sans division en promet fournir et bailler

Quelques diffultés rencontées dans les registres paroissiaux en Loire-Atlantique


Vous avez bien lu.  Marie Bertin veuve de Guillaume Brossaud épouse Guillaume Brossaud.

Marie BERTIN x1 Guillaume BROSSAUD °ca 1664 †Vertou 13.4.1712 x2 Vertou 15 janvier 1714 Guillaume BROSSAUD (cf ci-dessous)

Guillaume BROSSAUD x1 Michelle PERTUIS x2 Vertou 15 janvier 1714 Marie BERTIN « mariage Guillaume Brossaud veuf de defunte Michel (sic) Pertuis avec Marie Bertin veuve de defunt Guillaume Brossaud, les deux de cette paroisse, présents Honoré Farineau, Pierre Landais, Michel Brossaud, Simon Metereau qui ne signent » †lui/ soeur de Pierre

Vertou est un registre tout plein de ces difficultés ! 

Entre autres difficultés !

Car non seulement les guerres de Vendée ont sévi, mais la grosse qui nous reste depuis 1668 est mitée, le plus souvent sans encre ou trop d’encre, avec une écriture le plus souvent serrée, et pour comble de bonheur, les vues n’ont pas été prises numériquement (ce qui aurait considérablement amélioré la lisibilité) mais par le photographe des archives avant l’ère numérique, ce qui nous vaut tout un département mal photographié, et hélas on a numérisé ces vues mal prises. Et pour ajouter à notre malheur, en Loire-Atlantique, les registres en ligne sont accessibles par année, manifestement pour compter plus de registres téléchargés par les lecteurs, donc prétendre être plus consultés que des voisins qui nous offrent généreusement des registres de 387 pages dont on peut faire nos choux gras. Ce compte, ainsi optimisé en truquant, fait que Archinoe, qui comptent ses lecteurs en nombre de registres téléchargés et non en nombre de pages, rouspète les lecteurs qui ont trop téléchargé de registres. Ce fut mon cas récemment car j’avais eu la mauvaise idée de prendre les tables de Nantes, année par année, puis munie de ces références les registres année par année. En peu de temps j’avais donc téléchargé plusieurs dizaines de registres peu épais puisque chacun une année, mais cela a déplu à Archinoe. J’espère seulement que la facture des AD n’est pas corrélée avec ce maudit compteur. Je remercie profondément les Archives du Maine et Loire qui n’ont pas ce travers de tout couper année par année !!!!!

 

 

 

Michel Lemerle, 78 ans précis, avait conservé son extrait de baptême : Vertou 1769

Le 1er janvier 2010 je vous mettais un billet :
L’anniversaire de la naissance d’un individu est une fête récente : autrefois il était donc difficile de connaître son âge et celui de ses proches.
Je vous indiquais qu’on fêtait seulement l’anniversaire de la naissance du Christ. Et tout autre anniversaire était purement et simplement péché d’orgueil, que même Louis XIV n’a pas osé franchir.

Il s’en suit que personne ne connaîssait vraiement son âge exact.

Donc tous nos actes d’alors portent un âge approximatif le plus souvent d’ailleurs qualifié « ou environ ».

Mon ancêtre Michel Lemerle non plus, mais comme beaucoup d’autres sans doute, il gardait soigneusement ses papiers de famille dont la copie de son acte de baptême. Et, manifestement, lors de son décès, ses enfants ont montré cet extrait de baptême au prêtre, de sorte que ce dernier a calculé l’âge exacte, et a bien inscrit dans son acte de décès, que l’âge était PRECIS.
On peut aussi supposer que ce prêtre a demandé les papiers alors que ses confrères ne demandaient jamais rien de tel !


Vertou « le 22 juillet 1769 fut inhumé le corps de Michel Lemerle veuf de Michelle Phelippe décédé hier aux Sorinières âgé de 78 ans précis [il est rare que l’âge soit précis, et ceci signifie que son extrait de baptême l’accompagnait encore], présent Michel, Jean, Michelle, Janne Lemerle ses enfants qui ne signent »

Je descends de Michel Lemerle et je dois avouer que c’est la première fois que je rencontre la mention PRECIS car j’ai toujours rencontré OU ENVIRON pour l’âge.

Le délais de viduité (veuvage) ne s’est jamais appliqué aux hommes : 40 jours après son veuvage il se fiance et se marie : Vallet 1733

Il y a 2 jours, je vous mettais les règles pour les femmes et l’exemple de ma Marie Guérin remariée 62 jours après son veuvage.

Voici, dans la même paroisse de Vallet, paroisse où on semble très pressé :

Louis MAILLARD x1 Jeanne ROULLÉ †Vallet 12 septembre 1733 « inhumée au petit cimetière Jeanne Roullé épouse de Louis Maillard, morte d’hier dans ce bourg, âgée de 55 ans environ en présence de Louis Roullé et Louis Bouchaud qui ne signent » x2 Vallet 9 novembre 1733 « fiançailles le 23 octobre, bénédiction nuptiale Louis Maillard veuf de defunte Jeanne Roullé et Olive Cherbonier veuve de defunt René Robert tous deux de cette paroisse »

Entre le 12 septembre (inhumation de la première épouse) et le 23 octobre, date des fiançailles, il n’y a que 40 jours.