Les maisons des Bondis rue Hugues le Grand, Provins 1596

Introduction

Je poursuis la visite des maisons rue Hugues le Grand à Provins en 1596. Voici celles des Bondis qui étaient imprimeur et potier d’étain. L’aveu qui suit, grâce au bornage qui est toujours donné autrefois, montre qu’un même famille achetait toujours au plus proche de la famille et on vivait ainsi entre membres d’une même famille. Au passage, ces aveux sont une source incroyable pour faire un arbre généalogique, car ils donnent des liens de famille. Vous allez pouvoir en juger ci-dessous.

Aveu de Philippe Bondis pour sa maison

AD77-1057E422 Jacques Delanoe notaire à Provins – vue prise par le CGHSM de Melun, avec son aimable autorisation – vous pouvez zoomer ou enregistrer la vue pour la lire plus grande

1596.12.06 vue 347 – Fut présent en sa personne Philippes Bondis imprimeur demeurant à Provins lequel a confessé et confesse par ces présentes estre détempteur propriétaire et possesseur d’une maison couverte de thuille cour et jardin derrière, le lieu comme il se comporte, assis à Provins rue Hue le Grand ou se tient à présent ledit Bondis, tenant d’une part à Charles Bernard et autres d’autre aux enffans feu Pierre Bondis le jeune pothier d’estaing, d’un bout par devant sur ladite rue d’autre par derrière sur ledit Bondis, partye de laquelle maison acquise par ledit recognaissant de Me Denis Pelops et Nicolle Barbier sa femme héritière de deffuncte Nicolle Bondis sa mère sont tenus chargés et redevables chacun an au jour St Martin Dyver à et envers Martin Girard pothier d’estaing demeurant à Provins et Guillemette Deplanche sa femme auparavant veuve de feu Pierre Bondis tant en son nom que pour son droit de douaire et comme tuteurs et ayans charge des enffans dudit deffunt Bondis et d’elle de la somme de ung escu deux tiers de rente annuelle et perpétuelle et … ladite charge entre ledit deffunt Pierre Bondis le jeune et ladite Nicolle Bondis sa sœur et Philippes Guerin notaire le 7 aoust 1587 laquelle somme ledit recognaissant a promis et promet doresnavant bailler et payer par chacun an ledit jour audit Girard audit nom présent et acceptant ou au porteur, premier payement commançant audit jour prochainement venant et à contynuer à tousjours …

Richesse filiative de la majorité des actes notariés, Provins 1596

Introduction

Même les plus petits actes sont parlants et donnent des filiations, ainsi ici vous savez exactement le nombre d’enfants Mouton puisqu’il est seul héritier, et vous savez que cette branche Ledoyen n’a plus d’héritiers etc… Bref, une mine d’or pour ceux qui recherchent des filiations, mais à vrai dire peu de généalogies sont faites sur Provins à ce jour.

Jean Mouton cède sa part 

Il a hérité de sa cousine, et sans doute peu de biens

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1596.12.04 vue 349 – Jehan Fanneau foullon de draps demeurant à Provins et Saincte Gascon veuve de feu Jehan Langlois demeurant audit Provins lesquels recognurent avoir ceddé quicté transporté et délaissé et par ces présentes cèddent quictent transportent et délaissent à Jehan Mouton le jeune fils de Jehan émancippé par justice soubz la charge et conduite dudit Jehan Mouton son père et curateur acceptant pour ledit myneur c’est à savoir la moityé par indivis des droits successifs tant mobiliers qu’immobiliers qui leurs sont advenuz succédez et escheuz à cause et par le décès mort et trespas de deffuncte Marye Ledoyen jadis fille de deffuncts Pierre Doyen le jeune et Pierrette Quillet leur cousine en quelque chose que lesdits droits successifs se puissent consister et appartenans auxdits les ceddans qui ont réservé l’autre moityé à eulx pour desdits droits jouyr par ledit acceptant à tousjours et ainsi que lesdits immeubles se trouveront estre aux cens et charges qu’ils pourront debvoir qu’ils seront tenus payer par moityé, ceste cession transport et délaissement faite moyennent et pourvu que ledit acceptant sera tenu poursuivre et pourchasser les droits de ladite succession à ses frais et despens pour le tout et outre pour la bonne amour qu’ils luy portent si comme etc renonçant auxdits droicts mesmes ladite femme aux droicts et bénéfices de velleian authenticque si qua mulier et autre introduits en faveur des femmes à elle dit

La maison du Cheval Rouge rue Hugues le Grand à Provins, 1596

Introduction

Les archives notariales fourmilles de ventes, baux et aveus concernant des maisons à Provins. On y apprend toujours non seulement le propriétaire, mais de qui il la tient, et qui sont les voisins, puisqu’autrefois une vente foncière était située par rapport aux voisins ce qui s’appelait le bornage. Au passage, je reste en admiration devant les connaissances autrefois des voisins bien connus du bornage. Dans ma tour (en 2025), dans l’ascenceur, je peux dire Bonjour et dire qui je suis, personne ne me répond… Nous avons perdu dans les immeubles la notion de voisinage.
En 1596 à Provins, je rencontre de nombreuses maisons dont le corps de logis est nommé hôtel, mais sans aucun rapport avec le sens actuel d’hôtellerie uniquement dans un sens de corps de logis.

Claude Farouel seul héritier de son père 

Je vous ai expliqué que les ventes à rente annuelle perpétuelle entraînaient un passage devant notaire à chaque décès pour redéfinir le propriétaire suivant, en quelque sorte une forme d’aveu. Or, ces actes, assez nombreux, donnent toujours d’où vient le bien donc beaucoup de filiations… Ainsi, celle de Claude Farouel, boulanger et patissier. Non seulement on a les parents, mais aussi on sait qu’il est seul héritier, et ce point est toujours un élément important dans les recherches généalogiques. Les boulangers patissiers étaient plusieurs à Provins en 1596, on devait aimer les plaisirs de patisserie, peu ancienne pourtant. Il faut que je vous les liste car cela m’impressionne d’en voir autant.

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1596.12.02 vue 342 – Furent présents en leurs personnes Marin Bouchault marchant demeurant à Provins ayant de présent espouzé Symonne Bureau auparavant veuve de feu Constantin Farouel et Claude Farouel Me boullenger et paticier demeurant audit Provins héritier seul et pour le tout dudit Constantin Farouel son  père, lesquels recongnurent estre détempteurs de la maison et hostel du cheval rouge consistant en plusieurs corps d’hostel le tout couvert de thuille assis audit Provins rue Hue le Grand ou se tient à présent ledit Claude Farouel lesdits lieux comme ils se comportent tenant d’une part à Jehan Ledoyen d’autre le coing de la rue du Mignage d’un bout sur la rue de la Charbonnière et d’autre sur le pavé du roy, lequel est tenu chargé et redevable chacun an le jour et feste St Jehan Baptiste de la somme de ung escu 10 sols de rente annuelle et perpétuelle envers messieurs les religieux prieur et couvent monsieur st Ayoul de Provins, laquelle somme lesdits recognaissants ont promis doresnavant bailler et payer l’un pour l’autre et l’un seul et pour le tout sans division ne discussion, renonçant auxdits droits, auxdits relligieux prieur et couvent acceptant par relligieuse personne frère Pierre Branchu aulmosnier prestre et pittancier dudit couvent chacun an ledit jour st Jehan Baptiste dont le premier payement commancera audit jour prochainement venant et à continuer à tousjours

Guillemette Bridou veuve de Claude Lepied, notaire royal à Provins, rend aveu pour une vigne, 1596

Introduction

Il y avait plusieurs notaires à chaque génération à Provins, mais hélas beaucoup de fonds manquent ce jour à l’appel, et même certains noms de notaires ne figurent pas dans le répertoire des notaires connus des Archives Départementales de Seine-et-Marne. En voici un qui a laissé 5 enfants à sa veuve, et qui a de nos jours des descendants. Ils habitaient la paroisse Sainte Croix de Provins.

Claude Lepied notaire à Provins  a laissé 5 enfants 

et sa veuve s’occupe de tout ce qui concerne les droits de ses enfants, ainsi, dans l’acte qui suit elle rend aveu pour une pièce de vigne à Provins dont ses enfants sont désormais propriétaires, mais mineurs, ils ne peuvent déclarer et c’est leur mère qui déclare pour eux.

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1596.11.27 vue 333 – Fut présent en sa personne honneste femme Guillemette Bridou veuve de feu Me Claude Lepied vivant notaire royal à Provins au nom et comme tutrice légitime des enfants myneurs d’ans dudit deffunt et d’elle, laquelle a recongut et confessé recoignait et confesse que auxdits muneurs compète et appartient à cause et par le décès dudit deffunt Lepied père ung quartier de vigne assis au finage de Fleigny au lieudit Renovart tenant d’une part à Jehan Jacquot d’autre part à ung

Le chevalier du guet Jean Bardot acquiert une rente, Provins (77) 1596

Introduction

Quand j’ai fait des camps dans les années 50, on chantait :

Qu’est-ce qui passe ici si tard, compagnons de la Marjolaine
C’est le chevalier du guet …

J’avoue que je n’avais pas un bien grande idée de ce chevalier du guet. Or, à Provins je les trouve, et même beaucoup de corps de gardes et même des civils enrolés dans des heures de garde, dont je vous reparlerai car j’ai trouvé un acte concernant mon ancêtre apothicaire enrôlé pour son tour de garde.
Donc, ce jour, je vous mets l’exemple d’un de ces chevaliers du guet.

Jean Bardot chevalier du guet

Son patronyme vous dit quelque chose, mais il n’en est rien car Jean Bardot, chevalier du guet à Provins, n’est pas de la région des ancêtres de cette dame.

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1596.11.08 vue 308 – Fut présent en sa persinne François Hemot vigneron demeurant à St Bris lequel recognut avoir céddé quicté transporté et délaissé et par ces présentes vend cèdde quicte transporte et délaisse promis et promect garentir de tous troubles à honorable homme Jehan Bardot chevalier et Me du guet de nuit à Provins la somme de 60 sols de rente foncière annuelle perpétuelle et de bail d’héritage que ledit vendeur a droit de prendre et parcepvoir chacun le jour St Marti Dyver en et sur Pierre Taint vigneron demeurant à la Rue paroisse de St Bris à cause du bail à rente à luy fait de certains héritages assis audit lieu de la Rue et es environs passé par devant ledit juré le 21 septembre dernier passé …

Vente de l’office du greffe de la prévôté, Provins 1596

Introduction

Sur mon blog, vous trouvez par moins de 71 ventes d’offices, que j’avais relevés en Anjou. Mais depuis un an que je retranscris les notaires de Provins, je n’en voyais pas et voici enfin un acte de vente d’office à Provins.

Louis de Champagne  seigneur de Léchelle

L’acquéreur du greffe de la prévôté est Louis de Champaigne seigneur de Léchelle dont le nom a été retenu DE CHAMPAGNE et est bien présent dans la Brie, sans que je sache s’il existe des liens avec ceux d’Anjou dont je descends personnellement. 

vente de l’office du greffe de la prévôté, Provins 1596

Le vendeur vit manifestement à Paris où il a une autre charge plus importante que le greffe dont il se sépare. L’acquéreur est noble, et un noble ne déroge pas en acquérant un office. C’était une des rares activités que les nobles pouvaient exercer sans perdre leur noblesse. Le prix de 66 écus un tiers, qui représente à cette date environ le prix d’une petite maison ou la moitié d’une maison, est payé comptant.

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1596.10.19 vue 296 – fut présent en sa personne noble homme et saige Me Loys Duran sieur de Ronceaulx et Villegagnon conseiller du roy et maistre des requestes ordinaire de son hostel estant de présent à Provins, lequel recognait avoir vendu ceddé quicté transporté délaissé et par ces présentes cèdde quicte transporte délaisse, promis et promet garantir de ses faits promesses et obligations, à Loys de Champaigne escuyer sieur de la Tour Mantrasse à Leschelles et de Leschelles présent achepteur pour luy ses hoirs c’est à savoir tout tel droict que ledit sieur de Ronceaux a et peult avoir et prétendre à cause de l’acquisition qu’il a faite du roy du greffe de la prévosté de Provins, du greffe de la haulte justice dudit lieu de Leschelles pour en jouit par ledit sieur de Leschelles achapteur à pareil tiltre et faculté de rachapt perpétuel que ledit sieur de Ronceaulx a faict ladite acquistition à tousjours et de laquelle acquisition ledit vendeur a promis et sera tenu ayder à l’achapteur quant besoing et requis en sera, ceste vente faicte moyennant le prix et somme de 66 escuz deux tiers argent contant et quite audit vendeur qui pour ce il en a eu et receu et à luy payés comptés et délivrés présent le notaire en quarts d’escu et francs d’argent bons et ayans cours …