Nicolas Denais donne 5 000 livres à sa très jeune épouse, don exceptionnel, car âgé il sait qu’elle lui survivra longtemps

Ce que j’ai aimé dans mes recherches, c’est comprendre les modes de vie de nos ancêtres à travers les milliers d’actes notariés que j’ai dépouillés qui m’ont permis de reconstituer bien plus que le suivi de leur patrimoine au fil des siècles et des métiers pour beaucoup de branches de mes ancêtres. En effet, dans certains actes, lors du mariage ou de la succession, j’ai observé que beaucoup de mes ascendants allaient au delà de ce que le droit coutumier leur imposait. En particulier dans les contrats de mariage, certains époux faisaient un don à leur épouse bien supérieur. Le droit coutumier était en fait un minimum à respecter mais on pouvait autrefois donner plus.

Nicolas Denais, marchand fermier, a 51 ans, sans enfants, lorsqu’il passe contrat de remariage (cf ci-dessous) en février 1721 avec Renée Blanchet seulement âgée de 20 ans. Il apporte 10 000 livres, elle 3 000 consistant en la closerie de la Guedonnière à Combrée.  Il lui fait un don exceptionnel, sous une forme que je n’ai jamais rencontrée : « ensemble la somme de 5 000 livres de laquelle ledit sieur futur espoux fait don à ladite future épouse pour sa jeunesse » Il lui donne donc au total 15 000 livres, ce qui est une somme très importante, bien supérieure à ce que possède la bourgeoisie moyenne en province.
Il meurt 3 ans plus tard laissant sa jeune veuve de 23 ans enceinte d’une seconde fille. Elle ne se remariera pas, et lorsqu’elle marie 20 ans plus tard ses 2 filles elle leur donne chacune 5 000 livres, preuve qu’elle a su garder le patrimoine, et le gérer car on sait aussi qu’elle signe fort bien, ce qui est rare.
D’ailleurs elle signe beaucoup mieux que lui (cf ci-dessous)
Je descends de Nicolas Denais et Renée Blanchet à travers la seconde fille, Marie-Anne, celle qui ne naîtra que 3 mois après le décès de son père. J’ai une immense tendresse toute particulière pour Marie-Anne Denais, car non seulement sa mère fut jeune veuve, mais sa grand mère paternelle aussi et elle-même deviendra jeune veuve, et toutes les trois avec des enfants à élever, sans se remarier, et laissant au mariage de leurs enfants la fortune totalement intacte, et le rang social aussi. C’est une incroyable épopée de femmes veuves… que je vais vous conter car les veuves n’étaient pas toutes pauvres, et les hommes tous des inconscients, laissant leur épouse et leur progéniture sans rien… Le droit coutumier les préservait certes du minimum, mais bien des contrats de mariage montrent un au delà du droit, et beaucoup de conscience des hommes autrefois de leur devoir vis à vis de leur succession.

Cet acte est aux Archives Départementales de la Mayenne AD53-3E62-57 devant René Mahier notaire royal à Château-Gontier – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :



https://www.odile-halbert.com/wordpress/vues/Denais-Blanchet-1721d


« Le 16 février 1721[1] furent présents h. h. Nicolas Denais marchand, veuf de Catherine Boullay, demeurant à Gastines paroisse de Chemazé d’une part, demoiselle Renée Blanchet fille, procédant sous l’autorité de discret Me René Blanchet prêtre curé de Bouchamps son curateur à personnes et biens, demeurante en la maison de h. h. Jacques Blanchet marchand son ayeul, et ledit sieur Blanchet prêtre audit nom, demeurant au lieu de Bouchamps, entre lesquels a été fait avant aulcune bénédiction nuptiale le contrat de mariage qui suit, c’est à savoir que ledit sieur Denais et demoiselle Blanchet se sont de l’avis et consentement, scavoir ledit sieur Denais de ses amis cy après nommés, et ladite demoiselle Blanchet dudit sieur Blanchet prêtre curé son curateur, dudit sieur Blanchet, de h. h. Julien Gousdé marchand son oncle, de h. h. Vincent Goudé aussi marchand son cousin germain [fils du précédent, et ils sont tous deux la branche de Grez-Neuville, aisée], et autres parents et amis f°2/ soussignés se sont promis mariage et iceluy solemniser … cy après, et que tout légitime empeschement cesse ; auquel mariage ledit sieur Denais et demoiselle Blanchet entreront avec tous et chacuns leurs droits mobiliers et immobiliers scavoir ceux dudit sieur futur espoux en la valeur de 10 000 livres et ceux de ladite future épouse du lieu et closerie de la Guedonnière paroisse de Combrée, bestial et semances, maison … habits et hardes le tout de valeur de 3 000 livres ainsi que ledit sieur futur époux a reconnu et dont il se contente, et de tous lesquels droits cy dessus il en entrera en la communauté qui s’acquérera entre eux du jour de la bénédiction nuptiale nonobstant la disposition de notre coustume à laquelle ils ont f°3/ dérogé en ce retard, chacun la somme de 300 livres, et le surplus desdits droits bestiaux et semances cy dessus reteront de nature de propre … patrimoine et matrimoine à eux leurs hoirs et estocs et lignées, et à tous effets mesme de don, ensemble ce qui leur pourra cy après échoir soit de succession directe collatérale donation ou autrement ; pourra ladite future espouse ses hoirs et ayant cause … renoncer à ladite communauté quoi faisant ils reprendront franchement et quitement de toutes debtes de communauté tout ce que ladite future épouse aura aporté audit mariage luy sera échu, ensemble la somme de 5 000 livres de laquelle dit sieur futur espoux fait don à ladite future épouse pour sa jeunesse, lequel don ne pourra néanmoins estre exigible qu’après le décès dudit futur époux, déchargé des debtes de la communauté, desquelles audit cas d’aléniation f°4/ ladite future épouse ses hoirs et ayant cause seront déchargés par ledit futur époux sur ses biens quoiqu’obligée ou solidairement conclue avec ledit futur époux ; et en cas d’aliénation desdits propres ils en seront entièrement remplacés sur les effets et acquits de la communauté par préférence, et où ils ne seroient suffisant à leur égard, sur les propres et effets dudit futur époux qui a constitué douaire à ladite future épouse sur tous et chacuns ses biens y sujets, la cas échéant, le tout par hypothèque de ce jour ; ce qui a été ainsi convenu, stipulé et accepté et à ce tenir faire et accomplir par lesdites parties, elles s’obligent elles leurs biens choses … sous la réserve des droits dudit sieur Jacques Blanchet curateur de ladite future épouse dont règlement sera nécessaire avec lesdits futurs mariés f°5/ dont etc fait et passé en la maison de la Pitauderie paroisse de Chemazé demeure dudit sieur Jacques Blanchet oncle de ladite future épouse, en sa présence, de ses dits amis, de la demoiselle son épouse, de demoiselle Anne Goudé fille cousine de ladite demoiselle future épouse, Me Jacques Godelier sieur de la Martinière marchand apothicaire à Grez près Neuville, Me Pierre Mahier et autres parents et amis des futurs mariés, et de Joseph Lepage et Jean Langlois témoins à ce requis »
[1] AD53-3E62-57 devant René Mahier notaire royal à Château-Gontier

L’histoire des femmes, telle que je l’avais autrefois lue, était bien loin de rendre tout ce que j’ai découvert dans tous les notaires de Maine et Loire et Mayenne sur mes ascendants. Mais pour faire des études telles que celles que j’ai faites il faut commencer par faire l’arbre généalogique, et les historiens se considèrent bien supérieurs aux généalogistes et lorsqu’ils tentent d’approcher les notaires, ils le font notaire par notaire, ce qui est absurde, car dans aucune de mes recherches cela ne se passe ainsi, et personne n’était fidèle autrefois à un notaire donc on obtient aucun suivi du patrimoine. Je ne regrettes pas les 20 ans de déplacement hebdomadaire que j’ai fait à Angers ou Laval, c’était certes une méthode qui ressemble à la pêche à la ligne, mais mille fois plus productive avec le temps car j’ai ainsi des suivis extraordinaires du patrimoine de mes ascendants.

J’avais autrefois acheté le livre l’Histoire des femmes en Occident, tome 3 du 16 au 18ème siècles, de Georges Duby et Michelle Perrot. J’ai toujours l’impression quand je regarde cet ouvrage que je n’y retrouve pas mes ancêtres. En janvier 2024, sur Internet, je suis triste quand je lis sur internet l’histoire des femmes selon la BNF (c’est pire sur l’IA de Google) :

Ces lignes sont écrites par Nathalie Grande, professeure des universités, Université de Nantes, département Lettres Modernes, UFR Lettres et Langages. Je suis horrifiée de lire ces lignes, et je suis certaine après avoir passé plusieurs décennies dans les archives notariales et chartriers que Molière n’est pas historien… et ne connaissait que quelques femmes, loin de les connaître toutes…
Comment oublier toutes ces femmes qui furent des collaboratrices, ayant domestique à la cuisine, nourrice pour les enfants, et ayant appris à lire, compter et surtout gérer, car dans le milieu de la bourgeoisie marchande, on éduquait pour savoir manier les affaires, qu’on soit un garçon ou une fille. C’était le cas, en Anjou du moins, de toutes les épouses de marchands, qui assuraient certainement conjointement avec leur époux la comptabilité, car cette fonction de leur métier était extrêmement importante. Certes, les archives n’ont pas conservé de traces de ces comptabilités, quoique quelques traces, mais bien avant Excel et les logiciels de comptabilité, il fallait compter et noter.
Avant de vous prouver ce que je viens de vous écrire, je tiens à rappeler :

  • avant la Révolution, l’homme devait nourrir femme et enfants, sinon c’était un péché
  • plus de 80 % des Français sont paysans
  • même si les femmes risquent le décès en couches, certains hommes meurent aussi jeunes laissant veuve et enfants
  • la bourgeoisie de province, dont les marchands, a domestiques, donc les femmes du temps libre et toutes ne s’occupent pas uniquement de broderie
  • les bourgeois de province tiennent à leur rang et le transmettre donc prévoient leur décès précoce en impliquant leur épouse dans les affaires, afin que l’affaire leur survive
  • certes, le droit laissait à l’homme le droit de gérer officiellement, mais il était responsable des biens de madame

 

 

Preuve que le patronyme HALBERT fut parfois HERBERT, notamment en Bretagne et le long de la Loire

Je porte moi-même 3 ascendances différentes géographiquement du patronyme HALBERT et j’ai souvent rencontré HERBERT à sa place. Mais voici une preuve extraordinaire que ces 2 patronymes ont été confondus dans certaines régions de France.
Il faut tout de même préciser qu’ils sont tous deux issus de l’Allemand, donc, on peut conclure que la prononciation allemande est difficile à entendre en France et la confusion peut s’ensuivre.
Ainsi voici un notaire à Melaine, aujourd’hui Saint-Melaine-sur-Aubance, proche de Brissac en Maine-et-Loire, qui fait sur 18 pages un partage entre 2 frères dont les biens sont situés aux villages de la Marzelle et de la Halberderie, cette dernière curieusement orthographiée Halbarderie sur le site Geoportail en 2023 :

Le notaire tout au long de ces 18 pages mélange le patronyme HALBERT et HERBERT qu’il donne aux 2 frères. Il faut dire qu’à cette époque le notaire ne voyait jamais de carte d’identité mais entendait seulement chacun donner oralement son nom, ce qui signifie que même 2 frères ne dictaient par le même patronyme, l’un prononçant HALBERT l’autre HERBERT.
En conclusion, cet acte est bien la preuve que ces 2 patronymes se confondent parfois, et je suis heureuse de vous faire voir cette preuve que je suis contente d’avoir enfin trouvée.
Je ne vous mets les vues que de la 1ère et dernière page, mais si vous le souhaitez je peux tout mettre les 18 pages car elles se confortent toutes.
Ceci dit je ne vois pas comment pour un partage entre 2 frères on divise autant de parcelles en 2, car il suffisait de s’entendre pour avoir chacun des parcelles entières et non communes… c’était autrefois parfois curieux de voir les partages…
Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E90 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :


Le 4 juillet 1671, (AD49 Pierre Vallée notaire royal) partages et divisions que fournist et baille Jean Halbert le jeune à François Herbert son frère lesditz les Halbertz enfans et héritiers chascun pour une moytié de Jean Halbert Lesné leur père comme apert par démission passée par nous le (blanc) jour du présent mois et an, lesquels biens immeubles ledit Jean Halbert le jeune a mis et divisés en 2 lots et partages pour ung desquels estre choysy et opté par ledit Françoys et l’autre pour luy demourer, le tout suivant la coustume de ce pays et duché d’Anjou et aux charges portées par ladite démission auxquels partages a esté procédé comme ensuit : 1er lot 2 chambres de maison couverte d’ardoise dans l’une desquelles y a four et cheminée, une estable au bout couverte de boys cour et ayreau devant et comme à l’estimation de trois quarts de boisselée de jardin ou terre le tout se tenant situé au village du Houx paroisse … joignant d’ung costé l’ayreau et jardin de la veuve René Touze d’autre costé ung petit chemin pour aller aux maisons et issues et à celle du segond lot d’ung bout la maison et ayreau qui … audit segond lot d’autre bout ung commun – Item la moytyé d’ung loppin de terre contenant le tout deux septrées ou environ situé au lieu apellé les Grands Champs ledit loppin (f°2) partagé au long des seillons et à prandre pour le 1er lot le costé vers solleil couchand joignant d’ung costé l’autre moytyé dudit loppin qui demoure au segond lot d’autre costé la terre des héritiers de deffunt Geoffray Lambert aboutté d’ung bout le chemin a aller de Noizé à Brissac d’autre bout aussy ung chemin – Item la moytyé d’ung loppin de terre pré et boys taillis situé au lieu apellé le Bottereau ledit loppin partagé au long à prandre pour le présent lot le costé vers midy joignant d’un costé l’autre moytyé dudit loppin qui demoure audit segond lot, d’autre costé la terre de Pierre Guilloteau, abouttant d’ung bout le pré (blanc) d’autre bout ung chemin tendant de Vauchrétien à Mozé – Item ung loppin et jardin situé à la Halberdrye contenant trois quarts de boisselée ou environ joignant d’ung costé ung autre loppin de jardin qui demoure audit segond lot d’autre costé ung chemin d’ung bout le jardin de Pierre Esvière à cause de sa femme d’autre bout ung petit commun du village de la Halberdrye … encore 18 pages

Contrat de mariage de Renée Delahaye et Germain Cousin, Le Lion d’Angers 1716

Je descends de cette famille DELAHAYE du Lion-d’Angers. La future a encore son père et celui-ci prévoit donc sa vieillesse que sa fille devra assumer en lui laissant une somme.
Ces familles sont du milieu des marchands de province, relativement aisés pour des provinciaux avec 400 livres chacun.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 29 décembre 1716 après midy par devant nous Jacques Bodore notaire royal en Anjou résidant à Montreuil sur Mayenne furent présants en leurs personnes établie et sousmis chascuns de h. h. Germain Cousin marchand chapelier demeurant paroisse du Lion d’Angers, fils de deffunt h. h. Jacques Cousin et de Renée Suard ses père et mère d’une part, h. fille Renée Delahaye fille de h. h. René Delahaye et de deffunte h. femme Françoise de Villiers ses père et mère d’autre part, lesquels partyes traitant du futur mariage d’entre eux se sont avant aucune fiance et bénédiction nuptiale a par l’avis savoir ledit Cousin se ses parents et amis cy après nommés et sousmis et ladite Delahaye de sondit père, et aussy ses parents amis cy nommés et sousmis, promis et promettent la foy de mariage et icelluy solemniser en face de notre mère sainte églize catholique apostolique et romaine et si tost que l’un par l’autre en sera requis tout légitime empeschement cessant et icelluy faisant s’est ledit Cousin pris avec tous et chascuns ses droits noms raisons et actions à luy échuz et advenus tant de la succession de sesdits père et mère qu’autres péculles et profits particulliers qu’il a estimé valloir la somme de 400 livres de laquelle somme en entrera en la future communauté desdits futurs conjoints 60 livres de meubles communs (f°2) le surplus de laquelle somme luy tiendra et demeurera valeur de propre bien tant paternel que maternel échus pour luy ses hoirs estocque et ligne quant à effait, comme aussy ladite future épouse avec le vouloir et consentement dudit Delahaye s’est prise avec tous et chascuns ses biens échuz et advenus de la succession de ladite de Villiers sa mère à elle appartenant suivant et au désir du contrat de mariage fait entre elle et ledit sieur Delahaye reçu devant Me Jean notaire royal résidant à St Martin en 1692 y recours si besoing, montant pareille somme de 400 livres, laquelle somme ledit sieur Delahaye a dabondant et ainsy qu’il était par icelluy contrat sus datté affecté hipotèque sur le lieu et closerye de la Bonnaudière audit sieur Delahaye apartenante, située paroisse du Lion d’Angers, pour luy en servir et continuer l’intérêt au denier vingt suivant l’ordonnance comme entre les partyes et qui demeureront enl.. et que là ou la sieur Delahaye ne se trouveroit contant du gouvernement que ledit futur époux luy pourroit faire qu’il luy sera … toutte fois et quante que bon luy semblera en payant auxdits futurs époux ladite somme de 20 livres (f°3) et de leur relaisser autant de … que ledit sieur Delahaye en a peu donner à son fils Elie, et que là où le sieur Delahaye survivoit d’icelle maison pour le … et autres endroits, iceux futurs époux seront tenus faire de rente annuelle et … la somme de 100 sols payable d’année en année à pareil jour qu’iceluy Delahaye aura sorti d’icelle maison, et ce sans par ladite future épouse .. déroger ny préjudicier à aucun de ses autres droits et actions à elle acquis tant par ledit contrat de mariage qu’autrement, sy pendant leur mariage est vendu ou alliénné quelques héritages domaine ou rente de ladite future remploy n’auraoit été fait il sera pris sur la masse commune de ladite communauté et ou elle ne suffiroit elle sera prise sur les propres dudit futur époux, qu’il y a affecté et l’hypothèque de ce jour ; entreront en communauté de biens lesdits futurs époux du jour de la bénédiction nuptiale nonobstant toute disposition de nostre coustume à laquelle ils ont dérogé à cet égard seullement, avenant la dissolution d’icelluy mariage soit qu’il y ait enfant ou non sera laisible à ladite future épouse ses hoirs et ayant cause d’accepter ou renoncer à ladite communauté et néanmoings … elle prendra franchement quittement et sans aucune charge de debte et mesme de celles ou elle aurait parlé ou donné consentement ladite somme de 400 (f°4) livres, celle de 100 livres mobilisée ses habits bague et lingues servant à son uzage avec une chambre garnie de la valeur de 100 livres tout ce qui luy sera avenu et échu de succession directe ou collatérale donnation ou autrement, et a iceluy futur époux créé et constitué dobte coustumière à sadite future épouse sur tous ses biens sujets à doibte cas d’iceluy avenant. Auxquels promesses de mariage convention obligations et ce que dit est lesdites partyes sont respectivement demeurées d’accord et l’ont ainsy voullu et consenty, stipulé et accepté à ce tenir etc renonçant etc dont etc fait et passé au Lion d’Angers maison de h. h. François Delahaye cousin de ladite future, en présence de h.h. Michel Cousin frère de l’époux, Marie Masseron veuve de Jacques Cousin sa belle mère, Françoise Suard veuve de Mathieu Serrault chapelier à Angers, Claude Blondeau sa marraine, François Delahaye, Nicolas Baillif époux de Perrine Delahaye, René Delahaye Md, tous parents de l’épouse »

Un AVC en 1626 : Jeanne Moullier, Bonchamp-lès-Laval 1626

Toujours à la recherche de mon ancêtre Jeanne Moullier à Bonchamp-lès-Laval, sachant qu’elle est grand mère nommée ainsi au baptême de son petit-fils Jean Denais °Bonchamp-lès-Laval 14 septembre 1613 « baptisé Jehan fils de Jehan Denays et de Françoise Bertère son épouse parrain Pierre Moullier et marraine Jehanne Moullier grand-mère »
Donc elle est vivante en 1613 et avait marié son fils ou sa fille en 1608 donc elle pourrait être celle qui suit :

Bonchamp « Le 3 novembre 1626 est décédée en la communion de l’église Jehanne Moullé veufve qui depuys huit jours estoit demeurante au lieu du Sacé de ceste paroisse, pressée du mal ayant perdu la parolle et toute cognaissance n’a pu recevoir autre sacrement que celuy de l’extrême onction et a esté enterrée au cymetière de ceste église »
Elle n’a pas pu se confesser avant de recevoir l’extrême onction.
Mais je ne sais toujours pas si c’est la mienne et je suppose seulement qu’elle pourrait être cette veuve morte d’un AVC

ma Jeanne Moullier grand-mère de mon Jean Denais fils de Jean et Françoise Berthière, mais je n’en sais pas plus sur elle et je la cherche.

Testament d’Olivier Hiret et Françoise Mallevault son épouse, Angers 1631

Le couple ici n’a pas d’enfants, et chacun donne à un neveu, nièce de l’autre, mais vous allez voir que Françoise Mallevault, survivra à son époux et va révoquer le don qu’elle avait fait à la nièce de son époux.
Comme quoi, on pouvait revenir sur un testament.

Cette famille fait l’objet de mon ouvrage l’Allée de la Hée des Hiret

Gontard-Delaunay, dans son ouvrage sur les avocats, dont j’avais fait la table, et elle est en ligne sur mon site, donnait le père de Françoise Mallevault, qui est Pierre sieur des Portes. On y constate que le patronyme Malevault a toutes les orthographes que l’IA doit détester les généalogistes aussi.

116 1580 40 MALEVAULT Pierre, Sr des Portes
146 1600 44 MALLEVAULT René, fils de René Mallevault, marchand à Craon, épousa Jeanne Maugrain

 

 

J’ai trouvé l’acte qui suit aux Archives du Maine-et-Loire, série 5E6 – Voici ma retranscription :

Le jeudi 10 juillet 1631 après midi
In nomine domini amen
Sachent tous présents et advenir que par devant Louis Couëffé notaire royal à Angers furent présents establys et deument soubzmis Me Olivier Hiret sieur du Druil advocat au siège présidial de ceste ville et honorable femme Françoise Mallevault son espouse de luy autorisée par devant nous quant à ce, demeurant en cette ville paroisse de St Michel du Tertre,
lesquels par la grâce de Dieu sains d’esprit et entendement sachant qu’il n’est rien plus certain que la mort ne plus incertain que l’heure d’icelle ne désirant y parvenir sans avoir donné ordre à ce qui est leur intention ont dit et ordonné ce qui s’ensit par forme de testament et ordonnance de leurs dernières volontés
premièrement recommandent leur âme à Dieu le créateur et le supplient humblement faire pardon et rémission de leurs péchés et offences, suppliant aussy la vierge Marye et tous les saints qui sont au paradis intercédder pour eux prier la divine Majesté à ce que leurs âmes soient mises et colloquées au rang des bienheureux
qu’après qu’il aura plus à Dieu séparer leurs âmes d’avec leurs corps, veulent leurs corps être ensépulturés en l’église dudot St Michel leur paroisse à l’endroit de la sépulture de défunt Me Pierre Malvault vivant père de ladite Malvault en cas qu’il décèdent en cette ville, et conduits à la sépulture processionnellement par monsieur le curé et chappelains de la dite paroisse, y assistant les religieux mendiants et petits pauvres
qu’il y ait 5 torches et des cierges en nombre suffisant et soit donné de la chandelle aux parans assistans
s’ils décèdent hors de ceste ville, veulent être entérez en l’église de la paroisse ou ils décéderont et qu’il y soit fait les mesmes services
qu’il soit dit en ladite église un trentain de petites messes e un autre trentain en l’église des Carmes et Minimes de ceste ville le tout incontinant après le décès de chacun d’eux
qu’en ledit jour de l’enteremment, au despens de chacun d’eux, soit donné aux pauvres de la paroisse St Michel vivant d’aumones la somme de 4 livres, ou dans la paroisse où ils décedderont
donnent à l’hospital StJean de ceste ville la somme de 100 livres qui sera prise sur les biens de la communauté
veulent qu’à jamais et à perpétuité soit dit et célébré à pareil jour du décès de chacun d’eux 3 services solennels, l’un en l’église St Michel, l’autre en l’église des Carmes, et l’autre en celle des Jacobins pour l’entretien payent et continuation desquels services et fourniture de luminaires veulent payer 100 sols de rente par service qui sera admortissable par leurs héritiers si bon leur semble à raison du denier vingt
veulent que le service qu’ils ont accoustumé faire dire en l’église St Michel le 16 juillet pour le défunt Pierre Malvault soit continué pendant leur vie et après leur décès par les héritiers de ladite Mallevault avant qu’ils touchent à sa succession soient tenus payer et mettre en mains du procureur de fabrique de ladite paroisse deniers suffisants pour l’entretien et continuation dudit service à perpétuité
ledit Hiret donne à Françoise Mallevault fille de Mathieu Mallevault sieur de la Bastardière advocat la somme de 15 livres tz de rente viagère par dessus les 10 livres de rente que ledit défunt Malvault luy auroit donnéz par donation qui auroit été enthérinée au siège de la prévosté de ceste ville, et en cas que ladite Françoise soit maryée et qu’elle ait des enfans qui la survivent, veult qu’ils jouissent dudit don à perpétuité, le tout pour l’amityé qu’il luy porte, et laquelle rente de 15 livres il luy affecte sur tous ses biens et spéciallement à la Rouvraye et sur le contrat de constitution de rente de 50 livres à luy due par Me Jean & Michel les Hiret et leurs héritiers
ladite Mallevault, pour l’amityé qu’elle porte à Françoise Coconier fille de René Coconier et filleule dudit Hiret luy donne 25 livres de rente à prendre sur tous ses biens meubles et immeubles et spéciallement à la Reypelière au Louroux-Béconnais et autres héritages de son propre qu’elle y a affectés
tout ce que dessus voulu par les testateurs sans préjudicier à la donation mutuelle qu’ils se sont fait
et pour exécuter le présent testament nomme vénérable et discret Laurent Lemasson prêtre habitué en l’église de StMichel-du-Tertre, et Pierre Alaneau sergent royal qu’ils prient en prendre la charge et à ceste fin leur affectent tous leurs biens présents et futurs déclarant qu’ils révoquent tout autre testament et codicille qu’ils pourraient avoir cy devant fait voulant que le présent ait lieu et soit accompli,
et pour aucunement récompenser lesdits Lemasson et Alaneau en la peine qu’ils prendront en ladite exécution leur donnent à chacun la somme de 18 livres chacun d’eux incontinent
nous priant les en juger et condamner à l’entretenement ce qu’avons fait après leur avoir lu le présent testament qu’ils ont dit bien entendre et vouloir qu’il sorte en la forme qu’il est
fait et passé audit Angers à notre tablier présents Me René Rambault et Jehan Myette praticiens demeurant audit Angers tesmoins à ce requis et appelés

PS (en bas de l’acte ci-dessus) Et le 30 août 1644 après midy par devant nous Louys Couëffé notaire royal fut présente esablie et soubmise ladite Françoise Mallevault veufve dudit défunt Hiret, laquelle a déclaré qu’elle révoque le don qu’elle auroit fait à Françoise Coconier de 25 livres de rente par ledit testament dessus lequel estant au surplus elle a d’habondant consenti et approuvé qu’il sorte son plein et entier effet dont l’avons jugée fait audit Angers à notre tablier présent Loys Maugin et Olivier Guibert clercs

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Contrat de mariage de Jacques Trigory et Anne Chauvière, Chazé-sur-Argos 1625

Je descends d’une famille Trigory et d’une famille Bellanger, mais mes familles n’ont rien à voir, du moins pour le moment, avec ceux qui suivent. Mais j’ai pris l’habitude dans mes documents de famille, de mettres les « non liés pour l’instant » car parfois ils peuvent apporter des éléments.
Ici, les futurs époux ne sont pas riches car le montant de la dot est minime, malgré le métier de forgeur de l’époux, mais je suis toujours émue devant ces contrats de mariage qui préservaient tant les droits de la femme, alors que de nos jours un grand nombre de femmes semblent avoir oubliés les droits et vivent en « famille monoparentale » dans la pauvreté, abandonnée des hommes qui ont fait les enfants…

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E95  notaire de Candé : Ma retranscription est fidèle et l’orthographe du notaire aussi, et il écrit même « au quas » pour « au cas » etc…


Le 18 septembre 1625 après midy dudit jour, par davant nous Claude Caterlinaye notaire de la baronnye de Candé soubzsigné ont compareu savoir honneste homme Jacques Trigory forgeur demeurant au villaige du Saulle paroisse de Chazé sur Ergos et honneste fille Anne Chauvière fille de honnestes personnes Mathurin Chauvière et deffuncte Anne Bellanger ses père et mère, lesquels deument soubzmis et obligés soubz ladicte court se sont lesdits Trigory et Chauvière promis mariage en présence et du consentement dudit Mathurin Chauvière et audit nom d’honorable homme Pierre Jahan mary de Mathurine Bellanger, Pierre et Jacques les Bellanger ses oncles du costé maternel de ladite Anne Chauvière, et de s’espouser en face de nostre mère Ste église apostolicque et romaine tout empeschement légitime cessant, toutes fois et quantes que l’ung en sera par l’autre sommé et requis, laquelle Anne Chauvière ledit Trigory prendra avecques tous et chacuns ses droits successifs comme héritière de ladite Anne Bellanger sa mère, en faveur duquel mariage ledit futur espoux a promis à ladite future espouse la somme de 120 livres en quas que mort advenant avant (f°2) communaulté acquise ou quas qu’ils n’aient enfant procédé de leur cher et luy a assigné en oultre douère sur tous et chacuns ses biens suivant la coustume d’Anjou, laquelle Chauvière future espouse ledit futur espoux luy donnera ses abis de nopces parce que ledit Mathurin Chauvière père a promis et s’oblige délivrer ax futurs espoux dans 6 mois la somme de 60 livres tant en deniers que meubles et en quas de décès, et ladite future espouse sans hoirs ledit futur espoux en ce quas rapportera à ses héritiers ladite somme de 60 livres, auquel contrat et obligation et ce que est dit tenir s’obligent lesdites partyes leurs biens etc renonsant etc foy jugement et condampnation etc fait et paccé audit Candé messon (pour « maison ») de Pierre Bellanger audit Candé es présance de honneste homme Jea Buffé et honneste homme Jean Gilberge demeurant audit Candé tesmoings, lesdits futurs espoux déclarent ne savoir signer