Mandé de Chazé crée une rente de blé seigle perpétuelle, Noellet 1531

Je ne suis pas très calée en agriculture ancienne, mais j’ai compris que la récolte de blé était autrefois variable, voire très variable, et que le cours du blé était donc éminemment variable.
Je pense donc que la vente d’une rente en blé contre de l’argent liquide frais était une opération financière des plus risquées… Ceci dit, nous allons voir à la fin qu’il y a faculté de rémérer. Mais j’ignore si elle fût rémérée…

Noëllet, collection particulière, reproduction interdite
Noëllet, collection particulière, reproduction interdite

L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E8 – Voici la retranscription de l’acte, et en 1531 il a des termes encore plus vieillis : Le 17 octobre 1531 en notre court royale à Angers en droit par devant nous personnellement estably noble personne Mandé de Chazé Sr du Boisbernier en la paroisse de Noelet et Guillaume Plessis marchand mercier paroisse de la Trinité de ceste ville d’Angers

    Une contre-lettre, que je mets en ligne ce jour, précise bien que Plessis n’est que caution

• soubzmetant eulx chacun d’eulx seul et pour le tout sans division de partie ne de biens etc confessent avoir vendu quicté ceddé délaissé et transporté et encore vendent quictent à honorable homme maistre Jehan Aubry licencié ès loix qui a achapté pour luy et Guillemine Felot son espouse à ce présente le nombre de 2 sestiers et myne de blé seigle de rente annuelle et perpétuelle à la mesure des Ponts de Sée bon blé nouvel sec marchand et compétant

mine : mesure pour les grains, qui a donné minot

• que lesdits vendeurs et chacun d’eulx seul et pour le tout ont promis sont et demeurent tenuz bailler et fournir à leurs propres périls et despends audit achapteur en sa maison en ceste ville d’Angers par chacun an au temps advenir aux 17e janvier, avril, juillet et octobre par esgalles paiements premier payement d’icelle commenczant au 17 janvier prochain venant
• et laquelle rente lesdits vendeurs et chacun d’eulx ont assis et assignés assient et assignent des maintenant et à présent audit achapteur ses hoirs sur tous et chacuns leurs biens immeubles et choses héritaulx présents et advenir et ssur chacune piece seule et pour le tout sans division o puissance de faire assiette d’icelle tout ainsi qu’il verra estre à faire selon la coustume du pays d’Anjou voullant et octroyant les frais coutz et minses
• et est faite ceste présente vendition pour le prix et somme de 60 livres tz payée et comptée manuellement baillée en présence et vue de nous par ledit achapteur auxdits vendeurs quelle somme ilz ont eue et receue en espèces et monnoye ayant cours et vallables ladite somme de 60 livres tz et l’en ont quicté et quictent,
• et a promis doibt et demeure tenu ledit Mandé de Chazé faire ratiffier ceste présente vendition à damoiselle Loyse de Champagné son espouse et compagne deladite rente et garentage des choses héritaulx de l’assiette d’icelle et la faire obliger avec luy et en bailler à ses despends audit achapteur lettres vallables dedans le jour de Caresme prochainement vevant à la peine de vingt livres tz …

    Cette vue est la propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire
    Cliquez pour agrandir. Essayez de déchiffer vous-même pour rendre compte de la difficulté, en particulier j’attire votre attention sur le joli P en X escamoté de Champagné.

• o faculté accordée audit vendeur de rescousser et retraire ledit blé de rente vendu comme dit est payant et reffondant la dite somme de 60 livres tz avecques les arrérages de ladite rente et frais et despends loyaux

rescorre : reprendre
rescosse : retrait lignager (Larousse, Dict. de l’ancien français, le Moyen-âge, 1994)

• à laquelle vendition et choses susdites tenir et ladite rente vendue comme dit est rendre et payer par ledit vendeur audit achapteur obligent lesdits vendeurs eux et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division leurs biens et de chacun d’eux vendre etc renonczant etc foy jugement condampnation
• donné Angers ès présence de Pierre Plessis dit Gressins praticiens paroisse de St Pierre d’Angers tesmoins

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Contre-lettre (cet acte suivait le précédent dans la liasse aux Archives, et il est passé le même jour) – Le 17 octobre 1531 en notre court royale à Angers en droit par devant nous personnellement estably noble personne Mandé de Cha-zé Sr du Boisbernier en la paroisse de Noelet souzmetant soy ses hoirs etc confesse de son bon gré et sans nul pourforcement que c’est a sa demande et requeste et pour luy faire plaisir seulement que Guillaume Plessis marchand demeurant paroisse de la Trinité d’Angers s’est constitué vendeur avecq luy vers Jehan Aubry licencié ès loix du nombre de 2 septiers et myne de blé seiglé à la mesure des Ponts de Sée …

    j’ai le sentiment d’avoir trouvé là un signe de pauvreté…
    Sans doute devons nous considérer que ces gentilshommes n’avaient pas une bien grande terre ! et que les revenus étaient déjà insuffisants… en 1531 !

L’étude de la famille de Chazé du Bois-Bernier, dont Perrine qui épouse René Du Buat, et est héritière noble du Bois-Bernier, est semée d’embûches, et sera longue sinon improbable :

    Voit l’état des travaux sur la famille de Chazé du Bois-Bernier

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2 réponses sur “Mandé de Chazé crée une rente de blé seigle perpétuelle, Noellet 1531

  1. L’abbé Robert Charles a écrit la généalogie Du Buat en 1886,apparemment à la demande du dernier du nom de la branche cadette. Tout y est sérieux et les sources sont citées sauf un passage assez amusant « La branche ainée d’anjou disparait à cette funeste époque(1575). Claude du Buat de Barillé ,son dernier représentant ,orphelin de bonne heure, s’enfuit à la dérobée du manoir de famille, sur un cheval emprunté à un tenancier voisin, la fougue et l’inexpérience de l’adolescence le jettent au milieu de la lutte des partis, son imprudence lui coutât la vie… »On aimerait trop connaitre la source de cette histoire ou bien Mr l’abbé serait-il influencé par les héros des feuilletons du XIXs ?,il y a un petit coté Alexandre Dumas dans cette description…
    Note d’Odile :
    Alexandre Dumas n’a-t-il pas emprunté à la réalité ?
    Les historiens du 19e siècle doivent toujours être pris avec circonspection, car ils ont été nombreux à cette époque à arranger la vérité.
    Ceci dit, dans cette époque troublée, il est tout à fait normal que les familles aient connu des divisions, des drames… Si vous relisez les ouvrages de base sur les huguenots et les guerres de la Ligue, vous constaterez que ce jeune homme était précisément né dans le type de famille qui a connu ces divisions…

  2. D’après ces documents, en 1531, il y avait deux seigneurs de Bois-Bernier, Macé de Chazé et René Pelaud. Pouvaient-ils être co-seigneurs ?

    J’ai lu ce matin votre étude sur les de Chazé.

    Était-il possible à cette époque de passer un contrat de mariage plusieurs années après que le mariage ait été célébré ? Il me semble que non.

    Vous citez ce qu’a écrit Morin de la Beauluère sur les de Chazé des Moulinets. On y lit entre autres la descendance d’Adrien de Chazé, écuyer seigneur des Moulinets, à qui succéda son fils aîné Georges Dans les registres de Challain-la-Potherie que vous avez transcrits, on trouve que le 21 novembre 1570, René Pelaut, sieur du Boys Bernier, fut parrain de François Rousseau, fils de « noble personnes Esmars Rousseau et Louyse de Chazé, sieur du Perrin et de la Martinaye « . L’autre parrain fut Georges de Chazé, sieur des Moulinetz, et la marraine fut demoiselle Francoyse d’Andigné, épouse de monsieur de Maubusson. J’ai cherché le lien de parenté qui pourrait exister entre René Pelaud, Louise de Chazé, Georges de Chazé et Françoise d’Andigné et je n’ai rien trouvé. D’après la généalogie donnée par Morin de la Beauluère, Georges de Chazé serait le neveu de Perrine de Chazé.

    Je comprends que l’acte de partage de 1564 ne concerne que la métairie de la Bataille et que cet acte ne donne pas le lien de parenté entre Jeanne de Chazé et Perrine de Chazé. Comme vous l’écrivez, si cette dernière hérita des 2/3 de la Bataille, elle était probablement la soeur de Jeanne de Chazé et elle n’avait pas de frère vivant. Est-ce que les autres héritiers Louis et Anceau de Chazé ne pourraient pas être des oncles de Jeanne et de Perrine? Mandé, Louis et Anceau de Chazé seraient frères du père de Jeanne, de Perrine et de Joachim. Jeanne et Ambroise de Chazé, les donatrices de 1575, seraient cousines de René Pelaud, fils.

    Ce qui nous ramènerait à Jean de Chazé et Marie du Buat et en plein mystère.

    Note d’Odile :
    Au 1er § de votre commentaire vous parlez de Macé de Chazé, mais c’est bien Mandé dont il est question. Par ailleurs, je n’ai pas parlé, ou du moins il me semble de René Pelaud seigneur du Bois-Bernier en 1531.
    J’attire votre attention sur le fait que je ne m’en tiens qu’à ce que j’ai vérifié dans des sources originales, et que je ne tiens aucun compte de ce qui a été écrit les autres avant. Ainsi, après vérifications, il n’y a aucune Marie Du Buat femme d’un de Chazé, sauf à ce jour dans l’esprit de Morin de la Beauluère.
    Si je cite les travaux des autres en bas de mon travail c’est pour que vous suiviez tout ce que je vais tenter de vérifier dans les mois qui viennent.
    Vous allez voir d’autres preuves de filiations diverses dans les jours qui suivent, une par une, et je crois sincèrement qu’il faut progresse uniquement sur ce que dit chaque preuve que je vais apporter.
    Ici, le document que j’ai mis ce jour ne donne rien d’autre que le titre de sieur du Bois-Bernier, qui n’est pas une garantie de propriété, car bien des nobles et/ou notables ont porté le titre d’une terre bien des décennies, voire bien des siècles, après avoir vendu ladite propriété.
    Donc l’acte que j’ai mis en ligne ce matin dit seulement qu’un certain Mandé de Chazé vivait au Bois-Bernier en 1531. Et il ne dit rien de plus, si ce n’est qu’il dit qu’il a un grand besoin d’argent…

    Merci de comprendre que je n’en tiens qu’aux preuves et que ce qu’ont vu ou prétendu voir les autres au 19e siècle doit être entièrement vérifié… avant d’en discuter… Dans ce travail, je considère qu’il faut tout refaire en partant de zéro…

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