François Tyreau, de Cossé le Vivien, fait un prêt compliqué qui nécessite 3 notaires, Angers 1595

les affaires compliquées sont traitées à Angers, car c’est généralement trop compliqué pour les notaires locaus, enfin c’est ce que je présume.
Donc, François Tyreau est venu de Cossé le Vivien, emprunter 173 écus un tiers, mais malgré ma retranscription littérale attentive des 3 actes de cet après midi du 7 avril 1595 et la présence de 3 notaires importants Grudé, Serezin et Quentin, j’avoue que l’affaire m’échappe et que j’en perds le fil, sans avoir compris qui prête, et seulement qui sont les cautions Blanchet et Ferragu.
Pour vous convaincre de la complexité lisez le premier acte, qui est manifestement le dernier des 3 actes concernant ce prêt. C’est un véritalble tour de passe passe, mais contrairement à ce qui se passe de nos jours dans les paradis fiscaux, ici tout le monde est rigoureusement nommé et solidaire des autres.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E7 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 7 avril 1595 après midy, en la cour du roy notre sire Angers endroit par devant nous (Grudé notaire Angers), personnellement estably noble homme Guy Dupont recepveur des décimes d’Angers demeurant en ceste ville soubzmetant confesse que combien que de jourd’huy et auparavant ces présentes François Tyreau sieur de la Frenouze demeurant au lieu et maison seigneuriale de Salleux à Cossé le Vivien, noble homme Georges Blanchet sieur du Grand Boys lieutenant du prévost en la maréchaussée d’Anjou au ressort de Château-Gontier, et Me Estienne Feragu clerc commis au greffe de la prévosté d’Angers et y demeurant, luy ayent chacun d’eulx seul et pour le tout consenty obligation de la somme de 173 escuz un tiers à cause de prest et icelle rendre dedans 6 mois comme apert par l’obligation qui en a esté faite passée par devant nous néanlmoings la vérité est que ladite somme est des deniers propres de noble homme Jacques Ernault sieur de la Dannerye

    pour Daumerie (voir commentaire ci-après de Luc)

conseiller du roy au siège présidial d’Angers à ce présent stipulant et acceptant lequel a fourny et baillé ladite somme de 173 escuz un tiers pour faire prest d’icelle auxdits Tyreau Blanchet et Feragu soubz le nom dudit estably à la prière et requeste dudit Ernault au profit duquel il a renoncé et renonce à ladite somme de 173 escuz un tiers et en tant que besoing est luy en a fait cession et transport ensemble de tous et chacuns les droits qui luy pourroient compéter et appartenir par le moyen de la dite obligation à l’encontre des obligés par icelle pour d’icelle somme s’en faire par ledit Ernault poyer ainsi que eust fait ou peu faire ledit Dupont par le moyen de ladite obligation a ses despens périls et fortunes sans aulcun garantaige et pour tout garantaige a consenty que prenne de nous notre grosse ou copye de ladite obigaiton comme à luy appartenant, ce que ledit Ernault a stipulé et accepté, à laquelle promesse cession tenir etc oblige ledit estably etc renonçant etc foy jugement condemnation etc fait et passé Angers en présence de René Serrzin et Pierre Quentin tesmoings

  • maintenant je vous mets la contre-lettre, et je passerai sur l’obligation elle-même car ces 2 actes en disent plus.
  • Le vendredi 7 avril 1595 après midy, en la cour du roy notre sire Angers par devant nous Mathurin Grudé notaire d’icelle personnellement establis honneste homme François Tyreau sieur de la Frenouse demeurant au lieu et maison seigneuriale des Alleuz paroisse de Cossé le Vivien soubz mectant etc confesse que aujourd’huy et auparavant ces présentes à sa prière et requeste et pour luy faire plaisir seulement noble homme Georges Blanchet sieur de Grandbois lieutenant du prévost de la maréchaussée d’Anjou au ressort de Château-Gontier estant de présent réfugié en ceste ville et Me Estienne Feragu clerc commis au greffe de la prévosté de ceste ville et y demeurant à ce présents stipulants et acceptants se soyent avecques ledit estably chacun d’eulx seul et pour le tout sans division obligés envers noble homme Guy Dupont recepveur des décimes du clergé d’Anjou demeurant audit Angers en la somme de 173 escuz ung tiers à cause de prest et icelle somme rendre dedans 6 mois prochainement venant comme apert par l’obligation qui en a esté faite passée par devant nous et combien que par icelle aparoisse que lesdits Blanchet et Feragu ayent eu et receu ladite somme comme ledit Tyreau estably néanlmoings la vérité est que ledit estably a pour le tout eu et receu ladite somme de 173 escuz un tiers sans qu’il en soit demeuré aulcune chose entre les mains desdits Blanchet et Feragu ne aulcune partie d’icelle tournée à leur profit ains toute ladite somme tournée au profit dudit Tyreau comme il a recogneu et confessé par devant nous, et d’icelle somme s’est tenu à contant et en a quité et quite lesdits Blanchet et Feragu et partant a ledit Tyreau estably promis et promet auxdits Blanchet et Ferragu de payer et rendre pour le tout et de ses propres deniers audit Dupont ladite somme de 173 escuz un tiers dedans ledit temps de 6 mois et dedand iceluy les tirer et mettre hors du contenu en ladite obligation et les en acquiter libérer et indemniser et rendre quites et indemnes et leur en fournir et bailler dudit Dupont acquit et quitance bonne et vallable dedans ledit temps à peine de toutes pertes despens dommages et intérests stipulés et acceptés par lesdits Blanchet et Feragu en cas de deffault, à laquelle promesse et tout ce que dessus tenir etc dommages etc oblige ledit estably renonçant foy jugement condemnation etc fait et passé audit Angers maison de Me Jacques Ernault sieur de la Dannerye en présence de Me Nicolas de la Chaussée sieur de la Bretonnière advocat Angers et René Serezin demeurant Angers tesmoings

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog

    7 réponses sur “François Tyreau, de Cossé le Vivien, fait un prêt compliqué qui nécessite 3 notaires, Angers 1595

    1. E.1686.(Carton.)-8 pièces,parchemin;1 pièce,papier.
      1492-1731.-BLANCHET.
      -Acquêt par Mathurin Blanchet marchand,d’un jardin près la Tannerie d’Angers;-brevet pour Pierre Blanchet,sieur de La Bastière,de l’office de lieutenant royal des droits de sortie et d’entrée en la ville de Montaigu;-dispense pour cause de parenté avec Nicolas Payneau,son frère,gardes scel en la juridiction des Traites de la même ville.;-quittances du prix d’achat de son office et des droits du marc d’or et de confirmation.;-acquêt par Jacques Blanchet,sieur de La Martinière,conseiller de la Prévôté d’Angers,de la closerie de La Grande-Turpinière.
      (Série E.Titres de famille.AD de Maine et Loire C.Port.)

    2. Bonjour,

      c’est vraiment un détail (et comment est-il vraiment écrit dans ce document ?), mais les Ernault sont sr de la « Daumerye » (Daumerie) et non de la « Dannerye ».

      Bien cordialement

        Note d’Odile :

      Bonjour
      Je vous crois volontiers, d’autant que dans le dictionnaire de la Mayenne, de l’abbé Angot, à l’article DAUMERIE, on trouve des Ernault.
      Sur l’original de 1595 que vous voyez ici, il manque une jambe pour faire Daumerie, car en paléographie on doit toujours compter les jambes.
      Par ailleurs, à l’époque, les parties n’exhibaient pas de pièces d’identité, mais déclinaient oralement les identités, et le notaire notait ce qu’il entendait.
      Donc nous avons tous les deux raisons, et j’ajoute donc dans le texte qu’il faut sans doute comprendre DAMERIE pour Daumerie, en renvoyant à votre commentaire, dont je vous remercie, car il est constructif, comme toujours
      bonne jourée
      cordialement
      Odile

    3. -Ces lieux dits qui évoluent à travers le temps…
      -La forme patoisante .
      -Mergot à Miré,devenu Margot ou Mergotte par tradition orale.
      -Et pour peu que l’oreille du notaire ,soit un peu déficiente …

    4. Bonjour,
      Un autre document de la même époque pourrait nous dire s’il s’agit d’une forme ancienne de ce nom (ces formes anciennes doivent parfois être instructives), ou s’il s’agit d’une « erreur »du notaire ?
      Cordialement

    5. -Voir billet blog Mme O Halbert  » René Pelaud,sieur du Bois-Bernier,emprunte 513 écus. Angers 1582″

      -E 2402(Carton)
      -1473- 1746.-ERNAULT.-
      -Commentaire du 12 8 2009.

    6. Bonjour,
      sur l’acte « Vente à réméré des métaires de la Rachère, la Fouilleterie, les moulins à eau et à vent, et étang de la terre du Bois-Bernier, Noëllet 1598 », Jacques Ernault est également dit sr de la « Dannerie ». Ce pourrait donc être une forme ancienne de la « Daumerie ».
      Cordialement

    7. Bonjour à vous deux

      L’acte suivant, que vous avez par ailleurs bien trouvé, pendant que je le faisais aussi, mais entre temps j’étais d’abord occupée à ma retranscription pour le jour suivant, ce qui est mon occupation matinale chaque jour.
      Et j’avais projeté de tout mettre ensemble sur le site, car je dois envoyer les vues sur le site avec mon logiciel de transfert et mes interminables mots de passe si longs que j’y passe mon temps/
      Donc je suis en train de le faire.

      Voici l’acte que nous avons tous retrouvé :

      Jeanne, Ambroise et Françoise de Chazé, filles puînées de Mandé de Chazé réclament à René Pelault leur part d’héritage et transigent avec son créancier Jacques Ernault, Noëllet 1605

      et voici l’extait concernant Jacque Ernault :

      Il s’avère qu’ici il est bien écrit le nombre de jambes pour DAUMERIE
      je rectifie donc dans l’acte avec mes explications.

      Je suis décolée, mais je suis une très bonne paléographe, et les noms propres sont TOUJOURS une source de variantes et erreurs.
      En conclusion, la DAUMERIE n’a pas changé, mais parfois les notaires entendaient de travers, et écrivaient très mal, donc tous les noms propres ne sont pas à prendre à la lettre.

      Bonne journée
      Odile

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.