Pierre Grain de Saint Marsault chevalier de l’ordre de saint Jehan de Jérusalem, commandeur de Bourgneuf et Thairé en Aulnis donne procuration : Angers 1619

Il y a un an je vous emmenais paroisse du Temple à Clisson à la chapelle des Templiers, et j’admirai leur esprit de pauvreté. Ici, il semble bien qu’on possède beaucoup de commanderies et de biens. Vous avez la liste actuelle des commanderies et leur histoire sur le site Templiers. Tous les noms cités dans l’acte qui suit ne sont pas les mêmes que ceux que donne ce site.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E36 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 24 janvier 1619 avant midy, devant nous Jehan Baudriller notaire royal à Angers a esté présent personnellement estably et duement soubzmis frère Pierre Grain de Saint Marsault chevalier de l’ordre de saint Jehan de Jérusalem, commandeur de Bourgneuf et Thairé en Aulnis, procureur et recepveur dudit ordre au grand prieuré d’Acquitaine, lequel de son bon gré et volonté a fait nommé et constitué fait nomme et constitue ses procureurs généraulx et spéciaux en la meilleure forme et manière que faire se peult et sans desroger aux précédentes procurations cy devant consenties aux mesmes procureurs cy après ou autres chacuns de frères Maurice de Lesmeleux commandeur de Saint Remy, Toussaint de Ternect commandeur de l’Isle Bouchard, le chavalier de Sanaillan, Olivier d’Escoublanc la Touche, Pierre Feullan ? Lanoue, Charles de Saint Offange, Charles Chenu Basplessis, René Baillot du Chastelier, tous chevaliers dudit ordre estant de présent en l’isle et cité de Malte, chacun ung seul et pour le tout selon leur rang d’ancienneté l’un en l’absence (f°2) de l’autre auxquels et à chacuns d’iceuls il a donné et donne plein pouvoir puissance et autorité d’estre et comparoir et sa personne représenter en ladite ville et cité de Malte par devant monseigneur illustrissime grand maistre de l’ordre et illustres seigneurs de ses vénérables conseils des rétentions ordinaires et faire si besoing estoit ou seroit ès vénérables langues collettes loges commissaires et en tous lieux et endroits qu’il appartiendra et voyront bon estre ses procureurs tant en demandant qu’en deffendant pour la conservation des droits prééminaulx dudit constituant qui luy pourront toucher en son rang ordre et spécialement et particulièrement en la vénérable langue de France au prieuré d’Acquitaine l’un des procureurs en l’absence de l’autre selon leur ancienneté demandron pour ledit constituant vacquance advenir ou advenant cy après des commanderies dudit prieuré d’Acquitaine pour son améliorissement et selon les loix estant (f°3) louables coustumes dudit ordre les commanderies spécifiées cy après prenant et demandant pour ledit constituant la meilleure et laissant la moindre et prenant l’une des y desnommées et déclarées en la présente pour son améliorissement de laisser pour l’une d’icelle demandée et requise en la susdite manière la commanderie dudit Bourgneuf et Thairé en Aulnis et en prenant laissant et laissant prenant suivant et au désir desdits establissemens et non autrement et sans préjudice d’une part et d’autre aux droits appartenant au commun resor dudit ordre c’est à savoir les commanderies nommées et spécifiées aux procurations et mémoires cy davant envoyées audit Malte et de plus et outre lesdites commanderies portées par lesdits mémoires et procurations demandées prendre et retenir les commanderies de [l’hospital ancien d’Angers (barré)] Fretay Villedieu Manton Rochevilledieu de Pontiers, Coudrye, Auzon et Praillet, Villegast, la Lande de Verchy, (f°4) l’Isle Bouchard, Saint Rémy, icelles comme dit est prenant laissant et laissant prenant et non autrement la meilleure et laissant la moindre ; oultre a ledit constituant donné pouvoir et puissance à sondit procureur ou l’un d’eux cy davant nommés de comparoit pour luy partout où besoing sera mesmes en la chambre des Comptes audit Malte et en luy rendre les comptes de la recepte et charge qu’il a eus et administrés et qu’il a encores à présent ou aura cy après en vertu de la procuration de sa seigneurerie illustrissime grand Me et révérant seigneur du commun trésor dudit ordre, faire passer lesdits comptes ainsi que seront envoyés à sesdits procureurs, affermer et faire clore et arrester en ladite chambre des Comptes dudit commun trésor et autres qu’il appartiendra défendre et vérifier par devant lesdits seigneurs du trésr les articles dudit compte ; maintenir et conserver les droits du constituant en la redition d’iceux (f°5) ainsi qu’il appartiendra de payer le relicquat si faire se doibt et fraicts qui pour ce seront requis faire ; a aussi donné et donne puissance à sesdits procureurs ou l’un d’eulx de substituer ung ou plusieurs procureurs comme bon leur semblea pour gérer et négotier faire et ensuivre tous ce que dit est et avecq pareil pouvoir que dessus et ce que l’un desdits procureurs aura commencé, l’autre ou leurs substituz le puisse parachever et généralement faire tout ainsi que feroit ou faire pourroict ledit constituant si présent en personne y estoit promettant avoir le tout agréable ferme et stable et n’y contrevenir en aulcune manière que ce soit. Fait et passé audit Angers en nostre tablier en présence de Mathurin Métairye et Pierre Esnault praticiens demeurant Angers tesmoings.

 

Gilles de Beauveau, évêque de Nantes, ajoute un prénom à un enfant déjà baptisé : Clisson 1713

En fait, il ajoute même un prénom à 2 petites filles que voici :


Clisson Notre Dame le 2 août 1713 « monseigneur de Nantes Gilles de Beauveau donnant la confirmation aux enfants de cette paroisse et autres dans l’église de la Trinité de celieu a augmenté le nom de Marie à Marguerite Aubin fille de h. h. François Aubin vitrier et ciergier et de defunte Marie Coiffard, et a adjouté le nom de Cécile à Marguerite Crossouard fille de deffunt h. h. Crossouard et Renée Pilon »

J’ai pourtant beaucoup lu d’actes de baptême anciens, mais je n’avais encore jamais rencontré une telle mention !
Donc il s’agit de Marguerite Marie Aubin et Marguerite Cécile Crossouard, à moins qu’il faille lire les 2 prénoms en sens inverse et dire Marie Marguerite Aubin et Cécile Marguerite Crossouard.

Dernière minute :
Le prénom Cécile est bien mis avant Marguerite qui était le précédent prénom, car je trouve le 28 octobre 1713 « Pierre fils de Me René Gouraud général d’armes et h. femme Magdelaine Crossouard parrain h. h. Pierre Louvel, marraine h. fille Cécile Marguerite Crossouard tante »
Ce sont donc des enfants en âge de confirmation auxquels on a ajouté un prénom, et non des nouveaux nés.

Place aux femmes dans le registre paroissial de Clisson Saint Jacques : ici en 1737

Poursuivant mon dépouillement exhaustif des registres paroissiaux de Clisson, j’oberve sur Clisson Saint Jacques une place des femmes qui est tout à fait inhabituelle. En effet, dans les registres paroissiaux, force est de constater que témoins sont plus que rarement des femmes etc…
Or, non seulement elles sont tout autant témoins que les hommes, mais même parfois elles viennent avant eux.
Ainsi j’ai observé plusieurs fois dans un baptême que la marraine était nommée avant le parrain. C’est une place pour le moins inhabituel.
Je vous mets même ici la mère avant le père, et c’est tout aussi inhabituel.


Clisson Saint Jacques le 18 janvier 1737 baptême de « Marie Anne fille de Marie Epiard et Estienne Allard parrain Estienne Dupont marraine Thérèse Belleroche de la paroisse de la Trinité »
Le prêtre a une écriture assez spéciale, que je peine à déchiffrer et cela n’a rien à voir avec la paléographie, mais avec la graphie tout court, car il écrit mal. Mais avouez tout de même qu’on peut lire le nom de la mère avant celui du père !!!

J’ignore totalement si le Jansénisme dont cette paroisse est un bastion à cette date y est pour quelque chose ?

Nomination de crieur de patenôtres : Angers 1624

par Amaury de l’Advocat, official du diocèse d’Angers (AD49 série 5E5)

Je pense que l’acte qui suit aide sans doute à mieux percevoir ce curieux métier, donc je le propose d’abord, puis mes tentatives d’explication suivront :

Retranscription de l’acte notarié :
Le 2 août 1624 après midy, par devant nous Nicolas Leconte notaire royal à Angers, Me Amory Deladvocad prestre official d’Angers (juge ecclésiastique du diocèse) et chapelain de la chapelle du Mesnil deppendant de la seigneurie du Gast et auquel chapelain appartient la nomination et provision (en matière éclésiastique, droit de pourvoir) de la charge de crieur de pastenostres de ceste ville d’Angers fondée entiennement (anciennement bien entendu) par les seigneurs du Gast et attribué la provision audit chapelain lequelle a présentement pourveu et pourvoit René Massonneau demeurant en la paroisse Sainct Maurille de ceste ville, lequel a ce présent et stipulant et deuement estably soubmis et obligé a promys et demeure tenu de bien et deument faire et exercer icelle charge de cryeur de patenostre, de ladite charge de crieur de pastenostres vacquant par la mort de feu Nicollas Terré pour y faire la charge comme on a accoustumé et jouir des revenuz et profitz gages et esmolluements accoustumez dont il a requis acte qui luy a esté octroyé par ledit notaire, fait audit Angers maison dudit sieur Deladvocad en présente de Pierre Tesnier et Jan Lebecheux praticiens audit Angers tesmoins, ledit Massonneau a dit ne savoir signer.

Pour tenter de comprendre j’ai consulté beaucoup de dictionnaires anciens, puis Diderot, puis plus modernes, à l’article patenôtre, qui vient bien sur de Pater noster.

Diderot ne voit que l’aspect chapelet et sa fabrication. Cela ne convient donc pas car cela implique un objet : une marchandise et un commerce. On voit mal l’official nommer à un commerce !
le Larousse du moyen Français (époque Renaissance) donne : 1. Oraison dominicale. – 2. Prière dite en d’autres occasions. – 3. la patenostre du singe : grognement, discours inutile (Rabelais). – 4. Grains de chapelet.
le Dictionnaire de L’Académie française, 4th Edition, 1762 donne déjà mieux : patenôtre : On appelle ainsi parmi le peuple, L’Oraison Dominicale, ou le Pater; & on comprend aussi sous le même nom l’Ave, & les autres premières prières qu’on apprend aux enfans. Cet enfant sait sa Patenôtre. – Il se dit aussi populairement pour Toute sorte d’autres prières chrétiennes. Dire ses Patenôtres. Avez-vous achevé vos Patenôtres ? C’est une grande diseuse de Patenôtres. – On dit proverbialement & bassement, quand un homme gronde & murmure entre ses dents, qu’Il dit la Patenôtre de singe. – Patenôtres, au pluriel se prend aussi populairement pour Les grains d’un chapelet, & pour tout le chapelet.
Mais plusieurs dictionnaires font allusion au fait que les prières étaient marmonnées… Et le dictionnaire encyclopédique Larousse donne une définition plus satisfaisante 1. Prières où dominaient les Pater Noster, que récitaient les frères convers dans l’office religieux. – 2. Prières que marmonaient les fidèles illetrés incapables de suivre l’office litturgique célébré à l’époque en latin. – 3. Prières quelconques ou suite de prières plus ou moins intelligibles.

Me souvenant alors que j’ai longtemps suivi la messe en latin, que nos ancêtres devaient la suivre en latin, qu’ils ne savaient pas tous lire, je pense alors qu’ils ne connaissaient pas tous les prières parfaitement, et comme le dit si joliement Rabelais ils grommelaient. J’ai alors cru que ce seigneur du Gast avait créée la charge de crieur de patenôtres, pour réciter dans l’église à haute et intelligible voix les prières.
Mais, selon Mr Bodard de la Jacopière (Chroniques Craonnaises, p. 660) : « l’usage était établi à Craon, d’avoir un crieur de patenôtres, qui, à minuit, devait parcourir les rues et rappeler aux habitants trop endormis, l’obigation de ne pas oublier les pauvres trépassés. A cet office, encore existant en 1616, était attachée une maison en appentis, rue des Juifs, et un jardin à la porte Valaise. Sa nomination était dans les attributions du sénéchal, ce qui doit faire penser que ces fonctions n’étaient pas étrangères à la police de ville. Ces crieurs de nuit succédaient aux veilleurs du moyen âge, chargés la nuit, de crier dans les rues l’heure indiquée par les clepsydres et les sabliers avant l’invention des horloges, c’est à dire avant 1350 ou 1380. »
Donc, à Angers paroisse saint Maurille, c’était un crieur nommé par l’église (pouvoir religieux) alors qu’à Craon il était nommé par le sénéchal (pouvoir civil). Nommé par l’église, ce qu’il criait dans les rues, devait être l’heure des prières ou des offices religieux, dans doute pour les trépassés. Je ne suis pas certaine qu’il se soit limité de crier à minuit car autrefois, on se couchait très tôt et on se levait très tôt, et à minuit l’immense majorité des habitants dormait. A moins qu’il n’ait eu pour charge de penser, de réciter des patenôtres dans les rues pour les trépassés pendant que la population dormait, afin qu’ils ne soient pas oubliés pendant ce temps d’assoupissement général…
Ainsi, Mr Bodard de la Jacopière avait une mention jusqu’en 1616 et mon acte notarié le mentionne en 1624, peu après, mais cette fois à Angers.
Ne me demandez pas de quel Gast il s’agit, car Célestin Port en donne plusieurs. Par contre saint Maurille, à ne pas confondre avec saint Maurice qui est la cathédrale, était une collégiale avec chapitre de 8 chanoines. L’église possédait, entre autres reliques, du sang de Jésus-Christ, des débris de son sépulcre, du lait de la Vierge, des cheveux de sainte Cécile, un doigt de saint Gilles. On y venait invoquer saint Avertin contre les maux de tête et Notre Dame des Serpents contre les mauvaises langues. (Dict. Maine-et-Loire, C. Port). L’église a disparu à la Révolution, pour l’aménagement de la place du Ralliement. Elle était située au haut de la place, vers la rue St Maurille. Le service paroissial, supprimé en 1790, fut transféré aux Cordeliers, avec celui des églises saint Denis et saint Michel du Tertre.

  • Commentaires
  • 1. Le lundi 14 juillet 2008 à 16:09, par Du Périgord

    Dans notre Périgord noir, il existe un lieu-dit qui se nomme Pater Noster …

    Note d’Odile : le collet de Pater Noster à Coursegoules (06), Pater Noster à La Bachellerie (24), Pater Noster à Bonifacio (24), Pater Noster au Pouget (34), et Vallat de Pater Noster à Malaucène (84). Et en Allemagne l’ascenceur non stop qui tire son nom de la chaîne à godets auquel il emprunte son système.

    2. Le mardi 15 juillet 2008 à 12:02, par Du Périgord

    Décidément, vous êtes un puits de connaissance !

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    Les luminaires des fondations faites à l’église Sainte Croix d’Angers 1640-1659

    Cet acte est un feuillet lié à l’acte précédent, qui concernait le bail des luminaires de l’église Sainte Croix d’Angers. Le bail faisait suite au bail précédent, daté de 1640, et signé par le père de Gabriel Denyau, et ici on a donc uniquement le complément de luminaire concernant les fondations faites entre 1640 et 1659
    Elles sont au nombre de 4 fondations, d’importance très inégale, mais 4 fondations en 19 ans, c’est beaucoup quant on songe aux siècles précédents qui s’accumulent ainsi.

    Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E4 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

    Fondations acceptées à Ste Croix depuis le 17 décembre 1640
    Le 21 février 1641 la fondation d’un service et vigile et 3 messes pour defunt monsieur de la Brosse pour le luminaire qui a servi à dire le dit service 10 sols par chacun an il en a 17 années le 17 décembre 1658 se sont 8 livres 10 sols
    Le 19 juillet 1649 pour maistre Jean Houdyer 2 anniversaires et vigiles et une messe chacun an à la feste de ste Anne 2 saluts, il y a 30 sols assignés par chacun an pour le luminaite il a 8 années eschues le 19 juillet 1658 se sont 12 livres
    Le 20 avril 1656 a esté acceptée la fondation de madamoiselle la Brosse de vigiles et 3 messes il a 2 années eschues le 20 avril 1658 10 sols par chacun an se sont 20 sols
    Le 9 septembre 1657 a esté acceptée la fondation pour monsieur Aveline 12 grandes messes 2 services et vigiles et 3 grandes messes 3 saluts il a y a une année eschue le 9 septembre 1658 60 sols
    somme totale 22 livres 10 sols

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    Yves Brundeau et Israël Boury vendent leurs parts à Saint Martin du Limet pour payer calice et chape à l’église : 1632

    Selon le testament Roullière, ce qui laisse penser que cette famille Roullière est originaire de Saint Martin du Limet.

    Je descends des BRUNDEAU et Yves Brundeau est mon proche parent sans que j’ai pu trouver à ce jour une preuve du lien précis. Yves Brundeau était un marchand fermier très actif en affaires, et j’ai déjà une vingtaine d’actes notariés, soit prêts soit baux ou ventes. Une grande partie de ces actes étaient passés au Lion, mais sont classés à Angers série 5E36.

    Ce grand marchand fermier vit à la date de l’acte qui suit (1632) à la Roche aux Fels, au Lion d’Angers, et je vous invite à aller voir sur ma page du Lion d’Angers mes commentaires sur ce lieu. Car il y a quelques années de cela, des historiens ont cru bon de déformer la malheureuse famille FEL, qui est certes tombée en quenouille, en fées, et ils ont même cru bon de voir des fées à la Roche !!!!! (encore stupéfaite à chaque fois que les actes que je dépouille attestent toujours les FELS de la famille FEL). Que de félonie dans ces historiens !

    Il est originaire de Marans, d’où est ma Jeanne Brundeau, et lui sert de parrain à l’un de ses enfants. Ils sont contemporains, mais sans que j’ai le degré prècis de parenté : soit frère et soeur, soit cousins.

    Enfin cet acte comporte une immense particularité. En effet à la fin on trouve une clause originale : les 2 vendeurs ne sont pas certains qu’ils sont bien propriétaires ce qui signifie qu’ils ne sont pas surs que les partages ont été bien faits !!!! (je mets beaucoup de points d’exclamation, pour témoigner ma stupeur) Parfois quand je tappe mes retranscriptions je suis en effet stupéfaite.

    Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E36 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

    Le 26 juillet 1632 avant midy par devant nous René Billard notaire de la chastellenye du Lion d’Angers furent présents en leurs personnes establiz et soubzmis soubz ladite cour chacuns de noble homme Yves Brundeau sieur de la Gaullerye demeurant au lieu seigneurial de la Roche aux Fesles paroisse du dit Lyon, et noble homme Israel Boury sieur de la Bretese demeurant au lieu de la Loge paroisse saint Aubin du Pavoil, ayant les droits des héritiers de deffunts Adrien Roullière lesquels confessent avoir aujourd’huy vendu quitté cédé délaissé et transporté et encores etc perpétuellement par héritage à Jean Chevrolier mestayer demeurant au lieu et mestairie de la Ferronnière paroisse st Martin du Limet, lequel a achepté et achepte pour luy etc scavoir est tous et chacuns les parts et portions qui peuvent compéter et appartenir auxdits vendeurs tant maisons rues et issues jardins prés vergers et terres labourables et non labourables situés au village et environs de la Bohiere paroisse dudit st Martin du Limet, comme lesdites choses appartiennent auxdits vendeurs et qui leur sont echeues par partage faits entre Me René Margueriteau advocat Angers et lesdits vendeurs sans aucune réservation en faire, et lesquelles choses ledit acquéreur a dit bien cognoistre fors et réservé la part et portion de (blanc) Boys qui n’est compris au présent contrat outre la charge dudit acquéreur de laisser jouir Mathurine Rousseau sa vie durant de partie desdites portions de maisons et terres qui luy ont esté laissées ainsi qu’il est dit et porté par lesdits partages recours à iceux et après le décès de ladite Rousseau lesdites choses demeureront audit acquéreur comme estant comprinse au présent contrat, outre à la charge dudit acquéreur de paier les cens rentes et debvoirs tant par grains que par argent et autres choses mesmes de paier les leis (je suppose pour « legs ») aux églises où ils sont deuz et accoutumés tant du passé que de l’advenir, le recours dudit acquéreur réservé pour lesdites debtes et legs cy dessus deuz pour le passé à l’envontre de René Leroier qui a jouis et jouist à présent desdites choses et ce à ce périls et fortunes sans aucun garantage et sans qu’il en puisse faire aucune demande et recherche auxdits vendeurs, outre à la charge dudit acquéreur de paier et acquiter en la descharge desdits vendeurs les ventes et issues qu’ils pourroient debvoir à cause de leurs contrats au fief de la Soubardière seulement, outre à la charge de garder les servitudes tant des maisons que chemins pour aller exploiter les terres desdites choses cy dessus si aucunes sont deuz, et est faite la présente vendition cession delais et transport outre les charges cy dessus pour et moyennant le prix et somme de 300 livres tournois, de laquelle somme ledit acquéreur deument soubzmis et estably soubz ladite cour a promis et s’obliger paier en l’acquit desdits vendeurs la somme de 250 livres tz aux procureurs et paroisse dudit st Martin du Limet pour employer à achepter une chapelle de damas et le devant d’une robe à mettre devant la représentation de la Notre Dame dudit st Martin du Limet, le tout blanc et à fermeture, un escusson au nom de Renée Roullière y sera employé et mesme pour achepter un calice de plataire et choppineaux d’argent le tout suivant et au désir du testament de ladite deffunte Roullière, lequel acquéreur demeure tenu et obligé de fournir de quittance auxdits vendeurs à ses frais et despens et en acquiter lesdits vendeurs vers lesdits procureurs et paroissiens dudit st Martin attendu que lesdits vendeurs sont chargés par lesdits partages de paier ladite somme de 250 livres pour achepter lesdits ornements calices plataires et chopineaux ci-dessus spécifiés,

    et le reste de ladite somme de 250 livres montant la somme de 50 livres ledit acquéreur a promis et demeure tenu et obligé icelle somme paier auxdits vendeurs dans le jour et feste de Toussaint prochainement venant sans aucun intérests, et outre est accordé entre lesdites parties que au ca qu’il se trouvast autre personne que ledit Bois ( ?) ou ses héritiers qui demandast quelques portions desdites choses ci-dessus vendues et contenues dans lesdits partages qui eust tiltre vallable pour soutenir ce qui seroit demander, en ce cas lesdits vendeurs rendront le prix à la concurrence et valleur de toutes lesdites choses cy dessus vendues au prix de la somme principale portée parledit contrat seulement, sans que ledit acquéreur puisse rien prétendre contre lesdits vendeurs des despens dommages et intérests fors le prix de l’acquest desdites portions de maisons terres qui seront apréciées par 2 marchands dont lesdits vendeurs et ledit acquéreur leurs hoirs conviendront en la première sommation qui en sera faite et ce 15 jours après sans préjudice auxdits vendeurs de repetter la moitié de ce que lesdits vendeurs avoient pourroient paier à ceux qui demanderoient lesdites portions et ce contre Me René Marguariteau et sa femme et autres ainsi que lesdits vendeurs voiront estre à faire et ce à leurs périls et fortunes, et par ces présentes lesdits vendeurs ont quité l’année présente de la ferme et jouissance desdites choses, à la charge d’en jouir et s’en faire paier contre ledit Leroyer ainsi qu’il verra estre à faire et néantmoings lesdits vendeurs se sont réservé et réservent les autres précédentes années pour s’en faire paier ainsi qu’ils verront estre à faire, le présent contrat ne pourra aucunement préjudicier aux demandes et autres droits entre lesdits sieur Brundeau et Bouri qu’ils ont à terminer entre eux pour raison de la dite succession dudit deffunt Roulliere, dont et audit contrat et tout ce que dessus est dit tenir garantir par lesdits vendeurs eux et chacun d’eux seul et pour le tout sans division de personnes ne de biens etc obligent lesdits vendeurs renonçant au bénéfice de division discussion et d’ordre de priorité et postériorité etc foy jugement et condemnation etc fait et passé audit Lyon maison de Georgine Bordier ostesse (sic) présents Marin Gurye escuier sieur du Mats demeurant Angers et Phelippes de Sassy demeurant au Lyon Nicolas Rabory clerc demeurant audit Lyon et encores Guillaume Racapé demeurant en la paroisse de Bouchamps tesmoings, lesdits acquéreur et Racappé ont dit ne savoir signer

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