A Noël, on chantait la généalogie : Gené (49)

Les archives de la paroisse de Gené contiennent les coutumes de la paroisse et je vous mettais avant-hier le jour de la glane autrefois, hier la bénédiction des semences et voici « le chant de la généalogie ». Oui, oui, vous avez bien lu, mais ceci dit il s’agit des coutumes de l’église de la paroisse de Gené, donc il s’agit d’un chant religieux, donc de la généalogie du Christ. Lorsque j’étais petite, je me souviens des 3 messes qui commençaient à minuit et finissaient à plus de 2 h 30 du matin dans les années 1945 et suivantes, mais je ne me souviens pas avoir assisté avant ces 3 messes à une veillée pourtant c’est bien ce qui se passait autrefois à Gené (et surement ailleurs, et je mets Gené ici en exemple). Lors de cette veillée précédant les 3 messes de minuit, on chantait la généalogie de Notre Seigneur Jésus Christ selon Saint Matthieu que vous pouvez entendre aujourd’hui grâce à Internet. A Gené  :« 25 décembre Noël, la veille le soir de l’office à 10 h 30 on chante les matines, la généalogie et le Te Deum, et à minuit on commence la grand messe suivie d’une ou plusieurs messes. » (Archives Diocésaines du Maine-et-Loire)

La bénédiction des semences autrefois était liée à Saint François d’Assise, Gené (49)

Les archives de la paroisse de Gené contiennent les coutumes de la paroisse et je vous mettais hier le jour de la glane autrefois, aujourd’hui la bénédiction des semences.  J’ai vu à mon époque la bénédiction de bateaux, d’animaux, mais je ne savais pas qu’autefois on bénissait les semences, et encore moins qu’elle était liée à Saint François d’Assise. A Gené  : « Le dimanche qui précède le 4 octobre, jour de la Saint François d’Assise, on annonce la messe chantée et la bénédiction des semences qui la suit. » (Archives Diocésaines du Maine-et-Loire)

 

Livraison de 19 pipes de vin à l’abbaye Toussaint : Angers 1592

En Anjou la pipe vaut 475,6 l donc les moines de l’abbaye Toussaint d’Angers reçoivent 9 036,4 litres de vin mais non seulement les moines devaient être assez nombreux, mais le personnel qui gravitait autour aussi, et l’acte dit même qu’il y avait des prisonniers, donc probablement une centaine de personnes et cela donnerait 90 litres chacun, soit un quart de litre chacun par jour. Les moines d’Angers sont livrés par une autre abbaye, et pour mémoire, ce sont les moines au 9ème siècle qui ont implanté un peu partout la vigne en France. Et pour mémoire, autrefois, le vin était moins dangereux que l’eau, qui était le plus souvent contaminée.
L’acte m’apprend surtout la présence de prisonniers dans l’abbaye, ce dont j’étais très loin de me douter.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E1 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 6 novembre 1592 avant midy,  en la court du roy notre sire Angers endroit par davant nous personnellement establis vénérables personnes les religieux et couvent de l’abbaye Toussaint d’Angers duement agrégés et assemblés ès clouastres de ladite abbaye es personnes de frère Loys de Morton secretain, Anthoine de la Poueze chambrier, Nicolas Boisard prieur de Millon, Pierre Barbot chantre, Denis de Beaurepère, Julien Genest et Pierre Gallot tous religieux de ladite abbaye, soubzmectans eulx et tous et chacuns les biens de leurdit couvent présents et advenir au pouvoir etc confessent avoir ce jourd’huy eu et receu de vénérable et discret Me Nicolas Bouvery prêtre abbé de ladite abbaye par les mains de Me Guillaume Amys sont procureur et entremetteur qui leur a baillé et livré en présence et à vue de nous le nombre de 19 pipes de vin blanc nouveau bon franc loyal et marchand, à quoi lesdits sieur abbé et religieux ont convenu et accordé pour le fournissement du vin que ledit abbé était tenu fournir en ladite abbaye en l’année qui a commencé à la St Martin d’Higner dernier passé et finira à la st Martin d’Hygner prochaine qu’on dira 1593 (f°2) au moyen duquel fournissement de 19 pippes de vin demeure le sieur abbé quite tant du vin qu’il estoit tenu bailler et fournir auxdits religieux tant présents que absents sains ou malades et leurs gardes, ensemble pour la célébration des messes deues en ladite abbaye que de tout le vin que ledit sieur abbé estoit tenu fournir en ladite abbaye pour ladite année, et dont ils ont promis et demeurent tenus acquiter ledit sieur abbé vers tous fors et non comprins le vin qu’il doit au celerier et son serviteur et à frère Laurent Chalumeau aussi religieux de ladite abbaye de présent absent, aulx chirurgien cuisinier buandier de ladite abbaye, prisonniers et l’adree etc sans au surplus préjudicier à la transaction faite entre lesdits abbé et religieulx le 10 août dernier, renonçant etc foy jugement et condemnation etc fait et passé es clouastre de ladite abbaye en présence de Me Maurice Hamelin et Sébastien Goddes

Pierre Grain de Saint Marsault chevalier de l’ordre de saint Jehan de Jérusalem, commandeur de Bourgneuf et Thairé en Aulnis donne procuration : Angers 1619

Il y a un an je vous emmenais paroisse du Temple à Clisson à la chapelle des Templiers, et j’admirai leur esprit de pauvreté. Ici, il semble bien qu’on possède beaucoup de commanderies et de biens. Vous avez la liste actuelle des commanderies et leur histoire sur le site Templiers. Tous les noms cités dans l’acte qui suit ne sont pas les mêmes que ceux que donne ce site.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E36 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 24 janvier 1619 avant midy, devant nous Jehan Baudriller notaire royal à Angers a esté présent personnellement estably et duement soubzmis frère Pierre Grain de Saint Marsault chevalier de l’ordre de saint Jehan de Jérusalem, commandeur de Bourgneuf et Thairé en Aulnis, procureur et recepveur dudit ordre au grand prieuré d’Acquitaine, lequel de son bon gré et volonté a fait nommé et constitué fait nomme et constitue ses procureurs généraulx et spéciaux en la meilleure forme et manière que faire se peult et sans desroger aux précédentes procurations cy devant consenties aux mesmes procureurs cy après ou autres chacuns de frères Maurice de Lesmeleux commandeur de Saint Remy, Toussaint de Ternect commandeur de l’Isle Bouchard, le chavalier de Sanaillan, Olivier d’Escoublanc la Touche, Pierre Feullan ? Lanoue, Charles de Saint Offange, Charles Chenu Basplessis, René Baillot du Chastelier, tous chevaliers dudit ordre estant de présent en l’isle et cité de Malte, chacun ung seul et pour le tout selon leur rang d’ancienneté l’un en l’absence (f°2) de l’autre auxquels et à chacuns d’iceuls il a donné et donne plein pouvoir puissance et autorité d’estre et comparoir et sa personne représenter en ladite ville et cité de Malte par devant monseigneur illustrissime grand maistre de l’ordre et illustres seigneurs de ses vénérables conseils des rétentions ordinaires et faire si besoing estoit ou seroit ès vénérables langues collettes loges commissaires et en tous lieux et endroits qu’il appartiendra et voyront bon estre ses procureurs tant en demandant qu’en deffendant pour la conservation des droits prééminaulx dudit constituant qui luy pourront toucher en son rang ordre et spécialement et particulièrement en la vénérable langue de France au prieuré d’Acquitaine l’un des procureurs en l’absence de l’autre selon leur ancienneté demandron pour ledit constituant vacquance advenir ou advenant cy après des commanderies dudit prieuré d’Acquitaine pour son améliorissement et selon les loix estant (f°3) louables coustumes dudit ordre les commanderies spécifiées cy après prenant et demandant pour ledit constituant la meilleure et laissant la moindre et prenant l’une des y desnommées et déclarées en la présente pour son améliorissement de laisser pour l’une d’icelle demandée et requise en la susdite manière la commanderie dudit Bourgneuf et Thairé en Aulnis et en prenant laissant et laissant prenant suivant et au désir desdits establissemens et non autrement et sans préjudice d’une part et d’autre aux droits appartenant au commun resor dudit ordre c’est à savoir les commanderies nommées et spécifiées aux procurations et mémoires cy davant envoyées audit Malte et de plus et outre lesdites commanderies portées par lesdits mémoires et procurations demandées prendre et retenir les commanderies de [l’hospital ancien d’Angers (barré)] Fretay Villedieu Manton Rochevilledieu de Pontiers, Coudrye, Auzon et Praillet, Villegast, la Lande de Verchy, (f°4) l’Isle Bouchard, Saint Rémy, icelles comme dit est prenant laissant et laissant prenant et non autrement la meilleure et laissant la moindre ; oultre a ledit constituant donné pouvoir et puissance à sondit procureur ou l’un d’eux cy davant nommés de comparoit pour luy partout où besoing sera mesmes en la chambre des Comptes audit Malte et en luy rendre les comptes de la recepte et charge qu’il a eus et administrés et qu’il a encores à présent ou aura cy après en vertu de la procuration de sa seigneurerie illustrissime grand Me et révérant seigneur du commun trésor dudit ordre, faire passer lesdits comptes ainsi que seront envoyés à sesdits procureurs, affermer et faire clore et arrester en ladite chambre des Comptes dudit commun trésor et autres qu’il appartiendra défendre et vérifier par devant lesdits seigneurs du trésr les articles dudit compte ; maintenir et conserver les droits du constituant en la redition d’iceux (f°5) ainsi qu’il appartiendra de payer le relicquat si faire se doibt et fraicts qui pour ce seront requis faire ; a aussi donné et donne puissance à sesdits procureurs ou l’un d’eulx de substituer ung ou plusieurs procureurs comme bon leur semblea pour gérer et négotier faire et ensuivre tous ce que dit est et avecq pareil pouvoir que dessus et ce que l’un desdits procureurs aura commencé, l’autre ou leurs substituz le puisse parachever et généralement faire tout ainsi que feroit ou faire pourroict ledit constituant si présent en personne y estoit promettant avoir le tout agréable ferme et stable et n’y contrevenir en aulcune manière que ce soit. Fait et passé audit Angers en nostre tablier en présence de Mathurin Métairye et Pierre Esnault praticiens demeurant Angers tesmoings.

 

Gilles de Beauveau, évêque de Nantes, ajoute un prénom à un enfant déjà baptisé : Clisson 1713

En fait, il ajoute même un prénom à 2 petites filles que voici :


Clisson Notre Dame le 2 août 1713 « monseigneur de Nantes Gilles de Beauveau donnant la confirmation aux enfants de cette paroisse et autres dans l’église de la Trinité de celieu a augmenté le nom de Marie à Marguerite Aubin fille de h. h. François Aubin vitrier et ciergier et de defunte Marie Coiffard, et a adjouté le nom de Cécile à Marguerite Crossouard fille de deffunt h. h. Crossouard et Renée Pilon »

J’ai pourtant beaucoup lu d’actes de baptême anciens, mais je n’avais encore jamais rencontré une telle mention !
Donc il s’agit de Marguerite Marie Aubin et Marguerite Cécile Crossouard, à moins qu’il faille lire les 2 prénoms en sens inverse et dire Marie Marguerite Aubin et Cécile Marguerite Crossouard.

Dernière minute :
Le prénom Cécile est bien mis avant Marguerite qui était le précédent prénom, car je trouve le 28 octobre 1713 « Pierre fils de Me René Gouraud général d’armes et h. femme Magdelaine Crossouard parrain h. h. Pierre Louvel, marraine h. fille Cécile Marguerite Crossouard tante »
Ce sont donc des enfants en âge de confirmation auxquels on a ajouté un prénom, et non des nouveaux nés.

Place aux femmes dans le registre paroissial de Clisson Saint Jacques : ici en 1737

Poursuivant mon dépouillement exhaustif des registres paroissiaux de Clisson, j’oberve sur Clisson Saint Jacques une place des femmes qui est tout à fait inhabituelle. En effet, dans les registres paroissiaux, force est de constater que témoins sont plus que rarement des femmes etc…
Or, non seulement elles sont tout autant témoins que les hommes, mais même parfois elles viennent avant eux.
Ainsi j’ai observé plusieurs fois dans un baptême que la marraine était nommée avant le parrain. C’est une place pour le moins inhabituel.
Je vous mets même ici la mère avant le père, et c’est tout aussi inhabituel.


Clisson Saint Jacques le 18 janvier 1737 baptême de « Marie Anne fille de Marie Epiard et Estienne Allard parrain Estienne Dupont marraine Thérèse Belleroche de la paroisse de la Trinité »
Le prêtre a une écriture assez spéciale, que je peine à déchiffrer et cela n’a rien à voir avec la paléographie, mais avec la graphie tout court, car il écrit mal. Mais avouez tout de même qu’on peut lire le nom de la mère avant celui du père !!!

J’ignore totalement si le Jansénisme dont cette paroisse est un bastion à cette date y est pour quelque chose ?