Les Brosses : closerie donnée en dot à Sainte Poisson en 1626

La famille POISSON a porté le titre de « sieur des Brosses », mais ce titre ne signifie pas possession, et on rencontre assez souvent des titres de sieur de… alors qu’il n’y a plus de propriété, voire même qu’il n’y en a jamais eu.

Si la closerie des Brosses est donnée en avancement de dot, c’est que la famille POISSON en était bien propriétaire, ce que je viens de découvrir dans le contrat de mariage de Sainte POISSON que je viens de mettre sur ce blog.

Ce contrat de mariage situe même la closerie des Brosses à Châtelain.

La carte IGN actuelle ne donne pas ce nom, mais donne 2 lieux de la Brosse …

Après consultation du Dictionnaire de l’abbé Angot il s’avère qu’il ne donne pas le nom « les BROSSES », mais uniquement :

Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne de l’abbé Alphonse Angot
Brosse (la Haute et Basse-) – Tome I Brosse (la Haute et Basse -), f., c de Châtelain. — Lieu noble devenu suivant le temps : la Brosse-Bourré, la Brosse-aux-Mesles , la Brosse-aux-Bandes , la Brosse-Ruillé , la Basse-Brosse . — Il appartint à Guillaume Briand, 1422 ; à Guillaume Bourré , mari de Bertranne Briand, 1444, père de Jean Bourré (V. ce nom) ; à Guillaume Buhigné , par acquis ition de n. h. Zacharie Amy, sieur de la Grugeardière , 1619 ; à Marin Buhigné, avocat en parlement, époux de Marie Thé ard, 1640, 1662 ; à Pie rre Buhigné , bourgeois d’Angers , 1683 ; à Bonaventure Buhigné, curé de Châtelain, 1696 ; à Thomas Railler de la Tertinière , écuyer, contrôleur ordinaire des guerres , mari de Françoise Buhigné, 1760.

et j’ajoute que j’ai utilisé à la fois la version numérique en ligne, et mon dictionnaire papier, et aucune de ces 2 versions numérique et papier ne donne les Brosses.

Ce que dit le dictionnaire de l’abbé Angot montre un propriétaire bien différent et aucune mention de la famille POISSON. Donc ce que possédait la famille POISSON était différent.

Consultant sur GEOPORTAIL les cartes anciennes, je trouve le nom de lieu LES BROSSES sur la carte d’Etat Major de 1820-1860

et sur la carte de CASSINI que l’on peut dater de 1810-1620

  • EN CONCLUSION :
  • Les Brosses dont les POISSON étaient propriétaires étaient une closerie seulement, et non un lieu noble.
    Puisque le nom a disparu sur certaines cartes, c’est probablement que la closerie a été rattachée ou fusionnée avec l’autre lieu, dit lieu noble de la Brosse …
    J’ai déjà rencontré des disparitions de closeries absorbées par le grand voisin agrandissant son domaine, et pour mémoire une closerie serait de nos jours la moitié de ce qui est la norme européenne pour les dimensions mini d’une exploitation agricole, à savoir 30 ha l’exploitation, donc seulement environ 15 ha, trop petit de nos jours.

    Par ailleurs, j’ajoute que les POISSON ne vécurent jamais dans cette closerie, donc n’ont jamais vécu à Châtelain. Mais le contrat de mariage de Sainte POISSON prouve qu’une closerie des BROSSES a existé à Châtelain en 1626, ce que tendrait à confirmer certaines cartes, et elle a manifestement été rachetée par un voisin propriétaire d’une Brosse… pour agrandir son domaine.

    Contrat de mariage de François de Bellanger et Sainte Poisson : Château-Gontier 1626

    Il s’agit d’un collatéral de mes POISSON, et je me demandais depuis longtemps où se situaient les Brosses car le nom de lieu est fréquent, et cette fois je sais que c’est à Chatelain.

    Cet acte est aux Archives Départementales de la Mayenne, AD53-3E63 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

    Le 4 novembre 1626 après midy, devant nous Nicolas Girard notaire royal à Château-Gontier furent présents establis et soubzmis François de Bellanger escuier fils de Jehan de Bellanger escuier et de deffunte damoiselle Jehanne Leclerc demeurant en ceste ville paroisse de St Rémy d’une part, et dame Marie Gaultier veufve de deffunct noble homme René Poisson vivant sieur de l’Escottay et damoiselle Sainte Poisson fille de deffunts noble Symon Poisson vivant sieur des Brosses et damoiselle Jacquine Peschart aussi demeurant audit Château-Gontier paroisse de St Jehan ses père et mère, et petite fille de ladite dame Gaultier d’autre, lesquels traitant et accordant le mariage futur et espéré d’entre ledit de Bellanger et ladite Sainte Poisson en présence d’icelle dame Gaultier et autres leurs parents et affectionnés amis soubzsignés ont convenu et accordé ce qui ensuit, c’est à savoir que ladite dame Gaultier en faveur dudit mariage a promis bailler auxdits futurs conjoints en avancement des droits successifs de ladite Poisson tant à elle escheuz par le décès desdits deffunts sieur des Brosses et Peschart que de deffunte damoiselle Jehanne Heliand vivante épouse de noble René Pitart lieutenant de … mesmes de ladite Gaultier à eschoir que autres quelconques le lieu et closerie des Brosses circonstances et dépendances situé en la paroisse de Chastellain avecques les bestiaux et sepmances qui y sont à présent suivant le prisage qui en a esté fait et baillé au closier y demeurant, pour jouir dudit lieu attendant l’éclaircissement des droits afferants à ladite Poisson pour raison de ses successions escheues et à eschoir, sans qu’il soit tenu à raporter les jouissances dudit lieu jusques audit éclaircissement des droits successifs cy dessus escheus et à eschoir, duquel lieu il acquittera les charges cens rentes et debvoirs qu’il peult debvoir de quelque qualité qu’ils puissent estre et de tenir estat au bail qui a esté fait dudit lieu au closier y demeurant, à commencer la jouissance dudit lieu le jour (j’ai perdu les vues de la suite de l’acte, désolée)

    Analyse du mariage non filiatif de Léon Marchandie et Jeanne Lefebvre : Saint Poix (53) 1682

    Je descends d’une Jeanne Lefebvre que je n’ai pu remonter à ce jour. J’ai travaillé beaucoup de Lefebvre, sans pouvoir entrevoir un lien quelconque. Je suis en train de toucher au but et vous tiendrai au courant ces jours-ci

    Mariage à Saint-Poix (53) « Le 15 avril 1682 furent par nous curé de St Poix soubsigné espouzés en la chapelle du Boisrayer en nostre paroisse suivant la dispense de monseigneur l’évesque d’Angers dabtée du 10 du présent mois portant permission d’espouzer les cy après nommés en chapelle privé, et donnant dispense d’un ban, et les certificats des proclamations des vicaires de Pouancé en dabte du 5 du présent mois signé Planté et Vallas, et le certificat du sieur curé de Méral en dabte du 9 mars dernier signé Yves de Villiers, chacuns de Me Léon Marhandye sieur de la Grandmaison, licencié ès loix, advocat au siège et bailliage de Pouancé, et sénéchal de Combrée, demeurant audit Pouancé, et damoiselle Jeanne Lefeubvre demeurant au bourg dudit Méral »

    Voici d’abord la Motte Bois Rahier :

    Motte-Boisrahier (la), f., c de Saint-Poix, à 2 kil. S.-E. du bourg. — Le manoir de la Motte Bois Rahier, XVs. (Arch. de la M., E. 138). — Le château seigneurial de la Motte Bois Rahier, 1705 (Reg. par.). — La Motte-Boisraier, chât., étang (Jaillot). — La Motte Bois Rahier, chât. (Cassini). — La Motte-Bois-rahier (Recens). — Fief, domaine mouvant de la Motte-Saint-Péan. Le château, habité du XV au XVIII s., n’est plus qu’une maison de ferme, avec tour à l’un des angles, encore en partie entourée de douves. La motte qui lui vaut son nom est dans une prairie de la Grande-Motte. Une chapellenie de N.-D. et de Saint-Nicolas fut fondée par Gilles de la Davière et sa femme dans la chapelle qu’ils avaient fait construire près de leur manoir, dotée du lieu de la Ménagerie pour une messe le samedi, et augmentée d’un second ordinaire de messe par Madeleine et Marguerite de la Davière en 1538. « Révérend Père en Dieu M Verrier, » par commission du vicaire de l’évêque d’Angers, avait bénit le sanctuaire en 1504. Un mariage s’y célèbre en 1647 avec permission du curé de Méral. Parmi les chapelains : François de la Davière, fils du fondateur ; Mathurin Le Picquard, 1618, seigneur du Châtelier, 1632 ; Charles Boutry, de Barenton, au diocèse d’Avranches, 1688, mort à Saint-Poix, 1709. Seigneurs : Macé du Boisrahier, 1387. — Yvon du B., frère du précédent, 1400. — Jeanne de Scépeaux, veuve de Jamet du B., et Guillaume de Maimbier, mari de Jeanne du Bois-rahier, 1406, 1409. — Yvon du B., 1456. — Gilles de la Davière, mari de Renée du Boisrahier. — Mathurin d’Andigné, mari : 1° de Renée de la Davière, avant 1535 ; 2° de Jeanne de Bouillé. — Jean d’A., mari de Louise Le Porc, donne partage à Louis, Jean-Baptiste et Renée, ses frères et sœur, 1574, 1577. — Louis d’A. vend en 1596 à Nicolas de Briand, mari de Perrine Samoyeau. — Jacques de B., écuyer, sieur de Malabry, épouse en 1614, à Saint-Poix, Marie Le Picard, 1645. — Alexis de Lancrau, mari de Françoise-Marie de Bréon, nièce et héritière de Marie Le Picard, 1681. Urbaine de Bréon, D de la Guyardière, meurt à la M.-B., âgée de soixante ans, en 1705, et la dame du lieu en 1716. — Marc-Antoine-Alexis-Louis de L., mari de Geneviève du Tertre, d’où : Madeleine-Renée-Françoise, 1740 ; Geneviève, 1742 ; Marie-Anne-Henriette, 1744 ; Michelle-Colombe, 1744, baptisées à Château-Gontier. — On mentionne aussi la Grande-Motte, et, sur la carte de Cassini, la Petite-Motte.
    Arch. de la M., B. 2.972 ; E. 138. — Reg. par. — Ch. Pointeau, Certificats, p. 196. — Tit. de Chanteil. — Abbé Charles, Maison du Buat. — Arch. nat., G/7. 525. (Dictionnaire de l’abbé Angot, Tome III)

    Analyse du mariage à Saint-Poix : Le mariage n’est pas filiatif, et je recherche depuis plusieurs dizaines d’années l’ascendance paternelle de Jeanne Lefeuvre.
    1. Aucun des 2 époux n’est de Saint-Poix
    2. Léon Marchandye est de Méral qui touche Saint-Poix
    3. Le mariage en chapelle privée est réservée aux seigneurs possesseurs, ce qui n’est pas le cas, car la Motte-Bois-Rahier appartient alors à « Alexis de Lancrau, mari de Françoise-Marie de Bréon, nièce et héritière de Marie Le Picard, 1681. Urbaine de Bréon, D de la Guyardière, meurt à la M.-B., âgée de soixante ans, en 1705, et la dame du lieu en 1716 »
    4. Il a fallu une dispense pour s’y marier. Comme il n’y a aucun lien de famille avec le seigneur, c’est que la Motte-Bois-Rahier est affermée et que ce fermier est le père de l’un des époux.
    5. Le père de Léon Marchandie, que j’ai étudié, ne peut être alors fermier de ce lieu.
    6. Ce ne peut pas être le père de Jeanne Lefebvre, car en juin 1683 au baptême du premier enfant du couple à Pouancé, c’est Yves de Villiers qui est parrain, alors qu’on mettait toujours les grands parents quand ils étaient vivant. C’est donc que le père de Jeanne Lefebvre est décécé avant avril 1682.
    7. C’est dommage, car on aurait pu penser que les seigneurs, qui sont aussi dans les alentours du Lion d’Angers, avaient nommé un fermier de la région du Lion d’Angers pour gérer leur terre de la Motte-Bois-Rahier à Saint-Poix.
    8. Ceci serait en phase avec le peu de pistes Lefebvre à travers parrainages rares etc… qui donneraient un lien de parenté plus ou moins proche avec Perrine Rigault épouse à Grez-Neuville en 1621 de h.h. Jean Le Febvre car elle est marraine de Jeanne Villiers °Thorigné-d’Anjou 10 b le 18 mars 1645 Baptisée par Toussaint Le Febvre chapelain de Notre Dame de Bon [passage], filleule de Messire Jean Crannier curé de StClément de Craon. Enfin ce Toussaint Lefebvre qui est à Cherré est plusieurs fois présent.
    9. Selon mon étude de Villiers, très longue et riche d’infos, Jeanne Lefeuvre, nièce du curé de Méral Yves de Villiers, vivait alors chez son oncle à la cure au bourg de Méral.
    10. L’absence d’Yves de Villiers, pourtant très proche voisin, au mariage de sa nièce, est le signe d’une mésentente.

    A demain, pour les longues preuves que j’ai d’une mésentente, et donc que ce mariage était contre la volonté de l’oncle Yves de Villiers curé de Méral.
    Odile

    Le contrat de mariage de Pierre Fleurs et Catherine Letessier contenait une clause illicite : Champigné 1619

    Incroyable, mais vrais !
    Et pourtant l’auteur du don illicite est prêtre.
    Il a marié sa nièce, Catherine Letessier, à Pierre Fleurs, en lui donnant la jouissance du lieu de la Guillotière. Hélas, ce lieu dépend du temporel du prieur de Querré, dont il n’est pas titulaire.
    En d’autres termes il a donné quelque chose sans en posséder les droits !!!
    Je suppose que Pierre Fleurs vient de découvrir la chose et réclame donc autre chose. On en profite pour faire les comptes des pensions de la nièce etc…

    J’ai fait beaucoup de contrats de mariage. J’en ai parfois rencontré qui témoignaient d’une volonté de donner plus qu’on ne possédait, et qu’on aura du mal à payer, mais jamais un tel mensonge !!!

    J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E8 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

    Le 15 septembre 1619 par devant nous René Serezin notaire royal à Angers furent présents et personnellement establys Pierre Fleurs marchand couraieur demeurant à Pruillé d’une part et vénérable et discret Me Jehan Letessier prêtre demeurant en la paroisse de Champigné d’autre part, lesquels pour éviter aulx disputes qui pourroient naistre entre eulx sur l’exécution des promesses faites par ledit Letessier audit Fleurs par le contrat de mariage de luy et de Catherine Letessier sa niepce passé par devant Buscher notaire soubz la cour de st Laurent des Mortiers le 18 juin dernier en raison de la jouissance du lieu de la Guillotière que ledit Letessier a baillé audit Fleurs par iceluy, lequel est du temporel du prieuré de Querré dont il n’est titulaire donc que la clause est illicite, ont recogneu et confessé avoir par l’advis de leurs amis fait et accordé ce qui s’ensuit, c’est à savoir que ledit Letessier a en faveur dudit mariage donné et promis bailler audit Fleurs en advancement de droit successif de ladite Letessier sa niepce et pour luy tenir lieu de son propre immeuble et des siens (f°2) la somme de 1 000 livres tournois et cependant et jusques au réel paiement leur en payer chacun an au terme de Toussaintz la somme de 72 livres 10 sols de rente le premier payement commençant de la Toussaints prochaine en un an et à continuer jusques au réel payement de ladite somme de 1 000 livres, au payement de laquelle somme de 1 000 livres iceluy Letessier ne pourra toutefois estre tenu par lesdits futurs espoux payant ladite somme de 72 livres 10 sols de rente par an audit terme, et au moyen de ce demeure iceluy Letessier deschargé de la nourriture qu’il auroit promise auxdits futurs conjoints par ledit contrat de mariage et eulx du service qu’ils estoient tenu lui rendre par iceluy, et au regard de la jouissance dudit lieu de la Guillotière demeure ledit contrat nul et de nul effet, et au surplus reste iceluy contrat en sa force et vertu, et pour les pensions nourritures et entretenement de ladite Catherine Letessier du temps qu’elle ne pouvoit gaigner gaiges ils demeurent compenser avec les gages et services qu’elle a peu prétendre du temps qu’elle en pouvoit gagner, tellement que lesdites parties se sont respectivement quitées et quitent desdites pensions nourriture entretenement et gaiges ; ce qui a esté stipulé et accepté, et à ce tenir etc et à payer etc et aux dommages etc obligent lesdites parties (f°3) respectivement etc renonçant etc foy jugement condemnation etc fait et passé audit Angersmaison de nous notaire en présence de Me Pierre Letessier prêtre demeurant audit Querré, Nicolas Jacob et Pierre Blouyn tesmoins, le samedi 15 septembre 1619

    Contrat de mariage d’Henry Fauvel meunier et Anne Vallée : Montmartre 1693

    Cet acte est aux Archives Nationales, MC/ET/CXIV/6 Henri Venant notaire à Paris – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

    25 octobre 1693 : contrat de mariage d’Henry Fauvel
    Fut présent en sa personne Henry Fauvel meusnier demeurant en le lieu de Montmartre, fils de deffunt Nle ? (sans doute Nicolas) Fauvel vivant meusnier demeurant audit Montmartre et de Marguerite Caillourt/Cailleux aujourd’huy femme de Adrian Fallantine meusnier demeurant audit Montmartre, ledit Henry Fauvel … pour la présence et comparant pour luy en son nom d’une part, et Pierre Vallée marchand de vin demeurant audit Montmartre et Elizabeth Lenoir sa femme au nom et comme stipullants pour Anne Vallée leur fille, ladite Lenoir dudit Vallée bien et duement authorisée pour l’effet des présentes, ladite Anne Vallée pour elle en son nom aussy présente en personne d’autre part ; lesquelles parties vollontairement en la présence et assistance de leurs parents et amis cy après nommés scavoir de la part dudit Henry Fauvel de ladite Marguerite Caillour sa mère, Jacques Fallantin meusnier demeurant audit Montmartre son frère [probablement demi-frère puisque sa mère est remariée à Adrien Fallantin], Pierre Louis mareschal demeurant audit Montmartre, Vincent Evrard boulanger demeurant aux Porcherons, et Nicolas Cabry aussy boulanger demeurant audit lieu des Porcherons, Bertran Furalange ?? et Geneviefve Fauvel, Françoise et Marie Fauvel leur femme, et de la part de ladite Anne Vallée Pierre Vallée et Elisabeth Lenoir ses père et mère, Jouachim Vallée garçon compagnon scellier demeurant audit lieu de Montmartre, (illisible) lesdits Pierre Fauvel et Anne Vallée ont promis et promettent réciproquement se prendre l’un l’autre par mariage et le faire célébrer en face de nostre mère ste église le plus thost que faire se pourra (illisible) entre eux (illisible) biens et droits à chacun … appartenant scavoir ledit Fauvet avec les biens et droit à luy appartenant comme héritier dudit feu Nle ? Fauvet, … et en 12 années de ses services et gages à luy deues par ledit Adrian (sic) Fallentin son beau père pour raison de quoy … par devant (f°2) monsieur le prévost de Montmartre en la somme de 100 livres pour la valeur de ses habits linge et ustenciles à son usage, en faveur duquel mariage les père et mère de la future épouse luy constituront en dotte la somme de 300 livres en avancement d’hoirs de leur succession future et promettent de fournir ladite somme de 300 livres et habits linge et hardes à l’usage de ladite future et payer y compris un lict à la veille de leurs épousailles sy tant lesdits habit linge hardes et lit montent sinon le surplus en argent comptant pour estre lesdits futurs époux uns et communs en tous biens acquest et conquest immeuble qu’ils auront et feront ensemble constant leur futur mariage suivant et au désir de la coutume de la ville prevosté et vicomté de Paris, sur laquelle leur dite communauté sera réglé … lesdits futurs époux feroient leur demeure et acquisitions en pays de coutume et dispositions contraires auxquelles lesdits futurs époux ont expressement renoncé et renoncent pour ce regard, ne seront néantmoings lesdits futurs époux tenus de debte … faite et créées avant leur épousailles … seront paiées sur les biens de celuy qui en sera débiteur ; ledit futur époux a douéré et douère ladite épouse de la somme de 100 livres de douaire prefix une fois paiée à prendre sur tous et un chacun les biens meubles et immeubles dudit futur époux présents et advenirs qu’il en a dès à présent chargés obligés affectés et hypothéqués au douaire coutumier au choix obtenu de ladite future épouse duquelle douaire tel que choisy par ladite future épouse (f°3) elle aura … du jour du décèd dudit futur époux sans qu’elle soit tenue de demander … si elle fait choix du prefix luy demeurera propre sans estre subjet à retour ; le survivant desdits futurs époux aura et prendra par préciput et hors part de leur dite communauté tel qu’il voudra choisir suivant la … de l’inventaire qui en sera fait et sans … jusques à la somme de 30 livres ou ladite somme en deniers comptant aux choix dudit survivant ; sera possible à ladite future épouse aux siens à ses parents collatéraux de renoncer à ladite future communauté ou de l’accepter et y renonçant reprendront franchement quittement tout ce que ladite future épouse y aura apporté à son futur époux et tout ce que durant le mariage luy sera advenu et echeu par donation avancement avec les douaires debte préciput telle que dessus, le tout quittement sans (illisible car le papier est replié) sur les biens dont elle sera acquitée par les héritiers pour … ; car ainsi obté convenu entre lesdites parties promettant etc obligent etc renonçant etc fait et passé audit Montmartre en la maison dudit sieur Vallée … (f°4) Venant commis tabellion en la prevosté dudit lieu soubsigné l’an 1693 le 25 octobre après midy en la présence de Marcel Allennent praticien demeurant audit Montmartre témoins

    Contrat de mariage de Pierre de La Porte et Françoise Cotignon en la maison du père Cotignon, en présence de Louis XIV âgé de 6 ans et demi : Paris 1645

    Certes sa mère est avec l’enfant, mais tout de même, faire assister un enfant de 6 ans et demi à un contrat de mariage du premier valet de chambre !!!
    Je ne suis pas une Française qui admire beaucoup Louis XIV mais là je suis atterrée à l’idée de la jeunesse ennuyeuse qu’on lui a infligée !
    Vous remarquerez qu’il sait déjà bien signer.

    L’ordre de nomination des présents, ainsi que l’ordre de signature, ne respectent pas la coutume que nous connaissons, à savoir on commence par les futurs puis les parents et on continue en parenté de plus en plus éloignée. Ici, l’ordre est protocolaire : on commence par le roi, puis sa mère, puis les grands personnages et les futurs suivront puis leurs proches. J’observe même que personne ne signe sur la ligne de LOUIS. Sans doute un point de protocole.

    La dot est élevée, vous vous en doutez. Rien à voir avec nos petits contrats de mariage habituels sur ce blog. Il faut dire qu’il y a carrosse dans le lot !!!

    Concernant l’évaluation des biens, j’ai relevé une info TRES importante que je vais vous traiter demain.

    Le contrat de mariage hélas ne donne pas la filiation du futur, mais on a son frère Noël de La Porte, ainsi que la signature des 2 frères Pierre et Noël. Et quand on est en panne de filiation, c’est une piste intéressante, car on peut tenter de remonter un Noël de La Porte. Pour ce faire prendre la page de recherches des AN mais malheureusement le patronyme de la Porte peut aussi s’écrire Delaporte etc… donc il faut essayer toutes les orthographes.

    Cet acte est aux Archives Nationales (Marie m’a transmis l’acte et donnera la cote) – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

    Le 26 février 1645 par devant les notaires gardenottes du roy nostre sire en son chatelet de Paris soubzsignés furent présens et comparurent en leurs personnes Pierre Delaporte escuier conseiller Me d’hostel ordinaire et premier vallet de chambre du roy demeurant en ceste ville de Paris rue de Matignon paroisse sainct Germain de l’Auxerois d’une part, et messire Gabriel Cotignon chevalier seigneur de Chauvry en France conseiller du roy en ses conseils d’estat et privé, tuteur et stipullant en ceste partie le faict de damoiselle Françoise Cotignon fille de luy et de deffuncte dame Charlotte Hochet jadis sa femme, ladicte fille aussy présente et de son consentement demeurant avecq ledict sieur son père en ceste ville de Paris rue de Bettizy paroisse susdicte d’aultre ; lesquels en la présence de l’advis et consentement du roy nostre sire

    Louis XIV né le 5 septembre 1638 donc il a 6 ans et demi et non seulement il assiste à cet âge mais il signe et fort bien ! Cela n’est tout de même pas une occupation d’enfant !!!

    et de la Royne régente sa mère, en encores de la part dudit sieur de La Porte de monseigneur le cardinal Mazarin, chef du conseil du roy, messire Louis de Lorraine duc de Joyeuse pair et grand chambellan de France, dame Catherine de la Rochefoucault marquise de Serisey gouvernante du roy et première dame d’honneur de la royne, dame Catherine Levayer dame de la Flotte et dame d’atour de la dame royne, messire Bonadventure de Lafont conseiller du roy en ses conseil d’estat et abbé du Loroux, messire Henry de Brenisey ? chevalier seigneur d’Armeuillés et … conseiller du roy en ses conseils d’estat, messire Denis Legoux seigneur de la Bechère marquis de Santenay conseiller du roy en ses conseils et Me des requestes ordinaire de son hostel, messire Charles Sire de Crequy et de Canaplas prince de poix conseiller du roy en sesdits conseils d’estat et premier gentilhomme de sa chambre, messire Jehan de Souvré marquis de Courtanvaux chevalier des ordres du roy conseiller en son conseil, capitaine de 100 hommes d’armes de ses ordonnances, capitaine de Fontainebleau et premier gentilhomme de sadite chambre, messire Gilles de Souvré marquis dudit Courtanvaux conseiller du roy en sesdits conseils et premier gentilhomme de sadite chambre en survivance dudit sieur de Souvré son père,

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_de_Courtenvaux_de_Souvr%C3%A9

    Noël de Laporte son frère escuier sieur de Boislaville gentilhomme servant du roy, messire Jehan Du Bouchet marquis des Ouches, chevalier du roy en sesdits conseils prevost de son hostel et grande prévosté de France, messire Hardouin de Perefye abbé de Beaumont conseiller et précepteur du roy,

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Hardouin_de_P%C3%A9r%C3%A9fixe_de_Beaumont

    noble homme Jehan Largentier conseiller et secrétaire du conseil de ladite dame royne, Pierre Firests et Jehan Baptiste Bontemps eschiers conseillers maîtres d’hostel et premier vallet de chambre du roy, Jehan Roze et Charles Moreau escuiers conseillers et premiers vallets de garderobbe de sa majesté, de la part de ladite damoiselle Françoise Cotignon de monsieur Me Nicolas Cotignon son père conseiller du roy en sa cour de parlement, Messire Anthoine Cotignon aussi son frère abbé commandaire des abbayes de Ste Croix et du sieur Guyet advocat au privé conseil du roy ses oncles (f°2) Liz Guingan … de St Pierre de Mauves prieur de St Pierre de Mauriac et demoiselle Catherine de Rouvrier, messire Guy Carré seigneur de Mongiron conseiller du roy et greffier de son conseil privé son cousin, messire Luc Saulger conseiller du roy en son conseil d’estat, (blanc) Saulgier escuier son fils ses cousins, messire (blanc) Levesque sieur de l’Aulnay conseiller et Me d’hostel du roy son cousin, noble homme Me Nicolas Lespée advocat au privé conseil du roy son cousin, Me Lucaloppier conseiller du roy en son trésor du pallais à Paris et du sieur Guillain ses cousins, Me Estienne Chevrel docteur en théologie du sieur Vizou docteur en médecine de Me Geoffroy Seguin bourgeois de Paris ses amis tous pour et comparans, volontairement recogneurent et confessèrent avoir accordé, faict et passé les traicté de mariage et consentement qui ensuivent ; c’est à savoir que ledit sieur Pierre Delaporte et ladicte damoiselle Françoise Cotignon ont promis et promettent se prendre l’un l’aultre par nom et loy de mariage et iceluy faire et solemniser en face de nostre mère saincte églize le plustost que faire ce pourra sy Dieu et nostre dicte mère ste Eglize le permettent, aux biens et droits qui leur appartiennent pour estre comme ils seront communugs en tous biens meubles et conquests immeubles suivant la coustume de Paris, selon laquelle sera réglée leurdicte communaulté encores qu’ils fissent leur demeure et que leursdits biens se trouvassent soubz contraires coustumes, auxquelles tant pour ce regard que pour toutes les conventions suivantes ils desrogent ; ne sera ladicte damoiselle future estpouze tenue des debtes dudict sieur futur espoux sy aulcunes il a faictes avant leurs espouzeilles ains s’il s’en trouve elles seront par luy et de son bien acquitées ; les biens et droictz de présent appartenant audict sieur futur espoux consistent tant en l’office et charge de conseillet et premier valler de chambre du roy dont il est pourveu receu et jouissant
    signé P.Delaporte Cotignon
    (f°3) qu’en la somme de 75 000 livres tz qu’il a de présent en deniers comptant vaisselle d’argent meubles promesses et obligations, de quoy il sera faict ung bref inventaire avant leurs espouzailles, de laquelle somme de 75 000 livres, il en entrera en ladite communauté la somme de 60 000 livres s’il n’y a point d’enfants dudit mariage vivant lors de la dissolution d’iceluy, et s’il y en a il n’en entrera en icelle communaulté que la somme de 40 000 livres, et en l’un ou l’aultres desdicts cas le surplus d’icelle somme de 75 000 livres et le total dudict office et charge ou les deniers et récompsense qui proviendront d’iceluy soit stipulés et demeureront propres audit sieur futur espoux et aux siens de son costé et ligne ; ledict sieur père et tuteur de ladicte damoiselle future espouze luy donne pour sa dot la somme de 75 000 livres tz qu’il transportera et promettra garantir fournir et faire valloir audit sieur son futur espoux et elle la veille de leurs espouzailles à prendre en plus grande somme à luy deue pour récompense de sa charge de secrétaire des commandemens de la feue royne Marie à prendre sur les premiers deniers de la rente faicte de sa terre de Monceaulx, et ce pour tous et chacuns les biens et droictz successifs mobilliers et immobilliers fruits et revenus d’iceulx appartenans et escheuz à ladicte damoiselle future espouze par les déceds et comme héritière en partie de sa mère de son ayeul maternel de son frère et de sa sœur que par les professions de séjourner en religion comme aussy pour les droicts à elle appartenans en la continuation de la communaulté de sadicte mère, et encores pour sa part de la succession à eschoir de son ayeul maternel sy tant tous lesdits bien et droicts se peulvent monter synon le surplus sera sur et en advancement de la succession future dudit (f°4) sieur son père, auquel moyennant ladite somme de 75 000 livres lesdits futurs espoux ne pourront demander aulcun compte ny partage qu’ils luy rendent au préalable la moitié d’icelle somme, en précomptant leur moitié sur lesdits biens d’elle ; advenant le decedz de ladite ayeulle maternel (sic) auparavant celuy dudit sieur père de ladicte damoiselle future espouze, il jouira sa vie durant de ce dont icelle damoiselle future espouze en pourroit hériter sans que lesdits sieur et damoiselle futurs espoux le puissent empescher en ladicte jouissance, ny faire aulcune demande à ladicte ayeulle ains la laisseront jouir sa vie durant comme a faict depuis le decedz de feu son mary et fait encores à présent de tous les biens de la succession de sondict mary suivant la réservation qui en a esté faite par le contrat de mariage desdits sieur et dame père et mère de ladite damoiselle future espouze ; le tiers de laquelle somme de 75 000 livres entrera en ladicte communaulté desdits sieur et damoiselle futurs espoux et les deux autres tiers seront employés en achapts d’héritages pour estre et sortir nature de propre à ladicte future espouze et aux siens de son costé et ligne, dont en sera fait mention par les contrats desdicts achaptz ; ledit sieur futur espoux a doué et doue ladicte damoiselle sa future espouze du douaire prefix de 3 000 livres de rente payable par chacun an à Paris aux 4 quartiers y accoustumés s’il n’y a point d’enffant dudict mariage vivans lors de la dissolution d’iceluy et s’il y en a de vivans et quelle convolle en secondes nopces ledict douaire ne sera que de 2 000 livres de rente, duquel douaire en l’un et en l’autre desdits cas elle jouira du jour du décedz dudict futur espoux sans qu’elle soit tenue d’en faire aulcune demande en justice ; le survivant desdits sieur et damoiselle futurs espoux prendra par préciput de ses habitz armes chevaulx carrosse bagues joyaulx ou aultres meubles de leur dicte communauté telz qu’il les voudra choisir réciproquement jusques à la somme de 10 000 livres selon la prisée de l’inventaire et sans … ou ladite somme en deniers au choix dudit survivant ; Sy pendant ledit mariage il est vendu alliéné ou rachepté (f°5) héritages ou rentes ou ledict estat et charge propres auxdits sieur et damoiselle futurs espoux les deniers en provenant seront remployés en achapt d’héritages rentes ou office pour leur sortir la mesme nature et aux leurs de leur costé et ligne, et sy lors de la dissolution de ladicte communaulté ledict remploy n’estoit faict lesdicts deniers seront repris sur la masse de ladite communaulté et sy elle ne suffit ce qui s’en deffandra à l’esgard de ladicte damoiselle future espouze sera par elle ou par ses héritiers repris sur les propres dudit sieut futur espoux ; Advenant la dissolution de ladicte communaulté pourront renoncer et en y renonceant reprendre tous ce qu’elle aura apporté audict mariage et qui luy sera advenu et escheu durant iceluy par succession donnation et aultrement que dessus le tout franchement et quictement sans estre tenue d’aulcunes debtes de ladicte communaulté encores qu’elle y fust obligée ou condamnée dont ils seront indamnisés sur les biens dudit sieur futur espoux pour laquelle indamnité ils auront ypothéqué sur lesdits biens du jour et datte du présent contrat de mariage ; et néantmoings en cas que ladite damoiselle future espouze décède avant ledict sieur futur espoux sans enffant vivant dudit mariage et que les héritiers d’elle acceptent ladite communauté ils ne pourront prétendre aulcune chose en ce qui ests cy dessus mie en icelle communaulté par ledit sieur futur espoux ; Pour assurance desquels dot douaire et conventions de ladicte damoiselle future espouze ledict sieur futur esoux sera tenu et promet d’employer promptement en la présence et par l’advis dudit sieur père d’elle tant la part de sadite dot stipullée propre sy tost qu’il l’aura receue que la somme de 50 000 livres faisant partye de ladite somme de 75 000 livres qu’il a de présent à luy appartenant en ce qui est dict cy devant. Car ainsy le tout a esté stipullé et accordé entre lesdites partyes nonobstant toutes loix coustumes ordonnances et choses à ce contraires auxquelles elles ont desrogé et renoncé pour ce que avenent (f°6) ledict mariage n’eust esté faict promettant etc obligeant etc chacun en droit soy etc ledict Cotignon père tant audit nom de tuteur que son propre et privé nom solidairement etc renonçant etc fait et passé l’an 1645 le 26 février après midy au pallais royal par leurs majestés par ledit sieur Cardinal par lesdites dames de Senecy et la Frotte et par lesdites parties et les autres assistans en la maison dudit sieur Cotignon père et ont signé