Journal d’Etienne Toisonnier, Angers, 1683-1714

Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
Numérisation par frappe du manuscrit : Odile Halbert, mars 2008. Reproduction interdite. Cette page fait suite aux précédentes.
Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930

  • Le 7 (janvier 1698) mourut la femme de Mr de la Mothe conseiller du roy, receveur des décimes du diocèse d’Angers ; elle était âgée de 48 ans ; elle était fille de feu Mr Guillot marchand de soie en cette ville et de la dame Hodemon, mes beau-père et belle-mère ; c’était une femme d’un rare et vrai mérité, agréable de sa personne, d’une douceur et d’une humeur toujours égale, charitable aux pauvres, bienfaisantes à tout le monde ; elle a été pleurée amèrement de toute la ville ; elle m’honorait d’une amitié très particulière et elle avait pour moy les inclinations et les tendresses d’une véritable mère. (Note de Marc Saché : Catherine Guillot, dont Toisonnier fait un si grand éloge, femme de n. h. Melaine de La Motte, receveur des décimes, était fille de Nicolas Guillot, marchand de draps de soie à Angers, et de Françoise Hodemon – V. Bibl. d’Angers, man. 1215, bis-anc. 1005, p. 61)
  • Dans ce temps là, le fils du sieur François Chauveau Me apothicaire et de la dame Buret, épousa la fille de Me Gilles Guilbault avocat et de la défunte Delle … avant veuve du Sr Bonvallet de la Bourgeoiserie, bourgeois de cette ville.
  • Le 23 (janvier 1698) mourut la femme du sieur Gouin des Terrandières bourgeois ; elle s’appelait Valleau fille de feu Me Valleau avocat.
  • Le premier février (1698) on publia la paix d’entre le Roy, l’Empereur et les Etats de l’empire. (Note de Marc Saché : Cette paix fut réglée également par le trait de Ryswick.)
  • Le 2 (février 1698) il y eût des feux de joie et les cérémonies ordinaires pour la paix avec l’Empereur et les Etats de l’empire.
  • Le 4 (février 1698) le Sr Raimbault apothicaire fils du Sr Gilles Raimbault aussi apothicaire et de la feue dame Martin, épousa la fille de défunts Sr Maunoir aussy apothicaire à Nantes et de la dame Colin.
  • Dans ce même temps mourut le sieur de la Véronnière Grézil ; il a laissé un fils conseiller au siège présidial et de la défunte Delle Nail.
  • Le 6 (février 1698) mourut le sieur Patot, marchand cirier en cette ville.
  • Le 10 (février 1698), le sieur de Cierzé Volaige, épousa la fille de feu Mr Gautreau avocat et de la Delle Delaporte.
  • Le même jour (10 février 1698) le fils du sieur de la Hamardière Neveu, bourgeois, et de la Delle Davy de Vaux, épousa la fille de feu Mr Guynoiseau de la Saulaye avocat et de la Delle Deschamps.
  • Le 12 (février 1698) Mr de la Sorinnière Verdier escuyer épousa la fille du sieur de la Chenaye Menard et de la Delle Margariteau.
  • Le même jour (12 février 1698) mourut la femme du feu sieur Lefebvre marchand ; elle s’appelait Deniau ; elle a laissé un fils chanoine en l’église d’Angers, une fille veuve du Sr de la Roche.
  • Le 8 mars (1698) Mr Rioland de la Marsaulaye fils de Mr Rioland assesseur de l’hôtel de ville et de la défunte Delle Curieux se fit installer en la charge de conseiller au présidial de cette ville cy-devant remplie par feu Mr de la Chatelaye Pasquier.
  • Le 11 (mars 1698) le sieur Favrie du pays de Vivaretz, cy-devant chirurgien dans une compagnie et à présent commis pour la recepte des deniers pour les bois et charbons, frère du Sr Favrie cy-devant intéréssé dans les francfiefs et autres partys, où il a gagné du bien considérablement, épousa la fille de Mr Cochon, avocat et de la Delle .
  • Le 5 avril (1698) mourut la femme de Mr Jourdain de Fleins, conseiller au siège présidial de cette ville, fille de feu Mr Deroye, conseiller audit siège et de la dame du Chiron Davy. Il n’y a point d’enfant ni de don.
  • Le 11 (avril 1698) mourut la femme du feu sieur Gallizon bourgeois ; elle s’appelait Leloyer ; elle a laissé trois enfants : Mr Gallizon docteur de Sorbonne et chante de St Martin de Tours, un autre chanoine de St Martin de cette ville et une fille mariée avec Mr de Quatrebarbes des Monceaux.
  • Le 15 (avril 1698) le fils de Mr Poisson de Neuville et de la fame Peneau de Pegon, épousa la fille de ffeu Mr Herreau de la Simonnière, conseiller au présidial et de la dame Garsenlan.
  • Le même jour, Mr du Rossay gentilhomme, épousa la fille de feu Mr Chotard receveur des décimes de ce diocèse et de la feue Delle Gardeau.
  • Dans ce même temps mourut la femme de Mr de l’Etoile escuyer ; elle s’appelait Lefebvre, fille de défunts Mr Lefebvre de la Guyberdrie escuyer et de la fame Guédier ; elle a laissé des enfants.
  • Le 19 (avril 1698) mourut Mr Gilles de Volainne de la Chauvière ; il avait été quelque temps à l’armée ; il était fils de Mr Gilles de Vollainne trèsorier à Tours et de la dame Jouet ; il avait épousé mademoiselle Chotard de la Sablonnière, avant veuve du sieur du Plessis Berthelot ;
  • Le 21 (avril 1698) mourut la femme de feu Mr Cheret avocat ; elle s’appelait de la Combre Garciau. Ils ont laissé deux filles, l’une veuve de Mr Avril de Louzil conseiller au présidial duquel mariage il y a une fille, et à présent remariée à Mr Martineau ; l’autre est encore fille.
  • Le 27 (avril 1698) mourut le sieur Delinières cy-devant marchand droguiste. Il avait épousé en 1ères noces la dame Guynoiseau duquel mariage est issu l’aîné marié avec la Delle … et le cadet marié avec la fille du feu Sr Richard huissier audiencier au présidial mort depuis quelques années, et en secondes noces la dame Guyet avant veuve du Sr Lemaître aussy huissier audiencier audit siège, dont il n’y a point eu d’enfant.
  • Le 28 (avril 1698) mourut le sieur Provost bourgeois. Il avait épousé la défunte fille du Sr Touchaleaume cy-devant greffier de l’hôtel de ville, dont il y a deux garçons.
  • Dans ce même temps mourut la femme de Mr Davy de Chavigny auditeur des comptes à Nantes ; elle s’appellait Hibon ; elle a laissé plusieurs enfants non encore établis.
  • La nuit du vendredy 2 mai (1698) les vignes gelèrent presque partout.
  • Le 10 (mai 1698) mourut la femme du sieur Coquilleau bourgeois ; elle s’appelait Davy fille du feu Sr Davy notaire et de la dame Garnier.
  • Le 13 (mai 1698) le fils du sieur de la Porte Trochon, cy-devant élu en l’élection de cette ville et de la Delle Herreau, épousa la fille du sieur de la Garde Petit, officier à la pointe et de la Delle Trochon ; ils sont assez proches parents et il leur a fallu des dispenses de Rome. (la pointe était un poste de gabelle puisque le sel remontait la Loire par bateaux. Un officier à la pointe est donc un officier du grenier à sel)
  • Le 14 (mai 1698) mourut la femme de Mr Maussion docteur en médecine ; elle s’appelait Chedanne.
  • Le 24 (mai 1698) mourut Mr Héard de Boissimon, prêtre, cy-devant chanoine d’Angers et conseiller clerc au siège présidial, fils de feu Mr Héard, conseiller honoraire audit siège, et de la dame Doublard.
  • Le 1er (juin 1698), les sieurs Poulard de la Favrie et Beuscher marchand furent élus échevins, ledit sieur Poulard conseiller assesseur de l’hôtel de ville.
  • Dans ce mois, le fils de Mr Soreau de Lépinay cy-devant avocat et à présent bourgeois et de la défunte Delle …, épousa en la ville de Nantes la fille du sieur Lejeune de la Vincendière marchand et de la dame Mauvif.
  • Le 3 (juin 1698) mourut la femme du feu sieur des Bottelorières Charlot ; elle a laissé Mr Charlot, cy-devant maire de cette ville, conseiller échevin perpétuel et académicien de l’acadamie royale, et la femme de feu Mr Leclerc des Emeraux.
  • Le 16 (juin 1698) le fils de feu Mr de la Roche Davy et de la Delle Aubin de Chevigné épousa mademoiselle Trochon veuve de Mr Théard conseiller au présidial de Château-Gontier.
  • Le même jour, le fils aîné du feu Sr Provost et de la défunte Delle Touchaleaume épousa la fille de feu Mr Gault de la Saunerie et de la Delle de la Haye.
  • Journal de Maître Estienne TOYSONNIER, Angers, 1683-1714
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    Légende : en gras les remarques, en italique les compléments – Avec les notes de Marc Saché, Trente années de vie provinciale d’après le Journal de Toisonnier, Angers : Ed. de L’Ouest, 1930
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    7 réponses sur “Journal d’Etienne Toisonnier, Angers, 1683-1714

    1. A Nantes, le 12 mai 1698, devant Villaine notaire, est signé le contrat de mariage d’André SOREAU, S. de l’Espinay, Md Négociant, fils de M° André SOREAU S. de l’Espinay, Avocat au Parlement de Paris et de Marie BERTEREAU, majeur, Nantes St-Nic.,
      et Jeanne LEJEUNE, fille de M° Pierre LEJEUNE S. de la Vincendière, Cons. du Roi, Rec. des Amendes de la Chambre des Comptes de Bretagne et de Jeanne MAUVIF, mineure, Nantes St-Nic.
      Bulle du pape les dispensant du degré de consanguinité.
      Dot de 12 000 livres.
      En présence de
      NH François SOREAU, S. des Fontenelles, Delles Françoise et Jeanne SOREAU, frère et soeurs du futur,
      NH Pierre CHEHERE, S. de la Chapitière, Licencié en lois et Renée BARON son épouse, cousin et cousine germaine du futur,
      NH Jean-François LEJEUNE et Christophe SAILLANT S. des Masures, Bourgeois de la ville d’Angers, oncles de la future.
      Delle Marie LEJEUNE veuve de NH François BOUCHAUD vivant Cons. Echev., sa tante
      MM. Jean-François LEJEUNE, Prés. au Grenier à sel d’Angers,
      Pierre BOUCHAUD, Cons. du Roi, Secrét. Audit. en la Chambre des Comptes de Bretagne
      M° Jacques SOUCHAY, Cons. Proc. du Roi et Françoise SAILLANT son épouse
      M° Jacques DANGUY, Cons. du Roi et Marie BOUCHAUD son épouse
      cousins et cousines germaines de l’épouse
      Delle Marie MAUVIF veuve de Joseph DOUBLARD vivant S. de la Martinerie, Présidial d’Angers et Claude MAUVIF, fille, tantes de la future épouse.
      Toutes ces familles sont Angevines d’origine, y compris les Soreau. La dot de 12 000 livres est signe de haute bourgeoisie.

    2. grâce à Marie-Laure, voici le mariage Soreau-Lejeune à Nantes St Nicolas : Le 12 mai 1698 j’ai reçu la bénédiciton nuptiale en la chapelle St Julien de cette paroisse de St Nicolas par permission du Sr recteur d’icelle, Me André Soreau Sr de l’Epinay, fils de Me André Soreau aussy Sr de l’Epinay advocat au parlement qui par sa procure authorise le mariage prétendu de sondit fils en date du 21e avril présent an, et de deffunte Delle Marie Bertreau ses père et mère de la paroisse de St Maurille d’Angers d’une part, et Delle Jeanne Lejeune fille de n. h. Pierre Lejeune conseiller du Roy, receveur des amandes de la chambre des comptes de Bretagne, et de Delle Jeanne Mauvif ses père et mère demeurant à la Fosse d’autre part, le tout fait en verdu d’une sentence de l’officiale déclarant aprouver la bulle de Notre St Père le Pape qui dispense les dénommés du 3e au 4e degré de consanguinité auquel ils sont parents en date du 26 avril dernier insinué au greffe des insinuations ecclésiastiques en date du 27 de ce mois d’un ban fait dans chacune des paroisses de St Maurille d’Angers et St Nicolas et dispense des deux autres … en présence des père et mère de ladite Delle, François Soreau frère du marié, Me Pierre Cheiré Sr de la Chapitière. (Collection départementale, sans les signatures). Signé à l’original A. Soreau, Jeanne Lejeune, P. Lejeune, Jeanne Mauvif, F. Soreau, Chehiré, F. Soreau, Lejeune, de Beau Soleil Rapion prêtre, Marie Lejeune, Bouchaud, Renée Baron, Saillant, René Frenaye, P. Lejeune, Jean Lejeune, Charles Lejeune, Jacques Lejeune, J. Souchay, Bouchaud, François Lejeune, François Souchay, Julien Bouchaud, Marie Mauvif, Charles Lejeune, Mauvif, Sr de l’Isle Ribault, François Bouchaud.
      Ce qui signifie que Toisonnier relate tous les faits mondains qui courent dans les salons à Angers, concernant les familles Angevines, même lorsque cela ne se passe pas dans la Province.

    3. J’étais une néophyte pour les Archives du 44! Elles sont très bien!J’ai même vu un mariage d’Irlandais en 1698…

    4. à la recherche de cette prolifique famille lejeune qui semble s’être totalement volatilisée au 19° siècle, je suis arrivé sur votre article ; merci à tous les deux ; c’est, par son contenu et son intérêt, un oasis dans une mer de sable.

        Note d’Odile :
        Merci. C’est sympa de venir ainsi m’encourager. J’apprécie votre image de l’oasis !
    5. L’image de l’oasis est tellement vraie : il y a un nombre invraisemblable de sites où l’on parle de généalogie (et pas d’histoire) sans apporter aucune preuve de ce que l’on avance, avec des erreurs dans tous les sens. Ici c’est tout l’inverse : on apprend l’histoire de l’Anjou et ses marges par le biais de la généalogie. Pas l’histoire événementielle bien entendu (encore qu’elle sourd parfois : les guerres de religion notamment), mais l’histoire sociale, celle où l’on entre dans le foyer de ces angevins du XVIe-XVIIe siècle, où l’on apprend leurs moeurs, leurs coutumes, etc. Ici, c’est de l’histoire au sens propre, avec un véritable travail de recherche et d’analyse, où l’apport de la documentation pour preuve est au premier plan…

        Note d’Odile :
        Merci.
        Moi qui pense certains jours que je prêche dans le désert !
        Je n’ai pas de mérite à aimer les preuves, rien que les preuves :
        1 – je fus chimiste dans une autre vie, et la chimie est une science exacte
        2 – chaque année, à la Toussaint, ma maman nous faisait faire le tour des tombes, dont celle de son arrière grand père. Même lorsque je lui ai appris que ce n’était pas son arrière-grand’père, mais seulement le second époux de son arrière-grand’mère, et que le vrai géniteur était décédé à 24 ans laissant une jeune femme enceinte de 6 mois, ma maman refusait de le croire. Il est vrai que dans ce cas particulier, le frère, comme dans la Bible, avait assumé le relais ! Ce petit incident dans mes recherches a été révélateur et déclancheur.
    6. les familles Bouchaud, a ma connaissance, ne sont pas angevines mais de la région nantaise, pour partie.

        Note d’Odile :
        Oui, tout ce qui est dit cy-dessus parlait bien de Nantes. Mais l’alliance donnée par Toisonnier était avec un Angevin. Les alliances entre Angevins et Nantais n’étaient pas si rares !

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