Gabriel Denyau, ciergier, prend le bail de fourniture pendant 7 ans du luminaire de l’église sainte Croix : Angers 1649

le détail, très précis et minutieux, de toutes les sortes de cierges et bougies de cire jaune ou cire blanche illustre la manière de s’éclairer autrefois dans les églises. J’ai été frappé de la variété des fournitures de cierge, et en particulier la plus infime qui est (je cite) les « bougies à bouger », c’est à dire celles qu’on porte à la main dans un petit chandelier pour bouger dans l’église noire l’hiver.

Je descends 5 fois des DENYAU et en particulier j’ai bien un DENYAU cierger début 17ème siècle à Pouancé, mais malgré la rareté toute relative de ce métier je ne peux faire aucun lien à ce jour, mais pourtant, c’est un métier où il fallait se former avec précision.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E4 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le mardi 11 mars 1659 avant midy, devant nous Jacques Lory et Jean Carré notaires royaux à Angers furent présents establys et deuement soubzmis honorables hommes François Cathernault marchand et Jean Burolleau marchand de draps de soye demeurant en ceste ville paroisse de ste Croix députés et ayant charge quant au fait des présentes des aultres paroissiens de ladite paroisse par conclusion raportée sur la pièce des conclusions de ladite paroisse en dabte du 1er janvier dernier d’une part, et honorable homme Jacques Denyau marchand ciergier en ceste ville y demeurant dite paroisse d’autre part, lesquels ont fait entre eux le marché qui s’ensuit, c’est à savoir que ledit Denyau a promis et s’est obligé par ces présentes de fournir et entretenir de luminaire ladite église ste Croix en la forme cy après déclarée pendant le temps et espace de 7 années entières et consécutives qui ont commencé au 23 décembre dernier et qui finiront à pareil jour : premier 4 cierges de cire jaune de 2 livres pièce qui seront posés sur le resteau du grand autel et un de pareil poids devant le Crucifix qui seront allumés tous les dimanches de l’année fors de Notre Dame, 4 festes solempnelles, premier jour estant feste de ste Croix, st Jean l’évangéliste et st Estienne et 2 aultres cierges de pareille cire jaune d’une livre pièce qui seront aussi allumés aux jours cy dessus pendant la célébration des anniversaires en quoi la fabrice est obligée de fournir de luminaire ; plus de fournir tous les jours de luminaire de 2 cierges d’un quartier pièce qui seront allumés pendant la célébration des messes à basse voix des prêtres habitués en ladite église seulement et aux externes qui y pourront venir jusques à 6 messes par jour et non en plus avant l’un desquels sera aussi allumé pendant la célébration desdits anniversaires mis sur les fosses des fondations de ladite église ; plus d’un cierge pascal de 5 livres à la feste de Pasques et de 13 tenebraux aux ténêbres d’un quartier pièce ; plus fournira à ladite feste de Pasques et my août de 2 torches neuves de 2 livres pièce pour servir à ladite église à estre allumées en la manière accoustumée ; de fournir outre ledit Denyau de 2 cierges de cire blanche de 10 livres pièces sur l’autel de notre Dame et 2 de 13 livres pièce de cire blanche sur l’autel de Notre Dame de Pitié, lesquels seront seulement allumés les jours de Notre Dame à 4 festes solempnelles de l’an et jour de la Circoncision ; de fournit de 2 cierges de cire blanche d’une livre pièce qui seront allumés seulement en la manière accoustumée dans les chandeliers d’argent lors des processions ordinaires et extraordinaires de ladite paroisse ; et quand besoing sera aux aultres jours de 4 petits flambeaux aussi blancs de 11 livres pièce pour estre allumés la sepmaine sainte lorsque le Saint Sacrement sera sur l’autel et aux aultres jours qu’il sera déposé solempnellement sur le grand autel de ladite église ; et fournira seulement 2 de mesme sorte sans que pendant ledit temps il en soit allumé d’aultre ; et outre fournira pareillement ledit Denyau d’une livre de bougie à bouger au sacristain de ladite église pour allumer les luminaires et ce par chacun an et de 10 cierges de cire jaune d’une livre pièce sur l’autrel de St Sébastien qui seront allumés pendant la célébration des services qui se font en l’honneur dudit st Sébastien et de st Roch et aux jours des indulgences introduites en ladite église ; et pareillement fournir la nuit de Noël d’une livre de chandelle pour les sieur curé et chapelains de ladite église et de luminaire à tout les anniversaires qui sont fondés en ladite église et que la fabrice est obligée fournir ; et est fait le présent marché pour et moyennant le prix et somme de 95 livres par chacun an qui seont payés audit Denyau par les procureurs de fabrice de ladite paroisse aux jours de st Jean Baptiste et Noël par moitié le premier payement commençant au jour et feste de st Jean Baptiste prochain et à continuer etc et outre et en faveur des présentes jouira ledit Denyau pendant le présent bail de 64 livres et demie de cire jaune et de 28 livres de cire blanche le tout en souches de cierges qu’ils ont entre mains et retirera après le bardot de defunte honorable femme Catherine Allain veufve de deffunt h. h. Gabriel Denyau ses père et mère et duquel nombre de cire il se charge par ces présentes, à la charge dudit Denyau de fournir de pareil nombre à la fin du présent bail ; et est accordé entre les parties que ledit Denyau sera tenu fournir de luminaire pour ladite paroisse outre que celuy mentionné au présent marché à peine de le perdre sans pouvoir faire aucune demande aux paroissiens à quoi il renonce dès à présent et est aussi convenu que ledit luminaire estant sur le rateau du grand autel sera allumé lors du service du st Sacrement que le célèbre permier dimanche de chacun mois a issue des vespres à la manière accoustumée, sans par ledit Denyau estre tenu de fournir de cierges blancs pendant ledit service et ont lesdits sieur Cathernault et Parolle audit nom compté et accordé avec ledit Denyau de tous les luminaire qu’il aura à fournir aux anniversairezs et services qui ont esté fondés et célébrés en ladite église de ste Croix depuis le bail fait avec ledit defunt Denyau son père et qu’il n’estoit obligé de fournir par ledit bail passé par nous notaire le 17 décembre 1640 à la somme de 22 livres quelle somme luy sera payée et délivrée par le procureur de fabrice à présent en charge et en fera ledit Denyau quite lesdits paroissiens vers et contre tous ; auquel marché est dit tenir etc dommages etc obligent etc renonçant etc foy jugement et condemnation etc fait et passé audit Angers à notre tablier présent Me Julien Bodere et Jacques Blouyn praticiens demeurant audit Angers tesmoings en présence de noble et discret Me Mathurin Jousselin prêtre curé dudit ste Croix

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5 réponses sur “Gabriel Denyau, ciergier, prend le bail de fourniture pendant 7 ans du luminaire de l’église sainte Croix : Angers 1649

  1. Bonjour Madame,
    Je suis du Quebec, je commence en néophyte mon arbre généalogique Denault et je vois que mon premier ancêtre arrivé de France est inscrit au recensement de Montreal de l’année 1666 en tant que Marin Deniau dit de Sully. Ailleurs il est inscrit en tant que Marin Deniau dit Destaillis. Peut-être est-il un de vos ancêtres? J’ai lu aujourd’hui votre très intéressant article sur Gabriel le
    Cierger et j’ai parcouru quelques-uns de vos autres articles dignes d’une thèse universitaire. Je vous remercie de votre générosité de mettre en ligne vos rigoureuses recherches. Bien à vous, Diane Denault.

  2. Bonjour Madame
    Si j’ai bien compris votre nom de famille s’est altéré au Québec en DENAULT et cependant le pionnier arrivé au Québec en 1666 serait un MARIN DENIAU DE SULLY
    Hélas le nom de famille DENIAU est fréquent, et il n’y a pas de Sully en Anjou, mais par contre dans le Loire avec SULLY mais il y en a d’autres et si vous faites
    https://www.geoportail.gouv.fr/carte
    et charchez SULLY
    vous verrez plusieurs lieux;
    Ce site est préférable car c’est la France faite par les Français et pas par les Américains, donc c’est mieux pour les recherches géographiques

    Je suppose par ailleurs que vous avez fait les sites canadiens, car au Canada tous est déjà (ou presque) fait et complet
    Bien à vous
    n’hésitez pas à poser des questions et j’y répondrai volontiers dans la mesure de mes moyens
    Odile

  3. Rebonjou
    Vous ne m’avez pas tout dit car je trouve sur les site du Canada :

    http://genealogiequebec.info/testphp/info.php?no=61841

    Marin Deniau dit Sully 1, 2 (1621 – )

    Il est aussi connu sous le nom de Marin Deneault dit Destaillis 3.

    Il naît vers 1621 à Luché, La-Flèche, Le-Mans, Maine, France 1, 2, 3. Il est engagé 3. Il épouse Louise-Marie-Thérèse Dubreuil, fille de Jean Le Breuil et Marie Lecompte le 24 novembre 1659 à Montréal, Île de Montréal, Québec, Canada 1, 2. Jacques Deniau, Charles Deniau, Louise-Marie-Thérèse Dubreuil et Marin Deniau dit Sully vivent en 1666 à Montréal 1. Il vit à Laprairie, Montérégie, Québec 2.

    Das ce cas, il est effectivement issu de la région que je connais, et vous avez les actes en ligne sur le site des archives départementales de la Sarthe
    http://www.archives.sarthe.com/

  4. 😡 Bonjour Odile.
    Le Gabriel DENYAU que vous cité est je pense le fils de Julien DENYAU et de Julienne HAMON. Il est marchand cierger à Angers, et s’est marié avec Catherine ALLAIN le 11/08/1618 à Sainte Croix d’Angers, (fille de Loys ALLAIN et de Catherine BRECHEU). On le retrouve cité comme parrains au baptême de Gabriel CHANTELOU le 29/07/1629 à Sainte Croix, de Louise Hubert le 16/11/1636 à Saint Pierre, et de Renée FOUSSIER le 07/04/1639 à la Trinité.
    Cordialement.
    Patrick EMERIAU

  5. D’après « ces villes et villages de France – Pays de la Loire » Marin DENIAU dit des Taillis serait né ca 1619-1621. De son mariage seraient nés six enfants. Engagé à La Flèche (contrat Delafousse 11/05/1653 (Grande Recrue). En 1729, il avait 134 descendants. D’après aussi le dictionnaire des familles du Québec des origines à 1730 (R.Jetté Presse Universitaire de Montréal – 1983).

    Mais des erreurs pouvant subsister il faut toujours tout vérifier.

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