Louis Du Bellay, oncle de Joachim, baille à ferme sa trésorerie : Angers 1516

Il a certes des bénéfices ecclésiastiques et titres à Angers, mais n’y demeure pas car il a de plus importants titres à Paris. Il a donc nommé un procureur pour gérer ce contrat dans son lointain Anjou.
Parmi les témoins de ce bail, j’observe la présence d’un recteur du Temple, ce qui m’intrigue. Avez-vous des explications ?

Acte des Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E121 – Retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 12 février 1515 (avant Pâques, donc le 12 février 1516), (Huot notaire Angers) en droit etc maistre Gervays Coeffars prêtre procureur de noble vénérable et discrete personne monsieur maistre Loys Du Bellay grand archidiacre de Paris, conseiller du roy notre sire et trésorier et chanoine de l’église d’Angers d’une part, et maistre Robert Lemarié aussi prêtre et Pierre Renaulx marchand demeurants à Angers d’autre, soubzmectant confessent de leurs bons grés et franche volonté avoir fait et encores par ces présentes font les marchés accord et conventions en la forme et manière qui s’ensuit, c’est à savoir queledit Coeffart audit nom a baillé et affermé auxdité Lemarié et Renoulx tous et chacuns les fruits proufits revenus et esmoluments audit sieur appartenant à cause de sa dite trésorerie du jour et feste Notre Dame de septembre prochainement venant jusques à 5 années et cueillettes entières parfaites l’une suivant l’autre sans intervalle de temps ; réservation faite par ledit Coeffart au nom que dessus du droit de patronnage et collon et bénéfices que ledit sieur à droit de donner conférer et présenter à cause de sadite trésorerie et prébende et pareillement de donner les bourses du collège ou petit bayeulx sis en la ville de Paris,

PREBENDE, subst. fém. – « Revenu ecclésiastique attaché à la dignité de chanoine et provenant du partage de la mense capitulaire, bénéfice attaché à une église cathédrale ou collégiale »
TRESORERIE, subst. fém. « Lieu où l’on garde et administre les revenus du royaume, d’une seigneurie, d’une communauté, où l’on conserve les ornements et les objets précieux, les fonds et aussi les archives »
Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500) http://www.atilf.fr/dmf/definition/trésorerie

et mesme les cierges de la ville et communauté d’Angers, pour par ledit sieur estre pourveu desdites choses à sa volonté et bon plaisir quand le cas eschera à qui bon luy semblera sans que lesdits preneurs y ayent à cognoistre ; et est faite ceste présente prinse et acceptation par lesdits Lemarié et Renoux preneurs pour en paier par chacun an audit sieur trésorier ou à autre ayant charge suffisante de luy la somme de 370 livres 10 sols tournois rendables par lesdits preneurs et chacun d’eulx audit trésorier en sa maison à Paris à 2 jours et termes en l’an, c’est à savoir au jour de Quasimodo et de Notre Dame de Septembre par moitié commençant le premier terme au jour de Quasimodo qu’on dira 1517 en continuant de terme en terme jusques à la fin desdites 5 années ; à la charge desdits preneurs de payer et faire faire tous les festaiges et ooz ? deubz par ledit seigneur aux chanoines chapelains serviteurs et habitués de ladite église en la forme et manière accoustumée et de payer à la bourse de la fabrique d’icelle église la somme de 110 livres au jour du jeudi après la Penthecouste et à la bourse des adniversaires 40 sols tournois le jour de Toussaints, et avec ce de payer chacun an desdites 5 années à l’official et sénéchal dudit sieur à chacun une pippe de vin, au soubchantre de l’église d’Angers l’emplayge d’une pippe de vin,

EMPLAGE, subst. masc. « Remplissage (d’un récipient) ; son contenu ou sa contenance »

et au chappelain de Sainte Anne près saint Silvyn l’emplaige de 4 pippes de vin ; et généralement faire et acquiter toutes auters charges et deniers ordinaires anciens deubz par ledit sieur à cause de sa dite trésorerie à quelques personnes et biens que ce soit ; aussi seront tenus lesdits preneurs faire faire par les officiers dudit sieur les procès de crime si aucuns estoient et desquels il fust tenu faire justice, laquelle ledit sieur fera exercée à ses propres cousts et despends ; et outre de bien et duement faire faire la visitation des cierges par chacune desdites années en la vile et communauté d’Angers et faire tenir les assises aux lieux de Bourgale sur Sorges et Saint Silvyn en prenant par lesdits preneurs les amendes et tous autres esmoluements de fief qui en estoient, et pareillement seront tenus faire faire les poursuites qui seront nécessaires touchant les procès à intenter pour la conservation des droits de la dite trésorerie, et toutefois n’en pourront aucuns intenter sans préalablement advertir ledit sieur ; et au surplus ledit sieur les conduira à ses propres cousts e despends si bon luy semble, et si à l’issue d’iceulx estoient aucuns despends ledit sieur les prendra ; et oultre seront tenus lesdits preneurs rendre les papiers de ladite trésorerie en bonne forme ; oultre seront tenus lesdits preneurs entretenir les maisons et manoirs de ladite trésorerie en bon et suffisant estat bien et duement et à la fin desdites 5 années les rendre en bon et suffisant estat ainsi qu’ils leurs seront baillés selon le rapport de gens à ce cognoissant ; et si lesdits preneurs estoient défaillants par ung an de payer ladite somme de 362 livres 10 sols pourra ledit sieur si bon lui semble faire remettre et emparer de sondit bénéfice et fruits d’iceluy sans aucune sommation de justice ni figure de procès, et néanmoins contraindre iceux preneurs à payer les arréraiges et toutes charges selon le contenu de ce présent bail, lequel par ce moyen sera nul et de nul effet ; et ne pourront lesdits preneurs bailler ce présent bail ne partie d’iceluy ou assoir aultruy sans le congé et permission dudit sieur bailleur ; et en outre a ledit Coeffart audit nom ce jourd’huy consenty et voulu, veule et consent et promet faire ratiffier et avoir agréable audit sieur trésorier ce présent bail et les choses qui s’ensuivent dedans Pasques prochainement venant à la peine de tous intérests ;
une cinquantaine de lignes raturées, la valeur d’une page entière
à laquelle baillée prinse et acceptation et tout ce que dessus est dit tenir et accomplir d’une part et d’autre, et à garantir etc et aux dommages l’un de l’autre amendes etc obligent lesdites parties l’une vers l’autres scavoir est ledit bailleur les biens et choses de sadite procuration et lesdites preneurs eux et chacun d’eux seul et pour le tout sans division de personnes ne de biens leurs hoirs etc et leurs biens et choses à prendre vendre etc renonçant au bénéfice de division etc et de tout ce que dessus est dit tenir etc foy jugement et condemnation etc présents ad ce vénérables et discrets maistres Yves Bonnet curé de Pinsé et René Poulleau recteur du Temple lez Angers et Julien Partone cousturier demourant à Angers tesmoings

9 réponses sur “Louis Du Bellay, oncle de Joachim, baille à ferme sa trésorerie : Angers 1516

  1. E.3674.(Carton.)-1 pièce,papier.
    1540.-POULLEAU..
    -Vente par René Poulleau,chanoine de Saint-Maimboeuf d’Angers,d’une maison dans le faubourg Saint-Laud.
    (Série E.Titres de famille AD de Maine et Loire.C.Port.)

    1. Bonjour Madame
      Très heureuse de constater que vous avez remarqué que je mettais parfois plusieurs actes en ligne le même jour, en effet je me demandais si je devais le préciser quelque part.
      J’encourage donc ici tous mes lecteurs à en faire autant que vous, si ce n’est déjà fait, à savoir dérouler ma page jusqu’à rencontrer ce que vous aviez vu la veille.
      Je pense dans les semaines qui viennent mettre souvent 2 actes par jour.
      Très cordialement
      Odile

  2. Selon moi, ce recteur du Temple est celui qui est chargé de gérer les biens de l’ancienne commanderie templière d’Angers.
    La commanderie était encore debout il n’y a pas si longtemps :

    http://merimee.angers.fr/IA49006607.html

    https://books.google.fr/books?id=XUOG9pH7TIQC&pg=PA21&lpg=PA21&dq=Templier+angers&source=bl&ots=cmKHCgjGh9&sig=L3kLDBFm8yCmoK1Sl-FAtRDcytE&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjR4az5z8fTAhUC1hQKHY_dDqY4ChDoAQhWMAk#v=onepage&q=Templier%20angers&f=false

  3. Et je n’ai pas précisé que son emplacement est en effet « lès Angers » puisqu’il se situe 200 m au suddu château et donc des remparts de la ville.

  4. Il est question de Sorges dans l’article, qui est un haut lieu protestant à cette époque (commune des Ponts-de-Cé actuellement)

  5. La rue S.Blaise vient finir en haut de la rue S Julien.Elle est ainsi nommée (1)parce qu’elle contient la commanderie de S. Blaise,qui dépend de l’ordre de Malthe ou de S.Jean de Jérusalem.
    -Cette maison fut bâtie par des chevaliers du Temple,dont l’institution étoit d’escorter les voyageurs qui alloient aux Saints-Lieux;mais cet ordre de chevalerie,très-fameux autrefois,fut entièrement détruit par le pape Clément V,sous le règne de Philippe -le-Bel,l’an 1311 ou 1312.
    La chapelle S.Blaise,dont il ne reste plus que le choeur de voûté et peint à la fresque,a trois autels.
    Il y a une espèce de cloison qui sépare le sanctuaire de la nef ou du bas de la chapelle.
    On devroit l’entretenir mieux qu’on ne fait,pour l’empêcher de tomber en ruine.
    On y va en voyage,tous les ans,le 3 février.
    Cet endroit,que l’on nomme aussi l’Hôpital du Temple ou de S.Blaise,est à présent de la commanderie de Saulgé-l’Hôpital.
    De là on entre dans la rue de l’Hôpital (1)qui reçoit son nom de l’Hôpital du Temple ou de S.Blaise.
    (Description de la ville d’Angers.Péan De La Tuillerie.)

  6. LE TEMPLE.
    Ce temple,situé dans la rue qui se présente à main gauche (2) en sortant de la cour S.Laud,fut construit et donné aux Templiers de Jérusalem ,qui commencèrent à s’établir en 1128,sous le pontificat d’Honoré;mais cet ordre étant tombé dans le relâchement et ayant été supprimé en 1311 ou 1312 par Clément V,ce lieu avec la chapelle fut uni à l’ordre de Saint Jean de Jérusalem,plus connu aujourd’hui sous le nom d’ordre de Malthe,qui en devint conséquemment nouveau possesseur.La chapelle dudit temple,dédiée à S.Jean-Baptiste,est assez belle et fort bien voûtée (1).
    Ce lieu,ainsi que celui de S.Blaise,dont on a parlé,est une des commanderies d’Anjou,annexée à Saulgé l’Hôpital.Les commandeurs de ces maisons font des rentes à la Religion des Chevaliers.
    (Description de la ville d’Angers. Péan De La Tuillerie.)

  7. LA RUE S. BLAISE.
    Complément.(1)
    Primitivement rue de l’Hôpital,ou de l’Huys Jaune,-souvent au XVIIe siècle,rue Licquet,du nom de Jacques Licquet,sieur de La Maisonneuve,maître ordinaire des requêtes de la reine-mère,qui mourut,en 1639,dans l’hôtel faisant le coin de la rue Saint-Julien.Acquis en 1652 sur Gilles de Boussac par Poulain de La Tirlière,il appartenait au XVIIIe siècle,à Germain-François Poulain de La Guerche,chanoine de Saint-Maurice.M.de Vaugirault le fit reconstruire en 1785.L’Hôtel de Gatines y attenait,habité en 1770 par le marquis de Contades;-à côté,les hôtels de Langotière,de Cumont du Puy,Letourneux d’Avrillé et Mauvif de La Plante,attenant à Saint-Blaise;du côté de la Commanderie,qui faisait face à la chapelle,les hôtels Malineau de Saint-Aignan,d’Orvaux du Morier,Maunoir,Hullin de La Selle,Lechat,Poulain de La Forestrie,Bernard de La Fosse,ayant double façade sur la rue Montauban.-le tout bien transformé et en grande partie supprimé par la traversée de la rue nouvelle ,encore sans nom.
    LE TEMPLE.
    Complément(2).
    On y arrivait des Lices par la rue du Boeuf-Gorgé,1634,Bougorge ou rue de Bougorge au XIVe siècle,quelquefois de la Blanchaye,nom du chemin qui la continue.On y trouvait au XVIIIe siècle les auberges de la Croix-de Lorraine et du Mont-Saint-Michel et le cabaret du Petit-Bordeau,au coin de la rue du Temple,l’hôtel de Desbois-Macé,officier de la Monnaie.
    (1)LA CHAPELLE, »Elle est peu étendue en longueur et en largeur,dit Pocquet de Livonnière,et parait n’avoir été qu’une chapelle domestique.Elle est portant fondée et desservie « Ballain,p 301,et Bruneau de T;3e part p 25,en donnent une vue extérieure-Dans la rue du Temple,l’auberge des Trois-Maures avait pris l’enseigne,sinon la réputation d’une autre,célèbre autrefois sur les Lices.Encore aujourd’hui,des girouettes à emblèmes maçonniques indiquent l’ancienne maison où les Francs-Maçons se réunissaient à la fin du XVIII e siècle.
    (Description de la Ville d’Angers .Péan de La Tuillerie.)

  8. Je crois que le chanoine René Poulleau est apparenté au chanoine Jean Poulleau décédé avant 1559. Ce dernier serait dénommé Jean Poullard en 1504 paroisse Saint-Denis (AD 49 G 717) et en 1545 lors de parrainage à Cheffes (registre de 1528-1581 page 55, acte du 30 juillet 1545).
    En 1559 ( AD49 série G 718 ), Jean et René Chevallier (frères supposés) règlent les frais d’anniversaires de son décès, soit une rente hypothécaire de 6 Livres, versée à la Bourse des anniversaires de la collégiale Saint-Maimbeuf (intégrée au séminaire ), gérée me semble t-il, par le chanoine Laurent Constantin (ca 1535-1592).
    Je n’ai pas personnellement lu ces actes.

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