Renée Cochery veuve Doucher transige avec Pierre de La Faucille, Château-Gontier 1604

Son défunt mari avait pris le bail à ferme de 2 terres appartenant à la famille de La Faucille, hélas, il est décédé avant la fin du bail, et vous allez découvrir au fil de cet acte qu’il a subi les guerres, les ravages qui en découlent, et qu’il fut prisonnier de guerre, paya rançon etc…
Bref, la malheureuse veuve n’est pas en mesure de payer la ferme, et vous aller découvrir que la famille de La Faucille doit céder et l’en acquiter.

collection particulière, reproduction interdite
collection particulière, reproduction interdite

Cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E8 – Voici ma retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 22 juin 1604 (René Serezin notaire royal à Angers) sur les procès et différends meuz pendants et indécis par appel en la cour de parlement à Paris entre Pierre de La Faucille escuyer sieur dudit lieu appellant d’une part et Renée Cochery veufve de deffunt Amoury Doucher ayant repudié la tutelle naturelle des enfants et communauté de biens dudit deffunt et d’elle d’autre part,
pour raison de ce que ledit de La Faucille disoit qu’il auroit baillé à tiltre de ferme audit deffunt Doucher et Cochery la moitié par indivis de la terre fief et seigneurie de Combrée et fief et seigneurie du Boys Joullain pour le temps de 5 années à commencer au jour de Toussaint 1595 pour en payer par chacune année la somme de 550 livres tz et outre auroit ledit de La Faucille tant en son nom que comme soy faisant fort de deffunt Jehan de La Faucille escuer son nepveu la terre fief et seigneurie del a Faucille pour pareil temps de 5 années à commencer du 8 juin 1588 pour en payer par chacun an 1 550 livres tz et autres charges portées et contenues par les baulx à ferme desdites choses en vertu desquels après commandement fait à ladite Cochery de payer par derniers ou acquits vallables les deniers desdites fermes et par deffaut de payer par icelle il auroit fait saisir les choses héritaulx de ladiet Cochery et sur iceulx fait establyr commissaires au bail desdites choses sur laquelle ladite Cochery se seroit opposée et sur son opposition fait évocqué Macé Doisteau curateur aulx biens vacans dudit deffunt Doucher, entre lesquels de La Faucille Cochery et Doisteau y auroit eu appointement donné par devant le lieutenant général à Château-Gontier par lequel il auroit appointé les partyes en droit et contraires et sur la production des patyes donné jugement du (blanc) par laquelle déclaration et mandement auroit esté jugé des biens de ladite Cochery et les commissaires déchargés et ledit de La Faucille condemné poyer leurs frais et ladite Cochery deschargée du payement desdites fermes qui en restoit à payer et au surplus les partyes envoyées sans despens, de laquelle sentence iceluy sieur de La Faucille se seroit porté pour appellant son appel retenu et en iceluy fut inthimée ladite Cochery eu fait icelle lever en la cour de parlement, lequel appel ledit sieur de La Faucille estoit prest de conclure au mal payé et estre bien fondé et que ladite Cochery ne pouvoit estre deschargée du payement desdites fermes n’ayant payé ne acquité ne fait aparoir d’acquits vallables du payement d’icelles et entendre s’inscrire en faulx contre les prétendues enquestes faite à la requeste de ladite Cochery de vériffier qu’elle n’a fait les pertes y mentionnées et entendre alléguer plusieurs autres questions pour le soustien du mal jugé et persiste au payement desdites dermes par deniers ou acquits vallables et les despens tant de la cause principale que d’appel,
de la part de laquelle Cochery estoit dit qu’à bonne et juste cause elle avoir esté deschargée du payement desdites fermes en ce qui en estoit à payer qu’elle n’estoit intervenue estdits prétendus baulx à ferme que par la force et violence de son deffunt mary qui l’avoit contrainte de s’y obliger, que desdites fermes procédoit la ruine du bien de son défunt mary et elle, lequel auroit perdu la vie après avoir esté pris prisonnier et payé ranczon pris plusieurs fois, que des années de ladite nonobstant les guerres elle a fait apparoir des payements faits du temps desdites guerres nonobstant que tous les fruits eussent esté pris et ravagés comme elle disoit avoir deument informé par ladite enqueste qu’elle soient bonnes et vallables que d’ailleurs ledit de La Faucille et ledit deffunt Jehan son nepveu prévoyant le cours des guerres et la difficulté de pouvoir amasser les fruits auroient baillé promesse audit deffunt Doucher qu’en cas de perte et ravage d’iceulx ledit deffunt son mary et elle ne seroient tenus au paiement desdites fermes lesquelles promesses sont produites au procès et allégué plusieurs autres faits raisons et moyens
et sur ce estoient les parties en grande involution de procès pour à quoy obvier elles ont soubz le bon plaisir de la cour fait par l’advis de leurs conseils l’accord et transaction cy après, pour ce est-il que en la cour du roy notre sire à Angers endroit par devant nous René Serezin notaire d’icelle personnellement estanmus ledit sieur de La Faucille demeurant audit lieu paroisse de l’Hostellerye de Flée d’une part, et honorable honne Macé Cochery sieur de la Tournerye marchand demeurant audit Château-Gontier au nom et comme procureur spécial de ladite Renée Cochery sa soeur par procuration spéciale à l’effet cy après passée soubz la cour de Château-Gontier par devant Me Pierre Simon notaire le 14 du présent mois la minute de laquelle signé Renée Cochery est demeurée attachée à ces présentes pour y avoir recours quand besoin sera quantes etc soubzmectant lesdites partues respectivement mesme ledit Macé Cochery les biens et choses de ladite Renée Cochery sa soeur etc confessent avoir sur ce que dessus et choses cy après transigé pacifié et apointé et par ces présentes transigent pacifient et appointent comme s’ensuit c’est à savoir que ledit de La Faucille s’est désisté délaissé et départi, désiste délaisse et départ des demandes qu’il faisait ou eust peu faire à ladite Cochery du payement desdites fermes en ce qui reste à payer et autres charges clauses et conventions portées par lesdits baulx à ferme desdites terres et en tant que besoin est ou sera y a renoncé et renoncé et a acquiessé et acquiesse à ladite sentence, voulu et consenty veut et consent qu’elle sorte son plein et entier effet moyennant que ledit Macé Cochery audit nom consente solver payer et bailler content audit sieur de La Faucille la somme de 600 livres tz et des deniers d’iceluy Macé Cochery comme il a dit laquelle somme de 600 livres ledit de La Faucille a eue prise et receue dudit Cochery en espèces de 16 sols et autre monnoye de présent ayant cours suivant l’ordonnance du roy, dont il s’est tenu à contant et en a quité et quite ledit Macé Cochery et ladite Renée sa soeur
et outre a ledit Macé Cochery en son privé nom promis acquiter ledit sieur de La Faucille des frais des commissaires establys sur les biens de ladite Cochery
et en outre demeurent lesdits procés nuls et assoupis entre les parties sans autre despens dommages et intérests d’une part et d’autre, et a ledit Macé Cochery promis faire ratiffier et avoir agréable ces présentes à ladite Renée Cochery sa soeur et en fournir et bailler audit sieur de La Faucille lettres de ratiffication bonne et vallable dedans 8 jours prochainement venant à peine etc ces présentes néangmoins etc
à laquelle transaction et tout ce que dessus tenir etc obligent lesdites parties respectivement etc renonçant etc foy jugement et condemnation etc fait et passé audit Angers maison de honorable homme Me Mathurin Grudé sieur de la Chesnaye advocat Angers en sa présence et de Me Gilles Godier sieur du Bignon licencié en droits demeurant audit Château-Gontier tesmoins

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog

le mardi 11 novembre 1913 : analyse du journal du jour LE PETIT COURIER, quoditien – Angers

Ce journal est en ligne sur le site des Archives départementales du Maine-et-Loire, vue 30 du mois de novembre 1913. J’ai voulu voir de quoi les angevins s’occupaient à la veille de la Grande Guerre et je n’ai pas été déçue, car le plus souvent rien de neuf sous le soleil !!!

LES EMPOISONNEMENTS DE CHOLET
Encore un nouveau décès – L’enquête judiciaire – Notre enquête à Angers.

    à la une, en gros titre : nous ne faisons pas mieux et nous connaissons toujours les intoxications collectives, même si nous savons mieux les analyser et pourtant théoriquement les éviter.

    Je ne sais pas sur quelle partie du corps on utilisait cette crème ? le visage ?

La catastrophe de Melun

    Déjà le train en cause !

    l’électricité n’était pas encore installée sans toutes les maisons, ni dans tous les villages d’ailleurs !
    Pour moi c’est une plus grande invention qu’internet car sans elle Internet ne serait pas possible.

Actualité : les responsabilités
On a lu dans notre précédent numéro le remarquable de M. Frédéric Clément, sur les nouveux impôts qui seront nécessaires pour équilibrer le budget de 1914, qui se solde par un déficit de 794 millions, et par une augmentation de dépenses de 681 millions sur 1913.
Parmi les formidables dépenses de ce budget, il en est devant lesquelles le pays ne recule par, et qu’il accepte, ce sont celles qui intéressent la défense nationale et auxquelles, nous le répétons, nul ne songe à se soustraire, parce qu’elles sont indispensables…

    on sentait donc bien les nuages qui menaçaient ?

    je lis « pour les vieillards », je devrais en prendre !

Informations parlementaires : le XXIème corps d’Armée
On a distribué à la Chambre, un projet de loi portant la créstion du 21ème corps d’armée. Les motifs et dispositifs sont ainsi conçus :
Dans le but de renforcer les moyens d’action de la couverture, un certain nombre de régiments ont été ou vont être envoyés sur la frontière du Nord-Est, particulièrement dans le 20ème corps ou dans le 16ème corps d’armée, qui comptent (ligne illisible), les difficultés du commandement et de l’administration de ces corps d’armée. Il y a intérêt, par conséquent, à alléger les gros, c’est-à-dire à augmenter leur nombre tout en assurant un groupement national susceptible de procurer un meilleur fonctionnement …

    je n’ai pas compris si garden et charette étaient des automobiles ?

Grave accident d’automobile
Toulouse, 10 – Ce soir, à 5 h, M. de Castelnau, avocat, cousin du général, essayait une automobile de Millot et Saint-Privat, en compagnie de Mme Inguinbert, lorsque, par suite d’une embardée, la voiture fut précipitée en bas d’un talus. Mme Inguinbert a été tuée sur le coup. Le cheuffeur, nommé Gambières, qui avait été pris sous le véhicule, a expiré peu après. M. de Castelnau a été grièvement blessé.

    ma maman a élévé 6 enfants, nés de 1938 à 1950, sans machine à laver. Je ne me souviens que de l’immense lessiveuse au sous-sol où nous avions buanderie, et une buandière qui passait un jour par semaine.

jeu de gosses
Une enquête est ouverte contre trois fillettes de 9 à 12 ans qui ont trouvé divertissant d’enlever du zinc à la toiture du marché de la plage Grégoire-Bordillon.

    a-t-elle vu la guerre se préparer ?

sans billet
La nuit dernière, par le train de 1 h 38, deux individus, venant de Lorient, passaient en gare St-Laud. Leur allure suspecte ayant été remarquée par le contrôleur Pipart, celui-ci les pria de montrer leurs billets, qu’ils ne purent fournir.
N’ayant pas de quoi payer le montant de leur voyage, ils ont été menée à la police mobile qui leur a dressé procès-verbal.
Ce sont les nommés Plaçais Marcel, 18 ans, manoeuvre, sans domicile fixe, et Chevalier Jacques, 25 ans, manoeuvre, également sans domicile fixe.

    Ouf !
    Voici une pub qui existe encore 100 ans plus tard, enfin plus moderne !

Une femme est tamponnée par un tramway
Lundi matin, à 7 h, comme le tramway Ralliement-Lionnaise passait sur le pont du Centre, Me Hubert, 83 ans, voulut traverser la chaussée …

Chez les Carriers – pas de reprise du travail – Grande manifestation – Mesures d’ordre
Le Loci-out devait être terminé lundi. Le travail devait reprendre. Il n’a pas repris.
Une trentaine d’ouvriers italiens étaient arrivés dimanche soir dans notre ville, embauchés qu’ils avaient été par la Commission des Ardoisières…

    Tous ces actualités ressemblent tellement à celles de 2013 !

Saint-Pierre-Montlimard : scène grave
Italiens et Marocains – coups de couteau et de revolver – Trois blessés grièvement
….

    les mineurs Italiens et Marocains se battent dans un café

A la mémoire de Joseph Guillouard tombé au champ d’honneur à Bitry (Aisne) le 18 septembre 1914

Ce jour je vous présente une biographie complète de Joseph Guillouard, mon grand oncle.

En effet, ce jour, le programme complet des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale sera dévoilé par le Président de la République à l’occasion de son discours pour le lancement officiel du Centenaire en France.

Comme certains d’entre vous l’ont déja vu j’ai mis en ligne sur mon site, il y a des années, le cahier de guerre de mon grand père Edouard Guillouard avec toutes ses illustrations grâce au lieutenant et ami de mon grand père qui possédait un appareil photo.

Comme par exemple cette photo, prise en mars 1915, qui illustre l’arrivée des périscopes, qu’ils s’empressent de tester, car auparavant il fallait sortir la tête de la tranchée pour voir et tirer et alors difficile de ne pas être vu. Remarquez les sabots au pied, paille dedans.

Durant les années de la commémoration, vous aurez aussi chaque jour au haut de mon article du jour, l’équipée de mon grand père au jour le jour.

Odile

Les paroissiens de Miré et Contigné achètent des armures, 1522

J’ai compris qu’il s’agit d’une partie de l’armure : hallecret et gorgetin, mais je n’ai pas tout compris et merci de votre aide si vous le pouvez.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E121 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 10 avril 1521 avant Pasques (donc le 10 avril 1522 n.s.) en la cour du roy notre sire à Angers (Nicolas Huot notaire Angers) personnellement establiz chacun de sire Jehan Foussier marchand drappier demourant à Angers Guillaume Ripvière ? procureur de la paroisse de Miré, Colas Paré procureur de la paroisse de Contigné et Jehan Lyais de la paroisse de Contigné Jehan Lejeune et Jehan Coquereau paroissiens de Miré ainsi qu’ils disent soubzmectans aulx et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division de parties ne de biens leurs hoirs etc confessent debvoir et loyaulment estre tenuz et encores etc promettent rendre et paier
à honneste personne Jehan Potery sergent royal demourant à Angers la somme de 104 livres tournois dedans le dimanche de Miserocardia prochainement venant

    qui est un dimanche du temps de Pâques lors duquel on chante le « Misericordia Domini plena est terra … »

et pour raison de la vendition du nombre de troys hallerets garnis de ? sallade ? gorgerin de maille et de maillés ainsi qu’il appartient, bons et marchands,

HALLECRET. s. m. Espece de corselet. Ce mot n’est plus en usage. (Dictionnaire de l’Académie française, 1st Edition, 1694)
HALECRET, subst. masc. ARM. « Cuirasse légère faite de plaques de métal articulées » (Dictionnaire du Moyen Français 1330-1500) sur http://www.atilf.fr/dmf
GORGERIN, Est la piece que l’homme de guerre met autour de sa gorge, Gutturarium, vel Gutturale, ce qu’on dit en fait de haubert, ou maille gorgerin, on l’appelle haussecol, en fait de lame de fer. (Jean Nicot: Le Thresor de la langue francoyse, 1606)
GORGERIN, subst. masc. ARM. « Partie de la cuirasse qui couvre le cou (et parfois le menton) » (Dictionnaire du Moyen Français 1330-1500) sur http://www.atilf.fr/dmf

avecques troys picques venduz baillez et livrés par ledit Potery auxdits Ripier et dessus dénommés dont ils s’en sont tenuz par davant nous à contens
à laquelle somme de 104 livres tournois rendre et paier etc en ceste ville d’Angers en la maison dudit Potery à Angers et aux coustz et mises desdits débiteurs et aux dommages dudit Potery de ses hoirs etc sur laquelle somme ledit Potery a receu la somme de 4 livres etc obligent lesdits establis debiteurs eulx et chacun d’eulx seul et pour le tout sans division de parties ne de biens leurs hoirs etc à prendre vendre etc renonçans par davant nous au bénéfice de division etc foy jugement et condemnation etc
présents ad ce Charles Lemercier noble homme maistre Roger Lemalenffant du diocèse d’Avranche au duché de Normandie à présent estably estudiant en la ville d’Angers tesmoing
fait et donné à Angers les jour et an susdits

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog.

11 novembre

comme chaque année à cette date, je fais ici mémoire de mon grand-père, dont vous pouvez lire le carnet de guerre sur mon site, accompagné de ses nombreuses photos.

Voir sur mon site le Carnet de guerre d’Edouard Guillouard, 3e bataillon du 84e RIT, Somme, Doubs, Lorraine, Alsace – Photos prises par le capitaine Leglaive, tous droits de reproduction réservés

cantine roulante - collection personnelle, reproduction interdite
cantine roulante - collection personnelle, reproduction interdite

Grand’père, tu as fait la guerre 14-18 à cheval, ici la cantine roulante.

les ânes - collection personnelle, reproduction interdite
les ânes - collection personnelle, reproduction interdite

et les ânes

collection personnelle, reproduction interdite
collection personnelle, reproduction interdite

mais tu as connu les premiers trains

Jaudelaincourt - collection personnelle, reproduction interdite
Jaudelaincourt - collection personnelle, reproduction interdite

et leurs gares

cours de défense anti-aérienne
cours de défense anti-aérienne

même les avions, pour tirer dessus

passage des avions
passage des avions

ou les regarder

à larrière, repos en attendant de relever les autres
à l'arrière, repos en attendant de relever les autres

tu as connu l’électricité

sergent télégraphiste - collection personnelle, reproduction interdite
sergent télégraphiste - collection personnelle, reproduction interdite

et tu as connu la communication moderne

Voir sur mon site le Carnet de guerre d’Edouard Guillouard, 3e bataillon du 84e RIT, Somme, Doubs, Lorraine, Alsace – Photos prises par le capitaine Leglaive, tous droits de reproduction réservés

Jaudelaincourt – collection personnelle, reproduction interdite

Le tricot pendant la seconde guerre mondiale

Nous avions vu ici le Bon d’Achat de Vêtements et d’Articles Textiles, pendant la seconde guerre mondiale

Si j’ai bien compris, certains produits agricoles, terres, usines étaient réquisitionnés, et d’autres ne l’étaient pas. Donc, on se rabattait sur ce qui n’était pas réquisitionné, et le tricot faute de textiles était devenu une nécessité. D’autant que plusieurs hivers furent remarquables, et même des records de froid, tandis qu le charbon était rationné.
L’hiver 1944-1945, comme d’autres durant cette guerre, fut l’un des plus rigoureux du siècle. J’y reviendrai plus tard pour traiter du chauffage ou plutôt « peu ou pas de chauffage ». (patience, je vous prépare un billet là-dessus) Mais je le rappelle ici pour illustrer la nécessité des vêtements chauds pendant la guerre. Le tricot mécanique industriel n’existait pas encore !

Ma grand-mère paternelle, ma tante célibataire, et ma grand-tante sans enfants, passaient leurs journées à tricoter. Elles ne manquaient pas d’ouvrage car les petits-enfants étaient très nombreux ! Même pendant la guerre, on pouvait tricoter et nous avions tous bonnets, pulls et même culottes bouffantes en tricot.
Ma grand-mère maternelle, ne tricotait jamais, mais savait dénicher chaque année un manteau de fourrure neuf. Manifestement pendant la guerre le lapin rendit bien des services en ces froides années.

La laine à cette époque était livrée en écheveaux et je n’ai pas le souvenir de pelottes de laine. Les écheveaux devaient être pelotés avant d’être tricotés. Il y avait 2 méthodes :
… à 2 personnes, l’une les bras écartés contenant l’écheveau, la seconde pelotant
… à une personne et une chaise. L’écheveau était enfilé sur le dossier de la chaise (ou 2 chaises dos à dos) et la personne pelotait. J’ai ainsi fait toute petite beaucoup de pelotes, bien rondes comme des balles. J’étais fière de partager les occupations des grandes personnes.

Les chaussettes, tricotées sur d’innombrables aiguilles, me plaisaient beaucoup. Mais elles s’usaient assez vite, car elles ne contenaient pas encore le fameux Polyamide qui renforce la solidité. Aussi, les trous, au talon surtout, étaient fréquents. Pour cela, on utilisait l’outil ci-dessous, sur lequel vous voyez même les coups d’aiguille. Il date !!! mais je le garde religieusement !!! J’ai tellement reprisé de chaussettes avec ! Car j’étais douée pour ce petit travail de patience.

Ces tricoteuses de la famille ne tricotaient pas que des vêtements pour les innombrables petits enfants, mais aussi d’interminables carrés multicolores pour faire des couvertures pour ceux qui en avaient besoin. Car, en ces temps de bombardements à Nantes, les couvertures étaient demandées. J’ai conservé l’une d’elles, précieusement et vous en ai photographié une partie.

  • Ce qu’on écrit les témoins des bombardements à Nantes
  • Ces derniers jours, j’ai relu divers ouvrages concernant des témoignages de cette époque à Nantes sous les bombes, et quelle ne fut pas ma surprise de trouver des témoignages de tricot !

    Paul Caillaud, Directeur de la Défense Passive pour la ville de Nantes, dans « Les Nantais sous les bombardements 1941-1944 », Editions Aux portes du large, Nantes 1947, page 86, témoigne des queues devant divers magasins :

    « Tout encombrement des magasins pouvait être dangereux en cas d’alerte… C’était l’origine d’une autre contrainte, rançon de tous les temps de disette : les « queues » qui, hélas ! et notamment pour les textiles, n’est pas encore résolue. Dans cette fin de 1943, elle donna du souci à ceux qui avaient charge de la sécurité publique. »

    Cet ouvrage étant publié en 1947, je pense que la phrase « n’est pas encore résolue » s’applique à l’année 1947.

    De son côté, le colonel G. Provost, Directeur départemental de la Défense Passive de Loire-Atlantique, préface l’ouvrage de Paul Caillaud « Mémorial de la Défense Passive, Nantes sous les bombardements », témoigne (p.15) :

    « Et les visites dans tous les postes de secours où, au cours des nuits creuses, quelquefois au son d’un photographe, les belotes se succédaient pendant que les équipières tricotaient sans arrêt, en attendant la chute des bombes ou la fin de l’alerte.
    Que de kilomètres de tricot ont ainsi défilé sous les doigts agiles, pendant les alertes calmes. »

    Quels beaux témoignages sur le tricot pendant la guerre !

  • Ce que l’on trouve sur Internet
  • Concernant l’histoire du tricot

    et son histoire vue des USA exclusivement (rien pour la France ou l’Europe)
    Je dois dire que même si cette page concerne uniquement les USA elle est extrêmement bien faite, et je regrette qu’il n’existe pas une page équivalente concernant la France.

    L’ancêtre du tricot est sans doute ce qui est connu sous le nom viking de nålbinding. Les trouvailles archéologiques les plus anciennes ont été réalisées avec cette technique, et faussement identifiées comme des tricots. La trouvaille la plus ancienne de tricot au sens propre consiste en fragments de chaussettes coptes en coton finement décorées trouvées en Égypte et datant de la fin du Xe siècle14,15. Compte tenu de la finesse et de la sophistication du décor bicolore, il faut supposer que l’invention elle-même du tricot est bien antérieure.
    La première guilde commerciale de tricot a été fondée à Paris en 1527
    Avec l’invention de la machine à tricoter, cependant, le tricot à la main devient un art utile, mais non essentiel. Comme le matelassage, le filage, la broderie au petit point, le tricot est devenu une activité sociale.

    Bien que ce soit fait d’habitude par une seule personne, le tricot est souvent une activité sociale. Il y a beaucoup de groupes ou autres clubs de tricot.

    Le tricot à la main est devenu à la mode et en est sorti plusieurs fois dans les deux derniers siècles, et au début du XXIe siècle, il revit. Selon le groupe industriel Craft Yarn Council of America, le nombre de tricoteuses aux États-Unis entre 25 et 35 ans a augmenté de 150 % entre 2002 et 2004. Cette dernière réincarnation est moins orientée vers la débrouillardise et la réparation que celle des années 1940 et 50, mais plus vers une affirmation de la personnalité et le développement de l’esprit communautaire.Cette dernière affirmation est surtout vraie aux États-Unis, en France, il s’agit plutôt de se réunir pour partager un savoir-faire, sortir de l’isolement, s’initier à un art qui autrefois se transmettait de génération en génération, apprendre des trucs et astuces de personnes expérimentées et passionnées dans la convivialité

  • Conclusion :
  • Si j’ai bien compris, durant la seconde guerre mondiale on a tricoté par nécessité, mais il s’est avéré que le tricot avait un effet positif sur le stress.

    Puisque le tricot a un effet positif sur le stress, pourquoi diantre la Sécurité Sociale ne le préconise t’elle pas ! Elle pourrait le rendre obligatoire voir le financer !!! Elle y gagnerait, ou plutôt, nous y gagnerions tous, car nous la finançons !

    LE SUJET DE CE BILLET EST Le tricot PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE.
    IL Y AURA D’AUTRES SUJETS ICI CONCERNANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE, merci de les attendre.