Marguerite Cohon et Etienne Paillard vendent un pré : La Rouaudière 1593

Voici encore Mathurin Cohon, cette fois avec un nom d’épouse, et même si l’acte ne dit pas qu’ils sont les père et mère de Marguerite Cohon, il semble bien que ce soit le cas, car on sait pas les autres actes qu’un Mathurin Cohon, tout à fait contemporain, avait un fils Pierre, donc ne peut pas avoir laissé de succession sans hoirs qui serait advenue collatéralement à Marguerite Cohon. Donc tout laisse à penser que Marguerite Cohon est soeur de Pierre.

Je vous mets aussi l’acte sous la catégorie PALEOGRAPHIE qui contient beaucoup d’actes sur mon blog et mon site, et ce pour ceux qui souhaiteraient s’entraîner, mais attention, pour vous entraîner, vous ne regardez pas ma retranscription avant, seulement après.


Acte des Archives de la Mayenne AD53-207J12 chartrier de la Rouaudière (53)Voici ma retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :
Le 23 septembre 1593 avant midy, en notre cour de Pouancé (devant J. Camerelle notaire de Pouancé) endroit personnellement establys chacuns de honneste homme Estienne Paillard et Marguerite Cohon sa femme de lui authorisée, demeurant à la Foulleraye paroisse de Congrier, soubzmetant eulx un chacun d’eulx seul et pour le tout sans division etc, confessent avoir ce jourd’huy vendu quicté cèdé et délaissé et transporté et encore vendent quittent cèsent délaissent et transportent à jamais perpétuellement par héritage à Pierre Trovallet et Jacquine Davy sa femme demeurant à la Biraudière paroisse de La Rouaudière présents et acceptants qui acheptent pour etc ung pré clox à part nommé le pré de la Planche, sis et situé près le lieu de la Jumerye en la paroisse de La Rouaudière, joignant d’ung cousté la terre des héritiers de la veuve de defunt Marin Davy d’autre côté le chemin tendant de la Jumerye au bourg de ladite Rouaudière abouté d’un bout à la terre de Guillaume Mulleunet ? d’autre bout (f°2) le ruisseau tendant de l’estanc de Bomyer à l’estanc de la Heardière en ce non compris la haye du bout dudit pré à la terre dudit Guillaume Muleunet, et comme ledit pré est escheu auxdits vendeurs entre autres choses par partage … de la succession de defunts Mathurin Cohon et Marguerite Colleau ; tenues lesdites choses de la terre, fief et seigneurie de La Rouaudière à la charge desdits acheteurs de payer et acquiter au temps advenir par chacun an au terme d’Angevine deux sous tz entre les mains desdits vendeurs pour toutes charges fors obéissance au fief ; transportant … et est faite la présente vendition cession et transport pour le prix nombre et somme de 33 écus ung tiers d’écu, quelle somme nombre de 33 escuz ung tiers d’escu lesdits achepteurs ont aujourd’huy payée et baillée comptant auxdits vendeurs en notre présence et à veue de nous, tellement que iceulx vendeurs s’en sont tenuz à contant et bien poyéz par devant nous et en ont quicté et quictent lesdits achepteurs (f°3) et dont etc auxquelles cession et tout ce que dessus est dit tenir etc garantir etc obligent etc renonçant etc mesmes la dite venderesse au droit velleyen à l’espistre divi adriani et à tous autres droits etc foy jugement et condemnation etc fait en la maison desdits achepteurs où ils sont demeurant à présent présents Jehan Myo… et Yves Hunault tesmoings ; lesdits vendeurs ensembles lesdits tesmongs déclarent ne savoir signer ; en vin de marché dons commission payé par lesdits achepteurs du consentement desdits vendeurs la somme de 3 escuz sol dont lesdits vendeurs s’en sont tenuz à content ; ainsi signé en la minute de ces présentes P. Tropvallet et J. Camerelle notaire soubzsigné

François Ribaut avait laissé plus de dettes passives qu’actives : il était notaire de la cour de Pouancé, le voici dressant un acte en 1620

J’ai déjà rencontré des notaires seigneuriaux peu aisés, et j’ai même mis sur mon site il y a longtemps l’inventaire exceptionnel de Jean François Cheussé notaire de la même cour, en 1716, et je vous conseille vivement d’aller voir le bas de cette page dont je vous ai mis le lien sur ce paragraphe, car vous y voyez l’inventaire qui compte sur plusieurs années le nombre d’actes qu’il a passé par an, et c’est peu, et même très peu, autrement dit insuffisant pour dégager un revenu pour vivre.

Dans le cas de François Ribaut notaire en 1620, je pense qu’il a vécu au dessus de ses revenus, sans équilibrer son budget, pourtant un notaire était bien placé pour tenir des comptes : il savait lire, écrire et compter, ce qui était très loin d’être le cas de la majorité de la population d’alors.

La vente qu’il passe concerne Jean Cohon, dont nous reparlerons ces jours-ci.

Acte des Archives de la Mayenne AD53-207J18 chartrier de la Rouaudière (53)Voici ma retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :
L’acte est abimé sur toute la droite de la page et illisible, donc vous aurez des …, mais cela n’empêche pas la compréhension

Le 3 mars 1620, devant nous François Ribault notaire de la cour de Pouancé, fut présent et estably Jean Cohon marchand demeurant au lieu de la Vie… paroisse de La Rouaudière, soubsmettant vend luy ses hoirs et ayant cause avecques tous et chacuns ses biens meubles et immeubles présents et advenir quels qu’ils soient au pouvoir ressort et juridiction de nostre dite cour quant à ce, confesse de son bon gré et volonté sans auscune contrainte ny perforcement avoir aujourd’huy vendu quité cédé délaissé et transporté et encores par ces présentes vend quitte cèdde délaisse et transporte du rout dès maintenant et à présent et à tousjoursmais perpétuellement par héritage à honneste homme René Delahaye marchand demeurant au lieu de la Primaudaye dite paroisse à ce présent et acceptant pour luy ses hoirs et ayant cause, scavoir est 2 pièces de terre appellées les Michelières contenant 17 boisselées de terre ou environ, tenant l’une l’autre avec leurs hayes entre deux, joignant des 2 côtés la terre des enfants de defunt Louis Robin et d’autre côté à une pièce de terre appellée le Grand Mortier appartenant à François Cohon et abutant des 2 bouts … desdites pièces la terre dudit François Cohon et d’autre, vers matin les pièces du Parsallé à présent appartenent à Me Michel Hyret sieur de la Rouveraye par contrait gratieux fait avec René et Jean les Angers et d’autre bout la terre de Me René Gouesbault sieur de la Hoière, et étant lesdites 2 pièces de terre situées près le village de la Brandoulaye en ladite paroisse, et comme elles se poursuivent et comportent avecques leurs appartenances et dépendances et qu’elles sont … à part avecques les haies qui en dépendant et en peuvent appartenir et sans sucune réservation en faire fors que ledit Delahaye ne pourra empêcher le cours des eaux qui ont accoutumé d’aller au bout d’une desdites pièces de Michelerais audedans d’ung pré appartenant (f°2) audit François Cohon appellé le pré de la Rinrottière dont la haie demeure d’avec ladite pièce fors le ru qui demeure avec ledit pré, lesquelles … ledit François pourra les faire conduire par ou bon lui semblera pour et moyennant qu’en soit par un ancien et accoustumé au dedans dudit pré de la Rinrette ; et en outre ledit Cohon a baillé audit Delahaye ung passage pour aller exploiter lesdites deux pièces de terre des Michelerais du lieu de la Braudaulaye à présent appartenant audit Delahaye par l’acquêt fait avec lesdits les Angers par dessus une quantité de terre d’une pièce appellée les Micheleries appartenant audit Gouesbault, que ledit Cohon a cy devant aquise dudit Gouesbault, pour bailler passage audit Delahaye, et ledit Cohon a mis entre les mains dudit Delahaye la copie dudit contrat pour luy servir et valoir comme titre, ledit contrat passé par nous notaire ; et ladite quantité de terre demeurera purement et simplement audit Delahaye au cas qu’iceluy Delahaye ne puisse retirer ou achepter lesdits 2 prés du Parsalle du sieur de la Rouveraye ou des Angers ; et est faite la présente vendition cession et transport pour et moyennant la somme de 170 livres tz, quelle somme ledit acquéreur a payé solvé baillé manuellement contant et à veue de nous en pièces de … et autre monnaie ayant cours suivant l’ordonnance royale jusques à la concurrence de ladite somme et dont lesdits vendeurs luyont quitté transporté baillé quitté cédé et délaissé la possession seigneurie et jouissance (f°3) desdites choses comme à luy bien et justement … ; tenues du fief et seigneurie de la Rouaudière à la charge d’acquiter à l’avenir les cens rentes debvoirs qui sont la somme de … pour tous debvoirs au terme d’Angevine et à la descharge du lieu de la Feuloterie apartenant audit sieur François Cohon requérable par les Cohons, et dont et de laquelle vendition cession et quittance et tout ce que dessus est dit tenir, garder … sans jamais y contrevenir en aulcune manière que ce soit obligent ledit Cohon lesdites choses au garantage de tout hypothèque etc foy jugé et condempné par le jugement de nostre dite cour, fait et passé au bourg de la Rouaudière demeure de nous notaire soubsigné présents à ce discret missire Louys Houillot ^rêtre prieur curé de la Rouaudière , et y demeurant, Jacques Lechanteux et Paul Chevalier demeurant en ladite paroisse tesmoings ; et en vin de marché 8 L 17

Espacement des naissances : un curieux intervalle à Saint-Quentin-les-Anges, 1629

J’ai une soeur qui a 10 mois de moins que moi, aussi, lorsque nous étions petites, elle se réjouissait à chacun de ses anniversaires de m’avoir rattrapée. Puis, 2 mois après, je prenais ma revanche ! Non mais ! l’aînée, c’est moi !
C’était fréquent autrefois…

Les démographes, gens sérieux, vous parleraient d’intervalle intergénésique, terme hautement scientifique, que je vous déconseille toutefois d’utiliser dans les salons car il fait un peu pédant. Puis, ils s’appliquent à relever tous les intervalles de 8 mois et plus.

Les intervalles de moins de 8 mois ne doivent pas apparaître dans nos registres paroissiaux, puisque la fausse couche ne donnait pas lieu à un baptême.

Que s’est-il passé à Saint-Quentin-les-Anges en 1629 ? Malgré toutes mes recherches sur toutes les naissances VIGNAIS, je ne peux rien expliquer. Après avoir accouché le 6 avril de 2 filles jumelles, elle accouche à nouveau le 27 octobre suivant !

Pierre VIGNAIS x avant 1622 Anne CADOTS

    1-Pierre VIGNAIS VIGNAIS °Saint-Quentin-les-Anges 13 juillet 1622 Filleul de Jacques Cadotz et de Perrine Vignais

    2-Jean VIGNAIS °Saint-Quentin-les-Anges 16 août 1624 Filleul de Pierre Chesneau et de Renée Vignais tous demeurants aux Réhardières

    3-Pierre VIGNAIS °Saint-Quentin-les-Anges 17 mai 1628 Filleul de René Chesneau et de Perrine Peltier

    4-Anne VIGNAIS °Saint-Quentin-les-Anges 6 avril 1629 Filleule de Nicolas Priou et de Jacquine Priou

    5-Perrine VIGNAIS °Saint-Quentin-les-Anges 6 avril 1629 « d’une mesme ventrée et mesme accouchement que Anne, fut parrain Charles Vignais frère dudit Pierre Vignais, et marraine Perrine Chesneau »

    6-Jeanne VIGNAIS °Saint-Quentin-les-Anges 27 octobre 1629 †idem le même jour que le B. Filleule de Nicolas Priou et de Jehanne Guestron

    7-Pierre VIGNAIS °Saint-Quentin-les-Anges 20 janvier 1631 Filleul de Pierre Chesneau et de Renée Vignais

    8-Andrée VIGNAIS °Saint-Quentin-les-Anges 17 mars 1634 Filleule André Guillet et de Françoise Cadots

    9-Mathurin VIGNAIS °Saint-Quentin-les-Anges 14 mars 1635 Filleul de Mathurin Cadots et de Perrine Vignais

    10-Pierre VIGNAIS °Saint-Quentin-les-Anges 28 avril 1636 Filleul de Pierre Thibault et de Jeanne Payslasne

    11-François VIGNAIS °Saint-Quentin-les-Anges 16 août 1637 Filleul de François Guestron et de Jeanne Payan

    12-Renée VIGNAIS °Saint-Quentin-les-Anges 12 avril 1639 Filleule de Léonard Pillet et de Renée Madiot

    13-René VIGNAIS °Saint-Quentin-les-Anges 27 mars 1642 Filleul de René Lemesle et de Renée Cadotz

    14-Jeanne VIGNAIS °Saint-Quentin-les-Anges 19 avril 1643 †idem le 10 juin suivant. Filleule de Mathurin Madiot et de Jeanne Michel

    15-Anne VIGNAIS °Saint-Quentin-les-Anges 5 juin 1644 Filleule de Mathieu Cadots et Renée Cadots tous deux de la Ferrière

Généafolie : la loupe mondaine et la diagonale

Ma génération, née avant guerre, a donné une majorité d’ados, puis adultes, plutôt obéissants que rebelles, j’appartiens à ces zombis qui ne discutaient pas beaucoup voire pas du tout les déclarations des parents. On avait même quelque chose qui semble oublié, le respect des parents.
Parmi les amis proches des miens, une généalogiste des années 1960, époque d’une généalogie naissante. Elle nous vantait en long et en large telle propriété que telle famille de ses ancêtres avait possédée.
Et tout le monde de la croire !
D’autant qu’à cette époque je n’avais pas commencé mes propres recherches.

Des années plus tard, débutante, je découvrais la richesse de Clisson dans ma filiation, et parallèlement j’utilise la micro-informatique naissante. J’entreprends alors les tables des mariages de Clisson bien avant que le système actuel existe.

L’un des mariages FORGET, concernant mes collatéraux, m’interpelle. En effet, curieusement, il donne la filiation des ascendants de l’amie de mes parents.
Mais pas du tout la filiation énoncée plus haut.

Rencontrant l’amie, je l’informe avoir trouvé le mariage et le nom de ses parents. En vain, elle me répond que j’avais tord.

Au passage suivant aux Archives (rares étaient mes passages car je travaillais encore) je prends une photocopie du microfilm, et je dépose l’acte en question dans la boîte aux lettres de l’amie.
Les années qui suivirent virent la même réponse : « je m’étais trompée »

Et, comme je vous exposais au début de ce billet, à cette époque ma génération ne contredisait pas facilement les aînés, surtout quand on risquait une crise diplomatique familiale. Je dus donc me taire. D’autant que l’amie clamait haut et fort comment elle avait fait et que c’était ma méthode qui était erronnée, du moins c’est ce qu’elle prétendait.

Voici donc sa méthode :

Mes (cette amie) ascendants sont d’un certain milieu ou plutôt « je veux que mes ancêtres sortent d’un certain milieu, donc je ne vois pas les autres, et surtout je ne les cherche pas car je risquerais de les trouver « 
Donc ils sont forcément dans le fonds Freslon
Donc, inutile d’utiliser les registres paroissiaux
Puisque le fonds Freslon pour Clisson donne UNTEL c’est mon ancêtre
Un homonyme dans les registres paroissiaux ne peut pas être mon ancêtre (cf les 2 premiers énoncés) cela s’appelle la loupe mondaine
D’autant que j’évite de regarder et/ou croire qu’il existe des homonymes. cela s’appelle la diagonale

Cette dernière méthode, qui consiste à utiliser la diagonale sans vérifier tous les mariages de la lignée, donnant expréssement la filiation, mais à se contenter d’un homonyme en sautant dessus, sur que c’est le sien, est un travers hélas toujours existant. J’ai bien d’autres vécus à vous conter concernant l’utilisation de la diagonale.

Mais qu’est ce donc que le fonds Freslon pour les non initiés et/ou non habitués de mon département de Loire-Atlantique.
Ce fonds est le relevé manuscrit partiel du vicomte de Freslon, qui parcourut les registres paroissiaux muni d’une puissante loupe mondaine, laissant impitoyablement tomber tous ceux qui à ses yeux mondains, ne méritaient pas qu’on les note. Oh là là, ils travaillaient de leurs mains !!! Il alla même jusqu’à écrire de telle famille qu’il avait commencé à relever, que la suite « tombait » et il ne la notait plus.
La loupe mondaine a été (et est encore) beaucoup utilisée.
Ainsi il a y a des années de cela, Bernard Mayaud, voyant mes travaux sur les Alaneau, chatelains de Pouancé sur plusieurs générations, me les demande pour les publier dans ses recueils. L’entrevue fut brêve, il refusait de mettre la branche trop descendue, au point de travailler de ses mains. Mon refus fut à la hauteur de mon caractère, désormais connu de beaucoup pour « mal-commode » : c’est tout ou rien, la vérité ou rien.

Et depuis, j’ai été confronté à nombre d’obsédés de la loupe mondaine, loupe au reste très courante autrefois. J’ai des vécus que je qualifierais d’hallucinants, mais que je peux vous conter, car souvent avec menaces à la clef si je parle.
Eh oui, toute vérité n’est pas bonne à dire.
Et qu’est-ce que la vérité sans traçabilité en généalogie ?

Mais, moi, il n’y a pas de jours où je ne pense à cette amie de mes parents, à travers laquelle j’ai été brutalement confrontée à la loupe mondaine, pas de jours où je ne sois écoeurée de la généalogie, car elle est encore pervertie.
Et vice-versa, pas de jours où je n’ai l’obsession du devenir de mes travaux, bardés de preuves, dont certains généalogistes n’ont rien à faire, au point des les altérer, ou pire de continuer à croire les pseudo-mondains d’antan.

Alors comment transmettre des travaux fiables ? Comment faire pour que ce qui est duement prouvé ne soit jamais altéré ?
J’ai autrefois écrit sur mon site des pages de GENEAFOLIE. Je viens de les relire et je n’en retire rien, au contraire j’ai ici entrepris de compléter mon témoignage, pour en dresser une histoire (ou des éléments pour servir à l’histoire) de la généalogie.

Hommage à l’abbé Angot dont le dictionnaire de la Mayenne m’a été si utile et si pertinent

Je n’en dirais pas de même du dictionnaire de Célestin Port.
Mais revenons à l’abbé Angot, car il est un véritable compagnon de route, quasiement chaque jour, dans mes recherches. L’exactitude des données est précieuse, et j’ai pu chaque jour constater qu’il avait utilisé des méthodes beaucoup plus sérieuses que Célestin Port.
Bref, je voue à l’abbé Angot un profond respect, et c’est l’un des ouvrages les plus utiles que j’ai été en mesure d’acquérir. (Ceci dit si vous débutez, je pense qu’il est toujours disponible chez l’éditeur à Mayenne (la ville dans le département du même nom))
Donc, quite à me répéter, le dictionnaire de l’abbé Angot est un outil on ne peut plus fiable pour naviguer dans les lieux et personnages.

C’est dire que je lui pardonne volontiers l’aventure qui vient de m’arriver, et que vous allez suivre ces jours-ci.
Donc, je suis sur mes JOUBERT, et je tente de revoir à fonds tout ce que j’avais plu glaner dans les notaires à Angers. Comme vous avez pu le constater, j’avais des km de frappe à effectuer, tant les actes sont longs et nombreux, et il y a une quinzaine d’années, j’avais été un peu vite, sans doute en diagonale, même si je crie toujours haut et fort qu’il faut à tout prix éviter la diagonale dans les actes notariés.

Ces derniers jours, revoyant toutes mes frappes à fonds, je découvre ahurie 2 lignes (sur des milliers) qui bouleversent toute ma vision des Joubert.
Voici comment.
J’avais donc relever autrefois dans le dictionnaire de l’abbé Angot, tome 3, page 820 très exactement :

la Vacherie, commune de Chemazé – En est sieur Nicolas Joubert, 1617.

 

Inutile d’ajouter que j’avais été bien aise de localiser la Vacherie, et je m’en étais tenue là, faute d’avoir trouver une quelconque piste dans mes innombrables actes notariés et autres sur cette famille.
Je vous mets demain l’acte qui contient les lignes me permettant d’identifier la Vacherie de mes Joubert, et pour un scoop c’est un scoop, car elle n’est surtout pas en Mayenne.

Monsieur l’abbé Angot, je vous pardonne volontiers, ce minuscule écart de votre part, tant votre oeuvre fut belle et immense et fiable. Sans doute ce minuscule point est-il là pour illustrer toute la rigueur de vos travaux, et sauf votre respect, je pense qu’une oeuvre aussi immense ne fut pas sans doute sans l’assistance de quelques curés ici et là, et l’un d’eux aura sans doute vu un peu vite une info non fondée, car il est vrai que Nicolas Joubert avant de se dire sieur de la Bodière, fut aussi sieur de la Vacherie comme son père, et qu’il demeura à Château-Gontier, alors que son père était avocat à Angers.

Monsieur l’abbé Angot, merci pour votre oeuvre, merci pour sa grandeur et sa fiabilité, et encore une fois, je vous pardonne le coup de massue que j’ai reçu la semaine dernière en découvrant que mes JOUBERT avaient des racines à Denée, et non à Chemazé, car vous êtes fiable à bien au delà de 99,99 %.
Et je conseille à tous mes lecteurs de vous lire sans modération.
Odile HALBERT

Le pot de vin du curé : Saint Lambert du Lattay 1593

Saint-Lambert-du-Lattay est pays de vigne sur les côteaux du Layon, et quel bon vin ! Savourez-donc ce qui suit, trouvé sur les registres paroissiaux.

Mon blog et mon site vous ont accoustumés aux « vins de marché », à la fin d’un très grand nombre de marchés, en particulier les ventes.

Cette « commission » est parfaitement évoquée dans les dictionnaires anciens :

On appelle Pot de vin, Ce qui se donne par maniere de present, au delà du prix qui a esté arresté entre deux personnes pour un marché fait entre eux. On luy donne tant pour son pot de vin. il a tant eu de pot de vin. il a stipulé qu’ il auroit cent pistoles de pot de vin.

Le terme « vin de marché » dans les actes notariés ne nous heurte donc aucunement, puisque nous avons bien assimilé son sens ancien de commission tout a fait normale, et nous oublions le présent, au sens déformé par le temps.

Mais manifestement autrefois le terme était utilisé pour beaucoup d’autres commissions que celles passées devant notaire, car il était utilisé pour d’autres types de services, et voici le paiement du service de vigiles des morts à Saint Lambert.

Ce passage est extrait du registre paroissial de Saint-Lambert-du-Lattay, registre dit « des sépultures 1575-1674 » qui contient en fait la comptabilité des services religieux appellés « vigiles des morts ».
Lisez en bas, l’avant dernière ligne : Pour le service du 1er mars 1593 le curé a donc touché 10 sols, et il appelle ce paiement un « pot de vin » !!!

Demain, je reste dans le vin, avec son pressoir à Saint Lambert du Lattay.
Odile