Jean de Malestroit, seigneur d’Oudon, a vendu une rente sur la Brochardière en Ménil le 12 janvier 1522

à Louise Delahaye, demeurant à Château-Gontier, à condition de grâce. Celle-ci revend cette rente le 10 juillet 1527, alors que la grâce dure encore.
Mais, si vous considérez bien les dates ci-dessus, vous constaterez dans l’acte qui suit, que les nouvelles circulaient lentement à l’époque, car en juillet 1527, Jean de Malestroit seigneur d’Oudon a déjé été exécuté et ses biens saisis, donc la grâce ne signifie plus grand chose, enfin, c’est ce que j’en déduis.
En effet, 1526 est une date importante dans l’histoire de la tour d’Oudon, puisque Jean de Malestroit et son frère Julien, seigneurs d’Oudon, ont tyranniser leurs sujet, fabriqué de la fausse monnaie et assassiné un noble. Ils sont condamnés à mort et exécutés en 1526 et leurs biens confisqués. La tour d’Oudon connaît alors l’abandon.

Aussi incroyable que cela puisse vous paraître, je n’ai pas de carte postable de la tour d’Oudon. Désolée ! Car elle est bien visible depuis la ligne de train, et la Loire, et bien connue.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E121 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 10 juillet 1527 en la cour du roy nostre sire à Angers (Jean Huot notaire Angers) personnellement establye honneste femme Louise Delahaye veufve de défunt Marin Rallier demourant en la ville de Chasteaugontier, soubzmetant elle ses hoirs avecques tous et chacuns ses biens etc ou pouvoir etc confesse avoir aujourd’huy vendu quicté cédé délaissé transporté et encores vend etc perpétuelement
à sire Guillaume Richart et Charles de Bougne marchands demourans audit lieu d’Angers, qui ont achaptéet achaptent par moictié pour eulx leurs hoirs et aians cause

    je rencontre ce personnage assez souvent, car je l’ai mis plusieurs fois sur ce blog. Hélas, je ne sais trancher si il est de Bougne, ou de Bougue, ou Debougne.
    La paléographie ne permet pas de trancher dans les noms propres entre le N et le U
    Mais en 2015 un historien des libraires de cette époque nommé MALCOM m’a confirme DE BOUGNE

le nombre de 8 septiers de blé seigle de rente annuelle et perpétuelle à la mesure dudit lieu de Château-Gontier bon blé sec franc nouvel et sans aucune scaveur de refus que ladite Loyse venderesse a déclaré et asseuré auxdits Richart et de Bougne avoir droit d’avoir prendre et recepvoir par chacuns ans franchement et quictement au jour et terme de la Nativité Notre Dame dicte l’Angevine au moyen de l’acquest qu’elle en a faict sur noble et puissant seigneur messire Jehan de Malestroit chevalier seigneur d’Oudon et de Taigne constituez et assignez sur tous et chacuns les biens et choses d’iceluy chevalier et par especial sur le lieu domaine et mestairie de la Brochardière o ses appartenances et dépendances, situé et assis en la paroisse de Ménil o puissance d’en faire assiette o grêce donnée par ladite Loyse audit chevalier de rémérer et rescourcer ladite rente laquelle grâce dure encores jusques au 12 janvier prochainement venant
et laquelle iceulx Richart et de Bougne ont promis garder audit chevalier et tout ainsi que appert par le contract de vendition sur ce fait et passé par la cour dudit lieu de Chasteaugontier le 12 janvier 1522 signé Lecercler, lequel contrat icelle Loyse a baillé et mis ès mains desdits Richart et de Bougne qui l’ont prins
o protestation par eulx faicte du consentement de ladite venderesse d’avoir recours contre elle ses hoirs biens et choses présents et advenir pour le garantaige dudit nombre de 8 septiers de blé de rente
transportant etc et est faicte ceste présente vendition quittance cession et transport pour le prix et somme de 200 livres tournois payée baillée comptée et nombrée par lesdits Richart et de Bougne par moictié à ladite Loyse venderesse qui l’a eue prinse et receue en présence et à veue de nous en soyxante escuz d’or au merc du soulleil bons et de poids
et le surplus en monnoye blanche, le tout vallant et faisant ensemble ladite somme de 200 livres

    attention, nous sommes à l’époque où l’écu vaut 2 livres et non 3 comme plus tard.
    Par ailleurs, j’ignore ce qui se cache derrière « monnaie blanche », sans doute des pièces en métail blanc, et je ne vois que l’argent à l’époque, tout de même pas le zinc !

dont et de laquelle ladite Loyse venderesse s’est tenue et davant nous a contante et bien payée et en a quicté et quicte lesdits Richart et de Bougne leurs hoirs et aians cause
à laquelle vendition et tout ce que dit est tenir etc le nombre de 8 septiers de blé seigle de rente à ladite mesure de Château-Gontier garantir etc dommages etc amendes etc oblige ladite Loyse venderesse elle ses hoirs etc ses biens etc à prendre vendre etc renonçant et par especial au droit velleyen et généralement etc foy jugement condemnation etc
présents à ce honneste personne sire Jehan Daudes marchand pelletier demourant à Angers et Me Mathurin Girard prêtre tesmoins
fait audit Angers en la maison dudit de Bougne les jour et an susdits

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5 réponses sur “Jean de Malestroit, seigneur d’Oudon, a vendu une rente sur la Brochardière en Ménil le 12 janvier 1522

  1. Les monnaies blanches sont toutes les monnaies d’argent et de billon à forte teneur d’argent, soit sous François Ier : les testons et demi-testons, les grands blancs (ou douzains) et les sizains, ainsi que les blancs (ou dizains).
    C’est donc par opposition aux monnaies noires, billons à forte teneur en cuivre (hardis, liards, doubles tournois, patacs, deniers tournois, oboles) et de faible pouvoir libératoire.

      Note d’Odile :
      Merci, car je m’aperçois que je n’ai pas encore rencontré toutes ces monnaies, seulement les testons, deniers, oboles.
  2. Il me semblait pourtant avoir vu mention de blancs ou de douzains il y a quelques mois ?
    Les autres monnaies (dires « noires ») n’étaient pas mentionnées car pas de monnaie de compte (denier, en moindre mesure obole) et de valeur assez faible (contrairement aux testons et autres monnaies d’or qui étaient les mieux à même pour des valeurs de plusieurs livres et au-delà, comme on les trouve dans les contrats de notaires).

  3. Y avait-il des descendants « de Malestroit » à Angers en 1610 ?

    Marie Le Jeune (épouse René Hiret) décède dans la maison de Messieurs de Malestroit et sa fosse est située près de leur banc le 01/12/1609
    p 145 registre Angers St Jean Baptiste MS 1514-1668 .

      Note d’Odile :
      j’espère qu’une âme charitable va répondre, car je n’ai aucune compétence dans les familles nobles.
      René Hiret, tout autant que son épouse Maire Lejeune, avaient une ascendance remarquable et je ne m’étonne donc pas de l’acte de sépulture de Marie Lejeune.
  4. Où Jean de Malestroit apparaît ?
    La rue Basse St Julien (1) autrement de Saint Jean-Baptiste ou de la Bretonnerie,à cause du collège des Bretons,1588.Le logis de Le Devin de Villettes,1594,y précédait l’hôtel de Danne,primitivement désigné du nom de maison de Fougères.Guillaume Georges,clerc chanoine de Saint-Jean-Baptiste,l’avait fait bâtir et donné par testament du 26 juillet 1361,à quatre écoliers qui devaient être choisis du diocèse de Fougères par l’abbé de Saint-Pierre de Rillé,pour y venir suivre leurs études de droit,avec une rente de 25 setiers de froment,6 pipes de vin et 20 livres de monnaie courante.En moins d’un siècle,cette fondation s’était tranformée,par défaut sans doute d’écoliers,en une chapellenie desservie à Saint-Julien et dont le titulaire arrentait la maison.
    Le receveur des tailles,Hervé Regnault,l’habitait à ce titre en 1474,et elle devint un splendide hôtel en passant aux Lasnier de Leffretière,dont une admirable cheminée peinte et sculptée atteste encore la magnificense;-voir un dessin dans le Maine et l’Anjou,par M.de Wismes;-puis aux Cesbron d’Argonne et aux des Roches des Faveries.Une partie appartenait,au XVIe siècle,à la famille de Lavergne.
    Les dépendances touchaient aux jardins des Places de Blaison,petit et grand hôtel,faisant face à l’église Saint-Julien,sur un terrain possédé anciennement par les seigneurs de Blaison et de Beaufort au commencement du XIVe siècle par messire Nicolas de Lachèse,puis par le chanoine Pierre Chopin et par l’évêque de Nantes,Jean de Malestroit,qui donnèrent le tout ,1326-.1437,au chapitre de Saint-Julien.
    Il y célebrait ses fêtages et l’avait attribué à son doyenné.
    (Description de la ville d’Angers,Péan de La Tuillerie)

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