Explosion de poudre : Nantes 25 mai 1800 à 12 h 5

J’écoute, comme vous, les débats à la télé qui critiquent les usines encore en pleine ville, mais autrefois on mettait aussi la poudre en pleine ville, et même au château de Nantes. Un mien ami y a perdu une ancêtre :

Perrine-Anne CHARTIER °Nantes-Ste-Croix 5.5.1765 †Nantes 25.5.1800 « a été tuée à midi place Neptune, par l’effet de l’explosion arrivée au chateau de Nantes »  (EC du 6 prairial VIII = 26.5.1800)

Le 25.5.1800 à 12 h 5 une détonation retentit. De gros blocs sont projetés violemment dans les airs. Le château, utilisé comme forteresse militaire au cours de siècles, renfermait le stock de poudre. Les explosifs étaient donc stockés en pleine ville, et voici le récit de l’explosion de la poudre, telle que le raconte DELATTRE puis JEULIN dans le BSALA, 1923 et 1924 : « Le château tremble jsusque dans ses fondations, comme si un tremblement de terre venait de se produire. La Tour des Espagnols vient de sauter. Le bilan de la catastrophe, en ce qui concerne le château, se résume à la perte et à l’amputation du pavillon du lieutenant du Roi, de la Tour des Espagnols, et d’une partie du mur d’enceinte entre le demi-bastion et la Tour du Pied de Biche, enfin une partie du grand gouvernement.

A Noël, on chantait la généalogie : Gené (49)

Les archives de la paroisse de Gené contiennent les coutumes de la paroisse et je vous mettais avant-hier le jour de la glane autrefois, hier la bénédiction des semences et voici « le chant de la généalogie ». Oui, oui, vous avez bien lu, mais ceci dit il s’agit des coutumes de l’église de la paroisse de Gené, donc il s’agit d’un chant religieux, donc de la généalogie du Christ. Lorsque j’étais petite, je me souviens des 3 messes qui commençaient à minuit et finissaient à plus de 2 h 30 du matin dans les années 1945 et suivantes, mais je ne me souviens pas avoir assisté avant ces 3 messes à une veillée pourtant c’est bien ce qui se passait autrefois à Gené (et surement ailleurs, et je mets Gené ici en exemple). Lors de cette veillée précédant les 3 messes de minuit, on chantait la généalogie de Notre Seigneur Jésus Christ selon Saint Matthieu que vous pouvez entendre aujourd’hui grâce à Internet. A Gené  :« 25 décembre Noël, la veille le soir de l’office à 10 h 30 on chante les matines, la généalogie et le Te Deum, et à minuit on commence la grand messe suivie d’une ou plusieurs messes. » (Archives Diocésaines du Maine-et-Loire)

La bénédiction des semences autrefois était liée à Saint François d’Assise, Gené (49)

Les archives de la paroisse de Gené contiennent les coutumes de la paroisse et je vous mettais hier le jour de la glane autrefois, aujourd’hui la bénédiction des semences.  J’ai vu à mon époque la bénédiction de bateaux, d’animaux, mais je ne savais pas qu’autefois on bénissait les semences, et encore moins qu’elle était liée à Saint François d’Assise. A Gené  : « Le dimanche qui précède le 4 octobre, jour de la Saint François d’Assise, on annonce la messe chantée et la bénédiction des semences qui la suit. » (Archives Diocésaines du Maine-et-Loire)

 

Le jour de la glane était fixé par les conseillers et annoncé à la messe, Gené autrefois

Les archives de la paroisse de Gené contiennent les coutumes de la paroisse. Je vais vous en proposer quelques unes tout à fait remarquables, et je commence par le glanage, que Wikipedia retace très bien.

Donc, cette coutume disparue nous est si joliement montrée dans les tableaux comme les Glaneuses de Millet. Nous avons modifié les méthodes agricoles et le glanage n’existe plus mais autrefois le jour était fixée par les conseillers municipaux et la date annoncée à l’église. A Gené on l’appelait la Glanne. « Pendant le mois de septembre, après avoir pris le jour avec les conseillers municipaux, on indique le jour où se fera la glanne. » (Archives Diocésaines du Maine-et-Loire) Je comprends qu’on ne glanait pas tout seul n’importe quel jour, mais que c’était tous ensemble le même jour défini par les conseillers.

Bail à moitié de la Tricardais par Dominique Guillot, La Ferrière de Flée 1798

Le calendrier républicain devait être parfois redoutable pour les notaires et autres personnes, car j’observe sur plusieurs baux de cette époque quelques dates surprenantes pour le terme des baux, mais ici, le notaire a bien fait son travail et la date du 11 brumaire dernier correspond bien au 1er novembre 1798.
Quant au bail à moitié, il est ici qualifié de « colonie partiaire » terme que je n’avais par encore rencontré.
Ce Dominique Guillot est mon cousin car je descends de Mathurin Guillot et Madeleine Vergnault, et comme vous pouvez le constater il a fait comme son frère, il a épousé une cousine, car mon ancêtre, son frère, a aussi épousé une cousine tout ce qu’il y a de plus germaine. Ces mariages entre cousins étaient plus rares avant la Révolution, car il fallait alors une dispense de Rome. J’en conclue que les parents de mon ancêtre Jean Guillot et de ce Dominique Guillot son frère, n’étaient pas si observants des règles de l’église catholique. Et pour mémoire je trouve bien sur internet « Contrairement à une idée reçue, le code civil ne prohibe pas totalement le mariage avec un membre de sa famille. Il est ainsi tout à fait possible de se marier avec son cousin, germain (les fils ou les filles de votre tante) ou issu de germain (les fils ou les filles des cousins germains de vos parents). » Donc, le code civil avait bien autorisé ce mariage et gommé par là les règles de l’église catholique.

Dominique-Pascal GUILLOT °Chazé-sur-Argos 22.12.1770 †1843/ Fils de Mathurin GUILLOT & de Madeleine VERGNAULT. cultivateur à la Ferrière x Chazé-sur-Argos 26.11.1793 sa cousine Françoise-Mathurine RABAUD °SteGemmes-d’Andigné 25.4.1772 †Chazé-sur-Argos 20.11.1830 fille de Jean et Renée Guillot
1-Françoise-Adélaide GUILLOT °Angers 7 Prairial VII (1799) x 1817 Frédéric PARAGE

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E32 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

 « Le 7 nivose 8 (28 décembre 1798) avant midi, devant nous Pierre Louis Champroux notaire public au département de Maine et Loire résidant à Segré furent présents Dominique Guillot Md fermier demeurant au Pont Chauveau à Chazé-sur-Argos bailleur d’une part, Mathurin Gachot métayer et Françoise Jamet sa femme preneurs d’autre part, entre lesquels a été fait le bail à moitié et colonie partiaire pour le temps et espace de 3 années entières et consécutives qui ont commencé le 11 brumaire dernier et qui finiront … la métairie de la Tricardais commune de La Ferrière où ils demeurent …

Déclaration de grossesse d’Anne Roullin : Le Bourg d’Iré 1790

En 1790 un notaire est encore notaire royal et pas encore notaire public, les femmes enceintes non mariées doivent encore déclarer leur grossesse, et mieux il lui recommande de faire attention à son fruit. Quel joli terme pour désigner la grossesse, terme bien oublié de nos jours, si ce n’est dans les prières des catholiques où nous disons « et que le fruit de vos entrailles soit béni »

FRUIT, subst. masc. http://zeus.atilf.fr/dmf/

 

Au propre

« Production d’une plante qui succède à la fleur« 

P. ext. « Tout ce que l’on récolte pour l’alimentation« 

P. anal.

« Enfant considéré comme produit de sa mère« 

En partic.

Au fig.

« Bénéfice, profit« 

« Résultat positif, réel ou attendu, effet de qqc. (en partic. d’une activité)« 

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, 5E32 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

     Le 5 mai 1790 avant midy, par devant nous Pierre Louis Champroux notaire royal en Anjou résidant à Segré, fut présente Anne Roullin veuve de Jean Levrot demeurant au village de Pommeray paroisse du Bourg d’Iré, laquelle pour satisfaire aux édits, arrêtés et déclarations de sa Majesté, a déclaré être enceinte d’environ 6 mois des œuvres de Julien Manceau cordonnier demeurant au bourg du Bourg d’Iré qui la recherche en mariage depuis environ 2 ans et avec lequel elle a eu commerce charnel tant par la faiblesse de son sexe que par les promessses réitérées qu’il lui a faites, à laquelle présente déclaration ladite veuve Levrot nous a requis le présent acte que lui avons décerné pour lui faire valoir ce que de raison, après toutefois lui avoir recommander de sa comporter de manière qu’il n’arrive aucun accident à son fruit dont etc fait et passé en notre étude en présence de Joseph Félix Furet perruquier et Jacques Parquier sergier demeurant audit Segré témoins. »