Nantes Sud Loire et le noir animal : 1846

Lorsque je revenais dans les années 1970 de la place François II par le bus, via le pont de Pirmil, qui n’était pas encore doublé pour Rezé, mon nez savait que la place Pirmil n’était pas loin, tant tanneries et usine de noir animal parfumaient l’air. Et, de temps à autre, on pouvait alors apercevoir des camions bennes à ciel ouvert, des abattoirs à la fabrique de noir animal.

Le noir animal a une histoire tout à fait nantaise, comme vous pouvez le découvrir sur Internet aujourd’hui :

Vers 1820, on utilisait à Nantes un produit, nommé le « noir animal », pour la purification des sucres bruts importés des Antilles. Un industriel, Fabre, rejetait les résidus de ces filtres et observa que ces « noirs de sucrerie » étaient un engrais particulièrement efficace. En effet, le noir animal est fabriqué par combustion d’ossements dans des fours à l’abri de l’air, il se forme du pyrophosphate qui possède une capacité d’échange très élevée.

C’est ainsi que le recensement de 1846 4ème canton, serie déposée aux Archives Municipales, donne rue Dos d’Âne, au n°10

Joseph Texier, 29 ans, né à Rennes, depuis 20 ans à Nantes, exerçant la profession de négociant de noirs.

Rassurez-vous, cette curieuse dénomination de la profession n’a rien à voir avec ce que vous pourriez penser, surtout compte-tenu du passé de la ville de Nantes. Il s’agit en effet tout simplement de la vente de noir animal dont l’usine est proche. Et les innombrables cultures environnantes profitaient certainement de cet engrais, tout autant que les sucreries nantaises. Mais ce jeune négociant vient de Rennes, et manifeste un goût très prononcé de l’entreprise pour avoir débouché sur une telle profession, venu d’ailleurs, et aussi jeune ! Il est vrais qu’à Nantes Sud Loire on vient de partout et de loin, et j’y reviendrai, et même souvent et même de très, très loin.

 

 

 

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