La dent de loup de Jean Fourmont : Le Lion d’Angers 1706

Je poursuis l’inventaire après décès d’Anne Bonneau, épouse de Jean Fourmont, au Lion d’Angers en 1706. Il est alors marchand fermier du Mas et y demeure.
Bien sûr, il a un peu d’argenterie.
Et bien sûr il a une tasse d’argent.
Mais, il a aussi une dent de loup montée sur argent, autrement dit un pendentif !!!

Bon, l’orthogrophe de maître Bodere étant riche en A pour E il a écrit DANT pour DENT, mais il a bien écrit LOUP.

Comme je pensais que ces pendentifs remontaient aux hommes préhistoriques et/ou quelques peuplades sauvages, j’ai été excessivement surprise d’en trouver à cette époque, et j’ai tenté de chercher sur Internet. En vain, je n’ai rien trouvé pour l’époque qui concerne Jean Fourmont.

Ce que j’ai seulement trouvé serait un site commercial qui vend des objets et costumes du Moyen-âge pour les amateurs de cette période.

Mais je n’ai pas trouvé les bijoux, autres que ceux de l’aristocratie débordante de richesse, donc bijoux de la bourgeoisie et même socialement moins riches.

J’ai cependant mis à jour ma page sur l’argenterie selon les inventaires après décès que j’ai personnellement dépouillés.

Cet acte est aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :


7 cuillers et 7 fourchettes d’argent 75 livres
Une tasse d’argent avecq une dant de loup garnie d’argent 20 livres
Une montre dont la boiste est d’argent 12 livres

Jean Fourmont hérite de l’enfant mort-né, sorti par césarienne de sa femme mourante, mais baptisé : Le Lion d’Angers

J’ai toujours eu beaucoup de mal à comprendre la succession autrefois d’un enfant mineur par le (ou ses) parents.
Mais ici, j’avoue que le cas est très, très pointu. L’enfant était mort né mais baptisé.

Donc, je vous expliquai ces jours-ci la triste fin d’Anne Bonneau en couches, ouverte par le chirurgien qui s’appellait Boucher, et je vous remets cet acte :

• « le huictiesme jour d’avril l’an mil sept cens cinq, a esté ensépulturé en l’église de céans par nous prestre curé en cette paroisse le corps de honorable femme Anne Bonneau épouze d’honorable homme Jean Fourmond en prézance dudit Fourmond et autres parents signé Fourmond, et son enfant, qu’un nommé Boucher (sic) chirurgien demeurant à Angers assistant la mère cy-dessus desnommée en ses couches, qui y est morte, luy fist l’opération d’ouverture de son corps, ainsy donna la vie du corps et de l’âme dudit enfant en le baptisant, qui est mort après la mère, ce qui est véritable en foy de quoi j’ay subscrit ces présentes d’autant que j’ay assisté lad. mère en luy administrant les sacrements. ».

Et voici quelques actes similaires sur ce blog :
Non encore sorti des entrailles de sa mère
L’opération Césarienne vue sous l’angle religieux, avant la Révolution
Sorti du ventre de sa mère par le barbier, Angers, 1567

L’inventaire qui relate ce droit d’héritage de Jean Fourmont est extrait de celui que je vous étudie ces jours ci et que je n’ai pas termine dont voici la cote, et le passage qui dit que Jean Fourmont est héritier de l’enfant mort-né.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Sont tous les meubles et effaits de ladite communauté qui se sont trouvé monter et revenir à la somme de 9 523 livres 10 sols 4 deniers , et les debtes passives d’icelle communauté à la somme de 4 701 livres 10 sols ; et le surplus se trouve monter à 4 822 livres 4 deniers qui appartient tant audit sieur Fourmond qu’à ses enfans, de tous lesquels meubles et effaits ledit sieur Fourmond s’en est volontairement chargé et ont demeuré en sa possession pour en tenir conte à ses enfans de la part en laquelle ils y sont fondés, sauf ses droits comme hérittier mobilier et uzufruittier de l’enfant dont sa deffuncte femme estoit grosse lors de sa mort et lequel enfans il nous a déclaré qu’après avoir eu batesme est déssedé apprès sa mère ainsi que ledit sieur Fourmond offre justifier par escrit et tesmoings digne de foy en cas de contestation, et sauf audit sieur Fourmond à l’action qu’il se réserve de faire cy apprès partage à sesdits enfans de leur part de desdits meubles estant sujets à parizis pour estre vandus publiquement et les deniers en provenant estre employés au proffit desdits mineurs par l’avis de leur parans »

Inventaire après décès d’Anne Bonneau : Le Lion d’Angers 1706 (suite)

suite du billet d’hier

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

(f°7) 3 escheveaux de laine fillée en ploton de laine avec un morceau de serge 2 livres
6 volumes de livres et 2 vocilles pain deures ??? 6 livres
2 petits bois de sapin fasson d’écritoire 1 livre 10 sols
Une presse et devant de corset tissu d’argent avecq 2 cintures l’une d’argent l’autre brodée par le dessus d’or et d’argent 6 livres
Un trebuchet avecq les balances et poids à pezer or et argent 1 livre 5 sols
Un pié de roy de cuivre, une roinette, des sizeaux à forer avec un poinson, une canne de fer blanc, 2 pettits paires des sizeaux 2 livres
Une souille d’oriller de toille de brin mi usée, avecq un pettit sayet vert de gris, un pettit paquet de guipeures et 2 livres de sain 1 livre 10 sols
Une bouteille de terre dans laquelle il y a une livre d’huille de lin, une autre bouteille où y a à l’estimation d’une chopine d’eau de vie, un bocart (sans doute pour « bocal ») de verre clissé où y a quelque serizes à l’eau de vie 1 livre 6 sols
4 livres de castonnade 2 livres
Un pichet de faience, une bouteille de gros vert noir et 2 tasses fasson de pourselaine 1 livre 8 sols
Une livre de laine fillée 1 livre 3 sols
Un beurrier de faience, une pettite bouteille de terre 2 sols
2 paires de soulliers 3 livres
2 crochets à pezer 3 livres
Et de ladite salle basse transportés dans une chambre à costé où avons trouvé qui suit : un lit garni de son bois de noyer, une coitte, un traverslit le tout de plume ensouillé de coittis, une mante de serge sur fil, une paillasse, 2 draps de lit 55 livres
Une couchette de noyer à quenouille ronde, 2 coittes, 2 traverslits, le tout de plume ensouillés de coittis, une mante de beslinge gris 55 livres
(f°8) Tout ce qu’il de potrie de terre avec ce qu’il peut y avoir d’huille 4 livres
Une table sur carie avecq une bancelle le tout de chêne 4 livres 10 sols
Une grande hugemet de chesne 7 livres
Un autre pettit coffre de chesne non fermant de clef 1 livre
2 landiers et une cramaillère 3 livres 10 sols
En une petite chambre au bout servant de mie ? : une baratte de bois, une gedde, 2 sailles, un godet et un barenchet 2 livres
De la dite chambre basse transportés dans une chambre haute de ladite maison ou y avons trouvé un charlit de noyer avec son fons de sapin, une coitte, un traverslit de plume ensouillé de toille, un lofier garny de boure, 2 draps, un tour de lit de serge couleur vert 100 livres
Un cabinet fermant à 2 fenestres et une liette au millieu 12 livres
Une père de presse de noyer fermant à 2 battans avecq sa ferrure 28 livres
Une table fonsée faite à coullonne tors 10 livres
Une autre grande table de noyer avecq sa liette 6 livres
Un coffre de noyer avecq sa ferrure 10 livres
10 chezes jonchées y compris un fauteuil 7 livres
2 pettits chenets de fer 2 livres 10 sols
Un pettit cadre avecq une glasse de miroir 5 livres
11 livres de fil de lin à 12 sols la livre soit 6 livres 12 sols
(f°9) 10 livres de fil de reparon en partie blanc à 6 sols la livre soit 3 livres
17 livres de poupée de lin à 14 sols la livre soit 11 livres 18 sols
2,5 livres d’étaim à filler brun et blanc à 28 sols la livre soit 3 livres 10 sols
Une livre de laine fillée 1 livre 1 sol
Une livre de poupée 13 sols
Un vieil manteau d’étamine et un devanteau de serge sur fil 4 livres 10 sols
Une souille dans laquelle il y a plusieurs pettits linge 1 livres 5 sols
Un vieil manteau d’étamine barrée 1 livre
4 vieille pelices de peau de monteau 1 livre 4 sols
Un tapis d’Indienne 12 sols
Plusieurs vieille père de chausses 2 livres 10 sols
2 laizes d’une vieille juppe couleur blanc 12 sols
Une livre de fil de brin blanc 11 sols
3 pottées de sain pezant ensemble 50 livres à 5 sols la livre soit 12 livres 12 sols
Un vieil aby (sic) à uzage d’homme fort uzé 1 livre 10 sols
Un autre aby de drap de Holande fort uzé 4 livres
2 vestes l’une de toille et l’autre de serge 2 livres 10 sols
Plusieurs paires de bas de laine et fil à uzage d’homme 7 livres
Une vieille poche dans laquelle il y a environ 2 livres de paignon de laine 1 livre 4 sols
(f°10) 3 lodiers, 2 ambourés de boure et l’autre de filasse avecq une vieille pellice de peau de moutton 10 livres 10 sols
5 livres de chandelle de suif, 2 potées de pomme et du fruit cuit et quelques morceaux de viande fumée 4 livres
Et de la chambre haute sommes transportés dans une pettite éttude estant au record de la première salle basse où nous avons trouvé : un garde mander 3 livres
Une petite table ronde 1 livre 10 sols
Un manteau de camelot gris de fer avecq plusieurs autres abitz à uzage d’homme 40 livres
De ladite étude transportés dans la boullangerie où y avons trouvé un vollant servant de table 2 livres
Un bois de couchette, une coitte, un traverlit, un oriller, le tout de plume ensouillé de toille, 2 vieils draps, ung lodier ambouré de filasse 24 livres
Une hugemet de chesne avecq sa serrure sans clef 7 livres
40 poches tant bonnes que mauvaises 30 livres
3 sas à sasser farine 12 sols
3 pannes de terre à faire la lessive 15 livres
Un tripié de fer 1 livre
3 brais à braier lanfouin 4 livres 10 sols
Un establie et une selle à buée 3 livres
Un comin de fer et une sie Godendart 3 livres
Tous les ferrements et faux 15 livres
Dans la cour une charte, une charüe, socq… et généralement tous équipages servant au labourage 40 livres
(f°11) 11 fus de pippe et 5 fus de busse, 3 peres de portoirs, un cuvier, un fus de cart, un portrin ? y compris une auter buce et quelque peu de cidre dedans 18 livres
Une fourniture de molle de sercle à pippe et 6 molles de sercle de busse 9 livres
3 cents de lattes de chêne et environ 6 cents de careau 6 livres
Tout ce qu’il peut y avoir essil de bois de noyer grosbois mus à mettre volaille 40 livres
Dans le grand sellier 2 pippes de vin blanc avecq les fus 50 livres
3 pippes de sildre, un cart dans lequel y a quelques cormes 20 livres
Une basse et 2 carts de sildre et corme de gaulle 6 livres
Un fus de busse, un fus de quart 1 livre 10 sols
Un autre fus de busse avecq de la plume d’oie dedans 6 livres 10 sols
2 sallouers de bois avecq de qu’il y de lart sallé dedans, y compris un autre fus de charnier et une pottine 45 livres
13 douzaines de pallons de bois de foutrau 26 livres
113 livres de vesselle d’étain tant creuze que platte 67 livres 16 sols
6 marmittes tant bonnes que mauvaises avecq une cuiller de fer 8 livres
2 poisles à frire, une poisle à gresle, 2 broches de fer à rostir, une grelle de fer, et un garde casse 4 livres
Une poisle chaudière d’airain 22 livres
3 chaudrons, une poislette 18 livres
Un autre chaudron, une passette, une cuiller et une escumoire d’airain, une passette et un couvercle 12 livres
(f°12) 2 pettits chaudrons d’airain et 3 poislons 6 livres
Une platine de cuivre à dresser linge et 2 rechaux de cuivre 10 livres
2 casses de fer blanc, 2 pommiers, un epossière, et le vessellier ou est la vesselle 4 livres
6 fourchettes d’assier (sic) 15 sols
à suivre, car encore beaucoup de pages à retranscrire, en particulier parce qu’il s’agit d’un marchand fermier, donc d’un magazin rempli des produits des récoltes, et ce en grande quantité

Les coiffes de dentelle d’Anne Bonneau : Le Lion d’Angers 1706

Anne Bonneau vient de mourir jeune, en couches, dans des conditions horribles qui me hantent encore :
L’accouchement d’Anne Bonneau le 8.4.1705 fut une boucherie que le curé raconte :

• « le huictiesme jour d’avril l’an mil sept cens cinq, a esté ensépulturé en l’église de céans par nous prestre curé en cette paroisse le corps de honorable femme Anne Bonneau épouze d’honorable homme Jean Fourmond en prézance dudit Fourmond et autres parents signé Fourmond, et son enfant, qu’un nommé Boucher (sic) chirurgien demeurant à Angers assistant la mère cy-dessus desnommée en ses couches, qui y est morte, luy fist l’opération d’ouverture de son corps, ainsy donna la vie du corps et de l’âme dudit enfant en le baptisant, qui est mort après la mère, ce qui est véritable en foy de quoi j’ay subscrit ces présentes d’autant que j’ay assisté lad. mère en luy administrant les sacrements. ».

Vous avez bien lu, le chirurgien qui a pratiqué cette boucherie porte un nom prédestiné, et on l’avait fait venir d’Angers pour une telle prouesse !
Anne bonneau n’est pas mon ancêtre, mais la première femme de Jean Fourmont, et je descends de lui et de sa seconde épouse Madeleine Delahaye que nous avons vu ici ces jours ci.

Après tant d’inventaires après décès retranscrits par mes soins, c’est la première fois que je rencontre de la dentelle ! et même beaucoup de dentelle, et beaucou de coiffes, tellement de coiffes que je suis dépassée !!! et que je ne suis pas sure de comprendre à quoi servaient toutes ces coiffes ? En faisait elle commerce ?

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 18 juin 1706 avant midy, par devant nous Pierre Bodere notaire royal en Anjou résidant à Montreuil sur Mayne inventere fait à la maison seigneurialle du Mas paroisse du Lion d’Angers des meubles titres et enseignements debtes actives et passives restées de la communauté de honorable homme Jean Fourmond marchand et damoiselle Anne Bonneau vivante sa femme, père et tuteur de ses enfants et de ladite defunte, à la requeste prezance et consentement dudit sieur Fourmond et de Me Michel Bonneau procureur fiscal de la chastellenie du Lion d’Angers ayeul et bien veillant de Françoize, Jean et Anne Fourmond enfans mineurs issus du mariage desdits sieur Fourmond et de ladite feu damoizelle Bonneau son espouze, en encor d’honorable homme Michel Bonneau sieur de la Chouannière oncle maternel desdits mineurs, demeurans scavoir lesdits sieur Fourmond et Bonneau le jeune paroisse du Lion d’Angers et ledit sieur Bonneau lesné au chasteau du bois de Montboucher paroisse de Chambellay, pour l’estimation desquels meubles meublans ont respectivement convenu des personnes de honneste homme Gilles Lelièvre marchand demeurant au Lion d’Angers et pour tous les autres effaits de la personne de honneste homme Louis Cheuré marchand boucher et maistre Pierre Hamelot controlleur pour le roy aussi demeurants audit Lion d’Angers ; lesquels en prezance et consentement des desssusdits ont vacqué en leur honneur et consciance devant nous Pierre Bodere notaire royal en Anjou résidant à Montreuil sur Mayne avecq nous pris et apellé pour ajoint Anthoine Blouin cordonnier demeurant audit Monstreuil comme s’ensuit, et sans préjudice des droits dudit Bonneau lesné.
Dans la salle basse d’entrée 2 lits garniz savoir l’un de serge sur fil couleur brun bordé de rolleau avec une coitte et 2 traverslits ensouillés de coettiz, une mante de serge verte, le charlit de noyer, son font de sapin, l’autre garny de noyer font de sapin une coitte un traverlit et 2 oreillers, une mante de sarge couleur verte et 2 draps de toille de brin 160 livres
(f°2) Une paire de presse fermant à 2 fenestres, un cabinet et une autre paire de presse fermant à 2 fesnestres le tout 85 livres
2 petites tables de noyer l’une carrée l’autre ronde 5 livres
11 chezes 2 livres
2 landiers de fer, une cramaillère, une pelle à feu, un garde casse, des pinsettes 8 livres
3 lampes et 2 chandeliers de cuivre 6 livres 5 sols
3 fuzils et 2 pistolets leurs foureaux un sable en damact ? un mousqueton 58 livres
Un vieil miroir cassé, une plotte ( ?) 1 livre 15 sols
Un flacq, une père de balance en cuivre et une livre de plomb 5 livres
3 peres de pantouffle à uzage de femme et une autre moyenne père de vieilles pantoufles 6 livres
2 roits (sic pour « rouets ») à filer fil avecq leurs fuzeaux et travoil 4 livres
36 ausnes (sic) de toille de brin en réparon à 18 sols l’aune soit 32 livres 8 sols
6 ausnes et demie de serge sur fil couleur gris à 23 sols l’aune soit 7 livres 9 sols
7 ausnes de serge sur etain à 38 sols l’aune soit 13 livres 6 sols
24 ausnes de serge blanche à 40 sols l’aune soit 48 livres
4 ausnes et demie de toille blanche delliée à 26 sols l’ausne soit 6 livres 15 sols
7 aunes et demie de serge grize sur fil à 28 sols l’ausne soit 10 livres 10 sols
2 coiffes et un tablier en toille de brin 3 livres
10 vieux mouchoirs 2 livres 10 sols
(f°3) Une devantière de serge sur etain couleur grize 4 livres
2 juppes blanche 6 livres
Une autre jupe 3 livres
Une autre juppe de taffetas baré 4livres
Un devanteau d’étamine brune 1 livre 5 sols
Une vieille fimace ? d’étamine brunne 7 livres
Une autre juppe avecq un tablier le tout d’étamine baré 4 livres 10 sols
Une coiffe de camelot noir 3 livres 10 sols
Une autre jupe d’étamine noire avecq un pettit tablier de moyenne étoffe 4 livres
Une vieille robe de chambre d’étamine brune 2 livres 5 sols
Un autre manteau d’étamine brunne 8 livres
2 corsets picqués et garnis de balainne 6 livres 10 sols
Une laize et 2 coiffes de taffetas 8 livres
Un manteau d’étamine sur soie couleur dorée 14 livres
Un manteau noir avecq un petit tablier de drap de saint Maur et une laize de moire 30 livres
Un manteau de soie barré avecq 2 jupons de soie, lequel manteau est doublé de taffetas bleue 50 livres
Un autre manteau d’étamine sur soie doublé de ferrandine noire avecq une jupe pareille 18 livres
Une juppe de damas bleu et une ferandine noire et un autre drap de saint maür, un tablier de drap de saint Mor, et un autre d’étamine 40 livres
Un petit tablie de taffetas blanc 2 livres 5 sols
19 chemises à usage de femme 24 livres
(f°4) 6 juppes en toile 11 livres
Une boiste ronde de carte avecq un manchon de peau loire ? et 2 plotons de fil 1 livre 10 sols
2 camizolles l’une broyée et l’autre de futaine usagée de femme 1 livre 10 sols
10 tabliers de toille tant delliée que grosse 12 livres 10 sols
Et l’heure de 8 h du soir estant avenue nous sommes retirés … et le 19 à 8 h du matin :
6 mouchoirs de toille de batiste garnis de dantelle 10 livres
6 mouchoirs de col de toilel delliée 6 livres
9 mouchoirs de col 6 livres 15 sols
10 autres mouchoirs de col 3 livres 5 sols
4 coiffes garnies de dantelle 27 livres
4 autres coiffes garnies de dantelle 7 livres
5 coiffes de toille delliée 5 livres
12 autres coiffes 3 livres
7 bonnets garnis de dantelle 5 livres 10 sols
(f°5) 4 autres bonnets à dantelle 1 livre 4 sols
7 collerettes à dantelle 6 livres
7 peres de manchettes à dantelle 6 livres
2 autres peres de manchette 8 livres
4 bouts de collerettes à dantelle 1 livre 10 sols
22 coiffes de toille delliée à roellet ? 10 livres
17 autres coiffes de grosse toile 4 livres 5 sols
6 peres de manchette de toille delliée à dentelle 4 livres 10 sols
5 bonnets piqués 1 livre 10 sols
9 cornettes de toille delliée 2 livres
Un autre mouchoir de toille delliée 1 livre 10 sols
Un petit paquet de linge 10 sols
Une coiffe noire d’étamine sur soie 2 livres 10 sols
Une frange noire de soie, une ceinture 1 livre 10 sols
4 douzaines de serviettes de toille neufve 16 livres
5 autres douzaines de serviettes de toille de groslin mi usées 25 livres
3 autres douzaines de servietes plus que mi usées de toille de brin et reparon 9 livres
Une autre douzaine de serviettes de toilel de brin fort usées 3 livres
2 douzaines et demie de serviettes de toille d’étoupe et réparon 4 livres 10 sols
4 ausnes de brin 4 livres
22 souilles d’oreiller de toille de brin mi usées 12 livres
4 nappes de toille delliée de 2 ausnes 5 livres
6 autres nappes de toille de brin en réparon mi usées 7 livres
(f°6) 8 autres napes 4 livres 16 sols
21 essuiemains de grosse etoille 4 livres 4 sols
7 petites nappes 1 livre 15 sols
3 bisacqs et une petite nape de toile fort usée 15 sols
4 draps de toille de brin en réparon 5 livres 8 sols
2 draps de toille neufve de brin en réparon 6 livres
2 autres draps de toille de brin en réparon preque neufve 6 livres
4 autres draps de toille de brin et réparon 14 livres
4 autres draps de pareille toile 14 livres
2 draps en toille de brin preque neufs de chascun 4 ausnes et demie 8 livres 2 sols
4 autres draps de toille de lin de neuf ausne le couple 16 livres 4 sols
10 autres draps de 12 ausnes le couple de toille de groslin 55 livres
2 autres draps de toille de brin 6 livres 10 sols
15 coiffes et bonnets à usage d’homme en toille de brin mi usées 3 livres 15 sols
22 mouchoirs de soye 2 livres 4 sols
4 panture (sic) et un fillet 4 sols
7 cravattes neufves de toille delliée 9 livres 10 sols
12 autres cravattes mi usées en toille de lin 1 livre 16 sols
Une autre coiffe de grosse toille 3 sols
18 chemises à usage d’homme 36 livres
14 chemises à usage d’homme 17 livres 10 sols
2 autres chemises de toille commune 3 livres 10 sols
à suivre, car encore beaucoup de pages à retranscrire

Contrat de mariage de Jean Fourmond et Madeleine Delahaye : Le Lion d’Angers 1706

Attention, l’orthographe de maître Bodere, le notaire qui suit, est souvent phonétique . Désolée, car je dois retranscrire au plus près de l’original, y compris les fautes. Donc, lisez phonétiquement, comme moi.

Jean Fourmond est marchand fermier, et veuf, et je descends personnellement de ce remariage avec Madeleine Delahaye, de la famille de l’hôtelier au Lion d’Angers.
Ils sont aisés, car la dot peut être estimée à 2 000 livres, ce qui donne sur mon tableau des mariages indexés à 100 en 1602 afin de pouvoir les comparer, un montant de 1 080 livres. Donc on est bien dans la bourgeoisie, et je pense que cela devait plus se faire sentir au Lion qu’à Angers même, où les notables étaient plus nombreux.

La future a encore ses 2 parents, ce qui n’est pas souvent le cas, et ils prennent donc la clause de réversion si elle décède avant eux sans enfants.
Ils marient ici leur fille aînée, mais mariront 6 enfants plus un fils prêtre, enfin eu moins, à ce que j’ai trouvé, donc ils ont une solide fortune pour donner tant à leur fille, car cela signifie qu’ils peuvent donner 7 fois plus, donc 14 000 livres, et avec cette somme on doit approcher le montant de leur fortune.

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 9 août 1706 avant midy, par devant nous Pierre Bodere notaire royal en Anjou résidant à Montreuil sur Mayne furent présans establiz et soubzmis honorable homme François Delahaye et honorable femme Renée Senechau son espouze de luy dumant authorizée devant nous quand à ce, et damoizelle Magdelaine Delahaye leur fille, demeurans ensamble au bourg et paroisse du Lion d’Angers d’une part, et honorable homme Jean Fourmond marchand veuf de deffuncte damoizelle Anne Bonneau, et fils de deffunct h.h. Jacques Fourmond et d’honorable femme Renée Boreau, à présent sa veufve, demeurant ledit Fourmond aussy ditte paroisse du Lion d’Angers d’autre part, lesquels traittans et accordant du mariage proprozé d’entre ledit sieur Fourmond et ladite Magdelaine Delahaye auparavant aucune bénédiction nuptialle ont fait les pactions et conventions matrimonialles qui suivent, c’est à savoir que ledit sieur Fourmond de l’avis et consentement de ladite Boreau sa mère à ce présante, demeurante paroisse de Thorigné, et de honorable homme Michel Bonneau procureur fiscal de la chastelenye du Lion son beau-père, et ladite Delahaye de sesdits père et mère, sont promis mariage l’un l’autre et épouzer en face de sainte églize catholique appostolique et romayne quand l’un en sera par l’autre requis, tout légitime empeschement cessant ; auquel mariage ledit Fourmond entrera avecq tous et chascuns ses droits noms raisons et actions mobillières et imobillières (f°2) eschuz et à eschoir, déclarant qu’il fait invantère (sic pour l’orthographe assez approximatif de cet acte) de ses droits mobilliers devant nous notaire, desquels droits en antrera (sic) en la future communauté d’entre eux la somme de 300 livres, et le surplus sera censé et réputté propre imeuble dudit futur époux ses hoirs en ses estocques et lignes à tous effaits mesme de succession donation et touttes autres dispositions à la rézerve des meubles meublans qui pourront luy eschoir de successions ; et au regard de ladite Delahaye, iceluy sieur Delahaye et Sénéchau ses père et mère pour ce dument establis soubzmis chascun d’eux seul et pour le tout solliderement sans division de personnes et de biens, ont promis et se sont obligés donner et payer en avancement de droit successif à leurdite fille à eschoir en premier lieu sur la part afferante dans la succession du premier mourant d’eux la somme de 1 500 livres en argent contant payable savoir 750 livres dans le jour de la bénédiction nuptialle et le surplus dans un an apprès, et outre promettent habiller leurdite fille dabitz nuptiaux sellon sa condition et luy donneront un trousseau de linge vallant la somme de 150 livres, de touttes lesquelles choses en antrera en la communauté pareille somme de 300 livres et le surplus, ensamble ce qui pourra eschoir à laditte future espouze de successions ou autrement nom compris les meubles meublans sera censé le propre de laditte future spouze et ses hoirs et en ses estocques et lignes à tous effaits, meme de succession donation (f°3) et touttes autre dispozition, et comme tel ledit futur espoux s’oblige l’employer et convertir en acquest d’erittage (sic) au nom et proffit de ladite future espouze ses hoirs, lesquels acquestz et emplois et l’action pour les avoir et demander tiendront nature de propre bien imeuble à ladite future espouze ses hoirs en ses estocqs et lignées, et à tous effaits, et à faute d’employ luy en a ledit futur espoux dès à présant constitué rante au denier vingt sur tous et chascuns ses biens, racheptable un an apprès la dissolution de communauté pour pareille somme que se pouront monter les deniers imobilisés ; entreront les futurs espoux en communauté de biens dès le jour de leur bénédiction nuptialle non obstant la coustume de ce peis (sic pour le pays !) et duché d’Anjou, à laquelle ils ont dérogé en cet égard seullement, à laquelle communauté laditte future espouze et les siens pouront renoncer si bon leur scamble (sic), quoy faisant ils amporteront (je n’ai plus la force de vous mettre des « sic » tant il en faudrait) franchement et quitement de touttes debtes dont ils seront acquités sur les biens dudit futur espoux, tout ce qu’elle aura apporté audit mariage, mesme la somme mobillizée, et ladite future espouze et ses enfans seullement emporteront audit cas de renonciation tous ses habits hardes bagues et joiaux et choses servant à son uzage avecq une chambre garnie de la valleur de la somme de 300 livres ou ladite somme (f°4) en argent au choix de ladite future espouze et de ses enfans ; en cas de vante ou aliénation des propres desdits conjoints ils en seront respectivement ramplacez et récompancez sur les biens de ladite communauté en premier lieu ladite future espouze, et s’ils ne suffizoient ils prandront le surplus dudit remploy sur les propres dudit futur espoux qui en demeurent affectéz et hipotiquez de ce jour sans que l’action pour lesdits remplois et acquitement de debtes puissent entrer en ladite communauté, mais seront toujours considérez comme propres à ladite future espouze ses hoirs en ses estocqs et lignes et à tous effaits, mesme de succession donation et toutte autre dispozition ; les debtes desdits futurs conjoints et de leurs auteurs tant de part que d’autre n’entreront point aussy dans ladite communauté ains seront acquités par celluy dont elles procédront ; et au surplus aura ladite future espouze douère constumier cas d’ycelluy avenant sans qu’il puisse estre diminué par les aliénations remploy que pouroit faire ledit futur espoux de ses propres ; comme aussi avenant dissolution de communauté et en cas d’acceptation d’icelle reprandront les futurs conjoints hors part d’icelle savoir ledit futur époux ses habits son cheval et équipage, et laditte future épouse aussi ses habits bagues joyaux et hardes servant (f°5) à son usage ; et se sont iceux sieur Delahaye et sa femme rézervé par droit de réversion les choses par eux sy dessus données à leurditte fille en avansement et cas de déssez de laditte future épouze sans anfans du présant mariage ou leurs anfans sans tures enfans d’eux sans pourtant que la présante clauze de réversion ne puisse empescher les dons et uzufruits aux termes de la coustume ; et moyennant ledit avancement jouira le survivant desdits sieur Delahaye et sa femme de la part afférante à ladite future épouze dans la succession du prédécédé sans que ledit survivant puisse estre inquiété pour ce ni estre obligé d’en rendre aucin conte, comme aussy ne sera raportbale ladite future épouze des intérests dudit avancement suivant la coutume, et ainsi qu’il est jugé par la jurisprudence des arrests, car les parties ont le tout respectivement ainsi voullu consenti stipullé et accepté, à ce tenir etc dommages etc obligeans etc renonsans etc respectivement leurs hoirs mesme iceux sieur Delahaye et femme esdits noms au bénéffice de division discusion etc dont etc fait et passé en la maison seigneurialle du Carqueron dite paroisse du Lion d’Angers en présence de h. h. Michel Bonneau le jeune sieur de la Chouanière et damoiselle Françoize Godillon son épouze, fermiers de la terre de la Perrière demeurant audit Lion, honorable fille Renée Gambier demeurante au bourg et paroisse de Thorigné, et (f°6) Me Jacques Thoreau notaire, maistre Pierre Hamelot controlleur pour le roy aussi demeurant audit Lion d’Angers tesmoings

Jacques Lemesle, curateur de Jacques Marion, reçoit l’amortissement d’une obligation, Gené 1698

Gené, parce que Etienne Bellanger, le débiteur, demeure à Gené. En fait, il a hérité de cette dette passive pour luy et elle a une particularité c’est d’avoir des intérêts de 113 sols pour 113 livres.
Selon mon hypothèse, Jacques Marion, qui est fils unique et orphelin, est un petit fils de Mathurine Verger, donc le fils d’un cousin germain de Jacques Lemesle.
Je vous mets prochainement le compte de curatelle, qui en apprendra plus, mais il est volumineux et je n’en ai tappé que les 2 tiers à ce jour ! Par contre, il est passionnant, car il donne tous les détails des frais faits pour l’éducation de Jacques Marion.

colleciton particulière, reproduction interdite
colleciton particulière, reproduction interdite

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E12 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Le 28 octobre 1698 avant midy, par devant nous Pierre Bodere notaire royal résidant à Montreuil sur Myenne, fut présent estably soubzmis honneste homme Jacques Lemesle marchand de fil demeurant au lieu de Haute Folie paroisse dudit Montreuil, curateur à personne et biens de Jacques Marion marchand tissier demeurant au Lion d’Angers, lequel a reconnu et confessé avoir présentement au vue de nous eu et receu de Jean Bellanger fils et héritier en partie de Thomas Estienne Bellanger et d’ügesne Rousseau aussi à ce présent stipulant et acceptant demeurant paroisse de Gené la somme de 113 livres, laquelle somme est pour l’extinciton et amortissement de la somme de 113 livres de principal due par ledit Bellanger audit Marion mineur comme subrogé ès droit de Mathurin Thibault et Renée Bouvet sa femme fille et héritière en partie de feu Jean Bouvet et Mathurine Bellanger comme appert et pour les causes des actes par nous passés, de laquelle somme de 113 livres cy dessus ledit Lemesle audit nom se contente et en quitte ledit Bellanger et tous autres sans aucune recherche, au moyen de quoy demeure ladite rente de 113 sols deument esteinte et amortie pour et au profit dudit Bellanger ses hoirs héritiers et ayant cause, et cet acte faisant foy de la créance d’icelle demeure nulle et sans effet
fut à ce présent estably soubzmis ledit Marion lequel a reconnu et confessé avoir aussi présentement et au vue de nous eu et receu dudit Jean Bellanger la somme de 113 sols quelle somme est pour une année de la rente et intérests e ladite somme de 113 livres de principal laquelle somme fait le juste et parfait paiement de tous les arrérages de ladite somme de 113 livres de tout le temps passé jusques à ce jour, desquelles somme principale et intérests iceux Lemesle et Marion chacun en droit soy se sont bien et duement contentés quitté et quittent ledit Bellanger et ous autres
auquel acquit et amortissement et ce que dit est tenir etc obligent etc renonçant etc dont etc
fait et passé au Lion d’Angers en présence de Me Pierre Piron sergent royal et h. h. François Vienne marchand thanneur demeurant audit Lion tesmoings
ledit Jean Bellanger a dit ne scavoir signer

Cette vue est la propriété des Archives Départementales du Maine-et-Loire. Cliquez pour agrandir.

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