Histoire de l’arquebuse

L’arquebuse, contrairement à l’épée, n’est pas réservée aux gentilshommes. C’est l’arme des troupes.

in Dictionnaire encyclopédie universelle, B. Dupiney de Vorepierre, 1876

  • Les premières armes à feu portatives
  • Les bouches à feu étaient à peine inventées, que l’on imagine de donner aux troupes des armes établies suivant le même système, mais assez légères pour qu’un seul homme pût les manoeuvrer. Ces armes parurent vers 1380, et furent appelées Canons à main.. Elles consistaient en un tube de fer du poids de 12 à 15 kg, qu’on chargeait ordinairement avec des balles de plomb, et qu’on appuyait sur un chevalet pour les tirer. On y mettait le feu avec une mêche allumée, comme néguère encore on le pratiquait pour l’artillerie.
    Mais les nouveaux engins de guerre étaient extrêmement lourds et fort peu maniables. On rémédia à ces inconvénients en diminuant la longueur et le poids du tube, et en adaptant à son centre de gravité 2 tourillons servant d’axe de rotation, et reposant sur une fourchette, appelée croc. de plus, le canon fut terminé par une poignée que l’on tenait de la main gauche, tandis que la main droite portait le feu à la lumière. Ainsi perfectionnés, les canons à main reçurent d’abord le nom d’Haquebutes, puis celui d’Arquebuses à croc.
    Vers 1480, une nouvelle amélioration fut introduite dans la fabrication de ces armes. On en fit dont le canon était fixé à un fût de bois muni d’une cosse cintrée pour s’appuyer sur l’épaule. Ces nouvelles arquebuses avaient la lumière percée sur le côté, et portaient une sorte de bassinet destiné à recevoir l’amorce. On y mettait le feu avec un mèche que tenait la main droite, pendant que la main gauche appuyait le fût contre l’épaule. Néanmoins la plupart d’entre elles étant encore beaucoup trop lourdes pour qu’on pût les mettre en joue sanas point d’appui, on appuyait le bout du canon sur une béquille ou fourchette plantée en terre. Ces armes conservèrent le nom de haquebutes, tandis que celles qui étaient assez légères pour qu’on pût les tirer à main libre furent désignées sour celui d’arquebuses.
    Quoique les archebuses eussent été rendues assez légères pour être tirées sans autre appui que l’épaule, elles étaient cependant d’un service incommode, à cause de l’obligation où l’on se trouvait de viser en même temps qu’on mettait le feu. Ce fut pour rémédier à cet inconvénient qu’on imagina la platine à mèche ou à serpentin et la platine à rouet.
    La platine à serpentin prit naissance au commencement du XVIe siècle, mais on ignore dans quel pays. Elle consistait enune espèce de bascule, appelée serpentin, qu’un petit ressort tenait éloignée du bassinet qu’on forçait à s’en rapprocher à l’aide d’un levier qu’on pressait avec le doigt. Le sepentin tenait entre ses mâchoires un bout de mèche allumée qui communiquait le feu à l’amorce.
    La platine à rouet paraît avoir été inventée à Nuremberg en 1517. Une petite roue d’acier, cannelée à son pourtour, était fixée sous le bassinet, au fond duquel elle pénétrait à travers une fente. Son axe était muni d’une chaînette dont l’extrémité opposée s’attachait à un ressort disposé à peu près comme celui d’une montre. Une pièce de fer recourbée, appelée chien, se trouvait fixée en arrière du bassinet. Ce chien tournait autour d’une vis par l’un de ses bouts, tandis que l’autre était muni de deux espèces de dents ou mâchoires entre lesquelles on plaçait un fragment d’alliage d’antimoine et de fer. Quand on voulait faire usage de l’arme, on ouvrait le bassinet, qui se fermait avec une coulisse ; on abaissait le chien de manière que la composition métallique se trouvât en contact avec le rouet ; puis, à l’aide d’une petite clef, on bandait le ressort de ce dernier absolument comme on monte une montre. Une détente maintenait le ressort en place quand il était arrivé au bandé, mais aussitôt qu’on pressait sur cette détente, le rouet, obéissant à l’action du ressort, décrivait une demi-révolution sur son axe, et le frottement de ses cannelures sur l’alliage produisait des étincelles qui enflammaient l’amorce.
    L’invention de ces deux mécanismes donna naissance à deux espèces d’armes à feu. Les Arquebuses à rouet, qui étaient relativement légères, furent destinées à la cavalerie, tandis que les Arquebuses à mèche, qui étaient beaucoup plus lourdes, mais dont le mécanisme plus simple était moins sujet à se détraquer, furent données à l’infanterie. Ces dernières se tiraient à l’aide d’une fourchette ; elles lançaient une balle de 32 à la livre, et plus tard une balle de 24.
    C’est vers le milieu du XVIe siècle que paraît avoir été imaginé le Mousquet. Cette arme, qui fut d’abord en usage en Espagne, différait des arquebuses par la forme de sa crosse qiu était moins recourbée ou tout à fait droite, et par son calibre qui était plus considérable. Son nom lui vient de mochetta, petite mouche, qui lui aurait sans doute été donné, en manière de plaisanterie, à cause de la grosseur de ses projectiles. En effet, ses balles étaient d’abord de 8 à la livre ; plus tard, on descendit à 10 et même à 16. Il y avait des mousquets à mèche et à rouet. Suivant Brantôme, le mousque fut introduit en France, vers 1600, par Stozzi, et il devint bientôt d’un usage général. Au reste, à cette époque, il se produisit différentes variétés d’armes à feu portatives.
    Vers 1545, on imagina, pour la cavalerie, des arquebuses à rouet de petite dimension montées sur un fût sans crosse, et qui se tiraient à bras tendu ; on les appela pistoles, d’où est dérivé le mot pistolet, non pas par ce qu’elles avaient été inventées à Pistola, comme on le dit communément, mais parce que leur canon avait le diamètre de la pièce de monnais ainsi nommée. On en fit également d’autres qui étaient de moyenne grandeur, et tantôt à mèche, tantôt à rouet, auxquelles on appliqua la dénomination de Poitrnal ou Pétrinal, parce que, pour les tirer, on appuyait leur crosse sur le milieu de la poitrine. Enfin, il paraît qu’au XVIe siècle, on connaissant déjà les armes rayées, c’est-à-dire, munies intérieurement de cannelures en spirale : mais elles étaient peu employées à cause de la lenteur de leur chargement.
    Dans les premières années du XVIIème siècle, l’infanterie française se servait, sur les champs de bataille, de mousquets du calibre 200 à 22, et pour la défense des places de mousquets de 12 à 16. La cavalerie portait des arquebuses raccourcies, des pistolets et des carabines rayées, le tout à rouet ; mais ces dernières armes ne tardèrent pas à être remplacées par de petits mousquets à rouet, dit mousquetons, qui étaient plus faciles et plus prompts à charger, parce qu’ils ne réclamaient pas l’emploi du maillet.

    Voir ma page sur l’arquebusier

    Comptes du métayer de l’Evi-Coeur avec Marc Cerizay son bailleur, Le Lion-d’Angers 1590

    J’ai eu beaucoup de mal à identifier la métairie, qui est clairement écrite Liève Coeur, alors que Célestin Port la donne Lévi-Coeur. Enfin, je vous garantie le résultat, mais c’était pour vous dire que les retranscriptions des noms propres donnent parfois lieu à de longues recherches pour tenter d’identifier, c’est pourquoi j’insiste pour remercier d’avance tous ceux qui pourront m’aider.

    Les comptes du métayer révèlent des dépenses assez constantes, sans que je parvienne à comprendre comment faisaient ces métayers pour noter leurs dépenses et s’en souvenir, puisqu’ils ne savaient pas signer. Qu’ils sachent compter c’est une chose, mais noter leurs dépenses s’en est une autre ! Car comme on voit que les comptes traînent, s’ils meurent nul ne pourraient justifier les comptes si rien n’est écrit. Enfin mystère pour moi !
    aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E1 – Voici ma retranscription : Le 22 novembre 1590 avant midy en la court du roy notre sire à Angers par devant nous François Revers notaire d’icelle personnellement estably Marc Cerizay sieur du Pont Sammeau

    Le Pont-Sameau, commune d’Yzernay – La terre, fief et seigneurie de Pont Sameau avec maisons, manoir, bois, 4 métairies, une closerie, un étang 1539 (C 105, f°311) – Poussameaux XVIe s. (G 195). – Relevait de Maulévrier. En est sieur, par héritage de Jean de Blavon, mari d’Idabeau de Brelay, Elie Chambret, mari de Perrine de Blavon, 1507 (E1690), Pierre de Daillon 1521, Jean Leroux, mari de Catherine de St-Aignan, l’avait acquise et la revendit en 1539 à Gaspard de Mirebeau, docteur en médecine d’Angers ; – en 1597 Marc Cerizay, inhumé en 1605 à l’Hôtel-Dieu d’Angers (GG202) (C. Port, Dict. du Maine-et-Loire, 1876)

    demeurant en la paroisse de Ste Croix de ceste ville d’Angers d’une part et Macé Guematz demeurant à la mestairie de Lieve Coeur appartenant audit sieur du Ponsameau paroisse du Lion-d’Angers d’aultre

    Lévicoeur, commune du Lion-d’Angers – Le lieu de Levicour 1684, – de Levicoeur 1684 (ET.-C.) – Les Vicoeurs (Cad.) – L’Evicoeur (C.C.) (C. Port, Dict. du Maine-et-Loire, 1876)

      l’IGN l’orthographie actuellement l’Evi-Coeur, et le village est situé entre Le Lion-d’Angers et Brain-sur-Longuenée.

    soubzmettant respectivement lesdites parties elles leurs hoirs confessent avoir ce jourd’huy compté par entre eulx les sommes cy après savoir est de la somme de 11 escuz sol 13 sols 6 deniers deue par ledit Guematz audit sieur du Pontsameau pour les causes portées par ung compte fait entre les parties par devant nous le 22 septembre 1588 de la somme de 5 escuz 46 sols de reste de 13 escuz deux tiers 6 sols que debvoit aussi ledit Guematz audit sieur du Pontsameau pour les causes portées aussi par obligation passée par devant nous le 3 mars dernier passé de la somme de 3 escuz sol par ledit sieur du Pont Sameau pour ledit Guemarz à Pierre Doublart collecteur des tailles de ladite paroisse du Lion d’Angers sur une cene de l’année dernière de la somme de 6 livres tournois pour la moitié d’ung porc et demi dudit lieu de Lieve Cœur vendu au mois d’août dernier audit Guematz par le serviteur dudit sieur du Pont Sameau de la somme de 3 escuz faisant moitié de la somme de 6 escuz payée par ledit Guemats pour l’achapt d’un bouvart lequel est sur ledit lieu de Lieve Cœur de la somme de 16 livres aussi payée par ledit Guematz pour une vache acheptée le jour et feste de St Berthelemy dernier et laquelle est aussi sur ledit lieu de la somme de 115 sols faisant moitié de la somme de 11 livres 10 sols receue par ledit sieur du Pont Sameau pour une terre vendue en l’année dernière à ung nommé Gouppil et de la somme de 102 sols 6 denriers deue par ledit sieur du Pont Sameau audit Guemats pour ung compte fait entre eulx le 14 apvril 1589
    tellement que tout calcul déduit et rabattu pour raison des choses et sommes cy dessus ledit Guemats s’est trouvé et demeure redevable vers ledit sieur du Pont Sameau de la somme de 10 escuz sol 42 sols
    sur laquelle somme ledit sieur du Pont Sameau a volontairement et libéralement déduit et rabattu audit Guemats la somme de 2 escuz et demy faisant moitié de la somme de 5 escuz sol que ledit Guematz a dit avoir esté contraint payer depuis deux mois aux soldats de la Mothe Chement lors qu’ils se faisaient fort des moulins de Grez et Neufville et la somme de 3 escuz faisant moitié de la somme de 6 escuz que ledit Guemats a dit avoir aussi esté contraint payer depuis 8 jours aux soldats du compte Puigueric baron de Mollac qui estoient logés au bourg et paroisse dudit Lion,

      ce compte est très intéressant car en fait de libéralité du bailleur, je pense qu’il est normal qu’il participe pour moitié aux frais des soldats.
      Les sommes payées aux soldats, ou plutôt exigées par les soldats, sont sensiblement élevées pour un métayer et montrent l’importance de ce coût pour la population.
      Le Puygueric est bien sûr Pierre Donadieu de Puicharic, pour lequel on retrouve souvent des orthographes fort variées.

    tellement que déduction faite desdites sommes de 2 escuz et demi par une part et 3 escuz par aultre sur ladite somme de 12 escuz 42 sols ledit Guemats demeure redevable audit sieur de Pont Sameau pour raison des sommes et choses comptées cy-dessus de la somme de 7 escuz 12 sols tournois et laquelle somme de 7 escuz 12 sols ledit Guemats a promis et demeure tenu payer audit sieur du Pont Sameau à la volonté dudit sieur du Pont Sameau et moyennant ledit compte et paiement par ledit Guemars ladite somme de 7 escuz 12 sols tournois audit sieur du Pont Sameau lesdites parties sont et demeurent quites l’ung vers l’autre de toutes les sommes et choses de deniers cy dessus comptées sans préjudicier ne desroger au droit de hypothèque que auroit et a ledit sieur du Pont Sameau contre ledit Guemats pour les causes portées par le compte du 22s eptembre 1598 et obligaiton du 3 mars dernier lesquelles pour ce regard demeurent en leur forme et vertu et aussi sans préjudicier de ce que ledit Guemats peult debvoir audit du Pont Sammeau pour les charges du lieu et mestairie de Lieve Cœur dont et de toutes lesquelles choses cy dessus lesdites parties sont demeurées à ung et d’accord et les ont respectivement stipulées et acceptées
    auquel compte et tout ce que dessus est dit tenir etc obligent lesdites parties respectivement elles leurs hoirs etc mesmes ledit Guemats au paiement de ladite somme de 7 escuz 12 sols tournois ses biens etc renonczant etc foy jugement condempnation etc
    fait et passé Angers maison dudit sieur du Pont Sameau en présence de Me Georges Atthuret sieur des Mazuaux et Loys Allain praticien demeurant Angers tesmoins ledit Guemats a dit ne savoir signer

    Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog. Tout commentaire ou copie partielle de cet article sur autre blog ou forum ou site va à l’encontre du droit d’auteur.

    11 novembre 2009, patrie, nation, nationalité : lettre à Edouard Guillouard, mon grand’père

    Grand’père

    Merci de nous avoir transmis ton cahier de guerre 14-18. Il est lu depuis quelques années sur mon site, où il honore la mémoire de votre sacrifice. Lorsque je l’avais tappé, j’ai pénétré dans l’intimité de tes 4 années de tranchée. Certains moments me bouleversaient tellement que je devais m’arrêter pour reprendre force : ainsi lorsque vous recevez des bottes, alors que vous avez déjà passé un an dans la boue et le froid sans bottes etc… Alors seulement je réalisais que vous étiez partis pour quelques jours, alors on n’avait rien fabriqué de chaud !

      Voir le carnet de guerre 14-18 d’Edouard Guillouard

    Reposes en paix et réjouis-toi : ton sacrifice n’a pas été vain. En ce 11 novembre 2009, il n’y a plus de boches depuis longtemps. L’Allemagne est aux côtés de la France pour commémorer l’armistice. On voit souvent à la télé Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ensemble : quelle image de paix ! Car c’est toujours la paix que je vois d’abord lorsqu’ils apparaissent ensemble à l’écran et aussitôt, grand’père, tu es là présent et je te fais partager cet instant de bonheur.

    Eh oui ! tout a changé ici ! Toi, tu as connu l’arrivée de l’électricité, la voiture, la bactériologie et l’hygiène, la téléphonie, l’aviation etc…bref, une époque de découvertes, mais aussi de guerres, qui furent au nombre de 3 pour toi.

    Photo extraite du carnet de guerre dEdouard Guillouard, septembre 1918 : sergent téléphoniste Thirion réparant un appareil au P.C. Bataille
    Photo extraite du carnet de guerre d'Edouard Guillouard, septembre 1918 : sergent téléphoniste Thirion réparant un appareil au P.C. Bataille - Cliquez pour agrandir

    et depuis, ces inventions ont fait des petits : on reçoit en images les nouvelles sur un écran ! on y voit l’Allemagne et la France s’accolant, se congratulant ! Tu n’aurais même pas osé l’imaginer n’est-ce pas ! Une seule chose n’a pas changé, la grippe arrive encore, comme en 18, et elle est censée nous faire peur.

    Eh oui ! tout a changé ici !
    Mais moi, ta petite fille, née avant la seconde guerre mondiale, je suis incapable de comprendre bien des changements !
    De ton temps, c’était simple :

    Nation : réunion d’hommes habitant un même pays et soumis à un même gouvernement et aux mêmes lois. (Dict. Quillet, 1948)
    Nationalité : ensemble des caractères qui constituent une nation et la distinguent des autres – Origine ethnique d’un individu (Dict. Quillet, 1948)
    Patrie : le pays où l’on est né, ou, plus exactement, où l’on a reçu naissance. La nation dont on fait partie… La patrie est proprement la terre de ses pères, le sol natal où l’on a le souvenir de ses ancêtres… (Dict. Quillet, 1948)

    mais maintenant, c’est moins simple. Il y a beaucoup de choses que je suis incapable de comprendre.
    L’Europe au début je comprenais et j’y travaillais, ou plutôt, je travaillais à la réconciliation franco-allemande, comme beaucoup d’autres. Puis tout m’a échappé et je n’y comprends plus rien, même en lisant la presse censée la meilleure, ou en achetant des ouvrages censés m’éduquer.
    Je suis incapable de comprendre tant de choses là-dedans, à commencer par ma retraite d’Allemagne, passée sous le nez, l’absence de réferendum des Européens lorsqu’il y a referendum dans un pays qui veut entrer, l’interdiction de subventionner les arbres fruitiers de France alors que le soleil d’Espagne est une inégalité, etc… la liste est longue.

    Et, le pire, est que je suis totalement incapable de comprendre pourquoi des millions de personnes ont plusieurs nationalités !
    Qu’on les accueille, je le comprends. Qu’on leur permette d’accéder à la nationalité française, je le comprends aussi, qu’ils aient des droits en France, cela aussi je le comprends. Mais qu’on leur laisse leur nationalité d’origine, cela je suis totalement incapable de le comprendre, car on leur laisse des droits dans plusieurs pays, en quelque sorte ce sont des sur-citoyens du monde. Il y en a même un franco-allemand, qui se fait élir une fois en Allemagne une fois en France, et se vante de ses droits supérieurs à ceux d’un simple monocitoyen, comme moi !

      Quel est le régime de la double nationalité ?

    On ne sait même plus si la France a une identité ! Mail là, j’ai bien compris qu’on ne me demandait pas mon avis, et que les consultations passaient au dessus de moi, alors je le donne ici.
    J’ai contribué à l’Europe par les actes de ma vie privée, mais aujourdh’ui je suis perdue.
    J’ai contribué à accueillir des étrangers dans ma vie, mais aujourd’hui je suis perdue.

    Je suis perdue parce que incapable de comprendre la notion de multinationalité, c’est à dire de multidroits de vote etc… Je peux seulement comprendre que lorsqu’on est accueilli dans un pays on puisse opter pour sa nationalité, en perdant simultanément celle de son pays d’origine, avec faculté de réversion de cette mononationalité à tout moment en abdiquant celle du pays d’accueil.
    Ainsi, je comprends qu’on soit un cityoen d’une nation, et une seule, avec une patrie d’origine dans laquelle à tout moment on peut choisir de reprendre la nationalité, en perdant alors celle du pays d’accueil.
    Ainsi, il existerait le pays où l’on a choisi momentanément de vivre et d’avoir des droits, avec dans le coeur sa patrie d’origine, dans laquelle on aurait à tout moment le droit de reprendre la nationalité en abdiquant l’autre nationalité.
    Sais-tu qu’il y en a même qui ont trois nationalités etc… De cela je m’en étais aperçue il y a quelques années lorsqu’une Canadienne me demanda d’aller au Ministère des Affaires étrangères, alors à Nantes, pour déposer sa demande de la troisième nationalité, française, pour sa fille, car elle y avait le droit, bien que seulement petite fille d’un Français parti vivre au Canada. A ma demande naïve de l’intérêt de cette multinationalité, la réponse est venue directe : les avantages pour l’avenir.

    Je n’ai jamais voté à droite droite en France.
    Mais puisque je ne comprends rien à rien, je lance ici mon cri d’alarme, car sans doute ferais-je mieux de ne plus voter à l’avenir, puisque tout m’échappe complètement, et puisqu’il y en a qui ont plusieurs droits de vote, et pas moi !
    Je suis incapable de comprendre au nom de quoi certains ont plus de droits que moi, puisqu’on m’a éduquée à l’école dans la notion d’égalité.
    Je suis incapable de comprendre pourquoi on a tant bafoué la notion de nation et de nationalité !

    Je vais ce jour sur la plaque commémorative de Joseph disparu en 1914.
    Merci de nous avoir laissé ton témoignage grand’père, merci pour tout ce que tu as fait.
    Ta petite fille
    Odile

    Ceci est mon témoignage personnel de commémoration.

    Réception chez Scheurer industriel, ou remise de prix à Thann : guerre 14-18

    En 2009, Olivier Leroy, qui a fait le même devoir de mémoire avec ses papiers de famille que celui que j’ai fait avec nos papiers de famille d’Edouard Guillouard, mon grand-père, me signale qu’il possède des photos qui ressemblent à la mienne, et qu’il intitule remise de prix à Thann.


    Cliquez l’image pour l’agrandir. Cette photo est du fonds d’Edouard Guillouard, mon grand-père, et serait une réception chez Scheurer industriel le 11 août 1918

  • Ressemblances :
  • Les fenêtres sont identiques donc les lieux identiques.

  • Différences :
  • • Le rideau au dessus de la porte
    • Tous les militaires portent leur képi sur la photo Guillouard, ils sont tête nue sur les autres photos.
    • La présence de dames sur la photo Guillouard. Sur les photos d’Olivier on en distingue 2 à droite, mais des chapeaux totalement différents.
    • La présence d’un tapis sur la photo d’Olivier Leroy, nettement placé sous les pieds du premier rang.
    • Le groupe est disposé en fer à cheval autour du tapis sur les photos d’Olivier, mais il est droit sur la photo Guillouard
    • On distingue des enfants sur les côtés, assis sur des bancs, sur les photos d’Olivier, d’où sans doute le titre de remise des prix.
    • On distingue un prêtre en soutane assis au premier rang sur les photos d’Olivier.


    Ces 2 photos sont sur le site d’Olivier, et en cliquant dessus vous verrez que vous êtes bien sur son site, que je vous recommande car il a fait un travail de mémoire comparable au mien.

    Si vous avez des éléments nous permettant d’identifier lieux, faits et dates, merci de nous en faire part dans les commentaires ci-desssous.

    Renée Du Buat donne une procuration qui détaille un peu les faits, Noëllet 1611

    Une procuration peut parfois contenir beaucoup de choses, et bien, celle-ci est de loin la plus riche d’enseignements que j’ai jamais trouvée !

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E121 – Voici la retranscription de l’acte : Le 16 mars 1611 avant midy, en la court de Pouancé (classé à Deillé notaire à Angers, en mars 1611) par davant nous Simon Leroy notaire d’icelle a esté présente et personnellement establye damoyselle Renée Du Buat femme et espouze de noble homme René Pelault sieur du Boys Bernier séparée de biens d’avecques luy et authorisée à la poursuite de ses droictz, et d’abondant autorisée par ledit Pelault son mari à ce présent, demeurante en la paroisse de Noëllet, laquelle duement soubzmise soubz ladite court a créé nommmé et constitué et par ces présentes crée nomme et constitue maistre (blanc) procureur en la court de parlement à Paris son procureur o puissance de substituer et eslire domicile suivant l’ordonnance royale et par espécial de comparoir pour ladite constituante et pour elle intervenir en ladite court en l’assignation baillée en icelle audit Pelault son mary à la requeste de messire Vincent Du Bellay sieur de la Courbe tant en son nom que comme père et tuteur de noble Guy Du Bellay son fils et de deffunte dame Barbe de (illisible) et faire taxer et liquider des despens dommages et intérestz prétenduz par ledit sieur Du Bellay contre ledit Pelault et pour lesquels iceluy Du Bellay prétend avoir obtenu arrest en ladite court contre ledit Pelault pendant les guerres dernières

      nous allons voir plus loin, dans cette procuration, que René Pelault avait combatu pour la Ligue

    et pour la constituante en cas que ledit Du Bellay l’eust fait comprendre audit arrest demander qu’elle en soit rayée et biffer attendu qu’elle n’est point partie obligée ny condempnée audit Du Bellay et que la luy a faite comprendre que c’est une pure surprise faite pendant les guerres sans qu’elle y ait esté assignée ni appelée et oultre qu’elle n’eust put se défendre ni comparoir lors quand bien elle eust esté appelée attendu que ledit Pelault tenoit le party de deffunt monsieur de Mercoeur et que son gendre avoit une compagnie de chevaux légers audit party

      je me réjouis d’avoir trouvé cette précision concernant René Pélault et Claude Simon, mais que s’est-il donc passé pendant la guerre de la Ligue pour que les Du Bellay poursuive René Pelault ?

    et encores comme première créantière dudit Pelault son mary pour ses deniers dotaux et autres ses actions de joindre avecques ledit Pelault et deffendre à la taxe desdits despends dommages et intérestz prétendus par ledit Du Bellay et demander avecques ledit Pelault à la conservation de ses droictz et ce qu’elle soit receu à déffendre comme auparavant ledit arrest comme donné pendant les guerres et non considérable au moyen des traictés de paix d’entre le deffunt roy que Dieu absolve et ledit sieur de Mercoeur

      Henri IV a administié les faits, dans son grand projet de réconciliation. L’administie portait sur les faits durant la guerre, mais ne couvrait pas bien sûr les faits ultérieurs.

    et demander avecques ledit Pelault et autres ses créantiers à compter pour ledit Pelault avecques ledit Du Bellay auxdits périls et fortunes de Claude Jacques Aunibault soustenir à ses périls et fortunes que lesdites 4 000 livres qui estoient deubz à monsieur Lallement sieur de Vouzé ont esté payées audit de Vouzé ou Du Bellay pour luy tant en principal que intérestz sauf à compter par ledit Pelault ou autres pour luy et en cas que ledit Du Bellay demandat l’évocation de l’instance de criées et bannies vente et adjudication par décret de la terre du Boys Bernier criée et bannie sur ledit Pelault à la requeste de deffunct maistre Pierre Ogereau vivant advocat Angers créantier dudit Pelault empescher ladite évocation et remonstrer que ladite terre du Boys Bernier estant située en ce pays d’Anjou sera mieux et plus promptement vendue au siège présidial d’Angers ou l’instance desdites criées est pendante et put estre vérifiée ensemble la quiche ? et surabondante cryée et a beaucoup mondres fraiz aussy que seroit une grande vexation tant par ladite constituante que les autres créantiers et les consommer en frais s’il failloit qu’ils allassent à Paris et qu’il fallust y fournir leurs productions qui sont déjà en partye fournies au greffe dudit siège présidial d’Angers et le procès distribué à monsieur Desmatras assesseur audit siège à faire faire ladite quinche ? cryée et a compary par plusieurs foys en ladite instance et poursuite de cryée et jugée avecques luy que les partyes escriront afin d’ordr et généralement faire et procurer pour ladite constituante tout ce que procureur deuement fondé peult et doibt faire encores qu’il y eust chose qui requist mandement plus spécial promettant ladite constituante avoir agréable tout ce qui sera par ledit procureur géré
    obligeante etc renonssante etc foy jugement condempnation etc
    fait et passé au bourg dudut Noellet maison de nous notaire susdit en présence de vénérable et discrete personne Me Michel Bellanger prêtre curé dudit Noellet honneste homme François Allaneau sieur de la Viannière et Nycolas Guerif chirurgien demeurant en ladite paroisse de Noellet tesmoins

    Cheveau-léger : cavalier légèrement armé, qu’on appelle autrement Maistre, et qui est dans un corps de régiment. On l’appelle ainsi, par opposition aux Gens d’armes, qui étaient autrefois des gens pesamment armez et de toutes pièces. Il y a pourtant quate compagnies d’ordonnances qu’on appelle particulière chevaux-legers, qui n’entrent jamais en corps de régiment, qui sont les Chevaux-Levers de la Garde du roy, de la Reine, de Monseigneur le Dauphin et de Monsieur ; et on dit au singulier un Chevau-léger, et au plusieur vingt-et-un chevaux. (Dictionnaire de Furetière)

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    Tentative de rupture de bail, Marigné, 1590

    L’acte qui suit est extrait des Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E1 – Voici la retranscription de l’acte : Le 14 juin 1590 après midy en la court du roy notre sire à Angers par davant nous François Revers notaire royal Angers et des tesmoings cy après nommez Jehan Thibault collon demeurant au lieu et mestairye des Roches paroissse de Marigné s’est aujourd’huy transporté vers et à la personne de noble homme Me Maurille Deslandes conseiller du roy demeurant Angers Sr dudit lieu des Roches auquel par lant ledit Thibault luy a dict et déclaré et faict assavoir que cy davant par plusieurs foys mesmes dès auparavant la Toussaint dernière et depuis il a dict et déclaré et fait dabondant assavoir audit Deslandes qu’il ne veult et entend demeurer audit lieu des Landes (sans doute un lapsus du notaire ! que jusques au jour et feste de Toussaint prochainement venant affin que ledit Deslandes n’en puisse prétendre cause d’ignorance lequel auroit à faire faulcher et fanier les prez dudit lieu des Roches et se pourvoir d’un mestayer pour mettre sur ledit lieu des Roches ou aultrement en disposer ainsi que bon luy semblera offrant ledit Thibault faire et accomplir ce qu’il est ou pourra estre tenu faire et accomplir suivant le bail verballement fait entre ledit Deslandes et ledit Thibault ou suivant le marché qu’il en a aultreffoys de par escript pourvu que ledit Deslandes luy face desduction des charges qu’il est tenu faire ainsy qu’il a prétendu à la maison à cause des pertes qu’il a eues et souffert audit lieu des Roches en sa personne et bien à cause et par le moyen des gens de guerre,

      encore des pillages !

    lequel sieur Deslandes a protesté et proteste de ce que dessus dit et soustient que ledit Thibault tant auparavant le jour et feste de Toussaint que depuis il l’a prié luy continuer son bail à ferme mesme depuis le jour et feste de Pasques dernière et a protesté et proteste que ledit Thibault de toutes pertes dommaiges et intérestz à faire lequel fera d’accomplir son bail selon et au désir d’iceluy et que la déclaration que fait de présent ledit Thibault n’est pertinente comme n’estant l’autenticque protestant que davant ledit Thibault a prétendu quelque oppression en sa personne ce a esté passagé ayant ledit Thibault asseuré ceulx qui se seroient adressez à luy et que ne procède en rien du fait dudit Deslandes
    lequel Thibault a dit et repliqué audit Sr Deslandes qu’il n’a esté en ceste ville ne parlé à luy depuis ledit jour et feste de Pasques et que ne l’a pryé ne fait prier à luy concernant le bail dudit lieu des Roches et a persisté en sa déclaration comme dessus
    dont et de tout ce que dessus avons lesdites parties le resquérant décerné acte pour leur servir et valoir en temps et lieu ce que de raison
    fait Angers maison dudit Deslandes en présence de honorable homme Me Charles Horeau advocat à Angers et Pierre Rindron demeurant audit Angers tesmoins, ledit Thibault a dit ne savoir signer

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