Georges Chevallerie, de Vitré, se voir refuser son paiement de 7 000 livres, Chambellay 1548

Il est venu de Vitré à Chambellay avec les 7 000 livres et se voir refuser l’encaissement ! Malheureusement nous n’apprenons pas la raison de ce refus !

J’ai trouvé cet acte aux Archives Départementales du Maine-et-Loire, série 5E121 – Voici sa retranscription (voir ci-contre propriété intellectuelle) :

Aujourd’huy 8 mars 1547, jour de la My Karesme, (avant Pâques, donc le 8 mars 1548 n.s.) en la présence de moy Jehan Huot notaire royal à Angers et aussi en présence de honorables hommes sires Jehan Degennes et Guillaume Lemoyne marchands demourant en la ville de Vitré, et Me Pierre Blanchet aussi marchand demourant en la paroisse de Pommerieux tesmoings à ce requis et appellés, ce sont comparus au lieu du Boys en la paroisse de Chambellé noble et puissant Robert de Montallays seigneur de Dan et de Louvaines, tant en son nom privé que pour et au nom et comme procureur spécial de noble et puissant messire Mathurin de Montallays chevalier seigneur de Chambellé de Vernée et de Marigné son père, soy faisant fort dudit seigneur de Chambellé, noble et puissant Bertrand de Montbourcher seigneur dudit lieu du Pinel et dudit lieu du Boys et noble homme Georges Chevallerye sieur de l’Espine demourant en la ville de Vitré, environ l’heure de deux heures après midy dudit jour, en l’assignation que ledit Chevallerye a de poyer cedit jour audit lieu du Boys audit de Montbourcher la somme de 7 000 livres tz faisant le parfait de 11 000 livres tz partie de 14 000 livres tz pour la vendition des terres et seigneuries de Fourmentières et la Canterye par cy davant vendues et transportées audit Chevallerye pour ladite somme de 14 000 livres tz par honorable homme maistre Jehan de Noueroux licencié ès loix advocat à Angers au nom et comme stipulant et soy faisant fort desdits de Montallais père et fils de laquelle somme de 7 000 livres tz le jourd’huy poyable audit de Montbourcher
et ont lesdits Robert de Montallais en chacun desdits noms et qualités et de Montbourcher et Chevallerye au moyen de ce que ledit de Montbourcher a dit ne se vouloir charger de prendre et recepvoir ladite somme de 7 000 livres tz laquelle ledit Chevallerye obéissant au contenu dudit contrat et vendition desdites terres et seigneuries de Fourmentières et de la Canterye a offert présentement poyer audit de Montbourcher, qui a esté refusant icelle recepvoir continuer surceoyr et proroger le poyement desdites 7 000 livres tz pour les causes dessus dites jusques au jour de demain et accordé ledit poyement estre fait audit lieu de Vernée paroisse de Champteussé distant dudit lieu du Boys de 2 lieues ou environ
et ledit jour de lendemain 9 desdits mois et an se sont lesdits messire Mathurin de Montallays, Robert de Montallays, de Montbourcher, Chevallerye en présence desdits tesmoings cy dessus nommés et de René Bouchard paroissien de Querré, comparus audit lieu de Verne à l’heure de 2 heures après midy dudit jour auquel lieu et en présence desdits tesmoings a ledit Chevallerye en ensuyvant le contenu au contrat de ladite vendition a luy faite desdites terres et seigneuries de Fourmentières et de la Canterye et obéyssant au contenu d’icelle a ladite soutenance le jour d’hier faite ainsi que convenu est cy dessus, dudit poyementde ladite somme de 7 000 livres tz pour partie de ladite vendition desdites terres et seigneuries de Fourmentières et de la Canterye offert poyer et bailler présentement content audit de Montbourcher en présence desdits de Montallays et desdits tesmoings ladite somme de 7 000 livres tz restant de ladite somme de 11 000 livres partie desdites 14 000 livres tz pour ladite vendition desdites terres et seigneuries de Fourmentières et de la Canderye et icelle offer poyer en escuz sol ducats et double ducats pour iceluy poyement faire a ledit Chevallerye présentment et mys au découvert audit de Montbourcher présents lesdits de Montallays et tesmoings grand nombre d’escuz sol ducats et double ducats qu’il a dit promys et assuré monter et valoir ladite somme de 7 000 livres tz et plus et offert icelles estre à poids bonnes et vallables
par lequel de Montbourcher a esté dit qu’il ne se chargeroyt de ladite somme de 7 000 livres tz et qu’il ne la recepvroyt aucunement et a esté refusant icelle recepvoir
au moyen de quoy a ledit Chevallerye dit déclaré et notiffié auxdits de Montallays et de Montbourcher que dedans le jour de demain il consignera ladite somme de 7 000 livres tz en main bourgeoise et solvable en la ville d’Angers au refus dudit de Montbourcher pour estre icelle dite somme mise convertye et employée selon et au désir du contenu audit contrat de ladite vendition desdites terres et seigneuries de Fourmentières et de la Canterye et protesté de toutes pertes despens dommages et intérests à l’encontre desdits de Montallays et de Montbourcher
lesquels il a sommés de assister si bon leur sembele en ladite ville d’Angers ledit jour de demain à ladite consignation de ladite somme de 7 000 livres tz
par lesquels messires Mathurin et Robert de Montallais a esté dit qu’ils ne veulent ladite somme de 7 000 livres tz estre consignée et offert icelle recepvoir et bailler à caution d’icelle dite somme employer selon et au désir du contenu audit contrat de ladite vendition desdites terres et seigneuries de Fourmentières et de la Canterye
et de luy fournir des acquits qu’ils sont tenus luy fournir dedans la feste de Pasques prochainement venant selon le contenu audit contrat
a quoy par ledit Chevallerye a esté dit et respondu que par le contenu audit contrat de vendition dessus dit il n’est tenu payer et bailler les deniers et prix de ladite vendition desdites terres et seigneuries de Fourmentières et de la Canterye à autre personne qu’au dit de Montbourcher et pour icelle employer selon le contenu dudit contrat et auqueil il a derechef offert poyer et bailler ladite somme de 7 000 livres tz
laquelle ledit de Montbourcher a derechef refusée recepvoir et dit qu’il ne le recepvroit et qu’il ne s’en chargera
au moyen de quoy a iceluy Chevallerye persisté en sesdites offres protestations et sommations dessus dites de consigner ladite somme dedans ledit jour de demain ainsi que dessus
et tantost après ce que dessus ont lesdits de Montallays de Montbourcher et Chevallerye présents lesdits tesmoings convenu et accordé eulx trouver dedans le jour de demain 10 dudit mois et an en la dite ville d’Angers mour mettre fin audit poyement desdites 7 000 livres et y faire ce qu’il appartiendra
dont et desquelles choses dessus dites et de chacune d’icelles ay audit Chevallerye ce réquérant présents lesdits tesmoings décerné le présent acte pour luy servir et valoir en temps et lieu ce que de raison

Odile Halbert – Reproduction interdite sur autre endroit d’Internet Merci d’en discuter sur ce blog. Tout commentaire ou copie partielle de cet article sur autre blog ou forum ou site va à l’encontre du droit d’auteur.

    3 réponses sur “Georges Chevallerie, de Vitré, se voir refuser son paiement de 7 000 livres, Chambellay 1548

    1. Etonnant cette difficulté à dépenser son argent !!! D’autant plus qu’il leur faut se déplacer et trouver le gite et le couvert plusieurs jours de suite… Mais si finalement ils gardent les 7000 livres, c’est tout benef pour eux !

        Note d’Odile :

      Pour ma part, j’ai compris qu’il avait cette dette, mais que les autres n’avaient pas envie d’encaisser la somme chez eux, mais préféraient recevoir l’argent à Angers, et qu’ils l’ont ainsi promené.
      Je pense que sur ce point au moins, nous avons bien de la chance de nos jours, car nous pouvons payer nos dettes à nos débiteurs sans tout ce tracas.

    2. Peut être cette petite phrase peut mettre sur une piste…
      « grand nombre d’escuz sol ducats et double ducats qu’il a dit promys et assuré monter et valoir ladite somme de 7 000 livres tz et plus et offert icelles estre à poids bonnes et vallables »

      Comme on peut constater sur ce que vous nous transcrivez,
      toute sortes de monnaie circulaient ..les vendeurs avaient ils peur de se faire avoir ?
      Etaient-ils plus confiants en la compétence des notaires d’Angers ?

      l’acheteur vient de Vitré
      et si j’en crois des restes de mentalités dans nos campagnes …
      cette méfiance archaïque perdure quelquefois…surtout quand il s’agit de vendre un bien de famille.
      ‘on ne le connait point’ ‘c’est pas un gars d’ici’ etc

        Note d’Odile :

      Vité n’était pas la campagne autrefois, mais la plus grande ville marchande de l’Ouest.
      Un marchand de Vitré était riche, mais marchand, et pas forcément gentiement reçu par les nobles, qui devaient avoir beaucoup de chagrin, si on peut utiliser ce terme, de voir leur patrimoine mis en gage auprès de ces nouveaux riches roturiers.
      Par ailleurs, la somme étant importante, ils avaient surement envie effectivement de voir une vérification des pièces si nombreuses qui circulaient chez ces marchands, or, à Angers, il y avait des gens capables.
      Je pense, à la lecture de tous ces actes car j’ai déjà vu ici de tels refus d’encaisser, que nous et nos banques et notre euro, même si nous avons une crise mondiale, nous avons oublié que la banque est un moyen virtuel de paiement bien commode au quotidien pour nos petites ou grandes affaires, et nous avons du mal à nous imaginer la vie sans ce monde virtuel, et surtout sans le système décennal et la monnaie unique.
      Puisse les actes que je vous mets ainsi ici vous faire prendre conscience à tous, du monde différent dans lequel nos ancêtres évoluaient.
      Ceci dit, pour être sûrs des innombrables monnaies qui circulaient, mieux valait des gens compétents, ainsi à Angers, j’ai déjà rencontré le métier de « changeur », dont je pense que c’était personne capable de connaître toutes les monnaies, et enfin les notaires devaient sur ce point s’entraider.

    3. Certes Vitré est une ville importante
      mais si je parle ici du monde rural actuel ,
      c’est qu’on y trouve des traces ,dans le langage ou les coutumes, des mentalités d’autrefois .
      Quitte à vendre son bien ,on préfère encore le vendre à des personnes connues,voir encore mieux de famille.

        Note d’Odile :

      Merci de nous faire partager vos connaissances actuelles du monde rural. J’avais même vu l’an dernier une émission terrifiante à la télé, mais je relativise toujours quand je suis devant cet écran. Il s’agissait de disputes familiales et le cas exposé concernait une femme, plutôt âgée d’une cinquantaine, en lutte juridique contre ses 2 frères, au sujet des partages des biens de leurs parents, car elle réclamait sa part de la ferme, alors que les 2 garçons prétendaient que les biens fermiers étaient échus aux garçons, un point c’est tout, et que les filles n’avaient aucun droit dessus.
      J’était alors horrifiée de ce que j’entendais, mais je pense néanmoins que les journalistes donnaient une info véridique.
      En tout cas, ce que vous exprimez quant à la vente à ceux qu’on connaît et pas aux intrus, cela relativise à mes yeux ce que je sais du pays Basque actuel, qui est semblable à ce que vous dîtes ! D’ailleurs, c’est une région moins mélangée que Marseille, pour faire court et que vous comprenez entre les mots !!!

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